Joseph Chinard

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Joseph Chinard
Joseph Chinard, by Jean Francois Soiron (1756-1813).jpg

Jean Francois Soiron, Joseph Chinard,
localisation inconnue.

Naissance
Décès
(à 57 ans)
Lyon
Nationalité
Activité
Élève
Lieu de travail
Mouvement
Œuvres réputées
signature de Joseph Chinard

signature

Joseph Chinard, né le à Lyon où il est mort le , est un sculpteur néoclassique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Madame de Verninac en Diane chasseresse (1808), Paris, musée du Louvre.

Joseph Chinard entre d’abord à l'école de dessin de la ville de Lyon, dirigée par Donat Nonnotte, puis à l’atelier de sculpture de Barthélemy Blaise, un statuaire (né à Lyon en 1738 et mort à Paris en 1819) auquel on doit les statues de Saint Étienne et de Saint Jean-Baptiste de la primatiale Sain-Jean (1776).

De 1784 à 1789, il réside à Rome pour améliorer sa technique et former son goût artistique. Il y copiera et rapportera nombre de statues antiques. Ce premier de ses trois séjours avait été payé par les travaux qui lui avaient été commandés en 1780 par le chapitre de l’église Saint-Paul, à savoir les pendentifs du dôme et les figures des quatre Évangélistes, ouvrages remarquables qui furent détruits sous la Terreur. Le , il obtient le premier prix de l’Académie Saint-Luc de Rome avec Persée délivrant Andromède.

En 1789, acquis aux idées nouvelles, il doit pourtant se soustraire à certaines suspicions car une couronne « végétale » tenue à la main par une figure allégorique éveilla la susceptibilité jacobine et lui coûta une détention de près de six mois. On rapporte[réf. nécessaire] que c’est une autre figurine, L’Innocence, sous les traits d’une colombe se réfugiant dans le sein de la Justice, envoyée à un des juges, qui le fit libérer. Il livre l’année suivante la statue colossale de la Liberté commandée par la ville de Lyon pour la Fête de la Fédération, prévue le 30 mai sur la plaine de Villeurbanne. Il devait concourir par la suite pour plusieurs décorations de fêtes nationales.

En 1791, il est enfermé deux mois, jusqu’au 13 novembre, au château Saint-Ange sur ordre du pape pour ouvrages subversifs. Il avait, en effet, créé deux groupes d’inspiration révolutionnaire, commandés avant son départ par M. Van Risambourg (ou Risamburgh) pour un trépied de candélabre : Jupiter foudroyant l’Aristocratie et le Génie de la Raison foulant aux pieds la Superstition (c'est-à-dire la Religion). L'intervention de David devant la Convention en sa faveur nous apprend qu'il fut arrêté avec un certain Rater, jeune élève d'architecture lyonnais.

En 1800, de retour de son troisième et dernier voyage romain, il est accueilli à l’Académie de Lyon — réorganisée sous le nom d’Athénée — et nommé correspondant de l’Institut. Il ne quittera désormais plus guère sa ville natale. Il avait établi un premier atelier dans l’ancienne chapelle des Pénitents de Lorette, place Croix-Paquet.

Le , il avait été nommé, par décret impérial, professeur de sculpture à l’École spéciale de dessin de Lyon[1], fonction qu’il gardera jusqu’à sa mort en 1813, survenue des suites d’une rupture d’anévrisme cardiaque. Il fut d'abord inhumé dans le jardin de sa maison de l’Observance, quai Pierre-Scize[2].

Il avait légué au musée des beaux-arts de Lyon : Persée et Andromède (en terre cuite), L’enlèvement de Déjanire et la statuette de son autoportrait en pied. En 1808, il reçoit la grande médaille d’or du Salon de Paris.

Ayant vécu en une période troublée et agitée, il n'a pu mener à bien tous ses travaux. Quelques œuvres importantes sont restées inachevées. Elles furent parfois vandalisées et majoritairement dispersées soit par la variété des commanditaires, soit par l'imprévoyance des héritiers. L’exécution fidèle, délicate et gracieuse de ses bustes, qui rendait magnifiquement les chairs et faisait transparaître le sentiment des personnages, l’imagination, le goût et l’adresse de ses groupes allégoriques en font un des plus grands sculpteurs de son temps et un des meilleurs artistes français du portrait sculpté.

Œuvres et commandes diverses[modifier | modifier le code]

Persée et Andromède (1791), musée des beaux-arts de Lyon.
Buste de Madame Récamier
(vers 1805-1806), musée des beaux-arts de Lyon.

Salons[modifier | modifier le code]

  • Salon 1800 : Andromède, plâtre ; La Justice, terre cuite ; Diane préparant ses traits.
  • Salon 1802 : La Paix, terre cuite ; L’Amour sur les flots[6] ; Hébé versant le nectar[7].
  • Salon 1806 : Le Prince Eugène, buste.
  • 1808: Honneur et Patrie, bas-relief, destiné à l’arc de triomphe prévu à la porte de Bourgogne, il ne fut jamais livré car le projet fut abandonné ; bustes de l’impératrice Joséphine ; de la princesse Piombino ; de la princesse A. de Bavière ; du général Desaix, sur commande du général Bonaparte, après Marengo ; du général Leclerc ; de Mme de Verninac en Diane qui était la sœur du peintre Delacroix et l'épouse du préfet.
  • 1812 : tête de La Paix, buste en plâtre (commande marseillaise) ; Le Général Cervoni, statue en plâtre ; La Victoire donnant une couronne ; Otriade mourant sur son bouclier ; L’Amour réveillé par Psyché ; Niobé frappée par Apollon ; L’Illusion du bonheur ; Phryné sortant du bain ; et une copie de Persée et Andromède (prix de Rome).

Expositions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Médaille d'or au Salon de 1808.

Élèves[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rétablie par un décret du et située au rez-de-chaussée du palais Saint-Pierre.
  2. On situe la propriété entre la montée de l'Observance (probablement côté de l'ancienne entrée) et la montée du Greillon (niveau no 12 aujourd'hui). Sa sépulture est désormais au cimetière de Loyasse à Lyon, allée 1 (quartier de Fourvière)
  3. Base Joconde : MG384.
  4. Augustin Fabre, Les rues de Marseille, 5 volumes, tome 3, Marseille, Chez E. Camoin, 1867-1869, p.  168.
  5. Théodore Lebreton, Biographie normande, tome 3, 1861, p. 246.
  6. Allégorie citée dans les Annales de M. Landon.
  7. La statue fut retrouvée en 1918 par M. Pillet, bouquiniste lyonnais dans la collection du château de Saint-Savin près de Bourgoin et mise en vente à Lyon en 1921.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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