Musée Soulages

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Musée Soulages
Musée Soulages.jpg

Entrée du Musée Soulages.

Informations générale
Ouverture
Surface
6 200 m2
Visiteurs par an
200 000 (2014)[1]
Site web
Collections
Collections
Nombre d'objets
environ 250
Localisation
Pays
Commune
Adresse
Jardin public du Foirail
Avenue Victor-Hugo
Coordonnées
Localisation sur la carte de France
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Le musée Soulages est un musée d'art contemporain situé à Rodez, dans l'Aveyron, en Région Occitanie. Construit pour exposer des œuvres du peintre français Pierre Soulages, il reçoit également des expositions temporaires d'autres artistes contemporains. Il obtient le label « Musée de France » le 20 décembre 2005, avant même que la première pierre ne soit posée. Il est construit sur le plateau du Foirail, aux portes du centre historique de Rodez et de la cathédrale Notre-Dame. L'inauguration s'est effectuée en présence du président de la République, François Hollande, le .

Le projet[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

L'idée de construire un musée vient de Marc Censi, maire UMP de Rodez de 1983 à 2008. Cette idée fut validée par l'artiste en raison de la proximité de la cité ruthénoise et du village de Conques :

« J'ai accepté, car ce projet est lié à l'abbatiale de Conques, un lieu proche de Rodez, auquel je suis très attaché. Adolescent, j'ai tellement été bouleversé par la beauté de l'architecture de cette église que j'ai décidé de me consacrer à l'art. Lorsqu'on m'a demandé de réaliser ses vitraux, je n'ai pas hésité. Ce travail a occupé sept années de ma vie [entre 1987 et 1994]. La proposition, faite par Marc Censi, de montrer les maquettes qui ont conduit à leur fabrication m'a enthousiasmé[2]. »

Malgré l'accord de l'artiste, le musée ne rencontre pas au départ un enthousiasme général, l'idée entraînant polémiques et débats : « Il a eu ses défenseurs et ses détracteurs » précise Christian Teyssèdre[3]. Beaucoup se demandent comment une agglomération de 52 000 habitants, comportant déjà deux musées, pourrait financer un troisième[3]. Un sondage de 2009 montre une très large hostilité au projet de la part de la population locale[3].

Le 20 décembre 2005, le musée Soulages - encore en projet - entre dans le cercle du label des musées de France. En juillet 2006 et après de nombreuses études en termes d'impact économique et touristique, le conseil de la communauté d'agglomération du Grand Rodez autorise la poursuite du projet en lançant un concours architectural. Avec une centaine de projets architecturaux émanant du monde entier, l'équipe RCR Arquitectes, basée à Olot dans la communauté autonome de Catalogne en Espagne est lauréate du concours de maîtrise d’œuvre. Finalement, c'est le nouveau maire de Rodez en 2008, le socialiste Christian Teyssèdre, qui poursuivra le projet[3]. Enfin, le 23 juin 2009, la communauté d'agglomération du Grand Rodez approuve la réalisation du musée. La première pierre est posée le en présence de l'artiste et de nombreux responsables politiques. Les critiques émises lors de l'avant-projet disparaissent peu à peu au fur et à mesure de l'avancement de la construction, même si des doutes subsistent sur son budget de fonctionnement[3].

Financement[modifier | modifier le code]

Le coût de construction de ce musée est d'environ 25 millions d'euros[3],[4]. La Communauté d'agglomération du Grand Rodez, maître d'ouvrage, inscrit dans son budget le montant de 26,141 millions d'euros[5].

Ce musée est un établissement public cofinancé par la communauté d'agglomération du Grand Rodez, le ministère français de la Culture et de la Communication, le conseil régional de Midi-Pyrénées et le conseil départemental de l'Aveyron.

Le budget de fonctionnement est évalué à 1 200 000 par an[4] pour 100 000 visiteurs[6].

Architecture[modifier | modifier le code]

Architecture en porte-à-faux de l'entrée du musée.

La conception architecturale du musée est confiée début 2008 à l'agence catalane RCR Arquitectes (Olot) associés à Passelac & Roques Arquitectes[7]. Le bâtiment est construit dans le parc du Foirail, à quelques centaines de mètres du centre historique de la cité et de la Cathédrale Notre-Dame de Rodez. Conçu comme « un musée dans un jardin », il prend la forme d'un long socle duquel émergent cinq volumes d'acier rouge corrodé. Les architectes ont pleinement tiré parti de son implantation sur un talus et, ainsi, libéré des vues sur le paysage lointain (plateau de l'Aubrac), offrant de la sorte une ré-interprétation contemporaine des fenestras de Rodez (petits squares panoramiques qui jalonnent les boulevards du tour de ville). Mais ce musée n'est pas exclusif à Pierre Soulages, une salle de 500 m² est offerte à des expositions temporaires d'artistes modernes et contemporains[3],[8].

Le 28 octobre 2015, le cabinet d'architecture RCR Arquitectes reçoit le prix d'architecture espagnole internationale, décerné par la Fondation espagnole pour l'architecture contemporaine[9].

Le 1er mars 2017, le collectif se voit décerner le Prix Pritzker[10].

Emplacement[modifier | modifier le code]

Le musée s'implante sur l'ancien site du jardin public du Foirail. Cette localisation, emblématique site historique d'animation de la vie des grands Ruthénois, offre un grand espace pour la culture et les loisirs, associant un cadre paysager soigné à un ensemble d'équipements culturels. Le plateau du Foirail assure la jonction entre le quartier de Bourran et la cathédrale de Rodez. Occupant notamment l'emplacement des Halls Charles, détruits en 2007, et de l'ancienne salle des fêtes, d'autres équipements culturels et économiques viennent compléter l'offre du musée Soulages.

  • Près du Haras et du stade Paul-Lignon, la salle des fêtes de 2 800 m2 a été inaugurée le par son concepteur, Emmanuel Nebout et des représentants politiques[11]. D'une architecture futuriste et originale[12], elle marque la césure totale entre le centre historique et ce nouveau quartier. Elle a la particularité d'offrir une vaste zone découverte, et sa configuration lui permet d'accueillir, grâce à ses équipements (loges, vestiaires, moyens audio-visuels, grand écran, scène), des salons, expositions, fêtes, manifestations d'associations, d'entreprises. À cette salle, en est juxtaposée une autre (qui peut être scindée en deux). Elle peut faire office de vestiaire ou de bar, voire de salle de réunion. Enfin, dans les étages, 3 salles de réunions sont disponibles. L'ensemble du bâtiment entre en synergie et complémentarité avec la restructuration et l'agrandissement du stade Paul-Lignon, et, d'une manière plus large, avec le Multiplexe et le musée afin de répondre à des manifestations économiques ou culturelles.
  • Sur l'esplanade du Foirail et jouxtant le musée, un complexe cinémas / congrès comprenant 10 salles, pour un total de 1 600 places, réparties sur deux niveaux, dont la plus grande contient près de 500 places assises, est livrée en décembre 2013[13]. Double accès (côté giratoire de l'Europe et avenue Victor-Hugo). Un espace de restauration est intégrés dans l'enceinte du pôle cinématographique comprenant également deux autres commerces[14]. Ce complexe cinématographique, avec des espaces d'animations et d'expositions, a la particularité d'offrir, dans l'ensemble de ses salles, des diffusions entièrement en numérique ; par ailleurs, il est équipé pour visionner des films en 3D. Enfin, ce complexe peut également servir de lieu de conférences, conventions ou encore de congrès, grâce aux moyens audio-visuels et de vidéo-conférence. Il est évoqué, en outre, la possibilité de retransmissions culturelles ou sportives.
  • Édifié à 10 m de profondeur et sur deux niveaux sous l'esplanade, un parking de 400 places est accessible.

Ces nouvelles constructions s’insèrent dans la trame du jardin, et dans un nouveau cheminement reliant l'avenue Victor-Hugo et l'avenue du 122e RI. Elles se situent à la fois en proximité et en continuité de ceux du Vallon des Sports (Centre nautique, Gymnase-Dojo, le centre culturel L’Amphithéâtre) d'un côté, et du patrimoine et autres équipements culturels du centre historique de l'autre.

Inauguration[modifier | modifier le code]

L'inauguration du musée a lieu le [15],[16] en présence de Pierre Soulages, du président de la République François Hollande[17], de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, la ministre du Logement et de l'Égalité des territoires Sylvia Pinel, le président du conseil régional de Midi-Pyrénées Martin Malvy, les députés Yves Censi et Marie-Lou Marcel, la préfète Cécile Pozzo di Borgo, le maire de Rodez et président du Grand Rodez Christian Teyssèdre, l'ancien Premier ministre Michel Rocard.

La collection[modifier | modifier le code]

Pierre Soulages en 2014.

Première donation en 2005[modifier | modifier le code]

Pierre Soulages consent une première donation d'environ 250 œuvres à la communauté d'agglomération du Grand Rodez. La première donation effectuée en septembre 2005 comprend 21 peintures sur toile, 100 peintures sur papier, 49 eaux-fortes (avec les plaques de cuivre), 41 lithographies, 26 sérigraphies, trois bronzes, un fonds documentaire (livres, films, photographies, correspondances, articles, documents) ainsi que la totalité des travaux liés à la création des vitraux de l'abbatiale de Conques (vitraux, essais de verre, cartons grandeur nature, archives et documents divers) mais aussi un ensemble unique, dont des gouaches, des encres et les Brous de noix[18]. La valeur de l'ensemble est estimé, à ce moment-là, à plusieurs dizaines de millions d'euros.

Seconde donation en 2012[modifier | modifier le code]

La valeur en est estimée à près de 7 millions d'euros. Parmi les nouvelles pièces figure un « outrenoir » de 3,24 m sur 3,62 m, datant de 1986. Il est estimé à un million d'euros. Les « outrenoir(s) » qui ont contribué à la reconnaissance internationale de l'artiste manquaient au fonds ruthénois. Pierre Soulages a également offert à Rodez treize peintures de la période 1946-1948, une période très recherchée[19]. Au total, lors de l'ouverture, c'est un fonds de 500 œuvres et documents qui auront été données par l'artiste[3],[17].

Fréquentation[modifier | modifier le code]

En un an (de mai 2014 à mai 2015), ce musée a reçu 250 000 visiteurs[20]. Depuis le 16 septembre 2016, celui-ci a franchit le cap des 500 000 visiteurs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 200 000 visiteurs en 7 mois au musée Soulages à Rodez sur France 3 Midi-Pyrénées, 31 décembre 2014
  2. « Lumière sur le musée Soulages » sur L'Express, 21 août 2008
  3. a, b, c, d, e, f, g et h Annick Colonna-Césari, « Musée Soulages : peintures fraîches », L'Express, Roularta, no 3282,‎ , p. 100 à 102 (ISSN 0014-5270)
  4. a et b « Rodez. Chauzy s'interroge sur le financement du musée Soulages », sur ladepeche.fr, La Dépêche du Midi,
  5. Séance publique du conseil de communauté du 18 décembre 2012 de la communauté d'agglomération du Grand Rodez, sur Grand-rodez.com, 18 décembre 2012
  6. « Rodez : 100 000 visiteurs espérés au musée Soulages », sur midilibre.fr, Les Journaux du Midi, (consulté le 8 juin 2014) : « Selon une étude de 2007, le musée Soulages pourrait accueillir 100 000 visiteurs dès la première année »
  7. Brève in : « Le noir a son lieu de culte », Vogue Paris, Condé Nast, no 948,‎ , p. 68 (ISSN 0750-3628)
  8. Pierre Soulages : « Je refuse d'être un mausolée » entretien dans Le Figaro du 10 mars 2013.
  9. Le Musée Soulages de Rodez remporte la plus haute distinction architecturale espagnole sur France 3 régions, 4 novembre 2015
  10. « Les catalans RCR remportent le Prix Pritzker-2017 d'architecture », les Échos.fr,‎ (lire en ligne)
  11. La nouvelle salle des fêtes a conquis ses nombreux visiteurs sur midilibre.fr, 8 janvier 2012
  12. Le mariage éblouissant des arts et de l’architecture, sur les flancs de Rodez, Le Monde, 29 mai 2014
  13. Rodez. Multiplexe du Foirail : « Un plus pour la ville » - Aveyron : Ladépêche.fr sur La Dépêche.fr, 30 décembre 2012
  14. Multiplexe à Rodez : le bon coût de la mairie sur La Dépêche, 21 janvier 2011
  15. Inauguration du musée Soulages à Rodez sur La Dépêche, 30 mai 2014
  16. Soulages, soleil noir de Rodez sur Le Parisien.fr, 30 mai 2014
  17. a et b Bernard Géniès, « Pierre Soulages : l'enfant de Rodez », Le Nouvel Observateur, no 2585,‎ , p. 106 à 108 (ISSN 0029-4713)
  18. LE JOURNAL DU GRAND RODEZ - OCTOBRE 2006[réf. insuffisante]
  19. AFP, « Le peintre Soulages fait une nouvelle donation pour son futur musée à Rodez », sur leparisien.fr,
  20. Le Musée Soulages se hisse en 3e place des musées de province, Site officiel du musée Soulages

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

  • Michel Bras qui ouvre en 2014 une brasserie, le Café Bras, dans l'enceinte du musée.

Lien externe[modifier | modifier le code]