Cythère

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Cythère
Κύθηρα (el)
La capitale de l'île, Chora
La capitale de l'île, Chora
Géographie
Pays Drapeau de Grèce Grèce
Localisation Mer Égée (mer Méditerranée)
Coordonnées 36° 10′ 00″ N 23° 00′ 00″ E / 36.166667, 2336° 10′ 00″ N 23° 00′ 00″ E / 36.166667, 23  
Superficie 279,6 km2
Géologie Île continentale
Administration
Drapeau de Grèce Grèce
Périphérie Attique
Démographie
Population 3 354 hab. (2001)
Densité 12 hab./km2
Plus grande ville Chora
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+2

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Cythère
Cythère
Îles de Grèce

Cythère (en grec ancien et moderne Τα Κύθηρα / Ta Kýthira, pl. ou ἡ Κυθηρία (γῆ)/ hê Kythêría, la (terre) Cythéréenne[1]), connue aussi sous le nom de Cérigo, est une île grecque de la mer Égée, située entre le Péloponnèse et la Crète. Elle fait partie, avec les îles Ioniennes, de l'Heptanèse mais elle est aujourd'hui rattachée administrativement à l'Attique.

Comme beaucoup de petites îles de la mer Égée, Cythère est aujourd'hui très peu peuplée. Elle compte environ 3 500 habitants, alors que probablement 60 000 descendants d'émigrés de Cythère vivent en Australie[réf. nécessaire], pour ne citer qu'un cas.

Sommaire

Histoire [modifier]

À Cythère, il y a des ruines archéologiques qui datent de la période helladique, la même époque que les Minoens. Il y a une évidence archéologique du commerce cythérien jusqu'à l'Égypte et la Mésopotamie. Cythère avait une colonie phénicienne des débuts de l'âge archaïque. Xénophon se réfère à la « baie phénicienne »[2] à Cythère (probablement la baie d'Avlemonas sur la côte est de l'île). La cité archaïque de Cythère était à Scandea près d'Avlemonas ; les ruines ont été excavées. Son acropole, maintenant Palicastro (Palaecastron, « vieux fort »), abrite un temple d'Aphrodite, qui pourrait être antérieurement dédié au culte phénicien d'Astarté.

Pendant la période classique, l'île a fait partie du territoire de plusieurs grandes cités-États. Sparte prit l'île à Argos durant le VIe siècle av. J.-C., et mit en place un kytherodikes (kυθηροδίκης, juge) à Cythère[3]. Athènes occupa trois fois Cythère, pendant les guerres avec Sparte (en -456 pendant sa première guerre avec Sparte et le Péloponnèse, de -456 à -410 pendant la plus grande partie de la Guerre du Péloponnèse et de -393 à -387/386, pendant la guerre de Corinthe contre la domination de Sparte) et l'utilisa pour soutenir son commerce et pour attaquer la Laconie.

Cythère était indépendante et utilisait ses propres pièces à partir de -195 après la défaite de Sparte, puis pendant la période d'Auguste, s'étant de nouveau soumise à Sparte, devient la propriété de Gaius Julius Euryclès, qui était à la fois un magnat sparte et citoyen romain. À cette époque les villes grecques étaient en pratique soumises à l'Empire romain. Elle continua d'exister sous l'Empire romain et sous l'État successeur byzantin pendant des siècles. Le christianisme y est attesté dès le IVe siècle, à l'époque de Constantin. Conformément à la légende, sainte Elisa (ou Elesa) est venue de Laconie pour convertir l'île[4], avant d'être tuée en 375 par son propre père qui voulait la marier contre son gré.

Un séisme de magnitude 5,6 à 5,8 a frappé l'île le 5 novembre 2004.

Mythologie [modifier]

Alors que Gaia n'arrivait pas à enfanter à cause de son mari, elle demanda à son dernier enfant, Chronos, d'émasculer son père. De là, ses organes génitaux tombèrent dans la mer de Cythère et se transformèrent en une petite île. Lorsque son sperme entra en contact avec la mer, l'union de ces deux éléments donna naissance à la déesse Aphrodite avant que celle-ci soit poussée par le zéphir vers Chypre[5]. Selon Homère, la déesse en tire même l'une de ses épiclèses, Cythérée. Hérodote mentionne la présence d'un temple dédié à la déesse dans l'île.

Géographie [modifier]

L'une des plages de sable[6] rouge de Firi Ammos.

Homère[7] parle d'une ville de l'antique île, Scandie, dont provient un certain Amphidamas, ancien propriétaire du casque que revêt Ulysse au chant X, avant la Dolonie. L'île est parsemée de nombreux villages et hameaux, dont les plus grands sont Potamos, Livadi, et la capitale Chora[8].

S'y trouvent également de nombreuses plages, dont les plages de sable rouge de Firi Ammos, proches d'Agia Pelagia.

Tourisme [modifier]

L'activité touristique n'est pas très développée à Cythère. Le fait que l'île soit relativement éloignée des grands centres urbains, en combinaison avec une mauvaise connexion maritime, n'attire pas de grandes masses de touristes. Cependant, depuis plusieurs années, le nombre de visiteurs n'a cessé d'augmenter. Cette vague touristique croissante est à l'origine de la construction d'un grand nombre de nouvelles maisons et villas. Les villages de Avlemonas, Diakofti et Kapsali sont d'illustres exemples de ce phénomène.

Cythère reste pourtant une île faiblement peuplée : son environnement naturel est encore bien préservé. Sous la menace d'une explosion touristique, avec des conséquences néfastes pour la nature, des actions faisant la promotion d'un tourisme durable ont lieu par de nombreux habitants de l'île, avec l'accord de la Mairie de Cythère. Parmi celles-ci, on trouve la cartographie des sentiers de Cythère, utilisés autrefois par les villageois quand les routes et les voitures n'avaient pas encore cicatrisé le territoire, ainsi que la promotion de l'île comme destination de vélo tout terrain, de randonnées pédestres, etc.

Inspiration culturelle [modifier]

Une Cythère rêvée a inspiré aussi bien les peintres que les poètes.

François Couperin a écrit en 1722 une pièce de clavecin appelée "Le carillon de Cythère". Cette pièce figure dans son troisième livre, au sein du quatorzième ordre, où les références à l'amour sont nombreuses.

Antoine Watteau a peint plusieurs tableaux évoquant Cythère, dont Pèlerinage à l'île de Cythère. Gérard de Nerval raconte dans son Voyage en Orient comment, en abordant Cythère, il vit un pendu. Cet épisode a inspiré à Charles Baudelaire le poème « Un voyage à Cythère » des Fleurs du mal.

Une fois la Révolution française passée, l'imaginaire de la France bourgeoise s'embarque à nouveau vers Cythère, non seulement avec Hugo, Nerval et Baudelaire, mais avec Charles Blanc, les Goncourt ou Verlaine. Les « Fêtes galantes » de ce dernier poète donnent naissance à un florilège de mélodies et de pièces musicales considérées souvent d'une qualité exceptionnelle, signées Saint-Saëns, Fauré, Debussy, Ravel… Ces œuvres d'art attestent à quel point la bourgeoisie française de la fin du XIXe siècle affine son goût, mais aussi sa peur de l'Allemagne ou du prolétariat, et par cette réinvention artistique de Cythère, combien elle se plaît à rêver d'amour et d'utopie sociale [9].

Le peintre Léon Matthieu Cochereau qui faisait partie de l'expédition en Orient de Forbin, atteint de dysenterie, est mort au voisinage de cette île le 30 août 1817.

L'île a donné son nom à un arbre fruitier : le prunier de Cythère, qui n'est pourtant pas un arbre originaire d'Europe.

Dans son Voyage autour du monde , Bougainville, le premier explorateur français à avoir fait le tour du monde, raconte que lorsque qu'il se trouve sur l'île de Tahiti (nommée ainsi par ses habitants), lui et son équipage appellent l'île "la Nouvelle Cythère", peut-être pour sa symbolique, car ils voyaient l'île comme une utopie, "le jardin d'Eden", un monde merveilleux où tout le monde s'aimait.

Infrastructures [modifier]

Port [modifier]

Port de Diakofti.
Épave rouillant à l'Est du port de Diakofti.

Le petit port d'Agia Pelagia (Sainte-Pélagie) fut le principal port de l'île jusqu'au milieu des années 1990, moment où celui de Diakofti, plus grand, a pris la relève. On y offre des liaisons régulières avec le Péloponnèse(Néapoli, Gythio et Kalamata), avec Anticythère, avec Le Pirée et la Crète.

Aéroport [modifier]

L'île possède un petit aéroport, l'Aéroport national de l'île de Cythère, situé entre les villages de Friligiannika et Diakofti. Il est desservi par la compagnie aérienne Olympic Airlines, ainsi que par la compagnie Athens Airways à partir de l'été 2009.

Équipement culturel [modifier]

Cythère possède un musée archéologique qui rassemble de nombreux objets de la civilisation minoenne.

Église orthodoxe [modifier]

La localité de Chora est le siège d'un évêché : la Métropole de Cythère.

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. A. Bailly, Abrégé du dictionnaire grec-français, p. 516.
  2. Xénophon, Hellenica, 4.8.7.
  3. Thucydide, 4,53,3.
  4. Brill's New Pauly, article on "Cythera" (for entire section), citing Paus. 1,27,5; Thuc. 4,53,1ff.; 57,4; 5,14,3; 18,7; 7,26,2; 57,6; Xen. Hell. 4,8,7; Isoc. Or. 4,119, and Cassius Dio 54,7,2).
  5. (en) Kythera, history, sur http://www.kythera.gr/.
  6. En fait, ceci s'apparente plus à de petits cailloux qu'à du sable.
  7. Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], chant X, 268-270
  8. Service national grec de données statistiques
  9. Michel Faure, « L'Époque 1900 et la résurgence du mythe de Cythère », Le Mouvement social, octobre-décembre 1979

Articles connexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Le guide du routard : Grèce continentale, éditions Hachette, 2008, p. 232 à 236.

Liens externes [modifier]

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