Promenade du Bœuf Gras au Carnaval de Paris

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Alexandra Bristiel menant Esméralda au Carnaval de Paris 2010.
Pimprenelle et Pat le Clown en tête du Carnaval de Paris 2004.
Grosse tête de Bœuf portée aux Carnavals de Paris 2005 et 2011 par sa créatrice, l'artiste plasticienne Catherine Poulain[1].

La Promenade du Bœuf Gras, qu'on retrouve également sous d'autres noms : Fête du Bœuf Gras, Cavalcade du Bœuf Gras, Fête du Bœuf villé (c'est-à-dire : promené en ville), Fête du Bœuf viellé ou violé (promené au son de la vielle ou de la viole) est une très ancienne coutume festive. Elle consiste, pour les bouchers ou garçons bouchers[2], à promener solennellement en musique, au moment du Carnaval, un ou plusieurs bœufs décorés, par exemple avec des fleurs, les cornes et les sabots dorés.

Au XIXe siècle à Paris, les prestigieuses festivités du Bœuf Gras prennent une dimension gigantesque, devenant de facto la Fête de Paris dans le cadre du très grand Carnaval de Paris. À partir de 1870, le cortège parisien du Bœuf Gras est victime de circonstanciels problèmes politiques et d'organisation : crise des bouchers parisiens avec l'affaire Mathurin Couder en 1869-1873 et absence de maire de Paris jusqu'en 1977. Il défile encore au XXe siècle, y compris à grande échelle en 1905 et 1936. Mais disparaît après les défilés de 1951 et 1952.

Suivent 45 années d'interruption. Il renaît en 1998 à l'initiative de Basile Pachkoff et défile depuis chaque année. À partir de 2002, il renoue avec le calendrier traditionnel du Carnaval et sort le Dimanche Gras avant veille du Mardi Gras.

Le Bœuf Gras était célébré jadis dans quantité d'autres villes de France et du monde. Il l'est encore dans certaines d'entre elles.

Précisons que le terme gras utilisé ici pour les bœufs gras l'est dans le même sens que pour caractère gras. C'est-à-dire un animal fort en viande et pas nécessairement en graisse.

Origines possibles de la fête[modifier | modifier le code]

La fable de l'origine égyptienne du Bœuf Gras, vue par Charles Gillot en 1884.
Xylographie ornant le programme du Bœuf Gras 1816[3].
Dessin du char du Bœuf Gras 1936[4].
Xylographie ornant le programme du Bœuf Gras 1835.
Caricature extraite de l' Ordre et Marche du Bœuf Gras 1897.

Elle n'est pas bien connue. D'autant plus qu'en mai 1871 les archives de Paris avec l'hôtel de ville, et la quasi-totalité des archives de la police de Paris avec l'hôtel de police de Paris, ont été anéanties par le feu.

Une explication rencontrée fréquemment prétend qu'il s'agit du vestige d'un ancien rituel païen : « la procession du bœuf Apis ». Ce propos est fidèlement répété depuis deux siècles dans des textes divers en particulier par les journaux. Léo Delibes, dans sa jeunesse, mis en musique un texte comique illustrant la fête antique. Cette œuvre connut une certaine notoriété. Elle fut chanté au théâtre des Bouffes parisiens par Désiré et Léonce[5] :

Honneur au bœuf Apis,
A l'enfant de Memphis ;
C'est le roi du bétail,
Contemplez son poitrail.
On admirait sa peau
Quand il n'était qu'un veau ;
Depuis qu'il est taureau.
Mon Dieu qu'il est donc beau !

Donner une origine antique égyptienne à la fête parisienne du Bœuf Gras relève en réalité de la pure fantaisie. Le dieu égyptien Apis n'est pas un bœuf mais un taureau. Cette fable semble avoir été lancée à l'occasion de la renaissance du cortège, en 1805 après quinze années d'interruption. On était alors en pleine vogue égyptienne à la suite de la campagne d'Égypte. L'auteur du boniment pourrait être le poète, chansonnier, vaudevilliste et goguettier Antoine-Pierre-Augustin de Piis auquel est attribué la paternité de la restauration du cortège. Le programme de 1805[6], non illustré, non daté, mais datable par son contenu, prétend à ces lointaines origines égyptiennes.

Une autre explication est proposée par un document imprimé datant de 1896 conservé dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris :

« ...durant longtemps, les lois civiles et religieuses ont été d'accord pour proscrire pendant le carême, l'usage des aliments gras; il n'y avait d'exception qu'en faveur des malades. Les bouchers n'avaient pas le droit d'étaler ou de vendre de la viande en temps prohibé, sans s'exposer à des peines sévères. Néanmoins, pour satisfaire aux besoins des personnes exemptes de l'abstinence, il fallait quelqu'un qui pût procurer cet aliment sur un ordre du médecin.

On établit donc le boucher de carême[7], pour ne pas blesser les justes susceptibilités, il y avait concours entre tous les gens de la profession, en sorte que le privilège appartenait à celui qui produisait le bœuf le plus gros et le plus gras, au jugement de tous les bouchers de la localité.

Le bœuf, couronné de fleurs, était triomphalement promené, au son de la trompe, par les rues et les carrefours de la ville, afin que tout le monde pût connaitre le boucher du carême et son merveilleux produit. »

1274 – La plus ancienne mention connue du Bœuf Gras à Paris[modifier | modifier le code]

Détail du plan de Berty, où se trouve la « Maison des Trois Estaulx et du Beuf violé »
Mardi Gras monté sur un Bœuf Gras, gravure anglaise de 1660[8].
Marche du bœuf gras, gravure de Gabriel de Saint-Aubin 1750.

Adolphe Berty a relevé le nom d'une maison de la rue de la Boucherie en 1274 : la « Maison des trois Estaulx et du Beuf violé ». C'est-à-dire où se trouvent représentés sur son enseigne trois étaux et le bœuf défilant au son de la viole :

Dans les archives de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, il en est question pour la première fois, à l'occasion de la création, par l'abbé Gérard, en 1274, de seize étaux qui étaient destinés à être tenus par des individus natifs du bourg et qui furent chargés de redevances autres que celles dont était grevée la maison des Trois Étaux. Il est présumable, au surplus, que ces trois étaux n'étaient pas les seuls avant 1274; les expressions in carnificiari et in macello istius ville, employées en 1259, le donnent du moins à penser. Le 29 mars 1373, eut lieu un nouveau bail de seize étaux, qui furent expressément maintenus dans leur emplacement antérieur, à l'orient de la rue des Mauvais Garçons et de la maison de la Croix-de-Fer. De ces seize étaux, les titres n'en font connaître que douze, parce que le nombre primitif ne se maintint pas longtemps. Il était tombé à dix, quand, le 31 janvier 1553, les bouchers Pierre Moufle et Pierre Mathias rachetèrent, au prix de 500 livres, la rente foncière de l'abbaye sur les seize étaux, « au lieu desquels seize étaux, » est-il dit dans l'acte de rachat, sont de « présent bâtis sept étaux, dont trois du costé de la rivière de Seine..., en ce non compris la maison des Trois Estaux, qui est du costé de l'Écu de France[9]. »

Cette maison figure également sur la feuille 9 du plan archéologique de Paris, dit couramment plan de Berty. Dans le livre, la rue où se trouve la maison figure sous le nom de Rue des Boucheries, et sur le plan sous le nom de Rue de la Boucherie. Son emplacement est actuellement occupé par la partie occidentale de la rue de l'École de Médecine.

1739 – La plus ancienne description connue de la fête[modifier | modifier le code]

Enseigne du restaurant Le Bœuf à la mode rue de Valois à Paris figurant un Bœuf Gras enguirlandé de roses (époque Directoire)[10].

Il faut attendre 1739 pour trouver effectivement décrit à Paris le cortège du Bœuf gras. Le Mercure de France en parle[11], car cette année-là le bœuf fut emmené par son escorte de garçons bouchers jusqu'au premier étage du palais où siégeait le Parlement de Paris (qui était une cour souveraine de Justice). Le Mercure de France précise qu'à la différence des villes de province françaises où on promène également le Bœuf gras, à Paris, « l'on met sur le Bœuf un Enfant, qui tient en main un Sceptre, et que les Bouchers apellent leur Roy »[12]. Le récit montre que la Cérémonie du Bœuf gras est traditionnelle à Paris dès cette époque :

« À Paris & dans la plûpart des grandes villes du Royaume, les Garçons Bouchers de chaque quartier se rassemblent ordinairement tous les ans le Jeudi gras, & promènent par la Ville, au son des Instrumens, un Bœuf qu'il choisissent de belle encolure, & qu'ils parent de guirlandes de fleurs & autres ornemens; On l'apelle à Paris, Le Bœuf gras, & dans plusieurs Villes de Province, Le Bœuf villé, parce qu'on le promène par la ville.
Cet usage, qui est fort ancien, paroît être un reste de certaines Fêtes du Pagannisme, & singulierement des Sacrifices que l'on faisoit aux faux Dieux. En effet, les Garçons Bouchers s'habillent pour cette cérémonie, à peu près de même que l'étoient les Esclaves des Sacrificateurs; Le Beuf gras est paré dans le même goût, que ceux que l'on immoloit pour victimes, & les Bouchers ont des Instrumens, comme on en avoit aux Sacrifices.
Tout ce qu'il y a de plus ici, c'est que l'on met sur le Bœuf un Enfant, qui tient en main un Sceptre, et que les Bouchers apellent leur Roy, ce qui a sans doute été introduit dans les temps, où la plûpart des Communautés donnoient à leur Chef le titre de Roy, comme les Rois de l'Arbaleste & de l'Arquebuse, le Roy des Violons, & plusieurs autres semblables.
Les Garçons Bouchers de la Boucherie de l'Aport de Paris, n'ont pas attendu cette année le jour ordinaire pour faire leur Fête du Bœuf gras; dès le mercredi matin, 4. du mois de février, veille du Jeudi gras, il se rassemblerent, & promenerent par la Ville un Bœuf, qui avoit sur la tête, au lieu d'aigrette, une grosse branche de Laurier-cerise, & il étoit couvert d'un tapis qui lui servoit de housse.
Le jeune Roy de la Fête, qui étoit monté sur le Boeuf gras, avoit un grand Ruban bleu, passé en Echarpe, et tenoit d'une main un Sceptre doré & de l'autre son épée nuë.
Les Garçons Bouchers qui l'accompagnaient, environ au nombre de quinze, étoient tous vétus de corsets rouges, avec des trousses blanches, ayant sur la tête une espece de turban ou de toque rouge, bordé de blanc.
Deux d'entre eux tenoient le Boeuf par les cornes, & le conduisoient; plusieurs avaient des Violons, Fifres et Tambours, et les autres portoient des bâtons.
Ils allerent en cet équipage en differens Quartiers de Paris, & principalement l'Hôtel du Bailliage, chés M. le Premier Président, pour lui donner une Aubade.
Comme ce Chef du Parlement étoit encore à la Grand-Chambre, les Bouchers prirent le parti de l'aller attendre sur son passage; & pour cela ils firent monter le Boeuf par l'Escalier de la Sainte Chapelle, & vinrent dans la Grand'-Salle du Palais, jusqu'à la Porte du Parquet des Huissiers de la Grand'-Chambre.
Lorsque le Premier Président sortit, il se mirent en haye sur son passage, & le saluérent au son de leurs Instrumens. Pendant cette Aubade ils avoient éloigné le Boeuf gras vers le passage des Enquêtes; & après que ce Magistrat fut passé, ils se promenerent avec le Boeuf dans plusieurs des Salles du Palais, et le firent descendre enfin par l'Escalier de la Cour neuve, du côté de la Place Dauphine; & ils continuerent leur cérémonie dans Paris.
On n'avoir point encore vû le Boeuf gras dans les Salles du Palais, lesquelles sont au moins à la hauteur d'un premier étage; & on aurait peine à le croire, si un grand nombre de Parisiens n'avoient vû ce Spectacle singulier.
Le lendemain des Bouchers d'un autre quartier promenerent aussi un Boeuf, mais ils ne vinrent point au Palais. »

1745 – Le Bœuf Gras sur scène[modifier | modifier le code]

En 1745, la reprise du Thésée de Lully inspire une parodie homonyme, œuvre de Charles-Simon Favart, Pierre Laujon et Parvy, donnée le 17 février à l'Opéra-Comique[13]. Dans cette pièce Thésée triomphe monté sur un bœuf gras.

À cette occasion survient un incident comique rapporté en 1812 par les Annales dramatiques :

Épris du noble amour des arts, et voulant consacrer ses talents au théâtre, un nommé Léger, domestique de Favart, débuta dans cette parodie, par la moitié du bœuf gras, sur lequel devait monter Thésée. Ce bœuf était figuré par une machine de carton, dans laquelle étaient renfermés deux hommes qui la faisaient mouvoir. Le premier, debout, mais un peu incliné ; le second, la tête appuyée sur la chute des reins de son camarade. Léger, qui avait brigué l'honneur du début, obtint la préférence pour faire le train de devant ; gonflé de gloire et d'aliments, il lâcha une flatuosité qui suffoqua son collègue. Celui-ci, dans le premier mouvement, et pour se venger de l'effet sur la cause, mordit ce qu'il trouva sous ses dents. Léger fit un mugissement épouvantable. Le bœuf gras se sépara en deux ; une moitié s'enfuit d'un côté, une moitié de l'autre ; et voilà le superbe Thésée à terre : on eut beaucoup de peine à continuer la pièce. A peine était-elle achevée, que l'on entendit une nouvelle rumeur : c'était encore Léger qui se gourmait avec son camarade, sur le cintre. Après avoir disputé sur la prééminence du train de devant et du train de derrière, ces messieurs en étaient venus aux mains. Le pauvre Léger faillit en être la victime : il fut précipité du cintre ; mais fort heureusement pour lui, il fut accroché par des cordages et resta suspendu à vingt pieds de haut : enfin il en fut quitte pour quelques contusions.

1783 – Description du Bœuf Gras[modifier | modifier le code]

De Paris, le 19 mars 1783.

Encore un mot du carnaval. Il donne lieu à une cérémonie annuelle pour laquelle j'ai quelque respect à cause de son antiquité, quoique, dans nos mœurs et notre religion, cette cérémonie n'ait pour but que la singularité et la folie. C'est la promenade, et ensuite la mort du bœuf gras. Le bœuf qui est gros, mais qu'on a laissé s'affaiblir de crainte d'accident, est conduit par une douzaine de garçons bouchers vêtus à la turque et à cheval. Un enfant est à califourchon sur la victime dont les cornes sont ornées de fleurs. Une musique d'instruments à vent – elle jouait cette fois l'air de Marlborough, – conduit la troupe qui, à la fin du jour, va faire le sacrifice et dévorer les débris. Cela rappelle les bacchanales et les mystères des Égyptiens, et transporte pour un moment dans des temps dont le souvenir plaît toujours à l'imagination[14].

On connaît une description de la Promenade du Bœuf Gras à Dijon en 1784. Elle offre des ressemblances avec celle de Paris :

Le dimanche 28 novembre, les bouchers de Dijon ayant eu la prime du bœuf gras, à l'ouverture des foires de Seurre, ils le promenèrent par la ville en grande pompe ; ils étoient à cheval, l'épée à la main et avoient la musique de Prince[15].

1790-1798 : interdiction du Bœuf Gras[modifier | modifier le code]

Avec le reste du Carnaval de Paris le Bœuf Gras est interdit à Paris durant la période 1790-1798, ainsi que quantité d'autres fêtes traditionnelles comme Gayant à Douai, la Tarasque à Tarascon, la Caritach à Béziers ou le Carnaval de Dunkerque.

Le Carnaval de Paris redémarre en trombe dès 1799 mais sans le Bœuf Gras.

Le Bœuf Gras au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Bœuf Gras, gravure de Porret 1830[16].
Le Bœuf Gras de 1834, caricature contre Louis-Philippe 1er[17].
« Quelle prodigieuse bête !!! Si nous pouvions être un jour de cette force-là !! » (Le Bœuf Gras vu par Pruche en 1843[18]).
Le Bœuf Gras vu par Grandville en 1844[19].
Le Bœuf Gras vu par Bertall en 1845-1846[20].
Caricatures de Cham illustrant la Promenade du Bœuf Gras vers 1850[21].
Programme du Bœuf Gras 1852.
Xylographie ornant le programme du Bœuf Gras 1854.
Le bœuf gras, Imagerie d'Épinal, lithographie Chaste 1857[22].
Le Bœuf Gras, vu par Gill, 7 février 1869.
« La fuite des Dieux, Fresque pour l'Hôtel de Ville de la Villette », par Robida, 1885[23].
L'entrée des Prussiens dans Paris en 1871, caricaturée en marche du Bœuf Gras[24].
Dessin de Punch, 1895.
Instructions de la Police Municipale pour la Cavalcade du Bœuf Gras de 1896[25]
Le clown géant monté sur tricycle qui défile en tête du cortège du Bœuf Gras 1897.

Le Bœuf Gras, dont la dernière sortie remonte à 1789, recommence à défiler en 1805, très probablement à la suite des efforts d'un haut dignitaire de la toute nouvelle préfecture de police de Paris, créée en 1800, le poète, chansonnier, vaudevilliste et goguettier Antoine Pierre Augustin de Piis[26].

Au XIXe siècle le Bœuf Gras défile environ 70 fois. Il devient immensément populaire et de facto la Fête de Paris dans le cadre du Carnaval de Paris.

Aux petits Parisiens pas sages on fait peur alors en les menaçant ainsi : « Tu n'iras pas voir le bœuf gras [27]

Un programme imprimé avec une gravure[28], intitulé « Ordre et marche du bœuf gras » sort chaque année à l'occasion de la fête.

On conserve la description de la promenade du bœuf gras d'Orléans en 1807, qui rappelle singulièrement la tradition parisienne, avec, y compris, l'enfant déguisé en amour juché sur le bœuf :

8 février 1807. – Fête des bouchers d'Orléans, et promenade du bœuf gras dans cette ville. Un énorme animal, couvert d'une housse écarlate, les cornes ornées de fleurs et de rubans, portant sur son dos un joli enfant de six ans vêtu en amour ayant un arc à la main et un carquois sur le dos, était suivi par plus de cinquante garçons bouchers proprement vêtus, en vestes, bonnets et tabliers blancs, partie à cheval et partie à pied; le cortège parcourut une bonne portion de la ville en faisant éclater sa joie bruyante et s'arrêtant devant la demeure des principaux habitans d'Orléans, ainsi qu'à la porte des meilleures pratiques, dont les générosités servirent à faire un gala splendide qui termina cette fête[29].

Le dimanche 10 février 1812, sur la place du Théâtre-des-Italiens, le Bœuf Gras parisien jette bas l'enfant qu'il porte, s'enfuit en renversant de nombreuses personnes, et n'est repris qu'avec beaucoup de peine[30].

La chute du Premier Empire n'interrompt que brièvement la tenue du cortège. Il recommence à défiler. Le mardi gras 27 février 1816 il porte un caparaçon :

Hier, suivant un ancien usage, les marchands bouchers ont promené le bœuf gras dans les rues de Paris ; il était richement caparaçonné ; le caparaçon était aux armes de France[3].

En 1817, Franklin James Didier écrit[31] :

Je ne sais pas ce que peut être le carnaval de Venise. La splendeur de celui de Paris m'a étonné. J'aime cette mascarade qui change tous les objets, renouvelle tout, et donne à une grande ville l'air d'un théâtre grotesque.
Bergères, faunes, arlequins, polichinelles, rois, sauvages et pantalons m'ont accosté plus d'une fois. Leur démarche, tantôt légère, tantôt grave, leur attitudes diverses, leur solennelle gaité et leur étrange accoutrement forceraient un philosophe de rire. J'ai vu plus d'une Diane en falbalas chercher, rue Saint-Honoré[32], l'Endymion de la nuit prochaine.
Le dernier jour du carnaval, le mardi gras[33], on a promené dans les rues de Paris, avec une pompe vraiment triomphale, un cortège éblouissant, et une profusion de drap d'or, de broderies et de paillettes, ce bœuf vénérable, qui porte sur son dos un petit Cupidon bien portant ; ce bœuf consacré, que tous les enfants de Paris savent être le bœuf gras.

Le dimanche gras 13 février 1820, Louvel, peu avant d'aller poignarder le duc de Berri, va assister au cortège du Bœuf Gras. Fait qu'il rapporte par la suite, faisant le récit des heures précédant l'attentat : « Je sortis pour voir les masques et le bœuf gras ; il pouvait être alors une heure et demie [34]. » Le duc de Berri meurt le lundi gras à six heures du matin. En signe de deuil, la suite des réjouissances des jours gras dans la rue est proscrite par une Ordonnance concernant la circulation des masques, signée par le ministre d'État, préfet de police comte Anglès. La bourse, les bals, les spectacles et tous les lieux publics sont fermés[35].

En 1821, le Bœuf Gras se débarrasse, deux jours de suite, du palanquin où trône l'Amour. Dès ce moment, l'autorité décide que le bœuf ne servira plus de monture à personne[30].

1830 voit Paris en insurrection à la fin du mois de juillet, donc très loin de la période du Carnaval. En 1831 le Carnaval et des émeutes se juxtaposent sans se mêler, ni se perturber réciproquement[36]. En dépit de ce qui fut dit par la suite, le choléra ne trouble pas le Carnaval en 1832. L'épidémie se déclare juste après les festivités de la Mi-Carême marquant la fin de celui-ci[37].

Dans les années 1830, le Bœuf Gras est connu et ne plaît pas forcément à tout le monde, comme on le voit en lisant le Journal des artistes du dimanche gras 9 février 1834, avant-veille du Mardi Gras :

Le Cirque-Olympique, qui fait toujours de grandes recettes avec son Homme du Siècle, met en loterie, au bal de cette nuit, son beau cheval Mirza, qui, dans le jour, à une heure, fera une brillante sortie, au milieu d'une cavalcade masquée. Cela sera moins niais que le bœuf gras[38].

En 1844, Delphine de Girardin écrit à propos du Carnaval de Paris :

Sur le boulevard, le carnaval a été triste et laid. De pauvres enfants s'entassaient dans des calèches, ou s'en allaient barbotant dans une affreuse neige fondue, une espèce de sorbet noir qui glaçait leurs petits pieds, tout cela pour voir des masques qui ne passaient pas, et ils en demandaient en pleurant ; pour les consoler, on leur désignait, dans les voitures et dans la foule, les premières figures grotesques que l'on remarquait, en leur disant : « Voilà un masque ! » On montrait aux uns les parents des autres, et vice versa. Il n'y avait de superbe que le bœuf gras : il était fleur de pêcher, c'est une belle couleur de victime[39].

En 1845, Gérard de Nerval écrit à propos du Bœuf Gras :

Nous l'avouerons, en voyant passer mardi dernier sur nos quais, envahis par la foule, le bœuf sacré, précédé de licteurs victimaires, en voyant rouler lourdement le char doré, de forme antique, où préside, comme aux jours de Rome, le vieux Saturne, doublement regrettable aujourd'hui, nous ne pouvions nous défendre d'un sentiment de respect à cette image des vieilles croyances de nos pères ! Si pauvre que fut cette mascarade, et si mal qu'elle fut rendue, c'était un joyeux spectacle de voir tomber le pâle éclat de notre soleil sur ces symboles riants, sur ces fronts couronnés, sur ces vêtements éclatants d'or et de pourpre[40].....

À partir de cette même année 1845, on donne aux bœufs des noms particuliers, à l'occasion du Carnaval. Soit en rapport avec l'actualité (la guerre au Mexique fera nommer un bœuf Mexico, l'intervention en Chine amène un autre bœuf à s'appeler Shang-Hai), soit du nom d'un grand succès littéraire ou musical du moment. C'est ainsi que l'on commence alors à dire, d'un auteur qui a été honoré ainsi : « il est bœuf gras » ou « il est entré à l'abattoir ».

Commentant cette nouvelle mode, Théophile Gautier écrit en 1847[41] :

« Le bœuf gras est devenu un animal fort littéraire depuis quelques années ; il désigne par le nom dont on le baptise le romancier le plus en vogue de la saison. Il s'appelait le Père-Goriot, au temps où Balzac était le plus fécond de nos romanciers ; ensuite il a pris le nom de Dagobert lors de la réussite du Juif errant d'Eugène Sue ; maintenant il s'appelle Monte Cristo. O gloire, où vas-tu te dénicher ? Nous connaissons assez le cœur humain littéraire, pour croire qu'il n'y a pas un écrivain, pas un poète, qui ne soit jaloux in petto de cette naïve marque de popularité et qui ne désire de toute son âme servir de parrain au bœuf Apis[42]. Gageons que plusieurs n'iront pas voir passer le cortège et protesteront par leur absence contre un choix injurieux pour leur amour-propre[43]. »

La saison 1847-1848 du Carnaval de Paris, débutée le 11 novembre 1847, bat son plein début 1848. L'Artiste écrit le 9 janvier : « Nous sommes en pleine saison des bals masqués, saison des folles amours et des folles aventures[44]. » Mais les évènements de la révolution de 1848 – du 22 au 25 février, – empêche la sortie du Bœuf Gras, qui aurait dû se produire peu après, du 5 au 7 mars.

Le Bœuf Gras sera en 1848 l'objet d'une chanson révolutionnaire intitulée : Du fouet à tous ces gros chiens-là ! ou le bœuf gras de 1849, Carnaval Politique, Satyrique et Travesti[45].

En 1849, est annoncé par Le Menestrel le triomphe à Paris dans un grand bal masqué enfantin, du Bœuf Gras encore absent des rues cette année-là[46]. C'est un Bœuf Gras artificiel, œuvre d'un sculpteur :

2e Bal d'Enfants au Jardin-d'Hiver.
Toutes les familles se préoccupent vivement du 2e Bal d'Enfants, annoncé au Jardin-d'Hiver pour le jeudi de la Mi-Carême, 15 mars prochain, d'une heure à cinq. L'administration du Jardin-d'Hiver vient d'ajouter un piquant élément au programme de cette belle Fête enfantine. A quatre heures et demie, un superbe Bœuf-Gras, modelé et peint par M. Hallé et décoré par M. Godillot d'après le Bœuf-Californie de 1849, apparaîtra majestueusement dans le jardin. Il sera orné d'un amour en palanquin distribuant des bonbons à nos milliers de petits danseurs. Voilà qui complétera bien vite le succès de ce 2e Bal d'Enfants pour lequel les billets de famille seront bientôt épuisés.

Le 10 janvier 1850, le journal parisien La Feuille du village annonce le retour du Bœuf Gras à Paris[47] :

LE MINISTÈRE DE L'ACTION. — On sait que, depuis deux ans, le carnaval, à Paris, est privé du réjouissant spectacle de la promenade du bœuf gras. Cette année il y en aura un. Avis vient d'en être donné à la boucherie d« Paris et aux marchands de bœufs qui fréquentent les marchés de Poissy et de Sceaux.

Finalement, le Bœuf Gras, toujours empêché dans les rues de Paris, sort cette année-là dans la banlieue[48].

En 1851, le Journal des Savants relève que :

Le transport d'un bœuf gras, du Cotentin à Paris par voie de terre, coûte environ 25 francs de frais, plus un déchet de 10 à 15 pour cent, sur le poids[49].

En février 1852, le directeur de l'Hippodrome de Paris fait renaître le défilé dans la capitale, comme le rapporte la presse de l'époque :

« Jeudi dernier a eu lieu, à Poissy, le grand concours annuel des bœufs gras tant pour Paris que pour les localités environnantes.

Le bœuf gras de Paris, présenté par M. Adeline, éleveur du Calvados, a été acheté par M. Belami, boucher étalagiste du marché Saint-Honoré. Il a été nommé Manlius-Capitolinus.

Les promenades du bœuf-gras auront lieu sous la direction de M. Arnault, directeur de l'Hippodrome[50]. »

Le mardi gras 24 février 1852, à une prestigieuse fête costumée parisienne donnée par Charles Ponchard et sa femme, de nombreux artistes sont présents, au nombre desquels Jacques Offenbach. À cette occasion défile un bœuf gras miniature[51] :

Après trois bis des Cris de Paris (valse comique de Victor Parizot composée pour la circonstance) et l'exécution bouffonne de la polka des bêtes fauves, fort agréable hors-d'œuvre lyrique, dû à la fantaisie de M. Hervé, le spirituel chef d'orchestre de la Montansier, nous est apparue la marche du bœuf-gras avec ses enseignes et bannières déployées, ses hallebardes, ses trompettes en la personne de M. Cerclier de l'Opéra-Comique. Strauss, en ménétrier de village, dirigeait le cortège, le tambour en main, car pour cette grave cérémonie il avait abdiqué son archet qui ferait danser les morts. — Le bœuf-gras, amené à grands frais de Lilliput à Paris, ne comptait pas plus d'un décimètre de circonférence et pesait tout juste un demi-kilo. Il était conduit par Levassor et Malézieux, précédés de l'Amour, très-comiquement représenté par le blond neveu de Mme Dorus-Gras. Des vers, en l'honneur du Carnaval, ont été lus par Charles Ponchard (…)

Le 6 mars 1853, au Théâtre de la Fenice à Venise, est créé ce qui va devenir un des plus célèbres opéras de Giuseppe Verdi : La Traviata. Son action se déroule à Paris durant le Carnaval.

La fête apparaît avec le chœur en coulisses des bouchers escortant le cortège du Bœuf Gras : Largo al quadrupede (Place au quadrupède) :

Acte III scène 4
Baccanale
CORO DI MASCHERE (all’esterno)
Largo al quadrupede sir della festa,
Di fiori e pampini cinta la testa...
Largo al più docile d’ogni cornuto,
Di corni e pifferi abbia il saluto.
Parigini, date passo al trionfo del Bue grasso,
Al trionfo del Bue grasso, al trionfo del Bue grasso.
L’Asia, nè l’Africa vide il più bello,
Vanto ed orgoglio d’ogni macello...
Allegre maschere, pazzi garzoni,
Tutti plauditelo con canti e suoni.
Parigini, date passo al trionfo del Bue grasso.
Al trionfo del Bue grasso, al trionfo del Bue grasso.
Largo al quadrupede sir della festa,
Di fiori e pampini cinta la testa...
Largo al quadrupede sir della festa,
Largo, largo, largo !
Bacchanale
CHŒUR DE MASQUES (à l’extérieur)
Place au quadrupède sire de la fête,
De fleurs et pampres est ceinte sa tête...
Place au plus docile des cornus,
Par les cors et fifres il a le salut.
Parisiens, laissez passage au triomphe du Bœuf gras,
Au triomphe du Bœuf gras, au triomphe du Bœuf gras.
Ni l’Asie ni l’Afrique n’en virent de plus beau,
Fierté et orgueil de chaque abattoir...
Masques joyeux, jeunes gens en folie,
Tous applaudissez-le avec chants et musiques.
Parisiens, laissez passage au triomphe du Bœuf gras,
Au triomphe du Bœuf gras, au triomphe du Bœuf gras.
Place au quadrupède sire de la fête,
De fleurs et pampres est ceinte sa tête...
Place au quadrupède sire de la fête,
Place, place, place !

Le 26 mai de la même année 1853, Gustave Flaubert écrit à Louise Colet :

« Si l'on veut prendre la mesure de ce que vaut l'estime publique, et quelle belle chose c'est que “d'être montré au doigt”, comme dit le poète latin, il faut sortir à Paris dans les rues le jour du Mardi Gras. Shakespeare, Gœthe, Michel-Ange n'ont jamais eu 400 mille spectateurs à la fois, comme ce bœuf ! Ce qui le rapproche, du reste, du génie, c'est qu'on le met ensuite en morceaux[52]. »

En 1857, dans un poème hostile au Carnaval de Paris : Un Mardi-Gras à Saint-Cloud, Pierre Véron écrit :

C'était un mardi-gras, ami ; dans chaque rue
Grouillait en bourdonnant cette immense cohue,
Fille de carrefours, prête dès qu'il le faut
Pour un feu d'artifice ou pour un échafaud,
Et qui, celle fois-là, courait tout empressée
Voir une pauvre hôte, à grands frais engraissée,
Traîner d'un pas boiteux sa masse avec effort,
Triste joujou paré d'avance pour la mort[53] !

Dans les années 1850, on commence à promener plusieurs bœufs au lieu d'un seul et en 1863 il y en a jusqu'à six[54].

En 1861 figure dans le cortège du Bœuf Gras « un mouton gras traîné dans une petite voiture par un âne caparaçonné de bleu[55] ».

Le Petit Journal rend compte de la présentation du bœuf gras au palais des Tuileries, le mardi gras 9 février 1864 :

Le cortège du bœuf gras est arrivé au palais des Tuileries, hier à une heure et demie ; après avoir défilé lentement sous les balcons du palais, il s'est rangé dans la cour en demi-cercle, et les musiques ont exécuté plusieurs symphonies.
L'Empereur, l'Impératrice et le Prince Impérial ont paru au balcon, et y sont restés jusqu'au départ du cortège. La cour des Tuileries, dont les grilles avaient été ouvertes exceptionnellement au public, était remplie d'une foule immense qui, à plusieurs reprises, a fait entendre les plus vives acclamations[56].

Un grand tableau don de l'acquéreur de bœufs gras parisiens, le boucher Fléchelle, est conservé à l'École de la Boucherie, boulevard Soult. Il figure le passage du cortège dans la cour des Tuileries, avec l'empereur Napoléon III, sa femme et son fils visibles à une fenêtre du palais,

En 1866, au théâtre parisien du Châtelet est donné un spectacle de Clairville, A. Monnier et E. Blum : La Lanterne magique, Grande revue de l'année. Au 10e tableau défile sur scène le cortège du Bœuf Gras, avec, en vedette, le Bœuf Gras l'Événement qui a participé à la Promenade du Bœuf Gras 1866. Une affiche annonce le spectacle. Elle reprend la xylographie et la mise en page de l'affiche pour la Promenade du Bœuf Gras. Une chanson de Clairville : Débuts du Bœuf gras au théâtre du Châtelet immortalise le Bœuf Gras gracié pour paraître sur scène[57] :

C'est du bœuf gras de cette année
Que je vous parle, écoutez-moi :
De Paris, noble destinée,
Pendant un jour il fut le Roi.
Son entrée y fut applaudie ;
Mais la foule en vain l'acclamait.
Il regrettait sa Normandie
Son frère — un veau — la vache qu'il aimait.


Au moment le plus dramatique,
— Arrêtez ! crie un directeur,
J'ai, pour ma Lanterne magique,
Besoin de ce nouvel acteur ;
Et, pour jouer la comédie
Au théâtre du Châtelet,
Le héros de la Normandie
Échappe encore au bras qui l'immolait.
Oui, tout un jour on le protège,
Il marche entouré d’oripeaux,
On lui fait un brillant cortège,
Conduit par des municipaux.
Mais une sombre tragédie
Devait, par un coup clandestin,
De l'enfant de la Normandie,
Le même soir, terminer le destin.


Ainsi, né sous un toit champêtre,
Simple comme Cincinnatus,
Comme César il faillit être
Assassiné par un Brutus.
Et, quelle étrange parodie !
A ses yeux, encore inquiets,
Le soleil de sa Normandie
Est remplacé par de simples quinquets.

Le 10 mai 1866, un journal néo-zélandais, le Daily Southern Cross, publie un compte-rendu du Carnaval de Paris et de la Promenade du Bœuf Gras[58] :

Puis vient le carnaval des rues, qui a été aussi bruyant et aussi stupide que d'habitude. Je dois, cependant rendre pleinement justice à l'organisation de la procession du bœuf gras, qui était beaucoup mieux cette année que par le passé. Les Garçons Bouchers étaient habillés en druides. Une voiture allégorique, à la forme d'un grand navire, a représenté la ville de Paris et enfin, il y avait Gargantua, un géant monstrueux, qui a avalé sans cesse toutes sortes de nourriture, qui lui étaient fournis par une bande de petits garçons habillés en cuisiniers. La procession du bœuf gras a défilé dans les rues de Paris le dimanche, lundi et mardi, et a visité les résidences des hauts personnages officiels. Le lundi, comme c'est la coutume, la procession du Bœuf Gras a rendu visite aux Tuileries pour rendre hommage à l'empereur. La pauvre bête, vouée, comme les gladiateurs antiques, à mourir, a peut-être salué Napoléon dans son langage, comme l'ancien César, avec les mots, « Ave, César, moriturus te salutat, » après quoi il a poursuivi sa marche triomphale. Le Bœuf Gras cette année était un animal magnifique, et pesait 1360 kg. Le carnaval est terminé, et je dois dire que je suis sincèrement heureux. On s'habitue assez au brouhaha continuel du bruit des cornes, des cris et des pleurs qui n'arrêtent pas du matin au soir, et nous rendent presque fous.
Et la mascarade, vous vous demanderez. Eh bien, il existe aussi les hommes qui se déguisent en femmes et les femmes en hommes, et vont parader en ville. Les masques sont pas autorisés à être portés dans les rues, mais il y a beaucoup de masques à l'Opéra et dans d'autres bals, où toutes sortes d'orgies se déroulent.
Le résultat du carnaval, c'est que les Monts de Piété (prêteurs sur gages) font une bonne affaire, les petites gens mettant en gage même les objets les plus nécessaires parmi leurs meubles afin de dépenser bêtement leur argent dans les festivités.

En 1867, Georges Maillard écrit, dans Le Figaro [59] :

« Il serait cependant temps de se mettre d'accord sur les noms des bœufs-gras. On les baptise d'avance, chaque journal publie sa liste, si bien qu'on ne sait plus auquel se fier. Voici les noms mis en avant par divers journaux de Paris : Baron-Brisse (?), Sardanapale (!), Diable-Boîteux, la Belle Dijonnaise, le Bon Villageois et Freyschütz. Il faudra cependant s'entendre. Voilà six noms, et il n'y a que trois bœufs à baptiser. J'ai presque envie de parier qu'aucun de ces six noms ne sera acceptés, et qu'ils sont de pure invention. »

Finalement la promenade se prépare avec les noms choisis. Le Petit Journal écrit :

« Cette année encore, et pour la septième fois, c'est à M. Fléchelle, marchand boucher à Paris, rue de Gaillon, que revient l'honneur de posséder le bœuf gras de 1867 et les satellites qui doivent, à tour de rôle, figurer dans la marche triomphale de ce colosse.

Ces douze animaux, qui sont actuellement au Jardin d'acclimatation du bois de Boulogne, et qu'on peut y voir, tous les jours, de dix heures du matin à cinq heures du soir, n'ont pas coûté à M. Fléchelle moins de 40,000 fr., et l'on peut affirmer que jamais plus beaux spécimens de la race bovine n'ont encore paru à Paris.

En voici la liste et le poids :

N° 1, le Bœuf gras, Cotentin, élevé par M; Ménage, âgé de six ans, à l'engrais depuis trois ans, pesant 1,550 kilos ; – n° 2, Nivernais, élevé par M. Desjardins, 1,470 ; – n°3, d° d°, 1,470 ; – n° 4, 1,330 ; – n° 5, 1,320 ; – n°6, 1,300 ; – n° 7, 1,300 ; – n° 8, 1,280 ; – n° 9, 1,240 ; – n° 10, 1,150 ; – n° 11, 1,100 ; – n° 12, 1,100.

Jamais on n'aura constaté sur de plus pesants spécimens le triomphe de l'embonpoint...

Les bouchers vont être pendant huit jours les lions de la. saison, j'entends ceux de M. Fléchelle, l'acquéreur des bœufs gras de 1867. La belle et intelligente Mme Fléchelle préside en ce moment un atelier de couturières qui fabrique les surtouts des marquis et les cuirasses des chevaliers du Mardi Gras...

Les bœufs se nomment de noms singuliers la Lune[60], le Grand-Gymnase, Sardanapale, Freyschütz, Orphée, le Diable-Boiteux, et leurs futurs sacrificateurs s'apprêtent leur faire cortège[61]. »

Le Mardi Gras 5 mars 1867, on lit dans la rubrique Paris du quotidien Le Petit Journal[62] :

Un restaurateur renommé pour les tripes à la mode de Caen a affiché l'annonce suivante :
« Le public est prévenu que je suis le seul acquéreur et propriétaire des tripes des bœufs gras. »

Il arrive qu'une fois baptisés pour la fête, les bœufs gras changent encore une fois de noms. C'est ainsi qu'en 1868 les quatre bœufs gras, d'abord annoncés sous les noms de : Gulliver, la Cagnotte, Blondin et Rumford[63], défilent finalement sous les noms de : la Nièvre, Mignon, le Lutteur masqué et Paul Forestier[64]. Le Lutteur masqué porte ce nom car il est affublé d'un loup en taffetas noir.

Article détaillé : Affaire Mathurin Couder.

En 1870, le Bœuf Gras sort en retard[65], à la suite de graves dissensions dans le milieu de la boucherie parisienne, l'affaire Mathurin Couder[66].

En 1871, se termine la guerre franco-prussienne. L'armistice générale est signée le 15 février par une France battue et occupée. Le Mardi Gras tombe six jours après, le 21 février. Les festivités du Carnaval de Paris pour les jours gras de 1871 sont interdites par la police.

À l'occasion de la brève parade dans Paris de l'armée prussienne victorieuse, est publiée une chanson illustrée intitulée : « La marche du bœuf gras et la promenade du roi Guillaume dans Paris ». Elle se chante sur l'air de la célèbre Complainte de Fualdès et commence ainsi :

Bientôt, grâce à l'armistice,
(Lisez capitulation),
Dans Paris défileront,
Sir Guillaume et sa milice ;
Cachons vite, il n'est que temps,
Nos pendules, notre argent.
La royale promenade,
Tombe juste au carnaval ;
Le défilé triomphal,
Servira de mascarade ;
Pour nous ça remplacera
Le cortège du bœuf gras.

Le Carnaval de Paris redémarre bientôt, et mardi gras est à nouveau fêté en 1872. Cependant, le gouvernement s'est installé à Versailles, situation qui va durer jusqu'en 1879[67]. Cela pose problème aux possibles organisateurs du Bœuf Gras. En effet, si le cortège a l'habitude de faire le tour des palais royaux ou impériaux, des ministères et ambassades et de riches personnalités parisiennes... ce n'est pas entièrement désintéressé. Les personnages importants ainsi visités, donnent, à cette occasion, de l'argent pour financer la fête.

On ne va pas promener le Bœuf Gras parisien de Paris jusqu'à Versailles.

De plus et surtout, le milieu des bouchers, traditionnellement organisateurs, connaît toujours une grande crise interne. Elle continuera, au moins, jusqu'en 1873, toujours à la suite de l'affaire Mathurin Couder.

Durant de longues années, on voit une foule parisienne compacte, le Mardi Gras, attendre dans la rue le passage du cortège du Bœuf Gras, dont elle croit pouvoir enfin assister à la renaissance.

Le Bœuf Gras a disparu dans la rue, mais il est toujours cher aux Parisiens.

En 1873, on débat pour savoir si on fera défiler le Bœuf Gras. Comme en témoigne la fin d'un poème de Maxime, baptisé Mes crêpes, paru cette année-là dans Le Tintamarre[68] :

Enfin, quand la France agonise,
Voir que l'éternelle bêtise,
N'a rien perdu de son pouvoir,
Et qu'on discute pour savoir
Si l'on fera la promenade
Du Bœuf-Gras et sa mascarade,
Devant l'étranger qui sourit...
A la chien-lit, à la chien-lit !

En 1874, une initiative est prise pour faire renaître le cortège du Bœuf Gras.

Gérôme écrit à ce propos dans L'Univers illustré du samedi 14 février, trois jours avant l'arrivée du mardi gras, date traditionnelle du défilé[69]  :

— Et le bœuf gras que j'oubliais !
Je le croyais aussi bien mort et enterré, ce cortège suranné, avec son Olympe flétri, ses déesses aux mains rougeaudes, son Amour grelottant, ses dieux avinés, avec ses sacrificateurs, ses sauvages, ses mousquetaires, ses troubadours, couverts d'oripeaux que l'on eût crus empruntés au magasin de costumes de l'Ambigu. L'année dernière il nous avait fait faux bond, et personne n'avait réclamé, — au contraire. — Mais ne voilà-t-il pas que cette année il s'est mis en tête de vouloir recommencer ses promenades burlesques. A cet effet le syndicat de la boucherie s'est d'abord adressé à nos édiles, sollicitant de leur bienveillance une modeste allocation de six mille francs. Ah ! bien oui, des six mille francs pour une mascarade, pour subventionner des pitres et des baladins ! Il fallait voir l'indignation des Spartiates du conseil. Repoussé avec perte, le syndicat n'a pas voulu en avoir le démenti. Il a décidé que la promenade du bœuf gras n'en aurait pas moins lieu, et que, quant aux frais du cortège, ils seraient couverts par une souscription à laquelle seraient invités à prendre part, outre les membres de la corporation des bouchers, les restaurateurs et les marchands de vin, directement intéressés au succès de la chose. Reste à savoir combien de souscripteurs auront répondu à l'appel, et, dans quelle mesure. Un simple regard jeté sur le cortège de demain vous le dira. Il vous dira aussi comment ceux qui auront été chargés de l'organiser s'y seront pris pour rajeunir ce vieux programme idiot, et le transformer en un spectacle digne de la population parisienne.

Finalement, cette tentative n'aboutira pas. Il n'y aura pas de défilé du Bœuf Gras en 1874.

En 1877, le cortège du Bœuf Gras apparaît sur la scène d'un théâtre parisien. Gérôme écrit à ce sujet dans L'Univers illustré du 18 août[70] :

Le Théâtre de la Porte-Saint-Martin a repris Le Juif-Errant. On y applaudit Paulin Ménier dans le rôle de Rodin, Lacressonnière, Paul-Deshayes, Mlle Céline Montaland, une très-belle reine Bacchanale.
Le cortège du Bœuf gras est tout à fait réussi ; le bœuf, d'une superbe corpulence, fait grand honneur aux pâturages qui l'ont nourri.

En 1883, le Bœuf Gras paraît tout près de renaître, comme l'annonce Le Petit Parisien :

Il est fortement question de rétablir la promenade annuelle du bœuf gras.
Ce n'est pas seulement une de ces innombrables idées en l'air, un de ces innombrables projets que fait éclore la publicité au jour le jour et dont on parle pour dire quelque chose. L'idée est en voie d'exécution. Déjà émise sérieusement l'an dernier, abandonnée toutefois faute de temps, elle a été reprise cette année par la Chambre syndicale de la boucherie de Paris qui, avec le concours des Chambres syndicales d'alimentation, compte la mener à bien. Ajoutons que le projet – et ce ne sera pas un de ses moindres titres à l'attention du public et du gouvernement – se complique d'une grande tombola de bienfaisance.
Les intéressés ont déjà tenu une réunion préparatoire le 26 septembre, à la mairie du 1er arrondissement. On doit arrêter dans une réunion prochaine les conditions d'un avant-projet qui devra être ensuite soumis à l'examen des autorités compétentes dont l'approbation ne parait pas douteuse.
Eh bien ! nous allons donc revoir les foules massées sur les trottoirs, les chars enguirlandés de feuillages, les longues cavalcades de turcs au blanc turban soufflant éperdument dans des trombones, les mousquetaires au feutre fier et ces pauvres petits Amours transis couronnés de roses et si drôlement écharpés de gaze bleue. Tout cela, au seul mot de bœuf gras, défile encore dans nos souvenirs. Nous allons le revoir. Pourquoi pas ?
En vérité il est difficile de comprendre comment cette joyeuse exhibition qui, trois jours durant, mettait en liesse tout un peuple de femmes et d'enfants, a pu rencontrer des adversaires.
Parce que la République a par trois fois supprimé les pompes du bœuf gras, quelques-uns s'imaginent qu'il y a là une affaire de principes et que la fête si longtemps chère aux badauds parisiens fut condamnée en raison d'une origine religieuse ou monarchique. Erreur profonde, C'est tout simplement qu'en 1792 comme en 1848, comme en 1871 – hélas ! – il y avait de graves préoccupations dans toutes les âmes et ce n'était pas le temps de rire. Mais le bœuf gras rendons-lui cette justice est pur de toute alliance avec les prêtres comme avec les rois[71].

En 1885, alors qu'il ne défile plus depuis quinze ans, quand le fameux hebdomadaire La Caricature consacre un numéro entier à l'autre grand moment du Carnaval de Paris : la Mi-Carême. On y parle aussi du Bœuf Gras. Et il est l'objet de deux caricatures : l'une de grand format, l'autre sur la couverture[23]. À Paris, malgré les années d'absence, on pense toujours au retour du Bœuf Gras.

En 1889, si on en croit M. Champimont, c'est le changement de gouvernement provoqué par le renversement du gouvernement Floquet qui empêche la renaissance du Bœuf Gras cette année-là.

On lit dans Le Voleur illustré du 28 février[72] :

Savez-vous ce qu'elle a fait, la Chambre, en donnant ses huit jours à M. Floquet ? Eh bien, elle a empêché le Bœuf gras de ressuciter.
Nous n'aurons pas plus de boeuf gras cette année que les précédentes.
Un certain nombre d'industriels avaient songé à faire reparaître cette année le bœuf gras.
Les pourparlers étaient en bonne voie, mais les organisateurs vont être forcés de recommencer leurs démarches auprès du nouveau ministre de l'intérieur, et en supposant que celui-ci accordât l'autorisation demandée, le temps matériel sera maintenant insuffisant pour les préparatifs du cortège.

La renaissance du Bœuf Gras manque de survenir en 1891. Fin janvier, Richard O'Monroy écrit dans l'éditorial de L'Univers illustré[5] :

Parmi les remèdes qu'on a cherché à apporter à la misère, il faut citer l'idée de M. Develle, le ministre de l'agriculture, idée qui sera assurément bien accueillie par la population parisienne, si friande de spectacles. Je veux parler du rétablissement du bœuf gras, qu'on nous promet pour les jours gras de cette année. Depuis 1871, en effet, nous étions privés de ce défilé, qui reste parmi nos souvenirs comme une des grandes joies de notre enfance.

Mais cette renaissance est empêchée par le véto du Président du Conseil et ministre de la Guerre[73], qui refuse de prêter aux organisateurs le concours des cavaliers de la garnison de Paris, qui devaient paraître, costumés, dans le cortège[74]. Le supplément illustré du Petit Journal du 21 février 1891 écrit :

« J'aurais préféré, je l'avoue, le Carnaval parisien avec moins de monôme et plus de Bœuf Gras. Et j'espère que l'an qui vient et chaque année désormais, le héros quadrupède et inconscient de la courte épopée pantagruélique du mardi-gras fera par la ville sa tournée, délice des enfants, grands et petits et tranquillité des parents... ainsi que de la Police. »

De son côté, Carle de Perrières dans Le Gaulois du 8 février de la même année se plaint que : « le projet de rétablissement du cortège du bœuf gras demeure étouffé par l'austérité de nos gouvernants[75]. »

Le Bœuf Gras figure, en effigie géante, dans les cortèges informels parisiens du Mardi Gras ou de la Mi-Carême en 1891[76], 1892[77], 1893[78] et 1894[79]...

À la Mi-Carême 1894, le cortège très remarqué des étudiants parisiens a pour « reine », un travesti, jeune homme de très grande taille, « la rosière du XXIe arrondissement de Paris », escorté d'un minuscule maire marieur. Et porté solennellement par les étudiants on trouve :

Le « bœuf gras, modèle rive gauche, alias : cochon » porté par les étudiants parisiens à la Mi-Carême 1894.
Le « bœuf gras, modèle rive gauche, alias : cochon » vu par L'Illustration[80].
Mi-Carême 1894 : le maire et « la rosière du XXIe arrondissement[81] ».
Cadeau à la rosière (bœuf gras, modèle rive gauche, alias : cochon[82]) ;

Il s'agit d'un énorme cochon artificiel.

En 1895, cela fait vingt-cinq ans que les Parisiens attendent avec impatience le retour du Bœuf Gras :

« Vous ne sortirez pas de la tête d'une quantité de très braves gens que la suppression du bœuf gras a entrainé le décadence du carnaval. Tous les ans, au retour du Mardi-Gras, il s'échappe d'une quantité de poitrines des soupirs de regret pour exprimer le chagrin que cause la disparition d'un usage séculaire. La fidélité de certains Parisiens à cette tradition est même telle, qu'ils viennent sur le boulevard (les grands boulevards) pendant les trois jours consacrés aux liesses (dimanche gras, lundi gras, mardi gras), avec la certitude qu'ils verront le bœuf gras. De là pour les uns et les autres une déception cruelle[83]. »

« L'on ne demande pas mieux de la droite à l'extrême-gauche du Conseil (municipal de Paris) que le peuple s'amuse au passage d'un beau cortège autant que des quolibets de la foule qui, les années passées, drue et serrée, attendait toute la journée une réjouissance qui ne venait pas ; mais on voudrait aussi que l'amusement de Paris ne coûte rien à son budget[84]. »

La situation paraît néanmoins devoir s'arranger[85] et Georges Clemenceau écrit : « Le Conseil municipal qui rêve, pour nous, des récréations plus tranquilles, nous prépare, dit-on, un prodigieux bœuf gras. Grâces lui soient rendues[86]. »

En 1896, finalement, l'affaire s'organise à grande échelle. Le Commissaire Général, responsable de la cavalcade, s'appelle Charles Zidler. Ancien boucher, fils de marchand-boucher, il a été, en 1889, avec Joseph Oller, un des deux cofondateurs du bal du Moulin Rouge. C'est un spécialiste de l'organisation distractive.

Une souscription est lancée. Au nombre des souscripteurs, on trouve le Préfet de police Louis Lépine.

Cependant le Comité d'organisation a surtout sollicité auprès des autorités parisiennes une subvention de 100 000 francs. Il attend probablement 60 000. Il ne reçoit que 25 000 francs[87].

La veille du dimanche gras, premier jour du défilé du cortège dans la rue, un autre bœuf gras va triompher en salle à Paris le samedi gras. Il est annoncé ainsi dans La Revue diplomatique le 9 février 1896[88] :

Le bœuf gras fera son entrée le samedi 15 février au bal de l'Opéra.
La direction vient, en effet, de faire l'acquisition d'un superbe animal qui figurera dans le grand cortège qu'elle organise, pour ce grand veglione[89] de gala du samedi gras.
Ce cortège se composera de trompettes égyptiennes, de hérauts d'armes, de figurants au nombre de 200, précédant le bœuf gras superbement costumé, et se déroulera dans la salle de bal aux sons d'une marche triomphale exécutée par deux grands orchestres.
Ajoutons que, pour donner à cette fête du carnaval tout l'attrait et tout l'entrain des veglioni[89] italiens, la direction engage toutes les dames et tous les messieurs à adopter le domino avec le masque.

Le cortège dans la rue est un immense succès. En trois jours de sortie, il parcourt 43 kilomètres dans Paris. Trois bœufs gras sont promenés successivement, chacun une journée différente. Ils n'ont pas, semble-t-il, reçu un nom particulier à l'occasion de la fête, mais sont de trois races différentes. Le Petit Parisien en parle le 19 février 1896[90] :

Le bœuf promené dimanche était, on le sait, de race normande ; lundi, il était de race limousine ; c'était, hier, un charolais d'une admirable blancheur, ne pesant pas moins de douze cent vingt-trois kilos.

L'enthousiasme est général, notamment dans la presse. Le Figaro sortira, à cette occasion, un numéro spécial, en couleurs, où on voit un grand dessin de l'illustre Caran d'Ache, figurant le président de la République Félix Faure accueillant le Bœuf Gras au palais de l'Élysée.

Dès cette époque, on cherche déjà à limiter l'envahissement de la publicité. Les Instructions générales de la Préfecture de Police pour la Police Municipale, lors de la Promenade du Bœuf Gras 1896, donnent entre autres instructions[91] :

Ne pas laisser les chars réclame se joindre à la cavalcade.

En écho au Bœuf Gras, le 12 mars 1896, les étudiants parisiens font défiler un bœuf maigre à l'occasion de la Mi-Carême.

Le 20 février, le journal Le Temps l'annonce et en fait une description[92] :

Le bœuf maigre du quartier latin sera en carton et servira de monture au prince Carnaval, déguisé en Amour, avec des ailes dans le dos. En outre, ce bœuf s'appellera le « Minosdaure » et autour de son char de jeunes « étudiantes » costumées en mines d'or, comme dans les revues de fin d'année, offriront au public des bons de soupes populaires.

Malgré le déficit enregistrée par la fête du Bœuf Gras en 1896, les 28 février, 1er et 2 mars 1897, la cavalcade est organisée à nouveau.

À cette occasion, elle est filmée par les équipes des frères Lumière et par Georges Meliès[93].

C'est à nouveau un succès. Le journal La Patrie annonce que «...la foule qui s'est répandue hier sur le parcours du cortège du bœuf gras se montait à six cent mille personnes[94]. »

En 1896 et 1897, en réaction à la pompe du bœuf gras les artistes et montmartrois font défiler le cortège carnavalesque de la Promenade de la Vache enragée ou Vachalcade (jeu de mots composé à partir de cavalcade et vache). Le responsable du défilé est Joseph Oller. Ayant fait d'importantes dettes pour la fête, ses organisateurs ne parviennent pas à la pérenniser, comme ils le souhaitent. Elle ne connait que deux éditions et disparait ensuite.

Le Bœuf Gras caricaturé par Draner en 1898[95].

Le 10 novembre 1897 meurt Charles Zidler, responsable de l'organisation des cavalcades du Bœuf Gras 1896 et 1897. La disparition de cet ancien boucher, fils de boucher, organisateur de la fête traditionnelle des bouchers parisiens, a pu affaiblir la volonté de l'organiser en dépit des difficultés financières.

Pour 1898, les autorités parisiennes promettent 25 000 francs à ceux qui voudront bien organiser la cavalcade du Bœuf Gras[96]. Mais le Comité considère qu'il accuse un déficit trop considérable et jette l'éponge.

La Revue hebdomadaire de février 1898 en prend acte et annonce dans la foulée la disparition de l'autre cortège du Carnaval parisien, celui de la Mi-Carême[97] :

Le Carnaval aussi ne ressemblera pas cette année à celui de l'an dernier, et tout paraît devoir se réduire à des batailles de confetti ; plus de cortège du Bœuf gras, plus de procession de la Mi-Carême. Personne n'y a trouvé son compte, de ceux qui les organisaient ; ce n'est même pas un titre aux palmes académiques ; en revanche il fallait, après la fête, y mettre du sien. Ce serait vraiment étendre trop loin le devoir civique que de se ruiner pour ces réjouissances populaires.

Contrairement au propos de La Revue hebdomadaire, les festivités de la Mi-Carême 1898 ont bien lieu le 17 mars. Ce jour-là, les étudiants parisiens, en tête de leur cortège, mette à l'honneur et de manière comique le Bœuf Gras, ou plutôt sa disparition.

Le Petit Journal écrit[98] :

Le premier char apparaît aussitôt  : La fin du bœuf gras. L'infortuné a été jeté vivant dans une énorme marmite qui « mijote » sur un gigantesque fourneau. Un Carnaval de carton, énorme, fantastique, coiffé d'un béret d'étudiant, tient à la main un écumoire et contemple le pot-au-feu d'un œil qu'allume la gourmandise.

Dans le cadre d'« une semaine de Fêtes au Bénéfice des Pauvres », du 12 au 18 juin 1899, organisée par la ville de Paris, défile, les 17 et 18 juin 1899, un cortège costumé, « bien propre » et pas carnavalesque, le « grand cortège historique des corporations à l'époque d'Étienne Marcel ». La ville le subventionne à hauteur de 65 000 francs[99].

Exactement la somme qu'espéraient, pour eux, on peut le supposer, les organisateurs du cortège du Bœuf Gras. Il y a donc de l'argent, mais pas pour le Carnaval de Paris[100].

La Cavalcade du Bœuf Gras passe rue Secrétan, le 26 avril 1908.

Le Bœuf Gras au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Prospérité et déclin[modifier | modifier le code]

Char du Bœuf Gras de la Fête de l'Alimentation 1900[101].
Le Bœuf Gras de Montréal 1900 annoncé dans La Patrie[102].
Le Bœuf Gras et son compagnon vus par Auguste Vimar[103].
À partir de 1909 ce monumental char du Bœuf Gras défile au Carnaval de La Nouvelle-Orléans. Ici en 2011, avenue Napoléon.
Le 11 mars 1904, dans son compte-rendu de la fête de la Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal parle du Bœuf Gras qui vient de défiler dans le quartier du marché Lenoir[104].
Char de l'Alimentation 1902.jpg
Char de l'Agriculture 1902.jpg
Trois chars de la Cavalcade du Bœuf Gras 1902 à Paris[105].

En 1900, évènement à Paris : le Concours Général Agricole est pour la première fois organisé à la Villette. À cette occasion a lieu une Fête de l'Alimentation, et est organisé le 25 février un cortège du Bœuf Gras[106].

Un mois plus tard, le vendredi 23 mars 1900, lendemain du jeudi de la Mi-Carême, à l'instar du Bœuf Gras parisien est organisé un défilé du Bœuf Gras à Montréal.

Il a lieu sur glace, le soir, abrité du froid agressif de l'hiver derrière les murs d'une prestigieuse patinoire.

L'événement est annoncé dans le journal La Patrie :

Dernière Mascarade de la Saison
PATINOIRE LE MONTAGNARD Rues St-Hubert et Duluth
Carnaval de la Mi-Carême
Vendredi, le 23 mars, 8 ½ Heures P. M.
Cortège du Bœuf Gras, à l'instar de Paris, pour la première fois à Montréal
Chars allégoriques représentant la ville de Montréal, l'Angleterre, la France, les États-Unis, l'Irlande, etc.
Ces différents pays seront représentés par de charmantes jeunes filles portant le costume national et escortées par des Hallebardiers.
ILLUMINATIONS FÉERIQUES, DÉCORATIONS GRANDIOSES
Musique par l'Harmonie de Montréal au nombre de 30 musiciens
Ne manquez pas cette occasion unique de voir la fête du Bœuf Gras.
Admission 25 cents[102].

Le Bœuf Gras est absent des rues de Paris en 1901.

Le dimanche 16 mars 1902, il défile dix jours après la Mi-Carême, juste dans le quartier de la Villette. L'initiative en revient à un conseiller municipal, Brard, et au Comité des fêtes du 19e arrondissement de Paris. La date tardive a été choisie dans l'espoir de bénéficier d'une météo favorable[107]. Au dernier moment, le cortège a bien faillit être empêché de sortir. Comme le rapporte Le Petit Parisien le jour de la fête[108] :

La fête du bœuf gras, que l'on croyait tombée en désuétude, aura lieu aujourd'hui, mais il ne s'en est fallu que de bien peu pour que les Parisiens soient cette année encore, privés de l'exhibition de l'énorme bœuf et de la cavalcade traditionnelle.
Une subvention très importante avait été, en effet, demandée par les organisateurs de la fête au conseil municipal et, vendredi dernier, elle était refusée. On pouvait croire que les fonds manqueraient pour mener à bien les choses ; mais, grâce aux efforts constants des membres du comité, MM. Brard, conseiller municipal du quartier du Pont-de-Flandre ; Garrouy, Touchard, Breton, Claude, Aroldi, Gauthier, Lavier, Guibard. Barbet et Monnier, des dons particuliers importants ont été acquis à l'entreprise où la bienfaisance aura malgré tout sa très large part.
D'autre part, il convient de féliciter les commerçants et les habitants des dix-neuvième et dixième arrondissements, qui ont fait le meilleur accueil aux quêteurs munis de billets le souscription.

Initialement, deux bœufs gras devaient figurer dans le cortège. Mais l'un des deux assistant à la révolte de l'autre au moment de monter sur son char, a résisté et n'a pu être emmené[107]. Dans le défilé, un char animé portant un Gargantua géant dévorant des victuailles paraît inspiré par un autre sur le même sujet accompagnant déjà le Bœuf Gras en 1866[109].

Le Petit Parisien débute ainsi l'article de compte-rendu publié le 17 mars 1902[110] :

LE BŒUF GRAS
La traditionnelle fête du bœuf gras, qui déroulait jadis ses fastes carnavalesques sur les grands boulevards, n'égaie plus maintenant, hélas ! que les habitants d'un tout petit coin de la capitale.
La joie des Parisiens du dix-neuvième arrondissement s'en trouve décuplée ; la localisation de cette cavalcade, demeurée chère au cœur du peuple, la rend plus précieuse encore à ceux qui ont la bonne fortune de la pouvoir contempler.
Disons tout de suite que la fête, organisée avec un certain souci d'art, a été gaie au-delà de toute expression. Jamais bœuf adipeux exhibé pour l'agrément des foules n'a été l'objet d'une curiosité plus ravie, et les rires ont éclaté en fusées vibrantes au passage des chars où de pittoresques allégories proclamaient la gloire du vin et le triomphe rabelaisien de la « mangeaille ».
Les chars, sortis de dessous les hangars où ils avaient été amenés la veille au soir, sont artistement décorés et les attributs dorés ou argentés qui les ornent brillent sous les rayons d'un soleil qui, malheureusement, se cache trop souvent derrière de gros nuages inquiétants.
Les figurants, et ils sont nombreux, près de cinq cents, hommes et femmes, se transforment hâtivement en hérauts d'armes, en seigneurs, en marmitons, moissonneurs, moissonneuses, etc. et la plus folle gaîté préside à tous ces apprêts.
De tous côtés vont et viennent des musiciens qui répètent les morceaux qu'ils exécuteront pendant la marche du cortège.
Vers onze heures, la foule commence à se masser aux abords du marché ; les plus curieux escaladent les grilles où montent sur les arbres pour jouir d'avance du coup d’œil.
Le bœuf gras attend seul, sans impatience, le moment de paraître en public.
C'est une superbe bête pesant douze cents kilogrammes et provenant des pâturages nivernais. Il a été fourni par des commissionnaires en bestiaux, MM. Juste, Brouard et Cie, et constitue, comme on sait, le gros lot de la tombola offerte par le comité.

En 1903, le Bœuf Gras est absent des rues de Paris le mardi gras[111]. Il défile dans les dixième et dix-neuvième arrondissements de Paris le 29 mars suivant, encore une fois dix jours après la Mi-Carême. Son nom est Théodoros II[112]. Le précédent Bœuf Gras du nom de Théodoros a défilé à Paris 34 ans auparavant, en 1869[113].

En 1904, sont organisés à Paris deux défilés du Bœuf Gras. Le premier, d'ampleur limité à un quartier de Paris, est organisé par M. Tricot, président des Enfants du marché Lenoir. Le Petit Journal en parle le 11 mars dans son compte-rendu de la fête de la Mi-Carême :

M. Tricot, — qui a préludé à la fête en donnant à son quartier le spectacle de la promenade par les rues d'un bœuf gras traîné par un splendide attelage de chevaux caparaçonnés, — veut bien nous remercier de réserver à la reine de la Mi-Carême une réception cordiale[104].

Quelque temps plus tard, le 27 mars 1904, cette fois-ci en grandes pompes, un autre Bœuf Gras parcourt « les principales voies du dix-neuvième arrondissement[114]. » Il a pris pour la fête le nom de Vercingétorix.

Le Journal du dimanche publie un poème de Georges Gillet écrit en son honneur :

Rondel du bœuf gras
Allez voir passer le bœuf gras,
Triomphateur morne et placide
Qui de l'abattoir homicide
Semble déjà rêver tout bas !
Accompagnez de vos hourras
Ce roi qu'attend le régicide !
Allez voir passer le bœuf gras
Triomphateur morne et placide.
Écrasez-vous, badauds, soldats,
Femmes, enfants à l'œil avide,
Et vous, gueux dont le ventre est vide,
Pour remplacer un bon repas,
Allez voir passer le bœuf gras[115] !

La sortie de l'année d'après, le 9 avril 1905, commémore avec faste le centenaire du rétablissement de la fête en 1805 après l'interruption de la période 1790-1804. Est organisé notamment un concert en plein air donné par sept cents musiciens[116]. Le Bœuf Gras 1905 s'appelle Romulus.

Le Bœuf Gras défile le 1er avril 1906. À l'époque, le Bœuf Gras fait complètement partie de la vie des Parisiens. Quand deux semaines après un journaliste s'insurge contre le traitement réservé à d'héroïques mineurs miraculeux rescapés de la catastrophe de Courrières dont tout le monde parle, il compare le sort de Nény et Pruvost à celui du Bœuf Gras :

Souhaitons que Nény et Pruvost, les mineurs échappés à la mine, ne soient pas entraînés par ce tourbillon de folie ; on a fait, hélas ! tout ce qu'il fallait pour leur faire perdre la tête. En décorant ces deux braves dont l'un parlait trop et l'autre pas assez, le gouvernement a montré un juste sentiment de leur courage et de leur énergie... qui ont consisté surtout à s'évader d'un péril où d'autres moins heureux succombèrent. Mais, cette récompense accordée, il paraît un peu bizarre de voir ces « héros » transformés en réclame journalistique, promenés comme le bœuf gras à travers les boulevards, — avec itinéraire fixé et annoncé, — paradant à Auteuil dans la tribune de la Presse et assistant à la représentation du Bourgeon qu'on a sans doute choisi pour réconforter leur âme et réchauffer les sentiments religieux qu'ils firent, dit-on, paraître alors qu'ils cherchaient une lumière dans les ténèbres[117].

En 1907, il y a trois Bœufs Gras parisiens sortant à des dates différentes : le 10 février, défile le Bœuf Gras de la Rive gauche dit aussi des abattoirs de Vaugirard[118]. Le 14 avril, défile le Bœuf Gras de la Rive droite dit aussi des abattoirs de la Villette[119]. Le 7 mars de la même année défile, dans le cortège du jeudi de la Mi-Carême, un grand Bœuf Gras artificiel :

« Immense succès aussi pour le char du Bœuf Gras. Le monstrueux animal est en carton-pâte. Il n'a donc pas coûté cher à engraisser[120]. »

Le Bœuf Gras bien vivant défile le 26 avril 1908[121],[122].

En 1913, le Concours Général Agricole se termine à Paris le 27 février. À cette occasion est organisé dans la rue une Fête de l'Agriculture, cortège comportant un char du Bœuf Gras. Cette date coïncide avec le jeudi de la Mi-Carême. Ce qui fait que ce jour-là, en des lieux différents de Paris défilent les deux cortèges carnavalesques traditionnels parisiens : la Promenade du Bœuf Gras et le cortège de la Mi-Carême, avec, en vedette, Germaine Brégnat, Reine des Reines de Paris 1913[123].

Sur Internet on peut voir trois photos du Bœuf Gras 1913[124]. Le Petit Journal parle du défilé :

Au Quartier-Latin, le grand cortège de l'Agriculture, bœuf Apis, bœuf gras, moissons, chasse, partant à une heure de la place Valhubert, parcourt les principales rues et avenues des 5e et 13e arrondissements, pour se terminer, à six heures, boulevard Saint-Marcel[125].

En 1914, défile à la Mi-Carême à Paris un grand Bœuf Gras en carton[126]. Avec son escorte de deux sacrificateurs[127] également en carton il représente d'Artagnan, un fameux Bœuf Gras sorti soixante ans plus tôt en 1854.

Après la Grande Guerre, le Carnaval de Paris redémarre dès mars 1919 à l'occasion de la Mi-Carême.

Le Bœuf Gras lui ne sort pas. Chaque année les bouchers parisiens continuent à élire un Bœuf Gras, mais il arrive directement dans les assiettes sans avoir connu un ultime triomphe dans Paris.

Le jeudi de la Mi-Carême 27 mars 1924 le Bœuf Gras reparaît. Il défile en camion avec une génisse et des moutons.

Écho de la Mi-Carême 1925[128].
Le Bœuf Gras parisien caricaturé par Caran d'Ache en 1903[129].
Le Bœuf Gras de la Mi-Carême 1934 défile sur un char attelé rue Saint-Dominique[130].

L'Intransigeant nous apprend que le jeudi de la Mi-Carême 19 mars 1925 un peu partout à Paris « on a promené des bœufs gras. Et pour ces promenades dans nos rues, les voitures des bouchers étaient fleuries, enrubannées et les chevaux eux-mêmes portaient des cocardes[128]. »

Le Petit Parisien, en 1926, écrit que pour protester contre l'augmentation exagérée des droits universitaires, dans le cortège étudiant du mardi gras 16 février, organisé par le comité des fêtes du quartier Latin, sera promené « un bœuf maigre... celui de la vie chère[131] !... »

Le 24 mars 1927, dans le cortège de la Reine de Paris sorti pour la Mi-Carême apparaît le Bœuf Gras :

« Le bœuf gras, timide et mélancolique, et songeant peut-être à sa mort prochaine, inclinait doucement ses cornes dorées vers la foule comme pour la saluer une dernière fois : Moriturus te salutat[132]. »

Le 15 mars 1928, un Bœuf Gras fait partie du cortège de la Reine des Reines de la Mi-Carême :

« Le bœuf gras, innocente victime de cette journée, marchait à la mort sous les bravos et les fleurs[133]. »

Une photo du défilé du Bœuf Gras 1927 et une du Bœuf Gras 1928 témoignent que le boucher Auguste Sabatier, président du Comité des fêtes de Paris et organisateur, s'en est fait également une publicité pour son commerce[134]. En cela, il reste fidèle à une tradition qui vit d'autres bouchers acheteurs du Bœuf gras comme Porret, Fléchelle ou Duval, créateur des célèbres bouillons Duval, faire pareillement au XIXe siècle[135]. En 1928, le Boeuf Gras sert aussi la propagande politique : le 15 mars, il défile dans un char vantant les mérites des boucheries d'Auguste Sabatier, qui est alors également en campagne électorale à Paris. Il sera élu député de la 2e circonscription du 18e arrondissement le 29 avril suivant[136].

Un Bœuf Gras défile le jeudi de la Mi-Carême 8 mars 1934 sur un char attelé et pavoisé, accompagné d'employés de la boucherie[137].

Le jeudi de la Mi-Carême 19 mars 1936 ce sera la dernière sortie à grande échelle du Bœuf Gras au XXe siècle. Son défilé très remarqué, parti du parc des expositions de la porte de Versailles, ira jusqu’aux abattoirs de la Villette en passant par le boulevard Saint-Michel, le place du Parvis-Notre-Dame, l’Hôtel de ville de Paris, le boulevard de Sébastopol et la gare de l’Est. L’affluence est énorme. Le Petit Parisien relève par exemple que : « Dès 15 heures, le boulevard Sébastopol était à peu près livré aux piétons[138]. »

Il existe deux photos du Bœuf Gras acheté en 1936 par un boucher de la rue Montmartre. Logiquement c'est celui qui a défilé le 19 mars, à moins qu'il s'agisse d'un autre animal[139].

Quinze années passent ensuite sans aucun cortège du Bœuf Gras. Le 27 mai 1951, le Comité du bi-millénaire de Paris le fait reparaître dans le quartier des abattoirs de la Villette. Il est escorté par les élèves de l'École de la Boucherie en tenue de boucherie portant leur enseigne.

Le Comité des fêtes du 19e arrondissement organise le 20 avril 1952 la sortie du Bœuf Gras sur un parcours de 12 kilomètres. Il avait déjà organisé le défilé du 16 mars 1902, cinquante années auparavant. Parmi les jeunes futurs bouchers qui l'accompagnent se trouve Bernard Merhet futur président de la Fédération de la Boucherie de Paris.

Puis la fête tombe dans l'oubli.

Des cortèges d'enfants costumés défilent à l'occasion de la Mi-Carême sur les Champs-Élysées durant les années 1950[140]. Des masques isolés déambulent dans Paris le jour du Mardi Gras.

Après 1960 et jusqu'en 1998 c'est le vide.

Mis à part dans des publications spécialisées[141] personne ne parle plus du Carnaval de Paris et de son Bœuf Gras durant très longtemps.

À Paris dans les années 1950-1960, on connait le Mardi Gras, la Mi-Carême. À l'époque, Mardi Gras figure encore en caractères gras dans le calendrier des PTT, que tous les Parisiens connaissent et ont souvent chez eux. Quand on leur parle de Carnaval, la plupart pensent à Nice.

Le jeudi de l'Ascension 27 mai 1954 un grand corso fleuri genre carnaval est organisé à l'occasion de l'ouverture de la « Grande saison de Paris ». Le temps est magnifique, la foule immense. Personne dans la presse n'évoque à cette occasion le souvenir du Carnaval de Paris.

Le 25 juin 1977, le secrétariat d'État au Tourisme, l'Office du Tourisme de Paris et la chaîne de radio périphérique Europe 1 organisent La Fête de l'été dite « Carnaval des Carnavals ». À cette occasion, un million de Parisiens assiste au défilé de seize péniches sur la Seine. Dessus sont installés des groupes évoquant en principe le Carnaval de différentes contrées. « Le plus applaudi fut, bien entendu, celui qui représentait Paris avec son bal musette où se côtoyaient le légionnaire et le marin[142]. » Les conditions réunies interdisent à la foule d'emboîter le pas au cortège comme cela se fait traditionnellement au carnaval. Les organisateurs ne l'ont pas souhaité. Et aussi ils n'ont pas pensé à évoquer la Promenade du Bœuf Gras durant les jours gras, ou les cortèges parisiens des reines de blanchisseuses ou de la Reine des Reines de Paris à la Mi-Carême. Le programme du spectacle mentionne cependant le Bœuf Gras : « Il y a plus de quarante ans que le cortège du Carnaval de Paris traversait les rues de la Capitale. C'était l'époque où le char de Mimi Pinson évoquant les toits de Paris, défilait entre le Bœuf Gras traditionnel et le Moulin de la Galette, c'était aussi la Java et la Valse Musette... au Bal de la Marine[143]. »

Le 18 février 1986, de nombreux Parisiens participent dans le jardin du Palais-Royal à une fête carnavalesque très réussie le : « Carnaval de Venise à Paris ». Mais, à cette occasion on évoque le Carnaval de Venise et nullement celui de Paris[144].

Durant des décennies et jusque vers la fin des années 1990, très rares sont ceux qui savent que c'est au Carnaval de Paris, en 1891, que le confetti a été lancé mondialement, et en 1892 le serpentin. Pour l'apprendre, il faut se plonger dans la lecture du gros Manuel du folklore français contemporain[145] d'Arnold van Gennep, ou dépouiller la presse quotidienne parisienne des années 1891-1892

Basile Pachkoff : première affiche de la renaissance du Carnaval de Paris, imprimée le 11 octobre 1994[146].

Le Carnaval de Paris est devenu de l'archéologie. Il s'est complètement évaporé de la scène parisienne[147]. En 1945, il apparaît juste brièvement dans le film Les Enfants du Paradis, de Carné-Prévert, et en 1978, dans le film Molière, d'Ariane Mnouchkine[148].

Le Bœuf Gras au Carnaval de La Nouvelle-Orléans, gravure de 1875.
Le tout premier Bœuf Gras du renouveau du Carnaval de Paris effectue sa première sortie rue des Thermopyles le 17 février 1996[149].
Le 26 septembre 1999 Basile Pachkoff accueille la très jeune vache Pimprenelle qui va défiler au Carnaval de Paris[150].

La renaissance[modifier | modifier le code]

En 1981, au hasard de ses lectures, Basile Pachkoff, un artiste parisien, tombe sur un passage qui l'interpelle. Il y est question d'un bœuf gras défilant à Paris.

Douze ans plus tard, en septembre 1993, il va prendre l'initiative de faire renaître le cortège du Bœuf Gras et fonde, en juin 1994, l'Association pour la Promotion du Carnaval de Paris-APCP.

Elle va bientôt regrouper une vingtaine de membres, au nombre desquels les artistes plasticiens et scénographes Rafaël Estève[151] et Catherine Poulain, et la future vedette de cinéma Esther Gorintin.

La sortie du cortège de renaissance est organisée pour le 25 février 1995 sur un très long parcours dans Paris touchant huit arrondissements. Faute d'autorisation de la police elle doit être annulée.

Une nouvelle tentative de renaissance est programmée pour le 8 avril 1995. A nouveau, à la suite d'un refus d'autorisation, il faut renoncer à la fête.

Découragé, le petit groupe rassemblé dans et autour de l'Association pour la Promotion du Carnaval de Paris-APCP se défait. Il n'y a plus avec Basile que cinq personnes qui y croient encore : Rafael Esteve, Catherine Poulain, Esther Gorintin, et, en Italie, Maryse Masante et le chef cuisinier Ivan Spinello, qui déclare, parlant du Bœuf Gras : « Je suis prêt à le faire cuire. »

Le 13 février 1996, l'association reçoit une lettre officielle lui refusant l'autorisation d'organiser « du 17 au 25 février 1996, une fête des marchés de Paris, un carnaval ainsi qu'une “promenade du bœuf gras”. » Cette lettre répond à un courrier qu'elle n'a pas envoyé.

Le Carnaval de Paris n'étant pas autorisé, l'initiateur de sa renaissance parcourt des rues de son quartier avec un minibœuf gras en bois monté sur roulettes et accusant 32 centimètres à l'encolure. Il remonte et descend avec les Champs-Élysées le 23 février 1996. Ce bœuf gras a été fabriqué spécialement pour l'occasion par Rafaël Estève.

Durant l'été 1997, le minibœuf gras en bois est promené sur la piazza Castello, à Turin, là où le 12 mai de la même année, les étudiants turinois ont manifesté[152] pour que le Bœuf Gras soit autorisé à défiler à Paris.

La situation reste bloquée jusqu'à ce que fin 1997 s'implique dans le projet le Conseiller de Paris Alain Riou, président de l'association Droit à la Culture.

Grâce au soutien de son ami Jean-Yves Autexier, conseiller spécial du ministre de l'intérieur Jean-Pierre Chevènement, Alain est en mesure d'obtenir l'autorisation de défiler qui est refusée au cortège depuis 1995.

En mars 1998, la vache promise à défiler est exposée au Salon international de l'agriculture. Ensuite a lieu un cortège de précarnaval le 7 juin 1998, avec, en vedette, le Géant-Bœuf du Carnaval de Paris construit pour l'occasion par Rafaël Estève. Enfin, la première sortie du Bœuf Gras depuis 1952 a lieu le 27 septembre 1998 sous une pluie battante. Un film de Bernard Gazet tourné pour la télévision immortalise l'évènement[93]. Il fait un clin d'œil au minibœuf gras en bois de Rafael Esteve, ressorti spécialement à cette occasion, qui est filmé défilant rue des Thermopyles. Son rôle est terminé, il passe le relais en 1998 à une vraie vache limousine de 800 kilos.

Une vache et pas un bœuf, car il n'y a pratiquement plus de bœufs[153] en France, depuis l'apparition massive du tracteur dans les campagnes. La viande de bœuf vendue en boucherie est en fait de la viande de vache de réforme de quatre ans.

C'est pourquoi ce n'est pas un bœuf mais une vache qui défile cette année-là. Elle incarne le Bœuf Gras traditionnel parisien. Elle est nommée pour la fête Impatiente-Saint-Fargeau.

Innovation propre à satisfaire les amis des animaux, il est décidé que la vache festive sera graciée, ne connaîtra jamais l'abattoir et reviendra à Paris chaque année pour le défilé.

Le 11 février 1999, en marge de la Promenade des Bœufs Gras de Bazas[154] Basile Pachkoff (à droite) est intronisé dans la Confrérie bazadaise du Bœuf.

Le suivante Promenade du Bœuf Gras est programmée pour le 26 septembre 1999[155].

En février 1999, Basile Pachkoff est invité en qualité de restaurateur de la Promenade du Bœuf Gras de Paris à la fête des Bœufs Gras de Bazas en Gironde et intronisé commandeur de la Confrérie bazadaise du bœuf. Le journal Sud Ouest du 13 février 1999 en parle ainsi :

« Seul le dernier intronisé Basile Pachkoff n'est pas d'Aquitaine. Parisien poète, peintre, philosophe, autodidacte, il a retrouvé de nombreux écrits sur la fête des bœufs gras de Paris au XVIIIe siècle et a souhaité restaurer ce défilé le jeudi gras. Pour son premier essai il n'a trouvé qu'une brave vache. Souhaitons que dans les prochaines années un bœuf gras de race bazadaise arpente pour lui les voies parisiennes... »

À la fin du mois d'août 1999 la nouvelle arrive à Paris que l'éleveur propriétaire de la vache a abattu celle-ci.

Le Carnaval de Paris privé de sa vedette et mascotte est dans l'impasse.

Peu de jours avant le défilé, qui doit avoir lieu le 26 septembre, le docteur Jean-Philippe Dirson vétérinaire à Bugeat en Corrèze téléphone à Basile Pachkoff, pour lui annoncer qu'il vient au Carnaval.

Il apprend le problème posé et va le résoudre.

D'emblée il parle d'un taureau « très gentil » d'une tonne... et d'une très jeune vache limousine presque une velle, née en juin 1999[156]. Son nom ? À la question posée, le vétérinaire répond en lui donnant un nom (jusqu'alors elle n'en avait pas) : Pimprenelle.

Le 26 septembre 1999, la Promenade du Bœuf Gras a lieu avec en vedette la petite Pimprenelle, une orpheline nourrie au biberon et pesant 120 kilos.

Le Bœuf Gras au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Basile Pachkoff : tract annonçant le Bœuf Gras 2007.

Fin 2004, le conseiller de Paris Alain Riou, responsable et organisateur officiel du Carnaval de Paris depuis 1998, meurt subitement.

L'édition 2005 du Carnaval de Paris est dédiée à la mémoire de ce passionné de Carnaval.

La même année, Basile Pachkoff lui succède à la tête de l'association Droit à la Culture, qui ainsi ne disparaîtra pas et pourra continuer à organiser le Carnaval de Paris.

La Promenade du Bœuf Gras qui sort à une date officielle du Carnaval : le dimanche gras, a défilé en 2006, 2007, 2008, 2009 et 2010.

À partir de 2007 la vache Pimprenelle-Saint-Fargeau II renouant avec le Roy des bouchers de jadis a accepté de prendre des enfants sur son dos, ce qu'elle refusait auparavant. En 2007, statique à l'arrivée du cortège, elle en acceptait jusqu'à trois à la fois assis à la file, photographiés par leurs parents. En 2008 elle a même voulu bien faire un bout de chemin en portant un petit enfant[157]. En 2009, Pimprenelle a laissé la place à un jeune taureau croisé highland-prim'holstein : Colin-Saint Fargeau III. 2010 a vu défiler en vedette du cortège à Paris Esméralda-Saint Fargeau IV, vache croisée charolaise montbéliarde pesant 400 kilos.

La Promenade du Bœuf Gras correspond au défilé des jours gras. L'autre grand cortège du Carnaval de Paris, la Fête des Blanchisseuses, situé traditionnellement 21 jours après Mardi Gras et correspondant à la Mi-Carême, renaît en 2009 après 63 ans d'interruption.

Le 4 avril 2010, l'assemblée générale de l'association Droit à la Culture élit Alexandra Bristiel présidente. Elle succède à Basile Pachkoff. Elle est déjà également la présidente de l'association Cœurs Sœurs, organisatrice du défilé de la Fête des Blanchisseuses et l'animatrice de la Compagnie Carnavalesque Parisienne Les Fumantes de Pantruche.

Le 6 mars 2011, la 14e édition de la Promenade du Bœuf Gras est un grand succès. Elle rassemble 8 000 participants dont 3 000 dans le cortège. Le Bœuf Gras est incarné par une petite velle limousine âgée de 5 semaines, qui défile dans un berceau à roulettes et a repris le nom de Pimprenelle.

La 15e Promenade du Bœuf Gras qui a lieu le dimanche 19 février 2012 avec pour thème libre l'Arche de Noé est également un succès. Elle rassemble environ 10 000 participants dont 3 500 à 4 000 dans le cortège. C'est le deuxième défilé de la nouvelle Pimprenelle, qui a grandi, et cette fois-ci marche tout le long du parcours.

La 16e Promenade du Bœuf Gras, le 10 février 2013, se déroule pour la première fois sous la neige. Elle est un succès.

Le 22 février 2013 Basile Pachkoff est élu président de l'association Droit à la Culture. Le 5 mars suivant, il devient président de l'association Cœurs Sœurs organisatrice du cortège de la Mi-Carême au Carnaval de Paris. Alexandra Bristiel est élue présidente d'honneur des deux associations.

La 18e Promenade du Bœuf Gras depuis sa renaissance à Paris aura lieu le dimanche 15 février 2015.

Noms des Bœufs Gras et dates de leurs défilés[modifier | modifier le code]

Liste lacunaire, à compléter[158] :

1739 à 1997[modifier | modifier le code]

le mercredi 4, avec un Bœuf Gras
et des bouchers, le 5, jeudi gras,
avec un autre Bœuf Gras[159].

Longueur, du sommet de la tête à l'extrémité de la croupe, 2 m 85,
Hauteur au garrot, 1 m 75, circonférence au sternum, 3 m 02,
Poids : 1 975 kilos[169].

  • 1847Monte-Cristo
Hauteur au garrot, 1 m 66, hauteur à la croupe, 1 m 70
Longueur de la tête à la queue, 2 m 77
Circonférence, 3 m 7, poids 950 kg[170]
Père-Tom[174],
Shelby,
Saint-Clare.
Porthos,
Athos,
Aramis,
d'Artagnan[64]

Sébastopol, longueur 2 m 70, hauteur 1 m 70, poids 1 330 kilos,
Malakoff, longueur 2 m 60, hauteur 1 m 72, poids 1 320 kilos,
Bomarsund, longueur 2 m 50, hauteur 1 m 72, poids 1 270 kilos,
et 3 autres Bœufs Gras.

Duc-Guillaume,
Progrès,
Succès,
Qu'en-dira-t-on,
Prétendant[176].
Sarlabot[177]

Léviathan, âgé de cinq ans, taille 1 m 75, poids 1 390 kilos,
Sarlabot, bœuf sans cornes, poids 965 kilos[178],
Dalila, âgé de cinq ans, taille 1 m 58, poids 1010 kilos[179],
Favori, âgé de 4 ans et demi, taille 1 m 60, poids 1060 kilos[180].

Bastien hauteur 1 m 67 au garrot, longueur 2 m 88, poids 1 225 kilos[181]
Lombard[182]
Turin[182]
Solferino, 1 090 kilos,
Magenta, 1 050 kilos,
Palestro, 1 330 kilos,
Zurich, 1 030 kilos,
Villafranca, 960 kilos.

Pékin, long de 2 m 60, poids : 1 280 kilos,
Qu'en-dira-t-on, 2 m 70, 1 340 kilos,
Shang-Haï, 2 m 60, 1 270 kilos.
dont 2 n'ont pas défilés :
Lustucru
Cultivateur[184]

La Vera-Cruz,
Mexico,
Saïgon,
Bien-Hoa,
Grand-Bassam,
Tu-vas-me-l'payer[185].

Le Pied qui r'mue, 1 060 kilos,

Rothomago, 1 035 kilos,
Le Franc-Picard, 1 100 kilos,
Le Bossu, 1 135 kilos,
Conty,
Lalla-Roukh[186].

Victorieux, 1200 kilos,
Charmant, 1110 kilos,
Bonhomme, 1160 kilos,
Montjoie, 1130 kilos,
Aladin, 1180 kilos,
Frégate, 1170 kilos.
Bataclan
Capitaine Henriot
Maitre Guérin, 1305 kilos
le Vieux Garçon, 1240 kilos
le Petit Journal
le Grand journal
le Journal
Mon Journal
Beau-Nivernais, 1360 kilos
les Nouvelles, 1330 kilos
la Tremblade, 1310 kilos
l'Évènement, 1350 kilos
la Lune, 1 550 kilos[60]
le Grand-Gymnase
Sardanapale
Freyschütz
Orphée
le Diable-Boiteux[61].
La Nièvre, 1 361 kilos,
Mignon, 1 355 kilos,
Le Lutteur masqué, 1 480 kilos,
Paul Forestier, 1 311 kilos[64].
Théodoros, 1 468 kilos,
Chilpéric
Tulipatan, 1 281 kilos[113].
Le Tremblay[191], 1 320 kilos,
Port-Saïd, 1 340 kilos,
Le Beau Normand, 1 410 kilos,
Amurat IV[192].
Champignol,
Messidor
Don Juan[194].
10 février – Bœuf Gras de la Rive gauche (abattoirs de Vaugirard) : Vaugirard 1er[118].
14 avril – Bœuf Gras de la Rive droite (abattoirs de la Villette) : Givrillot (1750 kilos[119]).
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1998 à 2015[modifier | modifier le code]

Pré-carnaval du 7 juin 1998 : les apprentis bouchers parisiens et Basile Pachkoff avec le Géant Bœuf qui a défilé au Carnaval de Paris de 1998 à 2009[203].

Arthur Halbert (d'Angers), Le testament du Bœuf Gras, 1865.[modifier | modifier le code]

Chanson du goguettier Arthur Halbert (d'Angers), publiée dans la Marche des Bœufs Gras 1865[221] :

Air du jus de la Treille
1
Vous que je vois tout en nage, hors d'haleine,
Risquer, hélas ! vos cors et vos oignons,
Sous l'escarpin d'un limousin sans gêne,
Planté d'aplomb, les poings sur les rognons ;
C'est pour juger si j'ai belle encolure,
Pour supputer ce qu'enferme ma peau,
Et si je fais bonne ou triste figure,
Durant ces jours où l'on m'a fait si beau.


4
Mes nerfs auraient offensés vos quenottes :
A la chaudière !... allons ! pas de merci !
Si j'ai fourni de quoi cirer vos bottes,
Qu'ils soient donc colle et gélatine aussi
A l'industrie, aux arts, vivat ! j'assure
L'indispensable aux plus riches produits.
Prends ma moelle ? lorette, ta coiffure
Lui redevra l'éclat aux bals de nuits.
Refrain
Mon parti, je le prends en brave,
À tous doit servir mon trépas ;
Plus d'un jobard, dont l'œil me brave,
Ignore à quoi sert un bœuf gras ?
Eh ! ra ta plan ! en avant musique,
Sans chagrin suivons mon destin.
Eh ! ra ta plan, au moment critique,
J'ai pour tous un riche butin.


5
Durant quatre ans j'ai fait, en Normandie,
L'engrais qui doit féconder vos sillons ;
Vous dont le goût est à la mélodie
Que mes boyaux ornent vos violons.
Mon suif, ainé de l'infecte pétrole,
Chez l'artisan qu'anime son labeur,
L'éclairera, brûlant sans girandole :
Rustique enfant, j'aime le travailleur.
2
Mes aloyaux, entre-côtes et tranches
Rosbifs, biftecks, ou mon gît à la noix
Ne doivent pas vous faire les dents blanches,
Car avant vous d'autres en ont fait choix
N'en pleurez pas, vous aurez votre compte,
Bête inutile on m'utilisera,
Humanité, je le dis à ta honte,
Aux survivants mon trépas servira.


6
Français, Chinois, Anglais, Saxon ou Russe,
Je suis prodigue, allongez tous la main ;
Avec le sang se fait le bleu de Prusse,
Alerte donc ! le mien coule demain.
Prenez mon cuir pour chausser tout le monde,
Taillez, coupez, disciples de Crépin ;
Puisse votre ère, en ressources fécondes,
Faire que tous profitent de ma fin
3
Bouilli, braisé, rôti, quand cent mâchoires
Auront à nu dépouillé tous mes os,
Lorsque cuillers, fourchettes, écumoires,
Lassés d'agir, seront tous au repos,
Le chiffonnier, ramassant mon squelette,
Vous dotera, sans fatigue et sans mal,
Du bon cirage utile à la toilette
Et d'encre issue de mon noir animal.


7
J'ai de la corne à mes pieds, à ma tête,
Parlez ! Faut-il couteau, peigne ou rasoir ?
J'ai tout donné ! j'attends votre requête,
Déshérité, demain à l'abattoir !
Pour aujourd'hui donnons à la folie
Les courts instants que les ailes du temps
Vont emporter vers où tout se rallie,
Je touche au but, à vous le gai printemps.

Le Bœuf Gras dans l'art[modifier | modifier le code]

Chansons, peintures, caricatures, etc.

Caricature de Henri de Toulouse-Lautrec pour le journal La Vache enragée, 1896.
Influence de Paris depuis 1909 : le char du Bœuf Gras au Carnaval de La Nouvelle-Orléans.
Fonpré de Fracansalle, Distribution pour La mort de Mardi-Gras, tragi-comédie ou Comédie faite pour pleurer, ou tragédie pour rire. En un acte et en vers, par des membres de l'Académie de Cocagne[222], Paris 1809.
Sauvage moderne, pour le cortège du bœuf-gras de 1855. Caricature de Cham[223].
1864 – Photo de Charmant Bœuf gras 1200 kilos
Le Bœuf Gras vu par Charles Léandre en 1895[224].
Le Bœuf Gras chanté par Thérésa.
Caricature anarchiste de Pol Cizac, « Le populo trimballe le Bœuf gras... Il bouffe la Vache enragée », extraite du Père Peinard, Paris 1894.
  • 1745 – Thésée – Parodie du Thésée de Lully, œuvre de Charles-Simon Favart, Pierre Laujon et Parvy[225]. Dans cette pièce Thésée triomphe monté sur un bœuf gras.
  • 1750 – Marche du Bœuf gras – Gravure de Gabriel de Saint-Aubin[226].
  • 1767 – La mort du bœuf gras. Tragédie comique. Suivie d'un divertissement. – de Toussaint-Gaspard Taconet[227].
  • XIXe siècle – Les programmes du Bœuf Gras sont décorés d'une xylographie anonyme illustrant la fête[228]. Une même gravure peut être réutilisée plusieurs années différentes.
  • XIXe siècle – Le bœuf gras. Complainte. – Paroles d'Antoine Antignac, à chanter sur l'air de Mon père était pot[229].
  • XIXe – Le Bœuf gras, poëme héroï-comi-tragique, – par Ch. Audigé de Preuilly[230].
  • XIXe – Scène entre une femme et un Pierrot[231] – Caricature de Cham.
  • XIXe – Bœufs gras – Poème de Charles Monselet[232].
  • XIXe – Trait d'humanité de M. Prudhomme cherchant à lui cacher l'avenir (au Bœuf Gras)[233] – Caricature de Cham.
  • XIXe – Vachalcade, la voilà !!!! la voilà !!!! – Affiche en couleurs de Henri de Toulouse-Lautrec pour la Vachalcade[234].
  • XIXe – La Vache enragée – Affiche en couleurs de Henri de Toulouse-Lautrec pour la Vachalcade[234].
  • XIXeV'là c' que c'est que l' carnaval – Chanson de Désaugiers, son huitième couplet est consacré au Bœuf Gras[235].
  • XIXe – Le Bœuf gras et son compagnon – Fable de Pierre Lachambeaudie[236].
  • XIXe – Le Bœuf gras et son compagnon – Deux illustrations d'Auguste Vimar pour la fable de Pierre Lachambeaudie[237].
  • XIXe – Causerie d'un bœuf masqué – Chanson de Maurice Patez[238].
  • 1809 – La mort de Mardi-Gras, tragi-comédie ou Comédie faite pour pleurer, ou tragédie pour rire. En un acte et en vers, par des membres de l'Académie de Cocagne – Par Fonpré de Fracansalle[222]. Dans la distribution un personnage y incarne le Bœuf Gras.
  • 1830 – Passage du cortège du Bœuf Gras sur le Pont Neuf – Tableau de Guillaume Fréderic Ronmy[239].
  • 1830 – Le Carnaval et marche burlesque du bœuf gras – Avec 24 dessins de MM. Seigneurgens et Achile Giroux, gravés par Porret, texte par « un Professeur de philosophie de l'Académie d'Yvetot ». Sans mention d'éditeur si ce n'est : Paris, chez tous les marchands de nouveautés.
  • 1831 – La Descente de la Courtille – Pièce de théâtre de Théophile Marion Dumersan.
  • 1834Le Bœuf Gras de 1834 – Parue dans Le Charivari, caricature en fait dirigée contre Louis-Philippe 1er[17].
  • 1835 – Ordre et marche du Bœuf Gras – Une de ses nombreuses déclinaisons, xylographie[240].
  • 1840 – Le Bœuf gras – Estampe d'Alphonse-Charles Masson[241].
  • 1844 – Ordre et marche du cortège – Parodie du placard traditionnel d'annonce du cortège du Bœuf Gras, gravure de Grandville, texte de Taxil Delort[19].
  • 1845Les Bœufs – Célèbre chanson de Pierre Dupont, qui consacre à la Promenade du Bœuf Gras son troisième couplet.
  • 1845 – Le Balcon (mot donné) – Chanson, paroles d'Eugène Désaugiers, sur l'air de Parlez-moi d'ça. Le mot donné est un jeu qui se pratiquait notamment dans la célèbre goguette du Caveau. Il consistait à devoir faire sur le champ une chanson sur un mot qui vous était donné. Le septième couplet de cette chanson parle du bœuf gras[242].
  • 1845 – Le bœuf gras – Vaudeville en deux actes de Paul de Kock[243].
  • 1845 – Le bœuf gras – Article de Gérard de Nerval paru dans le journal L'Artiste[40].
  • 1848 – Louis-Philippe ou le Bœuf Gras détrôné – Paroles anonymes, sur l'air des Bœufs[244].
  • 1848 ou 1849 – Du fouet à tous ces gros chiens-là ! ou Le bœuf gras de 1849, Carnaval Politique, Satyrique et Travesti. – Paroles de L. C., sur l'air de Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans[45].
  • 1852 – Le Bœuf gras, place Vendôme, photo de Hippolyte Bayard, collections du Musée d'Orsay, Paris[245].
  • 1852 – Le chat de la mère Michel et le bœuf gras de 1852 – Chanson de Léon Guillemin[246].
  • 1852 – Manlius, le Bœuf gras – Chanson, paroles de Justin Cabassol, sur l'air de J'arrive à pied de province[247].
  • 1852 – Le mardi gras – Chanson, paroles de J. Lagarde sur l'air de : C'est le biau Thomas. Le troisième couplet parle du Bœuf Gras[248].
  • Entre 1852 et 1858 – Le Carnaval de Paris – Estampe en couleurs de Gangel, fabricant à Metz[249].
  • 1853 – Largo al quadrupede – Air chanté par un chœur en coulisse, dans La traviata, opéra de Giuseppe Verdi.
  • 1855 – Monsieur Février – Chanson, paroles de Justin Cabassol, sur l'air de Tu n'auras pas, petit polisson, le quatrième couplet parle du bœuf gras[250].
  • 1855 – Sauvage moderne, pour le cortège du bœuf-gras de 1855. – Lithographie aquarellée de Cham[223].
  • 1856 – Le Carnaval. – Chanson, paroles de J. Lagarde, chantées sur l'air de Bonjour, mon ami Vincent[251].
  • 1857 – Le bœuf gras et le Carnaval de Paris – Xylographie en couleurs de Chaste, imagerie Pellerin à Épinal[252].
  • 1857 – Un Mardi-Gras à Saint-Cloud - Poème contre le Carnaval de Paris, de Pierre Véron[53].
  • 1859 – Bastien n'est plus ! Adieu ses bottes et sa culotte, Scène comique du carnaval de 1859 – Par Boucher [253].
  • 1861Le carnaval – Chanson, paroles de Joseph Evrard, à chanter sur l'air de Ah! cotillon ! cotillon ! Son quatrième couplet parle du Bœuf Gras[254].
  • 1863 – Vue instantanée du Carnaval de 1863, N°152 Char du Bœuf Gras sortant de l'abattoir, vue stéréoscopique[255].
  • 1864 – Charmant Bœuf gras 1200 kilos – Cliché photographique réalisé par l'atelier Moulin, montrant un des 6 bœufs gras de 1864.
  • 1865Le testament du Bœuf Gras – Chanson du goguettier Arthur Halbert (d'Angers) sur l'air du Jus de la Treille[221].
  • 1865 – Les lamentations du bœuf gras – Chanson d'Alexis Dalès[238].
  • 1866 – Dieux et Déesses du Bœuf Gras – Chanson d'Alexis Dalès, dédiée à Timothée Trimm, à chanter sur l'air de la Femme à barbe[256].
  • 1866 – La déesse du Bœuf gras – Chanson d'Élie Frebault et Paul Blaquière, interprétée par la célèbre Thérésa.
  • 1866 – La Déesse du bœuf gras, folie carnavalesque en 2 tableaux, – par Élie Frébault et Alphonse Lemonnier[257].
  • 1866 – Les bœufs-gras – Paroles de C. Grou, sur l'air de Mon père était pot[258].
  • 1866 – Malheur au vainqueur – Chanson, paroles de Louis Protat, sur l'air du Petit bouton d'or. Le deuxième couplet parle du cortège du bœuf gras[259].
  • 1866 – La Lanterne magique, Grande revue de l'année – Par Clairville, A. Monnier et E. Blum : au 10e tableau défile le Bœuf Gras l'Événement qui a participé à la Promenade du Bœuf Gras 1866. Une affiche annonce le spectacle. Elle reprend la xylographie et la mise en page de l'affiche pour la Promenade du Bœuf Gras.
  • 1866 – Débuts du Bœuf gras au théâtre du Châtelet – Chanson, paroles de Clairville sur l'air de Je veux revoir ma Normandie[57].
  • 1867 – Confidences d'un Bœuf gras – Chanson de Maurice Patez[238].
  • 1867 – La Grande colère du Bœuf gras – Chanson signée Zénaïde Z... (chanson contre l'hippophagie)[238].
  • 1868 – La Mi-Carême – Au bal de l'Opéra – Vivent les Flambards ! – Gravure d'Honoré Daumier figurant le défilé grotesque de la célèbre société festive et carnavalesque des Flambards au bal de l'Opéra donné pour la Mi-Carême 1868. Le personnage en tête, couronné de plumes et portant une massue parodie la tenue traditionnelle des sacrificateurs escortant le Bœuf Gras parisien.
  • 1869 – Le Bœuf Gras – Image en couleurs, par André Gill[260].
  • 1869 – La splendeur et la misère du bœuf gras provenant du Cotentin pendant le Carnaval de Paris – Gravure de Roevens[261].
  • 1870 – Promenade du Bœuf Gras – Symphonie burlesque et imitative pour deux violons, alto, violoncelle et neuf instruments de jouets d'enfants[262] composée pour les enfants de Madame de Bousquet par Adolphe Blanc.
  • 1870 – Le Conducteur du Bœuf gras – Chanson de Victor dit : Torvic, sur l'air du Conducteur d'Omnibus[238].
  • 1870 – Dernières volontés du Bœuf gras – Chanson d'Aubry[238].
  • 1870 – La promenade du bœuf gras – Poésie de Arthur de Boissieu[263].
  • 1871 – La marche du bœuf gras et la promenade du roi Guillaume dans Paris – Chanson illustrée à chanter sur l'air de la complainte de Fualdès[264].
  • 1873 – Mes crêpes – Poésie de Maxime[265].
  • 1876 – Minerve déesse du Bœuf-Gras – Petit récit mélancolique de Pierre Véron[266].
  • 1884Le bœuf gras dans l'antiquité. – Dessin de Charles Gillot.
  • 1885 – La Caricature, numéro sorti au moment de la Mi-Carême. Il y figure une quantité d'illustrations, dont deux du cortège de la Promenade du Bœuf gras[267].
  • 1895Demandez l'ordre et la marche ! – Caricature en couleurs de Charles Léandre[268].
  • 1896 – Affiche pour la Promenade de la Vache enragée ou Vachalcade – Cortège montmartrois se moquant du Bœuf Gras[269].
  • 1896 – La Vache enragée – Couverture en couleurs de Henri de Toulouse-Lautrec pour le journal La Vache enragée.
  • 1896Affiche de Jules Chéret pour le 3e Bal masqué de l'Opéra – Elle annonce un Cortège triomphal du Bœuf Gras dans son cadre, le samedi gras 27 février 1896, veille de la renaissance de ce cortège dans la rue.
  • Vers 1896 – La Ballade du Bœuf-Gras – Chanson comique paroles de Léo Lelièvre, musique de Émile Spencer, créée par Reschal à l'Alcazar d'Hiver[270].
  • 1898 – Carnavals parisiens par Louis Morin – Affiche pour la parution du livre de Louis Morin Carnavals parisiens, dessin de Louis Morin, lithographie[271].
  • XXe siècle – Le Bœuf Gras – Carte réclame en couleurs, premier quart du XXe siècle[272].
  • 1903 – À quoi pense un bœuf gras ? – Page de dessins comiques, de Caran d'Ache[273].
  • 1904 – Manifestation du bœuf gras dans les rues de Paris – Photo stéréoscopique[274].
  • 1904 – Rondel du bœuf gras – Poème de Georges Gillet[115].
  • 1908 – Photo de Dunois 1er Bœuf Gras 1908[122].
  • 1909 – Char du Bœuf Gras – Célèbre char du Carnaval de La Nouvelle-Orléans. Il sort toujours, chaque année.
  • 1936 – Promenade du Bœuf Gras (19 mars 1936) – Planche dessinée en couleurs de Marcel Jeanjean.
  • 1994 – Depuis cette date, le Bœuf Gras a amené la création d'un certain nombre d'affiches[275].
  • 1998 – Le Géant-Bœuf du Carnaval de Paris – Géant de Carnaval créé par Rafaël Estève, défile au Carnaval de Paris de 1998 à 2009.
  • 2003 – Le Carnaval – Tableau de André Desbordes[276].
  • 2005 – Babybœuf volant géant – Sculpture géante de Carnaval créé par Catherine Poulain[277]. Cette sculpture défile au Carnaval de Paris en 2005, 2006 et 2007.
  • 2005 – Grosse tête de bœuf, en hommage à Alain Riou – Créée et portée par Catherine Poulain au Carnaval de Paris en 2005 et 2011[278].
  • 2005 – Pimprenelle – Chanson, paroles et musique d'Agnès Lecour.
  • 2010 – La vache et son roi amoureux – Sculpture géante de Carnaval créée par Catherine Poulain, défile au Carnaval de Paris 2010.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Basile Pachkoff, Proposition de rétablissement de la Fête de Paris, dite : Promenade du - ou des - Bœuf(s) gras. Édition de la Feuille Volante, Paris, février-mars 1994.
  • Bibliothèque nationale de France, département des Arts du spectacle : la collection complète des affiches du Carnaval de Paris depuis 1998, ainsi que La renaissance du Carnaval de Paris, 5 volumes de documents choisis (584 pages), portant sur la période du 9 juin 1985 au 18 mars 2002, édités par Basile Pachkoff à petit tirage. S'y ajoutent un certain nombre d'autres documents concernant la renaissance du Carnaval de Paris, mais en moindre quantité qu'à la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
  • Bibliothèque nationale de France, département des imprimés, notamment la collection Le Senne. Il y figure, en particulier, le programme du bœuf gras 1805, ni illustré, ni daté, mais datable à la lecture.
  • Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine. Elles ont malheureusement été anéanties par le feu dans l'incendie de l'Hôtel de ville de Paris en mai 1871. Il y a donc là très peu de documents antérieurs à cette date, exceptée en particulier une liasse de programmes xylogravés anciens de la Promenade du Bœuf Gras et de la Mi-Carême.
  • Bibliothèque historique de la ville de Paris : dossiers Actualités Carnaval.
  • Bibliothèque administrative de l'Hôtel de ville : intéressante pour ses budgets imprimés de la ville.
  • Collections historiques de la Préfecture de police de Paris, dossiers sur le Carnaval, le Bœuf Gras, la Mi-Carême à Paris. La plus grande partie des archives de la police de Paris a malheureusement brûlée en mai 1871. Des documents imprimés, programmes et articles de presse entrés depuis sont du plus grand intérêt.
  • Centre de documentation du musée national des Arts et Traditions populaires, Paris. Peu de documents. À relever : le programme officiel de la Fête de l'Alimentation à la Villette, en 1900. Ce musée a été supprimé en 2005 et ses collections transférées par la suite à Marseille, au Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, qui devait ouvrir en 2008 et a finalement ouvert en 2013.
  • Bibliothèque publique d'information-BPI, Centre Georges Pompidou, à Paris : microfilms de journaux quotidiens parisiens des XIXe et XXe siècles.
  • Depuis quelques années beaucoup de sources imprimées intéressantes sont à présent en ligne sur Internet, sur des sites comme Gallica, Google livres ou les bibliothèques et archives du Canada.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Photo prise le 6 mars 2011 au passage du défilé de la Promenade du Bœuf gras devant le lycée Turgot.
  2. Le terme garçons bouchers ne paraît plus utilisé aujourd'hui, on dit plutôt : apprentis-bouchers
  3. a, b et c Le bœuf gras défile à Paris le mardi gras 27 février 1816, comme le rapporte Le Constitutionnel, 28 février 1816, numéro 59, page 3, 2e colonne. L'image décorant le placard de l'Ordre et la Marche du Bœuf Gras 1816, conservé au musée Carnavalet à Paris, a été reproduite en première page du journal La Presse, 23 mars 1927.
  4. Le Petit Journal, 19 mars 1936, page 1.
  5. a et b Richard O'Monroy, rubrique Courrier de Paris, L'Univers illustré, 31 janvier 1891, page 93, 1re colonne.
  6. Il est conservé dans la collection Le Senne, à la BNF.
  7. En 1720, à Paris il y en avait plusieurs. Jean Buvat en parle dans son Journal de la Régence 1715-1723, éditions Plon, Paris 1865 (volume 2, page 36) : « —Le 27 (février), il ne se trouva point du tout de viande à la boucherie de l'Hôtel-Dieu de Paris, non plus que dans les autres boucheries qui sont établies pendant le carême en divers quartiers de cette ville pour la commodité du public ; de sorte que les malades et autres personnes infirmes en furent privés ce jour-là, aussi bien que ceux qui en mangeaient sans nécessité et par un abus scandaleux, dont le nombre est si excessif, qu'en huit jours il s'était consommé plus de huit cent bœufs, sans compter les veaux, les volailles et le gibier de toute espèce, comme si l'on eût été dans le temps du carnaval. »
  8. Gravure reproduite dans l'Histoire de la caricature et du grotesque dans la littérature et dans l'art, 2e édition, par Thomas Wright, traduit de l'anglais par Octave Sachot ; notice par Amédée Pichot, A. Delahays éditeur, Paris 1875, page 341.
  9. Feu Adolphe Berty, Topographie historique du vieux Paris. Tome III, Région du Bourg Saint-Germain, Paris 1876 (pages 26 et 27), Imprimerie nationale. L'ouvrage a été révise, annoté et complété par L.M. Tisserand.
  10. Illustration parue dans La Revue hebdomadaire, janvier 1902, page 88.
  11. Mercure de France, février 1739, pages 387 à 390. Ce texte aurait pour auteur Boucher d'Argis.
  12. Au cours d'un Carnaval, dans le courant du XIXe siècle, l'enfant chutera du Bœuf et on choisira dorénavant de l'installer plus prudemment dans un char du cortège.
  13. Favart, Laujon, Parvy, Thésée, 1745.
  14. Correspondance secrète, tome 14, page 189. Citée page 109 de la Revue anecdotique des lettres et des arts : documents biographiques de toute nature, nouvelles des librairies et des théâtres, bons mots, satires, épigrammes, excentricités littéraires de Paris et de la province, bouffonneries de l'annonce, prospectus rares et singuliers, Librairie Poulet-Malassis, Paris 1858, volume 6, page 109.
  15. Mercure Dijonnois, page 1118, cité par les Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, Imprimerie de Frantin, Dijon 1830, page 319.
  16. Gravure de Porret extraite de l'ouvrage anonyme Le Carnaval et marche burlesque du bœuf gras avec 24 dessins de MM. Seigneurgens et Achile Giroux, Gravés par Porret, Texte par un Professeur de philosophie de l'Académie d'Yvetot. Sans mention d'éditeur si ce n'est : Paris, chez tous les marchands de nouveautés.
  17. a et b Caricature parue dans Le Charivari, n°42, 11 février 1834.
  18. Caricature extraite de La Mode, 1843. Reproduite par John Grand-Carteret dans son article Le Carnaval et le Bœuf gras, La Lecture illustrée, 1897, page 505.
  19. a et b Version mise en couleurs de la gravure parue page 37 de : Un autre monde : transformations, visions, incarnations, ascensions, locomotions, explorations, pérégrinations, excursions, stations... par Grandville ; texte par Taxile Delord. H. Fournier Libraire-Éditeur, Paris 1844. Cette gravure figurant le bœuf gras a été reprise en 1869 dans sa version en noir et blanc dans Le diable à Paris : Paris et les Parisiens à la plume et au crayon. Partie 2/ par Gavarni, Grandville..., Éditeur : J. Hetzel Paris, 1868-1869, page 176. Côte BNF : 4-Li3-165(2)(B). Une variante de cette gravure a été reproduite dans Le Monde, 29 décembre 2000, page 27 avec pour titre : Procession du Bœuf-gras.
  20. Gravure extraite du livre de Théophile Lavallée Le diable à Paris : Paris et les parisiens : mœurs et coutumes, caractères et portraits des habitants de Paris, tableau complet de leur vie... (texte de MM. de Balzac, Eugène Sue, George Sand, et al.) ; séries de gravures avec légendes par Gavarni... vignettes par Bertall..., J. Hetzel éditeur, Paris 1845-1846. Légende du dessin : « Le bœuf gras. Élève sorti de l'institution Cornet. » (Cornet : nom d'un éleveur fameux, fournisseur en bœufs gras parisiens).
  21. Extraites de l'album du Charivari Nouvelles charges, Paris 1851. La caricature en haut à gauche illustre la Promenade du Bœuf Gras 1850 qui eut lieu cette année-là dans la banlieue de Paris. Dans la caricature en bas à droite, le personnage debout près du Bœuf Gras abattu à l'issue des jours gras est Philippe Musard.
  22. Détail de la lithographie Chaste Le bœuf gras et le carnaval de Paris, Épinal 1857.
  23. a et b Numéro de La Caricature consacré à la Mi-Carême, sorti le 14 mars 1885, deux jours après cette fête.
  24. Détail du dessin ornant la chanson « La marche du bœuf gras et la promenade du roi Guillaume dans Paris ».
  25. Bien qu'en caractères manuscrits, il s'agit d'un document imprimé.
  26. Premier secrétaire général de la préfecture de police de Paris. Il conserve ce poste durant quinze ans depuis 1800 jusqu'à 1815. L'ordre de ses prénoms varie suivant les publications : Antoine Pierre Augustin ou Pierre Antoine Augustin
  27. L'Illustration, N°1, vol. I, 4 mars 1843, page 11, dans l'article « Promenade du Bœuf-Gras ».
  28. Précisément, une xylographie. Il est arrivé que la même image soit réutilisée sur les programmes d'années différentes.
  29. Recherches historiques sur la ville d'Orléans. 3, 1, par Denis Lottin père... Éditeurs : A. Jacob (Orléans) puis J.-B. Niel (Orléans), 1836-1845.
  30. a et b Robert Lefort, Le bœuf-gras, Le Journal du Dimanche, 1er mars 1903, page 12, 2e colonne.
  31. Franklin James Didier, Lettre VII, Paris, 15 mars 1817., Lettres d'un voyageur américain, ou Observations morales, politiques et littéraires sur l'état de la France... en 1815, 1816, 1817 et 1818., tome 1, traduit de l'anglais et accompagnées d'additions et de notes... (par Philarète Chasles), Pillet aîné éditeur, Paris 1823, pages 58-59.
  32. La rue Saint-Honoré était à l'époque le haut lieu du Carnaval de Paris.
  33. Mardi gras 18 février 1817.
  34. Louvel. Assassinat de S. A. R. Monseigneur le duc de Berri, dans : La police dévoilée, depuis la restauration, et notamment sous MM. Franchet et Delavau. Tome 1, par M. Froment, ex-chef de brigade du cabinet particulier du préfet, éditeur : Lemonnier, Paris 1829, page 43.
  35. Le Constitutionnel, 15 février 1820, jour du mardi gras, page 1, 2e colonne.Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  36. « On était en plein carnaval : aux émotions de l'émeute se mêlaient toutes les extravagances du mardi-gras ; le pavé des quartiers opulents résonnait sous la roue des équipages ; les masques couraient tumultueusement par la ville. Le soir, tout Paris fut illuminé. Sur le point où l'archevêché s'élevait la veille, il n'y avait plus que des ruines. » Louis Blanc Révolution Française, Histoire de dix ans, 1830-1840, 10e édition, tome 2, page 275, Paris, Pagnerre, Libraire-Éditeur, 1867. Voir : Carnaval de Paris 1831.
  37. En deux vagues, elle tue 19 000 Parisiens. On trouve nombre de textes anciens brodant sur le thème de la mort frappant les malheureux masques insouciants portés ensuite en terre avec leurs oripeaux de carnaval. Ces textes relèvent de l'imagination littéraire. Une étude sérieuse sur le choléra de 1832 à Paris indique que les premiers cas mortels furent relevés deux jours après les festivités de la Mi-Carême marquant la fin du Carnaval et pas durant celui-ci.
  38. Journal des artistes, 9 février 1834, page 94.
  39. Madame Émile de Girardin, née Delphine Gay, Lettre première, 26 février 1844, Œuvres complètes de madame Émile de Girardin, née Delphine Gay.... Tome 5, introduction par Théophile Gautier, H. Plon éditeur, Paris 1860-1861, page 231.
  40. a et b Gérard de Nerval, Le bœuf gras, L'Artiste, 1845 (SER4,T3).
  41. La Presse, 14 février 1847.
  42. Un boniment lancé peut-être par le programme du bœuf gras 1805, attribuait au héros bœuf du Carnaval parisien, une filiation imaginaire avec le taureau dieu égyptien ancien Apis. Cette fable a été scrupuleusement répétée un très grand nombre de fois.
  43. 65 ans plus tard, parlant de cette pratique, Le Gaulois écrit, le 27 février 1913 : « Ainsi c'était un grand honneur de voir donner - les bouchers votaient entre eux - le nom d'une de ses œuvres au bœuf triomphateur de l'année. On appelait cela, par extension, être bœuf gras : Timothée Trimm le fut, Mlle Thérésa aussi, Emile Augier, Offenbac, (sic) Sardou, etc. », article « On regrette le cortège du Bœuf Gras »
  44. L'Artiste, 9 janvier 1848, page 144, 2e colonne.
  45. a et b Visible sur la base Gallica, cette chanson politique est illustrée : Du fouet à tous ces gros chiens-là ! ou Le bœuf gras de 1849, Carnaval Politique, Satyrique et Travesti.
  46. Le Menestrel, 11 mars 1849, page 3, 1re colonne.
  47. Rubrique Petites nouvelles de Paris et des départements, La Feuille du village, 10 janvier 1850, page 93, 3e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  48. a et b Rubrique Courrier de Paris, Le bœuf gras dans la banlieue, La Semaine, 15 février 1850. Coupure de presse conservée dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
  49. Le Journal des savants, novembre 1851, page 662.
  50. L'Ami de la religion et du Roi, journal ecclésiastique, politique et littéraire, samedi 21 février 1852, N°5335, page 444. L'Hippodrome se trouvait à l'actuel emplacement de la Tour Eiffel.
  51. Bal costumé de M. et Mme Ponchard., Le Menestrel, 7 mars 1852, page 1, 2e colonne.
  52. Gustave Flaubert, Correspondance, Bibliothèque de la Pléiade, tome 2, page 335.
  53. a et b Un Mardi-Gras à Saint-Cloud, de Pierre Véron, paru dans Réalités humaines, Amyot éditeur Paris 1857.
  54. Le Rapport, Présenté (au Conseil municipal de Paris) par M. R. Bompard, au nom du Bureau, sur une proposition de MM.Caplain et Caumeau relative à la reprise de la promenade du Bœuf gras., 28 novembre 1895, page 3, affirme que cette pratique commence en 1859. Cela parait erroné car le programme de 1854 annonce déjà plusieurs bœufs.
  55. Nathaniel, Chronique, La Semaine des familles, revue universelle illustrée, J. Lecoffre éditeur, Paris, 23 février 1861, 3e année, numéro 21, page 336.
  56. Le Petit Journal, 10 février 1864, page 1, 4e colonne et page 2, 1re colonne.
  57. a et b Clairville, Débuts du Bœuf gras au théâtre du Châtelet, La Lanterne magique. Chansons d'actualités parisiennes par MM. Clairville, Albert Dick, Alcibiade Fanfare, Alexandre Flan, Eugène Grangé, Ch. Grou, F. Vergeron etc., C. Grou éditeur, Paris 1866.
  58. Daily Southern Cross, Volume XXII, numéro 2744, 10 Mai 1866, Page 4 :
    Extrait d'un article, texte original en anglais :
    Then comes the carnival of the streets, which has been as noisy and as stupid as usual. I must, however, render full justice to the organisation of the procession of the bœuf gras, which was much better got up this year than before. The garçons bouchers (butcher boys) were dressed as Druids. An allegorical car, in the form of a large ship, represented the city of Paris and lastly, there was Gargantua, a monstrous giant, who swallowed unceasingly all kinds of food, which were supplied him by a band of small boys dressed as cooks. The procession of the bœuf gras paraded the streets of Paris on Sunday, Monday and Tuesday, and visited the residences of the high official personages. On Monday, as is the custom, the procession of the Boeuf Gras visited the Tuileries to pay homage to the Emperor. The poor beast, doomed, like the ancient gladiators, to die, may be said in its language to have hailed Napoleon, as Caesar of old, with the words, "Ave, Caesar, moriturus te salutat," after which it continued its triumphal march. The Bœuf Gras this year was a magnificent animal, and weighed 1,360 kilogrammes. The carnival is now over, and I must say I am heartily glad of it. One gets tired of the continual uproar the blowing of horns, the yelling and crying which goes on from morning to night, deatens, and almost drives us out of our senses.
    And the masquerade, you will ask Well, that exists also the men disguise themselves as women, and the women as men, and parade about the town. Masks are not allowed to be worn in the streets, but there are plenty of masks at the opera and other balls, where all sorts of orgies take place.
    The result of the carnival is that the Monts de Piete (pawn shops) do a good business, the lower order pledging even their most necessary articles of furniture in order to foolishly spend their money in revelry.
  59. Le Figaro, 17 février 1867, page 2.
  60. a et b Bœuf Gras nommé en l'honneur du journal satirique La Lune et non en l'honneur du satellite de la Terre. Voir Vingt années de Paris, souvenirs d'André Gill.
  61. a et b Le Petit Journal, 26 février 1867, page 2, 1re et 2e colonne
  62. Rubrique Paris, Le Petit Journal, 5 mars 1867, page 2, 3e colonne.
  63. a et b L'article Les bœufs gras de 1868, Le Petit Journal, 7 février 1868, page 1, 2e colonne, indique comme premiers noms de baptême des bœufs gras de 1868 : Gulliver, la Cagnotte, Blondin et Rumford.
  64. a, b et c L'Illustration, 8 février 1896.
  65. La revue municipale, 16 février 1870.
  66. Archives de la Fédération de la Boucherie de Paris. L'affaire, connue du seul milieu boucher parisien, puis oubliée jusqu'en 1993, est rapportée et analysée, avec la reproduction de cinq pièces d'archives originales, dans la brochure de Basile Pachkoff Proposition de rétablissement de la Fête de Paris, dite Promenade du - ou des - Bœuf(s) gras. parue en février 1994 et consultable à la BNF, département des Arts du Spectacle (La renaissance du Carnaval de Paris, volume 1, pages 44-54), dans les Collections historique de la préfecture de Police et à la Bibliothèque historique de la ville de Paris (dossiers Actualités Carnaval).
  67. C'est seulement en 1879, que le Sénat et la Chambre des Députés décidèrent, le 22 juillet, de rendre à Paris son rôle de siège du pouvoir politique de la France. À la suite de cette décision, la rentrée parlementaire suivante, s'effectuera à Paris, le 3 novembre 1879 [1]
  68. Maxime, Mes crêpes, Le Tintamarre, 2 mars 1873, page 4, 2e colonne.
  69. Gérôme Courrier de Paris, L'Univers illustré, 14 février 1874, page 98, 2e colonne.
  70. Gérôme, rubrique Théâtres, L'Univers illustré, 18 août 1877, page 518, 3e colonne. Ce défilé théâtral est annoncé par le même Gérôme, dans la rubrique Courrier de Paris, L'Univers illustré, 21 juillet 1877, page 450, 3e colonne.
  71. Le bœuf gras, Le Petit Parisien, 10 octobre 1883, page 3, 1re et 2e colonnes.
  72. M. Champimont, rubrique Par-ci Par là, Le Voleur illustré, 28 février 1889, page 140, 2e colonne.
  73. Charles-Louis Claude des Saulses de Freycinet, couramment appelé Charles de Freycinet.
  74. Le Matin, 8 février 1891, Le Constitutionnel, 10 février 1891.
  75. Carle de Perrières Courrier de Paris, Le Gaulois, 8 février 1891, page 1, 1re colonne.
  76. « Un vaste char figure le bœuf gras, sur le dos duquel un enfant, costumé en amour, offre des bouquets de violettes. », La Mi-Carême, Le Gaulois, mercredi 11 février 1891, page 3, 1re colonne.
  77. « La cavalcade du Moulin-Rouge était aussi fort belle. Le motif principal de la décoration était un gigantesque bœuf roux en carton qui balançait sentimentalement la tête. Sur le colosse était juché l'Amour, un bambin à perruque blonde très gentil ; », Le Petit Journal, 2 mars 1892. Le même journal nous informe, le vendredi 25 mars 1892, que ce bœuf roux est ressorti la veille, à l'occasion de la Mi-Carême.
  78. Le Mardi Gras « On a beaucoup remarqué aussi la cavalcade du Moulin-Rouge, avec un bœuf gras de proportions gigantesques. Ce bœuf était en carton, hélas ! », L'Intransigeant, 16 février 1893.
  79. Dans la description du cortège du Moulin-Rouge, on trouve : « Immédiatement après s'avance majestueux et lent un bœuf colossal, aux cornes dorées, longues et effilées. Le dos de l'animal est en carton, On a hissé une jeune danseuse en maillot rose qui, sur tout le parcours du cortège n'a cessé d'envoyer à la foule de nombreux baisers et ses plus gracieux sourires. » Le Petit Parisien, 7 février 1894, page 3, 1re colonne.
  80. Détail d'un dessin figurant une partie du cortège des étudiants de la Mi-Carême 1894 paru dans L'Illustration, 3 mars 1894.
  81. Détail d'un dessin de Georges Redon illustrant la Mi-Carême 1894 à Paris, L'Univers illustré, 10 mars 1894. Voir le dessin en entier, reproduit sur la base Commons.
  82. L'Intransigeant, 2 mars 1894, p. 3, 1re colonne. Voir l'article de L'Intransigeant reproduit en entier sur la base Commons.
  83. Le Soleil, 7 octobre 1895
  84. L'Éclair, 10 décembre 1895.
  85. Voir le Rapport, Présenté (au Conseil municipal de Paris) par M. R. Bompard, au nom du Bureau, sur une proposition de MM.Caplain et Caumeau relative à la reprise de la promenade du Bœuf gras., 28 novembre 1895.
  86. Georges Clemenceau, Le Grand Pan, page 349, Paris, Bibliothèque-Charpentier, Eugène Fasquelle, éditeur, 1919 (la première édition est de 1895). Dans ce livre, on trouve également, pages 338-344, une apologie de la grande fête carnavalesque parisienne de la Mi-Carême et de la fête populaire en général.
  87. Tout à la fin de l'année 1895, Bompard, représentant le bureau du Conseil municipal de Paris annonce aux élus parisiens que les frais du cortège du Bœuf gras s'élèveront à 100 000 francs. Puis, il précise comment sera réparti l'excédent des recettes, donne une liste impressionnante de souscripteurs et promesses de souscriptions, pour enfin annoncer : « Dans ces conditions, je vous propose d'accorder au Comité des fêtes (du Bœuf gras) une subvention de 25,000 francs. Je fais remarquer au Conseil que certainement les recettes d'octroi (la douane d'entrée dans Paris) feront entrer dans nos caisses une somme au moins égale, en raison du grand nombre de visiteurs que ces fêtes amèneront dans Paris.» Bulletin municipal officiel (B.M.O.), 31 décembre 1895.
  88. Les théâtres, La Revue diplomatique, 9 février 1896, page 10, 3e colonne.
  89. a et b Veglione, pluriel : veglioni : fête masquée de nuit. Ce mot était à l'époque utilisé en français. Il s'agit d'un mot italien, substantif augmentatif de veglia : veillée. Veglione se traduit littéralement par « grande veillée ».
  90. Le Petit Parisien, 19 février 1896, page 2, 1re colonne.
  91. Instructions pour la police municipale, Carnaval de Paris 1896.
  92. Rubrique Au jour le jour, La Mi-Carême des étudiants, Le Temps, 20 février 1896, page 3, 2e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  93. a et b Voir la Filmographie du Carnaval de Paris.
  94. La Patrie, 2 mars 1897.
  95. Le Journal amusant, 19 février 1898.
  96. Bibliothèque historique de la ville de Paris, dossiers Actualités Carnaval.
  97. La Revue hebdomadaire, février 1898, page 285.
  98. La promenade dans Paris, Les chars, Le Petit Journal, 18 mars 1898, page 2, 2e colonne.
  99. Budget imprimé de la ville de Paris, Bibliothèque administrative de la ville de Paris.
  100. L'indifférence des autorités parisiennes à l'égard du Carnaval de Paris, semble être restée une constante, à travers les siècles.
  101. a et b La Fête de l'Alimentation, Le Petit Journal, 26 février 1900, page 2, 2e, 3e et 4e colonnes. Le nom du Bœuf Gras 1900 n'est pas indiqué par Le Petit Journal. Il est en revanche rapporté tout à la fin de l'article compte-rendu de la fête paru dans Le Figaro : A la Villette, 26 février 1900, page 3, 4e, 5e et 6e colonnes. Voir l'article du Figaro reproduit en entier sur la base Commons.
  102. a et b Le cortège est annoncé dans La Patrie, quotidien montréalais, du 21 mars 1900, en haut de la page 2, 6e et 7e colonnes.
  103. Détail d'une illustration pour la fable de Pierre Lachambeaudie Le bœuf gras et son compagnon.
  104. a et b La Mi-Carême, Le Petit Journal, 11 mars 1904, page 2, 2e colonne.
  105. Dessins extraits de l'article Le bœuf gras, Le Petit Parisien, 16 mars 1902, page 3, 5e et 6e colonnes. Voir l'article en entier copié sur la base Commons.
  106. Le programme officiel de la fête, consulté en 1995 à l'Iconothèque du musée des arts et traditions populaires à Paris s'intitule : « Fête de l'Alimentation et du Bœuf gras ».
  107. a et b Charles Chincholle Le bœuf gras de la Villette, Le Figaro, 17 mars 1902, page 3, 3e, 4e et 5e colonnes.
  108. Le bœuf gras, Le Petit Parisien, 16 mars 1902, page 3, 5e et 6e colonnes. Voir l'article en entier copié sur la base Commons.
  109. Voir le char de l'Alimentation 1902, animé avec Gargantua.
  110. a et b Le bœuf gras, Le Petit Parisien, 17 mars 1902, page 2, 4e et 5e colonnes. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  111. « Pas de cavalcade, pas de cortège officiel organisé : à peine quelques char-réclame, dont quelques-uns, il faut l'avouer, n'étaient pas somptueux. » Article Le mardi gras, Le Petit Journal, 25 février 1903, page 3, 5e colonne.
  112. a et b A Paris, Le bœuf gras, Le Figaro, 29 mars 1903, page 3, 4e colonne. Voir l'annonce du défilé dans Le Figaro, reproduite sur la base Commons.
  113. a et b Les bœufs gras de 1869 sont mentionnés dans La Presse, 9 février 1869. Timothée Trimm dans l'article Le Bœuf gras... Théodoros... paru en première page du Petit Journal du 9 février 1869 indique dans sa 2e colonne comme origine des noms des bœufs gras 1869 : Théodoros : souverain d'Abyssinie, despote cruel et barbare ; Chilpéric : une folie non dramatique que le théâtre des Folies-Dramatiques a représentée ; Tulipatan : une œuvre d'Offenbach représentée au théâtre des Bouffes Parisiens. Timothée Trimm mentionne à la fin de son article, en page 2, l'acheteur des bœufs gras : M. Porret, et le nom d'un quatrième bœuf gras de 1869 qui lui n'a pas reçu l'honneur de la publicité : Monsieur Lecoq. On trouve sur Internet le programme de la Marche des Bœufs Gras de 1869.
  114. La cavalcade du bœuf gras, Le Petit Journal, 27 mars 1904, page 2, 5e colonne.
  115. a et b Le Journal du dimanche, 20 mars 1904, page 6, 1re colonne.
  116. Programme de la cavalcade 1905 conservé dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
  117. François de Nion, Courrier de Paris, La Revue hebdomadaire, 14 avril 1906, pages 231-232.
  118. a et b Le Carnaval de 1907, Le Bœuf Gras de la Rive Gauche, Vaugirard 1er, Le Petit Journal, 10 février 1907, 1re page, 4e et 5e colonnes ; Les fêtes du bœuf gras, Vaugirard 1er et sa folle cour, Le Petit Parisien, 10 février 1907, page 2, 3e et 4e colonnes.
  119. a et b Les fêtes du bœuf gras, Le Petit Parisien, 30 mars 1907, page 4, 3e et 4e colonnes. La journée de « Givrillot », Le Petit Parisien, 15 avril 1907, page 1, 5e et 6e colonnes et page 2, 1re et 2e colonnes.
  120. Le Petit Journal, 8 mars 1907, page 2, 1re colonne.
  121. a et b Article La cavalcade de la Villette, Le Cortège du Bœuf gras, Le Petit Journal, 27 avril 1908, page 4, 1re colonne et feuille volante programme de la fête, conservée dans les dossiers Actualités Carnaval de la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
  122. a, b et c Photo de Dunois 1er Bœuf Gras 1908.
  123. La coïncidence des deux fêtes est évoquée dans l'article La Promenade du Bœuf Gras, L'Humanité, 20 février 1913, page 4, 5e colonne. Voir l'article reproduit dans Commons.
  124. a et b Sur Internet on peut voir en photo une vue générale du défilé du Bœuf Gras 1913 et deux vues rapprochées du char du Bœuf Gras : 1, 2.
  125. a et b Le Petit Journal, 27 février 1913, page 2, 1re colonne.
  126. Le Petit Journal, 20 mars 1914.
  127. Les Bœufs Gras ont plus d'une fois figurés dans le cortège du Carnaval avec une escorte de deux sacrificateurs vêtus de peaux de bêtes, la tête garnie de plumes et armés de massues, préfigurant le sort tragique dévolu aux héros de la Promenade. Voir à ce propos l'article Personnages typiques du Carnaval de Paris.
  128. a et b L'Intransigeant, 20 mars 1925, page 2, 2e colonne.
  129. Le Figaro, lundi 23 février 1903.
  130. Une photo presque identique illustrant l'article La Mi-Carême à Paris publié le 9 mars 1934 dans Le Petit Parisien, page 8, est sous-titrée : Les fêtes de la rue Saint-Dominique. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  131. Le mardi gras des étudiants, Le cortège du bœuf... maigre et de la vie chère, Le Petit Parisien, 15 février 1926, page 2, 2e colonne.
  132. a et b La Mi-Carême à Paris, Le Petit Journal, 25 mars 1927, page 2, 4e colonne.
  133. a et b Le Petit Parisien, 15 mars 1928, page 1.
  134. Photo du Bœuf Gras 1927 sur son char et du passage du char du Bœuf Gras 1928 sur la place de l'Opéra.
  135. On peut lire sur Internet une biographie d'Auguste Sabatier.
  136. Auguste Sabatier, Assemblée nationale, Base de données des députés français depuis 1789.
  137. a et b Photo du Bœuf Gras de la cavalcade de l'esplanade des Tuileries, jeudi de la Mi-Carême 8 mars 1934.
  138. Yves Dartois,La joyeuse animation des rues et des boulevards, Le Petit Parisien, 20 mars 1936, page 5, 2e colonne.
  139. Photos du Bœuf Gras acheté par un boucher de la rue Montmartre en 1936 : 1 et 2.
  140. Archives photographiques de l'Agence France-Presse.
  141. Par exemple, Roger Lecotté, dans le Bulletin folklorique d'Île-de-France, n°20, octobre-décembre 1962, pages 610-611, article « Paris sans fêtes populaires ! ».
  142. Le Parisien, 27 juin 1977.
  143. Citation du programme officiel conservé dans les Collections historiques de la préfecture de Police.
  144. Un documentaire de 7 minutes sur cette fête, en couleurs, réalisé par la Vidéothèque de Paris : Carnaval de Venise à Paris, est consultable au Forum des Images de la Ville de Paris. Voir la notice en ligne..
  145. Réédité chez Robert Laffont, collection Bouquins, avec un titre différent : Le Folklore français
  146. La tête de bœuf a été dessinée sur les conseils de Rafaël Estève. L'inscription dans la couronne et le texte sont de Basile Pachkoff. Le tirage en deux couleurs a été effectué sur papier couleur pêche format A3.
  147. Un témoin compte quatre personnes costumées sur les Champs-Élysées le Mardi Gras 1996. Dans la foule seuls des étrangers et des dames d'un certain âge sourient en les voyant, le reste des gens paraît effrayé, ennuyé ou indifférent, y compris les enfants.
  148. Voir la Filmographie du Carnaval de Paris.
  149. Le reportage de Bernard Gazet sur la renaissance du Carnaval de Paris passé sur France 3 en 1998 rapporte que l'apparition du minibœuf dans la rue suscite parfois la panique chez des spectateurs qui pensent que l'adulte qui le promène est fou. À l'inverse un gros chien dangereux n'aurait pas fait peur.
  150. Photo prise à l'École nationale vétérinaire de Maisons-Alfort où Pimprenelle vient de passer sa première nuit parisienne.
  151. Rafael Esteve, scénographe, décorateur, marionnettiste, est notamment l'auteur des décors pour la série télévisée Le Manège enchanté et en 1998 du costume carnavalesque parisien de Pantruche.
  152. Il s'agissait d'élèves du lycée artistique n°1 de Turin et de l'Académie Albertine des Beaux-Arts.
  153. C'est-à-dire, des taureaux castrés.
  154. Elle défile régulièrement tous les ans depuis le XIIIe siècle. Aujourd'hui ce défilé a lieu le jeudi qui précède le mardi gras.
  155. Dès l'année suivante, la fête renouera avec la période officielle du Carnaval et défilera en février.
  156. Précisément, le 7 juin 1999, un an, jour pour jour, après le cortège parisien de pré-carnaval.
  157. Pimprenelle adore le Carnaval. Quand elle voit un camion arriver dans son pré, elle veut monter dedans pour aller à Paris ! A l'arrivée quand elle entend les fanfares, elle est impatiente de descendre. Elle met son mufle dans les saxophones et s'approche avec beaucoup de douceur des petits enfants. Certains n'ont pas peur d'autres sont parfois terrorisés par ce très paisible ruminant.
  158. Si plusieurs Bœufs Gras sortent la même année, la précision apparaît, sinon il s'agit d'un seul Bœuf Gras par promenade.
  159. Mercure de France, février 1739, pages 387 à 390.
  160. Courrier Français, 7 ventôse, an XIII (1805).
  161. a et b « La pompe du bœuf gras a été plus brillante cette année que l'année dernière », Journal de l'Empire, 11 février 1807. Il a donc défilé en 1806 et 1807.
  162. Collections historiques de la préfecture de Police, facture de la somme de cent vingt francs accordée, à titre d'indemnité aux Marchands Bouchers qui promènent le Bœuf gras dans Paris.
  163. « On admire sur-tout le superbe croissant dont sa tête est couronnée. » (Le Constitutionnel, 18 février 1817).
  164. Journal des débats, 4 février 1818.
  165. Journal des débats, 24 février 1819.
  166. Journal des débats, 3 mars 1824.
  167. Le Constitutionnel, 15 février 1825.
  168. Ordre et marche du bœuf gras, programme de 1845 (Bibliothèque historique de la ville de Paris, dossiers Actualités Carnaval).
  169. Le Moniteur universel, 20 février 1846. Mensurations données par le programme de la fête, repris par L'Illustration du 8 février 1896. Le programme précise que ce bœuf, « pour la grosseur, n'a de rival que l'éléphant du Jardin des Plantes. ».
  170. La Presse, 5 février 1847, page 3, 5e colonne.
  171. Information à vérifier, car il existe aux Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine, un programme intitulé Marche du Bœuf Gras, qui annonce la sortie, les 2 et 4 mars 1851, d'un Bœuf Gras, qui n'a pas de nom et pèse 1 432 kilos. Le texte de ce programme indique que la fête n'a pas eu lieu depuis trois ans.
  172. a et b Programme de la fête (Bibliothèque historique de la ville de Paris, dossiers Actualités Carnaval).
  173. Voir la chanson de Justin Cabassol Manlius, le bœuf gras, publiée dans le recueil du Caveau 1853, contenant des œuvres créées en 1852 et aussi le programme de la fête. Ce bœuf a été nommé Manlius Capitolinus en référence à une pièce de théâtre de ce nom. Cette pièce est mentionnée dans un article sur la Société des Ménestrels de Belleville, goguette qui en interprète une scène en 1847. Par la suite le nom du bœuf a été abrégé en Manlius.
  174. ...« magnifique animal âgé de cinq ans, de pure race cotentine »...« Le Père-Tom mesure un mètre quatre-vingt centimètres au garrot, deux mètres soixante-douze centimètres de longueur totale et trois mètres vingt centimètres de circonférence à l'ombilic. » Citation du « Programme officiel du Cortège et de la Marche du Bœuf-Gras Avec l'Itinéraire »...
  175. Programme de l'Ordre et de la Marche des Bœufs-Gras, 1855, Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine.
  176. La Presse, 22 février 1857, page 3, 1re colonne.
  177. La Presse, 23 février 1857, page 2, 5e colonne.
  178. Il s'agit probablement du même Sarlabot sans cornes promené en 1857 en surnuméraire des cinq autres Bœufs Gras officiels.
  179. Nommé Dalila en hommage à une œuvre d'Octave Feuillet.
  180. La Gironde, 16 février 1858. Programme de l'Ordre et de la Marche des Bœufs-Gras, 1858, (2 programmes, l'un n'indique que les trois premiers bœufs), Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine.
  181. « Le cortège, dirigé par M.Meeh, sera splendide, et le bœuf gras, chargé de guirlandes, sera placé sur un magnifique char. Lundi et mardi, d'autres bœufs feront la promenade. Mardi aura lieu la visite aux Tuileries. » Le Constitutionnel, 5 mars 1859.
    Bastien a été nommé en référence à un succès de la chanson œuvre du goguettier Eugène Imbert : « Les bottes de Bastien » :

    Bastien est un grand personnage
    Au ventre rond, aux cheveux gras.
    On lui donne dans le village
    Du « monsieur » gros comme le bras.
    Pieds nus, et vivant de carottes,
    Hier c'était un franc vaurien :
    Mais il a des bottes,
    Il a des bottes,
    Bastien ;
    Il a des bottes, bottes, bottes,
    Il a des bottes,
    Bastien.

  182. a et b Le Monde illustré, 12 mars 1859.
  183. Programme non daté, conservé aux Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine. Quatre bœufs portent des noms en rapport avec des évènements survenus en Italie, moins d'un an auparavant. La date du programme est facile à déduire.
  184. Programme officiel, Ordre et Marche des Bœufs Gras, 1861, Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine.
  185. La Presse, 3 mars 1862, page 2, 5e colonne.
  186. Cortege et Marche des Bœufs-Gras, 1863, Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine. Un des six Bœufs Gras porte le nom de « Lalla-Roukh », opéra-comique en 2 actes, livret de Michel Carré et Hyppolite Lucas, d'après Thomas Moore, musique de Félicien David, donné pour la première fois, à l'Opéra-Comique, le 12 mai 1862.
  187. Tous de race cotentine et âgés d'au moins 5 ans.
  188. Le Petit Journal, 26 février 1865, page 1.
  189. Le Petit Journal, 12 février 1866, page 2, 2e et 3e colonnes.
  190. L'opinion nationale, du 27 février 1868 annonce par erreur Vieux Garçon, 1 305 kilos, Bœuf Gras qui a en fait défilé en 1865.
  191. « Tremblay, nom du pays qui lui a donné le jour »,Le Pays, 24 février 1870.
  192. Le Pays, 24 février 1870 et Marche des Bœufs Gras, 1870, Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine (Le Pays nomme Le Beau Normand : Gros Normand).
  193. Distance parcourue : 11 kilomètres le 16, 17 kilomètres le 17, 18 kilomètres le 18. Le Journal illustré, 16 février 1896. L'estimation préliminaire du cortège, conservée aux Archives de Paris et de l'ancien département de la Seine, indique qu'il est prévu la participation de 733 figurants, hommes, femmes ou enfants, 165 chevaux de selle, 80 chevaux d'attelage, 17 voitures, dont 12 chars, 2 calèches, 2 charrettes et une marmite géante, tirée par 4 chevaux de trait.
  194. Le cortège compte 860 figurants, 238 musiciens, 269 chevaux, avec, au total 6 groupes, comprenant le géant Messire Carnaval : un immense clown monté sur un vélo, en tête (le clown sera filmé par les équipes de frères Lumière, voir la Filmographie du Carnaval de Paris), 16 chars et un omnibus automobile. Le Petit Journal, 24 février 1897
  195. Le bœuf gras, Le cortège, Le Petit Parisien, 29 mars 1903, page 2, 6e colonne. Voir l'article reproduit sur la base Commons.
  196. La cavalcade du bœuf gras, Le Petit Parisien, 2 avril 1906, page 2, 4e et 5e colonnes.
  197. « Fermant le cortège, venaient (en camions) les animaux primés au Concours agricole : quatre grands bœufs, à faire rêver tous les paysans de France, le bœuf gras Charlot, et une génisse, Charlotte, naturellement. Enfin, les moutons gras aussi, les moutons de Panurge » Extrait de l'article « Le cortège de la Mi-Carême traverse Paris sous la pluie » L'Écho de Paris, 23 mars 1924.
  198. Coupure du journal JNL, du 20 mars 1936, (Dossiers Actualités Carnaval - Bibliothèque historique de la ville de Paris).
  199. Combat, 28 mai 1951.
  200. Le Parisien libéré, 21 avril 1952.
  201. Collection Hartmann, reproduit dans La vie parisienne à travers le XIXe siècle : Paris de 1800 à 1900 d'après les estampes et les mémoires du temps, tome 2, publié sous la direction de Charles Simond, E. Plon, Nourrit et Cie éditeurs, Paris 1900-1901, page 278. Trois autres illustrations du Bœuf Gras sur la même page, indiquées comme datant de 1846, datent en fait de 1830 et proviennent de l'ouvrage anonyme Le Carnaval et marche burlesque du bœuf gras avec 24 dessins de MM. Seigneurgens et Achile Giroux, gravés par Porret, texte par un professeur de philosophie de l'Académie d'Yvetot.
  202. Le Petit Parisien, 10 avril 1905, page 4.
  203. Sorti pour la première fois à Paris le 7 juin 1998 il a ensuite défilé chaque année au Carnaval de Paris jusqu'en 2009. Rafael Esteve, qui l'a créé, est un artiste français d'origine espagnole né en 1926 à Sabadell est notamment l'auteur des décors pour la série télévisée Le Manège enchanté et du costume carnavalesque parisien de Pantruche. Le Géant-Bœuf a disparu accidentellement dans un incendie au mois de juin 2009.
  204. Il ressortira le 27 septembre 1998 pour participer au cortège de la renaissance du Carnaval de Paris. À cette occasion sa photo paraît illustrant l'article de compte-rendu de la fête dans Le Parisien, Le Journal de Paris, du 28 septembre 1998. D'abord porté en 1998 par les élèves de l'École des Métiers de la Viande de Paris, il défile depuis 1999 jusqu'à 2009 à tous les cortèges du Carnaval de Paris monté sur un petit tracteur quad.
  205. Le Parisien, Le Journal de Paris, article non signé, 28 septembre 1998.
  206. Le Parisien, Le Journal de Paris, 27 septembre 1999, article signé F. S.
  207. Le Parisien, Le Journal de Paris, 28 février 2000, article de Bruno Queinnec.
  208. Le Parisien, Le Journal de Paris, 26 février 2001, article de Arnaud Murati.
  209. France-Soir, 11 février 2002, article de Séverine Corson.
  210. Le Parisien, Le Journal de Paris, 3 mars 2003.
  211. Le Parisien, Édition de Paris, 22 octobre 2003, page IV, Métro (édition de Paris), 23 février 2004
  212. Le Parisien, Le Journal de Paris, 7 février 2005.
  213. Le Parisien, Le Journal de Paris, 27 février 2006, article « L'événement Paris veut retrouver son carnaval », rédigé sur une page entière, par Marie Linton.
  214. 20 minutes (édition de Paris), 16 février 2007, page 29.
  215. Le Figaroscope, semaine du 30 janvier au 5 février 2008, article de Jean-Bernard Litzler, pages 4 et 5.
  216. Site Internet officiel du Carnaval de Paris [2] et tract imprimé des Fumantes de Pantruche déposé au département des Arts du Spectacle de la Bibliothèque nationale de France.
  217. Croisée charolais-montbéliarde, 400 kilos.
  218. Velle limousine âgée de 5 semaines.
  219. Le Journal du Dimanche, 19 février 2012, pages Dimanche Paris, rubrique Que faire aujourd'hui, page IV.
  220. Télérama supplément parisien Sortir, page 35.
  221. a et b Chanson en sept strophes et un refrain publiée dans la Marche des Bœufs Gras, 1865, notice BNF n° : FRBNF41525480. Les troisième, cinquième et septième couplets sont reproduits par Timothée Trimm dans Le Petit Journal, 27 février 1865, page 1, 4e colonne. Cette œuvre est mentionnée par John Grand-Carteret dans son article « Le Carnaval et le Bœuf gras », La lecture illustrée, 10 mars 1897. John Grand-Carteret affirme dans le même article qu'on n'a pas écrit de chansons sur le Bœuf Gras avant 1859, ce en quoi il se trompe.
  222. a et b Fonpré de Fracansalle, La mort de Mardi-Gras, tragi-comédie ou Comédie faite pour pleurer, ou tragédie pour rire. En un acte et en vers, par des membres de l'Académie de Cocagne, A Paris, à l'Imprimerie de Carnavallo, rue de la Bonne Morue, 1809, 31 pages ; in-8.
  223. a et b Actualités N° 163, lithographie aquarellée, format 26,7 cm × 19 cm, avec les marges : 35 cm27 cm, Paris 1855.
  224. Détail d'une caricature parue en double page dans Le Rire, numéro 20, 23 mars 1895.
  225. Donnée le 17 février 1745 à l'Opéra-Comique ; Favart, Laujon, Parvy, Thésée, 1745.
  226. Gravure 13,5 × 16,4 centimètres. Le bœuf est enguirlandé de roses et porte sur son dos un enfant déguisé en amour. Des Turcs le tiennent par les cornes. Le cortège est composé de divers personnages costumés : trompettes, Romains à cheval, un sacrificateur armé d'une hache, une folie avec sa marotte, etc. [3]
  227. Représentée pour la première fois à la Foire Saint-Germain le 26 février 1767. Édité à Paris en 1767 chez Claude Herissant, Imprimeur-Libraire rue neuve Notre-Dame. Peut être lu en ligne sur la base Gallica [4].
  228. Celui du rétablissement du Bœuf Gras en 1805 après son interruption depuis 1790, qui est conservé dans la collection Le Senne de la BNF, ne comporte pas d'illustration.
  229. Antoine Antignac, Le bœuf gras. Complainte.
  230. Ch. Audigé de Preuilly, Le Bœuf gras, poëme héroï-comi-tragique, Paris : au Cabinet spécial d'affaires pour la littérature, les sciences et les arts, (s. d.), In-16, notice BNF n° : FRBNF30036999
  231. Visible sur Internet.
  232. Bœufs gras, poème de Charles Monselet. Il se termine par le quatrain :
    Suprême couronne de rose !
    Laurier poussé sur le verglas !
    Et l'on n'a pas été grand'chose
    Tant qu'on n'a pas été bœuf gras !
  233. Visible sur Internet.
  234. a et b Estampe, 60 × 83 cm
  235. V'là c'que c'est que l'Carnaval peut être lu sur Internet.
  236. Pierre Lachambeaudie, Le Bœuf gras et son compagnon
  237. Auguste Vimar,Illustration pour Le Bœuf gras et son compagnon, n°1 et n°2.
  238. a, b, c, d, e et f Cité par Valensol dans l'article Les Complaintes du Bœuf gras, Le Petit Parisien, 15 février 1896, page 2, 5e et 6e colonnes.
  239. Il exposé sous le nom de « Mascarade sur le Pont Neuf », à Paris, salle 127 du musée Carnavalet (Inv. P 1080).
  240. 50,2 cm sur 42,7 cm, conservé au MuCEM de Marseille, visible sur Internet [5]
  241. Alphonse-Charles Masson, Le Bœuf gras, estampe eau-forte, 11 × 15,5 cm, ca 1840, notice BNF : FRBNF40273473
  242. Eugène Désaugiers, Le Balcon.
  243. Paul de Kock Le bœuf gras – Vaudeville en deux actes, en ligne sur le site Gallica.
  244. Louis-Philippe ou le Bœuf Gras détrôné, estampe, éditeur : Imp. Pollet, rue Saint-Denis, 380. - Carré, associé, passage du Caire, 77, où l'on trouve ladite chanson et d'autres. Format : 1 estampe ; 2,9 × 5 cm (dimensions de la gravure), 24,7 × 18,5 cm (dimensions de l'ensemble texte et gravure).
  245. Hauteur 20,7 cm - Largeur 25,4 cm, tirage sur papier salé, collections du Musée d'Orsay, référence de l'image : 01-021234 / PHO1983-165-146, visible sur Internet [6]
  246. Guillemin, Léon (18..?-18.. ; auteur dramatique ), Le chat de la mère Michel et le bœuf gras de 1852, paru dans Le Chansonnier populaire. Notice BNF n° : FRBNF33294661
  247. Justin Cabassol, Manlius, le Bœuf gras
  248. J. Lagarde, Le mardi gras
  249. Fabrique d'Estampes de Gangel, à Metz. Le Carnaval de Paris, hauteur 45,6 cm, longueur 36,2 cm. Lithographie couleurs sur papier, conservée au Musée des Civilisations de l'Europe et la Méditerranée, Paris, numéro d'inventaire : 46.106.13 D.
  250. Justin Cabassol, Monsieur Février
  251. J. Lagarde, Le Carnaval, 1856. Un couplet évoque le Bœuf Gras (le « sapin » dont il s'agit ici est un fiacre, c'est ainsi que le populaire les appelait) :
    Se promenant dans Paris
    Sur d'élégantes voitures,
    Il se distinguait jadis
    Par d'agréables allures ;
    Mais, de notre temps on ne voit, hélas !
    Que maigres chevaux autour d'un bœuf gras ;
    Chicard ivre et ses créatures
    Font d'un vieux sapin leur char triomphal.
  252. Chaste Le bœuf gras et le Carnaval de Paris, format 37 × 47 cm.
  253. Sur Gallica
  254. Joseph Evrard, Le carnaval., paru dans l'Album du gai chanteur, Paris 1861.
  255. Vue instantanée du Carnaval de 1863, N°152 Char du Bœuf Gras sortant de l'abattoir, vue stéréoscopique.
  256. Timothée Trimm, L'ordre et la marche des Bœufs Gras, Le Petit Journal, 13 février 1866, 1re page.
  257. Élie Frébault et Alphonse Lemonnier, La Déesse du bœuf gras, folie carnavalesque en 2 tableaux, première représentation donnée à Paris au théâtre Beaumarchais le 3 mars 1866. Texte imprimé, publication : Paris : Librairie centrale, 1866, In-16, 28 pages, Bibliothèque du théâtre moderne, notice BNF n° : FRBNF30788343
  258. C. Grou, Les bœufs-gras.
  259. Louis Protat, Malheur au vainqueur
  260. Parue en première page de L'Éclipse, 7 février 1869.
  261. 32 × 22,5 cm : trois vues où figurent, dans l'ordre : le veau pâturant dans les prairies de l'ouest de la France, le bœuf triomphant promené sur son char de carnaval dans les rues de Paris et la fin, c'est-à-dire l'abattoir.
  262. Trompette Coucou, Tambour de basque, Petit Tambour, Crécelle, Petite grosse caisse, Cymbales, Triangle, Trompe (en terre), Chapeau chinois (ad libitum).
  263. Arthur de Boissieu, Poésies d'un passant, Alphonse Lemerre, Libraire-Éditeur, Paris 1870, Pages 163-170, peut être lu en ligne sur la base Gallica [7]. Le bœuf gras du nom de Chilpéric dont parle ici le poète est un des trois bœufs gras ayant défilé en 1869.
  264. Détail de l'illustration : La marche du bœuf gras et la promenade du roi Guillaume dans Paris.
  265. Maxime, Mes crêpes, Le Tintamarre, 2 mars 1873, pages 3 et 4. Cette poésie parle du Bœuf Gras à la fin.
  266. Pierre Véron, La Mythologie parisienne, Calmann-Lévy Éditeur, Paris 1876, pages 173-178, peut être lu sur la base Gallica [8].
  267. La Caricature. Ce numéro est sorti le 14 mars, soit deux jours après la Mi-Carême 1885.
  268. Charles Léandre, Demandez l'ordre et la marche !, caricature parue sur une double page dans Le Rire, n°20, 23 mars 1895
  269. Conservée au Musée du Vieux Montmartre.
  270. La partition imprimée est illustrée par Punch.
  271. Carnavals parisiens par Louis Morin, lithographie 38 × 48 cm, Imp.-Ed. Crété, Corbeil ; dessin reprod. par Reymond. Côte de l'exemplaire conservé à la Bibliothèque municipale de Lyon : AffP0027
  272. Le Bœuf Gras, carte réclame en couleurs.
  273. Le Figaro, 23 février 1903.
  274. Collection de la SFP, Manifestation du bœuf gras dans les rues de Paris, 1904, négatif souple stéréoscopique noir et blanc, 7,9 × 17,6 cm.
  275. Toutes déposées à la Bibliothèque nationale de France et la Bibliothèque historique de la ville de Paris.
  276. Huile sur toile, 130 × 92, exposée au Salon des Indépendants 2006.
  277. Plasticienne et scénographe de théâtre, impliquée dans la renaissance du Carnaval de Paris depuis 1994. Sculpteur-décorateur à l'Opéra National de Paris durant 10 ans.
  278. Catherine Poulain, Grosse tête de bœuf, en hommage à Alain Riou.

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