Émile Gallé

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Émile Gallé
Émile Gallé.jpg
Naissance
Décès
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NancyVoir et modifier les données sur Wikidata
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Père
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Fanny Reinemer (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Distinction

Émile Gallé, né à Nancy le et mort dans la même ville le , est un industriel, maître verrier, ébéniste et céramiste français. Il est fondateur et premier président de l’École de Nancy en 1901.

Enfant de l'art et du commerce, il est l'une des figures les plus marquantes des arts appliqués de son époque et l'un des pionniers de l'Art nouveau. C'est également un précurseur en matière de génétique et d'évolution concernant le monde végétal, ses travaux méconnus du grand public sont pourtant d'une grande pertinence puisqu'ils précèdent ceux de Gregor Mendel et en annoncent les grandes lignes. À la porte de son atelier de Nancy, on pouvait lire cette devise : « Ma racine est au fond des bois[1]. » La citation complète est la suivante : « Nos racines sont au fond des bois, parmi les mousses, autour des sources[2]. »

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et apprentissage[modifier | modifier le code]

Maison construite par Charles Gallé au no 2 de l'avenue de la Garenne (Nancy).

Son père, Charles Gallé (1818-1902), est déjà d'une envergure peu commune. Artiste peintre, il maîtrise l'art délicat de l'émail mais, après son mariage avec Fanny Reinemer issue d'une famille de négociants en faïences et cristal, il lance l'entreprise familiale dans une production propre et y rencontre le succès.

Il entre en octobre 1858 au lycée Henri Poincaré couronnées du baccalauréat[3]. En 1865, il part apprendre l'allemand à Weimar et y poursuit des études de minéralogie. C'est ensuite l'apprentissage des métiers du verre à Meisenthal et de la céramique à la Faïencerie de Saint-Clément [4]. En 1867, il rejoint la direction de la verrie familiale et représente son père à l'exposition universelle[5]. Il effectue en 1871 un séjour à Londres, ce qui lui permet d'apprendre l'anglais[3]. Son approche n'est pas simplement théorique et Émile ne craint pas de s'initier au soufflage. Il adjoint à cela de bonnes connaissances en ébénisterie et surtout la passion familiale pour les sciences naturelles et plus particulièrement pour les plantes qui l'amène au dessin. Il fut notamment à Nancy l'élève de Dominique-Alexandre Godron, naturaliste et médecin.


En 1870, il est de retour à Saint-Clément où, avec Victor Prouvé, il compose un service de vaisselles rustiques avant de s'engager volontairement en tant que soldat dans la guerre franco-allemande. Il est à Londres, en 1871, où il travaille au musée de Kensington et aux jardins botaniques royaux de Kew.

Marbrures et superpositions.

Il s'installe àParis pour étudier l'art des cristaux anciens, les émaux de masse des lampes arabes de Philippe-Joseph Brocard, les vases de verre aux riches matières, quasi-chinoises ou l'art japonais d'Eugène Rousseau, période du japonisme.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Le Grand Foudre, domaine Pommery à Reims.

Il retourne à Nancy, ayant de nouvelles voies d'exploration de la technique du verre et il s'emploie à imiter la nature avec des stries, des nœuds, des éclats, des reflets, des ombres, des marbrures. Il épouse Henriette Grimm en 1875. Puis, en 1877, il reprend les activités développées par son père et s'installe rue de La Garenne, à Nancy. Il développe l'affaire grâce à son travail acharné.

Il participe à l'Exposition universelle de 1878. Sa renommée s'étend au monde entier et il obtient quatre médailles d'or.

En 1883, il construit de vastes ateliers de faïencerie, de verrerie et d'ébénisterie et s'y réserve une pièce au centre, où il élabore ses projets. De nombreux artistes et artisans commencent à travailler pour lui. Il va ouvrir plusieurs comptoirs et va régulièrement exposer ses propres œuvres.

Il expose à Paris, en 1884 ; La Pierre, le Bois, la Terre, le Verre obtient une médaille d'or. Il expose de nouveau dans la même ville en 1885. De 1884 à 1889, il cristallise ses idées dans son livre Écrits pour l'art[6]. Dans l'esprit du temps, Gallé célèbre dans son art les provinces perdues de l'Alsace et de la Lorraine. Pour l'exposition de 1889, Gallé développe, à travers ses décors symboliques, le thème du patriotisme[7].

En 1889, il reçoit le grand prix de l'Exposition universelle et il est promu officier de la Légion d'honneur. Vers cette époque, environ trois cents artistes et artisans travaillent pour lui. Il interdit à ses collaborateurs de reproduire une fleur sans en avoir le modèle sous les yeux.

Il participe à l'Exposition universelle de 1893 de Chicago. L'année suivante, il ouvre sa cristallerie et participe à l'exposition d'art décoratif de Nancy.

La cristallerie créée à Nancy en 1894, située au no 86 boulevard Jean-Jaurès, qui devint par la suite l'École spéciale de radioélectricité.

Il prend part à l'exposition de Munich, en 1897, où il reçoit une médaille d'or, puis il expose à Francfort, et à Londres.

En 1900 a lieu le couronnement de sa carrière : deux grands prix, une médaille d'or. Rose Wild, sa collaboratrice, obtient une médaille de bronze à l'Exposition universelle. Il est élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur et, le 19 mai, il est admis à l'Académie de Stanislas de Nancy. Il y effectue un discours de réception sur le décor symboliste[8].

Il participe à l'exposition de Dresde, en 1901 et, la même année, il crée l'École de Nancy avec Victor Prouvé, Louis Majorelle, Antonin Daum et Eugène Vallin, alliance dont il est le président.

En 1902, il participe à l'Exposition des arts décoratifs de Turin. Couvert d'honneurs et de gloire, il devient membre de la Société nationale des beaux-arts de Paris et de plusieurs sociétés savantes. Il dessine à la demande d'Henri Gallice, alors directeur de la maison de champagne Perrier-Jouët, une bouteille ornée d'anémones blanches évoquant le cépage chardonnay.

Il expose, en 1903, au pavillon de Marsan, à Paris, le vase Érable sycomore cosigné par Rose Wild. En 1904, il réalise le Grand Foudre pour l'Exposition universelle de Saint-Louis (Missouri). La fabrication du foudre proprement dite est due à la maison Fruhinsholz. Émile Gallé en a réalisé la façade sur commande.

Le , Émile Gallé meurt des suites d'une maladie dont les premiers signes sont apparus lors de l'exposition universelle de 1900. Si les médecins de l'époque y voyaient un surmenage, une neurasthénie, une pathologie pulmonaire, une anémie pernicieuse ou une leucémie, et que des historiens plus modernes y aient pu voir un empoisonnement du sang lié aux métaux lourds (plomb, fluor, arsenic, cadmium, manganèse, uranium) utilisés lors de la fabrication du verre, une thèse de médecine de 2002 écarte ces hypothèses (sauf l'anémie pernicieuse) et en propose deux autres, l'anémie sidéroblastique idiopathique acquise et le lymphome non Hodgkinien, en soulignant l'impossibilité de poser en diagnostic définitif[9],[10]. Il repose au cimetière de Préville, à Nancy.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Vase Hommes noirs, réalisé en 1900 en collaboration avec Victor Prouvé. Présenté à l'exposition universelle 1900, l'inscription Hommes noirs d'où sortez-vous ? / Nous sortons de dessous terre est une dénonciation des juges et militaires ayant fait condamner Alfred Dreyfus.

Gallé est moins connu pour son engagement social, notamment avec son ami, le botaniste Georges Le Monnier. . Il défend les Juifs de Roumanie.

Émile Gallé prend à de nombreuses reprises parti pour soutenir l'innocence d'Alfred Dreyfus, notamment par des tribunes dans la presse, le 24 janvier 1898 dans Le Progrès de l'Est, en décembre de la même année dans Le Républicain Lorrain[11]. Cette prise de position lui vaut un effondrement de ses ventes et une forte impopularité à Nancy, lui et son épouse voyant dorénavant les passants changer de trottoir lorsqu'ils les croisent[11]. Cette impopularité durera jusqu'après sa mort, au point que Le Républicain Lorrain ne peut s'empêcher de critiquer les positions politiques de l'artiste dans leurs articles nécrologiques[11]. Le 9 septembre 1899, jour du jugement, il prononce un discours solemnel devant ses ouvriers et ferme l'usine[11]. Un an après la création de la Ligue française pour les droits de l'homme, il en fonde en octobre 1898la section nancéienne aux côtés de Charles Keller et du docteur Bernheim[11].

Radical-socialiste, il participe à la fondation de l’Étoile de l'Est et est élu président d'honneur de la Fédération républicaine de Meurthe-et-Moselle en octobre 1901[11].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste d'œuvres d'Émile Gallé.

Les œuvres de verre[modifier | modifier le code]

C'est fort improprement qu'on parle de l'œuvre verrier d'Émile Gallé sous le nom de « pâte de verre ».

La pâte de verre désigne une technique consistant à garnir un moule de verres colorés pilés et à amener le tout à une température voisine de la température de fusion pour souder les grains. On démoule ensuite. La pâte de verre est une matière bulleuse, selon la granulométrie du verre utilisé, qui prend à la lumière un aspect cireux, mat, translucide ou ponceux, comme le montrent les œuvres délicates d'Henry Cros ou d'Argy-Rousseau.

Si Gallé connaissait cette technique, l'essentiel de sa production était soufflée, non pas en verre mais en cristal, c'est-à-dire avec adjonction de sels de plomb. À la paraison initiale de cristal, Gallé ajoutait des couches nouvelles colorées d'oxydes métalliques, des inclusions, avant de souffler la pièce de cristal, de la retravailler d'inclusions nouvelles, d'appliques, de feuilles d'or ou d'argent.

Au refroidissement, les différences de dilatation de ces couches étaient la cause d'accidents très fréquents, l'ouverture des fours révélant une casse importante, qui faisait la rareté des pièces réussies.

Issues de la halle de cristallerie, les pièces étaient alors retravaillées par gravure, à la roue pour les plus précieuses, à l'acide fluorhydrique pour les plus courantes. On dégageait ainsi un décor en camée, le plus souvent floral, rencontre heureuse des hasards du soufflage et du savoir-faire des graveurs-décorateurs.

Gallé est également l'inventeur de plusieurs techniques, dont celle de la marqueterie de verre (brevet qu'il dépose en 1898)[12], par dépôt de petites inclusions de verre dans la pâte en fusion.


Les travaux céramiques[modifier | modifier le code]

Émile Gallé rejoint son père dans son travail pour la Faïencerie de Saint-Clément vers 1868[13]. Il y développera notamment des céramiques s'inspirant des styles Louis XV et Louis XVI[14].

L'ébénisterie[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Lettres pour l'art. Correspondance, 1882-1904, avec Roger Marx, édition établie par Françoise-Thérèse Charpentier et complétée par Georges Barbier-Ludwig et Bernard Ponton, Nuée Bleue, Strasbourg, 2006, 346 p. (ISBN 2716506906).
  • Le Décor symbolique, discours de réception à l'Académie de Stanislas, séance publique du 17 mai 1900, imprimerie Berger-Levrault et Cie, 1900.
  • Écrits pour l'art. Floriculture, art décoratif, notices d'exposition, préface de Françoise Thérèse Charpentier, iconographie, Laffitte, Marseille, 1980, 379 p. ; réimpression de la première édition, Librairie Renouard, H. Laurens, Paris, 1908.

Marché de l'art[modifier | modifier le code]

Les œuvres d'art d'Émile Gallé sont recherchées par des collectionneurs du monde entier et se vendent parfois à des prix très élevés.

  • La Flambe d'eau ou L'Iris (39,3 cm x 14,5 cm) en verre a été vendue le 4 avril 2008 à Paris pour la somme de 182 170 euros avec les frais[15].
  • Rhododendron, une lampe de 1925 a été vendue à New York le 14 décembre 2007 pour 205 000 $ soit 140 404 euros avec les frais[15].

Thématiques[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

Détail de la table Le Rhin, œuvre qu'il présente à l'exposition universelle de 1900 et qui présente le Rhin comme la frontière naturelle de la France et de l'Allemagne.

Émile Gallé produit de nombreuses œuvres aux accents patriotiques, célébrant la Lorraine et protestant contre le rattachement de l'Alsace-Moselle à l'Allemagne. Par exemple, lors de l'exposition internationale de Londres de 1871, il envoie un ensemble de table et une sculpture représentant la Prusse et Bismarck sous forme d'animaux ; cette présentation lui permet de nouer des relations avec l'aristocratie anglaise, comme la duchesse de Montalbo[11]. Lors de l'exposition universelle de 1889, il réalise de nombreuses œuvres à la symbolique patriotique (Vercingétorix, Jeanne d'Arc) ou plus générale (Eurydice)[11].

Botanique[modifier | modifier le code]

Mer[modifier | modifier le code]

Le thème maritime est très présent dès le début de la production d'Émile Gallé, sous l'influence des styles rococo, rocaille et néoclassique, qui consistent une bonne partie du répertoire de la faïencerie de Saint-Clément que dirige Charles Gallé[16]. En particulier, les décors de céramique s'inspirent des coquillages, des fruits de mer, ou des scènes de marine[16]. Sous l'influence naturaliste, les arrangements des motifs évoluent et de nouveaux apparaissent, liés aux observations dans l'océan Indien, l'Océanie et autour de l'Afrique tels que cérithe, gryphée, Terebra maculata, pégases, ophiures, crinoïdes[16]. Dans sa production, Gallé passe progressivement du stylisé au naturalisme, puis prend un virage résolument symbolique autour de 1890, avec le flacon Sur un thème de Baudelaire et le vase à décor d'algues et de coquillages, toutes deux de localisation inconnue[16]. Il projette de réaliser, pour l'exposition universelle de 1900, un ensemble lié à l'univers sous-marin, Eau de mer; mais des difficultés administratives lui font revoir ses ambitions à la baisse et le thème de la mer se retrouve limité à une vitrine nommée Repos de la solitude et à un grand vase rempli de coraux, Amphore du roi Salomon[16].

Gallé représente toutes les couleurs de la mer: limpide, bleu profond et vert, scintillement de la mer représenté par des pailettes de platine, ocres des sables, pourpre des coraux ; son style est vivant, dynamique, parfois emprunt de japonisme lorsqu'il ne respecte pas les proportions pour créer un univers féérique.[16].

La connaissance du monde marin provient de nombreuses sources chez Gallé: revues scientifiques telles que le traité de conchyliologie ou le monde marin d'Arthur Mangin, représentations stylisées des publications du Magasin pittoresque, lecture du Kunstformen der Natur d'Ernst Haeckel, visite de l'aquarium du Jardin d'acclimatation de Paris, et de celui du bois de Boulogne lors de ses séjours à Paris pour l'exposition universelle de 1867 et de celui du zoo de Londres lors de l'exposition internationale de 1871 et, surtout, excursions en Méditerranée lors de sa garnison à Toulon et de ses séjours à Nice et Monaco[16]. Cherchant toujours à approfondir ses connaissances, Gallé demande à son cousin Charles Keller, qui participe aux fouilles de Carnac sous la direction de Zacharie le Rouzic, de lui ramener de l'eau de mer et des ophiures, sans succès[16]. Cette curiosité lui donnera un grand respect pour les scientifiques et notamment les océanographes, à qui il rend hommage dans Le Décor symbolique, son discours de réception à l'Académie de Stanislas, le 17 mai 1900, les comparants aux génies des Mille et Une Nuits[16].

Lors des séances d'enseignement proposée par l'école de Nancy, il souligne l'importance, pour son public d'ouvriers d'art, d'apprendre la physiologie animale, et illustre son propos de planches de radiolaires, et de photographies d'anémones, d'algues, de méduses et de pentacrines[16].

Des critiques, à la fois contemporaines à Gallé tels que Robert de La Sizeranne ou du début du XXIème siècle comme Philippe Thiébaut, rapprochent le style de Gallé des poèmes de Jules Michelet ou de Bernardin de Saint-Pierre ; pour eux, le ressentit devant des vers tels que « un grand disque de feu se fait qui part du jaune opalin, un moment frappé de vert, puis s'irrite, éclate dans le rouge, l'orange, puis s'assombrit d'azur », est semblable à celui ressentit devant les verreries de Gallé[16].


Postérité[modifier | modifier le code]

Production des ateliers Gallé[modifier | modifier le code]

Travail à l'acide sur ce verre multicouche des Établissements Gallé (vers 1925).

Après la mort de Gallé, en 1904, sa verrerie continua à produire jusqu'en 1936.

Chaque pièce portait la signature de Gallé, avec des centaines de variantes qui donnent lieu à catalogue, mais elles ne sont pas toutes référencées. Sauf rares exceptions, les verreries sont toutes signées, soit en creux sous la pièce, soit sur le corps même de la pièce en camée ou en creux. Du vivant de Gallé, les signatures étaient particulièrement recherchées et supervisées par l'artiste lui-même. Par la suite, après 1904, les marques « gallέ », sur le corps des pièces des Établissements Gallé, deviendront relativement standardisées mais, là encore, de nombreuses variantes demeureront. Les signatures et marques permettent, en principe, de dater les pièces[17].

Sur la production de 1904 à 1906, puis très sporadiquement ensuite (mais pas après 1914), la signature est précédée d'une petite étoile, que des antiquaires peu scrupuleux n'hésitent pas à faire meuler pour faire penser que l'œuvre a été produite du vivant de Gallé. Après 1906, pour avoir été considérée morbide par les appréciateurs de cet art, elle a été abolie. De 1904 à 1914, la production est très proche des pièces industrielles qui sortaient de l'usine Gallé avant sa mort. Il s'agit presque exclusivement de pièces en verre multicouche gravées à l'acide, parfois retouchées à la meule pour éliminer les défauts et les motifs sont presque toujours des reprises créées de son vivant.

De 1918 à 1936, une production à grande échelle et standardisée se met en place. La plupart des pièces aujourd'hui sur le marché datent de cette époque, elles correspondent à des pièces en verre doublé ou multicouche gravées à l'acide. La production est de bonne qualité technique, du moins pour les grandes pièces, dans la mesure où la maîtrise de l'attaque acide est parfaite, alors que les pièces produites antérieurement, du vivant de Gallé, ou de 1904 à 1914, présentaient parfois des défauts. De nouveaux motifs sont créés, s'éloignant parfois du style Art nouveau avec des décors stylisés, une nouvelle technique dite soufflée-moulée, tel est le cas du Vase aux éléphants[18] produit pour l'Exposition universelle de 1925. Mais la banalisation de cette production à grande échelle et le manque de renouvellement artistique ont fini par lasser les clients ; la crise économique a mis fin à la production de l'usine Gallé en 1936[19].

La cote atteinte par les verreries Gallé à la fin des années 1980 a attiré les faussaires. De nombreuses contrefaçons circulent sur le marché, reprenant plus ou moins les véritables signatures, parfois accompagnées de la mention « Tip ». Ces faux, le plus souvent de médiocres copies ou interprétations des lampes et vases à l'acide, peuvent être reconnus à certains détails techniques dont une moindre qualité d'exécution[20].

Autre[modifier | modifier le code]

Le collège d'Essey-lès-Nancy et le lycée professionnel de Thaon-les-Vosges portent son nom, ainsi qu'un important centre chirurgical spécialisé en traumatologie, orthopédie et chirurgie de la main à Nancy.

Dans le roman de Martin Suter, Allmen et les libellules, cinq coupes de Gallé jouent un rôle essentiel (trad. O. Mannoni, Allmen und die Libellen, Christian Bourgois, 2011).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Devise inspirée, selon Henriette Gallé, par le scientifique allemand Jacob Moleschott (1822-1893) : « C'est par les plantes que nous tenons à la terre : elles sont nos racines » (Henriette Gallé, É. Gallé. Écrits pour l'art, Marseille, 1998, p. 133).
  2. François Le Tacon, « Émile Gallé, le fondateur de l'École de Nancy, et le monde forestier », Revue forestière française, vol. 51, no 6,‎ , p. 699-725.
  3. a et b François Le Tacon et Pierre Valck, Emile Gallé L'amour de la fleur : Les écrits horticoles du maître de l'Art nouveau, Editions Place Stanislas, (ISBN 978-2-35578-013-4)
  4. ABC, Émile Gallé, les céramiques au pavois.
  5. Émile Gallé et le verre. La collection du Musée de l'école de Nancy, Somogy, Paris ; Musée de l'école de Nancy, Nancy, 2004, 220 p. (ISBN 285056737X)
  6. Écrits pour l'Art. Floriculture, art décoratif, notices d'exposition, Paris, Librairie Renouard, H. Laurens, 1908, réédité à Marseille, chez Laffitte, 1980, 379 p.
  7. Lucie Marie, « Patriotisme et décor symbolique dans l'œuvre d'Émile Gallé », Annales de l'est, 2005, p. 219.
  8. Le Décor symbolique, Imprimerie Berger-Levrault et Cie, 1900 (Académie de Stanislas, séance publique du 17 mai 1900, discours de réception).
  9. Aline Wagner, Recherches et hypothèses sur les causes du décès d'Emile Gallé : Thèse pour obtenir le grade de docteur en médecine, (lire en ligne)
  10. Philippe Thiébaut, Gallé : Le testament artistique, (ISBN 2 85025 944 6)
  11. a b c d e f g et h Philippe Thiébaut, Émile Gallé le magicien du verre, (ISBN 2-07-030132-X)
  12. Valérie Thomas, « Art du verre, innovations techniques et esthétiques », Dossier de l'art, no 163, mai 2009, p. 36-47.
  13. La Faïencerie de Lunéville, p. 24.
  14. ABC, no 207.
  15. a et b Résultats de ventes aux enchères
  16. a b c d e f g h i j et k Thiébault et 2004 p30-79
  17. Voir, par exemple, pour les signatures et marques, le site web Jardin de Cristal.
  18. Photographies sur le site web Le monde des arts, « Dossier Gallé ».
  19. F. Le Tacon, L'Œuvre de verre d'Émile Gallé, p. 177.
  20. « Enquête Gallé, une symphonie de vrais et de faux », Aladin, février 2000, p. 26-30.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Catalogues d'exposition[modifier | modifier le code]

  • Victor Arwas, Paul Greenhalgh, Dominique Morel et Marc Restellini, L'Art Nouveau, la Révolution décorative, Éd. Pinacothèque de Paris/Skira, Paris, 2013, 224 p.
  • (en) Howard Coutts, Émile Gallé and the Origins of Art Nouveau, The Bowes Museum, 2007, 40 p. 
  • Philippe Thiébaut, Gallé. Le testament artistique, Paris, Musée d'Orsay, , 141 p. (ISBN 2850259446) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Émile Gallé et Toulouse-Lautrec. Lumières et couleurs de la Belle Époque, Suntory Museum, Osaka, 1996, 161 p.
  • Philippe Thiébaut, Les Dessins de Gallé, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1993, 199 p. (ISBN 2711826813)
  • Gallé, Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1985, 320 p. (ISBN 2711820211)
  • (en) William Warmus, Émile Gallé: Dreams into glass, Corning Museum of Glass, Corning, N.Y, 1984, 191 p. (ISBN 0872901092)
  • (en) Alastair Duncan et Georges de Bartha, Glass by Gallé, Thames and Hudson, Londres, 1984, 223 p. (ISBN 050023387X).
  • (de) Brigitte Klesse, Auf den künstlerischen Spuren Emile Gallés : Gläser und ihre Entwürfe, Das Kunstgewerbemuseum, Cologne, 1982, 96 p.
  • (de) Émile Gallé : Keramik, Glas und Möbel des Art Nouveau, Museum Bellerive Zurich, 1980, 132 p.
  • (de) Bernd Hakenjos, Gallé Keramik : Sammlung Helga Schaefer, Dusseldorf, 1974, 84 p.

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

  • François Le Tacon et Pierre Valck, Émile Gallé L'amour de la fleur : Les écrits horticoles du maître de l'Art nouveau, Editions Place Stanislas, (ISBN 978-2-35578-013-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Le Tacon (dir.), Actes du colloque en hommage à Émile Gallé organisé par l'Académie de Stanislas 28-29 septembre 2004, Association d'historiens de l'Est, Nancy, 2005, 302 p.
  • Eva Schmitt, « L'influence d'Émile Gallé sur la verrerie artistique européenne jusqu'à nos jours en dehors de la France », Annales de l'Est, 2005, n° Spécial, p. 269 - 282
  • Valérie Thomas et Helen Bieri Thomson, Verreries d'Émile Gallé. De l'œuvre unique à la série, Somogy, Paris ; Fondation Neumann, Gingins (Suisse) ; Musée de l'École de Nancy, Nancy, 2004, 109 p. (ISBN 2850567388).
  • Philippe Thiébaut, Émile Gallé le magicien du verre, (ISBN 2-07-030132-X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bertrand Tillier, Émile Gallé. Le verrier dreyfusard, Amateur, Paris, 2004, 125 p., (ISBN 2859174044).
  • François Le Tacon, Émile Gallé. Maître de l'art nouveau, Nuée Bleue, Strasbourg, 2004, 300 p. (ISBN 2716506205).
  • Émile Gallé et le verre. La collection du Musée de l'école de Nancy, Somogy, Paris ; Musée de l'école de Nancy, Nancy, 2004, 220 p. (ISBN 285056737X). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Annabelle Héry, La Faïencerie de Lunéville, Vesoul, publié à compte d'auteur, , 143 p. (ISBN 2-9513756-0-3). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Le Tacon et Flavien de Luca, L'Usine d'art Gallé à Nancy, Association des amis du Musée de l'école de Nancy, 2001, 59 p. (ISBN 2913966055).
  • François Le Tacon, L'oeuvre de verre d'Emile Gallé, (ISBN 978-2911043376) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian Debize, Émile Gallé et l'École de Nancy, Éditions Serpenoise, Metz, 1998, 119 p. (ISBN 2876923459).
  • François Le Tacon, Émile Gallé, ou Le mariage de l'art et de la science, Éditions Messene, Paris ; Jean de Cousance, Chennevières-sur-Marne, 1995, 165 p. (ISBN 2911043049).
  • (en) Timothy Newark, Émile Gallé, Chartwell Books, Secaucus, N.J., 1989, 128 p. (ISBN 1555214509).
  • Émile Gallé. Les céramiques au pavois, ABC. Antiquités - Beaux-arts - Curiosités, (réimpr. no 207), 62 p.
  • (en) Philippe Garner, Émile Gallé, Academy Editions, Londres, 1976, 167 p. (ISBN 0856701297).
  • Louis de Fourcaud, Émile Gallé, Librairie de l'Art Ancien et Moderne, Paris, 1903, 69 p.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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