Anteuil

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Anteuil
Anteuil
L'église de l'Assomption d'Anteuil.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Arrondissement Montbéliard
Canton Bavans
Intercommunalité Communauté de communes des Deux Vallées Vertes
Maire
Mandat
Éliane Savourey
2014-2020
Code postal 25340
Code commune 25018
Démographie
Gentilé Anteuillois
Population
municipale
666 hab. (2016 en augmentation de 2,62 % par rapport à 2011)
Densité 27 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 23′ 18″ nord, 6° 33′ 41″ est
Altitude Min. 360 m
Max. 836 m
Superficie 24,29 km2
Localisation

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Anteuil est une commune française située dans le département du Doubs, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Anteuillois.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Anteuil est attesté sous les formes Antogilos (sans date)[1], Anteil en 1135, Antoyle en 1173, Anteuille au XIVe siècle[2].

Ernest Nègre considère qu'il s'agit du nom de personne roman Anatolius (> Anatole) pris absolument[3].

Albert Dauzat, Charles Rostaing et Xavier Delamarre comparent avec Antheuil (Côte-d'Or et Oise : Antolium 1175 et Antoilum 1214.) qui semblent contenir l'appellatif gaulois ialon « terre défrichée », puis « village » (cf. gallois tir ial « terre défrichée ») qui a donné les finales -ueil et -euil au nord de la France[4],[3]. Dans ce cas, le premier élément peut être le gaulois anto- « limite, borne »[5].

Glainans est mentionné sous la forme Glaenens en 1147. Du nom de personne germanique Glawo, suivi du suffixe germanique -ing-os « propriété » (cf. allemand -ing-en) qui a donné toutes les finales en -ans de la région[4].

Bermont est attesté sous les formes Belmont en 1445[6], Belmont-devant-l'Isle, puis Bermont-Lanthenans[7].

Les formes anciennes impliquent manifestement un ancien Belmont, comme Bermont (Territoire de Belfort, de Bello Monte 1147). Il s'agit bien d'un « beau mont » comme tous les Belmont et Beaumont. La mutation /l/ > /r/ est commune dans les langues romanes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Saint-Georges-Armont Rang, L'Isle-sur-le-Doubs Blussans Rose des vents
Pays de Clerval
Chaux-lès-Clerval
Crosey-le-Grand
N Lanthenans
Hyémondans
O    Anteuil    E
S
Orve Vellerot-lès-Belvoir Vyt-lès-Belvoir

Histoire[modifier | modifier le code]

La seigneurie de Bermont s'appuyait sur le château du même nom construit sur l'actuelle commune d'Anteuil.

Le château de Bermont[modifier | modifier le code]

C'est dans une charte de 1136 qu'il est fait mention de Bermont pour la première fois, dans cet acte Thibaud Ier de Rougemont, seigneur de Bermont, donne à l'abbaye des Trois Rois ce qu'il possédait à Brucens[7]. Le château n'est pas cité dans la charte de 1136 ni dans celle de 1147 de l'archevêque Humbert de Scey, ni même dans la bulle du pape Alexandre III qui détaille avec précision les biens du prieuré de Lanthenans qui possédait les terres de Bermont[7]. Le château a certainement donné le nom de la famille de Bermont qui avait en fief le bourg de Bermont et sa forteresse, ainsi que Glainans et Tournedoz. Ce dernier était un hameau composé de quelques maisons alignées tournant toutes le dos au château, d'où son nom de Viredoz puis Tournedolz au XVIe siècle, situé sur les chemins conduisant de Neuchâtel-Urtière à Bermont et de Salins au prieuré de Lanthenans, il a vu son importance grandir jusqu'à devenir une halte pour les convois de sel et les voyageurs[7].

Le seigneur de Bermont était haut justicier sur ses terres, prélevait la dîme, le droit de cens, l'échute, le lods, la poule, et les corvées[7].

Les armes de Bermont sont : écartelé, au 1 burelé d'argent et d'azur, qui est de Bermont ; au 2 de gueules, à la bande d'or, accostée de deux cotices du même, qui est de Savigny ; au 3 de gueules, à une épée d'argent, garnie d'or, posée en fasce, qui est de Précipiano ; au 4 d'azur, au rocher de six coupeaux d'argent, surmonté d'une étoile d'or, qui est de Raiscle de la Roche. Couronne de baron. Support : deux lévriers[8].

Le château et le bourg[modifier | modifier le code]

Vestiges des courtines et tour avec cannonière du château de Bermont.

C'est à partir du XIIIe siècle qu'il est fait mention du château, celui-ci s'articulait autour de deux tours (le châtel-devant côté Glainans et le châtel-derrière côté de la Chaîne du Lomont), à ses pieds se dressait la chapelle[7]. En 1479, lors des guerres de Bourgogne, beaucoup de places fortes du comté tombèrent au pouvoir des Français qui en firent démolir un grand nombre, Louis XI fit renverser les deux tours du château de Bermont[7]. Il fut reconstruit dans la première moitié du XVIe siècle par Simon Renard, conseiller de l'empereur et son ambassadeur auprès du roi d'Angleterre[7]. Le château servait de refuge aux habitants de Lanthenans, de Hyémondans et de Sourans en cas de guerre en échange de travaux d'entretien de la forteresse[7].

Le village était scindé en deux parties, le Grand-bourg qui comptait quatre à cinq maisons au nord de la montagne et le petit-bourg formé de deux à trois habitations[7]. Il est possible que ce soit le prieuré de Lanthenans qui en ait donné les terres à un chevalier en échange de la construction du château pour assurer sa protection comme le laisse supposer le saint protecteur de Bermont qui est saint Laurent, le même que celui de Bermont qui appartenait à ce même prieuré[7].

Les Neuchâtel-Bourgogne[modifier | modifier le code]

En 1325, Thiébaud IV de Neuchâtel-Bourgogne s'était emparé à main armée de la forteresse de Bermont car les familles d'Aucelle et de Bermont refusaient de faire leur devoir de fief[7]. Thiébaud de Neuchâtel en confia la garde à quelques-uns de ses vassaux dont Perrin de Longevelle en 1336, écuyer, et Huguenin Lolya en 1349 ; le fief sera rendu à Guillaume de Bermont en 1350[7]. Ce dernier, parent de Jean de Montferrant, meurt en 1354 ; sa succession fera l'objet de graves discussions entre les seigneurs de Cuisance et Thiébaud V, c'est ce dernier qui emportera les biens[7]. Quinze ans plus tard elle passe au comte de Montbéliard et les Neuchâtel n'en gardent que le titre de fief[7]. Par la suite elle passera à la petite-fille du comte Renaud, mariée à Valerand de Thierstain[7].

Transmission du fief[modifier | modifier le code]

En 1422, la seigneurie est dans les biens de la famille Arménier, Guy Armènier était conseiller et grand-maître du duc Jean sans Peur et il reçut le chatel-derrière de Bermont ainsi que ses dépendances. Il transmit le fief à son petit-fils Jean Arménier[7].

Après être passée dans les maisons de Montjustin puis d'Armenier, la seigneurie de Bermont fut transmise par mariage à Jean Ier d'Allanjoye. Ce dernier n'ayant pas de postérité la transmettra à Thiébaud de Saint-Maurice, mais à la suite d'un conflit avec Anne de Roppe, prétendante à l'héritage des Montjustin et d'Allanjoye, la seigneurie revint dans la maison de Roppe jusqu'en 1555 date à laquelle elle fut vendue à Simon Renard, conseiller de l'empereur, qui fit rénover la forteresse.

En 1590, Desle de Mouthier l'acheta et en 1681 c'est Jean-Baptiste Guyot, baron de Maîche, qui en partageait l'usage avec Thomas de Mouthier. En 1750 la seigneurie sera démembrée par Jean Cenet d'Accolans qui l'avait reçue de Gabriel Cenet, seigneur d'Accolans[7].

Généalogie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Nicolas de Glainans.
Fontaine au lion à Glainans.
  • Fontaine-lavoir-abreuvoir au lion.
    Ruines du château de Bermont qui fut bâti au cours du XIIIe siècle[7]. Il surplombait un bourg installé à ses pieds de part et d'autre de la crête qui supportait le château[7]. Celui-ci était divisé en deux parties : châtel-devant (côté de Glainans) et châtel-derrière (côté du Lomont)[7]. Le fief était déjà exprimé en 1292, 1296 et 1299[7].
De nos jours, ces deux parties sont encore très nettement visibles, elles se situent là où il est possible d'admirer les soubassements de deux tours semi-circulaires, dont la première est desservie par les vestiges d'une porte datable du XVe siècle.
Cette forteresse était protégée au nord par un profond fossé taillé dans le roc. À noter, non loin de ce fossé, de nombreuses carrières sont encore visibles. On en a extrait les matériaux pour la construction du château ainsi que du bourg.
Son histoire est assez lacunaire : possession de la famille de Bermont, vassale des Neuchâtel, il passa en diverses mains dont celles des Allenjoie, pour arriver au sein de la famille de Moustiers au tout début du XVIe siècle.
Pris et démantelé pendant les guerres de Bourgogne par les troupes de Louis XI, il fut modernisé pour les armes à feu au début du XVIe siècle, comme le laisse apparaître encore de nos jours la bouche à feu de la tour ruinée orientée au levant et qui surplombe la gorge permettant d’accéder au château. Il servit de campement aux miliciens comtois durant la guerre de Dix Ans et devait être fort ruiné quand survint la conquête française.
Ce site représente le type parfait de l'éperon barré. Cette forteresse devait être des plus imposantes et quasiment imprenable.
Une gravure et une carte postale du début du XXe siècle le représenteraient avec de majestueuses ruines.
  • Fontaine-lavoir.
  • Monument aux morts.
  • Mairie.
  • Notre Dame de Lourdes : statues qui proviennent de la cour de l'orphelinat où avait été fabriquée une représentation de la grotte de Lourdes.
  • Fontaine au lion à Glainans : elle date de 1835, elle faisait, autrefois, office d'abreuvoir et de lavoir.
  • Monument aux morts de Glainans.
  • Église Saint-Nicolas de Glainans. Construite en 1840 par l'architecte Charles-Louis Clément.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 Claude Duquet[9]    
mars 2014 En cours Éliane Savourey SE Retraitée Fonction publique
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[11].

En 2016, la commune comptait 666 habitants[Note 1], en augmentation de 2,62 % par rapport à 2011 (Doubs : +1,79 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
452472464426526579624620636
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
533526504467458463497468432
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
409415420402407401362328302
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
309285385524506482472597658
2016 - - - - - - - -
666--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003. p. 50.
  2. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume I, Librairie Droz 1990. p. 640.
  3. a et b op. cit.
  4. a et b Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud 1979. p. 21.
  5. Xavier Delamarre, op. cit.
  6. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Volume II, Librairie Droz 1991. p. 1157.
  7. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac et ad Recherches historiques et statistiques sur l'ancienne seigneurie de Neuchâtel
  8. a b c d e f g h et i Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France
  9. Site officiel de la préfecture du Doubs - liste des maires (doc pdf)
  10. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Archives généalogiques et historiques de la noblesse de france, volume 2, P.Louis Laine, 1829, p. 1 à 17.
  • Recherches historiques et statistiques sur l'ancienne seigneurie de Neuchâtel au comté de Bourgogne, Jean François Nicolas Richard, 1840, p. 113, 114, 115, 117, 118, 129, 130, 193, 219, 242, 258, 261, 262, 272, 299, 327.

Liens externes[modifier | modifier le code]