Château de Varax

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Château de Varax
Image illustrative de l’article Château de Varax
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XVe siècle
Destination initiale Résidence seigneuriale
Propriétaire actuel Personne privée
Destination actuelle Fermé au public
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1981, partiellement)[1]
Coordonnées 46° 05′ 59″ nord, 5° 08′ 34″ est[2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Dombes
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ain
Commune Saint-Paul-de-Varax
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Varax
Géolocalisation sur la carte : Ain
(Voir situation sur carte : Ain)
Château de Varax

Le château de Varax est un ancien château fort, des XIVe – XVe siècle, ruiné à la fin du XVIe siècle et remanié depuis, qui se dresse sur la commune de Saint-Paul-de-Varax dans le département de l'Ain, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Attenant au château, il subsiste une motte castrale accompagné d'une basse-cour du milieu du XIIIe siècle. Il est le centre de la seigneurie de Varax, érigée ensuite en comté.

Le château fait l’objet d’une inscription partielle au titre des monuments historiques par arrêté du [1]. Seuls les façades et toitures du château, à l'exception de la façade ouest du bâtiment comportant quatre ouvertures modernes, et les communs sont inscrits.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de Varax est situé dans le département français de l'Ain sur la commune de Saint-Paul-de-Varax au milieu des étangs de la Dombes, à 1 kilomètre au nord-est du village actuel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site de Varax a dû être occupé très tôt, comme semblent l'indiquer les diverses trouvailles archéologiques datant de l'époque gallo-romaine faites au XIXe siècle à proximité, le long de l'ancienne route nationale. Dès le XIIe siècle il est fait mention d'un village et d'une église placée sous le vocable de saint Paul et dépendant du chapitre de Saint-Paul de Lyon.

La seigneurie en toute justice et avec château-fort de Varax relevait anciennement des sires de Bâgé. Dans la première moitié du XIIIe siècle[3] elle est la possession d'Hugues d'Anthon et d'Étienne, son fils, sous la suzeraineté des comtes de Savoie.

En 1243, le comte de Savoie Amédée remet la seigneurie, en augmentation de fief, à Étienne, seigneur de Thoire-Villars[3].

Cette seigneurie passe ensuite à une famille qui en porte le nom, de Varax, vers 1250[réf. nécessaire]. À la même époque apparaissent les mentions d'un établissement seigneurial ; un château puis un bourg attenant au château. Le représentant connu le plus ancien est Ulrich de Varax, chevalier et seigneur de Romans, vivant dans les années 1250-1272[3]. En 1272[4], il rend hommage au comte de Savoie Philippe Ier pour les villages de Saint-Paul-de-Varax et de Romans. En 1285, il est fait mention d'un feodum de Varas.

Selon Guichenon[5], Ulrich est suivi de son fils aîné - Girard de Varax dit la Guêpe († ap. ou v. 1334), fidèle des comtes de Savoie Amédée, Edouard, Aymon, et père de :

En 1332[7], le château, alors possession du seigneur de Thoire-Villars, est pris d'assaut par les Savoyards dans la guerre qui oppose ces derniers aux dauphins de Viennois. En 1369, il est fait de nouveau aveu au comte de Savoie pour la seigneurie de Varax et de Romans. Le site est en 1393 mentionné sous la forme : castrum et villa de Varas[8].

La famille de Varax conserve la seigneurie jusqu'à Gaspard II de Varax, qui en obtient l'érection en comté[Note 1],[9], par le duc de Savoie Louis Ier, le [3], et dont la fille Gilberte de Varax la porte en mariage, le [3], à Hugues de la Palu(d), chevalier.

En 1463, le château est saisi par le comte de Savoie lors d'un conflit entre Bresse et Dombes.

Hugues de la Palu(d) devient comte de Varax, conseiller et chambellan du duc Philippe de Bourgogne. Vers 1494, Charles VIII le fait lieutenant général en Dauphiné[10]. Le duc Philippe Sans Terre le nomme maréchal de Savoie, vers 1492. Barbe et Françoise de La Palud, filles d'Hugues et Gilberte, étant mortes sans alliance, la succession de Varax, Richemont et Cusance passe :

Enfin il passe aux neveux héritiers de la femme dudit Jean de La Palu-Jarnosse, Claudine/Claude de Rye († 1593 ; créée marquise de Varambon par lettres du duc Emmanuel-Philibert datées du 9 mars 1576 et vérifiées en la Chambre des Comptes de Chambéry et au Sénat les 15 et 30 août 1576, son marquisat contenant le comté de Varax, dont Richemont et la Poype, plus Le Plantey, Châtillon-la-Palud, Bouligneux, Tossia, St-Mauris, Martigna, et bien sûr Varembon) : les Rye-La Palu(d)).

Le château est saccagé et démantelé en 1593[11] par les troupes de Biron, et décrit comme étant en ruines en 1650[11].

Louis XIII confisque la terre de Varax sur François de Rye-La Palud, trop endetté, et la donne à Gaspard de la Croix, comte de Castries, qui la remet cependant à la veuve dudit François de Rye, Christine-Claire de Haraucourt, le [3]. En juin 1655, Pierre Perrachon, conseiller du roi, acquiert Varax, Châtillon-la Palud, St-Maurice et Tossiat sur Ferdinand de La Baume, comte de Montrevel[3],[12] : ce dernier les avait obtenus entre 1641 et 1651 du jeune Ferdinand-François-Just de Rye-La Palud (1637-1657 ; fils héritier du couple François et Christine-Claire de Rye, et 1er époux en 1655 d'Henriette de Cusance, la sœur de Béatrice) ou plutôt de sa mère et tutrice, ladite Christine-Claire de Haraucourt ; de plus Pierre Perrachon achète le 3 juin 1655 Varambon et Richemont en Bresse directement audit Ferdinand-Just de Rye-La Palud ; il acquit de surcroît le marquisat de Treffort avec Pont-d'Ain, par son mariage avec Marie d'Urre d'Aiguebonne[13].

Plus tard, les filles de Pierre Perrachon, Marie-Thérèse et Marie-Anne Perrachon, alièneront Varax, le [3], à Étienne de Rivérieulx, écuyer, seigneur de Marcilly-d'Azergues et de Civrieux-d'Azergues. La terre de Varax est donc achetée par Étienne de Rivérieulx, recteur des Hôpitaux de Lyon, qui devient ainsi seigneur du comté de Varax[14].

Son petit-fils, Jean-Claude de Rivérieulx de Varax, ancien officier de cavalerie au régiment d'Escure, fils de Hugues de Rivérieulx de Varax (ancien prévôt des marchands de la ville de Lyon et président en la cour des Monnaies), en reprend le fief le [3]. Il fut le dernier seigneur du comté de Varax[14]. À la Révolution, ses biens furent pillés et il fut décapité (ou fusillé sur le peloton d'exécution) le sur la place des Terreaux à Lyon pour appartenir à la noblesse et avoir soutenu financièrement l'armée régulière du Roi[15]. Il avait 9 enfants[16].

Description[modifier | modifier le code]

Une première fortification de terre, accompagnée d'une basse-cour, est implanté dès le milieu du XIIIe siècle au milieu des étangs de la Dombes sur un tertre artificiel.

Attenante au château de Varax, la motte dont la base est de plan circulaire mesure 38 mètres de diamètre et son sommet de forme ovale 13 × 15 mètres, pour une hauteur de 5,50 mètres. Il est probable qu'un fossé devait l'entourer comme le laissent penser des zones très humides dans les prés aux alentours.

Cette première fortification fut remplacée par le château actuel, dressé à l'emplacement de l'ancienne basse-cour attenante au tertre. Construit en briques, il comptait alors cinq grosses tours reliées par des courtines et défendues par des fossés[3].

En 1595, le site est décrit dans un inventaire : « Le château et la maison forte de Varax, avec pont-levis, fossés, cinq grosses tours, le colombier et la grange, ruinés. Un bourg joignant le château avait quarante maisons qui ont été abattues et brûlées; les habitants presque tous morts et ceux qui restent, au nombre de quinze environ, sont pauvres et misérables. »[17].

Du château originel il ne subsiste que deux ailes disposées en équerre sur les côtés d'une cour. Il fut profondément remanié au cours des siècles notamment après les destructions subies à la fin du XVIe siècle et au XVIIIe siècle. Les parties les plus anciennes, aujourd'hui au nord, sont les deux tours quadrangulaires défendant une poterne, précédées d'un pont-levis, et qui semblent remonter au XIVe siècle.

L'enceinte de l'ancien bourg castral de Saint-Paul-de-Varax, attenant au château et mentionné au milieu du XIIIe siècle, a repris le tracé de l'ancienne basse-cour[18]. Son mur est encore suggéré dans les bâtiments de ferme élevés au sud du château. Disposés sur un alignement semi-circulaire, ils comportent en élévation des vestiges d'éléments défensifs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. . Au XVIIIe siècle, le comté de Varax a comme dépendances la paroisse de Saint-Paul-de-Varax et celle de Saint-Nizier-le-Désert. Il y a justice ordinaire et justice d'appel. Le comte prétend que cette dernière ressortis nument au Parlement de Dijon, les officiers du bailliage de Bourg soutenaient, au contraire, qu'elle était de leur ressort, même au second chef de l'édit. La contestation qui était encore pendante, vers le milieu du XVIIIe siècle, fut tranchée en faveur du bailliage, à la veille de la Révolution — Édouard Philipon, Dictionnaire topographique du département de l'Ain : comprenant les noms de lieu anciens et modernes, imprimerie nationale, Paris, 1911, 528 pages, p. 450.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château », notice no PA00116562, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  3. a b c d e f g h i et j Topographie historique du département de l'Ain 1873, p. 413-414 pour Varax ; p. 412-413 pour Varambon.
  4. Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, Strasbourg, Éditions Publitotal, , 28e éd. (1re éd. 1979), 1304 p. (ISBN 2-86535-070-3, OCLC 1078727877), p. 1073.
  5. « Varax, p. 379-384 », sur Histoire de Bresse et de Bugey, 3e partie, par Samuel Guichenon, chez Jean-Antoine Huguetan et Marc-Antoine Ravaud, à Lyon, 1650
  6. « Comté de Varax et marquisat de Varambon, p. 120 », sur Histoire de Bresse et de Bugey, 2de partie, par Samuel Guichenon, chez Jean-Antoine Huguetan & Marc-Antoine Ravaud, à Lyon, 1650
  7. Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey : les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné, 1282-1355, vol. 14, Presses universitaires de Lyon, coll. « Collection d'histoire et d'archéologie médiévales », , 433 p. (ISBN 978-2-7297-0762-0, lire en ligne), p. 75.
  8. Archives départementales de la Côte-d'Or, série B, no 1044, folio 67 verso.
  9. « Varax, p. 211 », sur Usages des Pays de Bresse, Bugey et Gex, vol. 2, par Charles Revel, chez Jean-Baptiste Besso, à Bourg-en-Bresse, 1775
  10. Abbé N. Albert, « Les sires de Varax en Bresse et en Savoie », XVIe Congrès des sociétés savantes savoisiennes,‎ , p. 225 (lire en ligne)
  11. a et b Mottes castrales de Dombes (Ain) - Éléments pour un atlas, Lyon, Direction des Antiquités Historiques Rhône-Alpes, 1986, p. 82.
  12. « Varax et Varambon, p. 157-162, p. 160 notamment », sur Nobiliaire du département de l'Ain, Bresse et Dombes, par Jules Baux, chez Francisque Martin-Bottier, à Bourg-en-Bresse, 1862
  13. « Antoine-Rostaing d'Urre d'Aiguebonne marquis de Treffort et sgr. de Pont-d'Ain, père de Marie, épouse de Pierre Perrachon, p. 753 », sur Armorial de Dauphiné, par Gustave de Rivoire de La Bâtie, chez Louis Perrin, à Lyon, 1867
  14. a et b Gustave de Rivoire de La Bâtie, Armorial de Dauphiné contenant les armoiries figurées de toutes les familles nobles et notables de cette province, accompagnées de notices généalogiques complétant les nobiliaires de Chorier et de Guy Allard, Lyon, Imprimerie Louis Perrin (réimpr. 1969 (Allier - Grenoble)) (1re éd. 1867), 821 p. (lire en ligne), p. 617.
  15. « Victimes Révolution - R », sur ledinde.free.fr (consulté le ).
  16. « Jean-Claude de Rivérieulx de Varax de Civrieux », sur varax.net (consulté le ).
  17. Aimé Vingtrinier, Histoire du Château de Varey en Bugey, Brun, 1872, p. 82.
  18. Action thématique programmée en archéologie métropolitaine : inventaire des fortifications de terre (groupe Rhône-Alpes), Château de Terre : de la motte à la maison-forte - histoire et archéologie médiévales dans la région Rhône-Alpes, juin 1987-décembre 1988, p. 32.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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