Lugdunum

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Lugdunum
Site antique de Lyon
Théâtre antique de Lyon, sur la colline de Fourvière
Théâtre antique de Lyon, sur la colline de Fourvière
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Province antique Gaule lyonnaise
Type Ville
Coordonnées 45° 45′ 35″ N 4° 50′ 32″ E / 45.759723, 4.842223 ()45° 45′ 35″ Nord 4° 50′ 32″ Est / 45.759723, 4.842223 ()  
Altitude de 162 à 305 m
Superficie 200 hectares

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Lugdunum
Lugdunum
Époque Empire romain

Lugdunum est le nom gallo-romain d'origine celtique de l'actuelle ville de Lyon, fondée officiellement en 43 av. J.-C. par Lucius Munatius Plancus, capitale des Gaules à partir de 27 av. J.-C..

Cependant, le site est occupé de façon continue depuis le VIe siècle av. J.-C., soit bien avant l'arrivée des Romains. Ceux-ci établissent leur colonie au sommet de la colline de Fourvière, mais la cité va largement déborder du site initial et occuper les pentes de la colline de la Croix-Rousse et la Presqu'île actuelle. Certains historiens[note 1] ont émis l'hypothèse qu'il s'agissait d'une île, l'île des Canabae.

Sommaire

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom de Lugdunum de Lugu-dunum est issu du nom de Lugus, irlandais Lug, gallois Lleu, dieu suprême de la mythologie celtique, auquel un autel aurait été consacré sur l'actuelle colline de Fourvière, et de l'élément celtique -duno (forteresse, colline).

Le nom de la ville signifie donc « colline, forteresse du dieu Lugus ». De multiples étymologies du nom du dieu Lugos ont été proposées : soit par le nom du corbeau, en effet Lugus a été rapproché du gaulois lugos ou lougos, qui aurait signifié « corbeau » selon Plutarque[note 2], soit par le nom du lynx, le nom de Loki, ou encore une épithète de théonyme signifiant « le Lumineux, le Brillant ». En ce cas, le nom du dieu serait lié à la racine indo-européenne *leuk- « briller » que l'on retrouve par exemple dans le grec leukos « brillant, blanc » ou le latin lux « lumière », Lugus étant une divinité solaire et de la lumière[note 3].

D'autres villes ont porté le nom de Lugdunum, entre autres Laon dans l'Aisne, Saint-Bertrand-de-Comminges (Lugdunum Convenarum) dans la Haute-Garonne[1], ainsi que les villes de Loudun dans la Vienne et de Leyde (Lugduni Batavorum) aux Pays-Bas[2],[3], et ce, malgré les réticences de certains en ce qui concerne ces deux derniers toponymes[4].

Une fondation légendaire[modifier | modifier le code]

À l'instar de Rome fondée par Romulus et Rémus, Lugdunum devrait sa naissance à deux personnages celtes, le druide Momoros et le roi Atepomaros :

Le traité sur les cours d'eau De fluviis attribué à Plutarque relate ainsi la création de Lyon :

« L'Arar[5] est un cours d'eau de la Gaule celtique, ainsi nommé jusqu'à sa réunion avec le Rhône (…) Auprès de cette rivière s'élève un mont appelé Lougdouno [-u?] n ; il a changé de nom pour la raison que voici : Mômoros et Atépomaros, chassés du pouvoir par Sésèroneus, vinrent sur cette colline, obéissant à un oracle, pour y fonder une ville. Alors qu'on creusait ses fondations, tout à coup, apparurent des corbeaux, voltigeant de tous les côtés, qui emplirent les arbres alentour. Alors Mômoros, expert en présages, appela cette ville Lougdounon. En effet, dans leur dialecte, on appelle corbeau lougos et une éminence dounon comme le rapporte Clitophon, au livre 13 de ses fondations urbaines. »

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Néolithique et âge du bronze[modifier | modifier le code]

La présence humaine sur le site antique est attestée à différentes périodes mais sa permanence n'est pas avérée[Poux 1]. La plupart des découvertes ont été faites dans le quartier de Vaise et le versant oriental de la colline de La Duchère (9e arr).

De nombreux objets ont été découverts : armatures de flèches en silex du Mésolithique (-12 000) (bas de la colline de la Duchère), silex et ossements d'animaux domestiqués (rue des Tuileries)[6], des trous de poteaux, des silex et une pointe en cristal de roche (rue Mouillard) datant du Néolithique ancien (-5 500 à -4 900). La culture de Chassey-Cortaillod-Lagozza est attestée durant le Néolithique moyen (-4 800 à -3 500), puis une colonie agricole (site de l'ancienne usine Rhodiacéta, quartier Saint-Pierre) durant le Néolithique moyen bourguignon (-4 000 à -3 000). Au Néolithique final (-3 500 à -2 500) on trouve des trous de poteaux, vases et jarres à grains, ossements de bœuf, de chat et de lapin (rue Gorge de Loup). Enfin, le Campaniforme (-2 500 à -2 100) est attesté par des poteries en forme de cloche[note 4].

À l'âge du bronze (-2 200 à -800), le site est faiblement occupé, conformément à l'appauvrissement régulier des sols : sont découverts des foyers culinaires (vers -2 000 à -1 500, rue Mouillard) et une sépulture à incinération en urne (rue Gorge de Loup), des traces d'habitat (site de La Croix-Rousse) et un dépôt d'objets en bronze (trésor de Vernaison).

Premier âge du fer[modifier | modifier le code]

De nombreuses traces d'habitat ont été découvertes dans le quartier de Vaise (rue Marietton, rue du Souvenir, quartier de Gorge de Loup, rue du Dr Horand) : fragments de balsamaire rhodien en verre bleu, traces de poteaux, de maisons de bois et torchis, foyers domestiques, restes alimentaires, palissades, tombes, cultures céréalières, céramique abondante (notamment des amphores de vin d'origine étrusque et marseillaise), objets en fer (épée)[Poux 2].

Ces traces attestent l'existence d'un relais de commerce de vin entre le littoral méditerranéen et le nord (VIe siècle av. J.-C.). En l'absence d'artéfacts plus élaborés, on ne peut à ce stade parler de village ou de ville[Poux 2].

Second âge du fer[modifier | modifier le code]

En 1989, l'analyse de Christian Goudineau réfute la présence d'une importante occupation préromaine du site[7] malgré les découvertes faites sur le site du clos du Verbe Incarné et sous l’hôpital Sainte-Croix à Fourvière. Les archéologues ont longtemps suggéré qu’il s’agissait de vestiges de camps militaires romains

À Fourvière, les analyses sont réinterprétées par l’archéologie récente et les datations sont reculées. Ces traces, que l’on pensait contemporaines de la fondation de la colonie romaine, interprétées d'abord comme étant celles d'un camp militaire, sont en fait plus anciennes d’une cinquantaine ou d’une centaine d’années : les fossés découverts, larges de plusieurs mètres et long de plusieurs centaines de mètres, délimitent de vastes enclos comportant de très nombreux ossements animaux et tessons d’amphores à vin provenant d’Italie. On ne peut conclure à un habitat permanent en la quasi-absence d’objets liés à la vie quotidienne[Poux 3]. Mais l’interprétation de la présence de ces dizaines de milliers d’amphores et d’ossements donne vie aux immenses banquets gaulois décrits dans les textes (Phylarque, Histoires, cité par Athénée IV, 34) longtemps supposés imaginaires. Les restes et les fossés découverts à Fourvière, suggèrent la présence de plusieurs milliers de convives dans ces enclos provisoires. La multiplicité du phénomène dans le périmètre de Fourvière n’est pas anodine. Les sites identiques fouillés en Gaule précisent qu’il s’agit de grands sanctuaires fédéraux ou des futures capitales de tribus gauloises.

Dans le quartier Saint-Vincent[Poux 4], les fouilles effectuées en trois points de la zone montrent une occupation durant la période dite de Hallstatt : traces de charbon de bois, fragments de céramiques domestiques. Du début du Ier siècle av. J.-C. au IVe siècle, on trouve un atelier de potier, des fours circulaires, une aire de stockage, des céramiques campaniennes.

Enfin, bien qu’officiellement la fondation de la ville soit datée de 43 av. J.-C., le site de la rue du Souvenir atteste l’existence d’un emporium[Poux 5]. Situé à la frontière du monde romain (la cité romaine de Vienne est à moins de 30 km au sud), l’emporium faisait le pont entre les cultures romaines et gauloises et servait également de port de transbordement (le goulet d’étranglement de la Saône à Pierre-Scize interdisait la navigation). La céramique indigène retrouvée lors des fouilles traduit l’intensité du commerce entre Ségusiaves et Éduens, ces derniers étant eux-mêmes « amis » des Romains dès le IIe siècle av. J.-C.

Conclusions[modifier | modifier le code]

L’archéologie corrobore la toponymie : Lugdunum est bien la colline ou la forteresse (dunum) dédié au dieu Lug. Calembour historique, théonyme et toponyme renvoient, en latin comme en celte, à la même racine : la lumière. Lug est identifié à Mercure dont on retrouve, sans qu’on puisse parler de hasard, deux sanctuaires sur le site même de Fourvière à Saint-Just et dans le clos du Verbe Incarné. Le glissement historique paraît facile, mais il conviendrait d’imaginer la colline de Fourvière comme un grand centre votif dont le vocable s’entend désormais comme une dédicace au dieu Lug.

La fondation historique en 43 av. J.-C. n'est qu'une étape dans l'histoire de la ville. Les fouilles entreprises depuis 1990 attestent une présence humaine continue dès le VIe siècle av. J.-C.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation de la ville[modifier | modifier le code]

Une colonisation planifiée ?[modifier | modifier le code]

Lucius Munatius Plancus, fondateur de Lyon, statue à Bâle en Suisse.
Les différentes parties de la Gaule (58 avant J.-C.)

Les Allobroges, peuple gaulois occupant la Savoie et le Dauphiné (le nord de la province romaine de Narbonnaise), se révoltent contre Rome en 61 av. J.-C. sur le site de Solonion. En 58 av. J.-C., César les trouve mal disposés. Il aurait établi, après la conquête de la Gaule (de 58 av. J.-C. à 52 av. J.-C.), un plan de construction de cités visant à stabiliser et à pacifier les territoires nouvellement conquis. Ainsi auraient été fondées, sur un axe sud-ouest nord-est, les villes de Lugdunum (Lyon), Noviodunum (Nyon en Suisse) et Augusta Raurica (Augst, près de Bâle, en Suisse)[8].

Il fonde d'abord la colonie de Julia Vienna (Vienne), en 46 av. J.-C. : les Allobroges perdent leur indépendance mais restent en apparence fidèles à César qui leur impose l'« honneur » de cette colonie en faveur de ses vieux soldats[9]. La cession obligatoire de terres et les injustices inévitables qui lèsent leurs intérêts rendent les Allobroges particulièrement hostiles à ces soldats encombrants et aux aventuriers du négoce qui les suivent. Ils expulsent les colons, profitant de la période de troubles consécutifs à l'assassinat de César[10].

Le 26 avril 43 av. J.-C., Lucius Munatius Plancus, gouverneur de la Gaule chevelue et césarien convaincu (comme les colons chassés de Vienne), est à la tête des légions à la frontière entre les deux gouvernements. Il traverse le Rhône et occupe bientôt avec ses troupes tout le territoire des Allobroges. En novembre 43 av. J.-C., Vienne est condamnée à verser aux vétérans césariens qu'elle vient d'expulser une rente perpétuelle et elle perd une partie de son territoire colonial au profit de Lugdunum. Elle est enfin déchue de son statut de droit romain et se voit assujettie au droit latin synonyme d'avantages restreints (ce n'est que vers 39 que l'empereur Caligula relèvera la cité en lui conférant à nouveau le droit romain).

Christian Goudineau nuance cette hypothèse : l'occupation du sommet de la ville haute par les réfugiés viennois serait antérieure à la fondation. Munatius Plancus n'aurait fait que confirmer leur installation en leur conférant divers avantages dont le droit romain[11].

En interprétant la correspondance de Munatius Plancus et de Cicéron[Cicéron 1], Goudineau propose un autre scénario : les Allobroges expulsent de leur capitale Vienna (Vienne) les colons installés par Tiberius Néron (auxquels il avait conféré le droit latin). Ceux-ci fuient sur le site de la future Lugdunum où se trouve déjà un emporium dirigé par des compatriotes (des Italiques ou Massaliotes ?). Les réfugiés protestent auprès du Sénat qui, dans cette période de troubles, ne réagit pas. Ils renouvèlent leurs protestations et le Sénat charge deux gouverneurs (Lépide, comme gouverneur de la Gaule cisalpine (où se situe Vienne), et Lucius Munatius Plancus, comme gouverneur de la Gaule chevelue) (où se situe le site de Lugdunum, sur le territoire des Ségusiaves), de résoudre cette crise. Cette donnée est partiellement confirmé par Dion Cassius[12], bien qu'il relie plutôt le fait aux troubles consécutifs à l'assassinat de Jules César en 44 av. J.-C.. Ses généraux entrent en rébellion contre le Sénat romain. Celui-ci ordonne aux deux gouverneurs d'aller fonder une colonie sur le sommet de la colline de Fourvière (Forum Vetus, le vieux forum) pour un groupe de réfugiés chassés de la cité romaine de Vienne par les Allobroges. Ceci afin de les empêcher de joindre leurs troupes à celles de Marc Antoine).

Comment régler la crise ? Faut-il réinstaller les colons à Vienne et redouter une insurrection des Allobroges (dont on sait qu'ils ont été parmi les derniers à reconnaître l'autorité de Rome et qu'ils sont redoutés pour leur force militaire) ? Probablement pas. Ce serait jeter le discrédit sur Rome qui promet de garantir la colonisation notamment pour ses vétérans. Vienne était une colonie de droit latin (statut moindre obligeant ses habitants à un passage par la magistrature pour obtenir la citoyenneté romaine et se voir conférer le droit romain)[13]. Munatius Plancus proposerait une solution convenable pour tous : pour éviter une nouvelle crise avec les Allobroges, les réfugiés peuvent fonder une colonie de droit romain (bien que la correspondance de Cicéron fasse état d'une dernière difficulté[Cicéron 2]). Les premiers arrivants (dont on peut avoir une idée en observant un relief découvert à Glanum montrant des légionnaires en armes) seraient donc des vétérans chassés de Vienne, cité à laquelle eux-mêmes et leur descendants voueront une haine tenace dont un des effets serait la crise de 69 (voir plus bas).

Pour Jacques Gascou en revanche il ne paraît pas possible d'envisage la fondation d'une colonie latine à Vienne avant Octave, les Romains chassés de Vienne l'auraient été lors de la révolte de Catugnatos en 62 av. J.-C.. Ces negotiatores se seraient alors implantés sur le site de Lyon, fournissant un noyau romain disponible pour la fondation d'une colonie romaine[14].

Une fondation rituelle[modifier | modifier le code]

L'épitaphe de la tombe de Munatius Plancus suggère qu'il est l'unique fondateur de la cité[CIL 1]. Une source plus tardive, Eusèbe de Césarée, attribue aussi la fondation à Munatius Plancus, en l'an 728 de Rome, cette date n'étant pas retenue par les historiens[15].

Plancus fonde la ville sous le nom de Colonia Copia Felix Munatia Lugdunum le 9 ou 10 octobre de l'année 43 av. J.-C. Cette date est calculée selon l'axe du decumanus qu'Amable Audin situe sous l'actuelle rue Cléberg (voir plus bas le débat sur la date de la fondation, paragraphe sur le decumanus). Selon Gabriel Chevallier, Munatius Plancus n'aurait fait « que tracer l'enceinte de la nouvelle ville au moyen d'une charrue tirée par une génisse et un taureau blanc, selon un rite sacré, autour d'un axe central est-ouest (…)[16] ».

Le rite de fondation de toute colonie romaine est cependant bien renseigné : le prélude à la fondation de la cité consiste pour les agrimensores (arpenteurs) à dresser les plans et déterminer le périmètre de la cité, et aux metatores (métreurs) à procéder à la division du terrain en lots. L'imperium que possède le gouverneur Lucius Munatius Plancus lui confère tous les pouvoirs, religieux, civils et militaires :

  • pontife et assisté d'un augure, il allume le feu sacré, source de tous les foyers de la colonie et offre un premier sacrifice, la « consécration » symbolisant l'abandon fait aux immortels d'un terrain désormais sacré. Il enfouit ensuite, dans un trou creusé devant l'autel, une motte de terre provenant du sol de Rome, conférant ainsi la romanité et l'inviolabilité au terrain. Ce terrain, le templum, cœur de la colonie, est délimité jusqu'au pomerium l'enceinte sacrée en traçant un sillon à l'aide d'un araire au soc d'argent attelé d'une vache et d'un taureau blancs[17].
  • magistrat, il distribue les lots et règle les conflits que la répartition fait naître.

Les premières décennies de la colonie sont mal connues, car les éléments archéologiques ne datent que de 30 av. J.-C. environ. L'archéologue Christian Goudineau s'interroge sur l'existence d'un délai entre la fondation et l'installation des premiers colons [18] mais conclut que rien ne permet de l'affirmer ou de l'infirmer en expliquant que les couches stratigraphiques de référence, pour la période 50 av. J.-C. à 20 av. J.-C. concernant des camps romains qui ont été fouillées, sont postérieures à 20 av. J.-C. si bien que la datation pour cette période est malaisée, davantage encore en l'absence de céramique.

La dernière campagne de fouilles[19] (1991-2001), effectuée sur le site improprement appelé sanctuaire de Cybèle, renseigne sur la nature du premier établissement : le decumanus identifié par Amable Audin sous l'actuelle rue Cléberg serait en fait l'actuelle rue Roger Radisson ce qui remettrait en question la date de fondation du 9 ou 10 octobre 43 av. J.-C.. La colonie est fondée sur un plan hippodamique avec comme base la future voie d'Aquitaine (rue Roger Radisson). Les réfugiés viennois que Christian Goudineau voit dans la zone comprise entre les deux cours d'eau (dont on [Qui ?] sait qu'elle est instable du fait de sa soumission aux régimes hydrologiques du Rhône et de la Saône qui butent sur ses flancs) auraient très bien pu s'installer au sommet, proche de l'emporium (dirigé par des Italiques ou des Massaliotes ?) décrit plus haut, situé dans la plaine alluviale de Vaise. Il n'est donc pas exclu qu'un camp ait précédé la colonie. Le fait que le camp des réfugiés soit placé au sommet de la colline ou entre les deux cours d'eau ne change rien.

La colonie de Munatius Plancus n'est pas pourvue de muraille, tout au plus une levée de terre avec fossés et palissades à l'image des camps romains. Les premiers bâtiments sont faits de bois et de terre. On ne connaît que des îlots d'habitations reconnus sous les sites du pseudo sanctuaire de Cybèle et du Clos du Verbe Incarné. Ne comportant aucun bâtiment de taille, ni forum, la colonie est de taille réduite, tout au plus un quadrilatère de 400 mètres de côté. Ces dimensions sont à rapprocher de celles des colonies contemporaines de Nyon (Noviodunum en Suisse) et Augusta Raurica. Toutes les trois semblent être destinées à l'accueil des légions de vétérans[20].

La ville semble ne pas occuper la bordure nord-ouest du plateau comme l'atteste la découverte des ateliers de potiers de Loyasse et de la Sarra. La topographie du site impose des îlots carrés de petite taille d'environ 36 mètres de côté (dimensions à mettre en rapport étroit avec celles trouvées précisément à Nyon) bien que ce phénomène soit rare, il permet une plus grande souplesse dans l'aménagement de cette colline au relief accidenté.

La ville de terre et de bois laisse la place à des bâtiments aux soubassements en maçonnerie de pierres. L'essor de la cité est rapide du fait de son emplacement éminemment stratégique.

Sous Claude, le nom de la cité évolue en Colonia Copia Lugdunum auxquels on ajoute les cognomina d'Augusta et Claudia. La référence à Munatius Plancus (Munatia) disparaît[21].

Lugdunum, capitale des Gaules sous les Julio-Claudiens (-27 / 69)[modifier | modifier le code]

Au cours des Ier siècle av. J.-C. et Ier siècle, la ville fait l'objet d'attentions multiples de la part des empereurs. Auguste vient trois fois entre 16 av. J.-C. et 8 av. J.-C., Drusus, frère du futur empereur Tibère, réside à Lyon entre 13 av. J.-C. et 9 av. J.-C. où naît son fils, le futur empereur Claude, en 10 av. J.-C.. La cité reçoit également la visite des empereurs Caligula entre 37 et 41 et Claude en 43 et 44.

Auguste (-27 / +14) : Lugdunum est capitale des Gaules[modifier | modifier le code]

En 27 av. J.-C., le général Agrippa, gendre et ministre d'Auguste divise la Gaule. Lugdunum devient la capitale de la province de Gaule lyonnaise et le siège du pouvoir impérial pour les trois provinces gauloises. Elle acquiert alors son titre de « capitale des Gaules ».

Dès 19 av. J.-C., Auguste aménage le réseau urbain qui accueille les quatre voies ouvertes à travers la Gaule[Audin 1]. Strabon indique également qu' « Agrippa traça les routes à partir de Lugdunum (Lyon), la première (…) vers le pays des Santons et d'Aquitaine, la deuxième vers le Rhin, la troisième vers l'océan par le pays des Bellovaques et des Ambiens, la quatrième vers (…) Narbonne et Marseille[22] ».

  • La voie d'Aquitaine, qui fait partie des voies d'Agrippa, se confond avec le chemin des Ségusiaves (rue Roger Radisson) et se relie à l'extrémité du decumanus (angle des actuelles rue Cléberg et Roger Radisson). Son départ est commun avec la voie de l'océan. Elle se dirige vers Saintes en Charente-Maritime.
  • La voie du Rhin descendant de la ville haute par la montée Saint-Barthélemy, franchissant la Saône vers Saint-Vincent, jouxtant l'amphithéâtre des Trois Gaules, et suivrait la montée des Carmélites.
  • La voie de l'Océan : le tracé à la sortie de la ville haute est connu : carrefour des rues de la Favorite et avenue Barthélemy Buyer[23], puis rue Pierre-Audry, rue du sergent-Michel-Berthet, rue des Tanneurs, place Valmy.
  • La voie Narbonnaise s'embranche à Choulans, elle est située sous l'actuel chemin des Fontanières, à la limite entre Lyon et Sainte-Foy-lès-Lyon.

On ajoute à ces quatre voies, une cinquième en direction des Alpes grées :

  • La voie d'Italie. Le franchissement du Rhône n'est pas défini avec exactitude, mais les mausolées retrouvés, notamment rue de l'Université, permettent d'imaginer la voie romaine sous cette rue[24].
Aureus d'Auguste, émis à Lugdunum, 10 av. J.-C..

L'alimentation en eau de la cité reste une énigme tant la datation des aqueducs est difficile. Les archéologues placent la construction du premier aqueduc, celui de l'Yzeron, sous le règne d'Auguste, probablement entre 20 av. J.-C. et 10 av. J.-C.[25] en partant de l'hypothèse d'un accès au bassin de cette rivière facilité par le nouveau réseau de voies romaines (dont la voie d'Aquitaine) mis en place par Agrippa.

Le plus ancien théâtre des trois Gaules, comportant environ 4 500 places, est inauguré entre 16 av. J.-C. et 14 av. J.-C. sous l'empereur Auguste[26] (il sera agrandi sous l'empereur Hadrien). Le rôle privilégié de Lugdunum est renforcé par l’installation en 15 av. J.-C. du second atelier monétaire impérial (jusqu'en 78) puis par la dédicace en l’an 12 av. J.-C. du sanctuaire fédéral des Trois Gaules, sur les pentes de La Croix-Rousse, où se rassemblent chaque année les délégués des tribus gauloises pour célébrer le culte de Rome et de l'empereur. On connaît les premiers sacerdotes (prêtres) du sanctuaire fédéral : l'Éduen Caius Julius Vercondaridubnus le 1er août 12 av. J.-C., puis le Cadurque M. Lucterius Sencianus et le Santon Caius Julius Rufus[27].

Le futur empereur Tibère passe à Lugdunum entre 5 av. J.-C. et 4 av. J.-C. dans son avancée vers le nord[Audin 2].

Tite-Live commente : « Lyon commandait les Gaules, comme l'acropole domine une cité ». Quant à Strabon, dont la venue à Lugdunum paraît peu probable, il décrit la cité à la fin du règne de l'empereur Auguste (vers 14) :

« La ville même de Lugdunum, qui s'élève adossée à une colline, au confluent de l'Arar[5] et du Rhône, est un établissement romain. Il n'y a pas dans toute la Gaule, à l'exception cependant de Narbonne, de ville plus peuplée, car les Romains en ont fait le centre de leur commerce, et c'est là que leurs préfets font frapper toute la monnaie d'or et d'argent. C'est là aussi qu'on voit ce temple ou édifice sacré, hommage collectif de tous les peuples de la Gaule, érigé en l'honneur de César Auguste : il est placé en avant de la ville, au confluent même des deux cours d'eau, et se compose d'un autel considérable, où sont inscrits les noms de soixante peuples, d'un même nombre de statues, dont chacune représente un de ces peuples, enfin d'un grand naos ou sanctuaire. »

Tibère

Tibère (14-37) : le modeste[modifier | modifier le code]

En 19 est inauguré l'amphithéâtre des Trois Gaules, grâce notamment aux dons du Santais Caius Julius Rufus[28] (agrandi vers 130-136).

Selon Tacite, en 21, les cités gauloises « essayèrent une rébellion dont les plus ardents promoteurs furent, parmi les Trévires, Julius Florus, chez les Éduens, Sacrovir (…) Ils conviennent de soulever, Florus la Belgique, Sacrovir les cités gauloises les plus proches de la sienne[Tacite A 1] ». « (…) Il n'y eut presque pas de cité où ne fussent semés les germes de cette révolte. Les Andécaves furent réduits par le légat Acilius Aviola, qui fit marcher une cohorte tenant garnison à Lyon[Tacite A 2] ». Rappelons que seuls trente kilomètres séparent Lugdunum et Vienne, capitale des Allobroges.

Caligula (37-41) : un tyran fou ?[modifier | modifier le code]

L'empereur Caligula vient au moins une fois à Lugdunum, pendant son règne entre 37 et 41, où selon Suétone « il ouvrit (…) un concours d'éloquence grecque ou latine (…) Quant aux concurrents qui avaient particulièrement déplu, on leur ordonna (…) d'effacer leurs écrits avec une éponge ou avec la langue, à moins qu'il ne préférassent être battus à coups de férule ou précipités dans le fleuve voisin[29] ». Il faut ici préciser que Suétone est incohérent, notamment quand il indique que la cruauté de Caligula s'était transmise à sa fille : il accuse celle-ci de chercher à crever les yeux de ses petits camarades. Mais elle est assassinée avec son père… avant d'avoir atteint son premier anniversaire[30]

Caligula

Quelques certitudes sur la présence de Caligula à Lugdunum : il est resté en Gaule aux côtés de Galba d'octobre 39 au printemps 40 pour préparer l'invasion de la Bretagne. Pour financer cette campagne, il lance les ventes à l'encan qui ont lieu à Lugdunum durant cette période. Il souhaite vendre les effets de ses sœurs après qu'elles eurent ourdi un complot contre lui. De Rome, il fait venir bijoux, meubles et esclaves qu'il met en vente. Devant ce succès, il décide de céder les biens de sa propre famille, et fait lui-même le boniment de la marchandise. Si les enchères ne montent pas assez, il fustige les participants et les encourage à augmenter l'enchère[31]… Il revêt alors son troisième consulat. L'argent de la campagne est réuni, il quitte Lugdunum pour rejoindre Galba sur le Rhin.

C'est également durant le règne de Caligula que la cité de Lugdunum (ou-bien Lugdunum des Convènes (Saint-Bertrand-de-Comminges), on ne peut savoir) aurait accueilli l'exil forcé du tétrarque de Galilée et de Pérée, Antipas, beau-frère d'Hérode Agrippa après la fameuse affaire du temple de Jérusalem en 40 (l'érection d'une statue de l'empereur à l'intérieur du temple en réponse à la révolte des Juifs à Jamnia durant l'hiver 39-40)[32].

Caligula fait enfin assassiner Ptolémée de Maurétanie, petit-fils de la reine Cléopâtre et de Marc Antoine, à Lugdunum en 40.

Claude (41-54) : le natif de Lugdunum[modifier | modifier le code]

Claude

Claude, succédant à Caligula au trône impérial en 41, passe à Lugdunum, sa ville natale, en 43 et 44 à l'aller et au retour de la conquête de la Bretagne. On lui attribue généralement la construction de l'aqueduc de la Brévenne grâce au témoignage d'une trentaine de tuyaux de plomb à ses initiales[Audin 3] (bien que ces tuyaux puissent avoir fait l'objet d'un réemploi, auquel cas il faudrait reculer cette datation). La plus importante trace que Claude laisse à Lyon est le fameux discours qu'il prononce en 48 devant le Sénat et qui accorde aux Gaulois l'accès à la magistrature publique de Rome. Les habitants de Lugdunum, reconnaissants, font graver le discours sur une plaque de bronze (aujourd'hui connue sous le nom de Tables Claudiennes) et la placent dans le sanctuaire fédéral des Trois Gaules. Cette table, retrouvée en 1528, se trouve désormais présentée au musée de la Civilisation gallo-romaine dont elle constitue l'un des trésors.

Néron (54-68) : l'incendie de 65[modifier | modifier le code]

Néron, œuvre en marbre du Ier siècle

Sous le règne de Néron en 64, les notables de Lugdunum ont connaissance de l’incendie qui a ravagé Rome, et envoient quatre millions de sesterces d’aide pour la reconstruction. L’année suivante en 65, Lugdunum est lui-même victime d’un terrible incendie. Sénèque indique : « Assez souvent on a vu des villes endommagées par le feu, mais jamais tellement qu'il ne restât quelque vestige de ce qu'elles étaient auparavant… Après cela, qui croirait que tant de palais capables d'embellir plusieurs villes se soient évanouis en une nuit… Lyon qu'on avait accoutumé de montrer dans la Gaule comme l'un de ses plus beaux ornements, se cherche aujourd'hui et ne se trouve plus[33]. » L'historien lyonnais André Steyert indique, en 1899, que Sénèque use de figures stylistiques et tempère : « Le feu s'est propagé dans la ville basse, s'est étendu sur les flancs de la colline, mais n'a pas atteint la partie la plus élevée. » Néron fait à son tour un don de quatre millions de sesterces à Lugdunum pour sa reconstruction. Selon Tacite, « Le prince (Néron) soulagea le désastre de Lyon (Lugdunum) par le don de quatre millions de sesterces qu'il fit à la ville pour relever ses ruines ; les Lyonnais nous avaient eux-mêmes offert cette somme dans les malheurs de notre ville[Tacite A 3] ».

Les fouilles de la ville haute n'ont montré aucune trace d'incendie dans les couches stratigraphiques, ce qui corroborerait l'hypothèse selon laquelle seules les parties basses de la cité auraient été touchées (rive droite, Canabae, Vaise ?). Il faut également comparer cette somme de quatre millions de sesterces aux cent millions que coûta la reconstruction d'une partie du cirque et des maisons particulières détruites par l'incendie de 36 à Rome[Tacite A 4] ainsi qu'aux dix millions accordés à la colonie de Bologne ruinée par l'incendie de 53[Tacite A 5]. Ces quatre millions ne paraissent plus aussi considérables et relativisent l'étendue de l'incendie.

La position clé de Lugdunum, au confluent de l'Arar (Saône) et du Rhodanus (Rhône), en fait un important port fluvial. C'est aussi un nœud routier, relié au Sud de la Gaule (la Narbonnaise), à l'Aquitaine, la Bretagne, la Germanie et bientôt l'Italie. Cette double position met Lugdunum en contact avec l'ensemble de l'Empire. Son statut de colonie romaine accordé par le Sénat et le rôle de capitale des Gaules favorisent l'essor de la ville.

Galba (68-69), Othon (69), Vitellius (69) : Lugdunum et Vienne, cités rivales[modifier | modifier le code]

Les événements antérieurs à la colonisation révèlent un antagonisme entre les deux cités. En 50 av. J.-C., Vienne (Colonia Julia Vienna) obtient le statut de colonie latine. On rappelle que les premiers habitants de Lugdunum sont des vétérans chassés de Vienne par les Allobroges vers 44 av. J.-C.. Bien que les motifs ne soient pas connus, on sait que les Allobroges font partie des dernières tribus gauloises à se soumettre à Rome. Tiberius Néron aurait permis à ces vétérans (dont la légion reste inconnue) de s'installer sur le territoire des Allobroges, et dans leur capitale Vienne. Auraient-ils vécu cette colonisation comme une provocation, et en conséquence auraient chassé les intrus ? Auraient-ils été jaloux du statut supérieur de colonie de droit romain obtenu par Lugdunum, alors qu'elle serait restée colonie de droit latin ?

Leurs descendants respectifs ont manifestement développé une certaine rancune, ce que révèle la crise de 69. Les habitants de Lugdunum se sentent déshonorés, ce que rappelle la correspondance entre Cicéron et Munatius Plancus[Cicéron 2] après leur expulsion.

Lors des événements de 68, Julius Vindex, légat de la Gaule lyonnaise, se révolte contre Néron et soutient son rival Galba. Les Lyonnais restent fidèles à Néron, tandis que leurs voisins Viennois prennent le parti de Galba. Selon Tacite, « la colonie de Lyon, par haine pour Galba et dans sa fidélité à Néron était particulièrement fertile en rumeurs[Tacite H 1] ». Tandis que Vindex est vaincu à Besançon par l’armée du Rhin, les Viennois montent une expédition armée contre Lugdunum, qui parvient à résister. La fin de Néron et l’arrivée au pouvoir de Galba marquent une pause dans ce conflit. En guise de représailles, Galba confisque la rente que les Viennois versaient aux habitants de Lugdunum depuis 43 av. J.-C. au profit du fisc impérial[Tacite H 2]. Mais l’année suivante, en 69, la situation politique est toujours confuse : l’armée du Rhin de Vitellius, marche contre l'Italie et contre Othon. Il passe à Divodorum (Metz) où il répand la terreur en faisant exterminer 4 000 hommes « par rage et sans savoir pourquoi[Tacite H 3] ». De telle sorte qu'« ensuite, à l'approche de leurs colonnes, les cités tout entières accouraient avec leur magistrats et des prières ». Les armées de Vitellius, dont une partie est commandée par Fabius Valens, cherchent « un prétexte de guerre contre les Éduens : sommés de remettre de l'argent et leur armes (…) Ce que les Éduens avaient fait par peur, les Lyonnais le firent avec joie. Mais on leur retira les légions Italica et Tauriana[Tacite H 4]. » Vitellius descend la Saône en barque à la tête de 40 000 hommes durant l'hiver 68-69[Tacite H 5] et arrive à Lugdunum fort de sa réputation de sanguinaire et où « Julius Blaesus, chef de la Gaule Lyonnaise prend son parti[Tacite H 6] ». Le gouverneur lui donne une maison où il trouve ses deux généraux Fabius Valens et Alienus Caecina. Vitellius désire que l'armée admire son fils au berceau. Cette armée est probablement une milice provinciale levée et commandée par les autorités locales[Tacite H 7]. Seule la XVIIIe cohorte demeure à Lugdunum où elle a généralement ses quartiers d'hiver. Vitellius apprend la victoire de ses partisans à Bedriac et quitte Lugdunum vers la fin avril 69 (Selon Tacite, il ne s'est pas passé quarante jours entre Bedriac et son arrivée pour contempler les restes hideux de la victoire[Tacite H 8]).

Les habitants de Lugdunum vont profiter de la présence de ces troupes pour se venger des Viennois. Cependant, toujours selon Tacite, Fabius Valens dissuade ses troupes de ravager Vienne, « toutefois, la cité dut livrer ses armes, et les habitants fournirent chacun aux soldats toute sorte de provisions (…) Valens lui-même s'était laissé acheter à bon prix[Tacite H 9] ».

Apogée (69-192)[modifier | modifier le code]

Odéon de Lyon sur la colline de Fourvière.

Sous les Flaviens (de 69 à 96), puis sous les Antonins (de 96 à 192) Lugdunum prospère et connaît la paix à l'instar du monde romain. Sa population est estimée entre 50 000 et 80 000[Audin 4] habitants, ce qui en fait l'une des plus grandes villes de la Gaule avec Narbo Martius (Narbonne).

L'étude de l'épigraphie permet de définir la proportion de Grecs à Lyon au cours de cette période. Sur un total de 522 épitaphes, on trouve 243 noms grecs sur 1116[Audin 5] : de 19 % au début du Ier siècle, ils sont 24 % au milieu du IIe siècle et 30 % à la fin du siècle. Cette population nombreuse est composée des esclaves et des affranchis des riches notables de la ville haute. Le tombeau de Turpio révèle l'existence de cinq affranchis dont deux portent des noms grecs. Le fléchissement de la proportion de noms grecs au cours du IIe siècle s'explique par le discrédit qui frappe une origine modeste ou servile. La tendance s'accentue au cours du IIIe siècle où les noms grecs ne représentent plus que 18 %. Amable Audin explique le phénomène, non pas par une diminution de la population d'origine orientale (qui constitue jusqu'à 35 % des habitants du quartier des Minimes, quartier qu'il désigne comme le cœur administratif de la cité), mais par une latinisation des noms. Ce phénomène est également constaté chez les Celtes du bourg de Condate (autour de l'amphithéâtre), mais le faible nombre d'épitaphes permet une interprétation moins évidente.

Schéma de Lugdunum

Cette prospérité est visible par l'embellissement de la ville haute et par les nombreux échanges commerciaux et artisanaux dont les traces sont nombreuses. Les communautés commerciales s'enrichissent : les bateliers (ou nautes) du Rhône et de la Saône, les négociants en vin, les utriculaires (des fabricants d'outres, ou des nautes utilisant des radeaux dont les flotteurs sont des outres [34]), les artistes stucateurs, les potiers. Ces communautés de marchands ou d'habitants possèdent leur siège, leur conseil, leurs dignitaires et bien souvent leur cimetière. Les dernières campagnes de fouilles[19] de l'ex-sanctuaire de Cybèle attribuent l'un des stades du bâtiment au siège d'une de ces importantes communautés, peut-être celle des nautes.

La ville s'étale principalement sur quatre zones particulièrement délimitées : la ville haute (lieu où a été fondée la colonie originelle), le bourg celtique de Condate, les Canabae et la rive droite de la Saône en contrebas de la ville haute. Les nécropoles sont situées le long des voies d'accès à la cité.

La cité se dirige en théorie de manière autonome, mais en cas de problème, elle peut recevoir de la part du pouvoir central un curateur (curator) destiné à l'aider à contrôler ses comptes. Un curateur est attesté pour Lyon durant le règne de Marc Aurèle, il s'agit du sénateur Fulvius Aemilianus[35]. Il supervise notamment la réfection de cinq cents places du cirque aux frais du collège des centonniers[CIL 2]. La cité conserve des liens étroits avec la famille de ce puissant personnage, un de ses descendants fut sans doute patron de la ville, et peut-être aussi curateur, sous Alexandre Sévère[36].

La cité vue vers le nord-ouest. Au premier plan, le quartier des Canabae, imaginé sur une île. À l'arrière-plan, la ville haute, le théâtre et l'odéon côte à côte, le cirque à l'extérieur. À droite, l'amphithéâtre et le sanctuaire fédéral. Maquette du musée gallo-romain de Fourvière.

Ville haute[modifier | modifier le code]

L'amphithéâtre des Trois Gaules
  • L'enceinte : son existence n'est pas attestée. Son érection reste un privilège accordé à une cité par l'empereur romain, phénomène plutôt rare en Gaule. L'apport archéologique est réduit : en 1957, des travaux à l'est de la place de l'Abbé-Larue (5e arr.) mettent au jour un élément de mur et la base d'une tour, et en 1968, dans la partie nord de cette place, à proximité de la rue des Farges, sont dégagés des restes d'un mur antique rectiligne, large d'1,80 m et long de 41 m. Amable Audin interprète ces restes comme étant ceux de l'enceinte romaine : « Le cardo (…) monte (…) jusqu'au mur d'enceinte qu'il traverse[Audin 6] ». Toutefois, aucune épigraphe ou aucun texte ne corroborent cette hypothèse et il peut tout aussi bien s'agir d'un mur de soutènement[CAG 69 1].
  • Le forum est situé sous l'actuelle esplanade devant la basilique Notre-Dame de Fourvière. Il est entouré de bâtiments dont certains nous sont connus :
    • Le temple capitolin[Audin 7] : abritant la triade religieuse essentielle de la religion romaine traditionnelle, le temple capitolin est en théorie un des éléments essentiels de toute fondation urbaine. Au début de notre ère, les écrits de Vitruve sur l’urbanisme[37], se référant à une vieille tradition, celle de la science des haruspices, et faisant ainsi un écho à Servius[38], conseillent de placer les sanctuaires de Jupiter, Junon et Minerve au lieu le plus élevé, d’où l’on peut découvrir le plus de murailles. Cette recommandation est respectée à Lugdunum : le temple est à l'emplacement de l'actuelle basilique Notre-Dame de Fourvière. Il nous est connu par l'existence de quelques tambours de colonnes d'un diamètre de 2 mètres (longtemps conservés dans un local voisin de la basilique, ils disparaissent définitivement pendant la Seconde Guerre mondiale), une tête en marbre de Jupiter trouvée en 1899 dans un égout romain de la montée de Fourvière et un fragment de main colossale trouvée sous la maison des Missions de Syrie en 1933, et une griffe d'aigle en bronze trouvée dans les fondations d'une tour de la basilique. Jupiter se serait naturellement substitué au dieu celtique Lug.
    • La curie (délibérations municipales) et la basilique (délibérations judiciaires) doit être située sur le pourtour du forum. Bien que leur emplacement ne soit par connu avec exactitude, ces deux lieux peuvent être identifiés par la découverte de nombreux marbres précieux, notamment sur la façade ouest du forum, ainsi que dans les puissantes substructions découvertes en 1961 lors de travaux montée Nicolas-de-Lange.
    • Le palais impérial : il serait situé à l'extrémité nord-est du plateau, (au nord de la basilique, à proximité de la tour métallique de télécommunication) selon les archéologues. Y vécurent Auguste, Tibère, Caligula, Vitellius, Hadrien puis, plus tard, Septime Sévère et Clodius Albinus et y naquirent Claude et Caracalla.
  • La rue d'Aquitaine[Audin 8] (l'actuelle rue Roger Radisson), orientée sud-ouest/nord-est, prend son départ à l'angle sud-ouest du forum. Les fouilles récentes l'identifient au decumanus bien qu'Amable Audin lui préfère la rue Cléberg. La voie traverse le plateau en une diagonale large de 12 m dont le dallage est constitué de grands blocs de granit remarquablement assemblés. Cette rue débouche, au nord-ouest de la cité, sur un temple identifié par les fouilles du clos du Verbe Incarné comme le Sanctuaire municipal du culte impérial de Lugdunum où le podium du temple de Jupiter est découvert. On relève des colonnes hautes de 15 m, dont les proportions sont indiquées par la base d'une modénature ornée de l'inscription Vital[Audin 9].
  • Le decumanus : son identification est incertaine. Deux hypothèses existent :
    • Amable Audin le place sous la rue Cléberg : large de 8,88 m et long de 300 m, il est bordé sur sa façade nord, par un édifice (un temple ?) bâti sur une terrasse et, sur sa façade sud, de portiques qui abritaient probablement des échoppes. L'archéologue lyonnais se base sur l'orientation de la rue pour fixer la date de fondation de la colonie au 9 octobre 43 av. J.-C..
    • Plus récemment, la trame urbaine contemporaine de la fondation est retrouvée dans l'axe de la rue Roger-Radisson, qui serait le decumanus originel imprimant l'orientation des rues du quartier de la Sarra. Ceci remet en cause la date de la fondation de la colonie.
  • Au sud du decumanus, le théâtre voit sa capacité passer de 4 500 à 10 700 places sous l'empereur Hadrien[Audin 10].
L'odéon et son dallage de marbre

Antonin parachève l'œuvre de ses prédécesseurs : vers 160[Audin 11] on adjoint au théâtre un odéon de 3 000 places, consacré à la musique.

  • Le cirque, serait selon Amable Audin situé dans le fossé de Trion, suffisamment plat pour abriter cette structure, probablement bâti en bois vue l'absence de tout vestige. La proximité des nécropoles renforce cette supposition, car les jeux du cirque et la mort sont souvent liés dans la Rome antique. Cette proximité est à mettre en parallèle avec le cas de la Vienne antique en Isère, où nécropole et cirque sont géographiquement proches. Une mosaïque visible au musée gallo-romain de Fourvière, la mosaïque des Jeux du cirque, présente le monument lyonnais. La spina est étonnamment formée de bassins aquatiques, ce qui confirmerait sa proximité avec l'aqueduc du Gier dont l'eau est nécessaire à l'alimentation des bassins. Un bloc est découvert dans le quartier Saint-Irénée (1,90 × 0,75 m) qui, du fait de ses dimensions, ne pouvait pas venir de très loin. Ce bloc et une inscription désormais perdue[Audin 12] nous renseignent plus sur ce cirque : au cours du IIe siècle, 500 places sont aménagées par les soins de l'édile Sextus Julius Januarius. Détruits ou dégradés par la suite, ces gradins sont rétablis sous Marc Aurèle ou Septime Sévère[note 5] par la communauté des centonaires[39] (chiffonniers). On sait également que Sextus Ligurius Marinus, questeur et duumvir, offrit des jeux du cirque à son accession au pontificat perpétuel[Audin 12].
Vestiges de l'aqueduc romain du Gier à Chaponost.
Vestiges de l'aqueduc romain du Gier à Chaponost.

Bourg celtique de Condate[modifier | modifier le code]

Noyau primitif de la bourgade gauloise, ce site accueille deux monuments majeurs de la cité. On y accède par une rue qui descend de la ville haute (probablement l'actuelle montée Saint Barthélemy), puis par un gué ou un pont situé approximativement vers l'actuelle passerelle Saint-Vincent sur la Saône. C'est le départ de la voie du Rhin. Cette voie borde un quartier artisanal sur la rive gauche de la Saône en amont du passage sur la rivière.

La voie débouche sur l'amphithéâtre. Celui-ci est agrandi sous l'empereur Hadrien : les quelques gradins de bois font place à un nouvel édifice mesurant 115,50 × 135 m. Il fait aussi remplacer les colonnes de l'autel du sanctuaire fédéral des Trois Gaules, situé plus à l'est sur la plateau, auquel on accède par une double rampe figurée par l'actuelle rue Burdeau. L'autel des Trois Gaules est vraisemblablement situé sous la place Chardonnet. Ces colonnes probablement en calcaire du Rhône ou en briques recouvertes de marbre font place à deux magnifiques colonnes en syénite égyptienne (vers l'an 1100, les deux colonnes sont transportées à la basilique Saint-Martin d'Ainay et, tronçonnées en deux, elles servent de piliers de la croisée du transept).

Canabae[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Canabae.

Ce lieu désigne habituellement les espaces réservés à la population civile situés à l'extérieur des casernements militaires. Il nous est connu par une épigraphe (présentée au musée de la Civilisation gallo-romaine). Il est situé aux alentours de la place Bellecour. Les archéologues[Poux 6] réfutent actuellement l'idée depuis longtemps propagée qu'il s'agissait d'une île. Le confluent, à cette époque, devait probablement se situer au sud de la place Bellecour. Les récentes fouilles géomorphologiques montrent l'existence de zones déprimées, envahies par les eaux lors de crues. C'est notamment le cas de l'actuelle place des Célestins qui fait l'objet de drainage et qui subit d'importants remblais jusqu'au IIIe siècle[40].

Ce quartier comporte de nombreuses résidences (attestées par de très nombreuses mosaïques découvertes lors des percements du métro et des parkings souterrains), principalement situées entre les places Bellecour et Carnot, des entrepôts pour le commerce du vin, dont les marchands de Lugdunum détiennent le monopole (ainsi que celui de l'huile d'Espagne). Ces entrepôts sont matérialisés par des bases de piliers et des trames serrées de murs, des vides sanitaires faits d'amphores retournées, traces généralement interprétées comme étant celles de ces zones de stockage.

Rive droite de la Saône[modifier | modifier le code]

L'actuel quartier est un espace mal défini du point de vue archéologique. On peut cependant dégager quelques idées grâce aux campagnes de fouilles sur plusieurs îlots d'habitations ou bien lors du percement du métro ou du tunnel de Fourvière.

  • En 1957, d'importants travaux pour la construction d'un immeuble d'habitations au 3 rue Tramassac révèlent l'existence d'un bras d'eau. Amable Audin suppose qu'il se détachait de la place du Change, courant sous les actuelles rues du Bœuf et Tramassac, avant de rejoindre la Saône au niveau de Saint-Georges. D'autres fouilles permettent de confirmer la présence de ce bras de la Saône qui est large de 13 mètres. Un appontement est découvert lors d'une fouille au pied de la colline de Fourvière : la laboratoire Archeolabs fournit une datation dendrochronologique de 27 av. J.-C. à 18. Parallèlement, un second bras de la Saône se met en place 150 m plus à l'est[41]. Dans le troisième quart du IIe siècle, un habitat gallo-romain existe sur la partie ouest de l'île que délimitent ces deux bras d'eau[42]. Fait d'une maçonnerie de petits moellons (opus incertum) brut de granite, schiste et calcaire des Monts d'Or et lié d'un mortier jaune, un petit bâtiment abrite deux bassins dont l'étanchéité est assurée par un mortier de tuileau. Il faut attendre la première moitié du IVe siècle pour que le bras entre l'île Saint-Jean et la colline soit comblé et colonisé.
  • Au débouché du vallon de Choulans, vers l'entrée actuelle du tunnel de Fourvière côté Saône, se trouve le quartier des nautes de la Saône, un quartier bruyant où sur le rivage les statues des patrons des communautés s'alignent sur la berge à côté des entrepôts.

Habitat en terrasse[modifier | modifier le code]

Certaines zones de la ville haute possèdent un forte déclivité ce qui impose un habitat en terrasse, notamment dans la zone située au-dessus du complexe thermal (actuelle rue des Farges) où ont été découvertes des maisons bâties sur des terrasses aménagées.

Bien que les limites de la ville haute ne soient pas connues avec une parfaite exactitude, notamment dans sa partie nord et est, il est possible d'établir le tracé du pomerium, et donc d'une prétendue enceinte. Ce tracé n'implique pas que l'espace extérieur à l'enceinte, à l'exception du quartier des Canabae et du quartier autour du sanctuaire fédéral des Trois Gaules, soit vide de toute construction. Il est attesté notamment la présence de villas suburbaines (voir la maison aux Xenia). La présence d'un habitat dense en terrasse contigu à la ville haute, sur les flancs nord et est de la colline au sommet de laquelle se trouve la ville haute, a également été prouvée :

  • maisons I, II et III bâties sur des terrasses d'orientation est-ouest entre la rue des Tourelles et la place de l'Abbé Larue (5e arr.)[CAG 69 2]., au sud, donc à l'extérieur, de ce qu'Amable Audin interprète comme étant le mur d'enceinte.
Voûtes du puy d'Ainay, au centre, en contrebas du lycée Saint-Just
  • habitat contemporain de la fondation ou au plus tard de l'époque augustéenne, plusieurs fois remanié, attesté en terrasse dans l'actuelle cour du lycée Saint-Just, découvert en 1989 : cet habitat muni d'un portique borde une voie d'orientation nord-sud[CAG 69 3]. Cet habitat se prolonge peut-être jusqu'aux murs de soutènement également d'orientation nord-sud, constitués d'arcades aveugles longtemps nommés les « voûtes du Puy d'Ainay » (situés à 40 m à l'est de l'actuel lycée Saint-Just et surplombant la rue Saint-Georges). Ce mur de soutènement est aujourd'hui partiellement enchâssé dans les constructions actuelles.
  • habitat en terrasse gallo-romain découvert lors de fouilles en 2000 et 2001 dans le clos des Lazaristes (5e arr.), sur le flanc est de la colline de Fourvière : l'occupation est antérieure à la fondation (trous de poteaux, fosse rubéfiée, fossé contenant des amphores de type Dressel 1A) et remanié lors de son urbanisation au début du Ier siècle : une rue en terrasse d'orientation nord-sud, perpendiculaire à la pente, bordée de bâtiments à portique : à l'est la rue donne sur le premier étage du bâtiment qui s'ouvre sur une terrasse inférieure[CAG 69 4].

Nécropoles[modifier | modifier le code]

Les plus anciennes tombes connues sont datées du règne d'Auguste. Elles bordaient les deux côtés de la voie d'Aquitaine (prolongement sud-ouest de la rue Roger Radisson) au bord du vallon de Trion[Audin 4]. Vers la moitié du Ier siècle, la nécropole a envahi l'intégralité du vallon, parfois entrecoupée de rares fours de potiers.

Les voies sont bordées de mausolées monumentaux, puis derrière se trouvent les tombes moins remarquables, puis, plus en retrait encore, les enclos réservés aux tombes des communautés (utriculaires, nautes, centonaires (chiffonniers).

Il existe au moins sept nécropoles parfaitement identifiées : l'une, située à Trion, occupe un espace mesurant 400 mètres sur un kilomètre. Dans le vallon de Gorge de Loup, en direction de la plaine de Vaise, une nécropole moins dense côtoie la voie de l'Océan à proximité de celle de Saint-Pierre à Vaise qui livre de très riches tombes. La nécropole de Saint-Clair semble attribuée entre autres aux morts de l'amphithéâtre[Audin 13] et celle située sous la rue de l'université, le long de la voie d'Italie a livré le magnifique mausolée des Acceptii (épitaphe et sarcophage remarquables, visibles au musée de la Civilisation gallo-romaine). Enfin, une nécropole est attestée le long de la voie du Rhin, sur la colline de La Croix-Rousse, et une autre à Choulans qui se prolonge à l'époque mérovingienne.

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Communautés[modifier | modifier le code]

La vie quotidienne est rythmée par l'activité des corpora, ou communautés de métiers, qui sont nombreuses et clairement identifiées sur le site de la ville antique. Les archéologues estiment que l'un des stades de l'édifice longtemps désigné comme étant le sanctuaire de Cybèle pourrait finalement être le siège d'une de ces communautés. Il faut citer les negotiatiores vinarii (les puissants négociants en vin, dont la présence est attestée dans le quartier des Canabae[CAG 69 5]), les fabrii tignari (artisans de la construction de bâtiments), l'administration de la capitale des Trois Gaules (que Amable Audin situe dans l'actuel quartier des Minimes, à proximité des théâtres), les nautes du Rhône, de la Saône, et ceux du Rhône naviguant sur la Saône. On peut par exemple mentionner Minthatius Vitalis, patron des utriculaires et des nautes[CAG 69 5]. Ces utriculaires sont des fabricants d'outres ou bien des bateliers fonctionnant à l'aide de bateaux ou de radeaux dont les flotteurs sont des outres. Il faut encore mentionner les centonaires (ou chiffonniers), des fabricants d'étoffes et de lainages.

Artisanat[modifier | modifier le code]
Stèle funéraire du verrier carthaginois Julius Alexander - Musée gallo-romain de Fourvière
  • La poterie : c'est l'artisanat qui a laissé le plus de traces bien que les ateliers ne semblent avoir été en activité qu'au Ier siècle. Ces ateliers ont produit toutes les catégories de poteries : amphores, mortiers, céramiques communes à pâte calcaire et culinaires à pâtes siliceuses, sigillée, imitation de sigillée, céramiques en parois fines (de l'atelier du chapeau rouge découvert dans un état de conservation remarquable en 2000 à Vaise), gobelets d'Aco (atelier de Loyasse découvert en 1967[43]) et lampes à huile. Aucun atelier de tuiles ou de briques n'a encore été découvert. Les sites de production semblent avoir privilégié les bords de la Saône. On trouve notamment sur sa rive gauche, l'atelier de la Muette qui est le seul à avoir produit des sigillées de type italique, étant une succursale de l'atelier d'Arezzo (comme le démontre la découverte de moules importés et d'estampilles italiques)[CAG 69 6] et l'atelier Saint-Vincent, le plus ancien, qui daterait du début de la colonie[44].
  • Le verre : l'artisanat du verre est attesté, notamment par la stèle de Julius Alexander, verrier carthaginois[CIL 3]. Des fours de verrier sont connus sur la rive gauche de la Saône et les pentes de la Croix-Rousse[CAG 69 7]. Il s'agit d'ateliers de transformation utilisant du verre importé, non pas d'ateliers primaires. Les ateliers ont été trouvés sur les sites suivants : La Butte, Les Subsistances, La Muette et quai Saint-Vincent.
  • La métallurgie du fer : bien que disséminés, les sites sont nombreux. On peut citer les ateliers des Hauts de Saint-Just, de la rue des Farges et du site du Verbe Incarné. Une seule inscription évoque un forgeron[CIL 4].
  • La métallurgie du plomb : bien qu'aucun atelier n'ait été identifié, de nombreux tuyaux de plomb sont signés L.F. ou LVG. FAC., Lugdunum fecit (fait à Lyon). On connaît une quinzaine de ces artisans. Leur activité, quoique mal datée, est variée : fabrication de tuyaux, d'urnes cinéraires, de sarcophages[45] et des chaudières pour les thermes[CAG 69 8].
  • Le textile : la découverte de poids pour le tissage atteste l'existence de cet artisanat sans pouvoir affirmer qu'il ait dépassé le cadre domestique. On connaît toutefois l'existence d'un fabricant de toiles[CIL 5] et de centonaires[CIL 6]. Bien que les fouilles du parking Saint-Georges aient livré des amphores à alun des îles Lipari qui supposent l'existence de fullonica (ateliers de foulage du tissu), on n'a trouvé nulle trace d'ateliers comme à Saint-Romain-en-Gal[46].
  • La tabletterie (travail de l'os et de l'ivoire) : cet artisanat est attesté par la découverte de « chutes » de fabrication[CAG 69 8].
  • Les métiers du bâtiment : une communauté de fabrii tignari est attestée par plusieurs inscriptions, des dendrophores (bûcherons et marchands de bois), artistes stucateurs, fabricants de poix (pour le poissage des amphores), de savon, de radeaux, d'outres…
Lettres[modifier | modifier le code]

Dans sa lettre à Géminus, Pline le Jeune (vers 100) s'étonne de la présence de nombreuses librairies à Lugdunum et de la vente de ses livres qui remportent le même succès à l'« étranger » qu'à Rome[47].

Commerce[modifier | modifier le code]

L'artisanat de Lugdunum produit des amphores, non pas pour la production agricole locale, mais pour le conditionnement de denrées arrivées en vrac par bateaux dans des dolia ou des tonneaux. On retrouve ainsi des inscriptions sur des amphores mentionnant muria hispana ou garum hispanum (saumure et garum d'Espagne)[CAG 69 9].

  • L'huile et la saumure : l'huile est d'abord importée de Brindisi et de Tripolitaine puis, par la suite, comme également la saumure, de Bétique dans le sud de l'Espagne actuelle (région d'origine de très nombreuses amphores globulaires, type Dressel 20, trouvées dans les fouilles lyonnaises).
  • Le vin : le commerce du vin est attesté bien avant l'arrivée des colons romains dans la région : l'existence d'un commerce au IIe siècle av. J.-C., contrôlé par des Italiques ou des Massaliotes installés dans un emporium, est attesté dans la plaine alluviale de Vaise, légèrement au nord de la future colonie romaine. Des vins italiques de la côte tyrrhénienne parviennent à Lyon à une époque antérieure à la fondation (attestés par la présence de nombreuses amphores type Dressel 1)[CAG 69 9]. Une nouvelle population romaine aux goûts nettement méditerranéens amène, avec la fondation en 43 av. J.-C., de nouveaux produits et de nouvelles habitudes : les vins d'Italie cèdent la place aux vins grecs, vins de Rhodes, de Cnide, de Cos, et également, le vin de Chios, réputé pour être le plus cher et le plus luxueux. Le rang de capitale qu'Auguste confère à Lyon renforce le pouvoir économique de la cité. Les vins accompagnés d'olives de Bétique (Andalousie) et les vins de Tarraconnaise sont également présents (attestés par la présence d'amphores de type Haltern 70 et Pascual 1), ainsi que ceux du sud de la Gaule, ou encore ceux d'Italie (désormais conditionnés dans des amphores Dressel 2/4). Au cours du Ier siècle, la provenance des vins s'élargit (Crète, côte levantine), mais va bientôt être majoritairement gauloise : les amphores à fond plat du sud de la Gaule représentent jusqu'à 80 % des approvisionnements (amphores type gaulois 4) à la fin du IIIe siècle. Parallèlement, le vin des provinces africaines fait son apparition à la fin du IIe siècle (Maurétanie césarienne et Afrique, l'actuelle Tunisie). On trouve enfin au cours des IVe siècle et Ve siècle, des vins orientaux (notamment des amphores de Gaza[CAG 69 9].

Ces conjectures sont toutefois établies à l'aide des fouilles et du nombre d'amphores retrouvées, ce qui exclut de façon notoire les autres formes d'approvisionnement (dolia et tonneaux). La part des vins méditerranéens ne semble pas représenter une grand part de la consommation de Lugdunum.

Numismatique[modifier | modifier le code]
Sesterce de Néron, émis à Lugdunum, 66.

Le second atelier monétaire impérial fonctionne jusqu'en 78. Durant les règnes de Tibère, Claude et Néron, l'atelier de Lugdunum est le seul à frapper l'or et l'argent jusqu'à la réforme monétaire de 64. L'atelier rouvrira quelques mois à la fin de l'année 196 et fermera début 197 pour ne rouvrir qu'à la réforme monétaire de 274 pour fermer définitivement en 413[CAG 69 10]. On trouve notamment l'autel du sanctuaire fédéral des Trois Gaules frappé sur les sesterces d'Auguste (de 10 à 14) et sur les as de Tibère (vers 10)[CAG 69 11].

Cultes romains[modifier | modifier le code]

Comme toutes les cités romaines, Lyon, aux premiers temps de son existence, connait les cultes officiels de la cité et de l'empereur. Contrairement à d'autres, le culte impérial semble avoir ici une importance nettement supérieure autres formes cultuelles. Sur l'ensemble du IIe siècle, Il n'y a mention que de trois flamines, pour soixante-dix sévirs augustaux, qui forment même une « fratres augustales ». Les sévirs jouissent à Lyon d'une position sociale prestigieuse, au même rang que les chevaliers, juste après les décurions[48].

Rites funéraires[modifier | modifier le code]

Durant la période romaine l'inhumation remplace petit à petit la crémation, comme l'attestent les découvertes de matériels funéraires livrés par les tombes. La crémation est une pratique en usage depuis un bon siècle quand les Romains envahissent la Gaule. Comme le montre l'étude de l'épigraphie funéraire, la présence de Grecs est importante à Lugdunum. Ces peuples ont été en contact avec les Perses qui rejettent la crémation, car le corps mort souille le feu, principe de toute vie. Les Gaulois ont plusieurs fois changé de rites, mais au moment de l'invasion romaine, ils pratiquent l'inhumation. Cette pratique perdure aux portes mêmes de la capitale des Gaules pendant le Ier siècle. Il semble donc exister deux rites différents, selon que l'on est Romain, ou Gaulois et Grec. Mais à la fin du Ier siècle, les Romains adoptent l'inhumation[Audin 14].

Le rite de l’ascia, un outil en fer, est né en Dalmatie au tournant du Ier siècle. Il est particulièrement présent à Lugdunum, comme l'attestent les nombreuses découvertes de stèles marquées du sigle de cet outil. Militaire par son origine (les légionnaires de la VIIe et IXe Claudia en Dalmatie), le rite passe à l'administration hellénophone de Lugdunum, puis à tous les habitants de la cité. Amable Audin tente d'établir une histoire de l'implantation de ce rite dans la cité en étudiant la proportion de tombes à ascia sur l'ensemble des sépultures. Il établit que seules quelques rares tombes portent la marque de l’ascia, de l'origine de la fondation jusqu'en 115 environ (3 sur 135), mais le mouvement va en s'intensifiant : le rite prend pied au début du IIe siècle. La période de 115 à 140 livre 37 tombes à ascia sur 45 (soit 85 %), de 140 à 240, 147 tombes sur 153 (soit 92 %) et enfin de 240 à 310, 95 tombes à ascia sur 96. Ces données brutes montrent l'importance de l'inhumation chez les Celtes et les Asiatiques hellénophones qui rejettent la crémation en usage dans l'empire romain[Audin 15].

Christianisation[modifier | modifier le code]

Des martyrs de 177 à Irénée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Martyrs de Lyon.
L'amphithéâtre des trois Gaules, avec au fond le poteau évocateur des martyrs de Lyon en 177.

Dans le cadre de l’expansion du christianisme, c’est à Lyon qu’est attestée la première communauté chrétienne de Gaule. Ce sont les martyrs de 177 qui nous la font connaître, à travers le récit d’Eusèbe de Césarée[49]. La communauté chrétienne apparaît comme diverse, structurée autour de la figure de son vieil évêque, Pothin, mais composée pour l’essentiel de membres venus de la partie hellénophone de l’empire romain, et en particulier de Phrygie : les textes relatant la persécution sont en effet adressés par « les serviteurs du Christ, qui pérégrinent à Vienne et à Lyon en Gaule aux frères de l’Asie et de la Phrygie qui ont la même foi et la même espérance que nous en la rédemption[50] ». La position géographique de Lyon, son importance démographique, économique et commerciale expliquent la présence de populations variées et aux origines lointaines. À quelle date se sont installés les premiers chrétiens ? On ne peut le savoir avec précision. Beaucoup de martyrs portent un nom hellénique mais un nombre important possède la citoyenneté romaine, le groupe compte des « gens en vue[51] » comme Vettius Epagathus, mais aussi des esclaves comme Blandine. La cause exacte de la flambée de persécutions qui les toucha a été discutée, les difficultés propres au règne de Marc Aurèle (la peste, les invasions barbares), ont pu accentuer l’hostilité envers les chrétiens, coupables de ne pas honorer les dieux de la cité et de Rome, et de se mettre hors de la communauté civique. Il est possible aussi que des facteurs locaux aient joué, en particulier les besoins liés aux spectacles : si un groupe de martyrs comme Pothin mourut en prison, un certain nombre, dont Blandine, furent tués dans l’amphithéâtre à l’occasion de cérémonies.

Saint Irénée, évêque à partir de 177.

Irénée succède à Pothin. Comme lui, il vient de Smyrne et est lié à Polycarpe. Il est l'un des premiers théologiens chrétiens de langue grecque et se préoccupe de lutter contre les hérésies qui menaçaient l’unité de la petite communauté chrétienne, ou lui faisait concurrence. Son ouvrage Contre les hérésies témoigne ainsi des menées d’un certain Marc d’Égypte dans la région lyonnaise, professant le gnosticisme. Marc est décrit comme un personnage séducteur, corrompant les femmes honnêtes en les incitant au plaisir des sens[52]. Irénée participe aussi aux discussions avec l'évêque de Rome Victor Ier sur la fixation de la date de célébration de la résurrection, question qui divise les chrétiens d'Orient et d'Occident.

Une communauté structurée par la mémoire de ses martyrs[modifier | modifier le code]

Avec le IIIe siècle, la communauté chrétienne entre dans une époque troublée mais décisive, entre les persécutions de Dèce et celles de la Tétrarchie, d'impact mal connu à Lyon. La petite paix de l’église permet aux communautés de se développer plus posément. La lettre 68 de Cyprien de Carthage montre que l’évêque de Lyon, Faustin est en relation avec lui et s’inquiète du développement de l’hérésie novatianiste en Gaule. Les relations entre les chrétiens d’Afrique et de Lyon continuent par la suite et peuvent s’appuyer sur l’histoire du christianisme africain la plus ancienne : les chrétiens de Lyon fêtent les martyrs scillitains, morts en Afrique sous Commode, et Lyon accueille par la suite des reliques de Cyprien. Cependant ce sont les martyres lyonnais qui servent de fondement historique aux chrétiens lyonnais. En effet, les martyres offraient aux communautés chrétiennes un récit structurant, le soutien d’une identité locale, un ancrage dans le temps à travers un passé exemplaire et à travers le retour régulier des fêtes des saints martyrs, moment de fête, de commémoration et de sociabilité. À cet ancrage temporel il faut ajouter la géographie religieuse mise en place par la construction des lieux de culte et surtout par les lieux d’inhumation des bienheureux et des martyrs. Les reliques conservées dans l’enceinte urbaine témoignent de la protection des saints et de leur intercession, leur proximité est recherchée et désirée, elles créent dans la ville un espace sacré, on espère d’elles la guérison : Grégoire de Tours relate comment les malades accourent au tombeau d’Épipoy pour ingérer la poussière du sépulcre et s’en trouver guéris[53]. Logiquement, les saints lyonnais ont donné lieu à une importante littérature martyrologique qui s’est développée à partir de l’antiquité tardive et du récit fait par Eusèbe. Aux quarante-huit martyrs de 177, s’ajoutèrent notamment les figures d’Épipode et Alexandre de Lyon ainsi que d’Irénée. Cette vision édifiante déforme les souvenirs historiques : ainsi Grégoire de Tours transforme les massacres qui ont accompagné le pillage de Lyon sous Septime Sévère en une persécution : « Une persécution s'étant élevée, le démon suscita, par la main du tyran, de telles guerres dans ce pays, un si grand nombre de fidèles furent égorgés parce qu'ils confessaient le nom du Seigneur, que des fleuves de sang chrétien coulaient sur les places publiques, et que nous ne pourrions dire le nombre ni les noms des martyrs »[54]. Quoique inexact, cet épisode est repris sans critiques des sources par un historien de Lyon[55].

L'évêque, figure nouvelle dans la cité[modifier | modifier le code]

Aux martyrs s’ajoutèrent ensuite les figures de chrétiens exemplaires : Saint Just évêque de Lyon puis retiré dans la vie monachique et même saint Germain d'Auxerre dont on célèbre le bref passage à Lyon[CAG 69 12]. Avec les édits de Galère en 311 et de Milan en 313 le christianisme est devenu une religion licite, favorisée même par l’empereur avant de devenir, sous Théodose Ier religion de l’empire. Il ne pouvait plus y avoir de martyrs mais l’évêque devint alors un personnage essentiel de la cité. L’évêque Patiens à Lyon, dans la seconde moitié du Ve siècle témoigne de cette évolution : devenu évêque après une carrière civile, il exerce une autorité morale dans la ville et un rôle charitable important, grâce à sa fortune personnelle. Ainsi, les lettres de Sidoine Apollinaire décrivent la construction de la cathédrale durant l’épiscopat de Patiens et relate sa dédicace. Entourée de portiques, la cathédrale est ornée de matières précieuses – marbre, feuilles d’or – et de poèmes, sa dédicace est l’occasion d’une semaine de fêtes et de célébrations[56]. Son rôle religieux et culturel est plus important encore. Il assure « la promotion du martyr local ou de ses saints prédécesseurs (Irénée, Just […])[57] » avant de servir à son tour d’exemple proposé aux croyants ou de susciter d’autres récits : c’est à la déposition du corps de Patiens que fut rédigée une vie de saint Germain selon le Martyrologe d’Adon de Vienne et Florus de Lyon[CAG 69 13]. La cité antique s’est transformée : ses temples ont fermé et ont été détruits avant la fin du IVe siècle et sur la rive de la Saône un centre épiscopal se développe autour d'un baptistère[58]. Les sacrifices ont été interdits, et les messes et les processions ont remplacé les célébrations religieuses polythéistes, les églises ont animé une nouvelle géographie urbaine : les voyageurs de passage font « le tour des lieux saints de la ville de Lyon[59] ». Lyon est l'un des centres intellectuels de la chrétienté, illustré au Ve siècle par Sidoine Apollinaire ou Eucher. Alors que le pouvoir romain s’efface et que s’installe celui des Burgondes, puis des Francs, les évêques de Lyon ont le titre de métropolitain et la prééminence dans de nombreux conciles. Au VIe siècle, la figure de l’évêque Nizier est encore plus prestigieuse que celle de Patiens au siècle précédent ; à sa mort un culte se constitue rapidement.

Du IVe au VIe siècle, les inscriptions chrétiennes, dont plus de cent cinquante sont connues, et particulièrement les épitaphes, offrent un autre regard sur la communauté chrétienne de Lyon à la fin de l’Antiquité : avec le temps leur nombre augmente, la longueur du texte augmente, insistant sur les qualités du défunt, à l’image du négociant Agapus « assidu aux tombeaux des saints et zélé pour l’aumône et la prière[CIL 7]. »

Lugdunum sous les Sévères (193-235)[modifier | modifier le code]

Septime Sévère, musée du Louvre.

On connaît par l'épigraphie le fonctionnement du système exécutif de Lugdunum à l'instar d'autres cités romaines (sauf exception comme à Vaison-la-Romaine dirigé par un praetor (préfet) assisté de chargés de missions, les praefecti[60]) : les plus riches citoyens forment une assemblée qui siègent à la curie pour les délibérations municipales. Ces citoyens appelés décurions forment l'« ordre des décurions », l'ordo decurionum. Ils nomment annuellement deux magistrats exécutifs parmi eux, les deux duumvirs (juridiction civile et criminelle). Ils sont assistés de deux questeurs (finances) et de deux édiles (police et voirie)[61].

Capitale administrative, la ville abrite la résidence des gouverneurs, notamment Septime Sévère en 187-188. C'est là que nait son fils ainé Caracalla.

Peu après les martyrs des chrétiens, la cité est frappée indirectement par une querelle de succession impériale. Après la mort de l'empereur Commode s'instaure un régime de pronunciamientos militaires. Trois rivaux finissent par s'affronter : Septime Sévère, l'Africain, Pescennius Niger, commandant des armées d'Orient et Clodius Albinus, un aristocrate romain soutenu par les légions de Bretagne. Sévère écarte Niger au cours de l'année 196 et entre en campagne contre Albinus. Celui-ci réagit, traverse la Gaule et s'installe à Lyon dans l'attente de la traversée des Alpes par son adversaire. Son passage est attesté par l'émission d'un numéraire à son effigie, en compagnie du Génie de Lyon. Mais Sévère contourne les Alpes par l'Alsace, récupère des forces sur le Danube. La bataille de Lugdunum a lieu à l'extrémité du plateau des Dombes ou aux pieds des monts d'Or, ou bien sur le plateau à l'ouest de la ville à l'emplacement de l'actuelle commune de Tassin-la-Demi-Lune[Audin 16]. Bien qu'indécise, la victoire est acquise par les armées de Sévère qui poursuivent les partisans d'Albinus jusque sous les murs de la ville, et pénètrent dans la cité, qu'ils pillent car elle avait eu le tort de soutenir Albinus.

La crise passée, les faveurs impériales s'éloignent de la ville. Bien que né à Lyon, Caracalla n'apprécie pas sa ville d'origine. Les Sévères ne marquent pas la ville de leur empreinte, à l'exception d'Héliogabale auxquels les habitants offrent vers 220 une statue dont la base a est retrouvée parmi les pierres qui constituent le pont de la Guillotière détruit en 1953[Audin 17].

En 235, le dernier des empereurs sévériens, Sévère Alexandre, se fait assassiner après avoir traversé Lugdunum pour rejoindre les légions du Rhin[Audin 18].

Déclin et crises de l'Empire romain[modifier | modifier le code]

En 254, la correspondance de Cyprien de Carthage et du pape Étienne attribue la tête de l'épiscopat gaulois à l'évêque de Lyon, Faustin. En 259, les raids alamans déferlent dans la vallée du Rhône jusqu'à Arles. Ils auraient évité Lugdunum, mais cet épisode, pour le bonheur des archéologues, est marqué par la découverte de deux trésors :

  • Le trésor de Vaise : un habitant a enseveli ses biens les plus précieux, mais n'est jamais revenu les récupérer. Ce trésor comporte une riche vaisselle d'argent, des bijoux, des pièces de monnaie et des statuettes religieuses. Il est exposé au musée de la civilisation gallo-romaine[62].
  • L'équipement et le pécule d'un militaire : lors des fouilles de l'avenue Adolphe Max[63], sont retrouvés un coffre de bois contenant des éléments d'armement (cotte de maille, glaive, fibule, boucle de ceinture), ainsi qu'une bourse de cuir contenant 182 antoniani (antoniniens) d'argent. Ces éléments permettent une datation vers 259-260, contemporaine des raids germaniques ; il est cependant étonnant qu'un militaire ait enterré son trésor dans ce contexte.

À partir de 274 et jusqu'en 413, la ville accueille à nouveau un atelier monétaire (après la période de 12 av. J.-C. à 78).

Selon l’Histoire Auguste c'est peu après, en 281, que les habitants de Lugdunum furent à l'origine de l'usurpation de Proculus[64], riche propriétaire terrien qui aurait armé deux mille de ses esclaves (parfois rapprochés des bagaudes). Toujours selon l’Histoire Auguste, il aurait pris la fuite à l'approche des légions de l'empereur Probus et se serait réfugié chez les Francs qui l'auraient livré à Probus. Celui-ci l'aurait fait exécuter en représailles. On ne peut toutefois pas accorder crédit à l’Histoire Auguste sur cette histoire. Si l'usurpation brève d'un Proculus est attestée en Gaule par des auteurs plus sérieux, comme Eutrope et l'Epitome[65], elle est liée à la ville de Cologne. L'auteur de l’Histoire Auguste qui ne savait rien de consistant sur Proculus a composé, comme dans d'autres cas, une biographie de « pure invention[66] ».

À la fin du IIIe siècle, lors des réorganisations de la Tétrarchie, Lugdunum perd son rang de capitale des Gaules en 297, au profit de Trèves, plus proche de la frontière du Rhin. Lugdunum n'est plus que le siège administratif de la petite province de Première Lyonnaise (Lyonnais, Bourgogne et Franche-Comté).

Dans les premières années du IVe siècle[Audin 19], la cité reçoit le coup de grâce. Les pouvoirs municipaux n'ont plus les moyens de surveiller les aqueducs et leurs indispensables tuyauteries de plomb (notamment dans les siphons). Dès lors que des pillards coupent les sources d'eau indispensable à la vie de la cité, les habitants sont contraints de descendre vers la Saône : la colline de Fourvière est désertée. Du jour au lendemain, l'opulente cité se voit réduite à néant. Seuls deux endroits sont susceptibles de satisfaire cette demande nouvelle de sécurité : l'île Saint-Jean dont le bras occidental ne sera comblé qu'au milieu du IVe siècle et le secteur des Canabae où l'on sait qu'on continue, vers 360, à embellir des demeures du quartier[Audin 20]. Ce déplacement crée le noyau urbain qui devient le cœur du Lyon médiéval. La campagne alentour traverse une période de troubles attestée par la découverte de plusieurs trésors monétaires que leurs propriétaires avaient enfouis dans le sol.

Monnaie de Gratien

En 353, l'usurpateur Magnence se suicide[67] à Lugdunum après sa fuite et sa défaite en 351 à Mursa en Croatie contre Constance II. Magnus Maximus fait assassiner l'empereur Gratien à Lugdunum le 25 août 383[CAG 69 14].

Fin de Lugdunum romaine[modifier | modifier le code]

En 437, des tribus germaniques burgondes sont installées en Savoie et Romandie comme peuple fédéré par le patrice Aetius après la destruction de leur royaume de Worms par les Huns.

En avril 457, le général romain Ægidius, envoyé par l'empereur Majorien, reprend provisoirement la ville aux Burgondes. Ceux-ci l'enlèvent à nouveau et en font une capitale de leur royaume en 461, avec Vienne et Genève. Le 4 septembre 476 marque la fin de l'Empire romain d'Occident avec l'abdication de l'empereur Romulus Augustule.

Dans cette Burgondie, le roi Gondebaud organise l'intégration des Burgondes et des Gallo-romains par la proclamation de la loi gombette, introduisant une égalité de droit avec la convergence des droits personnels. Sur le plan religieux, le passage progressif des Burgondes de l'arianisme au catholicisme, sera plus particulièrement le but de son fils le roi Sigismond.

En 532, les fils de Clovis, à l'instigation de sa veuve Clotilde, princesse burgonde poursuivant une vengeance personnelle, font passer ce royaume sous la domination franque[68].

À l'automne 840, le forum de Fourvière s'écroule, les colonnes roulent jusqu'aux pieds de la colline. Vers 1080, la construction du pont sur la Saône marque le début de l'utilisation du site antique comme carrière de pierres. Lors de sa destruction sont retrouvées de nombreuses pierres datant de l'antiquité. Vers l'an 1100, les deux colonnes de l'autel du sanctuaire des trois Gaules sont transportées à la basilique Saint-Martin d'Ainay. Tronçonnées en deux, elles servent de piliers de la croisée du transept. En 1183, la construction du pont de la Guillotière nécessite une grande quantité de pierres, dont une partie provient des ruines de la ville antique.

Fouilles de Lugdunum : des découvertes fortuites à l’archéologie préventive[modifier | modifier le code]

La glorieuse cité gallo-romaine tombe dans l’oubli total après le XIIe siècle. Le forum s’est définitivement écroulé au IXe siècle, la ville antique sert de carrière de pierre dès le XIe siècle. Il est probable que l’œuvre humaine d’arasement systématique n’a laissé que de rares restes au XIIe siècle. Conjointement, la nature fait son œuvre et l’érosion naturelle recouvre lentement les ruines romaines. La colline, comme la quasi-totalité des coteaux à l’ouest de l’axe Rhône-Saône, se couvre de vignes.

Entre 1505 et 1514, Pierre Sala, bourgeois de Lyon, acquiert une parcelle de vignes pour y construire une maison de campagne. Il la nomme rapidement Antiquaille à cause des vestiges gallo-romains qu’il découvre aux moindres travaux (cette maison sera agrandie, puis transformée en couvent et enfin en hôpital, fermé définitivement en 2003).

En 1528, on découvre les Tables Claudiennes sur le site supposé du sanctuaire fédéral des Trois Gaules. Le plan scénographique de 1550 laisse apparaitre quelques voûtes de soutènement du dernier maenianum (volée de gradins) de l'odéon. Ces restes sont alors interprétés comme étant ceux de l'amphithéâtre jusqu'à ce que de nouveaux calculs du rayon de courbure de la cavea excluent cette hypothèse. Le site de l'amphithéâtre nommé « Corbeille de la Déserte[note 6] » est également visible, identifié par quelques arches et une cuvette naturelle à l’emplacement de l’arène.

Au cours du XVIIe siècle, les découvertes fortuites sur le site de l’Antiquaille nourrissent des légendes. Le propriétaire du terrain, Claude de Rubys, pense avoir trouvé le palais impérial. L’idée est reprise par les religieuses du couvent de la Visitation, et par quelques historiens jusqu’au XXe siècle. Mais en 1934, l’archéologue lyonnais Philippe Fabia réinterprète les découvertes et exclut l’hypothèse du palais impérial[69]. Malgré cela, les Visitandines découvrent trois mosaïques sur le terrain de l’Antiquaille en 1639, 1695 et 1758. Ces découvertes démontrent que, bien que très abrupt, le terrain à l’extrême est du plateau de Fourvière abrite un quartier dense d’habitations luxueuses.

En 1704 est découvert dans la vigne d’un certain Bourgeat, l’autel taurobolique. Cette découverte influera sur les interprétations historiques (notamment la fausse dénomination du sanctuaire de Cybèle). Le vignoble de la colline de Fourvière disparaît définitivement au début du XIXe siècle.

En 1818-1820, les fouilles identifient l’amphithéâtre sur le bas de la colline de la Croix-Rousse, mais on rebouche le tout. En 1827, lors de la construction de la buanderie à l’hôpital de l’Antiquaille, on découvre les restes d’un établissement thermal de petite dimension (sans qu’il soit possible de dire s’il s’agit de bains privés ou publics)[70].

Entre 1900 et 1903, lors de travaux à l’hôpital de l’Antiquaille, l’architecte Jean Berger décrit « des restes de grandes salles avec quelques vestiges de mosaïques et de stucs colorés[71] ».

En 1925, l’archéologue Camille Germain de Montauzan dresse le plan de la Grotte Bérelle, dont on ne sait toujours pas s’il s’agit de la citerne de la cohorte urbaine qui protégeait l’atelier monétaire ou bien le réservoir terminal d’un aqueduc. En 1926, il dégage les ruines à l’ouest du théâtre. Il les met en relation avec l’autel taurobolique découvert en 1704 et propose d’attribuer ces vestiges à un temple de Cybèle (ces hypothèses longtemps admises seront contredites par la campagne de fouilles achevée en 2001). En 1933, il reprend les fouilles dans le quartier des Minimes, en entreprenant notamment le dégagement du théâtre.

En 1946, on met à jour l’odéon et le four à chaux médiéval dans lequel on retrouve de trop rares restes des statues du théâtre qui ont fini tristement réduites en poudre pour la fabrication d’enduit, une caryatide et des éclats de marbre.

En 1955, Amable Audin effectue des sondages sur le site de l’Antiquaille et découvre les restes de voies romaines qu’il intègre au réseau viaire qu’il a imaginé[Audin 21]

En 1956, les fouilles sérieuses au pied de la colline de la Croix-Rousse remettent au jour l’amphithéâtre dont toute la partie sud a été détruite par les constructions du XIXe siècle. Pendant les travaux du percement du métro, des mosaïques et des amphores de drainage sont découvertes en grande quantité dans la presqu’île sur le site des Canabae.

Archéologie préventive[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1970, l’importance des vestiges et les destructions massives engendrées par les travaux d’envergure (immeubles de la rue des Farges, métro de Lyon…) nécessitent la mise en place d’un plan d’étude et de sauvegarde du patrimoine antique. En 1975, sous l'impulsion de l'archéologue Amable Audin, le musée gallo-romain de Fourvière est inauguré sous le mandat du maire Louis Pradel.

En 1978, une commission archéologique indépendante est créée et en 1980, trois zones d’intérêt dégressif sont mises en place (le sommet de Fourvière étant jugé d’importance majeure[72]). Durant les trente dernières années, l’étendue du périmètre a été revue au regard des nouvelles connaissances sur l’histoire de la ville antique (ajouts de Vaise, du Point du jour et de la Guillotière). Depuis ce consensus, tous les travaux sont soumis à un avis préalable de la direction régionale des affaires culturelles. À Lyon, depuis cette date, plus de 600 opérations archéologiques ont été réalisées posant le problème du devenir de ce patrimoine : ligne D du métro en 1989, reconstruction du Grand Bazar en 2006

Avenir[modifier | modifier le code]

Les travaux en cours de réaménagement de l’ancien hôpital de l’Antiquaille à l’extrémité est du plateau de Fourvière livrera sans doute de nombreux éléments antiques. Les barques gallo-romaines découvertes lors du creusement du parking Saint-Georges (5e arrondissement) en 2003 sont toujours en cours de traitement à Grenoble et sont promises à la vue du visiteur dans un avenir proche. Les publications concernant les fouilles sous le nouveau Grand Bazar sont très attendues.

Détail des découvertes[modifier | modifier le code]

Des fouilles ont permis d'exhumer de nombreux monuments et vestiges. Certains ne sont pas ou plus visibles, car ils ont laissé la place à des bâtiments les ayant recouverts ou bien parce qu'ils ne sont pas encore présentés au public.

Jardin archéologique de Fourvière[modifier | modifier le code]

Des vestiges sont visibles gratuitement[73] :

Musée de la Civilisation gallo-romaine de Lyon[modifier | modifier le code]

Le musée de la Civilisation gallo-romaine présente la collection permanente issue des fouilles de la région lyonnaise et accueille également des expositions[74]. L'entrée est gratuite pour tous les jeudis. On peut y voir notamment les trésors découverts lors de fouilles :

Autres édifices[modifier | modifier le code]

Un des mausolées romains de Lyon : le tombeau de Turpio.
Vestiges de l'aqueduc du Gier, rue Radisson à Lyon
  • L’Amphithéâtre des Trois Gaules : visible de la rue, jardin des plantes, Lyon 1er arrondissement ;
  • les grands thermes : les seuls découverts dans la ville haute, jouxtant des habitats en terrasses (pas de restriction d'heure), rue des Farges, Lyon 5e arrondissement ;
  • le tombeau de Turpio, un des cinq mausolées bordant l'une des voies romaines menant à la ville haute (pas de restriction d'heure), montée de Choulans, Lyon 5e arrondissement ;
  • le parc archéologique de Saint-Jean, petit jardin public qui conserve les vestiges du baptistère paléochrétien, un des plus anciens baptistères connus en Gaule romaine à ce jour ;
  • l’aqueduc du Gier, qui mesure 75 km, est le plus long des quatre aqueducs : quelques arches sont visibles au bout de la rue Radisson, Lyon 5e arrondissement. De très beaux restes (quatre-vingt douze arches) dans la commune de Chaponost ;
  • la Grotte Bérelle : citerne d'eau sous la colline de Fourvière. Classée monument historique (non ouvert au public) ;
  • des thermes publics d'époque tardive découverts lors des travaux du métro de Lyon sous l'avenue Adolphe Max : le faible périmètre des fouilles ne permet pas d'interpréter correctement l'aménagement des pièces. L'ensemble est daté du IVe siècle[75]. Les bâtiments ont été détruits après les fouilles pour la construction du métro ;
  • les fouilles du Clos du Verbe Incarné[Poux 3].

Habitat[modifier | modifier le code]

Les maisons à atrium[modifier | modifier le code]

Elles sont bâties sur la base d'un style méditerranéen précoce dans cette partie de la Gaule. Elles datent généralement de la fin du Ier siècle av. J.-C. :

  • La maison à l'opus spicatum découverte sous le pseudo-sanctuaire de Cybèle. Il s'agit de l'exemple type de maison à atrium tétrastyle, édifiée à la fin du Ier siècle, démontrant l'adoption précoce de plan de type méditerranéen. Elle occupe une superficie d'environ 200 m2 (16 × 12 m). On accède à la maison par un seuil donnant d'un côté sur le portique de la rue et sur l'autre sur un vestibule (couloir) bordé de deux boutiques donnant également sous le portique. Le vestibule conduit à un atrium tétrastyle dont le centre est occupé par un bassin pour récupérer les eaux de pluie, l’impluvium, dont le fond est en opus spicatum, d'où la maison tire son nom. La pièce principale est une exèdre dans l'alignement du bassin intégralement ouvert sur l'atrium. Les fondations maçonnées supposent une élévation en briques crues (adobe) et torchis[CAG 69 15].
  • La maison au bassin de calcaire découverte sous le pseudo-sanctuaire de Cybèle. Elle partage l'îlot avec la maison à l'opus spicatum. Son élévation est constituée de pans de bois. Une cage d'escalier a été identifiée attestant l'existence d'un étage.
  • La maison du laraire découverte lors des fouilles du Clos du Verbe Incarné[76]. L'accès se fait par la rue à portiques, par un vestibule, séparant quatre boutiques de chaque côté. Ce couloir conduit à un atrium tétrastyle qui donne accès à neuf pièces. Une cage d'escalier atteste l'existence d'un étage, peut-être au-dessus des boutiques[76].
  • La maison à l'emblema mosaïqué découverte lors des fouilles du Clos du Verbe Incarné[76].

Maisons à péristyle[modifier | modifier le code]

  • La maison aux masques, découverte lors du dégagement des grands thermes publics de la rue des Farges[19]. Elle est construite sous le règne de Tibère[CAG 69 16]. Cette maison à péristyle doit son nom aux masques en terre cuite découverts lors des fouilles, dont deux sont complets (environ 22 × 18 cm) parmi les fragments d'une dizaine d'autres masques[77]. Elle a également livré des décors peints, la peinture aux emblemata du 3e style pompéien : de grands panneaux jaunes et petits panneaux noirs portant des décors de candélabres avec oiseaux, un reste de la composition centrale comportant un édicule jaune bordé sur chaque côté d’emblema, avec des scènes de paysages, notamment Priape entouré de nature.
  • La maison aux Xenia[78] : les fouilles lors de la station de métro à Gorge-de-Loup mettent au jour une maison occupée au Ier siècle. Les bâtiments sont détruits, mais certains décors sont visibles au musée de la Civilisation gallo-romaine.

Habitat divers[modifier | modifier le code]

  • La maison aux fresques ou maison à l’hippocampe, chemin de Montauban, lors des fouilles du Clos de la Solitude en juillet et [79] dans l’angle sud est du terrain. Cette villa, qui comporte au moins cinq pièces desservies par un vestibule, dont au moins une petite pièce (3,30 × 2,65 m) est dotée d’un hypocauste et une autre, probablement un triclinium, possède un décor mural de scènes animales d’où la villa tire son nom : hippocampe ailé et dauphin, chien et coq, poissons. Le dallage est en béton de tuileau[80].
  • La maison au char découverte lors du dégagement des grands thermes publics de la rue des Farges[19] doit son nom aux pièces métalliques d'un char découvertes lors des fouilles[CAG 69 17].
  • Une maison fouillée au nord de la rue à portique découverte en 1962 lors des fouilles du Clos de la Solitude. Le sol est à la cote 240,04 mètres. Un vestibule d’entrée, dirigé vers le nord, débouche sur un atrium à bassin entouré de plusieurs pièces d’utilisation indéterminée[81].

Divers[modifier | modifier le code]

  • Des barques gallo-romaines ont été découvertes au cours des travaux du parking Saint-Georges dans le Vieux Lyon sous la place Benoît-Crépu entre 2003 et 2005. La présentation au public est prévue après leur traitement toujours en cours à Grenoble ().

Personnages romains nés à Lugdunum[modifier | modifier le code]

Deux empereurs romains sont nés à Lyon :

Ainsi que :

Chronologie simplifiée[modifier | modifier le code]


Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. dont l'archéologue Amable Audin dans son Essai sur la topographie de Lugdunum.
  2. Selon la légende, Lyon aurait été fondée par un vol de corbeaux. Voir : Une fondation légendaire, Momoros et Atepomaros. Cependant, le terme lugos « corbeau » n'est pas attesté en celtique. Le thème principal servant à nommer le « corbeau » est bran(n)o- (cf. le terme gaulois branos et les termes gallois, cornique, breton bran, qui désignent le « corbeau »). L'étymologie lugos est peut-être symbolique, le corbeau étant, avec la corneille, l'un des oiseaux les plus fréquemment sacralisés par les Gaulois. Fausse ou non, l'explication du nom de Lyon par un nom gaulois du corbeau va vivre dans les imaginaires et se répercuter dans des représentations figurées comme des monnaies antiques ou des médaillons. Le nom de Lugdunum / Lyon a pu être compris d'une manière emblématique comme la « Colline du Corbeau ». Voir dans la Bibliographie : Jacques Lacroix p. 110 à 113, et Xavier Delamarre à l'article branos.
  3. Cf. Bibliographie, Xavier Delamarre, article lugus, Stéphane Gendron, p. 91 et Jacques Lacroix p. 155 à 169. Sénèque, dans l'Apocoloquintose du divin Claude, présente Lyon comme un « sommet dominant deux cours d'eau, que Phoebus à son lever voit toujours en face ».
  4. du latin campana : cloche.
  5. La date est donnée par la curatelle de Fulvius Aemilianus datée le plus souvent des années 160, mais parfois placé sous Septime Sévère ; voir François Jacques, Les curateurs des cités dans l'occident romain, Paris, 1983, p. 221 n.2.
  6. La Déserte est un couvent détruit pendant la Révolution qui a laissé sa place à la place Sathonay.
  7. Félix Benoit, dans son ouvrage Lyon secret, se fait l'écho d'historiens et autres érudits lyonnais du XIXe siècle pour évoquer le lieu de naissance de Ponce Pilate. Il serait né en 19 av. J.-C. dans le quartier de Fourvière à Lugdunum où son père aurait occupé un poste de haut fonctionnaire romain. L'historien Eusèbe de Césarée prétend que Ponce Pilate serait revenu à Lugdunum en 37 en étant l'objet d'une disgrâce et se serait alors donné la mort.

Références[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Antiquité[modifier | modifier le code]

  • Cicéron, Lettre à ses familiers
  1. X, 22 et X, 24.
  2. a et b X, 24.
  • Tacite, Histoires Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. I, 51.
  2. I, 65.
  3. I, 63.
  4. I, 64.
  5. II, 59.
  6. I, 59.
  7. II, 59. Traduction Henri Goelzer.
  8. II, 70.
  9. I, 66.
  • Tacite, Annales Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. III, 40. Traduction Burnouf.
  2. III, 41. Traduction Burnouf.
  3. XVI, 3. Traduction Burnouf.
  4. VI, 45.
  5. XII, 58.
  1. X, 6087. Épitaphe de Munatius Plancus de son tombreau à Gaète (Italie).
  2. XIII, 1919 et 1805.
  3. XIII, 2000.
  4. XIII, 2036.
  5. XIII, 1995.
  6. XIII, 1805 et 1972.
  7. XIII, 2391.

Archéologie[modifier | modifier le code]

  • Anne-Catherine Le Mer, Claire Chomer, Carte archéologique de la Gaule, Lyon 69/2, Paris,‎ 2007, 883 p. (ISBN 2-87754-099-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. p. 597.
  2. p. 599 à 600.
  3. p. 591 à 595.
  4. p. 499 et 500.
  5. a et b p. 221.
  6. p. 215 et 216.
  7. p. 217.
  8. a et b p. 220.
  9. a, b et c p. 222.
  10. p. 224.
  11. p. 225.
  12. p. 145 à 161.
  13. p. 157.
  14. p. 229.
  15. p. 199.
  16. p. 200.
  17. p. 586.
  • Mathieu Poux, Hugues Savay-Guerraz, Lyon avant Lugdunum, Infolio éditions,‎ 2003, 151 p. (ISBN 2-88474-106-2)
  1. p. 36 à 60.
  2. a et b p. 70.
  3. a et b p. 102.
  4. p. 108.
  5. p. 130.
  6. p. 28 à 33.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Amable Audin, Lyon, miroir de Rome dans les Gaules, Fayard,‎ 1965, 223 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  1. p. 79.
  2. p. 83.
  3. p. 88.
  4. a et b p. 133.
  5. p. 139.
  6. p. 128.
  7. p. 120.
  8. p. 123.
  9. p. 124.
  10. p. 106.
  11. p. 109.
  12. a et b p. 117.
  13. p. 134.
  14. p. 142.
  15. p. 142 à 147.
  16. p. 190.
  17. p. 194.
  18. p. 196.
  19. p. 200.
  20. p. 202.
  21. p. 101.

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. André Chagny, La fondation de Lyon et le souvenir de L. Munatius Plancus, Lyon, Hôtel de Ville, 1957, p. 26.
  2. Pierre-Yves Lambert, La langue Gauloise, Ed. Errance, 1994.
  3. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions Errance 2003, p. 210.
  4. Deroy & Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, Le Robert, 1992Modèle:Reférence incomplète
  5. a et b L'Arar désigne la Saône.
  6. Marie Varnieu, « Exceptionnelle découverte sur un site archéologique à Vaise », dans Le Progrès du 19 janvier 2008, p. 11.
  7. Christian Goudineau dir., Aux origines de Lyon ; actes d'un séminaire tenu le 24 janvier 1987 au Musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon, DARA (Documents d'archéologie en Rhône-Alpes), 1989, Lyon, 127 p., (ISBN 2-906190-06-3).
  8. Armand Desbat, collectif, Lugdunum, naissance d'une capitale, Infolio éditions, 2005, p. 11, (ISBN 2-88474-120-8).
  9. André Chagny, La fondation de Lyon et le souvenir de L. Munatius Plancus, Lyon Hôtel de Ville, 1957, p. 22.
  10. Pour une opinion cependant opposée à cette thèse, voir : Gascou Jacques. César a-t-il fondé une colonie à Vienne ?. In: Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité T. 111, N°1. 1999. p. 157-165.Lire en ligne sur Persée.
  11. Christian Goudineau, Les textes antiques sur la fondation et la signification de Lugdunum in Regard sur la Gaule, éditions Babel, 2007, p. 468, (ISBN 978-2742769247).
  12. Dion Cassius, Histoires, Livre XLVI, 50.
  13. Christian Goudineau, Les textes antiques sur la fondation et sur la signification de Lugdunum in Regard sur la Gaule, éditions Babel, p. 449.
  14. Jacques Gascou, « César a-t-il fondé une colonie à Vienne ? » MEFRA, 111-1, 1999, p. 157-165 Lire en ligne sur Persée.
  15. Eusèbe de Césarée, dit Eusèbe Pamphile, Chroniques, Livre II.
  16. Gabriel Chevallier, Lyon 2000, éditions Le Quadrige d'Apollon, 1958, p. 48.
  17. Armand Desbat, ouvrage collectif, Lugdunum, naissance d'une capitale, Infolio éditions, 2005, p. 63.
  18. Christian Goudineau, "La Gaule de la mort de César à celle de Néron" in Regard sur la Gaule, éditions Babel, 2007, p. 368.
  19. a, b, c et d Armand Desbat (dir.), Lugdunum, naissance d'une capitale, Gollion (éd. par le Pôle archéologique du département du Rhône), 2005, 181p., (ISBN 2-88474-120-8).
  20. Armand Desbat, ouvrage collectif, Lugdunum, naissance d'une capitale, Infolio éditions, 2005, p. 66.
  21. André Pelletier, Jacques Rossiaud, Françoise Bayard et Pierre Cayez, Histoire de Lyon : des origines à nos jours, Éditions Lyonnaises d'Art et d'Histoire, Lyon, 2007, (ISBN 2-84147-190-4), page 18.
  22. Strabon, IV, 6, 11.
  23. Daniel Frascone, La voie de l'océan et ses abords, nécropoles et habitats gallo-romains, à Lyon Vaise, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1999, p. 22-23.
  24. Revue Galia 2010, tome 67.1.
  25. L'aqueduc romain de l'Yzeron, Lyon, 1991, p. 125.
  26. Gilbert Charles-Picard, analyse comparée de la modénature romaine en Gaule de la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C. in Amable Audin, Lyon, miroir de Rome dans les Gaules, Résurrection du passé, Fayard, 1965, p. 64.
  27. Christian Goudineau, « La Gaule de la mort de César à celle de Néron » in Regard sur la Gaule, éditions Babel, 2007, p. 377-378.
  28. Inscription latine des Trois Gaules, n°217 (AE 1959, n°61).
  29. Suétone, Vie des douze Césars (Caligula, XX), traduction Henri Ailloud.
  30. Pierre Renucci, Caligula l'impudent, infolio, 2007, p. 15.
  31. Pierre Renucci, Caligula l'impudent, infolio, 2007, p. 156 et 157.
  32. Pierre Renucci, Caligula l'impudent, infolio, 2007, p. 172.
  33. Lettre à Lucilius 91.
  34. Guide des collections, musée archéologique, Saint-Romain-en-Gal, 1996, p. 27 : épitaphe de Decimanus trouvé à Lyon en 1884.
  35. François Jacques, Les curateurs de cités dans l'Occident romain, Paris, 1983, n° 109, p. 220-223.
  36. François Jacques, op. cit.
  37. Vitruve, I, 7.
  38. Aen., I, 422.
  39. Ambroise Comarmond, Notice du musée lapidaire de la ville de Lyon, 1855, p. XX, en ligne.
  40. Jean Pelletier, Charles Delfante, Atlas historique du Grand Lyon, éditions Xavier Lejeune-Libris, 2004, p. 31.
  41. Ouvrage collectif, Lyon Saint-Jean, les fouilles de la rue Tramassac, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1994, p. 19.
  42. Françoise Villedieu, Lyon St-Jean, les fouilles de l'avenue Adolphe Max, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1990, p. 19.
  43. M. Genin, J. Lasfargues, A. Schmitt -Dir), Les productions des ateliers de potiers antiques de Lyon, Gallia, 53, 1996, p. 1-249 [1] ; M. Genin, J. Lasfargues, A. Schmitt -Dir), Les productions des ateliers de potiers antiques de Lyon. 2e partie : Les ateliers du Ier s. après J.-C., Gallia, 54, 1997, p.1-117 [2].
  44. J.P. Lascoux, W. Widlak, 1996.
  45. A. Cochet, 1986.
  46. Guide du site de Saint-Romain-en-Gal, 1999, p. 54-55 (ISBN 2-7118-3201-5).
  47. Pline le Jeune, Lettres, IX, 11, traduction Annette Flobert dans Christian Goudineau, Regard sur la Gaule : Recueil d'articles, Actes sud, 2007, Paris, 537p., (ISBN 978-2742769247).
  48. Le Glay 1978, p. 24.
  49. Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, livre V, 1 à 3.
  50. G. Bowersock, Rome et le martyr, Paris, 2002, p. 129.
  51. P. Wuilleumier, Lyon. Métropole des Gaules, Paris, 1953, p. 94.
  52. Irénée, Contre les hérésies, 1, 13, 7 ; Jérôme, Commentaire sur Isaïe, XVII, 64 et Lettres, IV, 75, 3.
  53. La gloire des confesseurs, 63.
  54. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre I.
  55. Albert Champdor, Lyon, cité romaine, édition Bias, 1990.
  56. Sidoine Apollinaire, Lettres II, 10, 2-4 et IX, 3.
  57. J.-F. Reynaud dans A.C. Le Mer, C. Chomer et alii, Carte Archéologique de la Gaule. 69/2 : Lyon, Paris, 2007, p. 245.
  58. datation confirmée par les fouilles archéologiques de 1973 - cf. André Pelletier, Histoire et Archéologie de la France ancienne – Rhône Alpes, édition Horvath, 1988, (ISBN 2717105601), p. 103-107.
  59. Grégoire de Tours, La gloire des confesseurs, 61.
  60. Christian Goudineau, "Vaison-la-Romaine a-t-elle usurpé son nom" in Regard sur la Gaule, éditions Babel, 2007.
  61. Yves Burnand, Personnel municipal dirigeant et clivages sociaux en Gaule romaine sous le Haut-Empire. In: Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité T. 102, N°2, 1990, p. 554-555, [3].
  62. Collectif, Le trésor de Vaise, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1999, (ISBN 2-906190-21-7).
  63. Françoise Villedieu, Lyon St-Jean, les fouilles de l'avenue Adolphe Max, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1990, p. 26 à 28.
  64. Histoire Auguste, Le Quadrige des Tyrans, XII-XIII.
  65. Eutrope IX, 17, 1 ; Epitome, 37, 2.
  66. A. Chastagnol éditeur, Histoire Auguste, Paris, 1994, p. 1109-1110 et 1127-1129.
  67. Eutrope, Abrégé d'histoire romaine, VII.
  68. Justin Favrod Les Burgondes, un royaume oublié au coeur de l'Europe, coll. Le Savoir Suisse, PPUR, 2002, Lausanne. .
  69. Philippe Fabia, Pierre Sala, sa vie et son œuvre avec la légende et l’histoire de l’Antiquaille, Lyon, 1934.
  70. Ouvrage collectif, l’Antiquaille de Lyon, histoire d’un hôpital, éditions Lieux Dits, 2003, p. 21.
  71. Jean Berger, Le Forum romain de Fourvière et la reconstitution de divers chapiteaux provenant de ce forum, Mem. Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Lyon, 1905, p. 85 à 89.
  72. Jean Pelletier, Charles Delfante, Atlas historique du Grand Lyon, éditions Xavier Lejeune-Libris, 2004, p. 38.
  73. Voir le site archéologique.
  74. voir le site du musée.
  75. Françoise Villedieu, Lyon St-Jean, les fouilles de l'avenue Adolphe Max, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1990, p. 29 à 38.
  76. a, b et c B. Mandy, Rapport 1983a et E. Delaval, 1994 et 1995.
  77. Armand Desbat, 1981c.
  78. Ouvrage collectif, Vaise, un quartier de Lyon antique, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1995, p. 71.
  79. voir l'historique des fouilles sur le Collège Sainte-Marie.
  80. Armand Desbat, 1981c, p. 153, 161.
  81. J. Gruyer, 1973, p. 449.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Bachet de Meziriac, Recherche sur l'origine du mot Lugdunum, 1846
  • Stéphane Gendron, L'origine des noms de lieux en France, 2003, Errance, (ISBN 2-87772-261-9)
  • Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, 2003, Errance, (ISBN 2-87772-237-6)
  • Jacques Lacroix, Les noms d'origine gauloise - La Gaule des dieux, 2007, Errance, (ISBN 9786-2-87772-349-7)
  • Amable Audin, Essai sur la topographie de Lugdunum, Lyon, 1959
  • Amable Audin, Lyon, miroir de Rome dans les Gaules (coll. « Résurrection du passé »), Fayard, 1965, 224 p., ill.
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Armand Desbat, Les fouilles de la rue des Farges : 1974-1980, 1984
  • Françoise Villedieu, Lyon St-Jean, les fouilles de l'avenue Adolphe Max, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1990, (ISBN 2-906190-07-1)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Collectif, Lyon St-Jean, Les fouilles de l'îlot Tramassac, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1994, (ISBN 2-906190-14-4)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Collectif, Vaise, un quartier de Lyon antique, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1995, (ISBN 2-906190-15-2)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Daniel Frascone, La voie de l'océan et ses abords, nécropoles et habitats gallo-romains, à Lyon Vaise, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1999, (ISBN 2-906190-22-5)
  • Collectif, Le trésor de Vaise, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 1999, (ISBN 2-906190-21-7)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article C. Arlaud, Lyon, les dessous de la presqu'île, documents d'archéologie en Rhône-Alpes, 2000, (ISBN 2-906190-24-1)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Armand Desbat, collectif, Lugdunum, naissance d'une capitale, Infolio éditions, 2005, (ISBN 2-88474-120-8)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Christian Goudineau, Regard sur la Gaule, recueil d'articles, éditions Babel, 2007, (ISBN 2-7427-6924-7)
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Justin Favrod, Les Burgondes, un royaume oublié au coeur de l'Europe, Lausanne 2002, (ISBN 2-88074-596-9)
  • Collectif sous la direction d'Armand Desbat, Lugdunum, naissance d'une capitale, In folio éditions, 2005, (ISBN 2-88474-120-8)
  • Christian Goudineau dir., Rites funéraires à Lugdunum, Errance, 2009, Paris, 253 p., (ISBN 978-2-87772-406-7)
  • André Pelletier, Lugdunum, Editions lyonnaises d'art et d'histoire, 1999, (ISBN 2-7297-0627-5)
  • Collectif, Archéologie d'un espace suburbain à l'époque romaine, revue Gallia n° 67-1, 2010, CNRS Éditions, (ISBN 978-2-271-07063-0)
  • Marcel Le Glay, « Le culte impérial à Lyon au IIème siècle Ap. J.C. : colloque international du Centre national de la recherche scientifique, Lyon, 20-23 septembre 1977 », dans Les martyrs de Lyon (177), Paris, Éditions du C.N.R.S., coll. « Colloques internationaux du Centre national de la recherche scientifique » (no 575),‎ 1978, 328 p. (ISBN 2-222-02223-1), p. 19–31

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