Montécheroux

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Montécheroux
Montécheroux
Vue panoramique entrecoupée par des arbres depuis la route.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Montbéliard
Intercommunalité Communauté de communes du pays de Maîche
Maire
Mandat
Léon Bonvalot
2020-2026
Code postal 25190
Code commune 25393
Démographie
Gentilé Écheroumontains
Population
municipale
553 hab. (2018 en diminution de 5,47 % par rapport à 2013)
Densité 42 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 21′ 02″ nord, 6° 48′ 24″ est
Altitude Min. 420 m
Max. 830 m
Superficie 13,13 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Montbéliard
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Maîche
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Montécheroux
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Montécheroux

Montécheroux est une commune française située dans le département du Doubs en région Bourgogne-Franche-Comté.

En patois : Montétchélu. Ses habitants sont appelés les Écheroumontains et Écheroumontaines.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Mons Echerolus en 1040 ; Montecherul en 1136 ; Montetrucheto en 1397 ; Montescherut en 1406 ; Montescheroulx en 1532 ; Monterescherut en 1571 ; Montechichire au XVIIe siècle ; Monteschelu en 1648 ; Montéchéroux depuis 1765[1], puis Montécheroux.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Montécheroux est située sur le même plateau que Chamesol sur le versant sud du Lomont, à 7 km au nord de Saint-Hippolyte.

Topographie[modifier | modifier le code]

Il est dominé par le mont Écheroux situé à 2 km au nord-ouest.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Montécheroux est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[2],[3],[4].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Montbéliard, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 137 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[5],[6].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (57 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (59 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (41,1 %), forêts (39,3 %), zones agricoles hétérogènes (15,9 %), zones urbanisées (3,6 %)[7].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Célèbre, dans le monde, pour la qualité des pinces qui y étaient fabriquées, Montécheroux a compté jusqu'à 200 ouvriers répartis dans 15 ateliers ; il reste, aujourd'hui, un atelier de fabrication.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1951 Armand Mélières    
1951 1965 Armand Dormoy    
1965 1978 Jean Vernier    
1978 1983 Jean-Luc Abram DVG  
1983 1994 Jean Méquillet    
1994 2001 Roland Bergotti    
2001 2020 Chantal Vernier DVG  
2020 en cours Léon Bonvalot [9]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[11].

En 2018, la commune comptait 553 habitants[Note 3], en diminution de 5,47 % par rapport à 2013 (Doubs : +1,53 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
533566586702882936918925934
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
9169971 0109461 1579721 0121 000877
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
908855900830773690579531493
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
548550542571548545568571581
2017 2018 - - - - - - -
557553-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le Musée de la pince. Cette industrie, développée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, fabriquant de nombreux outils à l'usage des horlogers, a fait baptiser Montéchéroux Capitale mondiale de la pince. À la fin du XIXe siècle, plus de 200 ouvriers y étaient employés grâce à l'arrivée du chemin de fer[14].
  • Le château de Clémont. Il surplombait les villages de la vallée du Doubs au niveau de Dampjoux à l'ouest et avait une vue imprenable sur le château de Châtillon, son voisin. Selon certains auteurs, il pouvait communiquer et donc adresser des messages à ce dernier, par quelques signaux optiques le jour, et par des feux, à la nuit tombante.

Il était le siège d'une seigneurie dès le XIIIe siècle, composée de plusieurs villages, hameaux et métairies appartenant à l'origine à l'Abbaye de Lucelle qui les tenait depuis avant 1136 des comtes de la Roche[15]. En 1242 Thiébaud Ier de Neuchâtel-Bourgogne, les acquit de l'abbé Thiémo de Ramstein[15].

La date de la construction du château n'est pas connue mais il était cité dans un acte de partage de 1261 fait par Thiébaud Ier pour ses fils[15]. C'est dans cette forteresse, qui se dresse sur une roche entre Saint-Hippolyte et Pont-de-Roide-Vermondans, que le Thiébaud de Cusance et Poinsard de Rans feront leurs hommages envers Thiébaud V de Neuchâtel-Bourgogne[15]. Attaqué sans succès par l'évêque de Bâle en juin 1425 le fort succomba aux assauts des Écorcheurs en 1438-1439[15]. Durant les guerres de Bourgogne, en , les Confédérés, qui étaient en train d'établir un blocus depuis le devant les bourg et château de Blamont, vinrent l'assiéger et le prirent d'assaut. Il ne fut définitivement détruit qu'en 1519 par le Comte de Wurtemberg.

À son pied s'était développé le village de Clémont qui disparut au début du XVIIIe siècle[15]. Il était cité dans un diplôme de juillet 1338 par lequel Thiébaud V de Neuchâtel-Bourgogne affranchissait les habitants de la mainmorte[15]. Dans cet acte il est mentionné qu'il leur cède l'usage d'une forêt, en contrepartie les habitants lui doivent un droit annuel sur leurs terres, des aides aux quatre cas (lorsque le sujet était fait chevalier, qu'il partait en outre-mer, qu'il était fait prisonnier ou qu'il mariait sa fille), qu'il fournissent "deux guaites au chastel" et deux autres "en cas d'ost (service militaire à pied) et de chevauchie (service à cheval)"[15]. Les dix-huit dernières familles occupantes des lieux s'établirent à Montécheroux après avoir vendu au duc Léopold-Eberhard de Wurtemberg, comte de Montbéliard, pour vingt et un mille livres tournois, le territoire[15]. Léopold le remit à ses enfants qu'il eut d'Henriette-Edwige de Lespérance-Sandersleben[15]. Le , les représentants des habitants de la seigneurie montèrent au sommet de la motte parmi les ruines, et prêtèrent serment de fidélité aux commissaires du Comte Frédéric Ier de Wurtemberg.

Aujourd'hui, maigres en sont ses vestiges pour un œil non initié... Il est tout de même possible de suivre le cheminement de la courtine par endroits. Cette dernière, de par un vestige d'un mètre tout au plus, que l'on peut voir sur le site, était constituée par un assemblage d'un calcaire local mal équarri. Le château était, semble-t-il, totalement dépourvu de fossé. Tout au plus, des pieux fichés dans le sol, en guise de palissade, pouvaient en protéger son approche.

Le chemin d'accès, encore discernable par endroits, partait du bas de la motte, au nord-est, donc dans la pâture actuelle, et aboutissait à l'est. À cet endroit, un grand éboulis marque très certainement l'emplacement de la porterie.

Blason de la maison de Clémont : de gueules à une clef d'argent en pal

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

On trouve au cimetière protestant de Montécheroux la tombe de l'actrice allemande Dita Parlo (1906-1971), célèbre pour avoir joué dans L'Atalante de Jean Vigo et La Grande Illusion de Jean Renoir. C'est là que repose également Armand Chouffet[Note 4] (1903-1965), aviateur, photographe et agent du renseignement français de 1935 à 1940[16],[Note 5].

Montécheroux abrite la maison natale de Lucien Quélet (1832-1899), naturaliste et mycologue, fondateur de la Société mycologique de France et la maison familiale de Georges Cuvier (1769-1832), paléontologue et anatomiste.

Le village est le dernier lieu où vécut Gérard Basiletti (1947-2008)[17], artiste peintre et auteur d'une sculpture qui trône au centre de l'abreuvoir et rend hommage à l'industrie de la pince à Montécheroux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.
  4. A ne pas confondre avec son homonyme Armand Chouffet, homme politique né à Valentigney.
  5. Il fera des photographies aériennes de la ligne Siegfrid.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Courtieu, Dictionnaire des communes du département du Doubs, t. 4, Besançon, Cêtre, .
  2. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  3. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 26 mars 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 26 mars 2021).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 26 mars 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 26 mars 2021).
  7. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 14 mai 2021)
  8. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 14 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  9. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le 10 septembre 2020).
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  14. Wikipédia
  15. a b c d e f g h i et j Les villages ruinés du comté de Montbéliard
  16. Pierre Croissant, L'espion de la ligne Siegfried : Armand Chouffet, photographe aérien - Le renseignement français en Suisse, Neuchâtel & Panazol, Editions Alphil & Editions Lavauzelle, , 208 p. (ISBN 2-7025-1284-4).
  17. « Décès de Gérard Basiletti », L'Est Républicain,‎ , p.MTB06.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Les villages ruinés du comté de Montbéliard, avec quelques autres d'origine moderne, Charles Duvernoy, 1847, p.  13 à 15. Google livres

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]