Maison de Thoire-Villars

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Ne doit pas être confondu avec Famille de Villars ou Maison de Villars.
Image représentant deux personnes Cette page explique l’histoire ou répertorie les différents membres de la famille de Thoire-Villars.

Famille de Villars
puis de Thoire-Villars
Armes de la famille.
Armes de la famille : Famille de Villars
puis de Thoire-Villars

Blasonnement Bandé d'or et de Gueules de six pièce
Période IXe siècle - XXIe siècle
Pays ou province d’origine Bugey
Allégeance Beaujeu
Fiefs tenus Bouligneux, Montellier, Montribloud, Riverie, Rossillon, Saint-Sorlin, Thoire, Thor, Trévoux, Varax, Villars.
Vassaux Alleman, Juis, Luyrieu, Montellier, Rougemont
Demeures Ambérieux-en-Dombes, Bouligneux, Jasseron, Loyes, La Sallaz, Matafelon, Montréal, Montribloud, Poncin, Thoire, Trévoux, Varax, Villars
Charges Comte de Genève
Capitaine général du pape Clément VII
Recteur du Comtat Venaissin
Gouverneur de Nice
Damoiseau des comtes de Savoie
Fonctions ecclésiastiques Archevêque de Lyon, évêques
Récompenses civiles Chevalier de l’ordre du Camail

La maison de Thoire-Villars est une ancienne famille noble d'extraction chevaleresque, issue de l'alliance de deux familles du Bugey, la famille de Thoire avec la famille de Villars, vers la fin du XIIe siècle, d'où l'usage patronymique de Thoire et Villars ou Thoire-Villars.

La puissance de cette maison se mesure notamment, comme relaté dans le recueil de Samuel Guichenon, par les hautes alliances qu'elle contracta. Elle peut être parfois considérée comme maison souveraine[1]. Une famille homonyme, implantée en Faucigny, se déclare issue de la maison de Thoire sans qu'il n'existe de preuves, ni de correspondance de leurs armes[2].

Titres et charges[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive des titres que portèrent suivant les périodes les sires de Thoire :

Certains membres ont été châtelains pour les comtes de Savoie[3] :

Historique[modifier | modifier le code]

Les écrits de Samuel Guichenon, historien et généalogiste bugiste, indique que les origines de la famille de Thoire sont obscures[2]. L'origine avancée par Samuel Guichenon, n'est pas le château de Thoire (située à Lacenas), dans le duché de Bourgogne[2], mais une « forteresse en Bugey sur le bord de la rivière de l'Ain »[4]. Néanmoins, des titres destinés à l'église Saint-Pierre de Nantua mentionnent l'existence de Hugues de Thoire au XIe siècle[5].

Agnès de Villars apporta en dot en 1188[6],[7] à Étienne II de Villars (°v.1178–†1235) tous ses biens. Aux terres du Bugey, entre autres Cerdon, Montréal, Arbent, Matafelon, Beauregard, Belvoir des Thoire s’ajoutent une grande partie de la Bresse avec les terres dombistes des Villars[7], qui comprenaient les seigneuries d'Ambérieux-en-Dombes, du Châtelard, de Trévoux et de Villars. Cette acquisition devient de fait une « sorte de second bailliage dont le centre est déplacé de l'énorme motte de Villars vers le prestigieux château de Trévoux »[7]. Ils étaient également en possession de la terre de la Montagne[Note 1],[8]. Ils héritent également en 1271 des seigneuries d'Aubonne, d'Hermance et de Commugny, dans le canton de Vaud[6].

Le , le sire Humbert II de Thoire épouse Alix de Coligny, dame de Cerdon et Espierres, héritière de Humbert II de Coligny[9]. La famille de Thoire-Villars obtient le contrôle sur les régions de Lons-le-Saunier, de Nantua et du Revermont[9].

En 1280, Humbert IV émigre au château de Montréal (Montréal-la-Cluse) lui permettant ainsi de surveiller les frontières de son domaine avec celui de Nantua. Il est aussi à l'origine de la création de la ville de Coppet en 1294 (canton de Vaud)[6].

Au début du XIVe siècle, elle est alliée aux dauphins de Viennois dans la guerre qui oppose ces derniers aux comtes de Savoie[10].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Famille de Thoire-Villars

Les armes de la famille de Thoire-Villars se blasonnent ainsi :

bandé d'or et de Gueules de six pièces[2],[11], accompagné de la maxime « Secrelum domini de Villars » sur leur sceau.

Cimier : un taureau ailé d'or[2]

Supports : deux sauvages tenant en main la bannière de Villars[2]

Cri : « Villars ! »[2],[11]

Filiations[modifier | modifier le code]

Il est à noter qu'après le mariage d'Étienne de Thoire avec Agnès de Villars et l'union des deux seigneuries (vers 1190 ou peu après), les cadets de ce lignage, adoptèrent pour patronyme le nom de Villars tandis que l'aîné seul portait celui de Thoire-Villars.

  • Hugues de Thoire (vivant en 1080-†après 1120), sire de Thoire, marié à N dame de Saint-André et de Saint-Vincent.
    • Humbert Ier (!1131 - †1158/), sire de Thoire.
      • Guillaume de Thoire (°1115 - †1165), sire de Thoire.
        • Humbert (II) de Thoire (°1145 - †Ca 1188), sire de Thoire, marié le 11 juillet 1188[12] à Alix de Coligny, dame de Cerdon et Espierres, fille héritière d'Humbert II de Coligny qui lui apporte la région de Lons-le-Saunier, et les terres entre Nantua et le Revermont. Il reçoit également les droits sur le péage de Trévoux.
          • Étienne Ier de Thoire (°Ca1178 -†1235), sire de Thoire-Villars, marié à Agnès de Villars (†après 1242), qui lui porte en dot en 1187 les biens de cette famille[13] .
            • Étienne II (°1200 - †1248), sire de Thoire-Villars, marié à Béatrix de Faucigny (°v.1210-†ap. le 8 mars 1276)[13].
              • Humbert III (°1235 - †1279), sire de Thoire-Villars, Montréal, Brignon, Chatelard, Montelier et Arbonne, marié à Alix ou Béatrice de Bourgogne[13] .
                • Humbert IV (°1255 - †1301 le 14 mai), sire de Thoire-Villars, mariée en septembre 1254 à Marguerite de La Tour du Pin.
                  • Humbert V (!1304 - †1336/), sire de Thoire-Villars, marié en 1296 à Éléonore de Beaujeu[14],[15],[16],[17].
                    • Isabeau de Villars, mariée le 9 février 1337 en premières noces à Henri de Bourgogne, chevalier, seigneur de Montrond, puis en deuxièmes noces, en 1325, à Jean de Jarès, seigneur d'Iseron.
                    • Humbert VI (vivant en 1331-†1372, le 18 août), sire de Thoire-Villars, marié à : 1/ Béatrix de Savoie (†1340), fille du prince Philippe Ier de Piémont le 10 mai 1331 - 2/ Béatrix de Chalon, dame de Montgeffon en Comté, fille de Jean de Châlon, comte d'Auxerre et de Tonnerre, et d'Alix de Montbéliard, le 29 juin 1342[13],[14],[17].
                      • 1/ Marie de Villars, dame de Brion en Bugey, mariée, en 1350, à Guy de Vienne, chevalier, seigneur de Ruffey et de Chevreau.
                      • 2/ Humbert (VII) (vivant en 1366-†1424, le 24 juillet à Trévoux), sire de Thoire-Villars, de Riverie de Rossillon et de Trévoux, marié : 1/ Alix de Rossillon, le 21 mai 1350, fille d'Aimon de Rossillon et d'Alix de Poitiers - 2/ Marie de Genève, fille d'Amédée III, comte de Genève et de Mathilde dite « Mahaut d'Auvergne » le 1er mars 1367 - 3/ Isabelle d'Harcourt, fille de Jean III, comte d'Harcourt, et de Catherine de Bourbon, le 11 octobre 1383[13],[14],[15],[16],[17].
                      • 2/ Alix de Villars (vivante en 1379-†1412), dame de Montgeffon, mariée en premières noces à : 1/ Philippe de Savoie le 19 septembre 1362 seigneur de Vigon, de Villefranche, etc., fils de Jacques de Savoie, prince d'Achaïe et de Sibille de Baux - 2/ Henri de Vienne, chevalier, seigneur de Sainte-Croix, etc., avec lequel elle vivait en 1379. En 1396, elle avait acquis la seigneurie de Montgeffon.
                      • 2/ Éléonore de Villars, dame de Buys, mariée en premières noces à : 1/ Édouard, seigneur de Beaujeu - 2/ Philippe III de Lévis, vicomte de Lautrec.
                      • 2/ Marguerite de Villars, mariée en premières noces à : 1/ Guichard d'Oingt en 1360 - 2/ Aymard de Montferrand, chevalier.
                    • Henri (II) de Villars (†1317, le 3 mai), chanoine de Lyon, puis évêque de Viviers et de Valence et enfin archevêque de Lyon (24 décembre 1342),
                    • Éléonore de Villars, dame d'Andelot, mariée à Étienne II de Coligny, seigneur d'Andelot.
                    • Guillaume de Villars, chevalier, seigneur de Beauvoir et du Châtelard en Dombes, marié à Marguerite de la Roche-en-Montagne.
                      • Marguerite de Villars, mariée en 1340, à Guillaume Baron de Tournon.
                    • Jean de Villars (vivant en 1331), chevalier, seigneur de Montellier et de Beauvoir, marié à : 1/ Isabelle de Gresy, 2/ Agnès de Montagu[18].
                      • Odon de Villars ou Eudes ou Odo (°1354-†1415, le 25 octobre sans enfants), chevalier, seigneur de Baux, de Montribloud (Saint-André-de-Corcy), du Montellier, de Saint-Sorlin et du Thor, comte de Genève, Capitaine général du pape Clément VII, recteur du Comtat Venaissin et gouverneur de Nice, damoiseau des comtes de Savoie, chevalier de l’ordre du Camail, etc., marié à Elix de Baux, comtesse d'Avelin et de Beaufort, fille unique de Raymond de Baux et de Jeanne de Beaufort[Note 2].
                    • Louis de Villars (†1377, le 3 septembre à Valence), chanoine, archidiacre, puis doyen de l'église de Lyon en 1331, évêque de Valence et de Die (1361-1370), enfin administrateur général de l'archevêché de Vienne en Dauphiné. Il fut élevé à la dignité de cardinal.
                    • Guy de Villars (vivant en 1377), chevalier.
                    • Jean de Villars, chanoine et chambrier en l'église de Lyon.
                    • Béatrix de Villars, prieure de Poleteins.
                    • Marie de Villars, religieuse à Poleteins.
                    • Guillaume de villars, bâtard de Villars à l'origine de la branche des seigneurs de Glareins, de Surpierre et de Berchies.
                  • Louis de Villars (†1308 le 4 juillet), chanoine et archidiacre de l'église de Lyon, puis archevêque de Lyon en septembre 1301.
                  • Jean de Villars (†1322, le 31 octobre), chanoine, puis chambrier de l'église de Lyon. Il était seigneur de Saint-André-de-Corcy et de Monthieux.
                  • Amé de Villars (vivant en 1299), damoiseau.
                  • Béatrix de Villars, mariée à Jean de la Chambre, chevalier.
                  • Leoneta ou Lyonnette de Villars, mariée à Guichard, seigneur d'Anthon.
                  • Alix de Villars (†1302), dame de Pouilly-sur-Saône, mariée à Hugues II, comte de Vienne, seigneur de Pagny, de Lons-le-Saulnier, etc..
                  • Agnès de Villars (vivante en 1323 et 1328), mariée à : 1/ Guillaume Aleman, chevalier, seigneur de Valbonnais, 2/ Johann von Greierz ou Jean, comte de Grueres.
                  • N, mariée au seigneur de Cossonay en pays de Vaud.
                  • Étienne de Villars (vivant en 1299), abbé de Saint-Claude.
                • Guillermin ou Guillaume de Villars, abbé de Saint-Claude en 1285.
                • Amé de Villars (vivant en 1286), chevalier.
                • Étienne de Villars, chartreux et prieur de Lugny, mort en 1304 et inhumé à Poleteins.
                • Sibille, mariée à Louis d'Oingt en Lyonnais.
              • Alix de Villars (†1304), mariée à Aynard de Clermont, chevalier.
              • Agnès de Villars (°1238-†1298), mariée à Aynard II de La Tour, chevalier, seigneur de Vinay.
              • Henri Ier de Villars (†1301 le 18 juillet à Rome), seigneur de Trévoux, abbé de Chassagne, chambrier de l'église et comte de lyon (1270), prévôt de Fourvières, puis archevêque de Lyon (1296-1301)[16].
              • Simone de Villars, mariée à Girard, seigneur de Cusance-en-Comté.
              • Étienne de Villars.
              • Jeanne de Villars.
            • Jeanne de Villars, prieure de la chartreuse de Poleteins en 1281.
          • Ponce de Thoire (vivant en 1199-†1220), évêque de Mâcon en 1199.
          • Humbert de Thoire (vivant en 1217), chevalier.
          • Bernard de Thoire, (vivant en 1200 et encore cité en 1230), abbé de Saint-Claude sous le nom de Bernard III de Thoire (1200-1230)[19].
          • Boniface de Thoire (vivant en 1215), prieur de Nantua en 1200 puis évêque de Belley en 1215.
          • Poncia de Thoire mariée à Amédée Ier de Genève dit de Gex.
        • Bernard de Thoire, abbé de Saint-Claude, évêque de Belley.
        • N de Thoire, marié à Turembert de Châtillon-de-Michaille.
        • N de Thoire.
      • Humbert de Thoire, chevalier.
      • Gislebert ou Gilbert de Thoire, chevalier, qualifié beau-frère de Jean, seigneur de Balmey, en 1185.
      • Ponce de Villars (vivant en 1162), abbé de Saint-Oyen puis évêque de Belley en 1162.

Possessions[modifier | modifier le code]

Les seigneurs de Thoire-Villars ont détenu une dizaine de châteaux[20]. Voici une liste non exhaustive des possessions tenues en nom propres ou en fief :

Alliances[modifier | modifier le code]

Villars, de Bourgogne, Savoie, Genève, Genève-Gex, Poitiers, Clermont, La Chambre, Rossillon, Beaujeu, Coligny, Montagu, Chalon, Harcourt, Vienne, Luys, Baux.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amédée de Foras, Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 5, Grenoble, Allier Frères, 1863-1966, p. 527-543
  • Samuel Guichenon, Histoire de Bresse et de Bugey : contenant ce qui s'y est passé de mémorable sous les Romains, rois de Bourgogne et d'Arles, empereurs ... jusques à l'eschange du marquisat de Saluces : divisé en quatre parties, vol. 3, Jean Antoine Huguetan, (lire en ligne), p. 213-238, « Thoire. Sires de Thoire et de Villars, Comtes de Genève, d'Avelin et de Beaufort »
  • Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey : les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné, 1282-1355, vol. 14, Presses universitaires de Lyon, coll. « Collection d'histoire et d'archéologie médiévales », , 433 p. (ISBN 978-2-72970-762-0, lire en ligne), p. 22

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Ansgar Wildermann / VW, « Thoire-Villars, de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La terre de la Montagne était le Haut-Bugey, c’est-à-dire l’ancienne principauté de Thoire et la Michaille.
  2. Marie-Claude Guigue le nomme Ode et le donne vivant en 1347, op. cit, p. 247.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bulletin de l'École antique de Nîmes, Bibliothèque municipale, Nîmes, 1979, p. 153.
  2. a b c d e f et g Guichenon 1650, p. 213 (lire en ligne).
  3. « SA - Comptes des châtellenies, des subsides, des revenus et des judicatures », sur le site des Archives départementales de la Savoie - enligne.savoie-archives.fr (consulté en février 2018), p. 3
  4. Guichenon 1650, p. 214 (lire en ligne).
  5. Guichenon 1650, p. 216 (lire en ligne).
  6. a b et c « Thoire-Villars, de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  7. a b et c Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 247.
  8. Paul Cattin, op. cit., p. 5.
  9. a et b Défendre la Bresse et le Bugey 2005, p. 22 (lire en ligne).
  10. Paul Cattin, La construction d'un château au XIVe siècle : Château-Gaillard, Cahiers René de Lucinge, 4e série no  26, 1990, p. 4.
  11. a et b Antoine Charles N. Lateyssonnière, Recherches historiques sur le département de l'Ain. 5 vols, 1838, p. 71-74.
  12. Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey - Les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné (1282 - 1355), collection Histoire et Archéologie médiévales n°14, Presses universitaires de Lyon, Lyon, 2005, (ISBN 272970762X), p. 22.
  13. a b c d et e Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain, Bourg-en-Bresse, Gromier Ainé, (lire en ligne), p. 208.
  14. a b et c Marie-Claude Guigue, op. cit., p. 260.
  15. a et b Marie-Claude Guigue, op. cit., p. 298.
  16. a b et c Marie-Claude Guigue, op. cit., p. 405.
  17. a b et c Marie-Claude Guigue, op. cit., p. 428.
  18. Marie-Claude Guigue, op. cit., p. 247.
  19. Marie-Claude Guigue, op. cit., p. 188.
  20. Bernard Demotz, « Les fortifications de pierre dans le Comté de Savoie », L'Histoire en Savoie : revue de culture et d'information historique,‎ , p. 119-134 (lire en ligne).