Jean-Baptiste Larrivé

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Jean-Baptiste Larrivé
Naissance
Décès
(à 52 ans)
Lyon
Nationalité
Française
Activité
Formation
Distinctions

Jean-Baptiste Larrivé, né le à Lyon et mort dans la même ville le , est un sculpteur français, lauréat du prix de Rome en 1904.

Biographie[modifier | modifier le code]

Façade de l’immeuble du no 29 avenue Rapp à Paris.

Élève de l’École des beaux-arts de Lyon de 1890 à 1896, prix de Paris 1896-1897 (Lycurgue présente l’héritier du trône aux lacédémoniens), Jean-Baptiste Larrivé est admis en 1897 à l’École des beaux-arts de Paris. En 1900, il courcourt sans succès pour le prix de Rome et obtient l’année suivante un premier second grand prix de Rome avant de remporter le premier grand prix de Rome en 1904 pour Saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert[1], dernière œuvre qui témoigne de l’ascendance d'Auguste Rodin sur les travaux de jeunesse du sculpteur. Larrivé séjourne à Rome à la villa Médicis de 1905 à 1910, sous le directorat de Carolus-Duran. En 1908, il envoie Matrone faisant brûler de l’encens, partie du triptyque Ludovisi[2], et en 1909 Le Jeune athlète[3] et L’Exil d’Œdipe [4].

Entre 1918 et 1919, l’artiste modèle une importante suite de bas-reliefs pour l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris, dont La Vaccination atypique et Le Soldat aveugle sous les lauriers, avant de mettre un temps sa finesse d’observation au service de la réfection des visages défigurés des Gueules cassées. Après sa démobilisation, Larrivé devient directeur de l’École des beaux-arts de Lyon, fonction qu’il assure jusqu’à sa mort en 1927.

Si le portail parisien du no 29 avenue Rapp (1901), conçu avec le céramiste Alexandre Bigot pour l'architecte Jules Lavirotte marque sa première collaboration avec un architecte de renom, de retour à Lyon, une véritable communion d’esprit allait bientôt réunir Larrivé et Tony Garnier. Le Monument Édouard Aynard (1919, Lyon), le Monument aux morts de l’Île aux Cygnes du parc de la Tête d’Or (Lyon, 1922-1927) ainsi que le Monument de la place d’Arsonval (1924-1929, Lyon, déplacé à Montplaisir) sont les puissants témoins d’un art monumental dont la taille directe sera l’expression consacrée. L’art religieux constitue l’un des domaines les plus féconds de son activité et l’artiste reçoit d’importantes commandes à la faveur de ses collaborations avec l’architecte Louis-Jean Sainte-Marie Perrin et surtout son fils Antoine Sainte-Marie Perrin qui fut condisciple de Larrivé à l’École des beaux-arts de Paris.

Larrivé réalise à Rome les bustes en marbre de Pie X et du cardinal Merry del Val, avant de se voir confier les décors de l’église du Saint-Sacrement de Lyon, et le retable de l’Annonciation de la basilique de Fourvière qui ne sera exécuté qu’en 1922 par Castex. Outre le retable de la Visitation[5] à Fourvière, Larrivé réserve ses meilleurs morceaux pour la tour de la Force de cette basilique, qu’il s’agisse de La Lutte de Jacob et de l’ange (1919) ou de L’Ange du silence (1920-1921). Il lui revient encore de signer la chaire de la basilique de Fourvière en 1924, achevée en 1933 par Bertola.

Larrivé sait impulser à ses figures poésie et sensualité, qu’il s’agisse du Derviche tournant (bronze) du Fellah, sa femme et l’âne (bronze), de la Vierge au châle (bronze, collection particulière) ou encore de Jeanne d’Arc sur le bûcher (pierre, collection particulière) dont il isole le seul visage afin de saisir l’extase de la sainte dont les chairs se consument. Parmi les œuvres conservées dans les collections du musée des beaux-arts de Lyon, on relève en particulier — outre le Jeune Athlète — La Lutte de Jacob et de l’ange (plâtre, 1920), les savoureux marmousets des Galeries Lafayette (Brumaire, Frimaire, Nivôse, Vendémiaire, plâtre, 1928), Tête de jeune garçon (bronze) ainsi que l’énigmatique et sensuel Masque de femme (bronze) acquis à la vente posthume de l’artiste en 1928.

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en mai 1926[6].

Jean-Baptiste Larrivé est mort à Lyon le . Il y est enterré au cimetière de Loyasse.

Une rue de Lyon, dans le 3e arrondissement, porte son nom[7].

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Les monuments aux morts[modifier | modifier le code]

  • Monument aux morts de Chabeuil : réalisé en collaboration avec les architectes Henri Joulie et Joseph Bissuel, ce monument, inauguré en décembre 1921, est inséré dans une porte médiévale. Larrivé exécuta un autre exemplaire pour la commune de Montalieu-Vercieu en Isère[8].
  • Monument aux morts de l'île du Souvenir à Lyon : implanté dans l’Ile au Souvenir, le monument a été construit dans les années 1920, pour honorer le sacrifice des morts pour la France durant la première guerre mondiale. Il est œuvre de l’architecte Tony Garnier alors que les sculptures sont de Jean Larrivé (Cénotaphe), de Louis Bertola et Cl. Grange (bas-reliefs). Il est constitué d'une pièce principale représentant six porteurs d'une dalle funéraire enveloppée d'un linceul, donnant ainsi tout son sens à cette sculpture en hommage aux 10 600 Lyonnais, morts au combat pour la France. À la suite du décès prématuré de Jean Larrivé, c’est son frère Auguste qui achève le monument[9].

Les statues[modifier | modifier le code]

  • Saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert : plâtre, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts. Prix de Rome en 1904[10].
  • Statue de Sainte Philomène à Ars-sur-Formans. La béatification de Jean-Marie Vianney (le curé d’Ars) en 1905 et sa canonisation vingt ans plus tard sont l’occasion de travaux d’embellissement de l’église de Ars-sur-Formans, (dédiée à Sainte-Philomène) et l’exécution d’une nouvelle châsse. Les sculptures qui ornent les angles sont confiées aux plus grands sculpteurs lyonnais du moment : Louis Castex (Saint-François Régis et Saint-François d’Assise), Louis Prost (Saint-Jean Baptiste et Saint Benoît Labre) et JB Larrivé pour Sainte-Philomène.
  • Statue du Curé d’Ars. Larrivé sculpta un marbre pour l’église de Notre-Dame Saint-Vincent à Lyon, lequel figure le Saint Curé en train de donner la Sainte Communion, le ciboire dans la main gauche et la Sainte Eucharistie dans la main droite? Il est vêtu d’un costume liturgique des années 1920, époque à laquelle fut réalisée cette œuvre[11] .
  • Statue de Sainte Jeanne d’Arc, marbre ou albâtre, La Rochelle, cathédrale Saint-Louis. L'original en marbre est érigé dans la cathédrale Saint-Étienne de Bourges.
  • Statues pour la basilique de Fourvière à Lyon : Ange à l’épée (tour nord-ouest), Ange du silence (tour sud-ouest), son projet de sculptures (Christ enseignant) pour la chaire, dessinée par Antoine Sainte-Marie Perrin, fut plusieurs fois modifié par la commission et il mourut avoir d’avoir achevé ce travail.
  • Vierge et l’Enfant, 1913, statuette en marbre. En 1923, l'œuvre est attribuée à l'office national du Commerce extérieur[12].
  • Buste du Pape Pie X, buste monumental en bronze, localisation inconnue[réf. nécessaire].
  • Statue de Mathieu Jaboulay, statue représentant ce grand chirurgien lyonnais assis dans un fauteuil enseignant à la faculté de médecine[13]. La statue fut d’abord placée dans le jardin de la faculté de Médecine, puis déplacée dans le quartier de Grange Blanche.
  • Jeune Athlète, 1908, statue en bronze, musée des beaux-arts de Lyon[14].
  • Baigneuse assise, statue en marbre d’une femme nue assise au sol et essuyant son pied droit, hôtel de ville de Port-Barcarès.

Œuvres décoratives[modifier | modifier le code]

  • Façade du no 29 avenue Rapp à Paris. Alors qu’il est étudiant à l’École des beaux-arts de Paris, Larrivé remporte un concours organisé par la ville de Paris pour la décoration de la façade d’un immeuble conçu par l’architecte Jules Lavirotte, devenu une référence de l'architecture Art nouveau. Le modèle en plâtre est conservé au Minneapolis Institute of Arts[15],[16].
  • L’Exil d’Œdipe, 1902, plâtre, musée des beaux-arts de Lyon[17].
  • Abbaye du Val de Grâce : ensemble de onze maquettes en plâtre, Évacuation de blessés par voitures automobiles ; Débarquement de blessés par train sanitaire ; Intérieur de poste de secours en première ligne ; Arrivée de blessés dans une gare de triage[18].
  • Fontaine, 1914, fontaine en marbre, Moutiers[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Dufieux, Sculpteurs et architectes à Lyon (1910-1960). De Tony Garnier à Louis Bertola, Lyon, Mémoire active, 2008, 141 p.
  • Philippe Dufieux, Le mythe de la primatie des Gaules : Pierre Bossan (1814-1888) et l’architecture religieuse en lyonnais au XIXe siècle, Lyon, PUL, 310 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]