Alphonse Karr

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Alphonse Karr

Jean Baptiste Alphonse Karr, né à Paris le 24 novembre 1808[1] et mort à Saint-Raphaël le 30 septembre 1890, est un romancier et journaliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alphonse est le fils du pianiste compositeur munichois Henri Karr[2]. En 1832, à l'âge de 24 ans, il débute dans la littérature avec son roman le plus célèbre, Sous les tilleuls, qui lui valut son entrée au Figaro. En 1836, il participe à La Chronique de Paris, fondée par Honoré de Balzac, dont la parution ne durera que six mois, mais qui fut un joyeux intermède[3]. Ami de Victor Hugo, il est un auteur dans la veine romantique. Son roman Histoire de Romain d'Étretat fait connaître Étretat, où il se rendait souvent. Par ses écrits et son réseaux d'amis (des artistes, des romanciers...), il contribue aussi à la réputation de Trouville et d'Honfleur[2]. On peut même le considérer comme l'“inventeur” d'une autre station balnéaire normande, celle de Sainte-Adresse près du Havre, dont il est le conseiller municipal de 1843 à 1849 et dont il fait le lieu de plusieurs romans[2]. De 1839 à 1849, il publie une revue satirique : Les Guêpes, dont il est l'unique rédacteur, dans lequel il vitupère contre la plupart des célébrités de son époque. C'est le second succès phénoménal de sa carrière littéraire[2]. En 1843, il relate dans le Siècle le drame de Villequier, au cours duquel Léopoldine Hugo et son mari Charles Vacquerie meurent dans un naufrage sur la Seine. C'est par cet article que Victor Hugo, alors en voyage dans les Pyrénées, apprend la mort de sa fille et de son gendre.

Pour Karr, opposant à la monarchie constitutionnelle, l'abdication du roi Louis-Philippe puis l'instauration de la IIe République en 1848 est une bonne nouvelle. Il échoue de peu à être député de la Seine-Inférieure. Il fonde Le Journal pour soutenir le général Louis Eugène Cavaignac mais le périodique ne dure que trois mois[2]. Le coup d'État de 1851 par Napoléon Bonaparte, le futur Napoléon III, l'oblige à se retirer sur la côte d'Azur, alors située dans le royaume de Piémont-Sardaigne. Il s'installe précisément à Nice, où, tout en continuant à écrire, il loue une propriété agricole dans le quartier Saint-Étienne. Il développe une activité de floriculture (1853 à 1867)[4]. Et avec succès, au 8 place du jardin Public, il ouvre un magasin de vente de bouquets de fleurs, de fruits et légumes, destiné à une clientèle d’hivernants[5]. Son intérêt et sa connaissance des jardins expliquent qu'une poire, la Poire Alphonse Karr, et un bambou, le Bambusa multiplex Alphonse Karr et un dahlia ont été nommés en son souvenir. Toujours ironisant, il a publié un traité intitulé Comment insulter les plantes en latin.

En 1867, il s'installe à Saint-Raphaël (Var). Son dernier succès littéraire, l'Esprit d'Alphonse Karr, est une simple compilation de ses bons mots[2].

En 1870, il assiste la famille Bayon dans l'affaire Guillaume Bayon, à Saulce-sur-Rhône, une affaire criminelle jugée par la Cour d’assises de la Drôme, le 27 avril 1870.

En 1882, la Ligue populaire contre la vivisection se créait, le Président d'honneur était Victor Hugo et le Président en exercice l'écrivain Alphonse Karr. Comme la SPA, créée en 1845 par le Général-Comte Jacques Philippe Delmas de Grammont (1792-1862), cette société allait veiller à la stricte application de la loi Grammont. Cette loi avait été votée le 2 juillet 1850 par l'Assemblée nationale, et punissait d'une amende de un à quinze francs, mais aussi de un à cinq jours de prison « les personnes ayant exercé publiquement et abusivement des mauvais traitements envers les animaux domestiques », une précision était apportée : La peine de prison sera toujours appliquée en cas de récidive[6].

Alphonse Karr aimait jouer aux dominos et était membre du club des dominotiers, fondé vers 1838 par le sculpteur Dantan jeune.

Style[modifier | modifier le code]

Selon Patrice Delbourg, Karr, "avec Capu, avec Feydeau, avec Aurélien Scholl, symbolise l'esprit et l'humour du boulevard. [...] Une sorte de prince de l'esprit, d'Aristophane du trottoir."[7] Il était un spécialiste des bons mots, tantôt moralistes, tantôt acerbes, parfois misogynes.

Quelques exemples de ses mots :[réf. nécessaire]

  • "Si l'on veut abolir la peine de mort, que messieurs les assassins commencent!"
  • "Un baiser, c'est une demande adressée au deuxième étage pour savoir si le premier est libre."
  • "Plus ça change, plus c'est la même chose."
  • "L'âge où l'on partage tout est généralement l'âge où l'on n'a rien."
  • "Le vrai Parisien n'aime pas Paris, mais il ne peut vivre ailleurs."
  • "Les fonctionnaires sont comme les livres d'une bibliothèque. Les plus haut placés sont ceux qui servent le moins."
  • "Les amis font toujours plaisir — si ce n'est quand ils arrivent, c'est quand ils partent."
  • "Écrivain, c'est le seul métier, avec l'art de gouverner, qu'on ose faire sans l'avoir appris."
  • "Les femmes devinent tout — elles ne se trompent que lorsqu'elles réfléchissent."
  • "Si l’on veut gagner sa vie, il suffit de travailler. Si l’on veut devenir riche, il faut trouver autre chose."
  • "Par les meilleurs côtés sachons prendre les choses : vous vous plaignez de voir les rosiers épineux, moi je me réjouis et rends grâce aux Dieux que les épineux aient des roses."

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

  • Une rue de Paris porte son nom.
  • Une rue d'Étretat porte son nom.
  • Une sente de Sainte-Adresse porte son nom.
  • Une rue de Châlons en Champagne porte son nom.
  • Une avenue de Saint-Maur-des-Fossés porte son nom.
  • Une rue de Saint-Raphaël (centre-ville) et une avenue près de Boulouris (Estérel Plage) ont été nommées en son honneur.
  • Une rue de Nice a été renommée en son honneur.
  • Un collège de Mondoubleau porte son nom.
  • Son vieil ami Gabriel-Vital Dubray (1813-1892) est mort alors qu'il sculptait un buste destiné à orner sa tombe.
  • Un buste est installé à Saint-Raphaël et un autre dans la mairie d'Etretat (sculpteur : Cipriani)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris en ligne, fichier alphabétique de l'état civil reconstitué, V3E/N 1241, vue 9/51
  2. a, b, c, d, e et f Benoît Noël, « Alphonse Karr (1808-1890) : la Pénélope Normande et les Vergissmeinnicht », Le Pays d'Auge, mars-avril 2007, p.2-13
  3. André Maurois, Prométhée ou la vie de Balzac.Hachette 1965 p. 308-309
  4. Alphonse Karr, Promenade hors de mon jardin, Lévy, 1856, p. 154.
  5. Marie-Thérèse Dufour-Lion, Nice-Historique, 1962, p. 115-116
  6. Frédéric Vitoux, Dictionnaire amoureux des chats, édition Plon/Fayard, avril 2008, p.548. ISBN 978-2-259-20686-0
  7. Émission radiophonique Les Papous dans la tête du 11 mars 2012, France Culture.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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