Le Journal des arts

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le Journal des arts
Pays Drapeau de la France France
Langue français
Périodicité bimensuel
Genre revue culturelle
Prix au numéro 5,90 €
Date de fondation 1994
Ville d’édition Paris

Directeur de publication Jean-Christophe Castelain
Rédacteur en chef Jean-Christophe Castelain
ISSN 1245-1495
Site web www.lejournaldesarts.fr

Le Journal des arts est un journal bimensuel consacré à l'art et à son marché en France et dans le monde, publié depuis 1994 par Publications Artistiques Française, P.A.F. et, à partir de 2002, par les éditions Artclair qui publient également la revue L'Œil.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Journal des Arts est créé en 1994 par Jacques Dodeman[1], fondateur du groupe de presse  Stratégies, dans le cadre de la société Publications Artistiques Françaises, P.A.F.,  S.A. au capital de 1.000.000 Fcs[2]. Il réunit autour d’Emmanuel Fessy une petite équipe de journalistes professionnels - parmi lesquels Alain Cueff, ancien rédacteur en chef de Beaux Arts Magazine et Nicholas Powell venu du Financial Times - à laquelle il donne comme ligne de conduite une citation de René Char, reprise en tête de l’éditorial du premier numéro : « Ce qui vient au monde pour ne pas troubler ne mérite ni égard ni patience ». Il s’agit bien d’apporter un regard nouveau sur le monde de l’art, traité jusque là par des revues qui accordent une place dominante à l’iconographie et que leurs délais de fabrication empêchent de suivre véritablement l’actualité. Imprimé sur rotatives comme un quotidien, rigoureusement en noir, au format tabloïd comme Stratégies, il propose peu à contempler mais beaucoup à lire. Il veut apporter une information rigoureuse, la plus immédiate et la plus complète possible sur tous les aspects du monde de l’art. Il s’adresse aux membres de l’interprofession, musées, galeristes, commissaires priseurs, experts, artistes, qui travaillent constamment ensemble mais ne communiquent pas toujours bien, et aux amateurs et chercheurs qui cherchent à mieux comprendre un domaine parfois opaque. Pour couvrir l’actualité internationale, il crée un pool éditorial avec le groupe Allemandi, éditeur du The Art Newspaper (en) et Il Giornale dell’Arte dont il a repris le concept.

Son premier numéro, en mars 1994, est complété par un Agenda des arts en 1994, le premier de cette ampleur réunissant, grâce à ses sources internationales, plus de 4 000 expositions, foires et salons à venir à travers le monde. Un Guide du marché de l’art de 300 pages, couvrant tous les aspects de ce marché dans les pays de langue française,  avec des annuaires recensant les différents professionnels, des conseils pratiques et juridiques, des indices, sera joint au deuxième numéro. Il sera ensuite publié chaque année[3].

Le journal est très bien accueilli et atteint rapidement une notoriété nationale et internationale[4]. Il lance une série de suppléments à  l’occasion d’expositions, Le Journal de l’Exposition, puis Les Tableaux d’une exposition, étend sa diffusion dans la francophonie, publie des numéros spéciaux consacrés aux marchés francophones[5]. Un nouveau titre, le Periodico del Arte, à Madrid, rejoint le pool éditorial international. Pour serrer d’encore plus près l’actualité, il devient bimensuel avec son 34e numéro en avril 1997, augmente sa pagination de 48 à 64 pages et baisse son prix de 35 à 25 francs[6]. La démonstration de son caractère de journal d’actualité étant faite, il accepte en quantité modérée la couleur. Sa maquette est réorganisée, plus aérée, et s’éloigne de celle de ses partenaires étrangers encore voués au noir. Simultanément il lance un bimestriel, le Magazine des Expositions, au format magazine, consacré aux expositions à travers le monde.

Il est désormais un élément clé du monde de l’art francophone.  Ses pages Parti pris, permettent à tous les points de vue de s’exprimer, et ses enquêtes sont particulièrement suivies. Celles consacrées aux faux Van Gogh ou  au « nettoyage » éventuel de la Joconde La Joconde pourra -t-elle enfin retrouver ses vrais couleurs ? sont reprises  jusqu’au Japon[7]. Certains de ses scoops mobilisent la profession. En pleine contestation du monopole des commissaires priseurs, il publie une interview du Garde des Sceaux, Jacques Toubon qui annonce son intention de faire verser une indemnité de 2 milliards de francs aux commissaires-priseurs. Le ministre accusera la polémique qui s’ensuit de lui coûter son siège de maire…[8]

En avril 1998, P.A.F. rachète aux Éditions Gallimard – qui l’avaient acheté l’année précédente – le magazine L'Œil, créé en 1955 par Georges et Rosamond Bernier, qui vient compléter son offre éditoriale. Gallimard rentre à cette occasion dans son capital[9]. Le titre était devenu extrêmement déficitaire. P.A.F. reprend la maquette, confirme la ligne éditoriale, améliore la diffusion  et le rapproche  de l’équilibre. Il remplace désormais le Magazine des Expositions qui cesse de paraître. ''L’œil fête son 500e numéro à la FIAC, avec un énorme gâteau, œuvre d’art éphémère  dessinée par Anish Kapoor et entamée par la ministre de la culture, Catherine Trautmann [10]. En association avec Art Market Research à Londres, P.A.F. lance l’indice JDA Art 100, à partir des résultats communiqués par 400 organisations de ventes aux enchères dans le monde[11]. En mars 2000, Le Journal fête son numéro 100, en éditant L’Art à la Une, un livre qui réunit ses cent premières unes commentées[12].

Le 2 février 1999, le Journal des Arts et L’Œil mettent en ligne un site portail commun, qui doit devenir un élément majeur du développement du groupe. Artindex.tm.fr veut "apporter aux amateurs d'art de tous les pays un ensemble d'informations et de services couvrant tous les aspects des arts plastiques, des arts décoratifs et de leur marché à travers le monde". Accessible en français et en anglais le site se partage entre des services gratuits et une partie éditoriale payante par abonnement. Gratuits, l’accès au Guide du marché de l’Art, à six  annuaires réunissant 3 000 professionnels qualifiés, de l’évaluation à la restauration ou au transport, à une section présentant l’actualité des musées et des galeries, et une librairie proposant livres d’art et catalogues d’expositions. L’abonnement de 400 francs par an donne accès aux éditions complètes des deux journaux "le jour même de leur parution", avec l’ensemble de leurs illustrations. Il permet aussi de consulter ses archives depuis sa création, ainsi qu’un calendrier  mondial des expositions d’art et des salons recensant plus de 4000 manifestations. L’accueil général est enthousiaste[13].

La bulle de l’internet s’amplifie. Les possibilités nouvelles qu’il peut apporter  aux ventes directes à travers le monde, de gré à gré ou aux enchères, pour les antiquités comme  pour l’art contemporain, les sources de contacts et d’information, attirent nombre d’entrepreneurs. Télérama, le Monde, les grands titres de presse entrent en jeu avec des sites pour le grand public. Le Louvre, le Metropolitan Museum of Art, le Gugenheim, Beaubourg sont en ligne. Officiel des Arts, Oraos, plusieurs start-ups se créent et réunissent des moyens financiers très importants[14]. Une des plus ambitieuses, la société Nart[15], qui veut étoffer et crédibiliser son portail consacré à l’art et aux enchères internationales, fait à P.A.F. des propositions de rachat très avantageuses. En dépit du succès d’Artindex, les actionnaires majoritaires estiment que l’audience internet n’est pas encore suffisante pour développer ce type de projet et que le marché n’est pas mur. Ils préfèrent  laisser à d’autres le risque de le développer en acceptant un prix de cession qui tient déjà largement compte à l’avance de ce potentiel[16].

La cession des titres intervient le 15 juin 2000 pour un peu moins de 20 000 000 de francs et Nart assure désormais la parution des différents titres, mais les événements s’accélèrent. Des tensions avec les nouveaux propriétaires apparaissent. Le Directeur général Pascal Paradis s’en va. Le 23 juin 2001, Emmanuel Fessy fait jouer la clause de conscience et quitte la direction de la rédaction[17]. Il est remplacé par Philippe Régnier. La bulle internet éclate. Nart reporte deux fois son introduction en Bourse et n’arrive pas a lever les fonds nécessaires à sa survie[18]. Le 14 septembre 2001, il est en cessation de paiement, entraînant dans sa chute le Journal des Arts et l’Œil  dont la santé n’est pas en cause[19]. Après quelques semaines de flottement les titres sont rachetés à la barre du Tribunal de commerce de Paris par Jean-Christophe Castelain qui, à travers les éditions Art Clair reprend leur publication régulière[20].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Whos Who http://www.whoswho.fr/bio/jacques-dodeman_14860
  2. Le mensuel Le Journal des Arts publiera son premier numéro en mars 1994 Correspondance de la Presse du  29/12/1993
  3. Suivons le Guide du Marché de l’Art, Les Échos 30 Juin 1995 et http://books.google.de/books/about/Guide_du_march%C3%A9_de_l_art.html?id=MqzzOAAACAAJ&redir_esc=y
  4. Le Journal des Arts présente son premier numéro, Correspondance de la Presse du 1/3/1994, Pierre Maillard Un nouveau mensuel en vente mardi.,  Dépêche AFP du  28/2/ 1994 . Reprises dans l’ensemble de la presse. Nombreux articles de journaux dont Le Monde 24/2/1994, Le Figaro 5/3/1994, 22/3/1994 ,   Un regard nouveau sur le Monde de l’Art, Libération, Vive le Journal des Arts, Quotidien de Paris 3/3/1993, Les arts ont leur journal, La Croix, Christian Caujolle L’art sans images Il donne à lire pas à voir.,  L’art est mondial, le journal des Arts aussi , Le Devoir au Canada 20/9.1994 etc.
  5. Bruxelles Notre vie culturelle décortiquée par un magazine français, Le Soir, 16/2/1095
  6. Dépêche AFP 2 /4/1997, Correspondance de la Presse 7/4/1997 Le Journal des arts devient bimensuel et accroit son ouverture internationale
  7. Le jour même de la publication de l’article, Armelle Héliot reprend sous le titre La Carnation Nacrée de la Joconde, en quatrième de couverture du Figaro, les deux « Jocondes » en couleurs et les conclusions du Journal.  Les Agences, AFP, Reuter, s’emparent de l’information et diffusent textes et illustrations à travers le monde. Les 29 et 31  avril, Faut il restaurer la Joconde Le Monde,  Could Life be brighter for the Mona Lisa The Times  à Londres, Louvre declines to bring a blush to Mona Lisa cheeks, The Guardian, la plupart des titres de la presse régionale,et  européenne,  Acarlar los colores a La Gioconda El Pais Madrid, The Times,Asahhi Shimbum etc,  Venue d’angleterre, l’enquête de Martin Bailey sur l’authenticité remise en cause des dizaines d’œuvres de Van Gogh, avaient suscité des débats internationaux  Philippe Dagen, Michel Guérin,   Van Gogh, ses experts, ses liquidateurs. Le Monde, 26/7/19977, Des experts s'affrontent sur les Tournesols, 29/10/1997 Vincent Nocé L’affaire Tournesols, Libération 17/7/97, et là encore la controverse, reprise par la BBC et toute la presse européenne, avait été  jusqu’au Yomuri Shimbum àTtokyo .
  8. Pour envenimer la controverse, au même moment est envisagée une aide plus que modeste pour les sans logis. Vincent Nocé, Des Commissaires prisés, Libération 7/5/97, T’as pas 2 Milliards ? Lutte Ouvrière 30/5/97, Commissaires Priseurs, Le contribuable Tondu Le Courrier Picard, 5/5/97, Toubon Tout Content Aladin 6/5/97 etc
  9. http://www.strategies.fr/actualites/medias/r1662W/gallimard-prend-du-champ.html. Correspondance de la Presse 2/4/98,  Le Monde 6/4/98
  10. Dépêche AFP 7/10/98 L'Œil célèbre son 500ème numéro à la FIAC
  11. Un indice pour le Marché de l’Art, La Vie Française, 29/5/99 http://www.artaujourdhui.info/q726-art-sales-index-l-autre-annuaire-de-cotes.html
  12. Dépêche AFP/3/3/2000, Le Journal des Arts fête son numéro 100 en éditant L'Art à la Une. Correspondance de la Presse, 6 /3/2000
  13. L’Œil et le Journal des Arts tissent leur toile sur le Web, Presse Édition, février mars 1999, Art index veut réunir les amateurs d’art, Services on line 15/4/1999. « Un site formidable qui vous indique les expositions à voir dans le monde entier » Elle, « Tous ceux qui s’intéressent à l’art devraient aller faire un tour sur le site Artindex » Le Figaro « Un site français dont l’atout majeur est d’être extrémement complet » Voyages d’affaires « Unique sur le Web francophone. La couverture du spectre artistique est impressionnante L’Événement etc
  14. http://www.01net.com/editorial/109243/lart-en-ligne-les-financiers-decides-a-investir/
  15. http://www.strategies.fr/articles/r13596W/nart-une-strategie-click-and-mortar.html. Nathalie Carmeni, L’Art et la manière d’intégrer Internet, e Commerce, 10/2000, Nart vise une clientèle internationale, Le Figaro, 21/10/2000, 
  16. Dépêche AFP 19/6/2000, Correspondance de la Presse, AGEFI 20 /6 /2000, Nathalie Siebert  Nart fera son entrée au Nouveau Marché le 29 juin, Les Echos 20 /6 /2000
  17. Dépêche AFP 23/1/2001 Emmanuel Fessy quitte le Journal des Arts
  18. Dépêche AFP 29/6/2000, puis 12/7/2000 , Nart annonce le report de son  introduction au Nouveau Marché, Cyrille Pluyette, Nart tente de rebondir,  25/9/2000 etc http://www.strategies.fr/articles/r59994W/nart-reporte-a-nouveau-son-introduction-au-nouveau-marche.html
  19. Dépêche AFP14 /9/2000, Correspondance de la Presse 17/9/2 000 Cessation de paiement pour Journal des Arts et L'Œil qui veulent continuer
  20. http://www.strategies.fr/actualites/medias/r70389W/le-journal-des-arts-et-l-oeil-acquis-par-un-particulier-jean-christophe-castelain.html

Lien externe[modifier | modifier le code]