Vauthiermont

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Vauthiermont
Vauthiermont
La mairie-école.
Blason de Vauthiermont
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Territoire de Belfort
Arrondissement Belfort
Canton Grandvillars
Intercommunalité Grand Belfort
Maire
Mandat
Philippe Girardin
2014-2020
Code postal 90150
Code commune 90100
Démographie
Population
municipale
227 hab. (2015 en diminution de 1,73 % par rapport à 2010)
Densité 48 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 41′ 09″ nord, 7° 02′ 00″ est
Altitude Min. 354 m
Max. 412 m
Superficie 4,74 km2
Localisation

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Liens
Site web www.vauthiermont.fr

Vauthiermont est une commune française située dans le département du Territoire de Belfort en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Sur les 460 ha de territoire communal, 136 sont constitués de forêt. Une partie du village se situe sur la ligne du partage des eaux, entre Méditerranée et Mer du Nord.

Située à la limite du Haut-Rhin, Vauthiermont est bordée au nord par la commune d'Angeot, à l'est par Bellemagny et Saint-Cosme en Alsace, au sud par Reppe, et à l'ouest par Larivière et Fontaine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Waldarses (796), Waltersberg (1576)[1], Walterspergh (1579), Vauthiermont (1655), Vauthiermont (1793).
  • En allemand : Walthersberg[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines

Étymologiquement, Vauthiermont apparait sous le nom germanique de Walthenberg. Vauthiermont dérive de Vauthier, seigneur forestier (Waldherr), ce qui s'explique aisément par le fait que la forêt est très présente sur le territoire communal. En outre, Vauthiermont se situe sur une hauteur qui domine les villages alentour, ce qui justifie le suffixe "mont".

Les textes attestent de l'antiquité du village, qui aurait pris naissance pendant l'époque mérovingienne.

C'est ainsi qu'une décision du concile de Nicée en 325, a établi les évêchés de la période romaine dans les limites même des circonscriptions administratives et les évènements qui survinrent depuis cette époque n'en modifièrent presque jamais l'étendue. C'est ainsi que l'immuabilité des circonscriptions diocésaines permet de dire que Vauthiermont faisait partie du Pays des Raurarques pendant la domination romaine.

Avant 1870

La première mention du nom de la localité se trouve dans un acte de donation, rédigé en allemand, en faveur de l'abbaye de Murbach, signé en 796. En effet, l'abbaye de Murbach alors régie par Charlemagne, étendit sa puissance par l'acquisition de nouveaux domaines et de donations de biens, situés dans divers villages dont Vauthiermont, hameau qui portait alors le nom de Walthenberg.

Au XIIe siècle, le village dépendait de la mairie, prévôté et paroisse d'Angeot. En 1441, Vauthiermont possédait une chapelle dédiée à saint Georges, qui était desservie en 1590 par le curé de Saint-Cosme. Ce n'est qu'en 1771 qu'elle est érigée en paroisse autonome. Une nouvelle église, consacrée à saint Antoine, est alors construite.

Au XIVe siècle, on apprend par les textes qu'il existe des droits à Angeot, Vauthiermont, et Novillars qui dépendent alors de la seigneurie de Rougemont-le-Château. En 1363, ces droits sont inféodés à un noble d'Angeot. On suppose alors que cette région a été détachée de la seigneurie de Rougemont-le-Château au moment de l'engagement de cette dernière aux Hasbourg-Laufenbourg vers 1360. Ainsi Vauthiermont appartient à la prévôté d'Angeot. Au XVe Vauthiermont faisait partie du fief d'Angeot. Angeot avait des droits sur les habitants et les biens de Vauthiermont. La destinée de Vauthiermont se retrouve liée pour près d'un siècle avec Angeot. Un des héritages de ce rapprochement entre les deux villages est le blason de Vauthiemont très largement inspiré de celui d'Angeot, puisque le blason d'Angeot représente deux lions noirs qui se font face sur un fond argenté, alors que sur celui de Vautiermont le fond est noir et les lions sont argentés.

En 1441 Vauthiermont relève de la paroisse de Saint-Côsme qui appartient au diocèse de Bâle. Le village reste dans le diocèse de Bâle jusqu'au 20 janvier 1787 date à laquelle il sera rattaché à l'archevêché de Besançon.

La formation et le peuplement des villages ont été fortement contrariés par les invasions qui ont déferlé dans la région. C'est ainsi que vers 1636, le village a été entièrement ruiné par les troupes protestantes suédoises qui ont envahi l'Alsace. Jusqu'au règne de Louis XIV, Vauthiermont faisait partie de la sphère de dépendance germanique d'abord au sein du Saint empire germanique puis sous domination des Habsbourg d'Autriche puis d'Espagne. C'est seulement avec le traité de Wesphalie en 1648 qui met fin à la guerre de 30 ans que Vauthiermont ainsi qu'une bonne part de l'Alsace devient une terre attachée au royaume de France. C'est aussi à cette époque que se reconstruit le village mais un petit peu plus au nord que son emplacement initial. Vauthiermont, à partir de ce moment, fait partie de la province d'Alsace. C'est donc tout naturellement qu'à partir de la Révolution française Vauthiermont est une commune du département du Haut-Rhin.

Depuis 1870

La guerre franco-prussienne de 1870 marque un tournant dans l'histoire de Vauthiermont. En effet, pendant cette guerre qui vit la défaite des armées françaises par les armées prussiennes, la ville-fort de Belfort a tenu tête à l'armée prussienne, puisque malgré un siège très dur Belfort ne s'est jamais rendue. Ainsi, lors de l'armistice qui donnait "l'Alsace et la Lorraine" au nouvel Empire allemand, les Français purent conserver la partie du Haut-Rhin qui se trouvait aux alentours de Belfort. Dans un premier temps Vauthiermont devait rester avec le reste de l'Alsace et devenir allemand, mais grâce à une ultime concession arrachée à Bismarck et qui fait l'objet d'un article additionnel (le 10 mai 1871), l'Allemagne laisse au Territoire de Belfort (qui deviendra un département en 1922], de nombreux villages se trouvant sur la zone frontière, dont le village de Vauthiermont. Vauthiermont deviendra alors un village frontalier de l'Allemagne ce qui va complètement changer la destinée du village. Le nom de certaines rues comme la rue de l'Ancienne-Frontière attestent encore aujourd'hui de l'ancien statut de village frontalier de Vauthiermont.

La première conséquence du caractère frontalier de Vauthiermont est l'implantation d'un poste de douane à la sortie est du village, le long de l'actuelle rue de la Dragonnade. Ce poste de douane apporte un dynamisme certain à ce petit village qui comptait alors à peine plus de 350 habitants. L'annexion de l'Alsace-Lorraine a eu pour conséquence un fort exode d'Alsaciens vers le Territoire de Belfort et en particulier vers les villages frontaliers comme Vauthiermont. Pendant la Première Guerre mondiale, Vauthiermont fut relativement épargné par les conflits. En effet, à la suite de l'attaque française de 1914 vers Mulhouse, le front se stabilisa plus à l'est. Cependant, plusieurs tirs d'artillerie lourde touchèrent le village, du fait d'erreurs d'ajustement de l'artillerie allemande qui visait la ligne de chemin de fer militaire qui passait dans la forêt derrière Vauthiermont. Du fait de la persistance de ces bombardements, on construisit des abris de bombardements qui seront achevés en 1917 et que l'on peut toujours voir aujourd'hui. Après le 11 novembre 1918, le village va perdre son caractère frontalier. Vauthiermont va subir de plein fouet l'exode rural et la population va tomber de 350 habitants à moins de 150 habitants en 1936. En 1940 Vauthiermont fut épargnée par les combats. Le village fut occupé à partir de juin 1940 par les nazis et fut libéré en novembre 1944 par la Première Armée française. Vauthiermont comme tous les villages de France paya un lourd tribut aux deux guerres mondiales.


L'église de Vauthiermont.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Vauthiermont

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

de sable aux deux lions affrontés d'argent.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1983 mars 1989 Robert Koenig ... ...
mars 1989 mars 1991 Jacques Romain ... ...
mars 1991 mars 2001 Philippe Girardin ... ...
mars 2001 mars 2008 Jean-Luc Mathey ... ...
mars 2008 en cours Philippe Girardin Gauche ...

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[4].

En 2015, la commune comptait 227 habitants[Note 1], en diminution de 1,73 % par rapport à 2010 (Territoire de Belfort : +1,1 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
274308358360394383403339346
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
305315313326334299296313301
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
264234204241170169145160172
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
127127146174183203232236233
2015 - - - - - - - -
227--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Une des premières femmes élue député aux États-Unis en 1913 venait d’une famille de l’actuel Territoire de Belfort.

Nena Jolidon-Croake, lors de sa campagne électorale de 1912. SI, en France, il a fallu attendre le milieu du XXe siècle pour que le droit de vote soit consenti aux femmes, cette évolution est plus ancienne dans nombre de démocraties. Aux États-Unis, plusieurs états, dont le Wyoming dès 1868, ont été pionniers en la matière jusqu’à l’inscription du principe dans la constitution américaine en 1920.

Ces derniers jours, l’état de Washington (près de l’Alaska, à ne pas confondre avec la ville de Washington) fête le centenaire de ses premières femmes députées. Elles étaient deux : une Républicaine et une Démocrate. C’est cette dernière, Nena Jolidon-Croake, qui nous intéresse particulièrement, puisqu’il s’avère qu’elle était la fille d’un émigré français, François Jolidon, né en 1825 à Vauthiermont, dans l’actuel Territoire de Belfort.

C’est Jordan Lahmar, un jeune étudiant belfortain âgé de 23 ans, qui a retrouvé la trace de cette féministe d’origine française au détour de ses recherches pour un mémoire universitaire en histoire, et nous l’a signalée. En 1913, la nouvelle députée avait été interviewée par le New-York-Times et son élection avait été rapportée, de ce côté-ci de l’Atlantique, dans L’Illustration.

Installée à Tacoma, dans l’Etat de Washington, elle fait sensation en étant la première femme à traverser la ville au volant d’une automobile.

Quelques recherches dans les archives américaines permettent d’en savoir en peu plus et laissent entrevoir une histoire assez romanesque. Celle-ci débute avec l’arrière-grand-père de Nena Jolidon qui, on ne sait trop comment, s’est retrouvé à combattre au côté de George Washington dans les années 1770 pendant la guerre d’indépendance contre les Anglais. Cependant, après la naissance des États-Unis d’Amérique, il revient dans ce qui était alors le Haut-Rhin, devient instituteur et se fait élire maire de Vauthiermont. Le vieux soldat avait survécu aux balles anglaises, il tombera sous celles des Prussiens en 1814 lors du siège de Belfort.

On comprend cependant que les États-Unis et son idéal démocratique étaient restés dans la tête de cette famille, dans ce petit coin de la campagne française. Le grand-père de Nena est lui aussi instituteur. La monarchie a été rétablie. La perspective de l’établissement d’une république paraît de plus en plus lointaine. En 1826, la famille Jolidon prend le bateau pour les États-Unis, emmenant ses deux enfants, dont François, le père de Nena, qui n’a alors que quelques mois.

Nous ne savons pas grand-chose de l’enfance de Nena Jolidon, sinon qu’elle est née dans l’Illinois en 1865. Elle s’affirme rapidement comme une jeune femme cultivée, intelligente, indépendante, douée de sens politique, qui a vite rejoint la cause des suffragettes pour réclamer le droit de vote pour les femmes. Elle s’est mariée à John Croake, et le suit à Tacoma, au nord-ouest du pays dans l’état de Washington, où il est shérif. Elle gagne cependant sa vie puisqu’elle exerce la profession de médecin ostéopathe en libéral et fait sensation en étant la première femme à traverser la ville au volant d’une automobile.

Ses convictions sociales et féministes la conduisent à briguer un poste de député de l’état de Washington en 1912. Elle inaugure pour cela une technique alors inconnue : le porte-à-porte. À l’époque, les campagnes se déroulaient grâce à des meetings et des banquets. L’assistance y était cependant presque exclusivement masculine. Nena Jolidon décide donc d’aller au contact des électrices là où elles sont : chez elles, allant dans les cuisines aux heures de préparation des repas pour les inciter à lui accorder leurs votes.

Finalement, elle obtient en 1912 un des deux sièges de député réservés aux femmes. Il y avait six candidates, elle termine deuxième à neuf voix seulement de la première, Frances Axtell. Les deux élues commencent à siéger en janvier 1913. Les documents qui sont parvenus jusqu’à nous montrent que Nena Jolidon n’aura pas été épargnée, et cela dès le premier jour de son mandat où elle est rudoyée par ses collègues masculins qui la présentent comme une quasi-idiote. Elle ne se démonte cependant pas, et dès le deuxième jour défend à la tribune une proposition de loi visant à garantir une aide minimale aux mères élevant seules un ou des enfants.

Elle ne sera pas réélue aux élections de 1914. Elle continua de pratiquer la médecine et demeura une féministe engagée tout le reste de sa vie. Elle quitta Tacoma en 1923 après la mort de son mari, pour s’installer à Los Angeles. Le couple n’avait pas eu d’enfant.

Une notice nécrologique de quelques lignes dans un journal de Los Angeles nous apprend qu’elle est morte dans cette ville le 2 janvier 1934.

Bio express : 1865 Naissance de Nena Jolidon dans l’Illinois. Elle est la fille de François Jolidon, né en 1825 à Vauthiermont, dans l’actuel Territoire de Belfort.

1890 Mariage avec John Croake, shérif.

1903 S’installe comme médecin ostéopathe.

1913-1915 Députée de l’Etat de Washington.

1923 S’installe à Los Angeles.

1934 Décès à Los Angeles.

Économie[modifier | modifier le code]

  • Vauthiermont compte une auberge, "La petite charrue".

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Toponymie générale de la France: Tome 2, Formations non-romanes-Ernest Nègre.
  2. Dictionnaire topographique du département du Haut-Rhin - Georges Stoffel (1868)
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.