Carnaval de Venise
Le carnaval de Venise est une fête traditionnelle italienne remontant au Moyen Âge. Il attire des foules considérables venues du monde entier.
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Historique [modifier]
Apparu au XIe siècle, le carnaval de Venise a été institutionnalisé et « codifié » durant la Renaissance. En 1094 il a été autorisé par le doge Vital Faliero de Doni. Il est célébré dans les pays de tradition catholique entre l'Épiphanie et le Carême. Aujourd’hui, il dure les 10 jours précédant le mercredi des Cendres. Le Carnaval de Venise est l'un des carnavals les plus connus et les plus populaires au monde. Il est devenu un événement touristique important et spectaculaire qui attire des milliers de visiteurs du monde entier pour participer à ce festival considéré historique pour l'atmosphère et les masques. Le but premier du carnaval de Venise était d’abolir les conditions sociales, le riche devenait pauvre et vice versa. Le port du costume permettait une liberté plus importante, les gens pouvaient transgresser les règles sans se faire reconnaître. C’est à partir du XVIIIème siècle que le Carnaval de Venise s’est répandu dans toute l'Europe. En 1797, sous la domination de Napoléon, la tradition fut interrompue pour éviter des troubles au sein de la population, en effet Napoléon avait peur de la force révolutionnaire (subversive) des masques. Quelque temps après, les Autrichiens ont réhabilités la fête. Mais le Carnaval ne connut plus le même enthousiasme populaire, les masques avaient presque disparu jusque dans les années 1970. A cette époque, quelques adolescents renouèrent avec la tradition des œufs pourris, qui avait été interdite en 1268. Ce jeu consistait a lancer des œufs remplis d’eau de rose sur les jolies femmes, et de lancer des œufs pourris sur les femmes qu’ils jugeaient moins belles. Le carnaval est alors devenu celui que nous connaissons aujourd’hui, bien sûr il suit certaines règles précises. Par exemple, les jeux au détriment des animaux n’existent plus. Malgré l’enjeu économique, qui aurait pu ternir cette fête extraordinaire, le carnaval de Venise attire encore les visiteurs du monde entier. Les attractions du Carnaval ont traditionnellement lieu sur la Piazza San Marco. On y trouve des jongleurs, des acrobates, des musiciens, des danseurs, des spectacles d'animaux... Le carnaval transforme la ville de Venise en un immense théâtre.
Le vol de l'ange [modifier]
Le vol de l'ange est l'événement qui ouvre le Carnaval le premier dimanche du Carnaval. Créé au milieu du XVIe siècle, le Vol de l'Ange était le vol palpitant d'un invité secret de la ville de Venise qui se lance du haut du clocher de San Marco jusqu’au centre de la place. Le vol de l’Ange est aussi appelé vol du turc. Cela vient d’une légende selon laquelle un funambule turc aurait rejoint le Campanile en équilibre en 1558. En 1759, le Carnaval a vécu une tragédie: l'acrobate s'écrasa dans la foule. A partir de ce moment, le programme a été réalisé en remplaçant l'acrobate par une grande colombe en bois libérant ainsi des fleurs et des confettis dans la foule. Le nom de Vol de l’Ange est donc devenu vol de la colombe. En 2001, la colombe de bois a été remplacée par un acrobate qui a effectué le vol de l’ange. Depuis, ce sont des jeunes filles avec beaucoup de courage qui le réalisent. Elles se lancent du haut du Campanile et sont tenues par un filin pour rejoindre leur amoureux sur la Piazzetta.
La fête des Maries [modifier]
La fête des Maries a été créée en 943 et s’est poursuivie durant la période du carnaval. Le jour de la purification de Marie le 2 février, est célébrée la bénédiction des femmes de la Basilique de San Pietro di Castello, ainsi que les mariages de douze filles, choisies parmi les plus pauvres et les plus belles de la ville. Au cours d’une célébration en 973, des brigands firent irruption dans l'église et volèrent tous les bijoux ainsi que les dotes des épouses. Les Vénitiens organisèrent une expédition, dirigée par le Doge. Ils arrêtèrent les brigands, libérant les douze femmes et leur or précieux. Le Doge préféra que les corps ne reçoivent pas de sépulture, et ils furent tous jetés à la mer. En l'honneur de cette victoire contre les brigands, la Festa delle Marie (la fête des Maries), célébrée chaque année et représentée par douze des plus belles femmes de Venise, fût mise en place. Le défilé se déroule habituellement dans l'après-midi du premier samedi du carnaval. Les douze Maries partent de San Pietro Castello et se dirigent en traversent une foule de masques et de touristes vers la Piazza San Marco, accompagnées d'un long cortège formé de demoiselles d'honneur, de musiciens et de centaines d'autres personnes en costume d'époque. Ce cortège est composé de bateaux qui traversent les canaux de la ville, des évènements religieux ont lieu dans les principales églises de Venise. On peut assister à des spectacles de danse, des concerts et des repas organisés par les citoyens de la ville. A la fin du défilé se déroule l’élection durant laquelle la plus belle des Marie est élue et reçoit le titre de Marie de l’année. Ce sera celle qui s’élancera du Campanile l’année suivante pour ouvrir les festivités du Carnaval de Venise. En 2013, Julia Nasi est la gagnante de la fête des Maries du Carnaval 2013, c’est donc elle qui effectuera le vol de l’ange lors du Carnaval de Venise 2014.
Les masques et les costumes [modifier]
Le public est composé de différentes classes sociales. Les masques et costumes garantissent l'anonymat, il est même possible de mentir sur sa classe sociale, son sexe, sa religion. La joie et l’anonymat sont au cœur de ce festival. C'est un temps pour oublier le quotidien et tous les préjugés. Les costumes pour le carnaval ont engendré un véritable marché des masques et des costumes. Après la phase de confection des modèles, on y ajoute des détails tels que des dessins, des broderies, des perles, des plumes et autres. Le fait d’endosser un costume ne suffisait pas, le Carnaval de Venise était un état d’esprit tout entier: il fallait donner un personnage à son costume et le jouer. Inspiré de la Commedia dell'arte, le déguisement traditionnel est la bauta, comprenant le tabarro, la larva et le tricorne, ou encore le masque d'Arlequin (son habit est coloré à losanges : au XVIe siècle, loin d'être élégant, l'habit était simplement rapiécé pour figurer les haillons d'un mendiant).
- Le plus ancien masque du carnaval est l’Arlequin. Ses origines sont médiévales. Son costume se compose d'un masque noir et d’une robe à losanges multicolores. C'est un masque Lombard, originaire d'Italie et appartenant à la Commedia dell'arte.
- La Bauta est l'un des costumes les plus courants dans le carnaval. La forme particulière du masque assure la possibilité de manger et de boire sans avoir à l’enlever.
- Un autre costume typique est la Gnaga. Elle est composée de vêtements féminins et d’un masque de chat. La personne porte un panier à son bras qui habituellement contient un chaton. Le personnage émet des sons stridents, miaule et est moqueur.
- Beaucoup de femmes portaient un déguisement appelé Moretta. Il se compose d'un petit masque de velours noir et d’un chapeau délicat. La Moretta était un déguisement peu pratique. Le masque devait tenir sur le visage en le tenant avec la bouche à l’aide d’un bouton a l’intérieur du masque.
Cependant, le port du masque fut de nombreuses fois contesté au fil des années. Alors qu’il permettait de transgresser les règles sans être reconnu, il fût interdit au XIVème siècle mais uniquement la nuit, puis à l’intérieur des endroits religieux et durant les fêtes religieuses même celles qui se déroulaient pendant le carnaval. Le but était de rétablir la morale et les bonnes mœurs que les porteurs de masque perdaient en étant anonyme. A partir de 1776, alors que le port du masque était interdit dans les maisons de jeux, les femmes devaient porter le taborro, le volto ou encore la bauta pour se rendre au théâtre.
Derrière les masques et les costumes se cachent des personnes qui veulent faire partager leur passion pour Venise. Lors du dernier week-end du Carnaval, un jury international choisit le prix du « masque le plus beau ».
Quelques gagnants des années précédentes :
- 2013
- Gagnant pour le costume le plus colorés, le groupe « LUNA »
Gagnant pour le plus beau costume la créatrice Anna Arconi
- 2012
- Il servizio da tè del settecento de Horst Raack, aussi categorie spéciale à Oceano de Jacqeline Spieweg
- 2011
- La Famille Fabergé de Horst Raack
- Hommage à Venise de Paolo et Cinzia Pagliasso et Anna Rotonai
- Le premier prix de catégorie spéciale à Lea Luongsoredju et Roudi Verbaanderd
- 2010
- Pantere, d'Angleterre
- 2009
- Les Voyages de Marco Polo de Horst Raack et Tanja Schulz-Hess
- 2008
- Luna Park de Tanja Schulz-Hess
- 2007
- La Montgolfiera de Tanja Schulz-Hess
Les excès et les limites [modifier]
Le carnaval a donné l'opportunité à tous, de dissimuler son identité. Certains malfaisants ont la possibilité de concevoir et de mener à bien des actes répréhensibles, plus ou moins graves. Pour cette raison, les autorités ont mis en place un décret des limitations et des interdictions. En effet, surtout la nuit, déguisé, dans l'obscurité, il était plus facile de commettre des crimes. Un autre abus qui est devenu assez fréquent était la capacité des hommes, habillés en femmes et en costume religieux, à profiter de leurs déguisements pour entrer dans les lieux saints. Mais il était aussi facile de cacher des armes et des objets dangereux, tels que dans des manteaux, dans des capes, avec l'intention d'offenser. Le Carnaval de Venise devient ainsi le lieu de la séduction, du plaisir de vivre et de la transgression.
Musique classique [modifier]
Le Carnaval de Venise est à l’origine d’une chanson autrichienne, qui remonte à la première moitié du XIXe siècle, Mein Hut, der hat drei Ecken (« Mon chapeau, qui a trois coins » ou « Mon tricorne »). La chanson emprunte le rythme de la valse, très à la mode pendant tout le XIXe siècle. Le succès de cette petite oeuvre a ensuite donné naissance à de très nombreuses variations, d'aspect aussi léger et divertissant que celui de la partition originale. Ces développements, souvent pleins d'imagination et de virtuosité, furent composés notamment par Paul Agricole Génin, Jean-Baptiste Arban, Franz Liszt, Niccolo Paganini, Alamiro Giampieri, Paul Jeanjean, au XXe siècle David Guerrier, etc. pour des instruments très variés (flûte traversière, cornet à pistons ou trompette, piano, violon, clarinette et tuba).