Tanagra (statuette)

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Jeune femme drapée appuyée contre un pilier. Figurine en terre cuite grecque, production de Tanagra, fin IIIe siècle ou début IIe siècle avant notre ère. Provenance : tombe A de la nécropole de Tanagra. Musée du Louvre.

Une figurine appelée tanagra est une statuette de terre cuite apparue en Grèce aux IVe et IIIe siècles av. J.-C. D'un travail très fin, elle représente une femme drapée dans un himation, ou un enfant. Au figuré, le nom est ainsi attribué à une adolescente ou une jeune femme remarquable par sa grâce et sa finesse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le terme « tanagra » fut inventé au XIXe siècle pour désigner les statuettes qui venaient d'être trouvées en 1870, par centaines, dans la nécropole mycénienne de Tanagra, une antique cité grecque de Béotie. Mais on sait aujourd'hui que le véritable foyer de création de ces tanagras était Athènes à partir de 340-330 av. J.-C. Ce genre artistique, porteur des valeurs grecques, dépassa largement les frontières de ces régions pour se diffuser dans tout le bassin méditerranéen sur les pas d'Alexandre le Grand, en Grèce, en Anatolie, jusqu'en Cyrénaïque et en Égypte.

Ces statuettes votives en terre cuite, dont certaines, pleines et modelées à la main, remontent à 600 av. J.-C., représentent au départ essentiellement des animaux stylisés et des divinités avec leurs attributs. Les figures étaient colorées par application d'argile. À partir du milieu du Ve siècle, les artisans ont moulé la partie antérieure des statuettes, qui seront évidées afin d'obtenir une meilleure cuisson. Les moules permettent aussi une fabrication en nombre. À partir du IVe siècle, les statuettes représentent des patriciennes, des danseuses, des éphèbes et des enfants dans un style de plus en plus réaliste. Les œuvres produites sont peintes. Les figurines et moules de Tanagra sont exportés, et les statuettes sont produites tout aussi bien à Myrina, qu'à Alexandrie. Le pillage systématique des tombes de Tanagra à la fin du XIXe siècle, et la sortie des statuettes de leur contexte archéologique rend difficile la restitution des pratiques et des architectures d'origine[1].

Le musée gréco-romain d'Alexandrie en possède une collection remarquable.

Postérité[modifier | modifier le code]

La couturière italienne Rosa Genoni s'en inspire pour créer des robes éponymes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Simone Besques-Mollard, « Statuette de femme drapée, terre cuite de Tanagra », Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, t. 45,‎ , p. 53-66 (lire en ligne, consulté le 5 juillet 2020)
  • Simone Besques, « Figurines en terre cuite de Myrina », Anatolie antique. Catalogue de l'exposition. Gypsothèque de l'Université Lumière Lyon II, no 4,‎ , p. 73 (lire en ligne, consulté le 5 juillet 2020).
  • Violaine Jeammet (dir.), Tanagra : Mythe et archéologie, Paris, Éditions de la Réunion des musées nationaux, , 336 p. (ISBN 2-7118-4590-7)
    Cet ouvrage a été édité à l'occasion des expositions organisées par le Musée du Louvre à Paris du 15 septembre 2003 au 2 janvier 2004 et par le Musée des beaux-arts de Montréal du 5 février au 9 mai 2004.
  • Violaine Jeammet (dir.), Tanagras. De l'objet de collection à l'objet archéologique, Paris, Musée du Louvre éditions, , 170 p. (ISBN 9782708407930)
  • Hélène Cassimatis, « Une Tanagréenne à Chypre », Cahiers du Centre d’études chypriotes, vol. 3,‎ , p. 33-43 (lire en ligne, consulté le 5 juillet 2020).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Violaine Jeammet, Tanagras, Paris, Musée du Louvre éditions, , 170 p. (ISBN 9782708407930).

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