Mathay

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Mathay
Mathay
La mairie de Mathay.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Montbéliard
Canton Valentigney
Intercommunalité Pays de Montbéliard Agglomération
Maire
Mandat
Daniel Granjon
2014-2020
Code postal 25700
Code commune 25370
Démographie
Population
municipale
2 166 hab. (2016 en augmentation de 0,56 % par rapport à 2011)
Densité 146 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 26′ 16″ nord, 6° 47′ 02″ est
Altitude Min. 330 m
Max. 551 m
Superficie 14,85 km2
Localisation

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Panorama sur Mathay, depuis le belvédère des Roches

Mathay est une commune française située dans le département du Doubs en région Bourgogne-Franche-Comté.

Les habitants de Mathay sont appelés les Mathéens et Mathéennes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Ecclesiam S. Petri Majestaris en 1143 ; Maste en 1148 ; et 1162 ; Le vaul d'Amastes en 1283 ; Mathey en 1337 ; Mastay en 1371 ; Malthay en 1422 ; Mathay depuis 1529[1].

Mathay est située le long du Doubs. Elle fait face à Mandeure, l’antique Epomanduodurum romaine.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Berche Voujeaucourt Valentigney Rose des vents
Dampierre-sur-le-Doubs
Écot
N Mandeure
O    Mathay    E
S
Bourguignon

Histoire[modifier | modifier le code]

Voir le Hameau de Lucelans

L'origine du nom[modifier | modifier le code]

La première mention de Mathay apparaît dans une bulle du pape Celesin II en 1143 sous le nom de Majesta, dans laquelle celui-ci confirme les biens de l'abbaye de Baume-les-Dames : Ecclesiams S.Petri Majestatis ; Ecclesiam sancti Symphoriani, .... Dans l'arrêt de 1162 de Frédéric Barberousse Mathey est nommé Maste et Meste. Au XIVe siècle c'est Matelum et aux XVe et XVIe siècles il est fait mention de Mata ou Mautta. Le nom semble d'origine celtique et signifierait belle rivière (de mat = beau et ta = eau ou rivière). De nombreux vestiges romains découverts dans l'enceinte du village le désignent comme contemporain de Mandeure (Epomanduodurum) à cette époque[2].

La prévôté de Mathay[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prévôté de Mathay.

La seigneurie de Mathay de par sa position défendait l'entrée des montagnes du comté de Bourgogne, elle regroupait une vingtaine de villages et sa forteresse était un tribunal où siégeait le seigneur de Neuchâtel lorsqu'il y convoquait chaque année les magistrats et maires de la juridiction[3].

Mathay était le pilier de la prévôté détenue par les seigneurs de Neuchâtel-Bourgogne, à ce titre ils recevront en 1306[2] l'hommage des nobles possédant les terres la constituant (de Bavans à Pont-de-Roide-Vermondans et englobant Bourguignon et Écot)[4]. Les habitants déclarèrent à cette séance de tenue d'un plaid (assemblée sur le modèle germanique) qu'ils gardaient les usages et les coutumes institués depuis longtemps par les abbesses de Baume-les-Dames (il semble que l'abbaye la possédait depuis le VIe siècle, à cette occasion il est fait mention de la Pooté de Mathay, dérivée du latin potestas ou proepositura[2]), à cet effet ils soulignèrent qu'ils étaient soumis à la juridiction de leur prévôt et de leur maire, que le plaid se tiendrait deux fois par an, que la justice ne pouvait être rendue qu'à cette occasion, que s'ils devaient plaider devant une justice étrangère ils devaient être assistés de leur prévôt et du maire, que tous les habitants des villes de la prévôté y avaient droit de vote, qu'ils choisissaient eux-mêmes les gardes forestiers, qu'ils n'étaient pas taillables mais seulement corvéables, qu'ils n'étaient pas soumis au lost (service militaire à pied), ni à la chevaulchie (service à cheval), ni au guet, ni à la garde, qu'ils pouvaient s'assembler quand ils le voulaient, qu'en cas d'homicide ils pouvaient se réfugier au château de Neuchâtel (le seigneur devait accueillir le fugitif moyennant soixante sous et ce dernier pouvait trouver un accord avec les plaignants allant jusqu'au duel), qu'en échange de la garantie de ces libertés et de la possibilité de retrait dans la forteresse de Neuchâtel en cas de guerre ils étaient obligés à l'entretien du château de Neuchâtel, du gîte aux chiens du seigneur et soumis aux lois de Neuchâtel pour la chasse (qui n'était permise qu'après l'obtention d'une licence), la libre circulation sur les chemins et le bornage des terres (il était courant que les bornes soient déplacées lors des successions), qu'enfin ils étaient libres de sortir de la prévôté[5],[2].

La forteresse[modifier | modifier le code]

Au sud-est du village, à peu de distance de l'église, sur une petite éminence se dressait le château de Mathay. Il était composé d'une cour rectangulaire cernée de bâtiments sur tous les côtés. Des tours rondes et massives protégeaient trois des côtés de la muraille d'enceinte de 6 mètres d'épaisseur, le quatrième côté était équipé d'un pont-levis que défendait une imposante tour entourée de fossés, elle-même accessible par un autre pont-levis. L'enceinte du château était bordée d'un fossé alimenté par une source qui jaillissait du château même. Au XVIIe siècle la forteresse sera détruite[3].

Les Neuchâtel-Urtière[modifier | modifier le code]

Avant leur arrivée, la prévôté de Mathay était administrée par les abbesses de Baume-les-Dames. En 1162, il est question de Thierry de Soye comme prévôt. Les abbesses eurent à s'en plaindre auprès de l'empereur Fréderic Barberousse en sa qualité de comte de Bourgogne, devant le comportement violent du prévôt envers les habitants ; le comte décréta le 8 octobre de cette année qu'il prenait la prévôté sous sa protection et en éloignait Thierry de Soye.

Se méfiant de la puissance que donnait le titre de prévôt, les abbesses ne le transmirent pas tout de suite aux seigneurs de Neuchâtel-Bourgogne, ce n'est qu'en 1301 qu'ils purent enfin porter le titre de prévôt et vicomte de Baume-les-Dames. La charte stipule : que le noble Thiébaud seigneur de Neuchâtel, écuyer, se déclare homme et féal du monastère Sainte-Marie à Baume, et jure fidélité aux abbesses et religieuses assemblées en chapitre. Il reconnaît qu'il tient en fief de ces religieuses le titre de prévôt et la prévôté des terres de Mathay, d'Ecot, de Villars, de Luxelans, de Châtel-Saint-Marie, de Bourguignon, de Vermondans, de Bavans et tous les droits du monastère de Baume. Il s'oblige à se rendre à Baume à chaque élection d'abbesse pour garder les religieuses et les défendre de toute contrainte et violence en se tenant à la porte où l'élection serait faite[2]. Peu de temps après Thiébaud IV de Neuchâtel-Bourgogne eut soin de faire distinguer les droits de la vicomté de Baume-les-Dames et de la prévôté afin de pouvoir les transmettre séparément à ses enfants[2].

Ainsi le seigneur de Neuchâtel portait le titre de vicomte, c'est-à-dire de lieutenant du comte de Bourgogne pour ce qui concernait la justice et le commandement des troupes ; en même temps il était convenu que les habitants seraient administrés par un prévôt et à partir du XIVe siècle il sera adjoint un maire[2]. À partir de 1331 le seigneur de Neuchâtel obtenait la suzeraineté de la totalité de la prévôté et s'affranchissait de ses devoirs de vassal auprès des abbesses de Baume-les-Dames[2].

La création de la maison de Mathay[modifier | modifier le code]

Elle appartenait à la maison de Famille de Saint-Mauris-en-Montagne. Dès le XIIIe siècle, Jean de Saint-Mauris dit "l'ainé", époux de Jeanne de Tramelay et fils de Richard II de Saint-Mauris, ainsi que Berchin de Saint-Mauris, son fils, se qualifiaient de sires de Mathay. Ils étaient issus d'une puissante famille comme en témoignent leurs armoiries ainsi que plusieurs tombeaux de cette maison dans l'église de Mathay dont celui de Jean de Mathay, chevalier[3]. Cette famille était une branche de la maison de Saint-Mauris et pour s'en distinguer prendra le nom de Mathay à partir de Jean et Berchin de Saint-Mauris. D'ailleurs plusieurs d'entre eux prendront le surnom de Berchenet[3].

Les seigneurs de Mathay seront reçus dans la confrérie de Saint Georges, dont Claude de Mathay en 1571 et Gaspard en 1592[6]. Le premier connu est Théodoric de Mathay qui, au XIIe siècle, se distinguait comme bienfaiteur de l'abbaye de Lieu-Croissant, les armes étaient d'azur, à la mélusine de carnation, couronnée d'or, issante d'une cuve du même[7]. Au XVIIe siècle la maison de Mathay s'éteignit et fut transmise à celle de Pouilly et de Charmoille[7].

Voir : Famille de Mathay

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Mathay Blason De gueules à la sirène d’argent, couronnée et chevelée d’or, se peignant de la senestre et se regardant dans un miroir aussi d’argent, cerclé et emmanché aussi d’or, quelle tient de sa dextre.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1977 En cours Daniel Granjon[8] UMP-LR Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[10].

En 2016, la commune comptait 2 166 habitants[Note 1], en augmentation de 0,56 % par rapport à 2011 (Doubs : +1,79 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
541458398579697756755722708
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
630664708722689717635672640
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
604586596635719695716645846
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 1721 3601 4821 6341 9601 9882 1192 1382 156
2013 2016 - - - - - - -
2 1622 166-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Pierre et Saint-Paul
  • Chapelle Saint-Symphorien.
  • Église saints Pierre et Paul : l'édifice date de 1841, il se situe actuellement dans le diocèse de Belfort-Montbéliard, au sein de l'Ensemble de Paroisses n°36. Le curé est M. l'abbé Jean-Marie DUBOZ.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Courtieu, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 4, Besançon, Cêtre,
  2. a b c d e f g et h Recherches historiques et statistiques
  3. a b c et d Annuaire départemental du Doubs
  4. Mémoires et documents inédits pour servir à l'histoire de la franche-Comté
  5. Annales franc-Comtoises
  6. Dictionnaire universel de la noblesse de France, volume 2.
  7. a et b Dictionnaire universel de la noblesse de France.
  8. [PDF] Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires
  9. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annales franc-comtoises, volume 2, Nicolas François Louis Besson, Besançon, 1864, p.26, 27.
  • Annuaire départemental du Doubs, A. Laurens, 1844, p.217, 218, 219.
  • Dictionnaire universel de la noblesse de France, de Courcelles, 1821, p.463.
  • Dictionnaire universel de la noblesse de France, volume 2, Jean B. Courcelles, 1820, p.286.
  • Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne et des différents sujets qui l'ont honorée, volume 2, Nicolas-Antoine Labbey-de-Billy, 1815, p.29, 30.
  • Mémoires et documents inédits pour servir à l'histoire de la Franche-Comté, volume 1, Académie des sciences, belles lettres et arts de Besançon, 1838, p.452.
  • Nobiliaire universel de France, volume 6, Saint Allais, de la Chabeaussière, de Courcelles, abbé de Lespine, de Saint Pons, Ducas, Lanz, 1815, bureau nobiliaire universel de France, p.180 à 185 Google livres.
  • Recherches historiques et statistiques sur l'ancienne seigneurie de Neuchâtel au comté de Bourgogne, Jean François Nicolas Richard, 1840, p.44, 45, 46, 48, 49, 50, 51, 55, 132, 138, 200, 201, 253.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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