Tapisserie de Bayeux

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Tapisserie de Bayeux
La galerie de présentation de la Tapisserie de Bayeux
La galerie de présentation de la Tapisserie de Bayeux
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Bayeux
Adresse Tapisserie de Bayeux
Centre Guillaume le Conquérant
13bis Rue de Nesmond
14402 Bayeux
Coordonnées 49° 16′ 28″ N 0° 42′ 01″ O / 49.27444, -0.7002849° 16′ 28″ Nord 0° 42′ 01″ Ouest / 49.27444, -0.70028  
Informations générales
Date d’inauguration Site actuel : 1983
Collections Histoire
Art
Nombre d’œuvres Musée entièrement consacré à la présentation de la Tapisserie de Bayeux
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, Tapisserie) (2007 Mémoire du monde de l'Unesco)

Logo monument historique Classé MH (1862, Chapelle)  Inscrit MH (1977, Cage d'escalier avec sa rampe à balustres)

Informations visiteurs
Site web site officiel

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Tapisserie de Bayeux

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Tapisserie de Bayeux

La Tapisserie de Bayeux, aussi connue sous le nom de Tapisserie de la reine Mathilde, et plus anciennement « Telle du Conquest » (pour « toile de la Conquête ») est une broderie du XIe siècle inscrite depuis 2007 au registre Mémoire du monde par l'UNESCO. Elle semble avoir été commandée par Odon de Bayeux, le demi-frère de Guillaume le Conquérant, et décrit les faits relatifs à la conquête normande de l'Angleterre en 1066. Elle détaille les événements clés de cette conquête, notamment la bataille d'Hastings. Toutefois, près de la moitié des images relatent des faits antérieurs à l'invasion elle-même. Bien que très favorable à Guillaume le Conquérant au point d'être considérée parfois comme une œuvre de propagande, elle a une valeur documentaire inestimable pour la connaissance du XIe siècle normand et anglais. Elle renseigne sur les vêtements, les châteaux, les navires et les conditions de vie de cette époque. À ce titre elle constitue un des rares exemples de l'art roman profane. Conservée jusqu'à la fin du XVIIIe siècle dans le Trésor de la cathédrale de Bayeux, elle est aujourd'hui présentée au public au centre Guillaume le Conquérant[1] qui lui est entièrement dédié. Elle constitue la pièce maîtresse de Bayeux museum, la marque des musées gérés par la ville de Bayeux à laquelle s'associent le Musée mémorial de la Bataille de Normandie et le MAHB Musée d'art et d'histoire Baron Gérard.

La présentation de la Tapisserie de Bayeux au sein du Centre Guillaume le Conquérant à Bayeux

Présentation[modifier | modifier le code]

La Tapisserie de Bayeux n'est pas, à proprement parler, une tapisserie ; en effet, elle relève de la broderie[2], de neuf teintes naturelles de laines sur des pièces de lin bis. Elle a été confectionnée entre 1066 et 1082, peut-être en Angleterre, pour être exposée à la cathédrale de Bayeux pour une population souvent analphabète[réf. nécessaire]. Elle est constituée de neuf panneaux en lin assemblés en une seule pièce d'une longueur d'environ 68,30 mètres et large d'environ 50 centimètres[3],[4]. Chaque scène est assortie d'un commentaire en latin. Il faut aussi remarquer que la broderie est amputée. Sa fin est perdue mais elle devait se terminer, d'après tous les historiens, par le couronnement de Guillaume le Conquérant. 626 personnages, 202 chevaux et mules, 505 animaux de toutes sortes, 37 édifices, 49 arbres sont recensés. Au total, 1515 sujets variés fournissent une mine de renseignements sur le XIe siècle.

Origines[modifier | modifier le code]

Odon de Bayeux est généralement identifié comme étant le commanditaire de la Tapisserie de Bayeux[5]. La supposition repose sur un faisceau d'indices concordants[6]. Tout d'abord, sur la tapisserie ne sont nommées, en dehors des figures historiques (Harold Godwinson, Édouard le Confesseur, Guillaume le Conquérant etc.) et de la mystérieuse Ælfgyva, que trois personnes, Wadard, Vital et Turold[6]. Ceux-ci ne sont mentionnées dans aucune autre source contemporaine de la bataille de Hastings[6]. Or il apparaît que ces hommes sont tous des tenants d'Odon dans le Kent[6], signe qu'ils faisaient partie des hommes qu'Odon a amenés à la bataille. Ensuite, la tapisserie montre Harold Godwinson jurant fidélité au duc Guillaume, sur de saintes reliques, et assistance pour son obtention du trône anglais, à Bayeux[5],[6]. Orderic Vital place l'événement à Rouen, et Guillaume de Poitiers à Bonneville-sur-Touques. De plus, le rôle d'Odon à Hastings est à peine mentionné dans les sources qui ne sont pas liées à Bayeux[5]. Les historiens concluent qu'Odon est le seul à avoir eu les moyens financiers de commanditer une œuvre aussi gigantesque, et qui mette en avant ses tenants et les reliques de Bayeux[6].

Si une majorité d'historiens s'accorde à penser que c'est bien Odon qui commanda cette broderie pour orner la nef de la nouvelle cathédrale Notre-Dame de Bayeux, inaugurée en 1077, la discorde règne encore sur l'identité de ceux qui la fabriquèrent. La légende dit que c'est la reine Mathilde, aidée de ses dames de compagnie, qui en sont les auteurs ; pour d'autres, elle fut confectionnée : soit dans le Kent ; soit à Winchester, dans le Hampshire, vingt ou trente ans après les événements qu'elle relate. Enfin dernière des hypothèses, sa fabrication aurait été effectuée à Saumur.

Toutefois, deux hypothèses de recherches sont avancées.

  • Les dernières recherches de l'université de Caen, réunissant des sommités archéologues, historiens, médiévistes, s'accordent à penser que la « Broderie d'Hastings » a été faite dans le Kent, à Winchester ou à Cantorbéry, tout de suite après la bataille elle-même, et sa confection aurait duré deux ans environ. C'est ce que Denise Morel et Marie France Le Clainche font vivre dans leur roman Les Brodeuses de l’Histoire, où elles mettent en scène l'atelier de broderie de Winchester. Nous savons, en effet, que cet atelier rassemblait brodeurs et brodeuses, laïcs et religieuses, anglo-saxonnes, normandes et bretonnes.
  • Selon l'historien américain George Beech, spécialiste du Moyen Âge, plusieurs indices permettraient de démontrer, que la Tapisserie de Bayeux fut en réalité conçue à l'abbaye Saint-Florent de Saumur. Plusieurs faits permettent d'étayer cette réflexion. L'abbé de l'abbaye de Saint-Florent, Guillaume Rivallon (fils de Riwallon de Dol), était seigneur de Dol en Bretagne. Or plusieurs scènes de la tapisserie racontent les préparations guerrières des batailles au Mont-Saint-Michel, à Dol, à Rennes et à Dinan. De plus, ce seigneur de Dol était lié d'amitié avec Guillaume le Conquérant. Enfin à la fin du XIe siècle, l'abbaye de Saint-Florent-de-Saumur s'est retrouvée propriétaire de nombreux domaines en Angleterre. Ces possessions ont pu être offertes par Guillaume le Conquérant en remerciement de la tapisserie.

Contenu historique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Conquête normande de l'Angleterre.
1064 - Le duc Guillaume
1064 - Le comte Harold

La broderie reflète le point de vue normand de l'histoire, notamment en justifiant l'invasion de Guillaume par sa légitimité au trône. Harold y est représenté comme un fourbe, parjure, reniant un serment sacré, alors qu'il semble que l'on ne trouve de relation de ce serment que dans la tapisserie et dans la Gesta Guillelmi de Guillaume de Poitiers, une autre source normande, écrite peut-être dix ans après la conquête normande de l'Angleterre. Cela dit, on s'accorde généralement à penser que ce serment eut bien lieu mais qu'il y aurait peut-être eu tromperie, puisque Harold aurait affirmé qu'il ne savait pas qu'il y avait de saintes reliques sous le livre sur lequel il jura. Cependant la tapisserie laisse aussi un peu de place au point de vue anglais. Harold, le parjure, est à l'honneur dès le début de la broderie ; il sauve deux Normands du Couesnon, on le voit prier Dieu, son couronnement montre qu'il est un roi légitime et les inscriptions durant la bataille prouvent sa dignité de roi. Ainsi la tapisserie en imposant le point de vue général normand permet une lecture plurielle, anglaise ou normande, sur des aspects secondaires.

En 1064, le comte Harold débarque à la suite de la dérive des courants sur les terres du comte Guy de Ponthieu
La comète de Halley vue en avril 1066, figurant sur la Tapisserie de Bayeux. L'inscription, ISTI MIRANT STELLÃ, signifie Ceux-ci (les hommes) observent l'étoile

La première moitié de la broderie relate les aventures du comte Harold Godwinson, beau-frère du roi Édouard le Confesseur, dont le navire débarqua à la suite de la dérive des courants sur les terres du comte Guy de Ponthieu (dans la Somme actuelle) en 1064. Il fut capturé par Guy qui envisageait de le libérer contre rançon. Hélas, un espion de Guillaume, visible sur la broderie, était là. Guillaume exigea de Guy qu'il lui remît Harold, ce qui fut fait. Guillaume adouba Harold chevalier à Rouen. C'est lors de cette cérémonie, qu'on voit sur la broderie, que Harold jura, sur les reliques d'un saint (très important à l'époque) à Guillaume de le soutenir pour succéder à Édouard sur le trône d'Angleterre. Il revint sur cette promesse plus tard, ce qui lui valut son excommunication par le pape. La broderie montre ensuite Harold retourner en Angleterre et se faire acclamer roi après la mort d'Édouard.

La mort du roi Harold le 14 octobre 1066

La broderie contient la représentation d'une comète, identifiée à la comète de Halley visible en Angleterre à la fin d'avril 1066. Cette identification est entièrement justifiée car le motif figurant la comète est placé, sur cette frise, à une date compatible avec celle du phénomène astronomique. Cette représentation figure, en effet, entre la scène du couronnement de Harold (janvier 1066) et l'annonce qui lui est faite d'une menace d'invasion par la flotte normande dont le regroupement s'effectue dès le début août 1066 à l'embouchure de la Dives et dans les ports environnants.

Ensuite, sur la broderie, nous voyons les préparatifs de Guillaume pour son invasion de l'Angleterre effectuée dans la nuit du 27 au 28 septembre 1066 ; puis des images de la bataille d'Hastings du 14 octobre. À ce sujet, on a longtemps cru que Harold y était représenté mourant d'une flèche dans l'œil, mais on pense, de nos jours, qu'il y a eu confusion sur la personne, le frère de Harold étant mort d'une flèche dans l'œil.

Les frises[modifier | modifier le code]

Frises en haut et en bas avec des animaux

Les éléments (animaux fantastiques, sauvages ou domestiques, fables, chevrons) figurant dans les parties hautes et basses de la broderie ne semblent pas avoir de rapport avec le principal récit pour une minorité d'auteurs comme Wolgang Grape ou Carole Hicks. Ainsi, on peut voir par exemple dans la partie basse de la tapisserie une scène du corbeau et du renard d'Ésope reprise par Phèdre qui n'aurait qu'un rôle décoratif. Cependant la grande majorité des spécialistes pense qu'il existe des liens entre les bordures et la bande principale. D. Beirstein et Daniel Terkla en ont fait la démonstration. Mais il y a débat sur le point de vue reflété par les fables. R. Wissolik et D. Bernstein ont interprété ces fables comme un commentaire anglo-saxon d'ordre moral. Pour Bard McNulty ou D. Terkla, il s'agit d'une paraphrase soutenant le point de vue normand. Pour d'autres historiens de l'art, comme Denis Bruna, les dessins (animaux, scènes érotiques, fables, ...) figurant dans ces frises auraient un effet apotropaïque, c'est-à-dire un rôle de protection ou de porte-bonheur.

Toutefois, à la fin de la broderie, lorsque la bataille entre Guillaume et Harold fait rage, les motifs décoratifs de la frise du bas disparaissent, et la frise se remplit des cadavres et des boucliers et des armes tombées à terre, comme si ce « débordement » devait traduire la fureur des combats, impossibles à contenir dans la zone du milieu de la tapisserie.

Autres apports[modifier | modifier le code]

La broderie nous apporte une connaissance importante quant à des faits historiques dont nous avons peu de trace par ailleurs. Elle apporte des informations nouvelles sur des éléments de l'expédition de Bretagne, sur le lieu du serment : Bayeux, sur la place des frères de Guillaume dans la conquête ou encore sur Odon, un évêque, participant aux combats (son statut de seigneur féodal l'oblige à prêter assistance à son suzerain, son statut de prélat lui interdit de faire couler le sang, d'où l'usage du bâton comme arme). La présentation de la broderie, sous forme d'images, la rendit tout au long des siècles accessible à tous alors que peu savaient lire.

La broderie est inestimable quant à la connaissance de la vie de l'époque ; d'abord sur les techniques de broderie du XIe siècle, notamment l'apparition de ce qui est nommé depuis le point de Bayeux ; ensuite sur nombre de techniques de l'époque, puisque y apparaissent des constructions de châteaux, de bateaux (la flotte d'invasion de Guillaume). Y figurent aussi des vues de la cour de Guillaume, de l'intérieur du château d'Édouard, à Westminster. Nous y voyons nombre de soldats, ce qui a permis de se faire une meilleure idée de leur équipement. La plupart portaient des broignes et non des cottes de mailles comme on l'a cru longtemps. De même, sont bien visibles des signes distinctifs sur les boucliers, ce qui était peu répandu jusqu'alors. Toutefois, les soldats y sont représentés se battant mains nues alors que toutes les autres sources écrites de cette époque font apparaître que les soldats se battaient (et chassaient) presque toujours gantés. On observe également que la coupe de cheveux des protagonistes varie selon leur nationalité : les anglais ont les cheveux courts sur tout le crâne, alors que les Normands et la plupart de leurs alliés français ont la nuque et le bas du crâne rasés.

Histoire de la tapisserie[modifier | modifier le code]

Vers l'an 1100, un poète français du nom de Baudry compose pour Adèle de Normandie, fille de Guillaume le Conquérant, un poème dans lequel il décrit une tapisserie faite de soie, d'or et d'argent et représentant la conquête de l'Angleterre. Même si la taille et les matériaux de cette tapisserie montrent qu'il ne s'agit pas de la même tapisserie, même si l'existence de la tapisserie de la comtesse Adèle est mise en doute, il est évident que le poème de Baudry s'inspire soit directement, soit indirectement de la tapisserie de Bayeux. La plus ancienne mention directe de la tapisserie est un inventaire des biens de la cathédrale de Bayeux, dressé en 1476, qui en mentionne l'existence et précise qu'elle est suspendue autour de la nef pendant quelques jours chaque été. En 1562, des religieux, avertis de l'arrivée imminente d'une troupe de Huguenots, mirent à l'abri quelques biens. Ils firent bien, car ceux-ci mirent à sac la cathédrale. D'une notoriété encore très locale, elle ne commença à intéresser des érudits non normands qu'à la fin du XVIIe siècle[7].

La Révolution française faillit marquer la fin de la Tapisserie. En 1792, la France étant menacée d'invasion, des troupes furent levées. Au moment du départ du contingent de Bayeux, on s'avisa qu'un des chariots chargés de l'approvisionnement n'avait pas de bâche. Un participant zélé proposa de découper la tapisserie conservée à la cathédrale pour couvrir le chariot. Prévenu tardivement, le commissaire de police, Lambert Léonard Leforestier, arriva cependant juste à temps pour empêcher cet usage. Il se créa alors une commission artistique qui veilla à la sécurité de l'œuvre pendant la Révolution. À des fins de propagande contre l'Angleterre qu'il projetait d'envahir, Napoléon la fit venir au Musée du Louvre à Paris en 1804 où elle fut exposée à l'admiration des foules parisiennes. Elle retourna à Bayeux en 1805. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Mme Elisabeth Wardle, femme d'un riche marchand, finança une copie de même taille qui se trouve maintenant en Angleterre[8].

Elle fut à nouveau cachée pendant la guerre franco-prussienne de 1870 puis durant la Seconde Guerre mondiale. À l'heure actuelle, elle est exposée au Centre Guillaume le Conquérant, à Bayeux.

Texte latin et traduction[modifier | modifier le code]

Nᵒ
du
panneau
Texte latin Traduction
1 EDVVARD RЄX : Le Roi Édouard
2 VBI : hAROLD DVX : ANGLORVM : ETSVIMILITЄS :- ЄQVITANT :- AD BOS hAM : ЄCCLЄSIÃ Harold, Duc des Anglais et ses soldats chevauchent vers l'église de Bosham.
3 HIC hAROLD :- MARЄ NAVIGAVIT : Ici Harold traverse la mer
4 ET VЄLIS VЄNTO : PLЄNIS VЄ==NIT : INTERRà: VVIDONIS COMITIS Et les voiles gonflées par le vent aborde sur les terres du Comte Guy
5 HAROLD :, Harold
6 hIC : APRЄhЄNDIT : VVIDO : HAROұ[9] : Ici Guy se saisit d'Harold
7 ЄTDVXIT : EVM ADBЄL RЄM : ET IBI ЄVM : TENVIT : Et l'emmène à Beaurainville et l'y retient
8 VBI : hAROLD: ɭ VVIDO : PARABOLANT : Ici Harold et Guy s'entretiennent
9 VBI : NVNTII : VVILLELMI : DVCIS : VENERVNT : AD VVIDONЄ Où les messagers du Duc Guillaume vont chez Guy
TVROLD Turold
10 NVNTII : VVILLELMI Les messagers de Guillaume
11 †HIC VENIT : NVNTIVS : AD WILGЄLMVM DVCEM Ici un messager vient chez le Duc Guillaume
12 HIC : WIDO : AD DVXIT hAROLDVM ADVVILGЄLMVM : NORMANNORVM : DVCЄM Ici Guy amène Harold à Guillaume Duc des Normands
13 HIC : DVX : VVILGELM :- CVM hAROLDO : VЄNIT - AD PALATIṼ SVṼ Ici le Duc Guillaume arrive en son palais avec Harold
14 VBI : VNVS : CLЄRICVS : ЄT ÆLFGYVA Où un prêtre et Ælfgyva
15 HIC VVILLEM : DVX : ЄT ЄXЄRCITVS : EIVS : VЄNЄRVNT : ADMONTЄ MIChAЄLIS Ici le Duc Guillaume et son armée arrivent au Mont (St) Michel
16 ЄT HIC : TRANSIЄRVNT : FLVMЄN : COSNONIS : Et ici ils traversent le fleuve Couesnon
HIC : hAROLD : DVX : TRAhЄBAT : ЄOS : DЄARЄNA Ici le Duc Harold les tire hors du sable
17 ЄTVЄNЄRVNT AD DOL : ЄT : CONAN :- FVGA VЄR TIT :- RЄDNЄS Et ils arrivent à Dol et Conan s'enfuit à Rennes
18 hIC MILITЄS VVILLЄLMI : DVCIS : PVGNANT : CONTRA DINANTЄS :- Ici les soldats de Guillaume se battent contre les Dinannais
19 ET : CVNAN : CLAVЄS : PORRЄXIT :- Et Conan leur remet les clefs (de la ville)
20 hIC : VVILLЄLM : DЄDIT : hAROLDO : ARMA Ici Guillaume fait Harold chevalier
21 hIЄ[10] VVILLELM VЄNIT : BAGIAS Ici Guillaume arrive à Bayeux
22 VBI Harold : SACRAMЄNTVM : FECIT :- VVILLELMO DVCI :- Où Harold prête serment au Duc Guillaume
23 hIC HAROLD : DVX :- RЄVERSVS : EST ADANGLICAM : TERRAM :- Ici le Duc Harold retourne en Angleterre
24 ET VЄNIT : AD : EDVVARDVM REGE M :- Et va trouver le Roi Edouard
25 hIC PORTA TVR : CORPVS : EADVVARDI : RЄGIS : AD : ЄCCLЄSIAM : SCI PETRI APLÎ Ici la dépouille du Roi Edouard est emmenée à l'église St Pierre l'Apôtre
26 hIC EADVVARDVS : REX INLЄCTO ALLOQVIT : FIDE LES Ici le Roi Edouard sur son lit parle à ses proches
27 ET HIC : DЄFVNCTVS ЄST Et ici il est mort
28 hIC DEDERVNT : hAROLDO : CORO Nà: REGIS Ici ils donnent à Harold la couronne de Roi
29 hIC RЄSIDET hAROLD RЄX AN GLORVM : Ici siège Harold, roi des Anglais
30 STIGANT ARChI EṔS L'archevêque Stigand
31 ISTI MIRANT[11] STELLÃ Ils observent une étoile
32 hAROLD Harold
33 hIC : NAVIS : ANGLI CA : VЄNIT. INTЄR RAM VWILLELMI : DV CIS Ici un navire anglais aborde sur la terre du Duc Guillaume
34 HIC : VVILLЄLM DVX : IVSSIT NAVЄS EDI FICARE : Ici le duc donne l'ordre de construire des bateaux
35 hIC TRAhVNT : NAVЄS ADM A RЄ Ici ils tirent les navires à la mer
36 ISTI PORTANT : ARMAS : ADNAVЄS : ЄT hIC TRAhVNT : CARRVM CVMVINO : ETARM IS Ils portent des armes vers les navires et ici ils tirent un chariot avec du vin et des armes
37 †hIC : VVILLELM : DVX INMAGNO : NAVIGIO : MARЄ TRAN SIVIT ET VENIT ADPЄVЄNЄSÆ :- Ici le duc Guillaume traversa la mer sur un grand vaisseau et arrive à Pevensey
38 hIC ЄXЄVNT. CABALLI DENAVIBVS :- Ici les chevaux sortent des navires
39 ЄT hIC : MILITЄS FESTINA VERV NT : hЄSTINGà: VT CIBVM RAPERENTVR : Et ici les soldats se pressent à Hastings en quête de vivres
40 HIC : EST : VVAD ARD : Voici Wadard
41 hIC : COQVI TVR : CARO ET hIC. MINISTRAVЄRVNT MINISTRI Ici on prépare les viandes et ici s'affairent les serviteurs
42 hICFECЄRVNT : PRANDIVM : ET. hIC. EPISCOPVS : CIBṼ : ET : POTṼ : BE NE DICIT. Ici ils préparent le repas et ici l'évêque bénit la nourriture et la boisson
43 ODO : EPS : VVILLEM : ROTBERT :- L'évêque Odon, Guillaume, Robert
44 ISTE. IVSSIT. VT FO DERЄTVR : CASTELLVM AD HESTENG CEASTRA Il ordonne d'édifier une fortification autour du camp d'Hastings
45 HIC NVNTIATVM EST : VVILLELM DEHARO LD : Ici on apporte à Guillaume des nouvelles d'Harold
46 hIC DOMVS : INCENDITVR : Ici une maison est incendiée
47 hIC : MILITES : EXIERVNT : DEhESTENGA : ET : VENERVNT AD PRЄLIVM : CONTRA : hAROLDVM : REGЄ Ici les soldats sortent d'Hastings et vont au combat contre le roi Harold
48 HIC : VVILLELM : DVX INTERROGAT : VITAL : SIVI DISSЄT HAROLDI EXER CITṼ Ici le Duc Guillaume demande à Vital s'il a vu l'armée d'Harold
49 ISTE NVNTIAT : HAROLDVM RЄGÊ DEEXERCITV VVILELMI DVCIS Celui-ci renseigne le Roi Harold sur l'armée de Guillaume
50 HIC VVILLELM : DVX ALLOQVITVR : SVIS : MILITIBVS : VT : PREPARARENT SE : VI RILITER ET SAPIENTER : ADPRELIVM : CONTRA : ANGLORVM EXERCITŨ : Ici le Duc Guillaume exhorte ses soldats, à se préparer courageusement et sagement au combat contre l'armée anglaise
51 hIC CЄCIDЄRVNT LEVVINE ЄT : GYRD FRATRES : hAROLDI REGIS : Ici meurent Léofwine et Gyrth, frères du Roi Harold
52 hIC CЄCIDERVNT SIMVL : ANGLI ЄT FRANCI : INPRELIO :- Ici Anglais et Français meurent ensemble dans le combat
53 HIC. ODO EṔS BACVLṼ TЄNЄNS CONFOR TAT PVE ROS Ici l'évêque Odon, tenant un bâton, encourage les jeunes
54 hIC EST VVILLELM DVX Voici le Duc Guillaume
55 ETVS[12] Eustache
56 hIC FRANCI PVGNANT ETCЄCI DЄ RVNT QVI ЄRANT : CVM hAROLDO :- Ici les Français combattent et ceux qui étaient avec Harold succombent
57 hIC Harold : REX :- INTERFЄC TVS : EST ET FVGA : VERTERVNT ANGLI Ici le roi Harold est tué, et les Anglais prennent la fuite

Extraits[modifier | modifier le code]

Authenticité[modifier | modifier le code]

En 1990, le Britannique Robert Chenciner, expert en étoffes anciennes, remet en question l'authenticité de la tapisserie de Bayeux. Les brochettes et le barbecue médiéval représentés sur la broderie lui paraissent s'inspirer d'une méthode de cuisson plus orientale que normande : celle-ci ne serait apparue en France qu'au XVIIIe siècle. Pour Chenciner, ce n'est pas l'original mais une reproduction, datant peut-être du XVIIe/XVIIIe siècle voire du XIXe siècle[13],[14]. La théorie de Chenciner sera vigoureusement démentie par Sylvette Lemagnen, conservatrice de la tapisserie, qui la qualifiera de gratuite et d'incongrue, rappelant notamment qu'un texte de 1476 décrit cette œuvre[15].

Une source d'inspiration contemporaine[modifier | modifier le code]

Une version animée de la tapisserie a été montée dans le cadre du projet d'étudiant du Goldsmiths College par David Newton et Marc Sylvan[16] Une reconstitution grandeur nature de la bataille d'Hastings a été réalisée en octobre 2006[17] à l'occasion du 940e anniversaire de la bataille.

En littérature[modifier | modifier le code]

  • M.-F. Le Clainche, D. Morel, Les Brodeuses de l'Histoire, roman historique, Rennes, Coop Breizh, 2006, ISBN 2-84346-269-X
  • Adrien Goetz, Intrigue à l'anglaise, roman policier historique, Paris, Grasset, avril 2007, ISBN 978-2-246-72391-2

Dans les jeux vidéo[modifier | modifier le code]

  • Dans Diablo II, plus précisément dans la cathédrale de l'acte I, la tapisserie est reproduite sur un pan du mur[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel de la Tapisserie de Bayeux.
  2. « Ancien site officiel de la Tapisserie de Bayeux - Page d'accueil », Ancien site officiel de la tapisserie de Bayeux (consulté le 2011-09-01)
  3. « Les mystères de ses origines - Une broderie du XIe siècle », Site officiel de la tapisserie de Bayeux (consulté le 2011-03-31)
  4. De par sa présentation, sous formes d'images distinctes, on a pu y voir l'ancêtre de la bande dessinée; cependant, le fait que, suivant les spécialistes, il y ait de 30 à 70 images distinctes relativise ce point de vue.
  5. a, b et c David R. Bates, « The Character and Career of Odo, Bishop of Bayeux (1049/50-1097) », dans Speculum, vol. 50, n°1 (1975), p. 5.
  6. a, b, c, d, e et f N. P. Brooks, H. E. Walker, « The authority and Interpretation of the Bayeux Tapestry », dans Anglo-Norman Studies I: Proceedings of the Battle Conference 1978, éditeurs R. Allen Brown & Marjorie Chibnall, publié par Boydell & Brewer, 1979, p. 1-34. (ISBN 0851151078).
  7. Entre autres : Nicolas Jean Foucault († 1721), intendant de Normandie ; Antoine Lancelot (1675-1740) de l'Académie royale des Inscriptions et Belles Lettres ; Bernard de Montfaucon (1655-1741), historien et bénédictin.
  8. Tout l'historique de la tapisserie est tirée de cette source:
    Andrew Bridgeford (trad. Béatrice Vierne), 1066, l’histoire secrète de la tapisserie de Bayeux, Éditiond du Rocher, coll. « Anatolia »,‎ 2004 (réimpr. 2005) [détail des éditions] (ISBN 2-268-05528-0), p. 386, p. 35-57
  9. Lire : HAROLDUM.
  10. hIЄ, pour HIC.
  11. "Mirare", forme médiévale pour "mirari", avec le sens de regarder, observer : Spectare, respicere : Du Cange, et al., Glossarium mediae et infimae latinitatis, éd. augm., Niort : L. Favre, 1883‑1887, t. 5, col. 406 a et c. : Joh. Demussis Chron. Placent. apud Murator. tom. 16. col. 491 : Qui vult discere bene equitare, respiciat bene dictum recessorem, et ipsum Miret sicut sedet, et stat ad equum.
  12. Lire : EVSTATIVS. Andrew Bridgeford (trad. Béatrice Vierne), 1066, l’histoire secrète de la tapisserie de Bayeux, Éditiond du Rocher, coll. « Anatolia »,‎ 2004 (réimpr. 2005) [détail des éditions] (ISBN 2-268-05528-0), p. 386, p. 217-218
  13. Article du Los Angeles Times du 10 octobre 1991.
  14. Pierre Bouet, Brian Levy, François Neveux. La tapisserie de Bayeux: l'art de broder l'histoire : actes du colloque de Cerisy-la-Salle, 1999. Presses universitaires de Caen, 2004.
  15. B. Jacob, M. Minet, Michel Schoonejans. Carrefour 2 - "Querelle de tapisserie". De Boeck, 2002.
  16. Vidéo de l'animation sur youtube.com.
  17. Vidéo de la reconstitution sur youtube.com.
  18. « La tapisserie de Bayeux dans Diablo II », in diablo2.judgehypecom

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David J. Bernstein, The Mystery of the Bayeux tapestry, London, Weidenfeld & Nicolson, 1986 ISBN 0-226-04400-9
  • Simone Bertrand & Sylvette Lemagnen, La Tapisserie de Bayeux, Ouest-France 1996, 32 pages.
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  • Simone Bertrand, La tapisserie de Bayeux, Ouest-France, La Guerche-de-Bretagne 1979, 32 p. (ISBN 2.85882.052X[à vérifier : isbn invalide])

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