La Planète des singes (film, 2001)

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La Planète des singes

Titre original Planet of the Apes
Réalisation Tim Burton
Scénario William Broyles Jr.
Lawrence Konner
Mark Rosenthal
Acteurs principaux
Sociétés de production 20th Century Fox
The Zanuck Company
Tim Burton Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Science-fiction
Sortie 2001
Durée 110 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Planète des singes (Planet of the Apes) est un film américain, inspiré du roman La Planète des singes de Pierre Boulle, réalisé par Tim Burton, sorti sur les écrans en 2001.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Tim Burton, réalisateur.

2029. À bord de la station orbitale Oberon, des chimpanzés sont entraînés à effectuer des missions dans l'espace. Lorsque l'un d'eux disparaît, le capitaine Leo Davidson part lui porter secours contre l'avis de ses supérieurs. Mais l'astronaute est pris dans une tempête électro-magnétique qui le fait s'écraser en 5021 sur la planète Ashlar au beau milieu d'une forêt tropicale. Sur place, Leo est capturé avec d'autres humains par des singes très évolués et doués de la parole. Aidé d'une poignée d'esclaves et d'Ari, la fille d'un influent sénateur singe, Leo va tout tenter pour rejoindre Oberon...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Années 1980[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, la 20th Century Fox est impressionnée par le travail d'Adam Rifkin sur le film Never on Tuesday. Fan du film de 1968, Rifkin est engagé par le studio en 1988 pour « pitcher » un nouveau film de la saga. Il imagine un film plutôt indépendant et à petit budget dans la veine d'Alien de Ridley Scott[2]. Mais son idée est davantage une suite alternative au 1er film, plutôt que la suite directe de La Bataille de la planète des singes, 5e et à l'époque dernier film de la saga[2]. En s'inspirant du film Spartacus, il imagine un descendant du personnage de Charlton Heston, qui se serait appelé Duke et qui aurait mené la révolte des hommes contre les singes dominateurs[2].

Intitulé Return to the Planet of the Apes, le projet se concrétise de plus en plus et entre même en préproduction. Rick Baker est engagé pour les maquillages, Danny Elfman pour la musique et Tom Cruise et Charlie Sheen sont envisagés pour le premier rôle[3]. Mais l'arrivée de nouveaux dirigeants à la Fox, opposés aux idées créatives de Rifkin, perturbe considérablement le projet[2].

Années 1990[modifier | modifier le code]

Le projet est relancé en 1992, le réalisateur néo-zélandais Peter Jackson souhaite alors réaliser une adaptation dans un style proche d'une Renaissance artistique, avec un personnage principal simiesque basé sur Léonard de Vinci, le tout sous une histoire de complot contre les humains. Roddy McDowall, qui jouait déjà dans la saga de 1968, est alors partant pour enfiler de nouveau le costume. Cependant, alors que les premières discussions avaient été faites avec la 20th Century Fox, le projet est annulé par Tom Jacobson, qui n'aimait pas la proposition de Peter Jackson. Ce dernier se tourne donc vers d'autres projets[4]. 20 ans plus tard, son propre studio d'effets spéciaux Weta Digital contribuera au franc succès de La Planète des singes : Les Origines en 2011.

En 1993, la Fox engage les producteurs Don Murphy et Jane Hamsher. Sam Raimi et Oliver Stone sont alors pressentis pour réaliser le film[2],[5]. En décembre 1993, Oliver Stone décrit l'histoire  : elle relaterait la découverte d'un singe congelé depuis la Période védique et qui détiendrait des codes numériques liés à la Bible. Ces codes seraient des prédictions d'évènement futurs[6]. Terry Hayes est engagé pour écrire le scénario intitulé Return of the Apes[7]. Dans un futur proche, les humains sont éradiqués par la peste. Un généticien nommé Will Robinson découvre alors que la peste est une bombe à retardement génétique « incorporée » depuis l'Âge de pierre. Il part alors dans le temps avec sa collègue enceinte Billie Rae Diamond dans le Paléolithique. Les hommes y sont en guerre contre les singes et leur chef-gorille Drak. Robin et Billie découvrent une jeune femme nommée Aiv (prononcé Ève). Ils comprennent que les singes ont créé le virus pour tuer les Hommes et font pour protéger Aiv. Billie accouche ensuite d'un bébé nommé Adam[7]...

Le président d'alors de la Fox, Peter Chernin, déclare que c'est l'un des meilleurs scripts qu'il a lu[7]. Il pense pouvoir décliner ce film en franchise, avec des suites et films dérivés, une série télévision et des produits en tout genre[8]. En mars 1994, Arnold Schwarzenegger signe pour le rôle de Will Robinson, avec un droit de regard sur le choix du réalisateur. Chuck Russell est envisagé avant que l'australien Phillip Noyce soit engagé en janvier 1995, alors que la préproduction est sur le point de débuter, avec un budget d'environ 100 millions de dollars[5]. Stan Winston est ainsi engagé pour le maquillage des singes[8],[9].

Cependant, la direction prise déplait de plus en plus à la Fox. Selon le producteur Don Murphy, Dylan Sellers de la Fox voulait faire un film tout public, dans la lignée de La Famille Pierrafeu[7]. De nombreux désaccords apparaissent sur le scénario : le scénariste Terry Hayes est alors renvoyé. Déçu de cette décision, Phillip Noyce quitte le film en février 1995 et se lance sur le projet Le Saint[5],[7].

Peter Chernin est remplacé par Thomas Rothman à la tête de la 20th Century Fox, alors que Dylan Sellers est emprisonné après un accident de voiture où il est alcoolisé. C'est alors au tour du réalisateur Chris Columbus d'entrer dans le projet. Il dépèche son scénariste Sam Hamm, avec lequel il a écrit un projet non abouti d'adaptation des Quatre Fantastiques. Ce dernier déclare alors : « nous avons essayé de faire une histoire qui soit aussi bien un hommage aux éléments que nous aimions dans les cinq films, mais également d'incorporer beaucoup de matériel [notamment du roman original de Pierre Boulle] qui n'a pas été utilisé dans les films. La première moitié du script partage ainsi de nombreuses similitudes avec le livre, alors que la seconde moitié est directement inspirée par le livre[10] ». Le script de Sam Hamm parle d'un singe astronaute s'écrasant dans le port de New York et lâchant un virus exterminant les humains. Le Docteur Susan Landis, travaillant pour le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies, et Alexander Troy, un scientifique de la Zone 51, utilisent alors le vaisseau spatial du singe pour aller sur la planète de ce dernier dans l'espoir de trouver un antidote. Les méchants de l'histoire sont le Colonel Ursus et le Lord Zaius, ce dernier étant bien différent du Dr Zaïus. Susan et Alexander trouvent le remède et retournent sur Terre. Mais durant leur absence de 74 ans en temps terrestre, les singes ont pris le pouvoir sur Terre. Ils découvrent notamment une Statue de la Liberté vandalisée et faisant apparaître un visage de singe[10].

Alors qu'Arnold Schwarzenegger est toujours attaché au projet, la Fox émet des réserves sur le script de Hamm[10]. Cependant, Chris Columbus quitte le projet courant 1995 pour travailler sur La Course au jouet. En janvier 1996, le poste de réalisateur est proposé par Roland Emmerich[5]. Alors qu'il est en plein tournage de Titanic, James Cameron est en négociation pour participer au film comme scénariste et producteur. La version de Cameron aurait utilisé des éléments du premier film de 1968 et sa suite directe Le Secret de la planète des singes. Mais après le succès de Titanic, James Cameron quitte le projet[10]. Chernin et Rothman, de la Fox, décident de recontacter Peter Jackson pour en savoir plus sur son précédent projet « Renaissance ». Mais ce dernier n'accepte pas l'offre, craignant de n'avoir aucune marge de manœuvre sur le projet[4], alors qu'Arnold Schwarzenegger quitte le projet pour L'Effaceur[5]. Le réalisateur Michael Bay refuse ensuite le poste de réalisateur[10]. Peter Jackson est à nouveau contacté lorsque son projet Le Seigneur des anneaux est en attente. Mais il refuse à nouveau, notamment en raison de la mort de Roddy McDowall[4]. Albert et Allen Hughes étaient intéressés mais étaient engagés sur From Hell[10].

Concrétisation avec Tim Burton[modifier | modifier le code]

En 1999, William Broyles Jr. est engagé pour écrire un nouveau script. D'abord réticent, il a accepté après avoir vu qu'il aurait une assez grande liberté artistique. Tim Burton est ensuite choisi en février 2000 pour mettre en scène ce reboot : « Je n'étais pas intéressé à l'idée de faire un remake ou une suite de l'original, mais j'étais intrigué par l'idée de revisiter cet univers. Comme beaucoup de gens, j'ai été touché par le film original. Je voulais le ré-imaginer. » Il ne s'agit donc pas d'un remake du film de 1968. La vision générale est assez proche du roman original de Pierre Boulle puisque le film se passe sur une autre planète que la Terre.

Richard D. Zanuck signe comme producteur en mars 2000[11]. Sous la direction de Tim Burton, William Broyles Jr. réécrit un script pour un budget estimé à 200 millions de dollars, alors que la Fox souhaite la moitié[11]. En août 2000, un mois avant le début du tournage, Lawrence Konner et Mark Rosenthal sont donc engagés pour quelques réécritures. Ils procèdent à quelques changements  : Ari, à l'origine une princesse, devient sénatrice[12], ...

Casting[modifier | modifier le code]

Charlton Heston a interprété le rôle principal de l'astronaute Taylor dans le film de 1968. Ses derniers mots dans le film de Tim Burton, « que les hommes soient maudits, qu'ils soient mille fois maudits », évoquent fortement la phrase finale adressée à l'humanité par Taylor. Son nom dans le film est Zaius, qui est également un clin d’œil à un personnage homonyme du film de 1968.

L'actrice Linda Harrison, qui joua le rôle de Nova une esclave et compagne de Taylor dans le film de 1968, interprète à nouveau le rôle d'une esclave dans la version de Tim Burton.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage principal a lieu de novembre 2000 à avril 2001[13]. Tout comme le film de 1968, certaines scènes ont été tournées au Lac Powell en Arizona et Utah[14].

Le tournage a principalement lieu aux Sony Pictures Studios de Culver City en Californie. D'autres scènes ont été tournées à Lava field à Hawaï et Trona Pinnacles de Ridgecrest[15].

Stan Winston devait s'occuper du maquillage des singes, mais quitte le projet pour différends artistiques. La Fox souhaite alors des images de synthèse, mais Tim Burton insiste pour que soient utilisées des prothèses conçues par Rick Baker, un passionné de primates qui avait déjà confectionné des costumes de singes pour Greystoke, la légende de Tarzan, Bigfoot et les Henderson et Gorilles dans la brume.

Bande originale[modifier | modifier le code]

Suite ?[modifier | modifier le code]

Suite aux critiques décevantes jugeant le film médiocre malgré d'excellents effets spéciaux, un projet de suite fut annulé. Près de 10 ans plus tard, la Fox met en chantier un autre reboot, La Planète des singes : Les Origines, qui sort en 2011. Cette version suscite un regain d'intérêt pour la célèbre franchise et une suite intitulée La Planète des Singes : L'Affrontement sort en 2014.

Commentaires[modifier | modifier le code]

  • Contrairement aux films originels, les Singes ne sont pas divisés en trois catégories ("scientifiques" Chimpanzés, "militaires" Gorilles et "savants" Orang-outans) et les primates dont ils sont issus sont plus diversifiés que dans les premiers films où ils étaient limités à trois espèces.
  • Le film introduit une variation plus élégante pour expliquer le contexte de l'histoire. Alors que dans le livre et son adaptation de 1968, l'expédition d'humains tombait miraculeusement sur une planète jumelle de la Terre où l'évolution des primates avait suivi une voie différente, la version de Tim Burton imagine que les habitants de la planète sont les descendants des humains et des singes qui vivaient dans la station spatiale placée en son orbite. Suite à la tempête, la station s'est écrasée sur la planète et le voyage temporel de Léo l'a amené dans une civilisation où entre-temps, les singes génétiquement modifiés ont pris l'ascendant sur les humains.
  • Cette version ne reprend pas le thème de la bombe nucléaire comme dans le film de 1968.
  • Pour justifier les fortunes qu'elle dépense en toilettes diverses, Nova, la femme d'un sénateur, reprend à sa façon le slogan des publicités L'Oréal en disant : « Parce que je les vaux bien ».

Préquelle officielle du film[modifier | modifier le code]

En 2002,puis en 2004 une série de romans officiels fut publiée par HarperCollins et HarperEntertainment sous les titres Planet of the Apes: Colony, Force, Resistance et The Fall. Elle fait partie de l'univers étendu du film.

La station Oberon était impliquée dans des recherches sur les primates, y compris la manipulation génétique, afin de les utiliser en tant que pilotes pour les véhicules spatiaux. Le commandant Karl Vasich (Chris Ellis) était aux commandes de la station, et son équipage comprenait essentiellement le lieutenant-colonel Grace Alexander (Anne Ramsay), le Major Frank Santos (Michael Jace), le Major Maria Cooper (Andrea Grano), le spécialiste Hansen (Michael Wiseman), Molly Benavides, ainsi que le capitaine Leo Davidson (Mark Wahlberg) qui formait les primates (gorille, chimpanzé, orang-outan) dans un simulateur de vol.

En février 2029, l'Oberon rencontra une tempête électromagnétique géante qui brouilla les appareils. Vasich décida alors d'envoyer le chimpanzé préféré de Leo - Périclès - pour voir si les conditions de vol étaient bonnes. Mais Périclès disparut et Vasich déclara l'anomalie trop dangereuse pour une exploration plus poussée. Toutefois, Leo prit une navette et poursuivit le signal du chimpanzé pour le sauver. Il perdit rapidement le contact avec l'Oberon, qui entretemps s'écrasa sur une planète inconnue, Ashlar.

Sans aucun espoir de quitter la planète vers la Terre, les survivants tentèrent de construire une colonie autour de la carcasse de la navette avec l'aide des singes pour effectuer le travail manuel. Au fur et à mesure que le temps passa, les scientifiques décidèrent d'augmenter l'intelligence des primates pour se protéger des brax, une race d'insectes hostiles. L'une des femelles chimpanzés, Aspasia, accoucha de Jonathan - le fils de Périclès. Jonathan mena alors une bataille sanglante contre les brax en tuant leur reine.

Après de nombreuses années, le chimpanzé Jonathan trahit la confiance des hommes et mena ses semblables à la révolte. Il se renomma "Semos" (anagramme de Moses - Moise), chef des singes d'Ashlar, et quitta les ruines de la station Oberon, qu'il classa alors comme "Zone Interdite". Il envoya plusieurs expéditions simiesques pour explorer la planète et édifia Derkein, la cité des singes.

Au fil des siècles, les descendants des survivants humains du crash de l'Oberon se multiplièrent sur Ashlar. Mais ils furent toujours considérés comme une race inférieure par les singes, qui réussirent à ériger une véritable civilisation : les gorilles et chimpanzés étaient à la tête des armées, tandis que les orangs-outans étaient généralement employés dans les institutions, la science et la politique.

Après sa mort, Semos fut vénéré comme un Dieu par les singes. Une prophétie annonça son retour sous le nom de "Calima" (plus tard révélé comme étant le nom abrégé de Caution Live Animals, le laboratoire de la station spatiale). Le sénateur Zaïus (Charlton Heston) et son fils, le Général Thade (Tim Roth), sont ses derniers descendants au début du film.

Comme on le voit à la fin du film, la prophétie du retour de Semos ne fut pas totalement fausse puisque c'est Périclès, son propre père ayant traversé le temps, qui atterrit sur la planète pour ramener la paix.

Box-office[modifier | modifier le code]

Novélisations et univers étendu[modifier | modifier le code]

Adaptations du film en livre 
Sous le titre Planet of the Apes (Univers Étendu, préquelle au film) 
Deux autres projets de romans annulés 
Bande dessinées Dark Horse Comics 
  • 2001 : Planet of the Apes: Movie Adaptation (Adaptation du film en BD)
  • 2001 : Planet of the Apes: The Human War
  • 2001 : Planet of the Apes: Old Gods

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Box-office US - Box Office Mojo.com
  2. a, b, c, d et e (en) David Hughes, Tales From Development Hell, Londres, Titan Books,‎ 2004 (ISBN 1-84023-691-4), p. 34-37
  3. (en) Watch six Planet Of The Apes movies in a row! - BTvision.bt.com
  4. a, b et c (en) Brian Sibley, Peter Jackson: A Film-maker's Journey, Londres, HarperCollins,‎ 2006 (ISBN 0-00-717558-2), p. 236–40, 276, 324, 397
  5. a, b, c, d et e (en) The Apes of Wrath - Entertainment Weekly, mai 1996
  6. (en) Monkey business, 1993, Cindy Pearlman
  7. a, b, c, d et e (en) David Hughes, Tales From Development Hell, Londres, Titan Books,‎ 2004 (ISBN 1-84023-691-4), p. 38-40
  8. a et b (en) Monkey Business - Entertainment Weekly, Jeffrey Wells, décembre 1993
  9. (en) IGN FilmForce Takes You to Planet of the Apes! - IGN, février 2011
  10. a, b, c, d, e et f Hughes, p.41-43
  11. a et b Hughes, p.44-46
  12. (en) Helena Bonham Carter, Colleen Atwood, Ape Couture, 2001, 20th Century Fox
  13. Business - Internet Movie Database
  14. Secrets de tournage - AlloCiné
  15. Lieux de tournage - Internet Movie Database
  16. Box-office - JP's box-office

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]