Abbaye de Lieu-Croissant

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Abbaye de Lieu-Croissant
Image illustrative de l’article Abbaye de Lieu-Croissant
Ancienne abbaye de Lieu-Croissant ou des Trois Rois.

Nom local Abbaye des Trois-Rois
Diocèse Besançon
Numéro d'ordre (selon Janauschek) LXXX (80)[1]
Fondation vers 1134
Cistercien depuis 29 novembre 1134
Dissolution 1791
Abbaye-mère Lucelle
Lignée de Morimond
Abbayes-filles Aucune
Période ou style

Coordonnées 47° 27′ 50″ nord, 6° 33′ 54″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Comté de Bourgogne
Région actuelle Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Commune Mancenans

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L'abbaye de Lieu-Croissant ou Lieucroissant (« Locus Crescens »), également connue sous le nom d'abbaye des Trois-Rois (« Trium Regum ») est une ancienne abbaye cistercienne[2], située à Mancenans, dans le département du Doubs. Fondée au XIIe siècle, l'abbaye est rattachée à Lucelle, et prospère pendant tout le Moyen-Âge grâce aux patronages des familles nobles de la région, les comtes de Montbéliard et de Montfaucon, les comtes de la Roche, les seigneurs de Granges et de Grammont, les comtes de Ferrette, les seigneurs de Neuchâtel.

L'abbaye est vendue comme bien national en 1791, et il n'en subsiste aujourd'hui que quelques traces.

Situation et toponymie[modifier | modifier le code]

Lieu-Croissant est située dans la vallée formée par le Ruisseau de l'Abbaye, petit affluent de rive droite du Doubs, confluent avec ce dernier à Appenans, en aval de L'Isle-sur-le-Doubs. Bien que située sur le tènement de la commune de Mancenans, elle est séparée du bourg par la colline du Replain[3].

Il semble que le nom de l'abbaye (en latin « Locus crescentis ») corresponde à la dévotion particulière des Cisterciens envers la Vierge Marie. En effet, l'abbé Richard, qui visite l'abbaye vers 1840, remarque une inscription en caractères gothiques du XIVe siècle sur une pierre incrustée dans la muraille nord[4] :

Crescat in te, pia, semper locus iste, Maria

« Que ce lieu s'accroisse toujours en votre honneur, ô tendre Marie ! »

Ce nom de Lieucroissant lui aurait été donné par Anséri archevêque de Besançon, même s'il n'aurait pu procéder à la dédicace de l'église en 1136[Note 1], puisqu'il meurt dès 1134.

Lors de la translation des reliques des Rois Mages de Milan à Cologne en 1163, ordonnée par l'empereur Frédéric Barberousse, le cortège fait étape dans l'abbaye de Lieu-Croissant. Pour cette raison, l'abbaye est ensuite également connue sous le nom d'abbaye des Trois-Rois. En effet, en remerciement de leur accueil, une partie du pouce de l'un des trois rois mages aurait été offert aux moines[5]. Le changement de nom n'est pas immédiat, car il n'est repérable qu'un siècle plus tard, dans une donation de Jean de Chalon à l'abbaye dite « des Troys Roys »[6].

Histoire de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Fenestron de l'ancienne abbaye de Lieu-Croissant.

L'abbaye est fondée en 1134[7] par des moines de Vaucluse qui dépendait de Cluny[8], selon la tradition historique. Il est en effet possible qu'un prieuré initial ait été fondé avant 1134, avec l'établissement d'un petit groupe de religieux vers La Prétière. Ce prieuré n'était pas forcément d'obédience clunisienne. Le cartulaire de l'abbaye[Note 2] débutant sur un échange de terres entre Lieu-Croissant et le monastère clunisien de Vaucluse, les érudits ont pu mal interpréter les premiers temps de l'abbaye. Il est également possible que ce prieuré initial n'ait jamais existé, et que l'insistance sur la pauvreté des moines et la solitude de l'ermitage initial soit une exagération des chroniqueurs de l'époque, qui reprennent deux notions chères à Bernard de Clairvaux, fondateur de l'obédience cistercienne.

En tout cas, le 29 novembre 1134, deux moines de Lucelle sont envoyés à Lieu-Croissant pour y établir l'ordre cistercien[8]. À partir de cette date, l'abbaye compte donc comme une des filiales de l'abbaye de Lucelle[9], au même titre que Neubourg près de Haguenau, Frienisberg près de Berne, Pairis dans les Vosges alsaciennes, Salem (ou Salmanschweiler à proximité du Lac de Constance et Saint-Urbain dans le canton de Lucerne. La création de l'abbaye cistercienne se fait soit sur l'ordre, soit sous le simple patronage des nobles locaux : la famille de la Roche, représentée par Simon Ier de la Roche ; les Rougemont[Note 3] ; le comte de Montbéliard ; l'archidiocèse de Besançon, représenté par l'évêque Anseric. Ces personnages sont tous nommés dans la charte qui donne également la date précise de fondation de l'abbaye cistercienne.

Époque médiévale[modifier | modifier le code]

Les donations initiales de terres sont confirmées successivement par les papes Innocent II, Eugène III, Alexandre III et Grégoire VIII[10] ; et par les descendants des fondateurs, comme Odo de la Roche qui confirme en 1260 les donations de Simon de la Roche : Vaugenans, Mancenans, Appenans, la grange de la Prêtière, d'autres petits terrains[C 1].

L'abbaye disposait d'un droit de péage donné par Thierry II de Montbéliard[C 2]. En 1188, Henri Ier d'Horburg, évêque de Bâle, exempte Lieu-Croissant de droit de péage dans l'évêché de Bâle[11].

Lieu-Croissant est rapidement prospère, grâce aux dons importants des nombreuses familles nobles des environs : Montbéliard, La Roche, Granges et Grammont, les Neuchâtel, les familles de Montbis (grange de Vauruche en 1249[C 3], moulin de la Rochotte près d'Uzelle en 1352[C 4]), de Saint-Mauris[C 5], d'Appenans (don de frère Hugues d'Appenans, convers de l'abbaye en 1343[C 6]), de Blussans (patronage du Rang en 1294[C 7]), d'Accolans[C 8].

L'abbaye devient un lieu d'inhumation pour certaines de ces familles : Granges-Grammont, Neuchâtel, et Montbéliard-Montfaucon (Thierry III de Montbéliard et sa femme Alix en 1269[C 9], Alide fille de Pierre de Montbéliard en 1313[C 10], Étienne de Montfaucon en 1397). En règle générale, les personnes donnent des sommes importantes en échange de quoi l'anniversaire de leur trépas est assuré d'être célébré par les moines.

L'archidiocèse de Besançon est également acteur important dans la vie du monastère. En 1183, Théodoric ratifie la donation des biens et territoire du village de Senargent. En 1188, le même archevêque cède aux abbés le droit de collation de la cure de Mancenans[C 11]. En 1199, c'est au tour d'Amédée, archevêque de Besançon, de donner le droit de collation sur l’église de Marvelise et la chapelle d'Onans[C 12]. Le 19 juin 1289, Eudes de Rougemont reçoit à l'abbaye le serment d'obéissance de Henri, évêque de Bâle. Cet évêque faisait de longs séjours à l'abbaye, qu'il affectionnait particulièrement[12].

Protection par les comtes de Bourgogne[modifier | modifier le code]

Dès 1140, Renaud III de Bourgogne fait d’importants dons à l'abbaye[C 2]. En 1183, l’impératrice Béatrice de Bourgogne promet de protéger l'abbaye, et ordonne une amende « contre ceux qui pourraient troubler ledit couvent »[C 2]. En 1189, c'est au tour de son mari, l'empereur Frédéric Barberousse, de prendre l'abbaye sous sa protection, et tout ce qui lui appartient « en grange et autres droits »[C 13]. En 1253 Jean comte de Bourgogne donne sept livres de rente annuelles, « à prendre sur le puits et mine de Salins »[C 14]. La comtesse Mahaut d'Artois a également donné un rente annuelle de 50 sols par an, à prendre sur les salines de Salins, en 1320[C 14],[13].

Famille de Granges-Grammont[modifier | modifier le code]

Reproduction de la tombe de Guillaume II de Granges, seigneur de Grammont, mort le 27 décembre 1355.

Les membres de la famille de Granges-Grammont ont fait à l'abbaye de Lieu-Croissant plusieurs dons : dîmes (de Gemontvaux[C 15]), vignes ou terrains (finage de Grammont[C 16])... Certains dons font l’objet d’échanges, tels Reynaud de Granges qui échange la moitié de dîmes de Marvelise contre le sixième part des dîmes du Bournois en juillet 1260[C 12]. L'attachement de la famille de Granges à Lieu-Croissant peut également se voir par le fait que certains membres de la famille se font enterrer dans l'abbaye : Guillaume II de Granges, mort le 27 décembre 1355 ; Catherine de Granges en 1410[C 17]. Enfin, le blason de la famille de Granges-Grammont affirme les liens avec l'abbaye des Trois-Rois, puisqu'il est constitué de « trois bustes de carnation couronnés d'or en champ d'azur », ce qui rappelle le passage des reliques des trois Rois mages au monastère[14].

Armoiries de la maison de Grammont.

Famille de Neuchâtel[modifier | modifier le code]

Les donations de la famille, à commencer par Thiébaut Ier révèlent les zones d'implantation des Neuchâtel dans les années 1260 : moulins à Dambelin et Remondans, dîmes de Saulx en 1261[C 18], biens à Séchin en 1264, Blussans[C 19] et l'Isle-sur-le-Doubs en 1266. En mars 1258, c'est le monastère qui cède pour 200 livres la grange de Courcelles[15]. En mars 1293, Thiébaut III achète pour 60 livres le fief de Mancenans, à proximité de l’abbaye cistercienne de Lieucroissant[16]. La même année, le comte Othon IV de Bourgogne lui remet la garde de cette abbaye, ainsi que la garde du prieuré de Lanthenans, pour un an, donation faite en échange d'une forte somme prêtée au comte. Une charte de 1294 montre d'ailleurs que Thiébaud ne rendra la garde de l'abbaye « qu'aussitôt qu'il sera payé »[C 20]. La donation est confirmée par le roi des Romains en 1297 et 1299[17],[18]et par Othon IV en 1303[19]. Le 14 juillet 1343, à cause du conflit avec Eudes IV de Bourgogne, Thiébaut V de Neuchâtel renonce au droit de garde qu'il avait sur l'abbaye et ce droit passe aux comtes de Bourgogne[C 20].

L'abbaye de Lieu-Croissant est également la nécropole choisie de la famille de Neuchâtel[20] : 1266 : Thiébaut Ier de Neuchâtel élit sa sépulture à Lieu-Croissant[C 19] ; en 1304, Richard de Neuchâtel, fils aîné de Thiébaut Ier, lègue 100 livres à l'abbaye dans son testament[C 21] ; en 1407, Thiébaud de Neuchâtel donne 22 livres par an (à prendre sur les revenus des terres de l'Isle) pour l'anniversaire de son trépas[C 17] ; en 1501, Marguerite de Neuchâtel, abbesse de Baume, donne 25 livres dans son testament pour avoir un anniversaire de trépas à l'abbaye[C 17]. On sait par ailleurs que les comtes de Neuchâtel avaient une chapelle dans l'église[C 22].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1476, pendant la Guerre de Bourgogne, l'abbaye est détruite lors du passage des Suisses Allemands : « L'abbaye de Lieucroissant (abbaye des Trois-Rois) et tous les villages appartenant à icelles bruslés par les Allemands, et sont mendiants les religieux »[21].

Au début du XVIe siècle, l'abbaye, avec ses nombreuses possessions et droits dans de multiples villages, possède un poids fiscal et social important sur les sujets qu'elle administre. S'il on ajoute à cela un crise subsistance provoquée par une série de mauvaises récoltes, et le bouillonnement religieux causé par la Réforme protestante dans le comté de Montbéliard tout proche[22], on comprend donc qu'elle figure parmi les cibles prioritaires de pillages, lors des révoltes paysannes en avril 1525. Au début du mois d'avril, l'abbaye-mère de Lieu-Croissant, Lucelle, est pillée par des paysans révoltés du Sundgau et de Montbéliard, et les moines réussissent à se sauver en se déguisant en séculiers. Ces mêmes bandes armées se dirigent ensuite dans plusieurs directions : vers la seigneurie de Belfort, le prieuré de Froideval, la principauté ecclésiastique de Lure, Murbach et Bithaine (celle-ci fut incendiée car les paysans ne réussirent pas à entrer dans Lure). Dans leur marche vers Besançon, en suivant le cours du Doubs et en passant par l'Isle-sur-le-Doubs, ces groupes de paysans atteignent ensuite l'abbaye de Lieu-Croissant, qu'ils pillent, ainsi que le prieuré de Lanthenans, tout proche, et le prieuré de Saint Valbert près d'Héricourt[23].

Pour récompenser l'abbaye d'être restée catholique dans une Franche-Comté peu à peu gagnée aux idées protestantes, le pape Clément VII confère à l'abbé Jean du Tartre le droit de porter les insignes épiscopaux telles que l'anneau, la mitre et la crosse[24].

Armoiries de l'abbaye, avec la mitre et la crosse (XVIIIe siècle).

L'abbaye est à nouveau détruite en 1638 par les Suédois, lors de la guerre de Dix ans : « les maisons champêtres sont ruinées ou brûlées, les fours et moulins abattus, les sujets morts »[25]. Par le jeu des alliances des territoires de Franche-Comté, elle était en effet passée sous la protection de l'Espagne. C'est le roi d'Espagne Philippe IV qui désigne dom Henri de Lenet, pour reconstruire l'église et l'abbaye[26]. En 1705, il résigne sa fonction, et l'abbaye passe sous protection française, avec le système de la commende.

En 1768, grâce aux travaux de la Commission des réguliers, on sait que l'abbaye ne comporte plus que six moines, et son revenu est de 6 374 livres[27]. À la fin du XVIIIe siècle, la règle n'est plus vraiment suivie[28]. L'abbé possède à cette époque un terrain et une maison dans la ville de Besançon[29].

Vers la fin du mois de juillet 1789, les habitants des environs déclarent aux moines de la Grâce-Dieu et de Lieu-Croissant « qu'étant du Tiers État, il est temps qu'ils dominent sur les abbés et les religieux, attendu que la domination de ceux-ci a duré trop longtemps »[30]. Le 19 juillet 1789, l'abbé de Beaumont se rend dans la village de Sénargent, appartenant à l'abbaye. Les habitants viennent lui réclamer les titres des redevances seigneuriales. Comme il ne peut les produire car il ne les détient pas sur lui, les habitants se déplacent à l'abbaye et obtiennent des moines tous les papiers. Le 22 juillet, un autre groupe d'habitants d'Appenans, Mancenas, Geney, Accolans, Étrappe viennent également réclamer les titres, et finissant par piller intégralement l'abbaye. Les moines prennent la fuite pendant l'émeute, et passent les frontières de la Suisse. L'abbé de Beaumont rejoint le Comte de Provence, futur Louis XVIII, à Mittau.

L'abbaye et ses propriétés sont vendus comme biens nationaux les 19 et 20 février 1791. L'abbaye est ensuite transformée pour un court temps en hôpital militaire[31], entre 1793 et 1800. L'un de ses propriétaires au XIXe siècle est l'érudit Bulliard, qui a écrit un ouvrage sur cette même abbaye[32].

Revenus et possessions de l'abbaye[modifier | modifier le code]

L'abbaye possédait un moulin, peut-être alimentée par un ruisseau éponyme. En tout cas les premières trace écrites datent de 1329, où il est mentionné dans une charte. Vendu par le district de Baume après la Révolution[33] (comme l'abbaye à laquelle il appartenait), il est acheté en 1847 par une famille de meuniers, qui exerce toujours. Mais les bâtiments ont été largement remaniés et ne sont plus de l'époque de l'abbaye[34].

En 1295, un dénombrement ordonné par Othon IV de Bourgogne permet de se rendre compte de l'état des revenus des abbayes de Cîteaux, parmi lesquelles Lieu-Croissant, qui possède 700 livres de terres de revenus[35].

L'abbaye possède quelques droits sur les villages et hameaux des environs : Accolans, Arcey, Blussans, Champey, Longevelle, Colombier-Châtelot. Déjà en 1187, une bulle du Pape Grégoire VII confirme les possessions de l'abbaye, parmi lesquels les villages de Blussans et Colombier-Châtelot.

En 1310, une église paroissiale est construite à Senargent, et son patronage est confié à l'abbaye[C 23].

La chapelle de l'abbaye à Soultz[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Lieu-Croissant reçoit en 1210 de Frédéric II comte de Ferrette, le fief d'Ollwiller, situé sur le territoire de Soultz en Alsace[36]. La donation, faite en compensation des dommages qu'il avait causé à cette abbaye, est confirmée par son fils Ulrich de Ferrette en 1249[37], qui y ajoute des dimes en blé, vin et foin.

En 1253, Berthold II de Ferrette, évêque de Bâle et second fils de Frédéric II, permet aux religieux du Lieu-Croissant de fonder une chapelle dans le village de Soultz, dédiée à la Vierge. Il y attache des indulgences pour les fidèles qui donneraient à la chapelle, et confirme les possessions des dimes sur Ollwiller. La même année, Guillaume II de la Tour, archevêque de Besançon, confirme la fondation, et attache à son tour des indulgences pour ceux qui contribuent à l’ornementation de la chapelle.

Le 30 mars 1255, l'évêque de Bâle autorise l'abbaye à établir un cimetière à côté de la chapelle de Soultz, destiné aux frères qui desservent la chapelle, et accorde une indulgence de quarante jours aux fidèles que feront des aumônes à cet effet[38]. Le légat apostolique confirme cette décision, et ajoute des indulgences pour les fidèles qui aideront à rebâtir la chapelle. Il s'agissait peut-être d'en construire une plus grande que le bâtiment d'origine[39]. Le fief d'Ollwiller est vendu en 1260 par Pierre, abbé de Lieu-Croissant à Conrad Waldener, de Guebwiller, à l'exception de la chapelle (le Capellhof)[40],[41]. A partir de cette date, l'abbaye ne garde donc que la chapelle située à Soultz, plus les dimes qui en dépendent.

Le Conseil de la ville de Soultz fait agrandir légèrement le terrain de la chapelle des moines de Lieu-Croissant, à ses frais, en 1303. En 1311, Ulric III de Ferrette affirme que les Cisterciens de la chapelle de Soultz sont désormais sous sa protection spéciale, et promet de les défendre[42]. Le 22 avril 1355, Jean Senn, évêque de Bâle, donne à l'abbé du Lieu-Croissant l'autorisation de choisir deux moines pour entendre les confessions des habitants de Soultz.

La chapelle se développe peu à peu, par tous ces appels aux dons, indulgences et privilèges octroyés. De 1284 et jusqu'au XVIe siècle même, de nombreux habitants donnent leurs biens, des fermes, des vignes, choisissent de se faire enterrer dans la chapelle, ou promettent un cens annuel[Note 4]. Les moines utilisent leurs revenus pour agrandir l'église : en 1346, les cinq nouveaux autels sont consacrés par le vicaire général de l'évêché de Bâle. Dans le même temps, des contestations s'élèvent entre les moines cisterciens et les ayants droit des biens qu'ils peuvent recevoir. Par exemple, en 1286, Wernher de Mulhouse contestent à l'abbaye de Lieu-Croissant la possession des biens situés à Luemschwiller, donnés à l'abbaye par un de ses ancêtres[43]. A la fin du XIVe siècle, les Cisterciens recourent de temps à temps à l’expropriation contre le cens dû par les paysans, que ceux-ci ne peuvent plus payer, ruinés par les bandes armées anglaises. En 1525, tout comme l'abbaye de Lieu-Croissant, la chapelle de Soultz qui en dépendait fut pillée par des groupes de paysans révoltés. La ville de Soutlz fut reconnue coupable d'avoir ouvert les portes de la ville et permis le pillage, et fut condamnée à payer 35 livres bâloises.

Vers 1586, il semble que l'état de la chapelle soit peu reluisant : en tout cas la situation de ses revenus est « déplorable »[44]. En 1608, Christophe Blarer de Wartensee, évêque de Bâle, achète la chapelle pour quinze milles livre bâloises[C 24], et la réunit à son évêché ; elle est désormais desservie par un chapelain et administrée par un régisseur laïque. Elle prend le nom de chapelle des Trois-Rois, sans doute pour rappeler l'abbaye dont elle dépendait auparavant.

Plan des bâtiments de la chapelle des Trois-Rois à Soultz (Haut-Rhin)

La chapelle ne comptait, même à son apogée, que quelques frères conventuels, dirigés par des proviseurs, ou « Capellmeister » :

  • Frère Gerhard, de 1284 à 1300
  • Frère Jean, de 1310 à 1321
  • Frère Rodolphe, de 1338 à 1341
  • Frère Nicolas de Pfaffenheim, de 1347 à 1355
  • Frère Guillaume Kurtze, en 1370
  • Frère Hugue zem Burnen, en 1382
  • Frère Renaud de Champey, en 1383
  • Frère Jean Bischof, en 1388
  • Frère Garinus de Montbéliard, de 1394 à 1396
  • Frère Hugues, en 1396
  • Frère Huguelin de Senargens, en 1398
  • Frère Antonius Fabri, de 1513 à 1526

En 1789, la cour et la chapelle possèdent un revenu de 80 livres. Transformées en bien nationaux, elles furent vendues à divers particuliers[45]. L'église du XIVe siècle avait déjà disparu aux milieux des maisons et habitations du bourg de Soultz qui débordaient sur les terrains ; du bâtiment ne subsistait que le chœur, comme en témoigne le plan dressé en 1797. Mais les bâtiments laïques étaient restés en usage (poulailler, buanderie, écurie, grange, corps de logis, remise, pressoir et cave). Les vestiges sont aujourd'hui incorporés dans les maisons proches[46].

L'édifice[modifier | modifier le code]

Ancienne porte cochère de l'abbaye de Lieu-Croissant.

Il ne reste aujourd'hui que quelques ruines de l'abbaye d'origine, visibles parmi le hameau du lieu-dit Lieu-Croissant : une porte cochère, un petit pavillon du XVIIe siècle, une fenêtre à lancettes et quelques murs écroulés.

Le linteau de porte sur lequel était écrite l'inscription « Crescat in te, pia, semper locus iste, Maria » a été donnée à l'église d'Appenans, et encastrée dans le bras droit du transept (chapelle de la Vierge)[47].

Il reste également des plans de façade et de coupe de l'église abbatiale, visibles aux Archives départementales du Doubs, qui conserve les fonds liés à l'abbaye de Lieu-Croissant. L'église n'est plus visible mais on sait que les personnages suivants y étaient enterrés :

  • Jean de Scey-la-Tour, mort après 1316[48].
  • un seigneur de Granges, probablement Guy de Granges, mort vers 1336[48].
  • Nicolas de Valengin, mort le 7 mars 1339[48].
  • Richard de Scey-la-Tour, mort le 11 juin 1349[48].
Reproduction de la tombe de l'abbé de Lieu-Croissant Remi d'Occors, mort en 1565.
  • Guillaume II de Granges, seigneur de Grammont, mort le 27 décembre 1355. La pierre a ensuite été transposée dans le mur de façade de l'église d'Appenans[47].
  • l'abbé de Lieu-Croissant Aymon d'Oiselay, mort le 27 décembre 1359[48].
  • Gui de Grammont, mort le 15 septembre 1360[48].
  • Philippe de Scey, écuyer, mort le 15 septembre 1362[47].
  • Agnès d'Arcey, femme de Guyot III de Grammont, morte en 1396[47].
  • frère Balthazar, prieur de Lieu-Croissant, mort en 1543[47].
  • Jean du Tartre, abbé de Lieu-Croissant, mort vers 1545, et son frère Antoine du Tartre[47].
  • l'abbé de Lieu-Croissant Remi d'Occors, mort en 1565[48].

L'église a également été le lieu de sépulture choisi par un certains nombres de la famille Neuchâtel, parmi lesquels :

  • Thiébaud Ier de Neuchâtel.
  • Thiébaud III de Neuchâtel, qui obtient, comme Thiébaud Ier, la garde de l'abbaye.
  • Thiébaud IX, dont le père n'est pas enterré dans l'abbaye, choisit à nouveau Lieu-Croissant comme lieu de sépulture (mort le 4 décembre 1469). Sa femme Bonne de Châteauvillain, morte le 9 août 1474, est inhumée auprès de lui. La description de leurs gisants et l'épitaphe est connue grâce à un document judiciaire[47] : « Cy gist hault et puissant seigneur monseigneur Thiebault seigneur de Neufchastel de Chastel sur Mezelles et d espinal mareschal de Bourgongne qui trespassa le quatrième jour en Décembre l an mil quatre cens soixante neuf et emprès hist haute et puissante dame Madame Bonne de Chastel Villain sa femme qui trespassa le neufieme jour d aoust l’an mil quatre cens septante quatre, desquels Dieu aye leurs ames »[49].

Au début du XIXe siècle, les ruines de l'abbaye servent de carrière, et certaines pierres tombales sont emportées dans les villages environnants, comme matériau de construction[47],[50].

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

  • Thiébaud en 1135.
  • Garnier.
  • Gauthier.
  • Narduin en 1177.
  • Étienne Ier en 1183.
  • Humbert Ier en 1187.
  • Joseph en 1188.
  • Étienne II en 1203.
  • Hugues Ier en 1222[Note 5].
  • Guillaume en 1229.
  • Gui en 1240.
  • Pierre Ier en 1258[51].
  • Pierre II en 1260.
  • Adolphe en 1263.
  • Gérard Ier en 1280.
  • Henri Ier en 1286.
  • Humbert II en 1299.
  • Rol en 1300.
  • Jean I de Granges en 1303, deuxième fils de Guillaume I de Granges et Isabelle d'Uzelles[52].
  • Rahouls ou Rodolphe en 1338, et au moins jusqu'en 1346[C 25].
  • Aymon d'Oiselay, en 1356, et jusqu'à sa mort le 27 décembre 1359.
  • Jean II de Mancenans en 1361.
  • Girard II en 1380.
  • Jean III en 1381.
  • Hugues II en 1392.
  • Jean IV en 1407.
  • Pierre III en 1423.
  • Pierre IV Jacobtat en 1430.
  • Pierre I de Clerval en 1437.
  • Jean V Porterne en 1460.
  • Jean VI de Clerval en 1462.
  • Jean VII de Fallon[Note 6] en 1464.
  • Pierre VI Paypau ou Papay en 1465.
  • Jean VIII Bernard en 1491.
  • Jean IX Daugerans (ou d'Augerans) en 1512.
  • Jean X d'Auvers.
  • Jean XI du Tartre, élu le 27 avril 1520.
  • Rémi d'Occortz, ou d'Occourt, en 1559[53].
  • Jean XII de Grammont en 1570.
  • Claude de Grammont de 1571 à 1577[54].
  • Louis de Boutechoux, le 24 septembre 1579, jusqu'en 1610[55].
  • Philippe-Emmanuel de Montfort, neveu du précédent, prieur de Moutier, nommé en 1620, mourut en 1657[56].
  • Henri II Lenet de Laré, en 1657, jusqu'à sa mort le 27 novembre 1710.
  • Léon de Saulx de Tavanne, du 24 décembre 1710 jusqu'à sa mort en juin 1719[57].
  • Charles-Joseph Mareschal de 1719 à 1724[58].
  • N... Courchetet[59].
  • N... Boisot en 1742 et jusqu'à sa mort en 1766[60].
  • François-Gaspard de Jouffroy de Gonsans, abbé depuis 1767, chanoine honoraire du chapitre de Saint-Claude, vicaire-général du diocèse d’Évreux, évêque de Gap depuis 1774. Il résignera son bénéfice d’abbé de Lieu Croissant en 1777 peu avant son transfert officiel de l’évêché de Gap à celui du Mans[61].
  • Le dernier abbé est Bertrand-René de Beaumont, aumônier de la Cour[62], de 1778 à 1790.

(d'après la Gallia Christiana, sauf indications contraires).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Contrairement, donc, à ce qu'indique la deuxième charte du cartulaire de l'abbaye.
  2. Aucune charte de fondation n'a survécu. On trouve cependant dans le cartulaire une notice relatant les circonstances de la création, mais elle a été rédigée au moment de l'exécution du cartulaire, au XVIe siècle, c'est-à-dire un ou deux siècles après les événements racontés.
  3. Le premier abbé de Lieucroissant s'appelait Thiébaut, nom très employé dans la famille de Rougemont, mais l'historien René Locatelli précise que cela n'est pas suffisant pour conclure qu'il s'agissait d'un membre de la famille : Locatelli 1974, p. 78.
  4. Une liste de ces dons de toute nature est disponible dans la Revue d'Alsace, 1906, p. 626-630.
  5. Mentionné dans une charte de 1223 par laquelle Richard de Montbéliard effectue des donations à l'abbaye de Lucelle : Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, t. I, p. 489.
  6. La famille de Fallon est alliée à la famille de Grammont depuis le mariage de Guillaume III avec Marguerite, fille d'Hugues de Fallon. Voir Pierre Roques, Supplément au Dictionnaire historique, geographique, genealogique, etc. (de Moreri), t. III, Lyon, Chés la Veuve de Jean Christ, (lire en ligne), p. 1072.

Références[modifier | modifier le code]

  • « Cartulaire de l'abbaye des Trois-Rois, autrement dite Lieu-Croissant », dans Droz, Extrait de l'inventaire des titres et papiers de l'abbaye de Cherlieu, 1694 (Manuscrit Moreau 874, ancienne cote Droz 13), coll. « Droz, sur la Franche-Comté », 597 feuillets p. (lire en ligne), fol. 158 à 294 :
  1. p. 165v.
  2. a b et c p. 185.
  3. p. 160v.
  4. p. 168r.
  5. Achat de la sixième part de la dîme de Mancenans au profit de l'abbaye, en 1340 : Cartulaire, p. 166v.
  6. p. 192r.
  7. p. 191v.
  8. En 1387, Otho d'Accolans élit sa sépulture dans l'abbaye, en la chapelle de St Nicolas, et fonde un anniversaire pour le jour de son trépas, contre quoi il donne tous ses biens de Pompierre : Cartulaire, p. 191r.
  9. p. 176r.
  10. p. 179r.
  11. p. 167r.
  12. a et b p. 169.
  13. p. 184v
  14. a et b p. 198.
  15. Don de Hugues II de Granges et sa femme Poncette en 1244 : Cartulaire, p. 175r.
  16. Don de Guillaume III de Granges et Isabelle sa femme, en janvier 1286, ainsi que le don en octobre 1279 de Guyot II de Grammont et son père Guillaume III de Granges : Cartulaire, p. 180v-181v.
  17. a b et c p. 177.
  18. p. 171v
  19. a et b p. 187r
  20. a et b p. 186.
  21. p. 199r.
  22. p. 178v.
  23. p. 194r.
  24. p. 202v.
  25. p. 173v.
  • Autres références :
  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, , 491 p. (lire en ligne), p. 33.
  2. Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiques, p. 1277
  3. « Carte 3522 O » sur Géoportail (consulté le 3 mai 2019)..
  4. Recherches historiques et statistiques…, p. 67.
  5. Voir Dictionnaire des abbayes et des monastères : ou Histoire des établissements religieux, Paris, J.P. Migne, (lire en ligne), p. 452. En 1635, le Professeur Laurent Chifflet offre à l'éditeur Balthasar Moretus un bout de la relique, avec l'assentiment signé de l'abbé d'alors : A. de Truchis de Varennes, « Les Chifflet à l'imprimerie plantinienne », Procès-verbaux et mémoires de l'Académie des Sciences, Belles-lettres et Arts de Besançon pour l'année 1907,‎ séance du 19 novembre 1908 (lire en ligne).
  6. Donation de 1253, archives départementales du Doubs, 63 H 1, fol. 39.
  7. On trouve parfois la date de 1133, comme dans Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, t. I, p. 406.
  8. a et b Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, t. I, p. 406.
  9. L'Alsace ancienne et moderne, p. 246.
  10. Ms Baverel 39, p. folio 4v.
  11. Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, t. I, p. 415
  12. H. Cousin, p. 119.
  13. H. Cousin, p. 121.
  14. Cette affirmation vient de l'érudit Jules Chifflet, auteur d'un mémoire sur l'histoire du passage des reliques des Trois-Rois en Franche-Comté envoyé au père Hermann Crombach. Une autre interprétation du blason, basée sur une légende, existe : Clovis Guyornaud, Album Franc-comtois, (lire en ligne), p. 73.
  15. Cartulaire de Neufchâtel (Manuscrit Droz 24) (lire en ligne), p. 236v-238r.
  16. Cartulaire de Neufchâtel, NAF 3535, p. n°610, 495r-v.
  17. Cartulaire de Neufchâtel, NAF 3535, p. n°55, 102r.
  18. Cartulaire de Neufchâtel, NAF 3535, p. n°57, 103r.
  19. Cartulaire de Neufchâtel (Manuscrit Droz 25) (lire en ligne), p. 328.
  20. Vianney Muller, Le patrimoine fortifié du lignage de Neufchâtel-Bourgogne (XIIIe – XVIe siècles) (thèse d'histoire), Université de Lorraine, (lire en ligne).
  21. Charles Thuriet (séance du 12 juin 1875), « Étude historique sur le bourg de Rougemont », dans Mémoires de la Société d’émulation du Doubs, vol. I, Besançon, Dodivers, (lire en ligne).
  22. Bibliothèque de Besançon, manuscrit Duvernoy 20 : Règne d'Ulrich, duc de Wurtemberg (1498-1550). Tome I., folio 13 : Guerre des paysans.
  23. Pays d'Alsace, p. 35-38.
  24. H. Cousin, p. 123, dit qu'il s'agit de Clément VIII, mais il s'agit probablement d'une erreur car les dates ne correspondent pas dans ce cas-là.
  25. Gérard Louis, La guerre de Dix Ans, 1634-1644, Presses Universitaires de Franche-Comté, , 379 p. (lire en ligne), p. 126.
  26. Bibliothèque de Besançon, Ms 1203, Second registre du Parlement concernant les lettres de noblesse et chevalerie, les érections en marquisats, comtés et baronies, les lettres de naturalité et les permissions de tenir en fief, fol. 22, « Lettres de naturalisation pour le sieur Henry de Lenet, abbé des Trois Roys. ».
  27. Léon Lecestre, Abbayes, prieurés et couvents d'hommes en France : Liste générale d'après les papiers de la Commission des réguliers en 1768, Paris, A. Picard, (lire en ligne), p. 28.
  28. H. Cousin, p. 126.
  29. Bibliothèque de Besançon, fonds des demandes d'autorisation d'urbanisme, Bannière de Chamars, DD 35, Nouvelle Intendance et Salle de spectacle, pièce n°70.
  30. Jacques Castelnau, Histoire de la Terreur, Paris, Perrin, coll. « Présence de l'histoire », , 341 p. (lire en ligne), p. 21.
  31. Archives départementales du Doubs, Série L (Période révolutionnaire), Registres des délibérations et arrêtés du Conseil du département, L56, f° 126 du 17 frimaire an II [7 déc. 1793] : « Délibération pour l’établissement d’hôpitaux militaires dans le ci-devant couvent des Bénédictins à Besançon et dans l’abbaye des Trois-Rois près de l’Isle. ».
  32. H. Cousin, p. 111.
  33. Voir les archives de la Période révolutionnaire aux Archives départementales du Doubs, Neuvième registre des arrêtés du directoire du département, cote L67, folios 1 à 21.
  34. Raphaël Favereaux, Région Franche-Comté, Inventaire du patrimoine, « Moulin de l'Abbaye », sur patrimoine.bourgognefranchecomte.fr, (consulté le 19 mars 2019).
  35. Jean-François-Nicolas Richard dit abbé Richard, Histoire de l'Abbaye de la Grâce-Dieu au diocèse de Besançon, Besançon, J. Jacquin, , 314 p. (notice BnF no FRBNF31210736, lire en ligne), p. 51.
  36. Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, t. I, p. 456
  37. Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, t. I, p. 581
  38. Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, t. I, p. 618
  39. Revue d'Alsace, 1906, p. 623.
  40. Revue d'Alsace, 1906, p. 622.
  41. Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, t. II, p. 99.
  42. Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle, t. III, p. 169.
  43. Marcel Moeder, « Wernher de Mulhouse et ses démêlés avec l'abbaye du Lieu-Croissant : épisode de la fin du XIIIe siècle », dans Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse, t. XCVII (no 8), (lire en ligne), p. 465-473.
  44. Qualificatif employé dans une note sur la chapelle des Trois-Rois à Soultz (Archives départementales du Bas-Rhin, cote G 1916, dossier 9, inventaire disponible en ligne).
  45. Revue d'Alsace, 1906, p. 639.
  46. Notice no IA00111948, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  47. a b c d e f g et h Les inscriptions des abbayes cisterciennes du diocèse de Besançon, p. 330-333.
  48. a b c d e f et g Nouvelle série de tombes franc-comtoises, p. 20-21.
  49. Vianney Muller, Le patrimoine fortifié du lignage de Neufchâtel-Bourgogne (XIIIe – XVIe siècles) (thèse d'histoire), Université de Lorraine, (lire en ligne), p. 463.
  50. H. Cousin, p. 130.
  51. Pourtant, d'après un acte de vente de la grange de Courcelle à Thiébaut Ier de Neufchâtel, passé en 1258, l'abbé est alors « Renauz » (Cartulaire de Neufchâtel (Manuscrit Droz 24) (lire en ligne), p. 236v-238r.).
  52. Pierre Roques, Supplément au Dictionnaire historique, geographique, genealogique, etc. (de Moreri), t. III, Lyon, Chés la Veuve de Jean Christ, (lire en ligne), p. 1071.
  53. Nommé par Charles Quint à condition de prendre l'habit régulier : Bibliothèque de Besançon, Manuscrit Chiflet 19, fol. 129.
  54. Il sera en 1597 abbé de La Charité jusqu'à sa mort le 17 juin 1609. Voir Jules Gauthier et Roger de Lurion (séance du 21 décembre 1893), « Les ex-libris et les reliures des bibliothèques comtoises du XVIe au XVIIIe siècle », dans Procès-verbaux et mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon, Besançon, P. Jacquin, (lire en ligne).
  55. Sa sépulture était située dans l'abbaye des Trois-Rois : Jean-Baptiste Guillaume, Histoire de la ville de Salins, t. II, Besançon, (lire en ligne), p. 53.
  56. Mémoires et documents publiés par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, Chambéry, Imprimerie du Gouvernement, (lire en ligne), p. 276.
  57. Le Nouveau Mercure annonce dans son numéro de juin 1719, p. 191, que l'abbatiat est vacant suite à la mort de l'abbé (lire en ligne).
  58. Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne, p. 328.
  59. D'après un arrêt relatif à un procès conservé aux Archives départementales de la Haute-Saône (Archives communales déposées de Gy, cote 282Edepot362), l'abbé s'appelait François-Xavier Courchetet.
  60. La nomination paraît dans le numéro de juin 1752 du Mercure de France, page 196 (lire en ligne). La mort de l'abbé est connue par les tables alphabétiques des Obits de chanoines ou bienfaiteurs, cote G 246, registre conservé aux archives départementales du Doubs.
  61. Xavier Brilland, Mgr François Gaspard de Jouffroy-Gonsans, évêque zélé des Lumières face à la Révolution (1721-1799) (thèse d'Histoire), Université du Maine, (lire en ligne).
  62. Voir l'acte de vente d'une dépendance de l'abbaye située à Besançon en 1781, archives municipales de Besançon, cote DD35, folio 71 (lire en ligne).

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  • Abbé Baverel (Ms Baverel 39), Cartulaire de l'abbaye des Trois Roys : Copié sur le manuscrit 774 de la Bibliothèque publique de Saint-Vincent de Besançon (lire en ligne).
  • Cartulaire de la seigneurie de Neufchâtel, au comté de Bourgogne (Manuscrit NAF 3535. Copie, faite par Jules Gauthier) (lire en ligne).
  • Joseph Trouillat et Joseph Louis Vautrey, Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle : recueillis et publiés par ordre du Conseil exécutif de la République de Berne, t. I, Porrentruy, Victor Michel, , 866 p. (lire en ligne).
  • Joseph Trouillat et Joseph Louis Vautrey, Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle : recueillis et publiés par ordre du Conseil exécutif de la République de Berne, t. II, Porrentruy, Victor Michel, , 805 p. (lire en ligne).
  • Joseph Trouillat et Joseph Louis Vautrey, Monuments de l'histoire de l'ancien évêché de Bâle : recueillis et publiés par ordre du Conseil exécutif de la République de Berne, t. III, Porrentruy, Victor Michel, , 936 p. (lire en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (la) Gallia christiana, t. XV, province de Besançon (lire en ligne), p. 260-265.
  • Jacques Baquol et Paul Ristelhuber (éditeur), L'Alsace ancienne et moderne : ou dictionnaire géographique, historique et statistique du Haut et du Bas-Rhin, Strasbourg, Salomon, , 3e éd., 696 p. (lire en ligne).
  • Jules Gauthier, Nouvelle série de tombes franc-comtoises inédites (XIIIe – XVIIIe siècles), Besançon, Paul Jacquin, (lire en ligne).
  • Jean Baptiste Glaire, Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiques, t. II : K-Z, Paris, Poussielgue frères, , 1336 p. (lire en ligne).
  • Nicolas-Antoine Labbey-de-Billy, Histoire de l'Université du Comté de Bourgogne et des différents sujets qui l'ont honorée : pour faire suite aux ouvrages historiques de M. Dunod, vol. 2, Besançon, , 994 p. (lire en ligne).
  • René Locatelli, Sur les chemins de la perfection : moines et chanoines dans le diocèse de Besançon : vers 1060-1220 (thèse de doctorat ès Lettres), Université Jean Monnet, Saint-Etienne, Publications de l'Université de Saint-Etienne, (ISBN 2862720240 et 9782862720241, OCLC 411442559, lire en ligne).
  • Hugues du Tems, Le clergé de France, ou tableau historique et chronologique des archevêques, évêques, abbés, abbesses et chefs des chapitres principaux du royaume : depuis la fondation des églises jusqu'à nos jours, t. II, Paris, Delalain, (lire en ligne).
  • Jean-François-Nicolas Richard dit abbé Richard, Recherches historiques et statistiques sur l'ancienne seigneurie de Neuchâtel, au comté de Bourgogne, Besançon, imprimerie de Charles Deis, , 453 p. (lire en ligne).
  • Henri Cousin, « L'abbaye des Trois-Rois », dans Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de la Haute-Saône, (ISSN 0395-7098, lire en ligne), p. 111-132.
  • Jean-Marc Debard, « La Guerre des Paysans dans les marges occidentales du monde germanique : 1525 dans la Porte de Bourgogne, le Comté de Montbéliard et Bailliage d'Amont de Franche-Comté », dans Société d'histoire et d'archéologie de Saverne et environs, Pays d'Alsace, Saverne, , 80 p. (lire en ligne).
  • A. Gasser, « Les maisons religieuses de Soultz : La chapelle du Lieu-Croissant et des Trois-Rois », dans Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, Revue d'Alsace, t. LVII, Colmar, , 661 p. (lire en ligne), p. 621-641.
  • Jules Gauthier (séance du 25 janvier 1882), « Les inscriptions des abbayes cisterciennes du diocèse de Besançon », dans Procès-verbaux et mémoires de l'Académie des sciences , belles-lettres et arts de Besançon, Besançon, P. Jacquin, , 448 p. (lire en ligne).
  • René Locatelli, « L'implantation cistercienne dans le comté de Bourgogne jusqu'au milieu du XIIe siècle », dans Aspects de la vie conventuelle aux XIe -XIIe siècles : Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, 5ᵉ congrès, Saint-Etienne, (DOI 10.3406/shmes.1974.1189, lire en ligne), p. 59-112.