Quentin Metsys

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Quentin Metsys
Quentin Massys by Sandrart.jpg

Quentin Metsys, gravure de Joachim von Sandrart pour son Teutsche Akademie.

Naissance
Décès
Nationalité
Drapeau des Pays-Bas bourguignons Pays-Bas bourguignons
puis
Drapeau des Pays-Bas des Habsbourg Pays-Bas des Habsbourg
(correspondant à
l'actuelle Drapeau de la Belgique Belgique,
en Drapeau de la Région flamande Région flamande)
Activité
Formation
À Louvain (jusqu'en 1491)[réf. nécessaire]
Maître
Élève
Mouvement
Influencé par
A influencé
Mère
Christina van Pullaer (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sœur
Catharina Massys (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Œuvres réputées

Quentin Metsys (né en 1466 à Anvers ou à Louvain, mort en 1530 à Anvers le 14 septembre) est un peintre flamand du mouvement artistique des primitifs flamands, l'un des pionniers de l'école d'Anvers. Son prénom et son nom sont orthographiés de plusieurs manières : Quinten ou Kwinten, Massys, Metsys ou encore Matsijs. Quentin Metsys peut être considéré comme le dernier grand peintre de l’école primitive flamande.
Il eut comme maître Dirk Bouts[réf. nécessaire].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Louvain était alors une cité médiévale du Duché de Brabant, réputée pour son université et sa richesse culturelle. Au XVe siècle, la peinture avait connu justement sa Renaissance en Italie et dans les Flandres, le Brabant et le Hainaut, à partir des années 1420, sous l'impulsion des pionniers de la Renaissance, les primitifs flamands, comme Jan Van Eyck, Rogier van der Weyden et Robert Campin (le Maitre de Flémalle), notamment à Tournai, Bruges, Gand et Bruxelles. À partir de la seconde moitié du XVIe siècle, Louvain devint une centre secondaire actif de la Renaissance avec la famille Bouts.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Né de Joost Massys, un forgeron, et de Katharina van Kinckem, il suivit une formation de forgeron auprès de son père[réf. nécessaire]. Près de la cathédrale Notre-Dame d'Anvers se trouve un puits en fer forgé, le « puits de Quinten Matsys », que l'on attribue traditionnellement au peintre.

La légende raconte[réf. nécessaire] que Metsys, alors forgeron à Louvain, tomba amoureux de la fille d'un peintre. En se tournant vers la peinture, il pensait pouvoir conquérir son amour. Une version plus vraisemblable qui explique comment Metsys décida de changer de carrière repose sur son père, Josse Metsys, un horloger et un architecte de la municipalité de Louvain[réf. nécessaire]. Josse arrivait à un âge où la question de sa succession devenait importante et lequel de ses deux fils (Quentin ou Josse) allait reprendre les activités paternelles. C'est finalement Jossé qui se consacra à l'horlogerie tandis que Quentin se tournait vers la peinture. Son père mourut quand il avait 17 ans, et il est probable que son frère finit son éducation.[réf. nécessaire]

À ce jour, on ne sait pas qui exactement a enseigné la peinture à Metsys, mais son style semble dériver des techniques de Dirk Bouts qui apporta à Louvain l'influence de Memling et Rogier van der Weyden.

Installation à Anvers[modifier | modifier le code]

Quand Metsys s'installa à Anvers à l'âge de 25 ans, son propre style contribua de manière significative au renouveau de l'art flamand dans la lignée de van Eyck ou van der Weyden. Anvers était déjà réputée dans la 2e moitié du XVe siècle pour être un centre artistique grâce à Goswin van der Weyden, petit-fils de Rogier, et Jérôme Bosch. C'est à 35 ans, en 1491, qu'il fut reçu franc-maître au sein à la guilde de Saint-Luc d'Anvers[1].

Vierge à l’Enfant entourée d’anges
1509, Lyon

Anvers avait acquis une réputation de centre actif et libéral du marché de l'art, en particulier lors des foires annuelles qui duraient six semaines à Pâques et à la Saint Bavon. Les artistes et marchands d'Anvers et d'autres villes flamandes, proposaient leurs œuvres sur des tréteaux et dans des échoppes. Joachim Patinier, était un spécialiste de ce marché, et a collaboré avec Metsys dont il peignit les paysages de certains de ses tableaux[2]. Metsys s'occupa des enfants de Patinier après sa mort en 1524.

Rencontres et amitiés[modifier | modifier le code]

On suppose qu'il connaissait le travail de Léonard de Vinci sous la forme de reproductions circulant dans les rangs des écoles nordiques, mais dans les années 1510, Metsys a fait un voyage en Italie, au cours duquel il s'arrête notamment à Venise et à Milan.

En 1517, par l'intermédiaire de Pierre Gilles, il fait la connaissance d'Erasme de Rotterdam et de Thomas More qui le tenaient pour un artiste de premier plan[3]. Il est également admis que Dürer lui rendit visite pendant son séjour à Anvers en 1520-1521[2], et il qu'il entretenait des liens avec d'autres peintres allemands dont Holbein et Lucas de Leyde[3].

Il fut un artiste célèbre et prisé qui a jouit d'une belle aisance matérielle.

Quentin Metsys, Le Prêteur et sa femme (1514)

Son style[modifier | modifier le code]

Les historiens distinguent communément trois genres dans sa peinture : les œuvres religieuses, les œuvres moralisatrices et les portraits[2].

Il tira des œuvres de van der Weyden la rigueur des contours et le soin pour le détail. De Van Eyck et de Memling, Metsys reprit les techniques basées sur la richesse des pigments transparents ainsi que les effets d'optique. Dans Le Prêteur et sa femme, il place un miroir semblable à celui des Époux Arnolfini de Van Eyck.

Ecce homo (détail)
1520, Venise
Œuvres religieuses

Ce qui caractérise la peinture de Metsys est la piété de ses œuvres[pas clair], un héritage des écoles précédentes. Il voue une attention particulière à l'expression des personnages qui va parfois jusqu'à la caricature, et il joue sur les oppositions. Il accentue la mélancolie des saints et la tendresse de la Vierge vis-à-vis de son enfant. La Vierge à l'Enfant de Bruxelles se réfère aux autres représentations de l'Enfant lisant dans les bras de sa mère, celle de La Madone Duran de Rogier van der Weyden au Prado de Madrid, et celle de La Vierge d'Ince Hall, d'un suiveur de Jan van Eyck, à Melbourne[1]. Sa Vierge à l'Enfant du Louvre, datée de 1529, atteste sa parfaite assimilation de la sensibilité de Léonard[4].

Œuvres moralisatrices et grotesques

En contrepartie, il représente les mimiques brutales et les grimaces des geôliers et des bourreaux et son réalisme favorise parfois le grotesque comme dans la Vieille Femme grotesque aussi connue sous le nom de Portrait d'une vieille femme. Ce portrait est une reprise explicite de la Reine de Tunis[5], dessin de Léonard de Vinci, conservé à la bibliothèque royale du château de Windsor[3]. Cette vieille femme semble également appartenir au monde de l'Eloge de la Folie, œuvre satirique de son ami Erasme.

Le portrait de la Duchesse a été probablement conçu sans réelle ressemblance avec une personne vivante bien que certains affirment qu'il s'agirait du portrait de Margarete Maultasch, comtesse du Tirol. Cette femme a par ailleurs inspiré Lewis Carroll et son illustrateur John Tenniel pour le personnage de la duchesse dans Alice au pays des merveilles [6].

John Tenniel
La duchesse Natricia dans Alice au pays des merveilles
(1865), inspiré par Matsys

Les visages des paysans présents dans les tableaux de Jan Steen ou d'Ostade reprendront plus tard les traits difformes des personnages de Metsys et l'utilisation du grotesque à des fins moralisatrices sera assidûment pratiquée par les disciples de Metsys à la génération suivante, surtout par Marinus van Reymerswale[7].

Portraits

Particulièrement habile en tant que portraitiste, Metsys réalisa entre autres des œuvres à l'effigie de l'empereur Maximilien Ier du Saint-Empire, de l'évêque Stephen Gardiner ainsi que de Paracelse. Il fut influencé dans cet art par ses contemporains Lucas van Leyden et Jan Mabuse.

Son portrait d'Erasme de Rotterdam, daté de 1517, a pour pendant celui de son commanditaire Pierre Gilles. Il servira de référence pour celui d'Holbein, daté de 1523 et exécuté en trois versions[3].

Sa mort[modifier | modifier le code]

Metsys est mort à Anvers en 1530. La foi qu'il avait su transmettre au travers de ses peintures fut fatale à ses proches. En 1543, à Louvain, sa sœur Catherine fut enterrée vivante près de la cathédrale et son mari fut décapité pour avoir lu la Bible, une offense en cette époque trouble.[réf. nécessaire] Le fils de Quentin Metsys, Jan Matsys (1510-1575)[8], hérita des techniques de son père sans toutefois l'égaler[non neutre]. Ses travaux les plus anciens remontent à 1537 avec notamment une toile[Informations douteuses] [?] intitulée Saint Jérôme. La dernière de ses œuvres, La Guérison de Tobias en 1564, montre son évolution et les tentatives pour se détacher du style paternel. Un autre fils de Metsys, Corneille, fut également peintre[9].

Sa famille[modifier | modifier le code]

  1. Vers 1492, il se maria avec Alyt van Tuylt (morte en 1507) de laquelle il eut 3 enfants :
    • Quinten I
    • Pawel
    • Katelijne I
  2. En 1508, il se maria avec Catherina Heyns, de laquelle il eut 10 autres enfants :
    • Jan (1509-75), peintre
    • Corneille (1510-56), peintre
    • Quinten II
    • Maria
    • Hubrecht
    • Abraham
    • Peternella
    • Katelijne II
    • Sara
    • Susannah

Œuvres[modifier | modifier le code]

Après 1510
Après 1520
Non datés
attribuée à Quentin Metsys

Hommages[modifier | modifier le code]

L'astéroïde (9569) Quintenmatsijs a été nommé en son honneur.

On retrouve son effigie dans Les Effigies des peintres célèbres des Pays-Bas de Dominique Lampson.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Sabine van Sprang, Musée d’Art Ancien : Œuvres choisies, Musées royaux des beaux-arts de Belgique, Bruxelles,‎ (ISBN 90-77013-04-0), p. 48
  2. a, b et c Jean-Claude Frère, Les Primitifs flamands, Editions Pierre Terrail,‎ (ISBN 2-87939-115-6), p. 177-189
  3. a, b, c et d Stefano Zuffi, Le Portrait, Gallimard,‎ (ISBN 2-07-011700-6), p. 58 et 95
  4. a et b Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXème siècle, Musée du Louvre Editions,‎ , 308 p. (ISBN 2-35031-032-9), p.405
  5. Reine de Tunis
  6. La Boîte à images : La duchesse d'Alice
  7. Erika Langmuir, National Gallery : Le Guide, Flammarion,‎ , 335 p. (ISBN 2-08-012451-X), p. 131
  8. Biography
  9. Biography
  10. (en) John Murdoch, The Courtauld Gallery : at Somerset House, Courtauld Institut of Art,‎ (ISBN 0-500-95993-5), p. 34
  11. actualités, « Le Tour de France des expositions », Connaissance des Arts, no no 618,‎ , p.50
  12. Giovanna Nepi Sciré, La Peinture dans les Musées de Venise, Editions Place des Victoires,‎ , 605 p. (ISBN 978-2-8099-0019-4), p. 214
  13. James Stourton, Petits Musées, grandes collections : Promenade à travers l’Europe, Scala,‎ , p. 22
  14. François Daulte, La Collection Bentinck-Thyssen aux Musées de l’Etat du Grand-Duché de Luxembourg, Bibliothèque des Arts, Lausanne,‎ , p. 3

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]