Raku

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Bol noir raku pour le thé, type Kuroraku. Connu sous le nom d' "Amadera", atelier de Chojiro. Époque Azuchi Momoyama, XVIe siècle. Musée national de Tokyo

Le raku, abréviation française du terme japonais raku-yaki 楽焼 (raku-yaki?, lit. « cuisson confortable ») est le résultat d'une technique d'émaillage développée dans le Japon du XVIe siècle. Il est lié essentiellement à la fabrication de bols pour la cérémonie du thé. On utilise un grès chamotté plus solide car les pièces doivent résister à de forts écarts de température.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chōjirō.

Selon la tradition, cette technique de fabrication en cuisson rapide, fut développée au Japon dans le milieu du XVIe siècle. Le mot raku yaki viendrait d'un idéogramme gravé sur un sceau d'or, offert en 1598 par Taiko - moine bouddhiste et maître servant de la cérémonie du thé dans un temple bouddhiste relevant de l'école zen rinzai - à Chōjiro, potier.

L'implication des potiers dans le raku yaki fait souvent écho à sa philosophie, à ses racines historiques et à son sens, au plan culturel.

Bol à thé raku blanc, par Hon'ami Kōetsu. Époque d'Edo , XVIIe siècle, H.: 8,6 cm, D.: 11,5 cm. L'un des deux bols à thé Trésor National. Musée d'Art Sunritz Hattori[1], Suwa, Japon

Les céramiques raku n'étaient que l'une des possibilités disponibles pour ceux qui pratiquaient la cérémonie du thé à la fin du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle. Et l'on ne sait toujours pas clairement quand le style a acquis sa dénomination[2]. Le terme « raku » n'apparait pas dans le vocabulaire de la céramique en usage à la fin du XVIe siècle. Il est employé pour la première fois au début du XVIIe siècle, dérivé du nom de « Juraku », une banlieue de Kyoto. Cet endroit pourrait avoir donné la terre sableuse utilisée pour les premiers raku. Au milieu du XVIIe siècle un atelier de potier s'est approprié ce nom. Les potiers de cet atelier ont commencé à imprimer le sceau au caractère « raku » sur leurs poteries. C'était la première fois, au Japon, que des potiers authentifiaient ainsi leur production. La maison Raku est devenu rapidement connue en tant que productrice légitime des céramiques raku. Au XVIIIe siècle cette technique s'est répandue dans tout l'archipel, bien que l'association avec la maison Raku soit restée forte. À la fin du XIXe et au XXe siècle le terme a été employé sous différentes formes. Ceux qui pratiquent le thé ont pris l'habitude de parler de « raku » en se référant, de manière très stricte, aux céramiques de la maison Raku. Quant aux potiers qui n'étaient pas en relation avec la culture propre à la consommation organisée du thé, en particulier les potiers étrangers, ils ont utilisé ce terme en se référant à la technique, ou au procédé, pour obtenir cette céramique : entièrement à la main (sans tour de potier), avec une couverte à base de plomb, la cuisson étant à basse température dans un petit four (souvent intérieur). Ce procédé, à petite échelle, ne produisant guère de pollution et pouvant s'inscrire dans le contexte urbain permet une réelle proximité entre le potier et ses clients, dans la ville[3].

Technique du raku yaki[modifier | modifier le code]

Sortie des pièces incandescentes du four
Réduction sur un lit de matière végétale

La technique du raku yaki est un procédé de cuisson. Les pièces incandescentes peuvent être enfumées, trempées dans l'eau, brûlées ou laissées à l'air libre. Elles subissent un choc thermique important.

La multitude des paramètres mis en jeu permet d'obtenir des résultats variant à l'infini, ce qui confère à la pièce, entièrement réalisée manuellement, la qualité d'objet unique.

Le raku yaki est synonyme de cuisson basse température, les pièces émaillées sorties d'un four à environ 1 000 °C sont rapidement recouvertes de matières inflammables naturelles comme de la sciure de bois compactée afin d'en empêcher la combustion en limitant l'apport d'oxygène au contact de l'émail en fusion. Cette phase est la réaction d'oxydoréduction au cours de laquelle apparaissent les couleurs plus ou moins métallisées, les craquelures ainsi que l'effet d'enfumage de la terre laissée brute qui forment les principales caractéristiques de ce type de céramique.

Après refroidissement, les pièces sont nettoyées avec un produit abrasif pour enlever tous les résidus de suie et de cendre.

En raku yaki, les pièces peuvent être enfournées à froid mais le plus souvent le four est préchauffé et l'enfournement est fait à chaud. La cuisson est menée à un rythme rapide avec atteinte de la température finale dans un cycle court de 15 à 20 minutes (certaines cuissons raku yaki peuvent durer plusieurs heures selon les types de pièces et leurs exigences de cuisson)[4].

Les fours à raku yaki sont généralement petits et surpuissants. Ils ont, pour la plupart, une simple ouverture sur le haut de l'enceinte de cuisson couverte par un morceau de plaque réfractaire.

Les pièces raku yaki sont le plus souvent cuites dans un type de four plus ou moins conventionnel, connu et exploité pour la cuisson des glaçures. Les autres sont des formes de cuisson primitive (simple trou ou fosse dans le sol) où les températures atteintes sont généralement plus basses et où les glaçures ne sont pas couramment utilisées.

Raku et art contemporain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Raku contemporain.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (ja) Site officiel
  2. Morgan Pitelka, 2005, p. 7
  3. Morgan Pitelka, 2005, p. 8
  4. La plupart des autres types de poteries sont enfournés à froid et cuits à une allure modérée jusqu'à la température finale. Ce genre de cuisson peut aller de 8 à 24 heures ou plus. Le cycle de refroidissement peut durer entre 12 et 24 heures ou plus. Les pièces sont considérées comme achevées lorsqu'elles sont défournées.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (en)(ja) Raku Ware, site du musée du raku à Kyoto

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Morgan Pitelka, Handmade culture : Raku Potters, Patrons and Tea Practicioners in Japan, Honolulu, University of Hawai'i Press, (ISBN 0-8248-2970-0).
  • Frank and Janet Hamer, The Potter's Dictionary of Materials and Techniques, A & C Black Publishers, London, Third Edition 1991 (ISBN 0-8122-3112-0)
  • Susan Peterson, The Craft and Art of Clay, The Overlook Press, Woodstock, NY, second edition 1996 (ISBN 0-87951-634-8)