Arcisse de Caumont

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Arcisse de Caumont

Description de l'image  Arcissedecaumont.jpg.
Naissance 20 août 1801
Bayeux
Décès 16 avril 1873 (à 71 ans)
Caen
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Historien, archéologue

Arcisse de Caumont, né le 20 août 1801 à Bayeux et mort le 16 avril 1873 à Caen, est un historien et archéologue français. Il fut le premier à organiser l'histoire de l'architecture en périodes chronologiques spécifiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arcisse de Caumont est le fils de François de Caumont et Marie-Louise Hue de Mathan. Un de ses mentors fut Charles de Gerville, l’inventeur du mot « roman »[1]. En 1810, il fut envoyé au collège de Falaise, dont l’abbé Hervieu était le principal. Celui-ci lui confia la tâche d’entretenir les appareils de physique, ce qui enthousiasma le jeune de Caumont qui avait un penchant naturel pour l’étude des sciences. À 15 ans, il donnait des leçons à ses condisciples. En 1817 il entra au collège de Bayeux, passa son baccalauréat de lettres et se fit inscrire à la faculté de droit. Il obtint le diplôme de bachelier le 30 décembre 1822 et celui de licencié le 28 août 1824, ayant traité le sujet de thèse Du rang que les hypothèques ont entre elles, du mode de leur inscription et de leur radiation.

Tout en faisant ses études de droit, Caumont suivait les cours de la faculté des lettres et de la faculté des sciences, et plus spécialement ceux d’histoire romaine. La même année que sa licence, il rédigea un Essai sur l’architecture religieuse du Moyen Âge et ouvrit, à Caen, un cours d’archéologie monumentale, qui sera publié en 6 volumes sous le titre Histoire de l’architecture religieuse, civile et militaire[2]. Caumont rapporta dans ses souvenirs que les professeurs lui ayant demandé un jour de lire ses notes du cours de la veille, il leur lut ce qu’il avait littéralement copié dans un livre d’histoire de la bibliothèque. Il reçut des compliments pour ce secret qu’il ne dévoila pas[3].

Arcisse de Caumont fonda la Société des antiquaires de Normandie et la Société linnéenne de Normandie en 1824, la Société française d'archéologie en 1834, l’Association normande et la Société pour la conservation des monuments. Non content d’avoir trouvé de nombreux adhérents à ces diverses associations, Caumont s’occupa de mettre en relations directes les divers membres qui les composaient et de donner à chacun l’occasion d’exprimer ses opinions et de développer ses idées. Son dessein d'éveiller les curiosités et la créativité par une saine émulation est visible dans le compte rendu de la séance générale de 1862 par la Société française d'archéologie[4] où il encourage les uns et des autres à partager leurs observations individuelles sur un mode éclectique enrichissant. Il y sollicite par exemple de Jacques-Ferdinand Prévost, commandant du Génie militaire à Saumur et amateur éclairé d’archéologie, une présentation des résultats des investigations personnelles de celui-ci sur les murs de forteresses vitrifiés que Prévost a pu observer dans plusieurs localités de sa région de résidence du moment (Saumur et à Sainte-Suzanne en Mayenne (où il se retirera avant d’y être enterré), sur les tombes gallo-romaines inexplorées du vallon de Lacune près de Beaune, sur la ville perdue d’Armançon aux sources de la rivière du même nom, et autres mystères archéologiques [5]. En plus des congrès archéologiques, il fut également à l'origine d'une vaste entreprise de congrès scientifiques, les Congrès scientifiques de France, visant à réveiller les talents de province, qui donnèrent lieu à une collection d'ouvrages du même nom et connurent le plus grand succès.

Les travaux d’Arcisse de Caumont ont permis à la renaissance gothique de débuter en France sur des bases intellectuelles fiables. L'Encyclopédie du Moyen Âge[6] le note comme le premier à diviser l’architecture rationnellement en phases chronologiques différentes.

Reprenant l'idée d'un autre archéologue normand, Charles de Gerville, il contribue notamment à la popularisation en architecture du terme « roman », jusque là utilisé par les linguistes[7]. Ses ouvrages fort recherchés lui ont valu d’être nommé correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. L’Abécédaire ou rudiment de l’archéologie (en trois tomes, chacun sur une période d’architecture majeure) fut un outil de vulgarisation qu’on a pu qualifier de vulgate de l’architecture médiévale[2]. Il donne ainsi un essor à un mouvement intellectuel qui se propage dans la France tout entière et se traduit par la fondation d’une foule de sociétés savantes ou littéraires, dont chacune possède aujourd’hui une bibliothèque, des archives et quelques-unes même un musée.

Arcisse de Caumont a composé plus de trente volumes sur l’archéologie et il a concouru des plus activement à la publication d’environ deux cent volumes de comptes-rendus et de mémoires des congrès des sociétés dont il était le fondateur. Son grand œuvre est le monumental Cours d’antiquités monumentales : histoire de l’art dans l’ouest de la France, depuis les temps les plus reculés jusqu’au XVIIe siècle couvrant les architectures religieuse, civile et militaire de l’ère gallo-romaine au Moyen Âge, publié de 1830 à 1841.

Tombe d'Arcisse de Caumont

Ce philanthrope, qui avait doté sa ville natale d’un jardin botanique et d’une école primaire, fut inhumé, à sa mort, dans le cimetière Saint-Jean à Vaucelles, un faubourg de Caen.

Un lycée de sa ville natale et une rue de Caen ont reçu son nom.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Une médaille à l'effigie d'Arcisse de Caumont a été exécutée par le graveur André Vauthier-Galle en 1861. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 204).


Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Société Française d’Archéologie, de sa fondation en 1834 à nos jours. Par Éliane Vergnolle, Vice-présidente de la Société. 2008.
  2. a et b La Société Française d’Archéologie, de sa fondation en 1834 à nos jours. Par Éliane Vergnolle, vice-présidente de la Société. 2008.
  3. « La Jeunesse studieuse d’Arcisse de Caumont », Association Normande, congrès de Falaise, 1936.
  4. Congrès Archéologique de France, XXIVe session, 1862. Séances générales tenues par la Société Française d’Archéologie pour la Conservation des Monuments. Compte-rendu complet.
  5. Congrès Archéologique de France, XXIVe session, 1862. Séances générales tenues par la Société Française d’Archéologie pour la Conservation des Monuments. Compte-rendu complet.
  6. Encyclopédie du Moyen Âge Par André Vauchez, Richard Barrie Dobson et Michael Lapidge, trad. Adrian Walford. London, Routledge, 2001, (ISBN 1-57958-282-6).
  7. Normandie romane, Collection du Zodiaque Paris 1975

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Mémoire géologique : sur quelques terrains de la Normandie occidentale, Caen, Chalopin Fils, 1825 ;
  • Essai sur la topographie géognostique du département du Calvados, Caen, Chalopin, 1828 ;
  • Mémoires de la Société linnéenne de Normandie, Paris, Lance, 1829 ;
  • Cours d’antiquités monumentales professé à Caen, en 1830, (1re partie : Antiquités celtiques ; 2e partie et 3e partie : Antiquités gallo-romaines ; Architecture religieuse ; 5e partie : Architecture militaire ; 6e partie : État de la peinture, de la calligraphie, de l’orfèvrerie et autres arts à l’époque du Moyen Âge), Caen, Lange, 1830-41 ;
  • Histoire sommaire de l’architecture religieuse, civile et militaire au Moyen Âge, Caen, Lance, 1836 ;
  • Histoire de l’architecture religieuse au Moyen Âge, Caen, Derache, 1841 ;
  • Rapport verbal fait à la société Française pour la conservation des monuments dans la séance administrative du 7 déc. 1844, sur quelques antiquités du midi de la France, Caen, [s.n.], 1845 ;
  • Statistique monumentale du Calvados, Caen, Le Blanc-Hardel, 1846-67 ;
  • Statistiques routières de la Basse-Normandie, Caen, Derache, 1855. ;
  • Abécédaire héraldique, ou Notions générales sur le blason, Caen, A. Hardel, 1861 ;
  • Inauguration d’un monument à Dives en mémoire du départ de l’armée de Guillaume-le-Bâtard pour la conquête de l’Angleterre en 1066, Caen, A. Hardel, 1861 ;
  • Bulletin monumental ou collection de memoires et de renseignements sur la statistique monumentale de la France, Édité par Française. 1865 ;
  • Archéologie des écoles primaires, Caen, Le Blanc-Hardel, 1868 ;
  • Le Mur de Laudunum, Caen, [s.n.], 1868 ;
  • Abécédaire ou rudiment d’archéologie, Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1869 ;
  • Le Beurre d’Isigny à Monaco, Caen, F. Le Blanc-Hardel, 1869 ;
  • La Vallée de la Dives : statistique ripuaire Caen, Res Universis, 1853, reprint 1992.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, Caen, Giraud-Badin, 1873, p. 421-2.

Liens externes[modifier | modifier le code]