Société nationale de sauvetage en mer
Société nationale de sauvetage en mer
| Forme juridique | Association loi de 1901 |
|---|---|
| But | Sauvetage en mer |
| Zone d’influence | France |
| Fondation | 1967 |
|---|---|
| Fondateur | Amiral Maurice Amman |
| Siège | Paris |
|---|---|
| Président | Amiral Yves Lagane ; sera remplacé en mai 2013 par Olivier Lajous |
| Financement | Dons et subventions publiques |
| Slogan | Pour que l'eau salée n'ait jamais le goût des larmes |
| Site web | http://www.snsm.org/ |
La Société nationale de sauvetage en mer (S.N.S.M.) est une association française dont la mission première est le sauvetage des personnes en danger en mer, celui-ci étant toujours gratuit, quels que soient les moyens mis en œuvre. En revanche, l'assistance aux biens donne lieu à une participation aux frais engagés. Le capitaine ou chef de bord d'un navire qui requiert assistance ou remorquage est libre de choisir la société qui lui offre assistance aux biens que ce soit la SNSM ou société privée[1].
En 2008, le budget de la SNSM était de 20 273 000 euros, dont 32 % de subventions de l'état et des collectivités territoriales, 17 % de dons, 22 % de mécénat et 3 % de legs[2]. 78 % de cette somme est utilisée pour les missions[2].
En 2012, les sauveteurs en mer ont réalisés 4 920 interventions pour secourir 8 000 personnes en difficulté ; on déplore cependant entre 350 et 400 morts par an. Environ 1/3 des accidents sont liés à la baignade, 1/3 aux loisirs nautiques et 1/3 liés à la plaisance. 27 % des interventions de la SNSM se déroulent de nuit et la durée totale moyenne des interventions est de 1 h 48.
Sommaire |
Histoire [modifier]
La SNSM est née en 1967 de la fusion de la Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN)[3] et des Hospitaliers sauveteurs bretons (HSB)[4], union initiée par l'amiral Maurice Amman, alors préfet maritime de la 2e région à Brest, qui deviendra le 15 octobre 1967 le président de la nouvelle société[5]. Le pavillon de la SNSM est né de la fusion entre ceux de la SCSN et des HSB. Son président actuel est l'amiral Yves Lagagne. En mai 2013, il sera remplacé par Olivier Lajous après 8 mois en tant que président à la S.N.S.M.
La SCSN est née en 1865 à la suite de deux évènements dramatiques : les naufragés de l’Amphitrite d'août 1825 à Boulogne-sur-Mer et celui de la Sémillante de février 1855 sur un îlot de l’archipel des Lavezzi. La SCSN apporte 60 stations, 57 canots et vedettes et 7 pneumatiques. Ainsi, de nouveles stations se créent à Audierne, au Conquet, à Saint-Malo, Saint-Jean de luz, à Groix, Roscoff, Ouessant et sur l'Île de Sein dans les années 1860.
La société des HSB est née en 1873 suite à l'instigation d’Henri Nadault de Buffon. Il précise son but : « cette œuvre est à la fois une institution de sauvetage et de sauveteurs et une société de bienfaisance, de moralisation et d’encouragement au bien ». Les HSB apportent 250 postes, 6 canots tous temps, 83 canots et vedettes à moteur et plus de 200 pneumatiques[5]. Même si leurs moyen n'étaient pas très avancés en matière de sauvetage, ils sont encore très ancrés dans l'histoire de la Bretagne.
La SNSM émerge en 1967. À la suite de la Seconde Guerre mondiale, tout est à reconstruire, la plupart des abris et des moyens nautiques de la SNSN et des HSB. Les deux sociétés aux buts similaires ne peuvent plus répondre aux besoins de l'ensemble du littoral du territoire français notamment à cause des métiers de la mer qui se développent et des loisirs nautiques. La fusion de la SCSN et des HSB est demandé par les pouvoirs publics et donne naissance à une association, toute première à secourir bénévolement et gratuitement des vies en mer : la SNSM. Son tout premier président est l'amiral Maurice Amman. La SNSM est reconnue d'utilité publique en 1970 et est une association de la loi 1901.
Activités [modifier]
La SNSM a trois types d'activités, le sauvetage au large, la formation des nageurs sauveteurs saisonniers et la prévention des risques nautiques.
Sauvetage au large par les sauveteurs embarqués bénévoles [modifier]
En 2008, environ 4 500 bénévoles, dont 3 500 sauveteurs embarqués[6] sont prêts à intervenir, toute l'année et à toute heure, appareillant en moins de 15 minutes, répartis dans 232 stations littorales métropolitaines et outre-mer (dont 186 stations de sauvetage permanentes et 35 stations saisonnières) ; il s'agit en général de marins professionnels (essentiellement de la marine marchande et pêcheur), souvent à la retraite ou en préretraite mais également des plaisanciers. Environ 600 responsables de stations s'ajoutent à l'organisation[6].
Les opérations sont déclenchées et gérées par les CROSS qui sont contactés en cas de problème, via le Canal 16[7] de la VHF marine ou le 112 sur un téléphone portable. Environ 25 % des interventions se déroulent de nuit contre 75 % de jour. 77 % de ces interventions concernent le plaisance ; 12 % les professionnels de la mer (pêcheurs) et 11 % des loisirs nautiques. Dans le cas de la plaisance à moteur, le sinistre le plus fréquent est l'avarie moteur ; à l'inverse de la plaisance à voile où l'évènement le plus fréquent est l'échouement. Après vient l'avarie moteur. Dans le cas des professionnels, l'avarie moteur vient en premier (35 %), puis les hélices engagées (souvent lors de la remontée des chaluts ; 24 % des cas). Dans seulement 9 % des cas, il s'agit d'EVASAN (Évacuations Sanitaires). Ces interventions sur navires de pêche sont généralement les plus longues à compter de 2h40 en moyenne.
L'exception marseillaise [modifier]
Dans la cité phocéenne, la vedette de 1re classe V1 NG La Bonne Mère de Marseille est armée par des militaires du bataillon de marins-pompiers de Marseille et non des bénévoles comme toutes les autres stations françaises et d'outre-mer. Compte tenu de la superficie de la ville, il était impossible de faire rallier un équipage de sauveteurs bénévoles pour appareiller dans le délai de 15 minutes (objectif correspondant au délai moyen constaté pour l'ensemble de la SNSM). Une convention a donc été signée entre la municipalité de Marseille et la SNSM en 1978 qui confiait l'armement de sa vedette à un équipage de marins pompiers. La vedette est amarrée au port de plaisance de La Pointe Rouge où se trouve le centre de secours d'où l'équipage prend son service 24h/24. Elle peut ainsi appareiller en 5 minutes, de jour comme de nuit, 365 jours par an, et ce, par tous les temps.
Formation des nageurs sauveteurs saisonniers [modifier]
Disposant de trente-deux Centres de formation et d'intervention pour les nageurs-sauveteurs, la SNSM réalise chaque été des actions de prévention et de surveillance du littoral. Elles forment chaque année près de 450 nouveaux sauveteurs.
L’action des nageurs-sauveteurs va du réconfort aux personnes choquées à la réanimation cardio-ventilatoire d’accidentés dont les fonctions vitales sont gravement altérées. Ces jeunes sont affectés par la SNSM sur plus d’un tiers des plages surveillées et rémunérés par les communes.
La surveillance de plages s'effectue de mai à septembre. Ainsi, 1 500[6] nageur-sauveteurs sur les plages rémunérés assurent la surveillance des plages et de la bande littorale des 300 mètres. Ils sont titulaires du Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA), permis bateau (option côtière), PSE 1 et 2, Certificat restreint de radiotéléphoniste (CRR) et ont tous effectué des stages spécifiques (stage mer).
Chaque centre de formation participe localement à différents dispositifs de secours (DPS) lors de manifestations nautiques ou non.
Prévention des risques nautiques [modifier]
La SNSM organise aussi, chaque année, des manifestations sur la sécurité en mer[8] dans le but d'informer sur son fonctionnement mais aussi de professionnaliser ses interventions par la mise en commun des expériences de chaque « usager des mers ».
Elle profite également d'événements aquatiques variés pour avertir des risques que l'on encoure en pratiquant des sports nautiques et propose des conduites à tenir à chaque sortie en mer. Des démonstrations sont alors organisées, par l'association, pour sensibiliser le public présent.
Administration et finances [modifier]
Cette association loi de 1901 a été reconnue d’utilité publique par un décret du 30 avril 1970 et assume une mission de service public en France métropolitaine et dans les départements d’Outre-Mer.
Elle est dirigée par un président (actuellement l'amiral Yves Lagane) ainsi qu'un conseil comprenant 31 membres, dont 24 membres élus et 7 membres désignés par les ministères intéressés[9].
Son financement est assuré pour à 38 % par des subventions publiques (État et collectivités locales, notamment les régions et les départements) et est complété par des dons privés (membres de l'association, dons, partenariats)[10].
Pour promouvoir son action auprès du public et lui permettre de faire appel au don en confiance, l’association adhère au Comité de la Charte.
Moyens nautiques [modifier]
La SNSM est le premier armateur de bateaux en France. Elle gère l'acquisition, l'entretien de sa flotte et aussi tous les équipements techniques. Tout ceci a un coût non négligeable : 5 393 000 euros investis en 2010. Aujourd'hui, la SNSM dispose de 40 canots tous temps (CTT), 36 vedettes de 1re classe (V1), 72 vedettes de 2e classe (V2) dont 6 V2 NG, 4 vedettes de 3e classe (V3), 400 pneumatiques dont 60 semi rigides et des jets-ski. En 2012, ont été livrés une V1 nouvelle génération (V1 NG) pour le port de Royan et 3 V2 NG destinées pour Clohars-Carnoët, Menton, Etel. Mise en chantier d’une V2 NG pour St Pierre de La Réunion et Agde. En février 2012, il y a eu le début de la construction du futur prototype des nouveaux canot tous temps de nouvelle génération (CTT NG) sur les plans Pantocarène destiné pour l'Île de Sein, pour remplacer le canot tous temps le Ville de Paris (SNS 060) qui a plus de 30 ans.
Canots tout temps [modifier]
Ces bateaux de 15,50 à 17,60 mètres (18,80 mètres pour le futur « CTT NG ») sont insubmersibles, autoredressables et ont deux moteurs de 450 chevaux. Ils sont armés par un équipage de 8 sauveteurs[11]. Leur coût atteint le million d'euros.
Les canots tous temps sont reconnaissables à leur coque verte (couleur héritée de la SCSN) et à leur immatriculation SNS 0nn. Comme leur nom l'indique, ils sont capables d'affronter les conditions de mer les plus dures (donc ils peuvent sortir quel que soit l'état de la mer) et interviennent dans la bande côtière des 20 milles[11], voire plus sur demande expresse du CROSS (jusqu'à 40 milles[11],[12]), et ce par tous les temps. Ils équipent donc les stations les plus exposées aux mauvais temps.
Vedettes de 1re classe [modifier]
Ces bateaux de 13,30 à 14,60 mètres sont insubmersibles, et autoredressables pour les « V1 NG[13] », et atteignent les 22 nœuds, 25 pour les « V1 NG ». Une exception existe, aux stations d'Antibes et de Marseille : l'ORC 160 qui a les mêmes superstructures que l'ORC 140, mais qui mesure 16 mètres ; elles sont brevetées tous temps. Les futurs remplaçants des canots tous temps (les « CTT NG ») en sont également dérivés puisque ce seront des ORC 178.R. Deux versions existent : une version à hydrojets et une version à hélices. Elles peuvent être utilisées jusqu'à force 9, soit quarante-cinq nœuds de vent[14]. Leur coût est d'environ 670 000 €.
- Équipage : 6 sauveteurs.
- Zone d’intervention : bande des 20 milles.
- Coque bleue (couleur historique des HSB)
- Immatriculation : SNS 1nn.
Vedettes de 2e classe [modifier]
Ces bateaux de 9 à 12 mètres, insubmersibles (avec une forte capacité d'autoredressabilité pour les « V2 NG ») sont propulsés par hydrojets[15] ou hélices, et atteignent les 25 nœuds[16]. Elles peuvent être utilisées jusqu’à force 7, soit trente-cinq nœuds de vent. Leur coût est de 210 000 € pour la série des 9 m (cette série est destinée à remplacer les vedettes de 3e classe), 320 000 € pour la série des 10,50 m et enfin 530 000 € pour les « V2 NG » de 12 m.
- Équipage : 4 sauveteurs.
- Zone d'intervention : côtier et semi-côtier.
- Coque bleue
- Immatriculation : SNS 2nn.
Vedettes de 3e classe [modifier]
Ces embarcations de 8 mètres sont souvent adaptées de bateaux de plaisance de série[17], et servent en cas de temps calme ou pour la formation. Elles peuvent également servir d'appui en tant que second moyen d'intervention aux canots tous temps (donc en renfort) ce qui est le cas pour les stations SNSM d'Audierne (la Jeanne Pierre) et de Calais (la Cote d'Opale). Elles sont progressivement retirées du service et sont remplacées par la série des 9 mètres des vedettes de 2e classe.
- Équipage : 3 sauveteurs.
- Zone d'intervention : côtier.
- Coque bleue
- Immatriculation : SNS 3nn.
Vedettes légères [modifier]
On trouve dans cette catégorie diverses embarcations « rigides » de sauvetage de 9 m adaptées aux contraintes particulières de leur zone d'intervention. Elles peuvent également servir d'appui en tant que second moyen d'intervention aux canots tous temps (donc en renfort) ce qui est le cas pour les stations SNSM de Saint Malo (V4, La Denise Anne), de L'Aber-Wrac'h (V4, L'André Treguer), etc. Les vedettes de type catamaran ont une conception qui leur permettent de sortir jusqu’à force 8, soit quarante nœuds de vent. Elles atteignent les 25 nœuds, voire 40 nœuds pour certaines d'entre elles. Leur coût est de 100 000 € et plus.
- Équipage : 3 ou 4 sauveteurs.
- Zone d'intervention : côtier ou semi-côtier (jusqu'à 6 milles).
- Coque bleue
- Immatriculation : SNS 4nn.
Vedettes d'instruction [modifier]
Ce sont souvent des modèles de plaisance adaptés, souvent de type Antarès, ne dépassant pas les 8 mètres de longueur. Elles servent le plus souvent lors d'exercices hebdomadaires des sauveteurs. On peut ainsi les utiliser comme CROSS déportés pour coordonner les actions de secours ; par exemple lors d'un exercice inter-stations. Elles sont également utilisées pour la formation des futurs sauveteurs.
Canots pneumatiques [modifier]
Les canots pneumatiques sont des moyens secondaires des stations permanentes ou des embarcations utilisées par les sauveteurs saisonniers, de 4 à 8 mètres de longueur, pour des interventions à proximité immédiate du littoral où les canots et vedettes ne peuvent approcher à cause de leur tirant d'eau. Les plus récents sont autoredressants, ont deux moteurs de 115 chevaux et atteignent les 25-38 nœuds.
- Équipage : de 2 à 4 sauveteurs pour le sauvetage côtier.
Marine jet [modifier]
Les embarcations type marine-jet plus communément appelé jet-ski sont des moyens utilisés principalement par les sauveteurs saisonniers, pour des interventions rapides et à proximité immédiate du littoral. Elles peuvent être équipées d'une planche sur l'arrière (une civière coquille) pour y installer plus facilement la victime et la transporter à terre.
- Équipage : de 1 à 2 personne(s) pour le sauvetage côtier.
Notes et références [modifier]
- François Bellec, Les Sauveteurs. Histoire folle et raisonnée du sauvetage en mer, Chasse marée, 2008 (ISBN 978 2914208963)
- Document sur le site Français
- Bellec 2008, p. 104-105
- Créée en 1865
- Crée en 1873
- Bellec 2008, p. 82
- Bellec 2008, p. 103
- Recommandation de l'Union internationale des télécommunications, référence aux dispositions du règlement des radiocommunications RR5.111 ; RR5.226 ; RR30.11 ; RR54.2 ; AP15, Tableau 15-2 ; AP18
- Sécurité en mer
- [PDF]Cf. statuts de l'association
- Page Rigueur et transparence du site officiel
- Bellec 2008, p. 92
- La SNSM assiste tous les navires en difficulté, qu'ils soient professionnels ou de plaisance.
- Les vedettes de 1re classe dites « nouvelle génération » apparaissent en 2001 avec la mise à l'eau de la SNS 140 Margodig.
- Bellec 2008, p. 99
- Nouvelle génération qui débute en 1999 avec la SNS 280 Contre-Amiral Noël.
- Bellec 2008, p. 100
- Comme les vedettes Antares 8,00 m et 8,60 m (Chantiers Bénéteau).