Blâmont

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Blâmont
Église Saint-Maurice
Église Saint-Maurice
Blason de Blâmont
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Lunéville
Canton Baccarat
Intercommunalité Communauté de communes de Vezouze en Piémont
Maire
Mandat
Thierry Meurant
2016-2020
Code postal 54450
Code commune 54077
Démographie
Gentilé Blâmontais
Population
municipale
1 100 hab. (2014)
Densité 148 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 35′ 26″ nord, 6° 50′ 35″ est
Altitude Min. 254 m – Max. 336 m
Superficie 7,41 km2
Localisation

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Blâmont

Blâmont est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue de Blâmont en 2014.

Blâmont est située à l'extrémité orientale du département, dans la vallée de la Vezouze. Cette rivière a connu plusieurs crues spectaculaires dans le passé, à la différence de son affluent, la Voise, qui n'a jamais menacé les zones habitées.

La ville se trouve sur la route nationale 4 qui se fraie un tracé tortueux parmi les maisons anciennes. Depuis le mois de décembre 2006, une route à 2x2 voies contourne Blâmont.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Blammont (1186), Album Montem (1290), Blamont (1793).
  • En allemand: Blankenberg.

Histoire[modifier | modifier le code]

La seigneurie appartint à la famille qui en prit le nom (Blankenberg en allemand), puis devint un fief des comtes de Salm aux XIIe et XIIIe siècles. Ils l'attribuèrent à l'un de leurs cadet, Ferry de Blâmont, fils cadet de Henri III de Salm. Henri de Blâmont, fils de Ferry, est l'un des principaux héros du tournoi de Chauvency en 1285, applaudi par Jacques Bretel, qui le met à l'honneur et raconte sa joute contre Gevigni et ses faits d'armes dans la mêlée du tournoi, aux côtés de Jean de Rosières et de Raoul de Baissi. Il participait ainsi aux fêtes données par son beau-père, Louis V de Looz, comte de Chiny, époux de Jeanne de Bar, fille d'Henri II de Bar et Philippa de Dreux, veuve de Ferry.

Gisant de Henri I sire de Blâmont et de son épouse Cunégonde de Linange. Chapelle des Cordeliers, Nancy

La seigneurie fut élevée au rang de comté au XVe siècle. Le comté fut légué au duc de Lorraine en 1499 par Olry de Blâmont, évêque de Toul, et Christine de Danemark, régente de Lorraine, résida à Blâmont.

En 1573, Marguerite de Valois accompagna son frère le duc d'Anjou, futur Henri III roi de France, jusqu'à Blâmont[1], alors qu'il allait prendre possession du trône de Pologne.

Vue de Blâmont et son château en 1645

Au début du XVIIe siècle, la duchesse douairière Marguerite de Gonzague contribue également à l'essor de la cité, en fondant un couvent de Capucins, et un monastère des religieuses enseignantes de la congrégation Notre-Dame.

La ville et son château furent pris par les Protestants lors des guerres de religion, puis détruits pendant la guerre de Trente Ans (sièges de 1636 et 1638) ; le château-fort comme beaucoup d'autres fut démantelé sur ordre de Richelieu.

La ville fut reconstruite au XVIIIe siècle ; de nombreux bâtiments datent de cette période, comme l'hôpital, l'hôtel du Chatelet ou le presbytère. Le centre se déplace alors au-delà des murs, près du pont de la Vezouze.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.

Au XIXe siècle, la ville connut une période de prospérité, en lien avec son environnement agricole. Un actif tissu économique se développa alors: tanneries (Hertz), brasseries (Baumgarten), chocolaterie (Burrus), fabrique de velours (Bechmann), usine de fourches (Labourel)... Son collège, fondé en 1812 par l'abbé Lebon, attire de nombreux pensionnaires venus de toute la région, tandis que la population de la ville dépasse le cap des 2500 habitants au milieu du siècle. Ce fut durant cette période de prospérité que furent édifiés l'hôtel de ville (1830), la synagogue (1844) et l'église (1852). En 1836, on y dénombrait une cinquantaine de familles juives[2].

Pendant la Première Guerre mondiale, Blâmont, situé à quatre kilomètres de la frontière franco-allemande issue du traité de Francfort de 1871, fut rapidement envahi par les Allemands. Les actes de barbarie commis à Blâmont au début des hostilités (août 1914) défrayèrent la chronique internationale. Puis le front se stabilisa et la ville demeura sous occupation allemande, relativement épargnée tandis que les villages des alentours, situés sur la ligne de front, furent dévastés.

Le centre-ville et le château furent bombardés durant la Seconde Guerre mondiale. Dans le cimetière reposent les sept corps de l'équipage d'un avion du 550e escadron de la Royal Air Force tombé à Blâmont le 29 juillet 1944.

L'après-guerre fut marqué par la reconstruction, puis par la désindustrialisation.

Depuis 2001, les municipalités de Monique Roch puis de son successeur Guy Jambois sont confrontées à des problèmes de fonctionnement récurrents (démission de deux adjoints en juillet 2002, destitutions de deux autres adjoints en juillet 2008 et en mai 2009, puis démission de six conseillers en juillet 2009, suivie d'élections partielles en septembre 2009 intégralement remportées par l'opposition). En janvier 2011, les médias révèlent que le maire serait impliqué dans une affaire de présumées fausses délibérations[3]. Une nouvelle vague de démissions de conseillers municipaux a lieu au printemps 2016[4], provoquant de nouvelles élections partielles en septembre 2016[5] remportées par Thierry Meurant[6].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1700   Sébastien Frémion    
1773   Jean-Baptiste Fromental    
1777 1790 Joseph Chazel    
1790 1791 Thomas de Mitry    
1791 1792 Jean-Claude Claudon    
1792 1793 Marie-Joseph Barail    
1793   Vaultrin    
1793 1794 Marie-Joseph Barail    
1794   Hertz    
1794 1795 Jean-Pierre Bentz    
1799   Jean-Claude Thouvenin    
1802 1806 Aimé Fromental    
1807 1815 Christophe Batelot    
1815   Nicolas Thomassin    
1815   Balthazard Lafrogne    
1815   Christophe Batelot    
1815 1825 François Lafrogne    
1825 1829 Christophe Batelot    
1829 1831 Jean Gérard    
1831 1847 Charles Lafrogne    
1848 1850 Louis Félix Colesson    
1850 1873 Emile Mathis de Grandseille   Conseiller général du canton de Blâmont (1871-1874)
1873 1887 Hubert Brice   Conseiller général du canton de Blâmont (1874-1898)
1888 1896 Charles Barthelemy    
1896 1912 Charles Labourel    
1912 1921 Charles Bentz   Conseiller général du canton de Blâmont (1898-1922)
1914   Constant Hertz    
1921 1928 Lucien Labourel    
1928 1930 Henri Hanriot    
1930 1937 Joseph Colin    
1937 1966 Jean Crouzier   Conseiller général du canton de Blâmont (1945-1970)
Député (1946-1958)
Secrétaire d'état (1955-1956)
1966 1983 Jean-Roland Belin    
1983 1995 Simone Thomas    
1995 2001 Gérard Balland    
mars 2001 2014 Monique Roch    
mars 2014 septembre 2016 Guy Jambois    
septembre 2016 en cours Thierry Meurant    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du milieu des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[8],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 100 habitants, en diminution de -5,58 % par rapport à 2009 (Meurthe-et-Moselle : 0,15 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 859 1 941 1 908 1 897 2 089 2 638 2 563 2 671 2 527
1856 1861 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
2 404 2 298 2 272 2 337 2 175 2 147 2 052 1 934 1 726
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 604 1 670 1 386 1 469 1 559 1 606 1 110 1 253 1 409
1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 2014 -
1 400 1 257 1 399 1 318 1 261 1 180 1 121 1 100 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006 [10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Enseignement[modifier | modifier le code]

L'école maternelle et élémentaire Jean-Crouzier occupe l'ancien couvent des sœurs de Notre-Dame (XVIIe siècle). Le collège du château est installé dans un bâtiment construit en 1953 et agrandi en 1972.

Au XIXe siècle, Blâmont eut un collège municipal (1812-1858), puis diocésain (1858-1870), un pensionnat libre (demoiselles Tanche, 1842-1870) et deux écoles congréganistes, une masculine (frères des Écoles chrétiennes, 1854-1870) et une féminine (sœurs de la Doctrine Chrétienne, 1808-1903). L'immeuble des sœurs de la doctrine chrétienne, rue des Capucins, devint le Foyer des Institutrices Libres de Lorraine après 1925.

Santé[modifier | modifier le code]

Centre Sanitaire et Médico-Social "Les rives du château" de la Croix-Rouge, sur l'emplacement du palais de Christine de Danemark. L'ancien hôpital Saint-Jean Baptiste est devenu la maison de retraite "3 H Santé". Les anciens locaux de l'hôpital sont occupés par le Foyer d'Accueil Spécialisé (chapelle du XVIIIe siècle)

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Blâmont.

Blâmont abrite les ruines d'un château fort médiéval (XIe siècle), remanié à diverses reprises jusqu'au XIXe siècle. Ce château fait actuellement l'objet d'une consolidation par une association qui assure également des visites.

De nombreuses maisons et hôtels particuliers du XVIIIe siècle sont bien conservées dans la ville. Les plus remarquables sont: le presbytère, la maison Cabri (30, rue Victor Pierre), la maison Colin-Brice (13, place Général de Gaulle), la maison Lafrogne (51, rue du 18 novembre), l'hôtel de Martimprey et l'hôtel des chanoines réguliers de Domèvre (25 et 29 rue du Château).

L'imposant hôtel de ville de style néo-classique est construit sur les plans de l'architecte Antoine-Alexandre Jandel à la fin de la Restauration (1830).

Deux châteaux ont été construits dans des écarts au XIXe siècle: le château du Clos Saint-Pierre ayant appartenu à Adrien de Turckheim (incendié dans l'entre-deux-guerres) et le château Sainte-Marie reconstruit après la première guerre mondiale.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Orgue Dingler de Blâmont.
  • Église Saint-Maurice 1852 néogothique : confessionnaux et chaire XVIIIe siècle, baroque provenant de l'abbaye de Domèvre-sur-Vezouze ; abrite un orgue historique de Dingler, construit au XVIIIe siècle, transformé au XXe, et restauré par Kern en 2000.
  • Collégiale de Blâmont, supprimée avant la Révolution, remplacée par la chapelle néo-gothique du collège (1848), détruite au XXe siècle.
  • Monastère des religieuses de Notre-Dame (XVIIe siècle), reconverti en école maternelle.
  • Couvent des Capucins fondé en 1627 par Marguerite de Gonzague, avec chapelle ornée de fresques, converti en centre d'action sociale dans l'entre-deux-guerres (Bon-Accueil), détruit par bombardement en 1944.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'argent à deux saumons adossés de gueules accompagnés en chef d'une rose de même.

Blason de Henri de Blâmont[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules aux deux saumons adossés d'argent.
Commentaires : À Chauvency-le-Château, Henri de Blâmont avait déjà modifié et simplifié les armoiries des Salm pour ne plus porter que des saumons d'argent mis en valeur sur un écu de gueules. Selon les manuscrits de Mons ou d'Oxford, il crie "Salm" ou "Blâmont" lors de la mêlée du tournoi.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Constant Hertz, Blâmont, la vaillante (épisodes de guerre), Paris-Revue, 1920
  • Louis Schaudel, Les comtes de Salm et l'abbaye de Senones aux XIIe et XIIIe siècle. Contribution à l'histoire de Senones, Pierre-Percée, Badonwiller, Blamont, Deneuvre, Berger-Levrault, 1921
  • Joseph Colin, Notice sur Blâmont et Bon-Accueil, don de la Croix-Rouge américaine, Mazerand, 1926.
  • A. Dedenon, Histoire du Blâmontois, Vagner, 1930-1931, 2 vol.
  • Antoinette Aubry-Humbert, Seigneurs et laboureurs dans le Blâmontois aux XVIIe et XVIIIe siècles, 2001-2011.
  • Cédric Andriot, "Blâmont", dans La Gazette Lorraine, mars 2012.
  • Cédric Andriot, Fabienne Henryot et Philippe Masson, Blâmont et le Blâmontois au fil des siècles, Gérard Louis, 2009
  • Cédric Andriot, "Le collège de Blâmont du Concordat à la Séparation de l'Église et de l'école", Annales de l'Est, 2012, no 2.
  • Cédric Andriot, "L'école de la Doctrine chrétienne à Blâmont (1808-1903): une école libre face à la laïcité", Le Pays Lorrain, septembre 2013, no 3.
  • Sœur Euphémie, Quatre ans sous le joug allemand, Journal d’une religieuse de l’hôpital de Blâmont occupé par l’Allemagne de 1914 à 1918, présenté par Cédric Andriot et Thierry Meurant, Haroué, éditions Gérard Louis, 2014.
  • Thierry Meurant et Cédric Andriot, "Blâmont, août 1914. L'histoire méconnue des premiers jours de guerre", dans Le Pays Lorrain, septembre 2014, no 3.
  • Thierry Meurant et Cédric Andriot, Monuments aux morts du Blâmontois. 34 communes dans la Grande guerre, 2013, 88 pages.
  • Vianney Muller, "Usages passés et avenir du château de Blâmont", dans Le Pays Lorrain, septembre 2016, no 3.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoires de Marguerite de Valois, p. 49, (ISBN 978-2-07-043662-0)
  2. E. Grosse, Dictionnaire statistique du département de la Meurthe, tome 1er, 1836, page 83.
  3. Journal télévisé, France 3 du 18 janvier 2011
  4. « Deux nouveaux adjoints et deux nouvelles démissions », L'Est Républicain,‎
  5. « Elections municipales le 25 septembre », L'Est Républicain,‎
  6. « Blâmont: Thierry Meurant gagne face à Guy Jambois », L'Est Républicain,‎
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  11. Laurent Mauduit, Petits conseils, éditions Stock, 2007, page 277