Écomusée d'Alsace

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Alsace (homonymie).
Écomusée d'Alsace
L’Écomusée est composé de 74 bâtiments traditionnels alsaciens.
L’Écomusée est composé de 74 bâtiments traditionnels alsaciens.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Ungersheim
Adresse Écomusée d’Alsace
F-68190 Ungersheim
Coordonnées 47° 51′ 10″ Nord, 7° 17′ 09″ Est
Informations générales
Date d’inauguration 1er juin 1984
Collections Maisons traditionnelles, culture régionale
Superficie 15 hectares
Informations visiteurs
Site web site officiel

Géolocalisation sur la carte : Haut-Rhin

(Voir situation sur carte : Haut-Rhin)
Écomusée d'Alsace

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Écomusée d'Alsace

L’Écomusée d’Alsace à Ungersheim, dans le Haut-Rhin, est un musée de plein air où ont été transférées et remontées d’authentiques constructions alsaciennes formant comme un village vivant : maisons à colombages, maisons d’ouvriers, boutique, mairie, tour fortifiée, halle des fêtes, ferme, école, lavoir, jardins, champs.

Dans ces constructions généralement anciennes (certaines datant du XVe siècle[1]) et ouvertes au public, sont présentés les travaux traditionnels de la région ainsi que l'artisanat. L'Écomusée organise souvent des fêtes traditionnelles, pour la plupart calquées sur le calendrier liturgique.

Le site du musée jouxte le puits Rodolphe une ancienne friche industrielle des mines de potasse d’Alsace.

La mission du musée est de présenter les bâtiments et les us et coutumes d'antan et d'assurer la transmission d'un patrimoine vivant par la formation d'artisans et la sensibilisation des jeunes au moyen de classes d'environnement et de séjours d'été.

Situation[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Historique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, plusieurs dizaines de jeunes bénévoles de l'association « Maisons paysannes d'Alsace » se sont engagés pour préserver la démolition des dizaines de maisons alsaciennes à une période où elles ne convenaient plus pour leurs propriétaires. La recherche du confort moderne, l'exode rural et le remembrement ont mis à mal nombre de ces maisons représentatives de la ruralité alsacienne[2].

La première démarche du groupe de bénévoles menés par Marc Grodwohl, étudiant en ethnologie, a été de tenter de restaurer des habitats dans leurs communes d'origine et conduire les travaux de sauvegarde en intégrant le confort moderne. Plus tard, devant l'impossibilité de les conserver toutes sur places, a été entamé un travail de déconstruction de ces bâtiments en vue de les reconstruire dans un conservatoire de la maison alsacienne[2].

C'est ainsi qu'a été rebâti ce « village » qui est devenu l'Écomusée d'Alsace sur ces terrains qui jouxtaient une friche industrielle des Mines de potasse d'Alsace. L'association obtient un terrain sur la commune d'Ungersheim, rongé par le chlorure de sodium en 1980[2].

L'Écomusée, inauguré en juin 1984, est soutenu par la commune d'Ungersheim par le don de la dizaine d'hectares sur lequel il est bâti et a pu se développer notamment grâce au soutien du Conseil général du Haut-Rhin, dirigé alors par Henri Goetschy, et du Conseil régional d'Alsace[2].

Depuis cette époque, les dons d'objets anciens de la part des Alsaciens a permis de meubler les maisons et de constituer une véritable collection de matériel agricole, de mobilier et d'objets de la vie du siècle passé[2].

La maison du potier de l'Écomusée.

La présence d'artisans en activité tels que le potier, le charron et le forgeron ainsi que les maisons rendues vivantes par des guides-animateurs costumés et des bénévoles[3] permet d'illustrer le fonctionnement d'une véritable communauté villageoise fondée sur une économie raisonnable[4].

La triple mission muséale de conservation, de commémoration et d'usage, définie par la Charte de Venise (travaux de l'UNESCO, 1964) est ainsi en ce sens pleinement accomplie[4]. Il s'agit ainsi de valoriser des patrimoines matériels et immatériels des arts et traditions populaires de l'Alsace dans ce site sous appellation « Musée de France ». Les soixante-quatorze bâtiments répartis sur le site sont donc conservés mais aussi rendus vivants.

En 1989, la Thur est dérivée pour alimenter une rivière artificielle sur laquelle les visiteurs peuvent faire un tour en barque et découvrir l'écosystème reconstitué : début 2015, l'inventaire du patrimoine vivant de l'Écomusée d'Alsace établi par la corporation des naturalistes faisait état de 627 espèces de plantes vasculaires, 604 taxons de champignons, 48 mammifères, 138 espèces d'oiseaux (avec notamment les fameuses cigognes dont les nids surplombent quasiment tous les toits des maisons de l'Écomusée), 10 espèces de batraciens, 6 espèces de reptiles, 13 espèces de poissons, etc. De plus, il y a tout un secteur champs qui se visite en tracteur ou en calèche, ainsi qu'un verger (200 variétés de pommes).

En 2006, l’Écomusée traverse une passe difficile et, dans un contexte financier et politique houleux, entame son redressement sous la conduite de Jacques Rumpler, le nouveau président de l'Association, bénévole et administrateur de longue date. La nouvelle direction a détaché de l’Écomusée le patrimoine industriel de la mine de potasse Rodolphe, auparavant sauvé de la destruction, consolidé et ouvert au public. Le train historique, « Clair de mine », qui reliait les deux parties (rurale et industrielle) de l’Écomusée a également été fermé. Ne pouvant être conservé pour des raisons financières et techniques, le carrousel-salon a été vendu en 2012 à Europa-Park.[réf. nécessaire]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, La maison paysanne alsacienne. Tradition, innovations, perspectives, Mulhouse, Bulletin de la SOciété Industrielle de Mulhouse, n° 786, numéro 3, 1982.
  • Collectif, À la découverte des maisons d'Alsace, Guide de l'Écomusée de Haute-Alsace, Ungersheim/Ensisheim, Maisons paysannes d'Alsace Écomusée de Haute-Alsace, 1984.
  • Les maisons de l'Écomusée racontent l'Alsace. Bâti, histoire, société, Philémont éditions, 2011 (ISBN 978-2-9538907-0-9).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La plus ancienne pièce date de 1492 et provient de Turckheim ; il s'agit d'une stube, pièce à vivre reconstituée à la façon médiévale.
  2. a, b, c, d et e Les maisons de l'Écomusée racontent l'Alsace. Bâti, histoire, société, Philémont éditions, 2011 (ISBN 978-2-9538907-0-9), p.  4.
  3. Début 2015, l'Écomusée comptait près de 200 bénévoles. En 2014, le bénévolat représentait près de 39 000 heures de travail, soit l'équivalent de vingt-cinq emplois à temps plein.
  4. a et b Les maisons de l'Écomusée racontent l'Alsace. Bâti, histoire, société, Philémont éditions, 2011 (ISBN 978-2-9538907-0-9), p.  5.