Garde nationale mobile

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La Garde nationale mobile, appelée les Mobiles, en abrégé, et Les Moblots familièrement fut créée par la loi du 1er février 1868 afin de concourir comme auxiliaire de l'armée active à la défense des places fortes, villes, côtes, frontières de l'Empire, et du maintien de l'ordre intérieur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Second Empire[modifier | modifier le code]

Sous le Second Empire, le patriotisme était très exacerbé, la conscription était un moment clé de la vie des jeunes gens[non neutre]. Les conseils de révision fonctionnaient à l'appui d'un tirage au sort. Ceux qui avaient tiré les « mauvais numéros » étaient incorporés dans l'armée active. Les conscrits faisaient 7 ans de service. Ceux qui avaient tiré les bons numéros, et bien que reconnus aptes à servir, allaient rejoindre la Garde mobile. On pouvait aussi, par une sorte d'échange, se faire remplacer : celui qui était bon pour l’armée pouvait proposer sa prérogative à un conscrit volontaire pour le service actif. Celui-ci était rétribué : d'abord par des sociétés privées, (« remplacement »), puis, à partir d'avril 1855, par une caisse de dotation de l'armée (« exonération »), qui permettait à l'État à la fois de dégager des bénéfices et de moraliser ce que les ultras appelaient la « traite des blancs ».

Les jeunes hommes qui se trouvaient basculés dans le camp de la Garde mobile effectuaient cinq ans. Étaient ainsi mises sur pied des unités d'infanterie et d'artillerie correspondant aux circonscriptions de l'administration civile. Chaque ville, d'une certaine importance, avait ses mobiles. Les cadres étaient choisis, en général, au sein de la notabilité locale. Les « Moblots » comme on les appelait parfois, étaient équipés par l'administration civile ; pour les uniformes par exemple, la ville fournissait le drap et chacun devait passer chez le tailleur local. Il n'était pas rare que certains gardes paient de leurs deniers certaines fournitures. Administrativement, l'ensemble des gardes mobiles était regroupé en unités départementales (exemple : Mobiles du Doubs, de la Haute-Saône, de la Loire,de l'Ardèche etc.).

L'ensemble de la garde mobile, au niveau de la Nation, formait une masse de réserve d'environ 600 000 hommes. En théorie, celle-ci devait permettre au gouvernement de multiplier par deux les effectifs de son armée mise sur le pied en cas de guerre. Mais l'application pratique de ce principe se révélait difficile, en raison en particulier de la nécessité de fournir régulièrement une formation militaire à toutes ces formations civiles. Le maréchal Niel, le créateur de la garde mobile, avait prévu 15 exercices annuels, chacun d'une durée de 24 heures. Ce programme, déjà assez réduit, fut plus ou moins suivi.

Guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Le Bourget fut le lieu d'une des batailles du Siège de Paris. Le Commandant du 12e bataillon des Mobiles de la Seine y trouva la mort le 30 octobre 1870

Lorsque la Guerre franco-allemande éclata en juillet 1870, la Garde Mobile, ne parvenant pas à s'organiser, ne figurait sur les registres que pour mémoire (déclaration du maréchal Le Bœuf, ministre de la guerre en 1870). Les Mobiles étaient médiocrement armés et entraînés. Les unités manquaient souvent de cohésion et d'instruction ; elles étaient encadrées et disciplinées d'une façon très variable mais presque toujours insuffisante. Or, deux mois après la défaite, les combats avaient englouti les 9/10e de l'armée régulière.

La Garde mobile se trouvait alors représenter à elle seule l'essentiel des forces armées françaises. C'est avec cette ultime ressource que la Nation, devenue républicaine, opposa à l'envahisseur une résistance militaire prolongée durant six mois. Le courage, l'abnégation, l'héroïsme, en dépit de leur impréparation à la guerre, sont à mettre au crédit de ces unités que l'on qualifierait de « paramilitaires »[1].

À Belfort, pendant le siège tenu par les troupes prussiennes du général de Werder, 12 800 mobiles constituaient la garnison. Cela représentait les trois quarts de l'effectif. Les troupes défendirent la place pendant plus de trois mois, du 4 novembre 1870 au 18 février 1871. Les mobiles ont monté la garde, servi les canons, remué la terre et manié la pelle sur les remparts du château, de la Miotte, de la Justice, des Perches… Ils ont organisé puis disputé à l'ennemi ses positions extérieures de Valdoie, de Pérouse - Danjoutin - Cravanche, etc.

Ils ont participé aux « sorties » sur Bessoncourt, Chèvremont, Andelnans, etc. Ils ont subi, jour et nuit, un intense bombardement déclenché le 7 décembre 1870. Les troupes ont follement espéré lorsque l'armée de secours de Bourbaki avait atteint la Lizaine, près de Montbéliard-Héricourt. En dépit de la retraite après la bataille d'Héricourt, elles ont néanmoins continué à combattre.

En Normandie, les mobiles de l'Eure, de la Loire Inférieure renforcés par ceux de l'Ardèche livrent combat jusqu'aux premiers jours de 1871[2].

Les formations de Mobiles disparurent après le conflit pour faire place à des unités composées de réservistes, formés et encadrés par le Service des Armées.

Après 1870[modifier | modifier le code]

Il est parfois considéré que la garde nationale mobile est l'ancêtre de l'infanterie territoriale qui fut mise sur pied pendant la Première Guerre mondiale.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les unités de la Garde Mobile furent revitalisées. Par exemple : avec l'armistice de 1940, l'armée française est réduite à 95 000 soldats, la Garde Mobile à 180 officiers et 6 000 soldats ; les autres unités à 3 584 officiers et 84 516 hommes[3].

Citations contemporaines des Mobiles[modifier | modifier le code]

Voici ce que Maxime Du Camp en dit dans ses Souvenirs d'un demi-siècle :

« Gouailleurs, indisciplinés, spirituels de cet esprit de trottoir parisien qui sait le côté comique des choses les plus sérieuses et les plus terribles, d'une moralité apprise au comptoir du marchand de vin, pillards effrontés et menteurs, ils apportèrent, au milieu d'une armée en formation, des éléments de dissolution dont [le maréchal] Canrobert fut effrayé. »

« C'était une troupe n'offrant aucune garantie et animée d'un très mauvais esprit. »

« Les mêmes causes produisent les mêmes effets, et les mobiles de Paris se conduisaient, en 1870, au camp de Châlons, comme les volontaires s'étaient conduits en 1792. On n'en parlera pas moins encore des braves mobiles et des héroïques volontaires ; cela est naturel, les gens instruits savent l'histoire, les ignorants acceptent les légendes; c'est pourquoi la légende étouffe l'histoire et lui survit. »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. en langage moderne
  2. http://www.vernon-visite.org/rf3/1870.shtml
  3. « http://www.quid.fr/2007/Histoire_De_France/Seconde_Guerre_Mondiale_1939_45/3 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)

Sources[modifier | modifier le code]

  • D. Seigneur, d'après le dossier du chef de bataillon Duriez, membre du comité d'histoire militaire de la Vie R.M.