Hurons-Wendat

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Hurons-Wendat

Description de l'image  John Richard Coke Smyth.jpg.
Populations significatives par région
Population totale 3 273 (2012)
Autres
Langues

wendat, français, Anglais

Les Hurons-Wendat en langue wendate[1] sont une première nation de famille linguistique iroquoienne, originaire du sud de l’Ontario, au Canada.

Le nom « Huron » leur a été donné par les premiers arrivants français à cause de la coiffure des hommes, semblable à celle des Mohawks et des Ojibwés, qui rappelait la hure du sanglier femelle en France.

Lors du premier contact franco-wendat au XVIIe siècle (1609), les Hurons étaient, d'après les premiers Européens entrant en contact avec eux, organisés en une confédération de cinq tribus ou peuplades distinctes : les Attignawantan, les Attignaenongnehac, les Arendaronon, les Tahontaenrat et les Ataronchronons.

Les Hurons se battaient contre les Iroquois avant l’arrivée des Français dans la région. L’alliance franco-wendate et les alliances formées par les Iroquois avec les Hollandais, puis avec les Anglais, ont imbriqué cette guerre à celle des puissances colonisatrices. Fusils et couteaux en acier accrurent la mortalité au sein des combats, et dès 1649, les Iroquois massacrèrent les Wendats. Les Iroquois prirent un grand nombre de captifs : après une année, suivant les coutumes iroquoiennes, les uns furent adoptés par mariage avec un membre de la tribu et les autres torturés puis tués.

Un groupe d'environ 300 Wendats catholiques se réfugia près de la ville de Québec suivant la dispersion de leur peuple par les Iroquois. Leurs descendants y vivent dans la réserve indienne de Wendake, aussi appelé le « Village Huron », situé à Loretteville. Un autre groupe, les actuels Wyandots, s’enfuit vers l’ouest, où il trouva refuge dans les États actuels de l’Ohio et du Michigan.

Vers la fin du XVIIIe siècle, les Hurons de l’Ouest obtinrent une position d’importance symbolique en tant qu'« oncles » de la Confédération du Wabache qui combattait aux États-Unis dans les années 1790. Les descendants des Wendats de l'ouest sont divisés aujourd’hui en trois groupes : un certain nombre qui est resté dans le Michigan et l’Ontario (la Nation Wyandot d'Anderdon), un autre groupe conduit au Kansas et un troisième, le plus grand, dans l’Oklahoma.

Les 3 000 Hurons-Wendats vivant au Québec sont pour la plupart catholiques et francophones, bien qu’il y ait actuellement un mouvement en faveur de l’étude et de l’utilisation de la langue wendate.

Les Hurons-Wendats de Loretteville sont connus depuis longtemps pour leur production d'artisanat et d'objets traditionnels, entre autres les mocassins et les raquettes de babiche.[réf. nécessaire]

Sommaire

Localisation[modifier | modifier le code]

Groupe huron-wendat de Wendake (Lorette) à Spencerwood, Québec, 1880

Avant 1649, les Wendats disposaient d’un territoire au Canada et aux États-Unis. Ce territoire de 880 km2, la Huronie, était délimité par la rivière Niagara à l’est, la rivière Sainte-Claire à l’ouest, le lac Érié au sud.

Après leur défaite face aux Iroquois en 1649, un groupe d'environ 300 Hurons catholiques s'installe près de Québec, à Wendake.

L'ancienne seigneurie de Sillery est revendiquée par ces gens de Wendake comme territoire huron[2], de même qu'une grande partie du comté de Roquemont et le territoire des « Quarante Arpents ».

Après 1649, une autre partie des Hurons fuit vers l'Ouest et s'installe dans le Michigan et l'Ohio puis, après le XVIIIe siècle, ils sont divisés en trois groupes : un dans le Michigan et l'Ontario (la Nation Wyandot d'Anderdon), l'autre au Kansas et le troisième dans l'Oklahoma, dans l'actuelle réserve huronne de Wyandot.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom indien de la nation est Wendat, ce qui signifie « insulaire» en rapport avec leur lieu d'habitation sur la presqu'île de la baie Georgienne. Le nom « Huron » leur a été donné par les premiers arrivants français à cause de la coiffure des hommes, semblable à celle des Mohawks et Ojibwés, qui rappelait la hure du sanglier femelle en France.

Le chant traditionnel des élèves du Prytanée Militaire de la Flèche (Sarthe, France) est appelé "le Huron". Quelques contacts entre les tribus Hurons (sous la férule de Max Gros Louis, alors chef de tribu) et ce lycée eurent lieu vers 1989.

Avant l'arrivée des Européens (avant le XVIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Les Hurons formaient une confédération de cinq tribus distinctes, d'après les premiers Européens entrant en contact avec eux : les Attignawantan peuplade de l'ours, les Attignaenongnehac peuplade de la corde, les Arendaronon peuplade du rocher, les Tahontaenrat peuplade du Daim et les Ataronchronons peuplade des Marais.

Ils commercent et ont de bonnes relations avec les Pétuns et les Neutres, ainsi qu'avec certaines tribus de la Confédération des Cinq-Nations iroquoises et avec les Algonquiens de la vallée de l'Outaouais : les Outaouais, les Nipissings et les Algonquins.

Avant l'arrivée des Français, ils sont en guerre avec les Iroquois, mais cette guerre régularise le poids démographique de chaque peuple, et les captifs sont souvent adoptés.

Le contact avec les Français[modifier | modifier le code]

Le premier contact avec les Français remonte à 1609, lorsqu'ils décidèrent de former une alliance militaire et commerciale avec Samuel de Champlain. Celle-ci fut effective en 1616. Les Français sont libres de circuler en territoire huron, et se doivent d'intervenir en cas de conflit. Cela entraîne d'ailleurs les Français dans une guerre avec les Iroquois.

En 1615, des missionnaires récollets sont envoyés chez les Hurons, suivis par les Jésuites en 1625. En 1633, dans le renouvellement de l'alliance, les Français ajoutent une clause : les Hurons sont tenus d'héberger des missionnaires chrétiens. Un nombre important de missionnaires jésuites se sont installés dans les années 1640 parmi les Wendats dont ils ont appris la langue et l’organisation sociale. Cependant, certains Hurons ont un ressentiment pour les jésuites, allant jusqu’à les considérer comme des sorciers, qui baptisent les gens à l'article de la mort et qui ne sont pas eux-mêmes touchés par les épidémies.

Les premières conversions datent de cette époque : en effet, le Huron chrétien a des avantages, car il peut acquérir des marchandises à prix bas, et surtout il peut posséder une arme à feu. Cependant, il se désolidarise du reste du village car il refuse d'aller au combat et de participer à des rituels non chrétiens.

La guerre contre les Iroquois[modifier | modifier le code]

Les Hurons sont en guerre contre les Iroquois avant même l'arrivée des Français. Les Attignawantan et les Attignaenongnehac se livrent à des combats contre les cinq tribus iroquoises de New York, et sont bientôt rejoints par les trois autres peuplades huronnes qui quittent la rive sud et la rive est de l'Ontario pour se joindre à eux.

L'origine de cette guerre est peu connue, cependant une tradition orale huronne raconte qu'à un endroit, sur la rive nord-est du lac Ontario, une cérémonie hivernale réunissait les Hurons et les Mohawks, une des principales tribus iroquoises. Un Indien Mohawk voulut faire interpréter un de ses rêves par un chaman huron, comme c'était la coutume chez eux. C'était un rêve très violent, dans lequel il était tué. Demandant au chaman huron d'interpréter son rêve, l'Iroquois fut tué par le chaman, qui prenait ce rêve pour la réalité (les Hurons pensant que les rêves sont des messages destinés à se réaliser dans la vie réelle). Le Mohawk tué étant un personnage important, les Mohawks repartent et déclarent la guerre aux Hurons. Au XVIIe siècle cependant, les réalités géographiques, économiques et démographiques permettent une interprétation moins allusive du conflit. En effet, il peut s'avérer que le simple apport du métal puisse être à l'origine de la nouvelle situation.

Les Amérindiens, par le commerce avec les Européens, découvrent l'apport technologique considérable que constituent les lames métalliques. La demande amérindienne est donc importante et croissante (jusqu'à devenir une dépendance). La contrepartie européenne, quant à elle, est simple : la fourrure, car en Europe, la mode est au feutre et le besoin en cuir est constant. Dès lors, l'accès aux marchandises européennes devient le moteur d'une chasse effrénée à la pelleterie. Mais, à ce titre, tous les Amérindiens ne sont pas égaux. En effet, l'axe de pénétration française du Saint-Laurent ainsi que l'alliance franco-huronne ont tôt fait d'imposer une division nord/sud de la région. Ainsi, par leur situation géographique (autour du lac Simcoe), les Hurons en tant que résidents sur les grandes voies de pénétration nord et ouest, sont rapidement incontournables dans la région (le nord et l'ouest des grands lacs s'avérant bien plus riche en peaux que le sud). De plus, les Iroquois, déjà bloqués dans leurs propre pays par leurs (autres) nombreux ennemis (Mohicans à l'est, Nation du feu au sud et à l'ouest), ne peuvent accéder à des zones de chasse plus étendues.

Le facteur démographique est également à prendre en compte. L'impact des guerres et des épidémies sur la population iroquoise est énorme. La pratique iroquoise veut que l'on pallie les variations de populations en adoptant des membres d'autres tribus. Ainsi, les raids et l'assimilation de larges pans de la société huronne se feront de façon de plus en plus systématique.

En 1647, une tentative de paix échoue, refusée des Mohawks et des Sénécas, et les conflits reprennent en 1648.

En raison de leur infériorité numérique (liée aussi aux maladies apportées par les missionnaires) et de l'alliance des Iroquois avec les Hollandais puis avec les Britanniques et d'autres nations indiennes, les Hurons perdent peu à peu la guerre, qui devient de plus en plus destructrice avec l'utilisation d'armes européennes (fusils, couteaux).

Les Hurons n'étaient, bien entendu, pas démunis de ces armes, mais il existe à ce titre une différence notable entre Hurons et Iroquois. Ainsi, en Nouvelle-France, le commerce d'armes à feu était soumis à la règlementation du gouverneur, et sous contrôle des Jésuites. Ces armes n'étaient donc distribuées qu'avec beaucoup de parcimonie, aux seuls convertis amérindiens (et encore), alors que le commerce des armes à feu avec les autochtones est libéralisé par les hollandais (on estime à 300 ou 400 le nombre des arquebuses ainsi vendues entre 1639 et 1645).

Les Iroquois prennent le principal village des Teanaostanaies, représentant 10 % de la population huronne, ce qui suscite la peur à l'intérieur du pays, les femmes refusant d'aller cultiver les champs, ce qui provoque une famine. Puis, les Iroquois lancent des assauts sur les principaux villages hurons, faisant de nombreux morts et blessés, notamment à Saint-Louis, mais ils sont repoussés à Sainte-Marie par les Hurons, qui tirent avantage des fortifications françaises. Se voyant tout de même vaincus, les Hurons vident leurs villages et décident de se disperser. Les Iroquois ont pris durant la guerre un grand nombre de captifs ; les uns sont adoptés, les autres tués. Les Hurons étaient affaiblis par les maladies européennes, telle la petite vérole.

Après la défaite : la dispersion (1649-1651)[modifier | modifier le code]

Un chasseur huron-wendat appelant l'orignal, par Cornelius Krieghoff, vers 1868

Après 1649, certains Hurons fuient vers l'ouest et ils trouvent un sanctuaire dans les États actuels de l’Ohio et du Michigan : c’est ce peuple-ci qui a reçu l’appellation de « wyandot(te) » par les Anglo-Américains (notamment dans le roman de James Fenimore Cooper, Wyandotte, publié en 1843). Aujourd'hui dans l'actuel Oklahoma se trouve la réserve Wyandot.

Le groupe le plus important fuit les Iroquois jusqu’à la baie Georgienne, les Wendats hivernent à l’île Chrétienne, où une grande partie de leur population meurt de faim, à cause du manque de nourriture et de places. Les Jésuites, qui avaient temporairement déménagé leur mission à cet endroit, sont tués en même temps et seront connus sous le nom de martyrs canadiens. Au printemps 1650, les principaux Wendats se réunissent et décident d'aller s'établir à Québec. Peu après, les Wendats sont dispersés : une petite partie s'installe chez les Tionontates mais ils sont la cible d'attaques iroquoises, puis ils iront se réfugier dans le Michigan.

De toutes les tribus huronnes, seuls les Tahontaenrat demeurent unis et vont s'installer dans le pays des Neutres puis, en 1650-1651, ils vont s'établir dans le pays Sénéca et sont naturalisés Iroquois.

Un petit groupe de Wendats catholiques s’est réfugié près de la ville de Québec ; leurs descendants y subsistent dans une réserve appelée Wendake ou Village-des-Hurons.

L’installation à Québec (1650-1700)[modifier | modifier le code]

Environ 300 Hurons décidèrent donc de s'installer dans la région de Québec. Mais les Iroquois continuent à venir les harceler. Assez rapidement, ils établissent leur village près de Québec mais le déplacent souvent, afin de trouver un terrain approprié : ils habitent successivement l'île d'Orléans, Québec, Sillery, Beauport, Notre-Dame de Foye et L'Ancienne-Lorette, avant de se fixer à la Nouvelle-Lorette, où ils habitent encore aujourd'hui.

Lorsque les Français signent une paix exclusive avec les Iroquois, en 1653, les Hurons doivent se défendre seuls. En 1697, les Hurons s'installent définitivement à la Jeune-Lorette.

Alors connu sous le nom de « Village-Huron », en 1985 l'emplacement aussi appelé « Roreke » en langue Huronne en lien avec le terme « Lorette » change pour « Wendake » en l'honneur de l'ancien pays[3].

Le XVIIIe et le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Vers la fin du XVIIIe siècle, les Wendats de l’Ouest obtiennent une position d’importance symbolique, comme « oncles » de la Confédération du Wabache, qui combat aux États-Unis dans les années 1790. Les descendants des Wendats de l’Ouest sont divisés aujourd’hui en trois groupes : un certain nombre qui est resté dans le Michigan et l’Ontario (la Nation Wyandot d'Anderdon), un autre groupe conduit au Kansas par le gouvernement des États-Unis en 1842 et un troisième (le plus grand) dans l’Oklahoma. Le gouvernement américain, considérant les Hurons comme assez civilisés, les émancipera en 1855. Ceux qui refuseront la citoyenneté américaine seront transférés dans la réserve de Wyandot en Oklahoma.

Au Québec[modifier | modifier le code]

La communauté huronne du Québec ne compte au début du XVIIIe siècle qu'une centaine d'habitants. Elle établit aux "Quarante Arpents", territoire cédé par les Jésuites au Hurons, une communauté satellite en 1742.

Société Huronne traditionnelle (Avant 1649)[modifier | modifier le code]

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

Les Hurons-Wendats avaient adopté la filiation matrilinéaire : l'enfant fait partie du clan de sa mère et non de son père. L'oncle maternel instruit l'enfant[4]. Il existait une grande liberté sexuelle : en effet, les femmes pouvaient, dit-on, changer de compagnon ou de mari comme elles le voulaient[5]. Chaque Huron appartient à l'un des huit clans matrilinéaires, les membres d'un même clan ne pouvant se marier entre eux.

La législation chez les peuples hurons[modifier | modifier le code]

Avant l’arrivée des Européens, les Hurons étaient établis entre le lac Simcoe et les rivières de la baie Géorgienne. Ceux-ci possédaient un territoire relativement restreint, car ils avaient 55 kilomètres d’étendu d’est en ouest ainsi que 30 kilomètres du nord au sud. Les Hurons avaient établi certaines lois concertant les différents crimes qui pouvaient survenir à l’intérieur des tribus. Ceux-ci avaient une façon déterminée au niveau de la division des crimes. Ils divisaient les crimes en quatre catégories différentes soit : le vol, la sorcellerie, la trahison et le meurtre ainsi que l’assaut qui faisaient partie de la même catégorie. Le meurtre et l’assaut, malgré qu’ils étaient dans la même catégorie, n’étaient pas sanctionnés de la même façon ni considérés comme ayant le même niveau de gravité[6],[7].

Le meurtre[modifier | modifier le code]

Le meurtre était puni beaucoup plus sévèrement que l’assaut. Lorsqu’un membre de la tribu était victime de meurtre, les parents, les frères et les sœurs de cette même victime obtenaient le droit d’exiger la mort du meurtrier ou encore même, d’un membre de sa famille. Cette obligation était dans le but d’honorer les membres des familles. De plus, dans le cas où un membre d’un clan était menacé de mort, même si le comportement et la conduite de ce membre avaient pu causer cette menace, tous les hommes du clan avaient le devoir de protéger cet individu. Les cas de meurtre et d’assassinat pouvaient entraîner un conflit majeur entre différents village, clan, tribus et confédération. Ces conflits pouvaient commencer d’une simple opposition entre certains membres d’une famille et dégénérer vers une guerre entre nations. Le destin du meurtrier dépendait donc des membres de la tribu qui le supportaient[7].

La récidive du meurtre[modifier | modifier le code]

Lorsqu’un membre d’une tribu huronne commettait un meurtre, celui-ci était avisé clairement de ne pas récidiver. En cas de récidive, le meurtrier perdait alors l’amitié des autres membres du clan ainsi que du support de ceux-ci. Ce principe s’appliquait chez les Hurons afin de faire maintenir l’ordre et le respect entre les nations sans avoir à faire recours à la peine maximale[7].

Le vol[modifier | modifier le code]

Le vol était beaucoup plus difficile à punir chez les Hurons étant donné que le droit de propriété est inexistant dans leurs communautés. Les Hurons ne possédaient que peu de biens et il était dans leurs habitudes de partager ces biens entre les membres de la famille et ceux de la tribu. Les habitations étaient ouvertes et sans surveillance ce qui pouvait permettre facilement à un voleur de commettre un délit. Les Hurons ont donc donné une définition très limitée en ce qui concernait le vol : s’emparer d’un bien par la force ou le sortir d’une habitation sans permission. En d’autres mots, les membres du clan pouvaient prendre possession de tout objet qui traînait et qui n’était pas surveillé. Il n’avait pas de peine prédéfinie pour le vol. Si la victime voulait récupérer ses biens qui lui avait été pris, elle devait démontrer qu’un autre membre du clan était entré en possession de ce bien et comment il l’avait fait. Cependant, si l’accusé ne répondait pas à la victime, il était automatiquement reconnu coupable. Une fois le voleur identifié, la communauté autorisait la victime ainsi qu’à sa famille à de se rendre à la demeure du voleur et de s’emparer de tout ce qu’ils voulaient. Un simple larcin pouvait donc entrainer aux membres du clan du voleur d’énormes pertes[7].


Démographie[modifier | modifier le code]

En 1535, la population huronne comptait de 30 000 à 40 000 individus. Au début du XVIIe siècle, il y avait au Canada entre 20 000 et 30 000 Hurons. En 1634, la population s'élève à 18 000 individus. De 1635 à 1640, leur population est réduite à 9 000 par une série d'épidémies, notamment la variole en 1639, la petite vérole, l'influenza ou la rougeole, maladies contre lesquelles les Hurons n'étaient pas immunisés. [8].

Urbanisation[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, les Hurons-Wendats vivaient dans 18 à 25 villages, dont certains comptaient jusqu’à 3 500 habitants, ce qui représente près de 10 % de la population à l'époque. De 1615 à 1649, ils occupent un territoire de quelque 880 km2, avec une densité moyenne de peuplement de 23 habitants par km². Les villages sont situés près d'une rivière et de terres cultivables, nécessaires à l'agriculture huronne. Les villages changent d'emplacements tous les 10 à 15 ans (12 ans en moyenne), en fonction de l'état des sols et du bois de chauffage disponible proche du village; la population huronne est donc semi-sédentaire. Leurs villages, généralement surélevés, sont le plus souvent fortifiés avec des palissades permettant une défense efficace. Ils occupent généralement une surface de 2 à 3 hectares, les plus grands pouvant aller jusqu’à 8 hectares.

Ces villages se composent le plus souvent de maisons Longues (qui abritent chacune une seule famille ou clan), d'une largeur d'environ 7 mètres et dont la taille varie selon la taille de la famille, la plupart mesurant entre 45 et 55 mètres de longueur, certaines pouvant atteindre 90 mètres de longueur. La plus longue jamais découverte mesure 125 mètres de longueur — c'était dans l'actuel État de New York. Les plus grands villages pouvaient avoir une quarantaine de maisons longues. Ces maisons longues étaient faites de rondins arqués ensuite recouverts d'écorce de cèdre, d'orme et de frêne. Dans le long du corridor central se trouvaient des feux, et sur le côté étaient situées des plateformes surélevées afin de pouvoir dormir.

Politique[modifier | modifier le code]

Les Hurons-Wendats formaient une confédération de cinq tribus. D’autres peuples iroquoiens de l’époque s’organisaient en confédérations. La plus célèbre est la Ligue des Cinq-Nations des Iroquois ; mais les peuples des Pétuns et des Neutres se composaient eux aussi de plusieurs tribus. Les conseils réunissent tous les clans (c'est-à-dire familles), comme le clan du Chevreuil, de l'Ours, du Porc Epic, du Serpent, du Loup, de la Tortue, du Faucon…

Deux conseils gèrent la vie du village, et tous les hommes de plus de 30 ans en sont membres. Le premier conseil s'occupe des affaires civiles et le deuxième des affaires militaires. Théoriquement, les décisions se prennent par consensus, mais en pratique les hommes âgés et les chefs de familles dirigent réellement le conseil, en raison des qualités d'orateur de leurs membres ainsi que de leur statut. Le gouvernement doit convaincre et unir à la manière d'une démocratie, et l'insubordination mène bien souvent à l'exclusion sociale. Les chefs sont nommés par les mères de clans.

La société huronne au Québec (après 1649)[modifier | modifier le code]

Statut de la communauté[modifier | modifier le code]

La Couronne de France aurait octroyé aux Hurons chrétiens la seigneurie de Sillery. Parce que les Hurons n'avaient aucune connaissance du système français de propriété terrienne, leur territoire était géré par les Jésuites, et ceux-ci auraient pris une bonne partie du territoire au détriment des Hurons. À partir de 1791, les Hurons réclament la possession de la terre, puis en 1825 le chef de la communauté huronne se rend en Angleterre pour aller plaider sa cause devant le roi George IV. En 1853, le Canada leur octroie des terres dans le canton de Roquemont.

Démographie[modifier | modifier le code]

Au départ, la communauté ne compte que quelques centaines de Hurons, surtout des Attignaenongnehac. On ne compte que de 400 à 1 000 membres en 1740, puis pas plus de 179 en 1829. Aujourd'hui, il y a 3 000 Hurons-Wendats au Québec.

Urbanisation[modifier | modifier le code]

Si au départ les Hurons construisent des maisons longues traditionnelles, celles-ci sont rapidement abandonnées et remplacées par des maisons à l'européenne.

Cependant, la structure du village est influencée par la culture wendate : il n'existe pas de cour intérieure, la porte principale d'une maison étant orientée vers l'arrière d'une autre. Cela vient du fait que dans la culture huronne, il n'y a pas une délimitation aussi marquée entre la sphère privée et la sphère publique. Toutes les maisons sont proches les unes des autres.

Politique[modifier | modifier le code]

Les Hurons forment un réseau d'alliance avec de nombreuses communautés chrétiennes de la région, créant la Fédération des Sept Feux.

Il existe quatre clans hurons dans la région : le clan du Chevreuil, celui de l'Ours, celui de la Tortue et celui du Loup. Chaque clan élit un chef civil, qui s'occupe des affaires de son clan et qui ne peut être destitué que par celui-ci. Les chefs civils élisent, à vie, un Grand chef qui représentera l'ensemble de la communauté. Il est possible de nommer des chefs de guerre, ceux-ci étant élus grâce à leur courage ou à leurs actes de bravoure.

L'importance de la religion chrétienne[modifier | modifier le code]

La majorité des Hurons installés à la Jeune-Lorette sont des catholiques convertis par les Jésuites. Ils apprennent le français et les mariages mixtes sont nombreux. Les crucifix remplacent alors les anciennes amulettes. En 1700, la première chapelle est créée dans la ville, où ils conservent de nombreux objets liturgiques. Cette chapelle est remplacée en 1730 par une chapelle en pierre. Elle est restaurée en 1835 et agrandie en 1904. L'église abrite des biens de grande valeur culturelle ou artistique.


Artisanat[modifier | modifier le code]

Après 1850, les Hurons doivent abandonner la chasse pour diverses raisons : ouverture de nouvelles régions à la colonisation, formation de nombreux clubs privés de chasse, création du Parc des Laurentides. Les Hurons se spécialisent alors dans l'artisanat et sa vente : raquettes, paniers, canots, mocassins. Aujourd'hui, Wendake est une des communautés amérindiennes les plus prospères du Québec.

Les corps de police autochtones[modifier | modifier le code]

Les corps de police autochtones avaient dans les années 1980 leur propre centre de formation afin de former leurs aspirants policiers. Il existait une seule école indépendante de ce genre au Canada qui était établie à Pointe-Bleue, réserve étant située au centre du Québec. Ce programme existe depuis 1975, cependant depuis 1977, les corps de police et le centre de formation sont régis par des Autochtones à l’aide d’un conseil spécial. Chaque nation autochtone qui participait à ce programme désignait un membre afin de les représenter au sein de ce conseil. Ce programme avait pour but de protéger les autochtones, d’implanter ses politiques et de faire en sorte qu’une force policière majoritairement autochtone[9],[10].

Les avantages de ce programme[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, le programme des centres de formation des policiers autochtones a été mis en place afin de faire diminuer la criminalité et d’améliorer le service policier au sein des communautés autochtones. Les corps de police autochtones veulent engager des policiers qui viennent des réserves, qui sont proches des communautés, qui parle les langues autochtones, etc. Ils croient également que si les policiers possèdent tous ces atouts, ils seront davantage en mesure de prévoir à quel moment ainsi que les lieux où certains incidents peuvent survenir[9],[11].


Économie[modifier | modifier le code]

Chasse[modifier | modifier le code]

Au départ, les Hurons-Wendats ne faisaient pas de la chasse une activité principale, chassant alors avec des flèches, des lances et des arcs.

Pour la chasse au gros gibier, tel l'orignal et au caribou, les familles doivent souvent se déplacer en hiver.

La viande était conservée par séchage, de même que le poisson ou la courge. La peau était tannée et utilisée pour créer des vêtements.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Au départ, les Hurons cultivent le maïs, les haricots, la courge (appelées les «  Trois Sœurs », l'agriculture étant souvent pratiquée par les femmes) et même, dans une moindre mesure, du tabac, de moins bonne qualité que celui cultivé par les Pétuns et les Neutres, ainsi que du tournesol, utile pour son huile ainsi que pour la fabrication de peintures de guerre. Ils extrayaient la sève d'érable et la faisaient bouillir pour concentrer les sucres afin d'obtenir du sirop d'érable. La pêche est une activité principale, avec notamment la construction de barrages pour pouvoir capturer plus facilement des poissons, la chasse étant de moindre importance à cause du manque de gibier.

Le maïs est la base de l'alimentation (60 % de l'alimentation), et toutes les activités quotidiennes étaient rythmées par le maïs, gage d'abondance de nourriture. Deux espèces étaient privilégiés : le maïs farineux (Zea mays Amylacea) et le maïs corné (Zea mays indurata), l'un pour le pain et l'autre pour la sagamité (voir Cuisine). Grâce au maïs, les famines étaient rares. La saison de végétation durait 195 jours et celle du gel 140 jours.

Les arbres étaient d'abord coupés. On brûlait les branches et la partie externe de l'arbre, en s'assurant grâce à de la boue que le feu ne se propage pas, et on extrayait la souche pourrie. Certains bois servaient de bois de chauffage ou de construction. Au mois de mai, après le défrichage, les femmes nettoyaient la terre et plantaient les meilleurs grains de la récolte précédente, une dizaine de grains par monticule donnaient une récolte de 100 à 650 grains.

Du tronc du plant de maïs on suçait la sève, et les feuilles servaient à emballer les aliments servis en bouillie, ou elles étaient tressées pour faire une couche (un lit). Avec les feuilles et la tige durcie, on pouvait aussi confectionner des poupées pour enfant.

Après 1649 et leur installation près de Québec, les Hurons adoptent les cultures occidentales, comme le blé ou le seigle.

Les Hurons pratiquent aussi la cueillette, notamment de baies, de plantes médicinales.


La distribution des tâches[modifier | modifier le code]

Étant une communauté nomade, les Hurons avaient essentiellement besoin de chasser pour se nourrir mais il dépendaient aussi beaucoup de l'agriculture. Les femmes, au printemps, effectuaient les travaux aux champs. Dès la fin mars, elles faisaient la récolte de la sève des érables à sucre et des érables rouges. Elles ensemençaient et faisaient l’entretien des champs tel que le désherbage. Durant l’été, elles faisaient la récolte des petits fruits sauvages. À la fin de la saison estivale, elles effectuaient la récolte des cultures ensemencées. À l’automne et à l’hiver, elles faisaint le « gaulage » des noix et des grains et fabriquaient les lanières de portage et des contenants d’écorce pour les récoltes et les cueillettes. En résumé, les femmes Wendats étaient chargées de l'entretien du village, de la coupe des arbres pour entretenir les feux, de l'éducation des enfants, de la cuisine exigeant d'ailleurs la confection des poteries, de l'artisanat et de la confection des vêtements. La « mère de clan » (la plus vieille femme de la famille) avait la responsabilité de désigner le Grand chef et avait même autorité sur celui-ci.

Les hommes de leur côté devaient faire les travaux plus exigeants physiquement et ceux demandant de long voyages. Ce sont eux qui effectuaient le défrichage des terres ainsi que la coupe des arbres sur le site de leur prochain village. L’écorçage et le brûlage des herbes et des broussailles sont parmi les tâches que comporte le défrichage. Les hommes font également la culture du tabac qui est considéré comme une plante sacrée, raison pour laquelle les femmes ne cultivent pas le tabac et le creusage des fosses garde-manger pour permettre la conservation de leurs récoltes. De plus les hommes s'occupent de la chasse, de la pêche, de la politique, de la guerre, de la construction, du commerce (le troc) et de l'éducation clanique de leurs neveux et de leurs nièces. Le père étant d'un autre clan, ce sont les oncles qui s'occuperont de transmettre les devoirs et les responsabilités claniques aux enfants de leurs sœurs[12].

Le défrichage[modifier | modifier le code]

N’ayant aucune connaissance sur l’utilisation des matières fertilisantes, les champs des Hurons s’appauvrissant rapidement. Les hommes devaient défricher constamment de nouvelles terres pour éviter de manquer de récoltes. Les 10 à 15 années suivantes, les terres environnantes appauvries et les stocks de bois épuisés, le groupe devait déménager et recommencer à nouveau en reconstruisant un village. Quelques années avant de déménager de site, les hommes hurons partaient durant l’hiver à la recherche d’un futur site pour leur prochain village. Ils détruisaient par le feu le secteur de forêt ou ils faisaient mourir les arbres en arrachant l’écorce à l’aide de marteaux. Ensuite, ils les cassaient à l’aide de cordage. Pour terminer, les hommes effectuaient la coupe des arbres à l’aide de petites haches de pierre taillée qu’ils utilisaient pour le chauffage. Pour les communautés qui avaient des relations avec les Européens après les années 1600, ils commencèrent à troquer des haches de fer contre des réserves de nourriture ou des grains de maïs, ce qui leur permettait d’avoir de meilleurs outils de travail et faciliter leurs tâches. Au printemps, ils écorçaient les arbres pour accélérer leur décomposition ils faisaint brûler les herbes et les broussailles. Après toutes ces étapes et le terrain prêt à être cultivé, c’est à ce moment que les femmes pouvaient ensemencer ces nouvelles parcelles[13],[14].

Méthodes agricole[modifier | modifier le code]

Débutant les semailles au printemps lorsque les premières feuilles des chênes commençaient à se développer, les femmes prenaient soin de semer le maïs dans les derniers jours du mois d’avril pour éviter les risques de gelées mortelles qui pourraient faire mourir leurs semences. Les hommes confectionnant de petits outils de labour fabriqués à partir d’un tronc d’arbrisseau, certains étaient munis d’une lame de pierre. Cette houe aidait les femmes à briser les mottes de terre et à sarcler le sol. Ensuite, elles faisaient des sillons et avec l’aide d’un petit bâton de bois, elles creusaient de petits trous pour pouvoir y planter leurs graines. Pour porter leurs grains, les femmes étaient munies d’un petit sac qu’elles portaient à la ceinture. Plantant les plantules dans les trous, elles recouvraient le semis avec leurs pieds. Pendant la période végétative, pour protéger leurs récoltes des prédateurs comme les corneilles et les ratons, ils construisaient des postes d’observation au milieu des champs pour que les vieilles femmes puissent surveiller. Ces communautés ont une forte croyance aux pratiques des rites spirituels pour assurer un bon rendement de leurs plantations. Selon la plante, les récoltes s’effectuent dans une période différente[15],[16].

Les plantes cultivées[modifier | modifier le code]

Les principales plantes cultivées par les femmes iroquoises sont le maïs, la fève et la courge qui plantées dans le même monticule de terre formaient « Les Trois Sœurs ». Le maïs servait de tuteur au haricot qui s'enroulait autour de la tige de maïs. Le Haricot nourrissait la terre en azote et la courge grâce à ses grandes feuilles protégeait le monticule de terre du soleil et préservait donc l'humidité. « Les Trois Sœurs » combinées ensemble et mélangées avec de la viande de gibier permettait aux femmes Wendat de préparer une soupe traditionnelle la « sagamité ». Les femmes cultivaient aussi le topinambour, la citrouille et le tournesol. Le tournesol cultivé pour son huile, était surtout utile pour la cuisine et les soins de la peau. Les Wendats faisaient aussi sécher les grains de maïs qui permettait de produire de la farine de maïs. Avec cette farine les femmes pouvaient cuisiner un pain traditionnel appelé le « pain bannique », parfois agrémenté de petits fruits sauvages. Au printemps, la sève d’érable était récoltée à l’aide de petits cornets d’écorce. À l’été, la cueillette des petits fruits sauvages tels que la fraise des bois, le bleuet, la mûre, la framboise et la groseille, permettent une diversification de l’alimentation et à rehausser certains mets. Les insectes pouvaient aussi faire partie de leur alimentation. À l’automne, les noix de caryer et les glands étaient récoltés[17],[18].

La conservation des aliments[modifier | modifier le code]

Pour conserver les aliments, après les récoltes, un type de procédé était le séchage dans les habitations où les épis étaient suspendus. Un second procédé était l’entreposage du maïs égrené dans des tonneaux d’écorce qu’on installait dans les maisons longues. Un dernier procédé était le creusage de fosses garde-manger dans le sol. Cette fosse était d’environ 1,5 mètre de profondeur. Le fond et les parois étaient recouverts d’écorces. Cette méthode était efficace pour protéger les aliments des prédateurs et en temps de guerre. Les aliments étaient aussi entreposés dans les poteries faites à partir d'argile[19].

Conclusion[modifier | modifier le code]

Pour conclure, l’agriculture a joué un rôle important pour la survie et le développement des communautés iroquoises. Les femmes effectuaient tous les travaux agricoles, de l’ensemencement à la récolte, faisaient plusieurs rites spirituels pour avoir de bons rendements. La cueillette des petits fruits était aussi très importante pour la diversification alimentaire. À l’arrivée des colonies européennes, les échanges commerciaux ont aussi facilité l’agriculture avec des outils de métaux.

La règle du don[modifier | modifier le code]

Définition générale[modifier | modifier le code]

La règle du don est le centre même de la société huronne. Elle sert à prévenir les inégalités, qui correspond à un code de générosité, d’hospitalité et d’échange cérémoniel et qui assure la circulation et le partage des biens produits sans qu’il soit nécessaire d’avoir recours à un marché. Ce code a, aux yeux des Hurons, une grande signification symbolique et religieuse. Le don, tel que perçu chez les Hurons, se divise en trois parties distinctes : obligation de donner, de recevoir et de rendre. Ce que les Hurons recevaient, était sans exception rendu et souvent en plus grande quantité que celle reçu. Un Huron ne faisant pas preuve de réciprocité envers les autres était aussitôt associé à la sorcellerie[20].

Société égalitaire[modifier | modifier le code]

La règle du don servait entre autres à exclure les inégalités de société huronne. Les biens s’échangent exclusivement à l’intérieur des villages hurons sous le signe d’un réseau de partage et de redistribution. Le mépris qu’a la société huronne face à l’accumulation de biens la mène inévitablement vers l’égalité. Le clan est privilégié avant tout. Cependant, s’il reste des biens après la redistribution à l’intérieur d’un clan, c’est le village au complet qui en bénéficie. Les transactions commerciales entre les habitants du village sont complètement interdites. Cet esprit du don s’étend aux relations commerciales avec d’autres peuples[21].

Des alliances[modifier | modifier le code]

Dès le milieu du 17e siècle, la société huronne évolue en dépit des nombreuses guerres iroquoises qui la ravage complètement. Beaucoup de Hurons sont tués et les survivants prennent la direction de Québec pour s’y installer et fuir la barbarie iroquoise. La chasse et la pêche deviendront peu à peu les activités principales des Hurons. Étant donné le territoire de chasse, s’étendant de la région de Québec aux Laurentides, n’appartenant pas à la société huronne qui était venue s’y établir tardivement comparativement aux autres peuples établis. Les Hurons n’ont pas eu d’autres choix que de conclure des alliances avec certains peuples dont les Montagnais et les Algonquins. À ce titre, une première entente est complétée à Trois-Rivières entre les peuples Abénaquis, Algonquins et Hurons. Il est question de la délimitation des territoires de chasse des deux nations. Cette entente donnait le droit aux Hurons et aux Algonquins de poursuivre leurs activités de chasse sur le même territoire, qui s’étendait à l’époque sur le territoire des Attikameks. Une deuxième entente survient en 1656 avec le peuple Montagnais et permet aux Hurons de chasser conjointement avec eux. Une piste principale de raquettes défrichée depuis une vingtaine d’années aurait été découverte au centre de Stoneham en 1676 et qui confirme l’activité incessante des peuples vivant dans la région [22].

Traite de fourrures avec les Français[modifier | modifier le code]

L'alliance commerciale faite entre les hurons et les Français est un moment important de l’histoire du peuple Huron. Les commerçants Hurons descendaient la rivière Saint-Laurent annuellement pour échanger les fourrures amassées contre des marchandises venant directement d’Europe. La civilisation huronne s'est rapidement habituée à ces marchandises, sans jamais en devenir réellement dépendante. La traite de fourrures prend de l'ampleur à partir du début des années 1600. Les Français recherchent des fourrures d'animaux qu'ils ne trouvent plus ou très difficilement chez eux après les avoir presque exterminés. Le fourrures sont à Paris et dans les provinces très recherchés par la pelleterie de luxe, et aussi considérés comme très pratiques, irremplaçables (pour les chapeaux et manteaux d'hiver notamment), Ainsi les peaux de loup, de lynx, de renard, de loutre, de martre d'Amérique, de blaireau d'Amérique et de rat musqué et surtout de castor ainsi que des peaux d’orignal se négocient sans difficultés.
Les marchands français se procuraient également une énorme quantité de glandes de castor (castoréum) qu’ils pouvaient marchander de retour en France. Ces glandes, devenues difficiles à trouver en Europe étaient depuis l'antiquité réputées pour leurs propriétés médicinales dans tout l'occident et jusque dans le monde arabe.
Selon Marc Lescarbot, en 1658 une seule peau de castor seule se vendait autour de cinquante sous (2,5 livres) en France après avoir atteint 10 livres en 1618 ; En 1626, environ 12000 à 15000 peaux de castor ont été exportées vers Tadoussac, un important poste de traite à l’époque, selon Charles Lalemant. On raconte qu’en moyenne soixante canots hurons et algonquins, majoritairement hurons, ont descendu la rivière des Outaouais en 1623[23].

Poste de traite Tadoussac

Un missionnaire à Lorette, le père Louis Davaugour fait la description de l’importance de la chasse dans la vie des Hurons en 1710.

Après la récolte des grains, ils se livrent à la chasse des castors, dont les fourrures recherchées sont l’objet principal du trafic au Canada. Cette chasse dure deux ou trois mois.

[24].

Commerce[modifier | modifier le code]

Partenaires commerciaux[modifier | modifier le code]

Les Hurons-Wendat sont des commerçants qui font affaire avec de nombreuses tribus autochtones. Ils font affaire avec les pétuns, situés dans le territoire actuel du sud de l`Ontario, les Neutres, établis près du lac Érié dans le sud de l`Ontario, les Outaouais, installés au lac Huron, au dans le territoire de l’actuel Michigan, en Ontario ainsi qu`en Oklahoma, les Nispissing et avec les Algonquins de la vallée de l`Outaouais. Ce peuple effectue également des transactions avec le peuple français avec qui ils ont eu un premier contact en 1609. Ce contact avec les Français eux une influence primordiale tout au long de leurs présences en Amérique. Ces transactions ont mené à la création d’une alliance lors des guerres contre les Iroquois et les Anglais[25].

Les principes commerciaux hurons[modifier | modifier le code]

Le commerce pour la société huronne est à la fois un échange matériel et symbolique. Il sert à construire des alliances politiques et économiques. En effet, car les tribus huronnes entretenaient des relations commerciales seulement avez des tribus avec lesquels ils étaient en paix. Ils n’échangeaient ni avec des inconnus ni avec des ennemis. C’est pour cette raison que certains chefs hurons se sont mariés avec des femmes algonquiennes afin de forger une alliance. Les échanges commerciaux commençaient toujours par des présents, des discours ainsi que par des danses afin de solidifier les alliances entre partenaires commerciaux. Cependant, les Hurons refusaient d’apprendre une autre langue, si les autres tribus désiraient commercer avec eux, ils se devaient de comprendre et de parler la langue huronne il n’était alors pas rare de constater que certaines tribus étaient bilingues[26].

Biens recherchés par la tribu[modifier | modifier le code]

Les Hurons-Wendat ont toujours été actif dans le commerce. Lorsqu’ils n’avaient pas un bien, ils se le procuraient par redistribution. Les Français leur offrent des produits en métal, tels des chaudrons, des haches ou des miroirs.

Biens échangés par la tribu[modifier | modifier le code]

Avant de l`union franco-huronne, les Hurons étant un peuple semi-sédentaire, cultivait et échangeais le, mais ainsi que le tabac qu`il avait en grandes quantités. Ils sont semi-sédentaires, car ils subviennent également à leurs besoins grâce à la chasse et la pêche. De plus, ils déplacent leurs campements tous les 15 ou 20 ans, car leur méthode de gestion des sols prévoit qu’après ce temps le sol est épuisé. Lors de l`alliance avec les Français, la puissance commerciale huronne subsistait grâce aux mais, les courges, les fourrures, les haricots et le tabac. Lorsque la tribu ne possédait pas un bien, elle l’achetait pour l’échanger de nouveau. Leur économie est basée principalement sur la redistribution des acquis plutôt que sur la production de biens ou de produits[27],[28].

tabac :Le tabac est un produit psychoactif manufacturé élaboré à partir de feuilles séchées de plantes de tabac commun (Nicotiana tabacum), une espèce originaire d'Amérique centrale appartenant au genre botanique Nicotiana

maïs :Le maïs (Zea mays), aussi appelé blé d’Inde au Canada, est une plante herbacée tropicale annuelle de la famille des Poacées (graminées), largement cultivée comme céréale pour ses grains riches en amidon, mais aussi comme plante fourragère

Courges:Le terme courge, ou plus rarement cougourde désigne plusieurs espèces de plantes de la famille des cucurbitacées. Elles sont généralement cultivées pour leurs fruits comestibles, mais il arrive qu'elles le soient pour leurs graines oléagineuses. Le terme désigne également leurs fruits, qui ont la propriété de se conserver facilement à maturité et qui sont utilisés en cuisine comme un légume ou donnés aux animaux.

Fourrures :prélevée généralement sur des mammifères sauvages ou d'élevage, juste après les avoir tués, la fourrure doit subir un certain nombre de traitements afin de se conserver et de rester souple, avant d'être éventuellement transformée en produit fini. Les Hurons échangeaient principalement les fourrures d’écureuil noir et de castor. Haricots: Les haricots, riches en amidon (féculents) et en protéines, jouent un rôle important dans l'alimentation humaine

Redistribution des biens[modifier | modifier le code]

Les marchandises circulaient plus que les hommes, c’était par une chaine d’intermédiaire que les produits d’échange circulaient. Par exemple, les Hurons obtenaient leurs wampums des Susquehannocks qui eux l’obtenaient des producteurs côtiers de l’Atlantique. Les Hurons vendaient généralement leurs produits aux peuples voisins, mais servaient également d’intermédiaire[29].

L’ampleur du commerce huron[modifier | modifier le code]

Les Hurons-Wendat étaient reconnus pour leur puissance commerciale auprès des nombreuses tribus autochtones d’Amérique du Nord. En effet, un réseau routier de plus de 300 km reliait entre eux les villages Hurons et se continuait un peu partout en Amérique du Nord. À l’aide de ces sentiers et d’un réseau de lac et rivières ils leurs étaient possible détendre leur puissance commerciale à travers le territoire actuel du Canada et des États-Unis. Les Hurons ne se déplaçaient que très peu avant le début de la traite des fourrures. Tout se faisait par intermédiaire[30].


Culture traditionnelle huronne[modifier | modifier le code]

Langue[modifier | modifier le code]

La langue wendate est une langue iroquoienne. Les Hurons étant dominants dans la région du sud de l'Ontario jusqu'en 1649, et étant les principaux commerçants, le huron était devenu la langue du commerce et de la diplomatie.

Au Québec, les mariages mixtes ont fait tomber en désuétude la langue huronne. À Wendake, communauté amérindienne Huron-Wendat située à proximité de la ville de Québec[31], les panneaux de signalisation routière bilingue sont affichés en français et en langue wendat, incluant le panneau STOP, qui indique ARRÊT/SETEN.

Religion traditionnelle[modifier | modifier le code]

Les Hurons étaient animistes : ils croyaient que tous les objets inanimés ainsi que les animaux et les personnes possédaient un « esprit » (une âme), et qu’il fallait absolument respecter les « esprits ».

Le Huron honore aussi le Créateur.

Le rêve est important dans la société huronne : le rêve contient un message que l'on doit prendre au sérieux. Tout le monde est tenu de raconter ses rêves et d'obéir aux messages qu'ils contiennent.

De plus, le maïs, par sa place prépondérante, influence fortement les croyances huronnes. Le temps étant vital pour la culture du maïs, la pluie est fortement attendue. En cas de sécheresse, les Hurons font appel à un chaman, harmonisateur de l'univers. Il sauvegarde le cycle perpétuel, il s'adresse à l'ancêtre Louskeha, qui veille aux forces cosmiques, rendant la vie cosmique.

Il existe, outre les festins nécessaires à la vie huronne, une fête importante : la fête des morts. Lors du déplacement du village, les ossements de tous les morts étaient déterrés et transportés dans un cimetière central commun à plusieurs villages. On enterrait alors les ossements dans un tumulus. Avant de mettre les os dans l'ossuaire, on enlevait les derniers morceaux de chair et de vêtements au squelette, et l'on jetait ensuite tous les os que l'on mélangeait et que l'on enterrait. Cette fête permettait la cohésion entre les différents villages et était un moment privilégié où l'on se racontait des histoires, où l'on faisait la fête toute la nuit.

Le contact avec les missionnaires chrétiens amena certains Hurons à considérer ces missionnaires comme des chamans, car ils ne comprenaient que peu leurs enseignements religieux. Ceux-ci sont alors considérés comme des sorciers : en effet, ils baptisent les Hurons peu avant leur mort et ils ne sont pas touchés par les épidémies. Cependant, plusieurs Hurons se convertissent au christianisme.

Fête des Morts[modifier | modifier le code]

Les peuples autochtones du Québec sont des peuples qui sont très près du monde spirituel, par exemple les Cris, les Abénaquis, etc. Un autre de ces peuples autochtones qui sont les Iroquois qui eux sont très près du monde spirituel, en particulier du monde des morts. Ce peuple a une façon bien à lui de démontrer qu’ils sont très près du monde des morts et il y a dans leur culture une fête qui illustre leurs fascinations du monde des morts et cette fête se nomme, la fête des Morts.

Les origines de la fête des Morts[modifier | modifier le code]

La spiritualité prend une place très importante dans la vie des Iroquois. Les Iroquois, dont les Mohawks ont une relation très étroite entre eux et les esprits. Une fête très importante dans la vie iroquoise, cette fête permet d’entrevoir l’importance du rôle de la mort dans leur culture et cette fête est la Fête des morts ou dans leur langue Okiweh. Ce qui serait à l’origine de la fête des Morts, selon les Mohawks, serait la conviction qu’ils ont de la vie après la mort. Selon Keven Deer (Mohawk) résident à Kahnawake, la mort est quelque chose de beau et leur peuple cherche à la comprendre. Ce qui veut dire que la mort ne serait en réalité pour eux qu’une simple étape. Ce qui veut dire que selon eux, les esprits des morts sont à tout moment en relation avec les vivants. Chez les Hurons aussi la relation qu’ils ont avec les morts prend une place très importante, par exemple dans les écrits des jésuites des croyances et des activités rituelles, par exemple ils amassaient tous le matériel dont le défunt aura besoin à sa mort. Pour ce peuple, la fête des Morts est un grand soulagement des vivants pour les obligations qu’ils avaient envers les défunts[32],[33].

Quand la fête avait-elle lieu[modifier | modifier le code]

La fête des Morts était célébrée chez les Hurons ou les chez les iroquoiens tous les huit, dix et douze ans. Pour déterminer l’endroit et la date où aurait lieu la fête des Morts, les anciens s’assemblaient pour en décider. Lorsqu’un village préparait la fête des Morts, il avertissait les autres tribus pour que les habitants de ces tribus puissent apporter les ossements de leurs parents et aussi pour tous ceux qui désiraient assister à cette fête. Avant 1638, les autochtones se regroupaient pour la célébrer, mais lorsque les jésuites arrivèrent dans ces contrées, cinq villages Hurons la célébrèrent séparément dans leur village et ils déposèrent les corps dans une fosse distinctive pour chaque village[34].

Le déroulement de la fête[modifier | modifier le code]

Le déroulement de la fête était sur plusieurs cérémonies, mais la principale était celle de la chaudière. Ils s’agissaient de creuser une fosse commune à l’extérieur du village qui devait être très large et très profonde pour pouvoir accueillir les ossements et les présents donnés aux morts. Les ossements avant d’être apportés dans la fosse étaient nettoyés et lavés et par la suite étaient enveloppés dans de belle peau de castor avec des perles et des colliers de wampum donnée par les parents et amis. Tous les paquets d’ossements étaient tous apportés à la fosse, transportée par les familles. En apportant les paquets d’ossements, ils apportaient des peaux, des haches, des chaudières, toutes sortes d’articles de valeur et beaucoup de nourriture. Tous les paquets d’ossements étaient placés sur une plateforme. Par la suite, ils tapissaient la fosse de peaux de castor. Les ossements étaient ensuite déposés, recouverts de peaux, d’écorce d’arbre et enterrés en recouverts de gros morceaux de bois, ils érigeaient une clôture de pieux autour de la fosse. La cérémonie se termine par un grand festin et par la suite chacun retournait d’où il était venu[34].

La fête des Morts selon les Mohawks[modifier | modifier le code]

La fête des Morts est une fête pour le peuple mohawk servant à rétablir l’équilibre spirituel d’une personne qui serait affectée par un débalancement. Ce débalancement peut avoir été fait lorsque la personne vivait et l’offense peut être volontaire ou involontaire. Pour pouvoir faire la paix avec l’esprit, il fallait que la personne témoigne toute la reconnaissance qu’elle avait envers elle. Donc en d’autres termes, la fête des Morts, selon eux, serait comme la fête de l’Action de grâce (Thanks Giving) durant laquelle les personnes expriment toute la reconnaissance pour ses ancêtres[32].

La fête des Morts est une fête très importante dans la vie spirituelle des Iroquois, des Hurons et des Mohawks très importante, car grâce à elle, ils peuvent leur croyance ne diffère pas et peuvent garder leurs traditions dans leur vie sans que notre culture change se qu’ils croient. Donc la fête des Morts est une fête très importante pour leur vie spirituelle.

Cuisine[modifier | modifier le code]

Parmi les ustensiles de cuisine issus de l'artisanat huron, on peut retenir les pots qui servaient à cuisiner, à emmagasiner de la nourriture ou à transporter de l'eau. Ils sont munis d'un bec verseur en V et leur taille varie, pouvant atteindre un mètre de diamètre. Les ustensiles utilisés étaient les couteaux, les cuillères et les écuelles, creusés dans les nœuds d'arbres avec des dents de castor. Lors des repas hurons, il était commun d'apporter ses propres ustensiles pour un repas ainsi que de ramener les restes de nourriture chez soi.

Le repas de base est constitué de pain amérindien ainsi que d'une soupe épaisse appelée sagamité, composée de maïs, de pois, de fèves ou de riz sauvage avec de la graisse de cerf, de la viande ou du poisson.

Le maïs constitue l'ingrédient de base de la cuisine huronne, et il existe aussi énormément de façons de le préparer, notamment : le faire bouillir, le cuire sous les cendres, le faire fermenter plusieurs mois dans de l'eau… On séparait alors la farine de l'enveloppe du grain, la farine servant à créer du pain ou de la pâte, alors que l'enveloppe était utilisée pour la soupe au poisson.

Les repas à base de viande étaient constitués de dindon sauvage, de cerf, de loup, de chien, de chat sauvage (raton laveur), de petit gibier ou de poisson.

La tradition huronne des festins est très importante. Il fallait rendre grâce au Créateur et le remercier, et organiser des fêtes au cours desquelles celui qui invitait ne pouvait manger. C'est chaque fois une fête obligatoire qui pouvait durer jusqu’à vingt-quatre heures. Ces repas sont décrits par les Jésuites. Il existe plusieurs types de repas : ceux où l'on ne fait que fumer la pipe, le festin où l'on mange et où l'on danse, le festin de grâce, le festin pour la guérison d'une maladie ou le festin pour une personne à l'article de la mort.

Les Hurons aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Les 3000 Hurons-Wendats de Loretteville, au Québec sont surtout catholiques et francophones, bien qu’il y ait actuellement un mouvement en faveur de l’étude et de l’utilisation de la langue wendate. Ils sont connus depuis longtemps pour leur production d'artisanat et d'objets traditionnels, entre autres les mocassins et les raquettes de babiche (peau de cerf).

En 1999, les représentants des groupes wendats au Québec, dans le Kansas, dans l’Oklahoma et dans le Michigan se rejoignent, à leur ancienne patrie à Midland, en Ontario, afin de rétablir formellement la Confédération Wendate.

Les Hurons dans la culture occidentale[modifier | modifier le code]

Dans ses "Dialogues curieux entre l'auteur et un sauvage de bon sens qui a voyagé", le baron de La Hontan met en scène un Huron qui critique la société sur le thème du bon sauvage. Dans un conte philosophique de Voltaire, L'Ingénu, le héros est un jeune Huron qui arrive en France. Le regard étranger du Huron permet à Voltaire de s'interroger sur certaines des coutumes françaises qui peuvent paraître singulières à un étranger, et lui permettent de critiquer notamment les Jésuites et les Jansénistes. C'est de ce roman que vient l'expression un Huron pour désigner une personne aux mœurs sauvages.

Le Dernier des Mohicans met en scène la guerre entre les Hurons alliés des Français et les Iroquois alliés des Anglais.

Les jeux vidéo American Conquest et Europa Universalis 3 permettent de diriger la nation huronne.

Communautés wendates[modifier | modifier le code]

  • Nation Huronne-Wendate de Wendake, enclavée dans la Ville de Québec : 2 999 membres dont 1 307 résidants et 1 692 non-résidants. [35]
  • Nation Wyandot d'Anderdon dans l’Ontario du sud et le Michigan, QG à Trenton, Michigan : 800 membres environ.
  • Nation Wyandot du Kansas, QG à Kansas City, Kansas : quelque 400 membres.
  • Nation Wyandotte de l'Oklahoma à Wyandotte, Oklahoma : entre 3 000 et 4 000 membres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir aussi : Wyandot
  2. Le Devoir : Quand les Hurons étaient seigneurs…
  3. Musée Huron-Wendat
  4. Havard Gilles, Vidal Cécile, Histoire de l'Amérique française, Flammarion, 2003, page 260.
  5. Ibidem, page 373
  6. Denys Delage, 1985, Le pays renversé, p, 60
  7. a, b, c et d Bruce Trigger, 1991, Les enfants d’Atataentsic, p.42
  8. Ibidem, page 197.
  9. a et b Monique Michaud, Rencontre, Volume 8 numéro 1 Un défi sans cesse renouvelé, p.8, septembre 1986
  10. Jean-Pierre Sawaya, 2012, Au nom de la loi, Je vous arrête!, p, 36
  11. [1]Visite au Lac Simon (7 :17)]
  12. Roland Viau, Femme de Personne. Sexes, genres et pouvoirs en Iroquoisie ancienne, 2000, p. 174 -177
  13. Roland Viau, Femmes De Personne. Sexes, genres et pouvoirs en Iroquoisie ancienne, 2000, p.162
  14. Bruce G. Trigger, Les Amérindiens Et l’Âge Héroïque De La Nouvelle-France, 1989, p.11
  15. Roland Viau, Femmes de personne. Sexes, genres et pouvoirs en Iroquoisie ancienne, 2000, p.166-167-169-170
  16. Bruce G. Trigger, Les Amérindiens Et l’Âge Héroïque De La Nouvelle-France, 1989, p.10
  17. Roland Viau, Femmes De Personne. Sexes, genres et pouvoirs en Iroquoisie ancienne, 2000, p.161-174-175
  18. Georges E. Sioui, Les Wendats. Une civilisation méconnue, 1996, p.197
  19. Roland Viau, Femmes De Personne. Sexes, genres et pouvoirs en Iroquoisie ancienne, 2000, p.172
  20. Delâge, Denis (1985). Le pays renversé. Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est, 1600-1664, Boréal Express, Montréal, p.64-65
  21. Delâge, Denis (1985). Le pays renversé. Amérindiens et Européens en Amérique du Nord-Est, 1600-1664, Boréal Express, Montréal, p. 64-65
  22. Recherches amérindiennes au Québec (2000). Les règles d’alliance et l’occupation huronne du territoire, Vol XXX, n°3, p. 21-26
  23. Trigger, Bruce (1991). Les Enfants d’Aataentsic. Le commerce avec les Français, Libre expression, p. 332-333
  24. Recherches amérindiennes au Québec (2000). La tradition de commerce chez les Hurons de Lorette-Wendake, Vol XXX, n°3, p. 36
  25. Louise Côté, Louis Tardivel, Denis Vaugeois, L'indien Généreux ; ce que le monde doit aux Amériques, 1992, p.18
  26. Delâge Denys, Le pays renversé : Amérindiens et européens en Amérique du Nord–est, 1985, p. 68
  27. Delâge Denys, Le pays renversé : Amérindiens et Européens en Amérique du Nord–est, 1985, p. 65
  28. Delâge Denys, Recherches amérindiennes au Québec : Les Hurons de Wendake, 2000, p.35
  29. (Delâge Denys (1985). Le pays renversé :Amérindiens et Européens en Amérique du nord –est) p. 65-66
  30. (Delâge Denys (1985). Le pays renversé :Amérindiens et Européens en Amérique du nord – est) p. 65
  31. Site officiel de la Nation huronne-wendat
  32. a et b Frontière, Vol. 5, no 2, automne 1992, p. 24-29
  33. Frontière, Vol.11, no.3, printemps 1999, p. 39-42
  34. a et b Ethnographie des Hurons 1615-1649, 1987, Ékisabeth Tooker
  35. Affaires indiennes et du Nord Canada (région du Québec) http://www.ainc-inac.gc.ca/qc/aqc/pop_f.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • BARBEAU, Marius, Mythologie Huronne et Wyandotte
  • BLOUIN, Anne Marie, Histoire et iconographie des Hurons de Lorette du XVIIe au XIXe siècle
  • BOITEAU, Georges, Les chasseurs hurons de Lorette
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  • HEIDENREICH, Conrad, Huronnia, a History and Geography of the Huron Indians 1600-1650 et The Huron: A brief ethnography
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  • Recherches amérindiennes au Québec (2000). La tradition de commerce chez les Hurons de Lorette-Wendake, Vol XXX, n°3, 122 p.
  • SAGARD, Gabriel, Le Grand voyage du pays des Hurons, 1632, Montréal, Bibliothèque québécoise, 2007
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  • TOOKER, Elisabeth, Ethnographie des Hurons 1615-1649
  • TRIGGER, Bruce G., Les enfants d'Aataentsic: l'histoire du peuple huron, Montréal, Libre Expression, 1991
  • VAUGEOIS, Denis, Les Hurons de Lorette
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  • The Huron : Farmers of the North (1990)
  • Bruce G. Trigger, The children of Aataentsic, a History of the Huron People to 1660, Carleton Library Series 195, McGill-Queen's University press, (ISBN 0-7735-0627-6) (Anglais)

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