Mémorial des Martyrs de la Déportation

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Mémorial des Martyrs de la Déportation de 1944.

48° 51′ 06″ N 2° 21′ 09″ E / 48.85167, 2.3525

Escalier et cour du Mémorial

Le Mémorial des Martyrs de la Déportation est un monument parisien dédié au souvenir de l'ensemble des déportés de France entre 1941 et 1944. Son architecture concourt à évoquer les souffrances de celles et de ceux qui furent déportés et à inciter le visiteur à la réflexion et au recueillement.

Ce mémorial fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 23 novembre 2007[1].

Situation et historique[modifier | modifier le code]

Entrée du mémorial dans le square de l'Île-de-France.

Situé dans le 4e arrondissement de Paris, à la pointe Est de l’île de la Cité en contrebas du square de l'Île-de-France, le Mémorial a été commandé à l'initiative du Réseau du Souvenir qui en a fait don à l'État le 29 février 1964.

Le projet, réalisé par l'architecte Georges-Henri Pingusson, a été inauguré le 12 avril 1962 par le général de Gaulle, président de la République.

Description[modifier | modifier le code]

Au visiteur s'approchant, le Mémorial apparaît tout d'abord comme une sorte de bunker de pierre blanchâtre. C'est en descendant un escalier relativement étroit, raide, aux marches inégales qu'il pénètre dans le monument. Toute la construction est réalisée en béton recouvert d'un enduit martelé où sont intégrés des graviers provenant de diverses régions de France, l'ensemble donnant l'impression d'une pierre naturelle brute.

À partir d'une cour triangulaire, une crypte aux passages étroits et faiblement éclairés se déploie dans la masse du monument. Un long couloir protégé par une grille présente sur ses murs 200 000 bâtonnets de verre symbolisant les innombrables victimes de la déportation dans les camps nazis, à l'entrée de ce couloir se trouve une tombe qui contient les restes mortels d'un déporté inconnu décédé au camp de Natzweiler-Struthof et transféré ici le 10 avril 1962.

La cour triangulaire s'ouvre vers le fleuve par une embrasure horizontale obstruée par des barres anguleuses. Le visiteur est pratiquement au niveau de la Seine et les seules vues vers l'extérieur se font à travers l'embrasure vers l'eau courante du fleuve ou verticalement vers le ciel où passent les nuages. Après la descente des marches, ceci participe à créer un sensation étrange où le visiteur est comme en dehors du monde qui continue à exister et à bouger au dehors.

À droite et à gauche deux diverticules comportent, insérées dans des niches triangulaires, des urnes contenant de la terre provenant des différents camps ainsi que des cendres ramenées des fours crématoires. Sur les murs sont inscrits des extraits de poèmes ou des citations de Robert Desnos, Paul Éluard, Louis Aragon, Vercors, Antoine de Saint-Exupéry, Jean-Augustin Maydieu et Jean-Paul Sartre.

Au-dessus, accessibles seulement sur demande, plusieurs salles présentent une exposition.

Visites et manifestations[modifier | modifier le code]

Le Mémorial est libre d'accès, sous la responsabilité d'un gardien, tous les jours sauf le lundi, le matin et l'après-midi. Chaque dernier dimanche d'avril, lors de la Journée nationale du souvenir de la déportation une cérémonie s'y déroule.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Mémorial des martyrs de la Déportation », base Mérimée, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élisabeth Vitou, « Paris, Mémorial de la Déportation, Georges-Henri Pingusson, 1894-1978 », AMC, no 19-1988, p. 68-79.
  • Collectif, sous la direction de Bertrand Lemoine, 100 monuments du XXe siècle, Patrimoine et architecture de la France, Paris, Editions du Club France Loisirs, Paris, avec l'autorisation du Centre des monuments nationaux, Editions du patrimoine,‎ mai 2010, 240 p. (ISBN 2-7441-3496-1)
    pp. 158-159 : Mémorial des martyrs de la déportation, Georges-Henri Pingusson et Olivier Dugas, Square d'Île-de-France, Paris IVe / 1961-1962

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