Eugène Secrétan

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Pierre-Eugène Secrétan appelé couramment Eugène Secrétan, industriel, né à Saulx en 1836, décédé en 1899, innovateur de l'industrie du cuivre et créateur de l'usine d'électrométallurgie de Dives-sur-Mer.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine modeste, son père était chef-cantonnier, il était autodidacte. Doué des qualités de technicien et à force d'un travail acharné, il devient un des spécialistes français du traitement des métaux non ferreux.

La fin du Second Empire le trouve à la tête de la "Société industriel et commerciale des métaux", comprenant six sociétés et plus de 3 000 employés. Ces sociétés sont spécialisées dans l'exploitation du cuivre, du plomb et de l'étain.

Attiré par la spéculation, Secrétan commence à se faire la main sur l'étain et sur le plomb dans le quatrième trimestre de l'année 1886. Puis il découvre que les stock mondiaux de cuivre ont été réduits à 40 000 tonnes et que les cours sont tombés sous les 36 livres sterling la tonne. Il se nantît d'une soixantaine de millions pour contrôler les stocks, internes avec l'aide d'un groupe de financiers[1]. En trois mois les cours remontent à 84 livres la tonne. Puis il nous une alliance avec les producteurs anglais, américains, suédois et espagnols, qui lui assurent trois ans de production et l'équivalent de l'offre mondiale, soit 540 000 tonnes[2]. À la suite des plus importantes spéculations financières de toute l'histoire de la production de cuivre, il fait faillite en 1889.

Complètement ruiné, il arrive à convaincre l'ingénieur britannique de Leeds, Elmore, qui vient de mettre au point un nouveau procédé de fabrication de tubes en cuivre par électrolyse, de lui confier en France l'exploitation de son brevet.

Pour l'exploitation, Elmore crée à Londres la « Elmore's French Patent Copper Depositing Company limited », au capital de 5 millions de francs, et dont le directeur technique est Secrétan. Comme les saumons de cuivre et le charbon, pour alimenter la centrale électrique, viennent d'Angleterre au port du Havre, il décide, en 1890, d'implanter l'usine métallurgique à Dives-sur-Mer qui possède un port pour recevoir la matière première et exporter les produits finis.

L'usine comprend une fonderie des saumons de cuivre, un atelier de fabrication comprenant 144 cuves d'électrolyse, un atelier d’étirage et des magasins de stockage. Mais le port de Dives s'avère impossible de recevoir les bateaux venant du Havre, alors les produits transitent par le port de Deauville et son transportés par la nouvelle ligne de chemin de fer Dives/Deauville.

Dès le départ, Secrétan, juge trop faibles les investissements et suite à l'échec d'une augmentation de capital en 1892, la société est mise en liquidation, ce qui permet à Secrétan de reprendre l'affaire à son compte. En 1901 Secrétan est seul propriétaire de la « Société d’électrométallurgie de Dives ». Il introduit de nouvelles techniques comme la fabrication de laiton ou encore le laminage pour la fabrication de plaques en cuivre et le tréfilage pour la fabrication de fil de cuivre.

L'usine produit, lors du décès de Secrétan en 1899, 5 500 tonnes de cuivre transformé contre 1 300 en 1894.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières,‎ 1949, p. 308
  2. Alfred Colling, La Prodigieuse histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières,‎ 1949, p. 311

Source[modifier | modifier le code]

Jean Quellien (dir.) Une usine et des hommes, Dives-sur-Mer, éditions Les Cahiers du Temps (2003)