Musée des beaux-arts de Lyon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Musée des beaux-arts.
Musée des beaux-arts de Lyon
Logotype Musée des beaux-arts de Lyon.png
MBA Lyon facade nuit.jpg

Le palais Saint-Pierre vu depuis la place des Terreaux.

Informations générales
Ouverture
Dirigeant
Surface
14 800 m2 dont 6 900 m2 d'espaces d'exposition[3]
Visiteurs par an
351 360 (2014)
301 258 (2015)
333 835 (2016)
Site web
Collections
Collections
Antiquités égyptiennes, grecques et romaines, peintures du XIVe au XXe siècle, sculptures, objets d'art, pièces et médailles, arts graphiques
Nombre d'objets
72 673 (2015)[1]
(plus de 62 800)[2]
Bâtiment
Protection
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Coordonnées

Le musée des beaux-arts de Lyon est un musée municipal situé sur la place des Terreaux à Lyon (France) dans l'abbaye de Saint-Pierre-les-Nonnains, plus connu sous le nom de palais Saint-Pierre.

Voulu dès le XVIIIe siècle pas les élites lyonnaises, il est formalisé pendant la Révolution française, fondé officiellement en 1801 et ouvert en 1803. Durant le XIXe siècle, il partage ses locaux avec l'École des beaux-arts de Lyon et ses collections contiennent de nombreuses pièces archéologiques ou historiques. Deux particularités donnent une orientation particulière au musée à cette époque : un salon des fleurs, destiné aux dessinateurs de l'industrie soyeuse locale et des salles vouées à l'accrochage de tableaux de peintres lyonnais. Cette priorité donnée à l'acquisition d'œuvres d'artistes locaux n'empêche pas le musée de s'enrichir d'œuvres prestigieuses, telle La Lapidation de saint Étienne, premier tableau connu de Rembrandt.

Sous la Troisième République, des réformes et rénovation entraînent l'agrandissement du musée et une politique d'acquisition d'œuvres contemporaines plus ambitieuse, rare en province et lui permettant d'avoir une collection à vocation encyclopédique. Sous les auspices d'Édouard Aynard, le musée lyonnais est également un des premiers à oser se tourner vers les avant-gardes de l'époque, avec notamment Nave Nave Mahana de Paul Gauguin.

Durant le XXe siècle, cette politique se poursuit avec plus ou moins de difficultés. Avec René Jullian, le musée commence à organiser des expositions ambitieuses d'art moderne, qu'il poursuivra plus ou moins intensément en fonction des directeurs. Le musée s'agrandit et se spécialise à la fois par la cession d'une partie de ses collections aux musées Gadagne et gallo-romain, et en récupérant des locaux par le départ de l'école des beaux-arts et de l'Académie de Lyon. À la fin du XXe siècle, le musée connait une transformation importante avec le départ des collections d'art contemporain au musée d'art contemporain et une rénovation très importante des salles. La directrice actuelle est Sylvie Ramond.

Le musée présente au public environ 700 peintures, choisies parmi une collections de 2 000 œuvres, dans 35 salles selon un ordre chronologique qui ne propose pas un découpage des écoles européennes de peinture. Les sections les plus riches sont la peinture vénitienne de la Renaissance, la peinture du XVIIe siècle, la peinture française du XIXe siècle et la peinture de la première moitié du XXe siècle. Le département des sculptures dispose de 1 300 pièces exposées dans trois endroits : au premier étage pour les anciennes, dans la chapelle pour les récentes et quelques-unes dans le jardin.

Le public peut également admirer une grande collection d'objets de l'Antiquité, avec des pièces égyptiennes, du Proche et Moyen-Orient, de la Grèce et de l'Italie. Il dispose aussi d'une riche collection d'objets d'art, essentiellement du Moyen Âge ; mais aussi d'objets islamiques, asiatiques, Art déco ou Art nouveau. Il contient aussi un médaillier et un cabinet d'arts graphiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pour l'histoire du site avant le musée, voir l'article : Abbaye de Saint-Pierre-les-Nonnains de Lyon.
Pour l'histoire détaillée du musée, voir l'article : Histoire du musée des beaux-arts de Lyon.

La Révolution et la création du musée[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Jacomin, La Classe de peinture à l’école de dessin de Lyon (vers 1817), musée des beaux-arts de Lyon.

À Lyon, comme dans toute la France, les révolutionnaires entendent rassembler en un même lieu les œuvres d’art saisies ou confisquées au clergé et à la noblesse pour les montrer au public, afin d’éduquer le peuple et d’« encourager les arts »[4]. Les saisies révolutionnaires locales sont réunies et un premier état des lieux est constitué en 1792 par le peintre Philippe-Auguste Hennequin et le père Joseph Janin qui fournissent au directoire de district une première liste d'œuvres conservées, dont 300 tableaux[5]. Plusieurs personnes s'associent à cette volonté générale de créer un lieu inspirant les artistes tel celui qui en devient le premier conservateur François Artaud et ses amis les peintres Pierre Révoil et Fleury Richard, qui ont à l'esprit comme modèle le musée des monuments français d'Alexandre Lenoir et le musée du Louvre[6].

L’idée germe dans l’esprit des autorités de la ville de créer un muséum dans l'ancienne abbaye des Dames de Saint-Pierre. Cette volonté officielle est motivée avant tout par le besoin de relancer l’industrie soyeuse à Lyon, basée sur l’art du dessin, et qui a subi un brutal coup d'arrêt à causes des ravages du siège qu'a subi la ville en 1793. C’est pourquoi le député du Rhône au Conseil des Cinq-Cents, Étienne Mayeuvre de Champvieux, fait la demande au gouvernement d’envoyer à Lyon « quelques tableaux des trois écoles » dont « quelques Van Huysum pour l’étude de la fleur, étude essentielle pour Lyon »[7]. Il faut en effet que les dessinateurs des fabriques de soieries puissent se former « par la vue des chefs-d’œuvre de l’art »[7]. L’État témoigne de sa bonne volonté en envoyant, les mois qui suivent, six tableaux de fleurs et d’animaux[8]. La décision de fonder ce museum dans l'abbaye Saint-Pierre est actée par un arrêté du . La décision des autorités nationales tardent et le projet est relancé à plusieurs reprises, dont en 1799 par Étienne Mayeuvre de Champvieux, député au Conseil des Cinq-Cents[5].

Mais c’est le décret consulaire du , le fameux arrêté Chaptal, qui va accomplir le dessein des révolutionnaires lyonnais : des musées sont créés dans quinze villes de province, et celui de Lyon figure en tête de liste[8]. Le musée lyonnais est par ailleurs celui qui obtient la plus importante dotation de l'État[6].

Les débuts du musée[modifier | modifier le code]

Ferdinand Bourjot, L'Entrée du cloître du palais Saint-Pierre de Lyon (vers 1820), plume et lavis d'encre de Chine sur papier, 20 × 13,5 cm, musée des beaux-arts de Lyon.

Une première salle est ouverte au public en 1803, au premier étage de l’aile sud, dans l’ancien chauffoir de l’abbaye. Elle accueille les visiteurs le mercredi, de 10 heures à 13 heures[notes 1]. Mais dès ses débuts, le musée n’est pas le seul occupant du palais Saint-Pierre. En effet, la municipalité a destiné le palais à accueillir des institutions d’utilité publique dans le domaine de l’instruction et du commerce. Le musée cohabite ainsi avec l’école de dessin et la chambre de commerce[9] Plusieurs envois de l’État, en 1803, 1805 et 1811, sont déterminants pour la constitution des collections du musée des beaux-arts : près de 110 tableaux arrivent à Lyon[10]. On y trouve des œuvres majeures, notamment de la main du Pérugin, de Véronèse, Tintoret, Guerchin, Rubens, Jordaens, Champaigne et Jouvenet[11]. Dès lors, le musée de Lyon se hisse au premier rang des musées de province. La plupart de ces œuvres proviennent des saisies révolutionnaires ainsi que des pillages d'œuvres d'art de Napoléon Ier et ses armées en Italie et en Europe du Nord. Au sein du musée on aménage le musée de peintures qu'inaugure le comte d'Artois le et le cabinet des Antiques. Après la chute du Premier Empire, seuls huit des tableaux volés à l’étranger sont restitués[9].

Le premier véritable conservateur du nouveau musée est François Artaud (1767-1838), nommé en 1806, et qui reste à sa tête jusqu’en 1830, année où il démissionne, refusant de prêter serment à la Monarchie de Juillet[12],[10]. Peu avant 1815, il crée le Salon des Fleurs du musée, qui présente notamment des œuvres de Jan van Dael et Jan van Huysum. Archéologue, Artaud est également à l’origine de la collection d’antiques de l'institution : sous les arcades du cloître, il rassemble des inscriptions lapidaires, des bronzes et des mosaïques qui illustrent le prestige et l’importance de Lyon à l’époque romaine, quand celle qui se nommait Lugdunum était la capitale des Gaules[13]. On y trouve notamment deux pièces de première importance : la table claudienne et la mosaïque des Jeux du cirque, aujourd’hui conservées au musée gallo-romain de Fourvière[9]. Mais la collection antique dépasse rapidement le seul cadre gallo-romain : Artaud collectionne dans son cabinet des objets égyptiens que Champollion vient d'ailleurs étudier à plusieurs reprises[13]. Huit stèles égyptiennes entrent notamment au musée en 1824 grâce à un don de Bernardino Drovetti, consul de France à Alexandrie[14]. Artaud est également à l’origine de l’acquisition de l’un des chefs-d’œuvre du musée, la Korê athénienne, achetée entre 1808 et 1810[13]. Sous l'autorité d'Artaud, l'institution prend une véritable dimension muséale avec un accrochage cohérent et d'édition d'un catalogue en 1808, sortant du cadre étroit de lieu de formation des dessinateurs industriels locaux[10].

Vue d'une salle de la collection de peintures du musée des beaux-arts avant 1870, photographie d'époque.

Bientôt, la collection de peintures s’élargit aux artistes lyonnais contemporains qui, grâce à l’École des beaux-arts de la ville, s’appliquent désormais à d’autres genres que la seule peinture de fleurs. En effet, les artistes de l’École de Lyon sont acclamés par la critique et le public parisien au Salon de 1819, ce qui consacre Lyon non plus seulement comme ville industrielle mais aussi comme ville d’artistes[14]. Le musée n’a donc plus une raison d’être purement utilitaire et le salon des fleurs disparaît finalement vers 1840. À partir des années 1820, les crédits d’acquisition vont d’ailleurs être quasiment uniquement consacrés à la création d’une « galerie des Artistes lyonnais » qui, lors de son ouverture le , possède déjà pas moins de 87 tableaux et 18 dessins[15], alors que la faveur du public pour les peintres lyonnais s’est déjà essoufflée depuis longtemps[14].

Entre temps, à partir de 1834, le musée, qui n'a cessé de s'enrichir depuis son ouverture, est restructuré afin de devenir un écrin pour les collections qu'il abrite. L'architecte René Dardel (1796-1871) est chargé de créer des espaces nouveaux ainsi que des décors raffinés. Aujourd'hui, on peut avoir une idée de l'œuvre de Dardel dans la salle du médaillier (qui était la « salle des marbres modernes » à l'époque de sa conception), dont le somptueux décor est le seul exemple de la restructuration des années 1830 encore en place au musée.

Pour ce qui est d’élargir la collection de peinture moderne au-delà de l’horizon lyonnais, le musée s’en remet, jusque dans les années 1880, aux dépôts et envois de l’État. Ainsi, Lyon reçoit des peintures et des sculptures d’artistes français importants comme Eugène Delacroix (Dernières paroles de l’empereur Marc Aurèle), Antoine-Louis Barye (le Tigre), Antoine Étex (Caïn et sa race maudits de Dieu) ou James Pradier (Odalisque). L'État envoie néanmoins des œuvres d’artistes lyonnais reconnus comme Pierre Puvis de Chavannes (L’Automne) ou Hippolyte Flandrin (Dante et Virgile)[14].

Si elle ne bénéficie plus des envois de l’État, la collection de peinture ancienne s’enrichit tout de même de quelques œuvres importantes grâce à des achats heureux : La Lapidation de saint Étienne, première œuvre connue de Rembrandt, ou encore deux Hyacinthe Rigaud font ainsi leur entrée au musée[15].

L'âge d'or du musée (1878-1920)[modifier | modifier le code]

Pierre Puvis de Chavannes, Le Bois sacré cher aux Arts et aux Muses, escalier dit Puvis de Chavannes.

À la fin du Second Empire, le musée connaît une période de relative stagnation, due notamment au manque de place pour la conservation et l'exposition des œuvres ainsi qu'à l'essoufflement de la politique d'acquisition, qui se concentrait alors, pour ce qui est de la peinture tout du moins, essentiellement sur les artistes lyonnais. Un élan nouveau est donné par la municipalité à partir de 1878. C’est à cette date, en effet, que sont décidés des travaux de rénovation et d’agrandissement du musée, sous la direction de l’architecte de la ville Abraham Hirsch. Il construit une aile nouvelle ainsi que le monumental escalier aujourd’hui connu sous le nom d’escalier Puvis de Chavannes car le peintre lyonnais y installe son œuvre Le Bois sacré cher aux Arts et aux Muses.

Celui-ci dessert deux nouvelles grandes galeries d’exposition, l’une pour les maîtres anciens, l’autre pour les maîtres modernes. Le fonctionnement de l’institution est également modifié : désormais, le musée s’organise autour d’un conseil d’administration composé d’amateurs, d’artistes et d’érudits et présidé pendant près de vingt ans par Édouard Aynard (1837-1913), banquier, homme politique et collectionneur lyonnais. Ce conseil, même s’il se voit privé d’une partie de ses pouvoirs, jugés trop étendus par la municipalité dès 1897, pour ne devenir qu’une commission consultative vouée aux acquisitions, donne néanmoins une impulsion nouvelle à l’enrichissement des collections, impulsion qui va se prolonger jusqu’à la Première Guerre mondiale[16]. Aynard et ses conseillers ont su combler intelligemment les lacunes du musée en imposant des objectifs ambitieux et en acquérant des œuvres de grande qualité. Cette politique était servie par plusieurs donations, non sous forme de dons d’œuvres d’art, peu nombreux, mais de fondations financières importantes[16]. En effet, plus que par les dons qu’ont pu connaître d’autres musées français comme Nantes (grâce aux frères Cacault), Lille (grâce à Wicar) ou Montpellier (grâce à Fabre), le musée de Lyon, c’est son originalité, s’est surtout constitué et enrichi grâce aux achats[16]. Et même si des legs ont permis de faire entrer des ensembles importants au musée (comme celui de Jacques-Amédée Lambert pour l’archéologie et les objets d’art), ils sont sans commune mesure avec les prestigieux exemples nantais, lillois et montpelliérains, pour ne citer qu'eux.

Vue de la galerie des antiques du musée aménagée en 1839, carte postale (vers 1906).

C’est cet aspect de la constitution des collections qui est à l’origine du caractère encyclopédique du musée, un cas pratiquement unique en province, Aynard et ses successeurs s’efforçant de compléter le plus judicieusement possible les collections par leurs achats. Ceux-ci sont nombreux : en vingt ans à partir de 1880, des acquisitions réalisées en Italie (à Rome, Florence et Venise) et à Paris permettent de constituer une collection de sculptures de la Renaissance forte de 35 pièces environs dont le Saint Jean-Baptiste de Mino da Fiesole[17]. À la même époque, grâce à l’action de Jean-Baptiste Giraud (1844-1910), qui participe à toutes les grandes ventes parisiennes, est rassemblée la plus grande partie de la collection d’art islamique. C’est lui qui crée et organise véritablement le département des objets d’art du musée. Le département des antiquités s’enrichit, lui, de quelques-uns de ses plus beaux vases et bronzes, grecs ou étrusques. Mais les acquisitions les plus spectaculaires sont réalisées dans le domaine de la peinture moderne. Le musée des beaux-arts, avec l’achat en 1901 de la Guitariste de Renoir à la galerie Durand-Ruel, est le premier musée hors de Paris à avoir l’audace de constituer un ensemble de peintures impressionnistes. On y trouve notamment Le Café-concert aux ambassadeurs d'Edgar Degas et le Nave Nave Mahana de Paul Gauguin, première peinture de l’artiste à entrer dans un musée français, en 1913[17].

De l'après-guerre aux années 1950[modifier | modifier le code]

Cet effort d’enrichissement des collections est poursuivi sur les mêmes bases après la Première Guerre mondiale mais avec des moyens réduits, à cause de la dévaluation des fondations financières. Ainsi Henri Focillon, directeur du musée de 1913 à 1924, parvient à acquérir pendant la guerre le très bel ensemble de céramiques d’Extrême-Orient réuni par Raphaël Collin. Et c’est grâce à son successeur, Léon Rosenthal (à la tête de l’institution de 1924 à 1933), qu’est ouverte dès 1926 une salle consacrée aux arts décoratifs modernes. Néanmoins, sous ces deux directorats, l’esprit audacieux qui s'était manifesté au début du siècle à travers l’acquisition de peintures modernes s’estompe : aucune œuvre cubiste ou abstraite ne fait son entrée au musée durant les années 1920 et 1930[18]. On préfère aux œuvres des représentants de ces mouvements novateurs des peintures de Pierre Bonnard, Édouard Vuillard ou Léonard Foujita.

Dans les années 1950, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, René Jullian, directeur du musée de 1933 à 1963, va tenter de combler ces lacunes au prix de grandes difficultés alors que les autorités municipales lui sont hostiles. Il parvient tout de même à des résultats importants : il est le premier à faire entrer un tableau de Jean Dubuffet dans un musée français (avec son Paysage blond, acquis en 1952)[18] et il est à l’origine de plusieurs dons : Pablo Picasso en 1953, Georges Braque et Albert Gleizes en 1954 notamment. À cette époque, le musée s’étend à nouveau dans le palais Saint-Pierre, dont il finit par être le seul occupant, en récupérant d’abord les locaux de l’École des beaux-arts puis ceux de l’Académie de Lyon (en 1970), parties s’installer ailleurs.

La nécessité d'un redéploiement (1960-1980)[modifier | modifier le code]

En 1969 surviennent deux événements qui vont susciter de profonds changements dans l’organisation du musée et l’obliger à un redéploiement radical de ses collections, comme cela avait été fait près d’un siècle plus tôt. En effet, cette année-là, le musée des beaux-arts se voit amputé d’une bonne partie des œuvres du département des antiquités, les objets gallo-romains étant transférés vers un nouveau musée situé à Fourvière. Ce départ est cependant compensé par l’arrivée au palais de la grande majorité des collections égyptologiques provenant des fouilles effectuées en 1909-1910 à Coptos par Adolphe Reinach et jusque-là conservées au musée Guimet de Lyon[18]. Dès lors, ces bouleversements nécessitaient de repenser l’organisation du département des antiquités, mais aucun projet d’envergure ne fut entrepris. De plus, quelques années plus tard, le musée se décidait à donner toute son ampleur à la place de l’art moderne et contemporain dans ses collections en créant, en 1984, une section d’art contemporain dans l’aile dite du Nouveau Saint-Pierre, section qui devient vite autonome et développe rapidement ses collections[19]. Dans les années 1980, le manque de place dans les salles (qui oblige à entasser des œuvres importantes dans des réserves déjà encombrées), la vétusté et la faible étendue des structures d’accueil du public ainsi que le délabrement de certaines parties du bâtiment rendent une nouvelle fois nécessaire une rénovation complète et une extension du musée[19].

La rénovation et l'extension du musée[modifier | modifier le code]

En 1989, dans le cadre des Grands Travaux entrepris par le ministère de la Culture, l'État et la ville de Lyon se mettent d’accord sur un projet qui va durer près de dix ans. Les travaux sont confiés aux architectes Jean-Philippe Dubois et Jean-Michel Wilmotte. 4 500 m2 d’espaces sont gagnés sur l’aile du nouveau Saint-Pierre, ce qui oblige à reloger le musée d’art contemporain, qui part vers un nouveau bâtiment plus spacieux situé quai Achille-Lignon[19]. Des espaces d’expositions temporaires y sont créés. Les sculptures du XIXe siècle sont déplacées dans la chapelle, les peintures (dont celles de l’École lyonnaise, autrefois exposées à part) sont regroupées au deuxième étage du palais où elles bénéficient d’un éclairage zénithal tandis qu’au premier étage sont installés les départements des Antiquités, des Objets d’art et le Cabinet d’arts graphiques. Enfin, des espaces d’accueil du public, dont une salle de conférence, sont créés au rez-de-chaussée et au premier étage de l’aile sud.

En 1998, à la fin des travaux, qui ont été réalisés en cinq tranches pour éviter une fermeture totale au public, le musée se déploie sur 14 800 m2 entièrement rénovés et présente ses collections au travers de 70 salles d’exposition permanente[19]. Cette renaissance du musée est heureusement accompagnée par le legs le plus important qu’il ait jamais connu depuis sa création[20] : celui de la Lyonnaise Jacqueline Delubac (1907-1997). Épouse de Sacha Guitry, cette célèbre comédienne avait réuni au cours de sa vie une importante collection d’art moderne et avait également hérité de Myran Eknayan, son second mari, d’un ensemble majeur de peintures impressionnistes. Grâce à elle, à l’occasion de la réouverture complète du musée, ce sont des œuvres de Braque, Rouault, Léger, Picasso, Miró, Dubuffet, Bacon ainsi que de Manet, Degas, Renoir, Monet, Corot, Bonnard ou encore Vuillard, qui ont rejoint les collections[20].

En 2009, à la suite de l'acquisition de La Fuite en Égypte de Poussin (en 2008), dont le musée ne possédait jusqu'ici aucune œuvre, est fondé le Club du musée Saint-Pierre[notes 2], fonds de dotation au bénéfice du musée réunissant de grandes entreprises implantées à Lyon. Première en France, cette structure de mécénat a permis au musée des beaux-arts de réaliser plusieurs acquisitions importantes depuis 2009 pour continuer à enrichir ses collections, malgré le contexte de restrictions budgétaires dû à la crise économique : sont ainsi entrés au musée trois œuvres de Pierre Soulages en 2011, deux tableaux de Jean-Honoré Fragonard et un tableau de Jean-Auguste-Dominique Ingres en 2013, une œuvre de Corneille de Lyon en 2015 et à nouveau un Poussin, avec l'acquisition de La Mort de Chioné (peint à Lyon en 1622) en 2016.

Le , le musée lance pour la première fois une souscription auprès du public pour finaliser l'acquisition du tableau d'Ingres, L'Arétin et l'envoyé de Charles Quint[21].

En 2015, le musée renouvelle l'opération de souscription publique et acquiert le tableau de Corneille de Lyon grâce au Cercle Poussin[notes 3], à la Fondation Bullukian et à plus de 1 300 donateurs[notes 4].

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Le palais Saint-Pierre dans son ensemble (hors parties classées) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le . Ses façades et toitures sont classées au titre des monuments historiques depuis le [notes 5].

Jardin[modifier | modifier le code]

Vue d'un angle du jardin au printemps.
Article détaillé : Jardin du Palais Saint-Pierre.

Ce jardin municipal prend place au cœur de l’ancien cloître de l’abbaye bénédictine. Situé en plein centre ville, sur la presqu’île, il est particulièrement aimé des Lyonnais pour son calme et son atmosphère reposante. Son architecture a largement été modifiée au XIXe siècle. C'est de cette époque que datent les peintures murales sous les arcades, qui reproduisent notamment le nom de Lyonnais célèbres, ainsi que les médaillons ornant les frontons. La fontaine du bassin circulaire au centre du jardin se compose d'un sarcophage antique surmonté d'une statue d'Apollon, dieu des arts. Plusieurs statues d'artistes du XIXe siècle appartenant aux collections du musée ont par ailleurs été installées dans le jardin. Elles sont détaillées plus bas dans cet article. Font notamment partie de cet ensemble des œuvres d'Auguste Rodin et Léon-Alexandre Delhomme.

Réfectoire baroque[modifier | modifier le code]

Le réfectoire baroque[notes 6], réalisé au XVIIe siècle sous la direction de Thomas Blanchet et rénové depuis, sert aujourd’hui à l’accueil des groupes. Par l'exubérance de son décor, il est l'un des principaux témoignages de l'art baroque à Lyon et du faste de l'abbaye royale des Dame de Saint-Pierre au XVIIe siècle. Assez étonnant, il a survécu aux destructions révolutionnaires du décor intérieur du musée, alors que sa décoration était entièrement à thème religieux. Le réfectoire est orné de deux peintures monumentales se faisant face de chaque côté de la pièce. Le thème de ces peintures est lié au repas, en fonction de la destination originelle du lieu. Il s’agit de la Multiplication des pains et de La Cène de Louis Cretey. Trois autres peintures de Cretey décorent les oculi du plafond. Le reste du décor, constitué de sculptures, a été réalisé par Nicolas Bidaut et Simon Guillaume. Enfin, Marc Chabry a réalisé les armoiries visibles à plusieurs endroits de la salle, notamment au plafond, dont celles des sœurs de Chaulnes.

Le musée a présenté une exposition sur Louis Cretey[notes 7] du 22 octobre 2010 au 24 janvier 2011. La restauration du réfectoire s'est déroulé d'avril à juin 2010[22].

Salle de la lanterne[modifier | modifier le code]

La salle de la lanterne est située au-dessus de la coupole du grand escalier Thomas Blanchet. La construction de l'escalier et de la balustrade remonte aux alentours de 1680. Au centre se trouve un cylindre de maçonnerie qui comporte un enrochement à sa base et donne sur une lanterne néo-classique avec rinceaux de stuc, probablement construire autour de 1813-1814 par l'architecte Gay.

Les collections[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

Une salle du département des peintures.

Le département des peintures propose un panorama de la peinture européenne du XIVe siècle jusqu'à la deuxième moitié du XXe siècle. Il détient au total 2 000 peintures dont 700 sont exposées au public, le reste étant conservé dans les réserves. Les œuvres sont réparties chronologiquement et par grandes écoles dans trente-cinq salles situées au deuxième étage du bâtiment afin de bénéficier d'un éclairage zénithal naturel. Les œuvres postérieures aux années 1980 sont conservées et exposée au musée d'art contemporain.

Les différentes écoles européennes de peinture, même si elles ne sont pas mêlées au sein d'une même salle (sauf pour les primitifs autres que ceux italiens), ne disposent pas chacune d'un parcours spécifique, comme c'est le cas, par exemple, au musée du Louvre. Ainsi, le parcours chronologique que propose le département permet au visiteur d'avoir une approche globale de l'évolution de la peinture occidentale depuis ses débuts jusqu'aux années 1980.

La collection possède plusieurs point forts : elle présente ainsi de riches ensembles, notamment pour la peinture vénitienne de la Renaissance, la peinture du XVIIe siècle tant en France qu'en Italie ou dans les Flandres et aux Pays-Bas. Cependant ce sont la peinture française du XIXe siècle et la peinture de la première moitié du XXe siècle qui forment les ensemble les plus riches et les plus complets des collections, notamment grâce au legs Jacqueline Delubac de 1997 qui a fait entrer au musée plusieurs œuvres majeures. D'une manière générale, le département des peintures présente :

École française[modifier | modifier le code]

La peinture française ancienne figure en bonne place dans les collections, le point fort étant le XVIIe siècle. On trouve également quelques primitifs et des œuvres du XVIIIe siècle. Parmi les artistes représentés, on remarque notamment Simon Vouet, avec un bel ensemble de tableaux dont son Autoportrait, Nicolas Poussin (La Fuite en Égypte, acquise en 2008, et La Mort de Chioné, tableau de jeunesse de l'artiste acquis en 2016[23]), Philippe de Champaigne (La Cène notamment), les Lyonnais Jacques Stella, Thomas Blanchet et Louis Cretey, mais aussi Eustache Le Sueur, Charles Le Brun, Jean Jouvenet, Hyacinthe Rigaud, François Boucher (La Lumière du monde, 1750, rare sujet religieux de Boucher, peint pour décorer l'autel de la chapelle privée de Madame de Pompadour au château de Bellevue), Jean-Honoré Fragonard (deux paysages, L'Abreuvoir et Le Rocher, vers 1765, acquis en 2013[notes 8]) Jean-Baptiste Greuze, Hubert Robert ou encore Claude Joseph Vernet.

La peinture française du XIXe siècle est très bien représentée, tous les courants majeurs du siècle, du néoclassicisme au postimpressionnisme étant illustrés par des œuvres d'artistes majeurs, une place particulière étant réservée à l'école de Lyon. Le parcours comprend ainsi des œuvres d'Ingres (dont L'Arétin et l'envoyé de Charles Quint, peint en 1848, acquis en 2012), Géricault (La Monomane de l'envie), Delacroix, Courbet, Corot, un bel ensemble de peintures de Daumier, plusieurs Manet, d'autres de Boudin, Morisot, Monet, Sisley, Pissarro, Degas (Danseuses sur la scène, vers 1889), Gauguin (Nave Nave Mahana, 1896, la première toile de Gauguin acquise par un musée français), Van Gogh, Cézanne (Baigneurs), Renoir et des symbolistes comme Moreau, Fantin-Latour et Redon, etc. L'école de Lyon, intégrée au sein du parcours, est naturellement très bien représentée avec des œuvres d'Antoine Berjon, Pierre Révoil, Hippolyte Flandrin, Paul Chenavard (avec la monumentale Palingénésie sociale notamment), Louis Janmot (une salle entière est dédiée à son cycle du Poème de l'âme), Victor Orsel, Pierre Puvis de Chavannes (qui a peint le décor de l'escalier du XIXe siècle du musée) et Alexandre Séon entre autres.

École italienne[modifier | modifier le code]

La peinture italienne ancienne forme un ensemble cohérent, du Trecento (XIVe siècle) jusqu'au XVIIIe siècle en passant par la Renaissance et le Seicento (XVIIe siècle), avec notamment, pour la Renaissance, Le Pérugin (dont le monumental retable de L'Ascension du Christ, peint entre 1496 et 1500, accueille les visiteurs dans la première salle du musée), Lorenzo Costa (La Nativité), Le Corrège, Véronèse (deux œuvres dont Bethsabée au bain), Tintoret (deux œuvres dont Danaé) et Federico Barocci. Le XVIIe siècle est également riche d'œuvres importantes, avec Guido Reni, Pierre de Cortone (César remet Cléopâtre sur le trône d'Égypte), Le Dominiquin, Le Guerchin (La Circoncision), Salvator Rosa, Luca Giordano ou encore Alessandro Magnasco. Le XVIIIe siècle italien est moins bien représenté mais le musée présente néanmoins des toiles de Canaletto, Giovanni Paolo Panini, Francesco Guardi et Giandomenico Tiepolo.

École espagnole[modifier | modifier le code]

La peinture espagnole ancienne forme un ensemble très réduit mais qui comprend quelques belles œuvres, sur une période allant du Moyen Âge au Siècle d’or XVIe – XVIIe siècle. Le XVe siècle, est représenté avec le polyptyque de Miquel Alcanyís, peintre actif à Valence entre 1421 et 1442, une huile sur bois, Scènes de la vie de Saint-Michel. Acquis par le musée en 1917, les deux volets latéraux sont aujourd’hui conservés au musée. Ces tableaux fonctionnent en dichotomie, ils peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre mais peuvent aussi se compléter, l’usage d’un second titre nous confirme cette tendance. En effet il est aussi nommé Scènes de la légende de Saint-Michel[24]. Ce peintre fut le plus actif représentant du gothique international en Espagne. C’est un mouvement européen de la fin du XIVe, qui porte une attention particulière sur l’élégance et les couleurs brillantes ainsi que les descriptions minutieuses dans une volonté réaliste[25]. Pendant longtemps on ne s’est pas accordé sur la paternité de cette œuvre, que l’on a pu attribuée aux « primitifs italiens » faute de connaissance sur les « primitifs espagnoles ». Ce n’est qu’en 1952 que l’on s’est arrêté sur Miguel Alcañiz après la découverte d’une note du commanditaire[26].

On peut aussi admirer deux tableaux du maitre espagnol de Monasterio de Santa Clara (Palencia) (es), arrivés au Musée en 1862[27]. Ce sont deux huiles sur bois, de la fin du XVe, qui proviennent du couvent Santa Clara de Palencia : La mort de la vierge et Le couronnement de la vierge (1500-1507 ?). Ici encore l’attribution a été difficile. Tantôt les spécialistes se sont accordés sur la provenance flamande de l’œuvre, puis française, pour finalement l’accorder à un artiste originaire de la région de la Rioja. Les doutes entre les spécialistes ont pu se vérifier. En effet cet artiste appartenait à l’école Hispano-Flamande de Castille, souvent actif sur les terres de Palencia et Burgos[28].

Les œuvres notables sont notamment du XVIIe siècle, siècle d’or espagnol, avec des tableaux d'Antonio de Pereda, L’immaculée Conception (vers 1634) envoyés au musée par l’État en 1811. Chose remarquable qui plus est, il s’agit très certainement de la première Immaculée Conception de l’artiste qui en fera une dizaine au total. Cette œuvre de jeunesse est précieuse, car on y voit toute la technique et le talent de l’artiste, cette reconnaissance aboutira sur l’entrée de l’artiste à la cour du Roi Philippe IV[29].

Le XVIIIe siècle nous livre aussi quelques très belles œuvres, avec notamment celles de Jusepe de Ribera, présent avec quatre œuvres dont la plus remarquable est Le repentir de Saint-Pierre acquise en 1873[30]. C’est une œuvre qui s’insère dans l’idéal de la Contre-Réforme avec un sujet, la pénitence, qui est devenue un véritable Leitmotiv à la fin du XVIe[31]. Une seconde œuvre de l’artiste Pereda, Le martyr de Saint-Barthélemy (1626-1632), nous montre l’influence du Caravage sur sa peinture. En effet cette première époque est dite « Caravagesque » et se caractérise par un profond dramatisme dû à l’utilisation des couleurs sombres et des forts contrastes lumineux[32]. Le musée détient également une œuvre du Greco, qui représente le début du XVIIe avec une œuvre maniériste, l’Espolio (vers 1578) léguée par le peintre Alfred de Poisat au musée en 1884[33]. Cette collection est complétée par une œuvre de Francisco de Zurbarán, Saint François d'Assise (vers 1645), arrivée dans les collections en 1807 en provenance du couvent Sainte-Élisabeth de Lyon[34]. Francisco de Zurbaràn est contemporain et ami de Velàzquez. Il se distingue dans la peinture religieuse, son art révélant une grande force visuelle et un profond mysticisme[35]. Le XVIIe se clôt sur La conversion de Saint-Paul (vers 1660) par Juan de Valdés Leal, acquis récemment en 1987[33],[notes 9]. Enfin, on peut également suivre la peinture espagnole au XIXe siècle avec des œuvres comme La Présentation du nouveau-né, d'Eugenio Lucas Velázquez (vers 1854) entrée au musée en 1907, et Une Cour de toril (1866) du Madrilène Mariano Fortuny y Marsal, acquise en 1922[36].

Écoles du nord[modifier | modifier le code]

Quentin Metsys, La Vierge à l'Enfant entourée d'anges (vers 1509).

Depuis le XVIe siècle et jusqu’à la fin de l’époque moderne, Lyon est une halte privilégiée sur le chemin de l’Italie pour les artistes nordiques qui veulent faire leur « Tour d’Italie ». Ainsi, la ville a vu passer et séjourner dans ses murs un bon nombre d’artistes hollandais, flamands ou allemands. La peinture des écoles allemandes, flamandes et hollandaises du XVe au XVIIIe siècle est présente avec, entre autres, pour les primitifs et l'art de la Renaissance, Lucas Cranach l'Ancien, Gérard David, Joos van Cleve, Quentin Metsys (Vierge à l'enfant entourée d'anges, vers 1509) et Corneille de Lyon, portraitiste natif de La Haye mais principalement actif à Lyon au milieu du XVIe siècle (dont l'Homme au béret noir tenant une paire de gants a été acquis par le musée en 2015, comblant une lacune importante dans les collections lyonnaises). Pour le XVIe siècle, nous avons une prédominance de Flamands, qui ont fait souche, donnant ainsi des dynasties de peintres lyonnais comme les Corneille « de La Haye », les Vandermère ou les Stellaert, francisé en Stella. Pour le siècle suivant ce sont davantage les Hollandais qui sont présents[37].

La peinture allemande[modifier | modifier le code]

La présence de la peinture allemande n’est pas négligeable pour un musée français, en dehors du Louvre. Cette section présente encore le mérite d’exposer un ensemble intéressant de l’école rhénane ainsi que quelques grands noms. Les artistes allemands présents dans les collections imitèrent pour beaucoup l’école hollandaise, italienne et française ; d’autres ont suivi les règles éclectiques des académies ; et quelques-uns, surtout des peintres de genre et d’animaux, soucieux d’un sentiment de réalisme très prononcé, s’attachèrent à l’imitation rigoureuse de la nature. Les travaux de ces derniers portent l’empreinte la plus fidèle du génie allemand. La collection du musée aborde l’école allemande du XVe au XVIIIe siècle. Le XVe siècle est représenté par une série de tableaux anonymes, comme Le baiser de Juda (vers 1460), Le Christ couronné d’épines (vers 1460), La mort de la vierge (seconde moitié du XVe)[38]. Puis pour le XVIe, on peut y voir une œuvre de Lucas Cranach l’Ancien, Portrait d’une noble dame saxonne (1534) acquise en 1892[39]. Le portrait est une technique appréciée du Nord de l’Europe, les artistes Allemands comme Bartholomaeus Bruyn le Vieux, Portrait d’homme (vers 1535), ou plus récemment Anton Raphaël Mengs, Portrait du cardinal Alberico Archinto (vers 1757) illustrent au Musée des Beaux-Arts une excellence de l’art Allemand.

La peinture flamande[modifier | modifier le code]
Gerrit Berckheyde, Le Grand marché à Haarlem, (1673)[notes 10].

La peinture du XVIIe siècle, siècle d'or de la peinture flamande et hollandaise, figure en bonne place et brille d’un éclat tout particulier au musée avec de grandes compositions issues essentiellement du registre de la peinture d’histoire[40]. On peut y voir des œuvres de Jan Brueghel l'Ancien, il s’agit entre autres d’un ensemble de quatre tableaux illustrant le thème des Éléments, peints entre 1610 et 1625 et entrés dans les collections en 1911 à la suite d’un envoi d’État[41]. Le premier tableau peint par Rembrandt, La Lapidation de saint Étienne (vers 1625). Rubens est également présent avec deux œuvres de grand format dont L'Adoration des mages (vers 1617-1618) arrivé au musée en 1905 et Saint Dominique et Saint François préservant le monde de la colère du Christ (vers 1618-1620) reçu de la part de l’État en 1811[42]. Le musée détient aussi une production d’Anton Van Dyck, Deux têtes d’étude (vers 1621)[43] elle présente une œuvre de jeunesse de l’artiste avant son voyage en Italie. Le musée l’acquit lors du don d’État de 1811 pour les musées de province. Le XVIIe est très bien représenté par Jacob Jordaens[30], avec plusieurs œuvres dont Mercure et Argus (vers 1620) obtenu par Lyon en 1843 et L’adoration des bergers (vers 1644) présent lui aussi grâce à un envoi d’État en 1811[44]. On retrouve aussi une œuvre de grand format de Frans Snyders, Table de cuisine avec gibier, poissons et légumes (vers 1630) envoyé par l’État au Musée en 1811. Cette œuvre est très représentative du goût des artistes du nord de l’Europe pour la peinture naturaliste, et le souci des détails anatomiques. L’artiste Gerrit Adriaensz nous livre une formidable vue de Haarlem, Le grand marché à Haarlem vers l’Église saint-Bavon, où la perspective, les couleurs et le naturel de la scène sont parfaitement exécutés ; le musée l’achète en 1890[45]. La richesse des collections fait aussi connaître des artistes un peu moins renommés que ceux évoqués précédemment. Ainsi on trouve deux toiles de David Teniers le Jeune, Corps de garde avec la délivrance de saint Pierre (vers 1630) acquis en 1820 et Joueurs de trictrac légué au musée en 1926[46].

La peinture hollandaise[modifier | modifier le code]

Les peintures hollandaises du musée forme un ensemble varié et plutôt complet de la production artistique hollandaise du XVIIe jusqu’au XIXe siècle. Elle est présente sous tous ses aspects : la peinture de genre, la nature morte, le portrait, le paysage . Parmi les artistes phares, on peut citer la présence d’un Van Gogh, Femme au Châle vert mousse (vers 1885) acquis en 1937, et d’un authentique Rembrandt, La lapidation de saint Étienne (1625) , acquis dans une vente publique en 1844 . D’autres œuvres majeures de l’école hollandaise sont soit inspirées de Rembrandt soit issues de l’école de Rembrandt et sont aussi à admirer (Tête d’un jeune homme à béret (1636), Abraham et Isaac). Le musée détient dans ses collections un paysage de Jacob Van Ruisdael, Paysage avec cascade (1660) ainsi que plusieurs autres œuvres qui s’en sont inspirées, nous révélant ainsi une peinture de genre très appréciée des maîtres hollandais. Une œuvre de Jan Van Noordt, Portrait de Garçon en pied (1665), illustre bien la tendance du Nord pour le portrait, l’œuvre est achetée par le musée en 1897. Le XVIIe siècle voit se développer une demande de portraits qui manifeste nettement le rang, le prestige et l’opulence du client. Le garçon inconnu de Lyon se meut avec la plus grande aisance dans ses vêtements surchargés digne d’un édile ou d’un régent. Les envois de l’État qui se sont succédé de 1803 à 1811 ont beaucoup concerné des œuvres nordiques car il y avait une volonté de doter de modèles les dessinateurs des manufactures lyonnaises de soieries. C’est ainsi que l’on a privilégié l’envoi d’œuvres de grands coloristes hollandais, et de peintures de fleurs. Le musée a donc une collection importante de tableaux de fleurs, comme ceux de Cornelis Van Spaendonck, Vase de Roses (1806), Vase de fleurs et bouquet (1827), mais aussi de Jan Weenix, Bouquet déposé sur un banc de pierre (1694) et enfin Jacob van Walscapelle, Bouquet de fleurs et de fruits suspendu dans une niche (vers 1660). Également présent parmi les Hollandais, les œuvres de Gerard Terborch, Portrait d’homme (vers 1665) acquis en 1877 et Dame lisant une lettre devant un messager (vers 1660) acquis en 1820. Jan Van Goyen ou encore Salomon Van Ruisdael.

Peinture du XXe siècle[modifier | modifier le code]

La peinture du XXe siècle est très bien représentée, notamment grâce aux nombreuses œuvres majeures entrées au musée avec l'importante donation Jacqueline Delubac. On retrouve des œuvres illustrant la plupart des grands courants picturaux du siècle, avec des tableaux d'artistes comme Édouard Vuillard, Pierre Bonnard, Georges Rouault, Maurice Denis, Henri Matisse, André Derain, Maurice de Vlaminck, Raoul Dufy, Albert Marquet, Kees van Dongen, Georges Braque (Violon, œuvre cubiste de 1911), Pablo Picasso (plusieurs tableaux dont Femme assise sur la plage, 1937), Fernand Léger, Alexi von Jawlensky, Joan Miró (Figure, 1934), Giorgio de Chirico, Max Ernst, Maurice Utrillo, Modigliani, Marc Chagall, Nicolas de Staël, Francis Bacon (deux peintures dont Étude pour une corrida no 2, 1969), Jean Dubuffet (Paysage blond, 1952), etc. L'école de Paris du XXe siècle est notamment bien représentée (Jean Bertholle, Jean Le Moal, Alfred Manessier, Gustave Singier, Georges Romathier, Michel Moskovtchenko, Guillemette Morand, etc.).


Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Sculptures[modifier | modifier le code]

Souabe, Allemagne? Biberach, Jugement dernier (détail gauche). Iconographie qui associe le thème du jugement dernier à une image votive de la peste.
Anonyme, Buste de femme en médaillon (1532).
Les sculptures du XIXe siècle dans la chapelle.

Le département des sculptures conserve 1 300 sculptures réalisées selon différentes techniques (pierre, marbre, bronze, plâtre, bois…) et couvrant une période chronologique allant du Moyen Âge au XXe siècle. On y note deux points forts : le Moyen Âge et la Renaissance d'une part et le XIXe siècle et le début du XXe siècle de l'autre.

Les salles du département sont séparées dans le musée : au premier étage, se trouvent les sculptures anciennes tandis que les œuvres plus récentes sont exposées dans la chapelle. Enfin, des bronzes et quelques marbres du XIXe siècle sont également visibles dans le jardin.

Constitution des collections de sculptures[modifier | modifier le code]

Jusqu'au Second Empire, la collection s'est principalement étoffée par les envois de l'État ainsi que par l'achat d'œuvres de sculpteurs lyonnais tels que Joseph Chinard ou Jean-Joseph Carriès. Une salle des marbres modernes est ouverte en 1839 et présente notamment les portraits de lyonnais célèbres. C'est à partir des années 1880 que, grâce à l'action d'Édouard Aynard, président du conseil d’administration du musée à la fin du XIXe siècle, et de Jean-Baptiste Giraud, le musée s'enrichit de sculptures anciennes du Moyen Âge et de la Renaissance[47]. C'est, par exemple, à cette époque que sont acquis le Jongleur roman du Berry et le groupe siennois de l'Annonciation, deux pièces phares de la collection. Cette politique d'achat ambitieuse se poursuit jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Les achats effectués au XXe siècle en matière de sculpture moderne sont, quant à eux, caractérisés par un certain éclectisme, sans qu'il y ait de préférence marquée pour un courant particulier ou certains artistes. Cette orientation a été renforcée à partir des années 1980, avec la reprise d'une politique d'acquisitions plus volontaire, les collections s'enrichissant également des œuvres entrées au musée grâce au legs Jacqueline Delubac.

Du XIIe au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le musée possède un ensemble de sculptures médiévales importants, comprenant toutes les écoles régionales, et quelques étrangères[47]. Le parcours de sculpture ancienne débute avec des œuvres romanes dont le Jongleur réalisé dans le Berry à la fin du XIIe siècle. L'Ange et la Vierge de l'Annonciation, œuvres toscanes grandeur nature et polychromes datant du milieu du XIVe siècle, sont un autre chef-d'œuvre de la section de sculpture médiévale, qui renferme également de belles œuvres flamandes. L'art de la Renaissance est représenté par des œuvres de qualité comme le Saint Jean-Baptiste (vers 1475-1478) de Mino da Fiesole et l'étonnant Buste de femme en médaillon (1532) d'un anonyme sculpteur français. On compte également de nombreuses sculptures d'école italienne des XVe et XVIe siècles (école de Verrocchio, de Della Robbia, de Donatello, de Michel-Ange...). Les XVIIe et XVIIIe siècles sont moins riches que la période précédente, mais l'on note tout de même des œuvres de sculpteurs français célèbres tels qu'Antoine Coysevox, Guillaume Coustou ou Augustin Pajou (Neptune, marbre de 1767).

Du XIXe au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Pour le XIXe siècle, on retrouve Antonio Canova, plusieurs œuvres du Lyonnais Joseph Chinard, dont son Persée et Andromède (terre cuite, 1791), David d'Angers, Antoine Étex (Caïn et sa race maudits de Dieu, marbre, 1832-1839), James Pradier, Jean-Baptiste Carpeaux, Auguste Bartholdi, Jean Carriès, Medardo Rosso, François Pompon ou encore Pierre Auguste Renoir. Une place particulière doit être faite à Auguste Rodin, dont le musée possède le plus grand ensemble d'œuvres en province. Ce fonds, comportant marbres, bronzes et plâtres, a été constitué directement auprès du sculpteur, qui entretenait des relations amicales avec plusieurs amateurs lyonnais. Parmi les marbres, on remarque notamment La Tentation de saint Antoine.

Les bronzes et les marbres exposés dans le jardin complètent la section consacrée au XIXe siècle : ce sont deux sculptures d'Auguste Rodin, L'Âge d'airain (1876) et L'Ombre (1902), bronze fondu en un unique exemplaire dans cet état, une sculpture de Francisque Duret, Chactas en méditation sur la tombe d'Atala (1836), Giotto enfant dessinant une tête de bélier (1842) de Jean-François Legendre-Héral, Le Joueur de flûte (1861) de Jean-André Delorme, Faune ivre (1863) de Léon Cugnot, Démocrite méditant sur le siège de l'âme (1868) de Léon-Alexandre Delhomme, Carpeaux au travail (1909) d'Antoine Bourdelle et Jeune athlète (1909) de Jean-Baptiste Larrivé. Trois groupes en marbre s'adjoignent à cet ensemble : Castalie (1883) d'Eugène Guillaume, Gilliatt et la pieuvre (1890) d'Émile Carlier et Agar (1897) de François-Léon Sicard.

Enfin, la sculpture du XXe siècle est illustrée par des œuvres de Jeanne Bardey (Torse de femme), Antoine Bourdelle (Héraklès tue les oiseaux du lac Stymphale, bronze, 1909), Aristide Maillol, Ossip Zadkine, Amedeo Modigliani, Pablo Picasso, Henri Laurens, Arman


Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.
Wikimedia Commons présente d’autres illustrations sur les bustes du musée des beaux-arts de Lyon.

Antiquités[modifier | modifier le code]

L’Égypte[modifier | modifier le code]

L’Égypte constitue le thème principal du département des Antiquités. Sur les treize salles que compte le département, l'Égypte en occupe neuf. Cette place s’explique par l’importance historique de l’égyptologie à Lyon, animée par des hommes tels que Victor Loret, dont la famille a fait don au musée en 1954 de plus d'un millier d'objets. Dès 1895, le musée du Louvre fournit près de quatre cents objets (vases à onguent, figurines funéraires, etc.) pour constituer le fonds du département ; d'autres objets (vases canopes, éléments de parure, ainsi que des tissus de la nécropole d'Antinoé) complètent ce dépôt quelques années plus tard, augmenté, en 1936, d'objets provenant du village des artisans de Pharaon à Deir el-Médineh.

Les presque deux mille six cents pièces de la collection égyptienne conservées au musée des beaux-arts de Lyon, présentés dans neuf salles, sont exposées suivant un parcours à la fois thématique et chronologique.

Les points forts de la collection sont la vitrine des sarcophages (avec notamment le cercueil d'Isetemkheb, datant de la XXVIe dynastie) et les portes de Ptolémée III et Ptolémée IV du temple de Médamoud, ramenées par le Lyonnais Alexandre Varille en 1939 et offertes au musée par l'Institut d'archéologie orientale. À côté de ces chefs-d'œuvre et d'autres pièces exceptionnelles, de nombreux objets donnent un aperçu de la vie quotidienne en Égypte antique.


Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Proche et Moyen-Orient[modifier | modifier le code]

Réunies dans une unique salle, les collections évoquent tout d'abord trois grandes civilisations de Mésopotamie et du Moyen-Orient à travers des sceaux-cylindres, des tablettes d'argile et des bas-reliefs :

On trouve ensuite des bronzes du Luristan, des céramiques et statuettes chypriotes[48] et un bel ensemble d'objets provenant de Syrie, comme un sarcophage anthropoïde en marbre et des bas-reliefs.


Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Grèce et Italie antiques[modifier | modifier le code]

Particulièrement connue des Lyonnais, la statue en marbre de coré (« jeune femme » en grec) du VIe siècle av. J.-C. dite coré de Lyon, provenant de l’Acropole d'Athènes, est un chef-d’œuvre du département des antiquités. Une salle entière lui est consacrée.

Une seconde salle est dédiée à la civilisation grecque : elle rassemble une belle série de vases attiques à figures noires ou rouges, des bronzes et des figurines en terre cuite de Tanagra.

Enfin, une petite salle est consacrée à la Grande-Grèce, c'est-à-dire aux colonies grecques établies en Italie du Sud, avec là encore de nombreuses céramiques et des casques en bronze.

Dans la salle suivante, la civilisation étrusque, du VIIIe au IIe siècle av. J.-C., est illustrée par des vases en bucchero (céramique à pâte noire), des vases attiques et des bronzes.

La sculpture romaine est également présente à travers plusieurs ensembles : des sculptures en marbre (un torse de Vénus, un enfant au coq, des statues de personnages drapés, etc.) et également de petites figurines en bronze de dieux et déesses (Mercure, Vénus, Mars, etc.) ou d’objets familiers.


Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Objets d'art[modifier | modifier le code]

Le département des objets d'art du musée des beaux-arts de Lyon présente 550 objets datant du Moyen Âge au XXe siècle, provenant d'Europe comme d'ailleurs.

Si la collection d'objets d'art du musée ne devient un véritable département qu'en 1878, avec la désignation d'un conservateur, le fonds, lui, est bien plus ancien puisque son histoire commence dès 1810, lorsque sont acquis 1 100 objets de la collection du marquis de Migieu. Et en 1850, surtout, survient le legs de Jacques-Antoine Lambert, le plus important dont le musée ait jamais bénéficié, qui fait entrer dans les collections pas moins de 1 390 antiques et objets d'art. Mais c'est bien à partir de 1878 qu'une véritable organisation se met en place : les salles des objets d'arts sont réaménagés et le département gagne de nouveaux espaces d'exposition ; les acquisitions ne sont pas en reste puisque c'est à cette époque que, grâce à des moyens financiers importants, la section d'art islamique du musée se constitue tout comme les collections d'émaux champlevés et de plaquettes de la Renaissance. Dans le même temps, des legs et des dépôts permettent d'étoffer les collections. En 1913, le département s'ouvre à la création moderne avec la constitution progressive d'une section dédiée aux arts décoratifs modernes, particulièrement autour des arts du feu (verrerie, céramique ou encore ferronnerie). De la même manière, le musée acquiert du mobilier Art déco. L'Art nouveau, lui, fait son entrée au musée après 1945, à travers le mobilier et la verrerie, avec la chambre à coucher d'Hector Guimard et des objets d'Emile Gallé. Dans un autre domaine, l'une des acquisitions majeures du XXe siècle survient en 1917, lorsque le musée achète la collection du peintre Raphaël Collin, ce qui donne naissance à une section dédiée aux grès chinois, coréens et japonais.

Le département des objets d'art occupe aujourd'hui une bonne partie du premier étage du musée, le parcours s'organisant de manière chronologique, du Moyen Âge au XXe siècle.

Parmi les objets présentés dans les salles du Moyen Âge et de la Renaissance, on remarque notamment d'importants ivoires byzantins, une très belle collection d'émaux peints de Limoges, des faïences et des majoliques de la Renaissance (dont deux des célèbres « bassins rustiques » de Bernard Palissy). La section dédiée aux arts de l’Islam est l'une des plus importantes de France et présente de nombreux objets rares témoignant du degré de raffinement atteint par les artisans orientaux très tôt durant le Moyen Âge. Les céramiques extrême-orientales constituent un autre ensemble unique au sein des collections, avec les grès de Chine, de Corée et du Japon et notamment de rares pièces illustrant le rituel de la cérémonie du thé. À côté de ces œuvres, sont exposées des céramiques d’Art nouveau qui s’inspirent largement de l’art du grès japonais. Enfin, la chambre Art nouveau d'Hector Guimard clôt le parcours.


Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Médaillier[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble de la salle du médaillier.

Le médaillier de Lyon est le deuxième médaillier de France après le Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France à Paris. Il conserve près de 50 000 objets : monnaies, médailles, sceaux, etc. Il est connu au niveau européen et tient une place prépondérante dans la numismatique mondiale depuis sa création au début du XIXe siècle[49].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premières collections de numismatique du musée des beaux-arts sont constituées au début du XIXe siècle, lorsqu'en 1810, le musée, alors dirigé par François Artaud, reçoit 8 585 monnaies provenant des deux plus importantes collections lyonnaises d'avant la Révolution, celles du collège de la Trinité et celle du cabinet de la ville[50]. Durant la première moitié du siècle, des monnaies locales ainsi que des trésors gallo-romains rejoignent les collections. La richesse des séries celtiques et médiévales est due, quant à elle, aux grandes collections lyonnaises qui entrent au musée dans la seconde moitié du siècle, comme les collections Saussaye et Morin-Pons en 1863[51].

À partir de 1878, le nouvel élan donné aux acquisitions par la direction du musée concerne également le médaillier : celui-ci gagne de nombreuses pièces et diversifie ses collections grâce à l'action de ses deux conservateurs, Jean-Baptiste Giraud et Paul Dissard, qui achètent aussi bien auprès de particuliers que d'experts[52]. Après une période d'abandon durant les années 1910-1930, le XXe siècle est marqué par les grands travaux de recherche scientifique entrepris pour inventorier le vaste fonds qui constitue désormais les collections : ils sont menés par Jean Tricou et Louis Chaurand à partir de 1936 et s'étendent sur plusieurs années[53].

À la fin du XXe et au début du XXIe siècle, le musée a pu s'enrichir de pièces importantes grâce à la découverte de trésors monétaires comme les trésors des Terreaux en 1993[54] et des Célestins en 2004[55]. Lors de la rénovation du musée des années 1990, le médaillier est déplacé dans sa salle actuelle et son approche muséographique est revue pour faire honneur à l'ampleur des collections[56].

Collections[modifier | modifier le code]

Le médaillier du musée des beaux-arts de Lyon possède des collections convrant un très vaste espace numismatique. Si ses séries les plus nombreuses viennent de la Rome antique, il possède également de belles collections grècques, celtiques et médiévales. Le médaillier conserve également de nombreuses médailles témoins de la richesse de l'histoire de cet art à Lyon, et des bijoux.

Sa collection la plus riche concerne l'antiquité, et surtout l'empire romain, sa série de pièces impériales est presque complète. Il conserve ainsi près de 15 000 pièces romaines dont quelques œuvres rares tel un sesterce d'Auguste à l'autel des trois gaules frappé à Lyon ou les objets du trésor de Ruffieu[57]. Le médaillier possède également plus de 2 000 monnaies grecques, presque 2 000 monnaies gauloises dont un décadrachme de Syracuse d'Évainète ou un statère de Vercingétorix[58]. Concernant les monnaies médiévales, il possède notamment environ 2 500 monnaies royales et 2 500 monnaies féodales, mais aussi des monnaies mérovingiennes, carolingiennes, des jetons, méraux, jetons et poids. Il est riche de nombreuses médailles dont certaines datant de la naissance de cet art à la Renaissance, dont l'une des premières au monde, celle de Jean VIII paléologue de 1438-1439 ou celle de Louis XII et d'Anne de Bretagne réalisée à Lyon en 1499[59].

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.
Wikimedia Commons présente d’autres illustrations sur les pièces du médaillier du musée des beaux-arts de Lyon.

Arts graphiques[modifier | modifier le code]

Le cabinet des arts graphiques regroupe des dessins, estampes, aquarelles, pastels, etc. Ces œuvres ont pour point commun d’être exécutées sur papier.

Près de 7 500 œuvres sont conservées dans ce département : 5 800 dessins et un fonds de 1 700 estampes. Sa création date du début du XIXe siècle. La collection de dessins comprend notamment des œuvres de Filippino Lippi, Parmigianino, Fra Bartolomeo, Leonetto Cappiello, Nicolas Poussin, Claude Lorrain, Charles Le Brun, François Boucher, Ingres, Théodore Géricault, Eugène Delacroix, Camille Corot, Honoré Daumier, Gustave Courbet, Odilon Redon, Puvis de Chavannes, Auguste Rodin, Edgar Degas, Henri Matisse, Raoul Dufy, Fernand Léger ainsi qu’une remarquable étude d'Albrecht Dürer.

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Le musée des beaux-arts est le musée le plus fréquenté non seulement de Lyon mais également de toute la région Rhône-Alpes selon les statistiques fournies par le ministère de la Culture. Au niveau national, selon ces mêmes statistiques, le musée se situe à la 22e place en termes de fréquentation annuelle pour l'année 2009[60]. Globalement, depuis le début des années 2000, la fréquentation annuelle du musée oscille autour des 250 000 visiteurs et approche les 300 000 visiteurs à la fin de la décennie.

Chiffres de fréquentation du musée 2003-2016[61],[60],[62],[63]
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
359 774 250 432 244 275 253 290 241 916 250 138 294 610 291 150 270 000 330 000 331 000 351 360 301 258 333 835

Directeurs[modifier | modifier le code]

Conservateurs du musée des beaux-arts de Lyon depuis 1801
(sources : Gérard Bruyère, Les anciens inventaires du musée des beaux-arts de Lyon [64]. )
Fonction Identité Naissance Décès Titre
Louis Antoine Moutonnat 1754 1834 Conservateur du musée
Antoine-Marie-François Artaud 1767 1838 Inspecteur général du conservatoire des arts et antiquaire de la ville de Lyon
Antoine-Marie-François Artaud 1767 1838 Directeur du conservatoire des arts
Antoine-Marie-François Artaud 1767 1838 Directeur du musée et de l'école royale des arts de Lyon
1841 Augustin Alexandre 1789 1870 Conservateur des musées
Musée de peinture et de sculpture
1841 Augustin Alexandre 1789 1870 Conservateur des musées de peinture et de sculpture
Musées archéologiques
Edmé-Camille Martin-Daussigny 1805 1878 Conservateur des musées archéologiques
Edmé-Camille Martin-Daussigny 1805 1878 Directeur des musées de la ville de Lyon
Marie-Claude Guigue 1832 1889 Archiviste du département, directeur par intérim des musées de Lyon
Musées de peinture et de sculpture
Benoît Joseph Guichard 1806 1880 Conservateur des musées de peinture et de sculpture
Jean-Baptiste Giraud 1844 1910 Conservateur par intérim des musées de peinture et de sculpture
Nicolas Achille Chaine 1814 1884 Conservateur des musées de peinture et de sculpture
Paul Dissard 1852 1926 Conservateur par intérim des musées de peinture et de sculpture
Jean-Marie Reignier 1815 1886 Conservateur des musées de peinture et de sculpture
Paul Dissard 1852 1926 Conservateur des musées de peinture et de sculpture
Musées d'épigraphie, sigillographie, numismatique et antiques
Louis Christophe Auguste Allmer 1815 1899 Conservateur des musées d'épigraphie
Paul Dissard 1852 1926 Conservateur-adjoint des musées d'épigraphie
Paul Dissard 1852 1926 Conservateur des musées d'épigraphie
Louis Christophe Auguste Allmer 1815 1899 Conservateur honoraire des musées d'épigraphie
Musées archéologiques
Jean-Baptiste Giraud 1844 1910 Conservateur des musées archéologiques
Paul Dissard 1852 1926 Conservateur des musées
Henri Focillon 1881 1943 Directeur des musées
1932 Léon Rosenthal 1870 1932 Directeur des musées
1933 1962 René Jullian 1903 1992 Conservateur du musée, puis du musée des beaux-arts de Lyon
Musée des beaux-arts
1963 1986 Madeleine Rocher-Jauneau 1921 2013 Conservateur du musée des beaux-arts
1986 2000 Philippe Durey 1953 - Conservateur du musée des beaux-arts
2000 2003 Vincent Pomarède 1959 - Conservateur du musée des beaux-arts
2003 2004 Christian Briend 1960 - Conservateur du musée des beaux-arts
2004 En cours Sylvie Ramond 1959 - Conservateur du musée des beaux-arts

Expositions[modifier | modifier le code]

L'une des premières expositions organisées au musée a lieu en 1889 pour le centenaire de la Révolution française. Elle présente des pièces qui, pour la plupart, appartiennent à présent au musée Gadagne d'histoire de Lyon[65].

Au XXe siècle, le musée commence à organiser de manière régulière des expositions temporaires, la plupart du temps accompagnées de l'édition d'un catalogue. Après une première en 1925[66], une régularité s'instaure à partie de la fin des années 1930 avec une alternance entre des rétrospectives et des promotions de la peinture régionale[67].

Après le départ de René Jullian en 1963, la politique d'exposition du musée est moins assurée et procède davantage d'occasions saisies au vol que d'un choix réfléchi sur le long terme. Les différents directeurs conservent toutefois la volonté de présenter la scène lyonnaise, mais l'art international contemporain devient le grand absent de la politique d'exposition de l'institution[68].

Sylvie Ramond, directrice du musée des beaux-arts de Lyon depuis 2004.

À partir de 2004, la directrice Sylvie Ramond entame une réorientation de la politique du musée pour redévelopper les collections et les expositions, alliant souvent la recherche la plus actuelle avec des thèmes ouverts au grand public. Elle parvient avec son équipe à faire progresser la fréquentation malgré des sujets quelquefois pointus. L'une des expositions la plus représentative de cette volonté est Joseph Cornell et les surréalistes à New York, de 2013, où il est également possible de sentir la marque de Sylvie Ramond : « « Cornell est sans nul doute sa plus belle exposition, la plus personnelle aussi », estime Pierre Wat, professeur d'histoire de l'art contemporain à l'université de Paris I et commissaire avec Sylvie Ramond de l'exposition « Étienne-Martin » au Musée des beaux arts de Lyon en 2011 »[69].

Ces expositions ont été conçues pour faire découvrir de grands ensembles d'œuvres (La collection Grenville L. Winthrop, Le Royaume d'Ougarit ou Le Génie de l'Orient), d'autres pour présenter au public des domaines faiblement explorés (Le temps de la peinture ou Repartir à zéro) et deux d'entre elles ont permis au musée de présenter des sélections de ces richesses lors d'évènements lointains (Exposition universelle de Shanghai en 2010 et les Saisons France-Afrique du Sud)[70].

Publication[modifier | modifier le code]

En 1952, à l'initiative de René Jullian, est créé le Bulletin des musées lyonnais. En 1960, cette publication change de titre et devient le Bulletin des musées et monuments Lyonnais. En 2003, il change de périodicité en devenant annuel et prend alors le nom de Cahiers du musée des Beaux-Arts de Lyon.

Accès[modifier | modifier le code]

Le musée est accessible par :

En 1995, un parking souterrain nommé « Terreaux » est construit sous le musée. Étant donné sa localisation, on peut y trouver des objets anciens dans le tunnel d'accès du parking.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le Journal des Arts no 457, 13 mai 2016.
  2. Site officiel du musée des beaux-arts, « Le musée au XXIe siècle ». Consulté le 29 juin 2011
  3. MBA 2010, p. 36
  4. MBA 2010, p. 135.
  5. a et b MBA, 2013, p. 8.
  6. a et b MBA, 2013, p. 7.
  7. a et b Rapport du 3 mars 1799, publié dans M.C. Chaudonneret, « Les origines du musée des Beaux-Arts de Lyon. 1791-1799 », Bulletin des musées et monuments lyonnais, vol. VII, n°1, 1986, p. 79-85.
  8. a et b Durey 1988, p. 9.
  9. a, b et c Gérard Bruyère, « Brève histoire du musée des beaux-arts, 1re partie 1800-1830 », Bulletin municipal de la Ville de Lyon, no 5849, 31 mai 2010.
  10. a, b et c MBA, 2013, p. 11.
  11. MBA 1998, p. 9.
  12. MBA 2010, p. 20.
  13. a, b et c Geneviève Galliano, Antiquités, Guide des Collections, Paris, Musée des Beaux-Arts de Lyon et Réunion des musée nationaux, 1997, p. 9.
  14. a, b, c et d MBA 1998, p. 10.
  15. a et b Gérard Bruyère, « Brève histoire du musée des beaux-arts, 2e partie 1830-1850 », Bulletin municipal de la Ville de Lyon, no 5879, .
  16. a, b et c MBA 1998, p. 11.
  17. a et b MBA 1998, p. 12
  18. a, b et c MBA 1998, p. 13.
  19. a, b, c et d MBA 1998, p. 14.
  20. a et b MBA 1998, p. 15.
  21. « Beaux Arts Lyon cherchent un mécène », Le Figaro, 26 septembre 2012.
  22. Description de l'opération sur le site officiel du Musée.
  23. Didier Rykner, « La Mort de Chioné, un deuxième Poussin acquis par le Musée des Beaux-Arts de Lyon », La Tribune de l'Art, 10 février 2016
  24. Merlot-Morat et Cochet 2012, p. 15.
  25. Valéry Lavergne-Durey 1992, p. 92-93.
  26. Merlot-Morat et Cochet 2012, p. 14.
  27. Valéry Lavergne-Durey 1992, p. 98-99.
  28. Merlot-Morat et Cochet 2012, p. 27.
  29. Merlot-Morat et Cochet 2012, p. 59.
  30. a et b Valéry Lavergne-Durey 1993, p. 39.
  31. Merlot-Morat et Cochet 2012, p. 115.
  32. Merlot-Morat et Cochet 2012, p. 83.
  33. a et b Valéry Lavergne-Durey 1993, p. 34.
  34. Valéry Lavergne-Durey 1992, p. 104-105.
  35. Merlot-Morat et Cochet 2012, p. 90.
  36. Valéry Lavergne-Durey 1993, p. 34-35.
  37. Buijs et Berge-Gerbaud 1991, p. 9.
  38. Valéry Lavergne-Durey 1993, p. 26-29.
  39. Valéry Lavergne-Durey 1993, p. 16.
  40. MBA, 2013, p. 69.
  41. Valéry Lavergne-Durey 1993, p. 56-61.
  42. Valéry Lavergne-Durey 1993, p. 93-97.
  43. Valéry Lavergne-Durey 1993, p. 67-70.
  44. Valéry Lavergne-Durey 1993, p. 81.
  45. Buijs et Berge-Gerbaud 1991, p. 6.
  46. Valéry Lavergne-Durey 1993, p. 101.
  47. a et b MBA 2013, p. 57.
  48. Yon Marguerite, « Les antiquités chypriotes au musée des Beaux-Arts de Lyon », Cahiers du Centre d'Etudes Chypriotes, Volume 42, 2012, pp. 181-225, lire en ligne.
  49. MBA, 2013, p. 31.
  50. Planet 1992, p. 25.
  51. Planet 1992, p. 28 et 57.
  52. Planet 1992, p. 30-32.
  53. Planet 1992, p. 33-35.
  54. Michel Dhénin, Marc Bompaire, Chrisitian Cécillon et alii, « Le trésor de Terreaux », Bulletin des musées et monuments lyonnais, 1-2, 1996, p. 50-63, 91-98, 99-109.
  55. Stéphane Carrara, François Planet, « Le trésor monétaire du couvent des Célestins », Les Célestins du couvent au théâtre, Lyon : Mémoire Active, 2005, pp. 31-39.
  56. Planet 1992, p. 35.
  57. Planet 1992, p. 47.
  58. Planet 1992, p. 41 et 47.
  59. Planet 1992, p. 68-77.
  60. a et b [PDF]« Muséostat 2009 », sur Développement culturel, Ministère de la Culture et de la Communication (consulté le 5 juillet 2011)
  61. Veille Info Tourisme. Consulté le 29 juin 2011
  62. Pour l'année 2010 : Chiffres clés 2012 pour l'année 2010, ministère de la Culture et de la Communication
  63. « 351360 visiteurs au musée des Beaux-Arts en 2014 », sur lyonmag.com (consulté le 16 janvier 2015)
  64. Gérard Bruyère, Les anciens inventaires du musée des beaux-arts de Lyon : rapport de stage professionnel pour le Diplôme d’études approfondies de langue, littérature et civilisation françaises, université Lumière Lyon 2, Institut d’histoire de l’art, , 100 p.
  65. Histoires d'un musée, 2005, p. 169.
  66. Histoires d'un musée, 2005, p. 170.
  67. Histoires d'un musée, 2005, p. 56.
  68. Béghain 2011, p. 355.
  69. Christine Costa, « Portrait : Sylvie Ramond - Directrice du Musée des beaux-arts de Lyon », le Journal des arts,‎ .
  70. MBA, 2013, p. 15.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur le musée[modifier | modifier le code]

  • Ambroise Comarmond, Description du Musée lapidaire de la ville de Lyon, Lyon : impr. de F. Dumoulin , 1846-1854
  • Ambroise Comarmond, Description des antiquités et objets d'art contenus dans les salles du Palais-des-Arts de la ville de Lyon, Lyon : impr. de F. Dumoulin, 1855-1857
  • Paul Dissard, Jean-Baptiste Giraud, Henri Lechat et Eugène Vial, « Musées », dans Lyon et la région lyonnaise en 1906 : par les membres du 35e congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, t. 1, Lyon, , p. 385-440
  • D. Ternois, « Tableaux des églises de Lyon réservés pour le Conservatoire des arts : quatre inventaires », dans À travers l'art français : du Moyen âge au XXe siècle : Hommage à René Jullian, Paris, F. de Nobele, coll. « Archives de l'art français, nouv. période » (no XXV), , p. 227-248
  • Philippe Durey, Le Musée des Beaux-Arts de Lyon, Albin Michel, coll. « Musées et monuments de France » (no 5), , 129 p. (ISBN 2-226-03318-1)
  • Dominique Brachlianoff, Christian Briend, Philippe Durey, Geneviève Galliano, Véronique Gay, Jean-Claude Goyon, Valérie Lavergne-Durey et François Planet, Guide : Musée des beaux-arts - Lyon, Réunion des musées nationaux - Musée des beaux-arts de Lyon, (ISBN 2-7118-3679-7)
  • Histoires d'un musée : Le musée des beaux-arts de Lyon, FAGE, , 184 p. (ISBN 2-84975-014-X)
  • Sylvie Ramond (dir.), Le Musée des Beaux-Arts de Lyon de A à Z, Lyon, Fage, (ISBN 978-2849751640)
  • Sylvie Ramond, Geneviève Galliano, François Planet, Salima Hellal, Ludmila Virassamynaïken et Stéphane Paccoud, Le musée des beaux-arts de Lyon, Réunion des musée mationaux - Musée des beaux-arts de Lyon - Fondation BNP Paribas, , 144 p. (ISBN 978-2-7118-6169-9)

Ouvrages sur les collections[modifier | modifier le code]

  • Dominique Brachlianoff, Philippe Durey et Jean Habert, Quatrocento, Italie 1350-1523 : Peintures et sculptures au Musée des beaux-arts de Lyon, Lyon, Musée des beaux-arts de Lyon, , 170 p., (Catalogue de l'exposition de Lyon du 19 novembre au 3 avril 1987) (ISBN 2-901306-18-7)
  • Dominique Brachlianoff, De Géricault à Léger : Dessins français des XIXe et XXe siècles dans les collections du Musée des beaux-arts de Lyon, Lyon, Musée des beaux-arts de Lyon, , (Catalogue de l'exposition de Lyon du 18 mai au 3 septembre 1989) (ISBN 2-901306-20-9)
  • Hans Buijs et Mària van Berge-Gerbaud, Tableaux flamands et hollandais du musée des Beaux-Arts de Lyon : Catalogue de l'exposition présentée à la fondation Custolia, Paris - Lyon, Institut néerlandais - Musée des beaux-arts de Lyon, coll. « Collections flamandes et hollandaises des musées de province », , 189 p. (ISBN 90-6630-311-5)
  • Valéry Lavergne-Durey, Chefs d’œuvre de la Peinture Italienne et Espagnole, Lyon, Réunion des musées nationaux - Musée des Beaux-Arts de Lyon, (ISBN 978-2-7118-2571-4)
  • François Planet, La monnaie - la cité - l'histoire - Le Médaillier, Réunion des musées nationaux, , 94 p. (ISBN 2-7118-2572-8)
  • Christian Briend, Les Objets d'art. Guide des collections, Paris, Réunion des musées nationaux, (ISBN 978-2-7118-2922-4)
  • Valéry Lavergne-Durey, Catalogue sommaire illustré des peintures du Musée des beaux-arts de Lyon, t. I. Ecoles étrangères, XIIIe-XIXe siècles : Allemagne, Espagne, Italie et divers, Avignon, Réunion des musées nationaux - Musée des Beaux-Arts de Lyon, (ISBN 2-7118-2923-5)
  • Claude Brenot et Simone Scheers, Catalogue des monnaies massaliètes et monnaies celtiques du Musée des beaux-arts de Lyon, Louvain, Peeters,
  • Christian Briend, Les Modernes. De Picasso à Picasso : catalogue des peintures du XXe siècle du Musée des beaux-arts de Lyon, Paris, Réunion des musées nationaux, (ISBN 2-7118-3528-6)
  • Jean-Claude Goyon, L'égypte antique : À travers la collection de l'Institut d'égyptologie Victor-Loret de Lyon, Paris - Lyon, Somogy - Musée des beaux-arts de Lyon, , 120 p. (ISBN 978-2-7572-0139-8)
  • Philippe Merlot-Morat et Vincent Cochet, La peinture espagnole au MBA de Lyon : Les peintures anciennes (Moyen-âge et Siècle d'or), Lyon, PU Saint-Etienne, (ISBN 978-2-86272-625-0)
Ouvrages sur les collections issues de dons et legs[modifier | modifier le code]
  • Christian Briend (dir.) et Dominique Brachlianoff (dir.), De Manet à Bacon, la collection Jacqueline Delubac, Paris, Réunion des musées nationaux, (ISBN 2-7118-3678-9)
  • Christian Briend et Sylvie Ramond, Histoire d'un œil, la collection André Dubois, Lyon, Musée des beaux-arts de Lyon, , cat. exp. numéro hors-série des cahiers du Musée des beaux-arts de Lyon

Catalogue d'exposition[modifier | modifier le code]

  • Marie-Claude Chaudonneret, Les muses de messidor : peintres et sculpteurs lyonnais de la Révolution à l'Empire : catalogue de l'exposition, Lyon, Musée des Beaux-Arts, , 156 p.
  • Ludmila Virassamynaïken, Lyon Renaissance : Arts et humanisme, Paris, Musée des Beaux-Arts de Lyon - Somogy, , 360 p. (ISBN 978-2-7572-0991-2)
  • Sous la direction de Stephen Bann et Stéphane Paccoud, L'invention du passé : Histoires de cœur et d'épée en Europe, 1802-1850, t. 2, Paris, Hazan, , 320 p. (ISBN 978-2-7541-0760-0)

Revues et péridiques[modifier | modifier le code]

  • Bulletins des musées et monuments lyonnais, édition de l'Association des amis du musée des Beaux-Arts de Lyon, 1952-2003.
  • Cahiers du musée des Beaux-Arts de Lyon, depuis 2003.
Articles[modifier | modifier le code]
  • Fortuné Rolle, « Enlèvement des tableaux du musée de Lyon en 1815 », Revue du Lyonnais, 1867, 3e série, t. III, p. [280]-292, [372]-393.
  • Paul Dissard, « Notes sur l'ancien médaillier de la ville de Lyon », Revue belge de numismatique, 1882, p. 393-413.
  • Henri Lechat, « Vandalisme politique : une peinture de ‘Gros’ lacérée et brûlée avec plusieurs autres », Revue d'histoire de Lyon, t. IV, 1905, p. [467]-474.
  • J. B. Giraud, « Notes sur les origines des musées archéologiques de la ville de Lyon : Moyen Âge et Renaissance », Revue d'histoire de Lyon, t. V, 1906, p. 18-33.
  • Marie-Claude Chaudonneret, « À propos de tableaux détruits au musée Saint-Pierre », Bulletin des musées et monuments lyonnais, 1977, no 1, p. 9-18.
  • Marie-Claude Chaudonneret, « Les origines du musée des Beaux-Arts de Lyon : 1791-1799 », Bulletin des musées et monuments lyonnais, 1986, no 1, p. 79-95 (325-341).
  • Henri Hours, « La cour du Palais Saint Pierre au XIXe siècle », Bulletin des musées et monuments lyonnais, 1987, no 4
  • P. Durey, « Le palais Saint-Pierre et ses muséographies : éléments d'histoire : 1re partie", Bulletin des musées et monuments lyonnais, 1995, no 3-4, p. 2-51.
  • Gérard Bruyère, « Louis Antoine Moutonnat (1754-1834), premier conservateur du musée de Lyon », Genava, nouv. série, t. XLV, 1997, p. 41-52.
  • François Bron, « Recueil des inscription lapidaires ouest-sémitiques du musée des Beaux-arts et du museum d'histoire naturelle de Lyon », Bulletin des musées et monuments lyonnais,‎ 2000-2/3.
  • Gérard Bruyère, « Politique de la mémoire : la fondation Grognard ou la galerie des Lyonnais célèbres », Bulletin de la société historique, archéologique et littéraire de Lyon, t. XXIX, 1999, Lyon : Archives municipales, 2000, p. 213-262.
  • Gérard Bruyère, « Jalons pour une histoire des collections épigraphiques lyonnaises, XVIe-XXe siècle », Bulletin des musées et monuments lyonnais, 2001, no 2-4, p. 8-129.
  • Dominique Dumas, « La collection Jacques Bernard à Lyon : un musée dans le musée », L’Estampille, L’Objet d’art, no 401, avril 2005, p. 72-79.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :