Neuchâtel-Urtière

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Neuchâtel-Urtière
Neuchâtel-Urtière
Représentation numérique du château des sires de Neufchâtel.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Montbéliard
Intercommunalité Pays de Montbéliard Agglomération
Maire
Mandat
Gilles Bourdois
2020-2026
Code postal 25150
Code commune 25422
Démographie
Population
municipale
170 hab. (2020 en diminution de 5,03 % par rapport à 2014)
Densité 27 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 22′ 32″ nord, 6° 43′ 52″ est
Altitude Min. 373 m
Max. 828 m
Superficie 6,21 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Montbéliard
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Valentigney
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Neuchâtel-Urtière
Éperon rocheux surmonté des ruines de la tour Nord du château de Neuchâtel-Urtière.
Muraille nord-est de l'ancien château de Neuchâtel-Urtière.

Neuchâtel-Urtière est une commune française située dans le département du Doubs, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Neuchâtel-Urtière est situé dans une impasse : en voiture, on ne peut y accéder que par une route adjacente à la route D 73. En modes doux, on peut y accéder par la route VC 3 arrivant à Vermondans, réservée aux vélos, piétons et riverains.

Le village est traversé par un petit ruisseau qui rejoint la Ranceuse, ruisseau affluent du Doubs.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom est attesté sous les formes latinisées Valo de Novo Castro en 1136, de Novo Castello en 1148 dans des documents rédigés en latin médiéval, puis en langue romane : Nef Castel en 1255, Nuz Chestel en 1260, Nuef Chestel en 1280, Neufchastel-les-Orcières en 1614[1],[2]. En 1237, il est fait mention de Novum castrum et Novum castellum dans une charte rédigée en latin de l'empereur Frédéric II[3]. Devient Neuchâtel-Urtière en 1961[4].

Formation romane semblable aux différents Neuchâtel et Neufchâtel, dans le second cas, la graphie avec F marque un retour à l'étymologie, mais ne correspond(ait) plus à la prononciation locale, tous se prononçaient « Neuchâtel » (neucâtel en zone normanno-picarde). L'adjectif antéposé est le signe d'une influence syntaxique du germanique. Aussi ne rencontre-t-on ces formes qu'au nord du domaine d'oïl, plus au sud, seul prévaut le type châteauneuf.

On peut traduire par « nouveau village fortifié »[5], « nouveau château » ou « château neuf ».

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Neuchâtel-Urtière est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[6],[7],[8].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Montbéliard, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 137 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[9],[10].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (82,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (82,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (82,4 %), prairies (17,6 %)[11].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[12].

Histoire[modifier | modifier le code]

Il semble que ce soit Amédée de Montfaucon, petit-fils de Richard Ier de Montfaucon, qui bâtit le château vers 1139[13],[14],[15] avec le concours de son frère Hugues, dit « de Charmoille », (Amédée pris le nom de Neuchâtel et fut la souche des grands sires de Neuchâtel-Bourgogne[16]) afin de protéger les villages de La Fermetey qui formèrent les premières possessions de la seigneurie de Neuchâtel-Bourgogne[3]. Peut-être qu'il lui a donné ce nom en guise d'hommage envers sa mère qui descendait de la maison de Neuchâtel outre-Joux ou pour signifier sa construction récente[13].

Description du château[modifier | modifier le code]

Gravure des ruines du château.

Une haute tour occupait la partie septentrionale, à l'opposé il y avait deux édifices carrés côte à côte qui étaient le manoir féodal. Sur le côté oriental se trouvait la prison, creusée dans le roc. Un mur crénelé ceinturait l'ensemble. le château occupait une surface de quarante mètres sur vingt-cinq, il sera démantelé sur les ordres de Louis XIV en 1675, les matériaux seront utilisés pour la réfection du pont de Pont-de-Roide-Vermondans et la construction d'une écluse et des forges à Bourguignon (Doubs)[3]. Au pied de l'édifice se trouvait le village composé de quelques maisons groupées. les murailles qui protégeaient le bourg étaient percées de deux portes et flanquées de six tours. Sous les habitations avaient été creusés de vastes caves et des souterrains qui conduisaient jusqu'au donjon. Sur la colline proche au bout d'un chemin partant des portes de Neuchâtel et donnant sur la vallée de Dambelin, il avait été construit une maison de plaisance appelée château de la Bombance, qui a été détruite dans le courant du XVe siècle. Un second chemin menait au hameau des Orcières situé au fond du vallon. Ce hameau portait à l'origine le nom d'Hortières ou Orcières, qui donna Urtière et qui était aussi ancien que Neuchâtel[3].

Maquette physique (papier/carton) de ce que devait être l'entrée du village de Neuchâtel.

L'étendue du fief[modifier | modifier le code]

La seigneurie se composait de trois éléments[17] :

Dans le courant des XIVe et XVe siècles, les Neuchâtel occupaient un des premiers rangs parmi les seigneurs de la Franche-Comté (ou comté de Bourgogne). Ils ont possédé jusqu'à 400 vassaux tant dans la région que du côté de la Suisse et de l'Alsace, dont les maisons de Cusance, Belvoir, Montmartin, Montjoie-le-Château, Uzel, Mont-Voucy, Montby, Rougemont[3]...

Les seigneurs de Neuchâtel-Bourgogne[modifier | modifier le code]

Peu de traces de cette famille existent avant le XIIIe siècle, en 1139 une charte de l'empereur Conrad confirme la fondation de l'abbaye de Lucelle par Richard II de Montfaucon (issu de la maison de Montfaucon), Hugues « de Charmoille » et Amédée « de Neufchâtel »[13]. À cette époque les terres de Neuchâtel étaient sous la mouvance du seigneur de Montfaucon et un cartulaire de cette maison fait mention de Gérard de Neufchâtel, connétable du comté de Bourgogne[13]. C'est à partir du XIIIe siècle que le nom de cette seigneurie sera connu. Jusqu'à cette époque la seigneurie de Neuchâtel-Urtière se composait du château, du bourg de Neuchâtel, de Pont-de-Roide-Vermondans, de Vermondans, d'Orcières, de Remondans, de Vaivre et de Dambelin. En 1298, Thiébaud de Ferrette donnait à Thiébaud III de Neuchâtel-Bourgogne le fief de Dasle dont la juridiction s'étendait sur Hérimoncourt, Beaucourt, Vandoncourt et Audincourt[19]. Grâce au mariage de Marguerite de Montfaucon-Montbéliard (fille de Thierry III, lui-même arrière-petit-fils de Richard II de Montfaucon) avec Richard de Neuchâtel-Bourgogne, ils vont recueillir la succession de Thierry III de Montbéliard qui était composée des terres de Blamont, du Châtelot, de Clémont, de Bermont et de Cusance[13].

L'Isle et l'abbaye de Lieu-Croissant[modifier | modifier le code]

À la succession de Thierry III de Montbéliard vont s'ajouter en 1242 les terres que Thiébaud Ier de Neuchâtel-Bourgogne (le père de Richard et le grand-père de Thiébaud III, rencontrés plus haut) acheta à l'abbaye de Lucelle à savoir : Dès le lieu de Saint-Hippolyte jusqu'aux roches d'Ounans et de Monéchroux et Liebvillers aux montagnes du Lomont[13]. En 1260/63, Thiébaud Ier de Neuchâtel-Bourgogne commence à construire un château sur une isle au milieu du Doubs qu'il achète à l'Abbaye de Lieu-Croissant, et il obtient aussi le contrôle de Baume-les-Dames. En 1294, son petit-fils Thiébaud III reçoit la garde de l'abbaye de Lieu-Croissant et du monastère de Lanthenans, de la part des comtes de Bourgogne[13].

La vicomté de Baume[modifier | modifier le code]

La vicomté de Baume a permis aux seigneurs de Neuchâtel de faire de leurs fiefs des biens héréditaires, en effet c'est le comte de Bourgogne Otte-Guillaume qui supprima les comtes inférieurs (sous la suzeraineté du roi de Bourgogne qui à cette époque était trop faible pour s'opposer à Otte-Guillaume, comte supérieur des deux Bourgognes, et les remplaça par des vicomtes dont il fit ses vassaux[20]. C'est ainsi que le comté de Besançon revint à la maison de Rougemont dans le XIIe siècle, celle de Faucogney posséda le comté de Vesoul au XIe siècle, les vicomtés de Dole et de Salins allèrent aux maisons de l'Hôpital et de Montsaugeon, et celle de Baume aux Neuchâtel à partir de 1308 officiellement, avec Thiébaud IV de Neufchâtel-Bourgogne (fils de Thiébaud III), bien que cette famille intervînt en fait dès le milieu du XIIIe siècle[20]. En effet, en 1244 le comte de Bourgogne présentait Thiébaud de Neuchâtel comme homme-lige du duc de Bourgogne pour le château de Baume, et en 1261 Thiébaud Ier de Neuchâtel donnait plusieurs biens (une vigne à Launot, un meix à Villers-le-Sec, des possessions à Hièvres, Esnans, Luxiol et Grosbois) à l'abbaye de Baume-les-Dames[20].

Avec ce titre de vicomte les sires de Neuchâtel s'octroyaient le droit de gouverner et de juger sur ce territoire très étendu, différents fonctionnaires dépendaient d'eux : un maire (dirigeait la localité), un châtelain (représentait le vicomte dans la forteresse) et un prévôt (magistrat) mais et surtout il veillait au bon déroulement de l'élection de l'abbesse et avait voix délibérative à l'élection de celle-ci (Premièrement est véritey que est et doit estre viscuens de Bame et pour raison de la vycomtey doit estre appelé toutes foys que élection ou postulation d'abbesse se fait)[20].

Les relations que Thiébaud V de Neufchâtel-Bourgogne (fils de Thiébaud IV) entretenait avec ses suzerains étaient tumultueuses. Au début du XIVe siècle, il entra en conflit avec le duc de Bourgogne Eudes IV ; voyant qu'il risquait de perdre gros Thiébaud V, finalement, demandait le pardon au duc de Bourgogne et en réparation renonçait à la vicomté de Baume en 1343. Quatre ans plus tard le roi de France Philippe VI de France intervenait dans le conflit et renouvelait la garde du prieuré de Baume aux Neuchâtel, qui ne prendra effet qu'en 1415 pour la conduite des chemins et en 1460 pour la totalité des droits[20].

Héricourt, Blamont et Montaigu[modifier | modifier le code]

En 1361, ils reçurent en donation les fief des terres de Montjoie et de Rougemont de Jeanne de Montbéliard et bénéficiaient des titres (les péages) sur la conduite des chemins depuis Pont-Charrot (près de Bavans) à Palente (près de Besançon)[13]. En novembre 1377, ils possédaient la seigneurie d'Héricourt à titre de "propre et franc-alleu"[22]. À la fin du XIVe siècle, Thiébaud VI reprit de Philippe-le-Hardi, comte de Bourgogne les deux bourgs de Blamont, les neuf villages de la châtellenie ainsi qu'une dizaine de fiefs dont celui de la vicomté de Baume, la garde de l'abbaye de Lieu-Croissant et du prieuré de Lanthenans qui avaient été retirés à son père, mais aussi le château et le bourg de L'Isle avec sa châtellenie et une quinzaine de fiefs dans les environs, le fief de Montbarrey avec la forteresse de Rang, le fief important de Dampierre, la moitié des dîmes de Villars-sous-Écot et enfin la forteresse de Montaigu avec le bourg, ses dépendances et sept villages qui en formaient le fief[3].

La fin d'un fief[modifier | modifier le code]

En 1505, à la mort de Guillaume de Neufchâtel-Bourgogne († en octobre 1505 ; fils puîné de Thiébaud IX, dernier de la ligne directe car mort après ses frères Thiébaud X, Henri, Antoine et Claude ; compagnon du Téméraire, Henri, maréchal de Bourgogne, fut capturé le 5 janvier 1477 lors de la bataille de Nancy et resta deux ans prisonnier : Blamont, Clémont et Pont-de-Roide furent alors confiées temporairement à l'évêque de Bâle en 1477, et L'Isle, Héricourt et Châtelot à l'archiduc Sigismond en 1477-1480), la seigneurie et surtout ses dépendances furent remises à Jean III de Neuchâtel-Montaigu, dernier fils de Jean II de Montaigu, frère de l'archevêque Charles et petit-fils de Thiébaut VIII de Neufchâtel (Thiébaud VIII, père de Thiébaud IX et de Jean II de Montaigu-Bligny, était l'arrière-petit-fils de Thiébaud V évoqué plus haut), à défaut de descendants mâles survivants dans la lignée dudit Thiébaud IX[23].

Le testament de Thiébaud IX († 1469) organisait en effet une succession agnatique en stipulant qu'à défaut d'héritier direct mâle tous les biens devaient être transmis à la branche cadette de Neuchâtel-Montaigu, au mépris des droits cognatiques ; à défaut, l'héritage devait passer à la maison de Cusance et en dernier lieu aux héritiers, homme ou femme, d'Henriette de Montbéliard[23] (les Montfaucon puis Montfaucon-Montbéliard, on l'a vu, étaient suzerains de Neufchâtel-Bourgogne, et leurs droits passèrent aux Wurtemberg par le mariage de ladite Henriette avec Eberhard IV en 1407) ; Cependant, Guillaume de Neufchâtel prévit, lui, une succession vers ses deux nièces, Bonne et Isabeau/Elisabeth, filles de son dernier frère Claude de Neufchâtel, ci-après.

Contre tous les usages agnatiques, les époux des deux filles de Claude de Neufchâtel († en février 1505 ; dernier fils de Thiébaud IX et frère de Guillaume), qui étaient les comtes Guillaume de Furstemberg (mari de Bonne de Neufchâtel († 1515) ; † 1549) et Félix de Werdemberg (mari d'Isabeau/Elisabeth de Neufchâtel († 1533) ; † 1530 ; Isabeau maria ensuite Dietrich IV de Manderscheid), se saisirent à main armée des seigneuries de L'Isle, Neufchâtel-Bourgogne (-Urtière) et Pont-de-Roide dès 1505.

  • À la suite de cela, les suzerains Wurtemberg-Montbéliard (Ulric VI, arrière-petite-fils d'Henriette ; puis la branche fondée par son frère cadet Georges de Montbéliard) réclamèrent l'héritage des Neufchâtel et s'emparèrent de Blamont en 1505 — l'empereur officialisa la prise de Blamont en 1510. Pour se protéger, les comtes de Fürstenberg et de Werdenberg, puis les Salamanque d'Ortenberg (cf. plus bas) réclamèrent l'appui de Charles Quint, qui l'accorda le 6 août 1543 aux Salamanque[22]. Cependant, les Wurtemberg-Montbéliard réussirent à garder Blamont, accru vers 1561/1562 de Clémont, Héricourt et Châtelot pour former les Quatre Terres ou les Quatre Seigneuries.
  • Neufchâtel-Bourgogne fut occupé par les deux comtes et beaux-frères Fürstenberg et Werdenberg et, le séquestre impérial de 1515 ayant échoué, ils le gardèrent une vingtaine d'années (donc jusque dans les années 1520 ou 1530), Fürstenberg y étant surtout actif : il s'était aussi emparé de L'Isle, Clémont et Héricourt, et régna en souverain seigneur sur ses domaines jusque vers 1525 et 1530. Mais les Neufchâtel-Montaigu revendiquaient toujours l'héritage : Jean III († 1510), puis son frère aîné Ferdinand († 1522). Or en 1522 s'éteignit le nom de Neuchâtel-Bourgogne avec le décès dudit Ferdinand de Neufchâtel-Montaigu.
    • Tous ses frères étaient décédés sans postérité masculine, par mariage, les droits sur la seigneurie de Neufchâtel passèrent alors dans les familles de Longwy : car une fille de Ferdinand, Anne de Neufchâtel, épouse en 1515 Christophe de Longwy, sire de Longepierre, Rahon et Binans († 1528) : cf. Neublans > toutes les branches) ; puis de Rye, car trois filles d'Anne et Christophe épousent trois frères de Rye : ainsi, Jeanne de Longvy marie Marc de Rye de Dissey ; sa sœur Louise de Longvy marie Gérard de Rye († v. 1564/1575) ; et leur sœur aînée Antoinette de Longvy marie Joachim de Rye († 1560) : cf. Neublans > branche de Rye. Dans les années 1520 et 1530 (puis un siècle après sous les auspices des archiducs Albert et Isabelle) des accords officialisent les droits des Longwy (Christophe, † 1528 : voir ci-dessus), puis des Rye (les trois frères Joachim, Gérard et Marc qu'on vient d'évoquer, vers 1530 ; et Christophe de Rye-La Palu, † 1623, petit-fils de Gérard : voir ci-dessous) sur Neufchâtel et Pont-de-Roide, en échange du renoncement définitif à Héricourt, Clémont, Châtelot et L'Isle-sur-le-Doubs en faveur des Salamanque d'Ortenberg vus plus bas.
    • Ainsi, Claude-François de Rye (né en 1542 et † en 1567), fils de Marc de Rye-Dissey et Jeanne de Longwy, avait hérité de la seigneurie de Neuchâtel-Urtière[22]. Puis son petit-cousin Christophe de Rye-La Palu(d)-Varambon (v. 1570-1623 ; un petit-fils de Louise et Gérard de Rye), son propre fils François de Rye-La Palu(d) († vers 1638) et son petit-fils Ferdinand-François-Just de Rye-La Palu(d) (1637-1657), l'assumèrent.
    • Enfin en 1660, un cousin, le comte Ferdinand-Léonor de Poitiers-Saint-Vallier-Vadans de Rye († 1664 ; sa mère Louise de Rye-La Palu était une sœur de Christophe de Rye-La Palu ; son père Claude-Antoine de Poitiers-Vadans était un petit-fils maternel de Marc de Rye-Dissey ; sa femme était sa petite-cousine Jeanne-Philippe/Philippine de Rye-La Palud, fille de François et petite-fille de Christophe de Rye-La Palu ci-dessus) l'acheta à l'héritière de Ferdinand-François-Just de Rye-La Palu — sa veuve Marie-Thérèse-Henriette de Cusance — avec L'Isle et Pont-de-Roide[13]. Au XVIIIe siècle, la seigneurie de Neufchâtel, avec L'Isle et Pont-de-Roide, échut aux Durfort, Elisabeth-Philippine de Poitiers-Rye († 1778 ; arrière-petite-fille de Ferdinand-Léonor) épousant en 1728 Guy-Michel de Durfort, duc de Lorges et de Randan (1704-1773), maréchal de France.
  • Héricourt, Clémont (en 1519, Fürstenberg détruit son propre château de Clémont et affranchit les mainmortables), Châtelot et l'Isle-sur-le-Doubs échurent à Guillaume de Fürstenberg[24] ; le 15 mars 1525, il les vendit à Ferdinand Ier, archiduc d'Autriche, qui les rétrocéda dès le 20 août 1525 (avec mise en possession en 1527) à son grand-trésorier et archichancelier Gabriel de Salamanque, comte d'Ortembourg (1489-1539), contre 35 000 florins.
    • On a vu plus haut que le comte de Fürstenberg régna en maître absolu sur ses terres, augmentées de Neufchâtel, jusque vers 1525 et 1530. Les Salamanque n'eurent point cette puissance, et la possession réelle de Clémont, Héricourt et Châtelot échut, on l'a vu, aux Wurtemberg-Montbéliard vers 1561/1562.
    • Les descendants de Gabriel de Salamanque gardèrent la baronnie de l'Isle jusqu'en 1622, date de la vente à l'archevêque Ferdinand de Rye (1550-1636 ; un des fils de Gérard de Rye et Louise de Longwy, et donc l'oncle de Christophe de Rye-La Palu) ; l'Isle fut ensuite héritée par les Rye-La Palu, puis achetée le 13 novembre 1660 par Ferdinand-Léonor de Poitiers-Rye, suivant ainsi le sort de Neufchâtel.
  • Montaigu[25] (château ruiné remontant au XIIe siècle, à Colombier) fut un fief des Bourgogne-Comté-Chalon :

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 mai 2020 Gérard Blanc[26] DVD Retraité
mai 2020 En cours Gilles Bourdois [27]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 1657, il est recensé 107 habitants pour 24 ménages. On y trouve des Bailly, Beley, Billon, Couillery, Courtot, Devaure, Devillers, Donzelot, Escarrot, Grammont (le seigneur du lieu), Henryot, Huguenin, Lambelin, Lheritier, Matatoz, Mathille, Marrain, Pance, Paulmier, Payge, Petitot, Robardey, Sylvestre et Valangin[28].


L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[29]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[30].

En 2020, la commune comptait 170 habitants[Note 3], en diminution de 5,03 % par rapport à 2014 (Doubs : +1,96 %, France hors Mayotte : +1,9 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
135135135147123141140130140
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
10414888886961878694
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
657960546659795964
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
83736683129149152154163
2015 2020 - - - - - - -
185170-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[31] puis Insee à partir de 2006[32].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • La chapelle Saint-Ursin.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2023, millésimée 2020, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2022, date de référence statistique : 1er janvier 2020.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz 1998. p. 1462.
  2. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud 1979. p. 493.
  3. a b c d e et f recherches historiques et statistiques sur l'ancienne seigneurie de Neufchâtel
  4. Jean Courtieu, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 5, Besançon, Cêtre, 1986(.
  5. Ernest Nègre, Op. cité
  6. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  7. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le ).
  8. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le ).
  9. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le ).
  10. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le ).
  11. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  12. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  13. a b c d e f g h et i Essai sur l'histoire de la franche-Comté
  14. l'abbé Léopold Loye, Histoire de la seigneurie de Neuchâtel-Bourgogne, Montbéliard, Paul Hoffmann, , 418 p. (lire en ligne)
  15. « Les sires de Neufchâtel en Bourgogne », sur La seigneurie de Neufchâtel en Bourgogne, par André Dodivers, Doubs Généalogie, à L'Isle-sur-le-Doubs, 1975
  16. Recherches historiques sur les acquisitions des sires de Montfaucon
  17. Le pouvoir des comtés de bourgogne au XIIIe siècle.
  18. Bourgs et villages du Doubs
  19. Annuaire départemental du Doubs
  20. a b c d et e Mémoire historique sur l'abbaye de baume-les-Dames
  21. Mémoires historiques sur la ville et seigneurie de Poligny
  22. a b et c Mémoire et documents
  23. a et b Procès-verbaux
  24. « Maison de Furstenberg (p. 1 à 30), p. 14 », sur Histoire généalogique et héraldique des Pairs de France, par Jean-Baptiste-Pierre Jullien, chevalier de Courcelles, t. XII, à Paris, 1833
  25. « Montaigu, p. 601 et 617 », sur Le patrimoine fortifié du lignage de Neufchâtel-Bourgogne, XIIIe-XVIe siècles, volume 3 : les sites ; Thèse de Doctorat soutenue par Vianney Muller, Université de Nancy, juin 2015
  26. Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires (doc pdf)
  27. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le ).
  28. La population de la Franche-Comté
  29. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  30. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  31. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  32. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019 et 2020.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ancienne chevalerie de lorraine, ou, Armorial historique et généalogique des maisons qui ont formé ce corps souverain, eu droit de sièger aux assises, Jean Cayon, 1850, p. 146.
  • Annuaire départemental du doubs, A.Laurens, Doubs, 1844, p. 119.
  • Bourgs et villages du Doubs, Eric Coulon, Marc Paygnard, Éditions Cabedita, 2005, p. 104.
  • Dépêches des ambassadeurs milanais sur les campagnes de Charles-le-hardi duc de Bourgogne de 1474 à 1477, Frédéric de Gingins-la-Sarra (baron), 1858, p. 164.
  • Essai sur l'histoire de la Franche-Comté, volume 2, Edouard Clerc, 1846, p. 72, 74, 75.
  • Histoire généalogique des sires de salins au comté de Bourgogne, volume 1, Jean Baptiste Guillaume, 1757, p. 42, 43, 45, 121, 122, 126, 162, 164, 184.
  • La Population de la Franche-Comté, tome 2, ouvrage collectif, Presses univ. Franche-Comté, p. 56, 57.
  • Le Pouvoir des comtés de Bourgogne au XIIIe siècle, Marie-Thérèse Allemand-Gay, Presses Univ. Franche-comté, 1988, p. 125.
  • Mémoires et documents inédits pour servir à l'histoire de la Franche-Comté, volume 1, Jacquin, 1838, p. 187, 188.
  • Mémoires historique sur l'abbaye de baume-les-Dames, Louis Besson, 1845, p. 49 à 60.
  • Mémoires historiques sur la ville et seigneurie de Poligny, avec des recherches relatives à l'histoire de comté de Bourgogne, François-Félix Chevalier, 1767, p. 414.
  • Mémoires pour servir à l'histoire du comté de Bourgogne, contenans l'idée générale de la noblesse et le nobiliaire du dit comté, François-Ignace Dunod de Charnage, 1740, p. 48.
  • Procès-verbaux et mémoires, P.Jacquin, Académie des sciences, belles lettres et arts de Besançon, 1838, p. 99, 100.
  • Recherches historiques et statistiques sur l'ancienne seigneurie de neuchâtel, au comté de bourgogne, Jean François N.Richard, 1840. Google livres
    • à noter que cet ouvrage est tiré du cartulaire de Neuchâtel, écrit en lettres gothiques et sur parchemin, achevé en 1423, il est divisé en trois parties. La première présente la nomenclature des villages dépendants de la seigneurie ainsi que celle des redevances des vassaux et des sujets de cette maison. La seconde présente les lettres de franchise accordées à ces villages ou à des particuliers ainsi que les traités conclus par les seigneurs de Neuchâtel avec leurs voisins. La dernière contient les reprises de fiefs et les dénombrements de terres donnés à leurs suzerains par les vassaux de Neuchâtel aussi bien en Franche-Comté qu'en Haute-Alsace ou à Porrentruy. Il réunit les chartes des XIIe, XIIIe, XIVe et début du XVe siècle.
  • Recherches historiques sur les acquisitions des sires de Montfaucon et de la maison de Chalons dans le Pays de Vaud, Frédéric Jean Charles de Gingins-la-Sarra, 1857, p. 6.
  • Recherches sur les sires de Cossonay et sur ceux de Prangins volume 5, parties 1 à 2, Louis de Charrière, 1845, p. 116.
  • Toponymie générale de la France, volume 1, Ernest Nègre, 1990.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]