Mémorial de Caen

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Mémorial de Caen
Logotype Mémorial de Caen.svg
Façade du Mémorial juin 2014.JPG

Façade du Mémorial en juin 2014

Informations générales
Ouverture
Surface
14 000 m2 sur 3 niveaux dont 5 600 m2 d’exposition permanente
Visiteurs par an
423 000 (2003)
560 000 (2004)
404 740 (2005)
380 500 (2006)
400 000 (2007)[1]
392 000 (2008)
372 000 (2009)
354 000 (2010)
380 000 (2011)
400 000 (2012)
356 000 (2013)
438 153 (2014)
383 958 (2015)
349 455 (2016)[2]
Site web
Collections
Collections
La Seconde Guerre mondiale
La guerre froide
L'actualité du monde à travers le dessin de presse
Localisation
Pays
Région
Commune
Adresse
Esplanade Eisenhower
CS 55026
14050 Caen Cedex 4
Coordonnées

Le Mémorial de Caen est un musée situé à Caen consacré à l’histoire du XXe siècle dont la thématique tout entière est tournée vers la fragilité de la paix mais c'est avant tout un musée d'histoire.

En 2007, c'était le musée le plus visité hors Île-de-France avec 400 000 visiteurs[1].

Le Mémorial de Caen a reçu le label « musée de France »[3] et fait partie de l’International Network of Museums for Peace[4].

En 2002, le musée s’est agrandi avec l’ouverture d’une nouvelle aile principalement consacrée à la guerre froide. Les deux parcours muséographiques réunis permettent de couvrir les années 1919 à 1989, du traité de Versailles à la chute du mur de Berlin.

En 2009 et 2010, Le Mémorial de Caen a encore rénové ses parcours et ouvert quatre nouveaux espaces de visite : « Guerre mondiale, Guerre totale » et « Le Débarquement et la Bataille de Normandie » dans la partie consacrée à la Seconde Guerre mondiale, « Berlin au cœur de la guerre froide » dans la partie consacrée à la guerre froide.

Ces parcours ont été rénovés avec la collaboration d'un conseil scientifique créé en 2006. Pierre Laborie et Denis Peschanski en ont été les principaux artisans.

Depuis 2006, Le Mémorial de Caen est en mutation permanente, chaque année ses parcours permanents sont modifiés

Sommaire

Le musée[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

L'idée d'un mémorial pour la paix est venue du maire de Caen, Jean-Marie Girault en 1969[5]. Le 10 septembre 1986, les 13 premières pierres du bâtiment sont posées à l’emplacement du poste de commandement du général Richter, commandant la 716e division d’infanterie allemande pendant le Débarquement et la bataille de Normandie. Le bâtiment est inauguré le 6 juin 1988 par le président de la République française François Mitterrand en présence des chefs d'État ou de gouvernement de onze autre pays impliqués dans la bataille de Normandie.

Le bâtiment[modifier | modifier le code]

Ce « musée pour la Paix », initialement conçu par l'architecte Jacques Millet aidé du muséographe Yves Devraine, réunit une collection de plus de 8 000 objets et de plus de 100 000 documents traitant pour l'essentiel de la Seconde Guerre mondiale principalement en Europe. Les parcours permanents sont organisés de manière chrono-thématique et propose une place centrale à l'holocauste. A noter que depuis 2008, le Mémorial de Caen est devenu le lieu de dépôt des objets de fouille de la "Shoah par balles" relevés par la Fondation Yahad In Unum.

Le parvis d'accès au musée est bordé d'un côté par les mâts portant les drapeaux des principaux pays impliqués dans la Bataille de Normandie, et de l'autre côté par une vitrine exposant les douze « premières pierres » de l'édifice, extraites de leur sol par chacune des douze nations concernées, et ornées d'une inscription lapidaire dans chacune de leurs langues. La pierre norvégienne se distingue des autres en ce qu'elle n'a pas été taillée et fut offerte encore recouverte de mousse, en symbole de respect absolu de la vie.

Quelques points marquants[6] :

  • En dessous du bâtiment, l'impressionnant bunker de commandement du général Richter où sont maintenant présentés la vie quotidienne des soldats allemands sous l'occupation, le système mis en place par les allemands et les lignes de défense allemandes.
  • Dans la Vallée du Mémorial (anciennes carrières), deux jardins furent édifiés en mémoire de deux des forces alliées qui ont combattu pour la Libération : le jardin canadien et le jardin américain. En 2004, un troisième jardin est inauguré : le jardin britannique.
  • Sur l’entrée principale de l'édifice, on peut lire cette phrase : « La douleur m’a brisée, la fraternité m’a relevée, de ma blessure a jailli un fleuve de liberté » (texte de Paul Dorey, poète de Caen : il s'exprime au nom de la Normandie).
  • Une maquette taille réelle d'un Hawker Typhoon, chasseur-bombardier britannique produit dès 1941 aux couleurs de la RAF, est suspendue dans le hall principal.

Scénographies[modifier | modifier le code]

Parcours « Le Monde avant 1945 »[modifier | modifier le code]

Des origines de la Seconde Guerre mondiale à la fin de la guerre, ce premier parcours raconte et explique ce que fut la première moitié du XXe siècle.

La faillite de la paix[modifier | modifier le code]

Du bilan catastrophique de la fin de la Première Guerre mondiale à 1939, la première partie montre l’enchaînement des causes et événements qui ont précédé la Seconde Guerre mondiale en Europe et en Asie. Comment l’idéal de paix de la « der des der » s’est progressivement délité. Ce premier parcours se termine par l'invasion de la Pologne en septembre 1939.

La drôle de guerre de septembre 1939 à mai 1940 (salle entièrement refaite en 2016)[modifier | modifier le code]

Un nouvel espace présenté en 2016 présente aux visiteurs ce que fut la drôle de guerre sur 3 niveaux de lecture français, britannique et allemand. Cet espace précède un film de 9 minutes sur l'effondrement français de mai-juin 1940.

La France des années noires[modifier | modifier le code]

Ce nouvel espace invite les visiteurs après la défaite française. Quelle est la vie quotidienne des Français, les différentes formes de collaboration et une chronologie de la Résistance de 1940 à 1945.

Guerre mondiale, guerre totale[modifier | modifier le code]

Ce parcours a ouvert en 2010. Il a été créé en partenariat avec l'association Yad-In Unum et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

De la Guerre européenne à la Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1941 : l’Allemagne lancent l’opération Barbarossa contre l’URSS et le Japon attaque Pearl Harbor. Soviétiques et Américains rejoignent alors les Alliés dans leur lutte contre les pays de l’Axe : le conflit devient mondial.

Quelques objets :

Royaume-Uni, 1943. Dépôt D-Day Academy – Collection JPB.

Allemagne, 1943. Dépôt Norwegian Armed Forces Museum, Oslo.

  • Le globe terrestre autrichien de 1943, fabriqué par Columbus Verlag Paul Oestergaard GmbH. Il présente les modifications de frontières apportées en 1943 suite aux conquêtes militaires du Reich allemand.

Collection Le Mémorial de Caen.

Génocide et violences de masse, l’extermination des Juifs en Europe[modifier | modifier le code]

Shoah par balles, centres de mise à mort, déportation des Tsiganes, violences de l’armée japonaise… C’est dans un climat de violence inouïe qu’ont été perpétrées ces tueries de masse en Europe mais aussi en Asie-Pacifique entre 1937 et 1945.

Quelques objets :

  • Des objets trouvés à proximité de fosses d'exécution, preuve de la Shoah par balles en Ukraine

Kamenets-Podolsk, 1941-1944. Dépôt Yahad-In Unum.

  • Cartable ayant appartenu à Roger Stern, enfant juif déporté à Auschwitz avec son frère André et ses parents par le convoi n° 64 du 7 décembre 1943. Ce cartable est présenté dans l’état dans lequel il a été retrouvé par Jean Gourdon, qui s’est rendu sur le lieu d’habitation de la famille juste après son arrestation. Le cartable, avec ses livres, ses cahiers et ses fournitures d’école, était resté dans la cour de l’immeuble.

Dépôt Mémorial de la Shoah/CDJC (Paris), coll. Stern-Gaillard.

  • Traineau de fortune utilisé lors du siège de Leningrad.

Union soviétique, 1943-1944. Dépôt du Musée central des forces armées, Moscou.

  • Sabre de sous-officier japonais.

Japon, 1937-1944. Collection Le Mémorial de Caen.

La guerre totale[modifier | modifier le code]

Dans la guerre totale, la société entière est impliquée dans le conflit : elle participe à l’effort de guerre, subit les déportations de répression et les bombardements. Le camp adverse, diabolisé par la propagande, n’est plus qu’un ensemble de cibles à détruire.

Quelques objets :

  • Tenue de déporté français ayant appartenu à Roger Bulot, matricule 30808. Réfractaire au STO, Roger Bulot est arrêté le 21 mars 1943 et envoyé à Buchenwald le 18 octobre de la même année. Il rejoint le Kommando Laura dépendant du camp de concentration de Doran-Mittelbau. Les déportés travaillent dans une carrière d’ardoise, à 900 mètres d’altitude, au creusement de galeries souterraines puis à la production d’oxygène liquide pour les fusées V2. Évacué vers le camp de Dachau-Allard, Roger Bulot est libéré le 30 avril 1945. France, 1943-1945.

Collection Le Mémorial de Caen.

  • Affiche dénonçant les destructions occasionnée par l’aviation alliée.

France, 1944. Collection Le Mémorial de Caen

  • Pans de mur de l’usine Barricades de Stalingrad. Située en bordure de la Volga, entre l’usine de Tracteurs et l’usine Octobre rouge, l’usine Barricades a été le théâtre de combats d’une férocité sans égale.

Union soviétique, 1942-1943. Collection Le Mémorial de Caen.

  • Grand tableau autrichien sur la défaite de Stalingrad.
  • Masque à gaz d'enfant
Les sociétés face à la guerre[modifier | modifier le code]

Cette salle rend compte de la manière avec laquelle les hommes - civils et militaires - ont vécu, ont cohabité et ont perçu ces années de guerre.

Quelques objets :

  • L’Affiche Rouge, éditée par le bureau de la propagande allemande en France et diffusée après le procès du groupe de résistance F.T.P.-M.O.I. (Francs-Tireurs et Partisans – Main d’œuvre Immigrée) de Missak Manouchian.

France, mars 1944. Collection Le Mémorial de Caen.

  • Bouteille en verre retrouvée dans le sol près d’un corps ayant perdu sa plaque d’identification. Le grenadier Otto Fischer appartenant au 6e régiment de la 6e division de montagne SS « Nord » est tombé sur le front de Finlande. L’identité du soldat est révélée sur la feuille de papier insérée à l’intérieur de la bouteille.

Dépôt Deutsche Dienstelle (WASt), Berlin.

  • Uniforme de lieutenant de la mission militaire de liaison administrative française (MMLA) auprès du 30th British Corps. 1943-1944. Cette tenue a été portée par Jaqueline Simon-Moncorgé, volontaire féminine de France Libre engagée à New York en 1943 et qui a débarqué avec 60 autres femmes de la MMLA en Normandie, près d’Arromanches le 23 juin 1944.

Collection Le Mémorial de Caen – Don de Madame Jacqueline Simon-Moncorgé.

  • Lance-fusées BM – 13 Katioucha. En 1938, l'URSS entreprend, dans le plus grand secret, le développement d'un lance-fusées multiple motorisé. Les unités spéciales sont formées par le NKVD pour employer cette nouvelle arme. L'Armée rouge l’utilise pour la première fois avec succès en juillet 1941 à Orscha. De conception simple et robuste, plus de 10 000 Katioucha (diminutif de Katerina) sont produites. Fournissant une concentration de feu brutale et instantanée, elle se révèle être d'une redoutable efficacité. Le son strident émis au départ des salves terrifie les combattants allemands qui lui donnent le nom d'orgues de Staline.

Dépôt du Musée des Forces Armées – Moscou.

Reconquêtes et libérations[modifier | modifier le code]

Entre combats, bombardements massifs des villes, affrontements de guerre civile et représailles aveugles contre les populations, les guerres de libération achèvent progressivement de dévaster une Europe et une Asie qui sortent épuisées de l'épreuve.

Quelques objets :

  • Lettres écrites sur des feuilles de papier cigarette par le résistant Marcel Maillard lors de son incarcération à Fresnes. Il transmettait les lettres adressées à sa femme ainsi que des rapports établis par Jean Alezard, un cadre FTP de la région parisienne, à son avocat. Marcel Maillard est fusillé le 11 avril 1944 avec 19 codétenus.

France, 1944. Collection Le Mémorial de Caen / Fonds Frédéric Dalbeugue.

  • Petit cercueil en bois adressé à un collaborateur par la Résistance.

France, 1944. Collection Le Mémorial de Caen.

  • Robe confectionnée à la Libération pour une adolescente à partir de foulards imprimés reproduisant les portraits des chefs politiques des pays alliés.

Collection Le Mémorial de Caen.

Bilans et sortie de guerre[modifier | modifier le code]

Cette salle dresse le bilan, humain et matériel, d’une guerre totale de dimension planétaire qui a bouleversé l’état du monde et fait perdre à l’Europe son rang et son pouvoir d’influence au profit des États-Unis et de l’URSS, les grands vainqueurs du conflit.

Quelques objets :

  • Crayonnés réalisés par le juge Robert Falco siégeant au tribunal de Nuremberg.

1945-1946. Collection Le Mémorial de Caen.

  • Minutes du procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal Militaire International de Nuremberg, éditées en langue française. La série complète se compose de 41 volumes.

France, 1948. Collection Le Mémorial de Caen.

  • Valise en cuir ayant appartenu à Adolf Hitler retrouvée dans les ruines du Berghof par un soldat de la 2e division blindée du général Leclerc.

Mai 1945. Dépôt Mémorial Leclerc et de la Libération de Paris – Musée Jean Moulin.

Films portant sur les procès de Nuremberg[modifier | modifier le code]

Le Débarquement et la Bataille de Normandie[modifier | modifier le code]

Ce nouvel espace est exclusivement consacré à la Bataille de Normandie dans son intégralité, épisode essentiel de la libération de l’Europe. Peu de gens savent en effet à quel point la Normandie, passé le 6 juin 1944, a souffert. 20 000 Normands sont morts soit 1/3 de tous les civils français tués durant la Seconde Guerre mondiale. Destructions des villes, bombardements massifs, batailles d’une férocité comparable à celles du front de l’Est, évacuation et souffrances des civils, fuite et poursuite de l’armée allemande. Des témoignages exceptionnels de civils et soldats rendent compte de l’intensité de la bataille. Ce parcours a ouvert en 2010.

Quelques objets :

  • Poste à galène d’André Heintz, résistant caennais. Il a eu l’idée de le cacher dans une boîte d’épinards Olida, elle-même dissimulée dans une caisse de haricots secs à la cave de son domicile. Il lui permettait d’écouter clandestinement les messages codés adressés à la résistance sur les ondes de la BBC.

Collection Le Mémorial de Caen.

  • La robe de mariée en toile de parachute.

Le film La Terrible Bataille de Normandie[modifier | modifier le code]

Composé à partir d'images d'archives allemandes, françaises, canadienne, britannique, américaines, ce film de 19' permet de comprendre la durée et la violence de la Bataille de Normandie qui démarre le 6 juin 1944 et se termine avec le bombardement du Havre en septembre 44.

Parcours « Le Monde après 1945 »[modifier | modifier le code]

De la fin de la Seconde Guerre mondiale à la chute du Mur de Berlin, la seconde moitié du XXe siècle est ici racontée. Le Mémorial de Caen est le seul musée en France à présenter une vision complète des années 1945 à 1989.

Le face-à-face idéologique[modifier | modifier le code]

Une machine à pop corn, un néon publicitaire à l’Ouest, une radio à fréquence unique, une carte du parti communiste à l’Est… C’est l’évocation rapide du choc de deux mondes, de la vie quotidienne et de la propagande, mais aussi celle des contestations et de la répression.

Quelques objets :

  • Une Trabant
  • Une Lincoln Continental
  • L’exemplaire de L’Archipel du Goulag, livre de Soljenitsyne interdit en URSS,
  • La gamelle ayant appartenu au Français Jacques Rossi, détenu 19 ans au Goulag
  • Le règlement intérieur d’un baraquement du goulag volé par l’écrivain Alexandre Guinzburg lors de sa libération.

Les crises de la guerre froide[modifier | modifier le code]

L'un des moteurs du Lockheed U-2 au musée de la Révolution à La Havane

Composée d’une succession d’engrenages symboliques comprenant des photographies mais aussi des débris de l’avion Lockheed U-2 abattu en 1962 pendant la crise des missiles de Cuba, cette scénographie présente les dates-clés et les protagonistes de la guerre froide.

Objet :

  • Les restes de l'avion U-2 du major Anderson. Le 27 octobre 1962, au plus fort de la crise de Cuba, un avion de reconnaissance américain U-2 et son pilote, le major Rudolf Anderson, sont abattus au-dessus de l'île. Le lendemain, Kennedy et Khrouchtchev, sur la base d'un réel rapport de force, évitent de peu l'affrontement nucléaire.

Trois morceaux de tôle d'alliage léger de l'avion, conservés au musée de la Révolution de La Havane, sont présentés au Mémorial.

L'équilibre de la terreur[modifier | modifier le code]

Un authentique Mig-21 soviétique, un missile français du plateau d’Albion, une bombe atomique américaine… apportent les preuves du caractère effréné de la course à l’armement en général et à l’arme nucléaire en particulier. « L’équilibre de la terreur » entre les deux blocs s’installe.

Quelques objets :

  • Le Mig-21, avion de chasse soviétique.
  • La bombe thermonucléaire. Il s’agit d’une bombe au plutonium, une bombe H de type Mark 28. « Little Boy » larguée sur Hiroshima était numérotée Mark 1. « Fat Man » qui détruisit Nagasaki était la Mark 2. Cette bombe Mark 28 prolonge donc la série. Fabriquée à partir de 1958 à près de 4 500 exemplaires, elle est donc la bombe atomique la plus produite durant la période de la guerre froide entre 1958 et 1991. Cette version de la Mark 28 date de 1962.
  • La tête nucléaire d’un missile thermonucléaire SSBSS3 provenant du site de lancement du plateau d’Albion en Haute-Provence. C’est à l’intérieur de cette coiffe de forme conique, haute de 4 mètres et pesant 2 tonnes, que se logeait la tête nucléaire (l’ogive et la charge) d’une puissance de 1 000 kilotonnes. 18 missiles de ce type (SSBSS3), d’une hauteur totale de 14 mètres et d’un poids avoisinant les 26 tonnes, étaient installés dans leur silo de lancement sur le plateau d’Albion. Jusqu’au démantèlement du site en 1996, le missile SSBSS3 pouvait à tout moment frapper le géant soviétique et ses pays satellites.

Berlin au cœur de la guerre froide[modifier | modifier le code]

La ville de Berlin est devenue le symbole de la Guerre froide, celui de tous les antagonismes Est-Ouest. Partagée, depuis juillet 1945, entre les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Union Soviétique, l’ancienne capitale allemande a connu de fortes périodes de tensions avant et après la fermeture de la frontière intra-berlinoise, en août 1961. À partir de cette date, Allemands de l’Ouest et Allemands de l’Est vivent séparés de part et d’autre du Mur jusqu’à son ouverture le 9 novembre 1989.

Conçu autour de pans du Mur recouverts d'inscriptions par les Berlinois, ce nouvel espace de 400 m2 présente aux publics des objets et films qui racontent la vie avant et après la chute du Mur.

Cet espace clôture la visite du parcours actuellement consacré à la « guerre froide ». Il a ouvert en novembre 2009 à l'occasion du 20e anniversaire de la chute du Mur de Berlin.

Quelques objets :

  • Deux pans du Mur de Berlin. À leur sommet (3,60 m) culmine un tuyau en ciment pour empêcher toute tentative de fuite par accrochage de grappins. Peints peu après la chute du Mur côté Est par l’artiste Manfred Butzman, ces pans de béton ont été sauvegardés lors du démantèlement. Le badigeon appliqué par la police est-allemande n’ayant pas résisté aux intempéries, la fresque est par bonheur réapparue. L’artiste a représenté des lapins, très présents dans le no man’s land du système Mur, pour symboliser le sort des fugitifs (« se faire tirer dessus comme des lapins ») et plus largement pour en faire un symbole de liberté et de paix. La formule « Hase bleibt Hase », « Lapin pour toujours », prône une révolution pacifique.
  • Une Trabant. La voiture par laquelle le régime socialiste entendait symboliser sa réussite a finalement servi de vecteur à la liberté : après la chute du Mur et la dépénalisation du passage à l’Ouest par les autorités de la RDA, des files interminables de Trabant se sont pressées vers la frontière.

Le film Espérance[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2014, le film de Jacques Perrin, Marc Baraduc et Pierre Fyot, d'une durée de vingt minutes environ, présente une fresque historique qui va des années 1930 à l'aube du 3e millénaire.[réf. souhaitée]

Le bunker souterrain, poste de commandement du général Richter[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2013, la Galerie des Prix Nobel de la paix était installée dans l’ancien poste de commandement du général Richter, commandant la 716e division d’infanterie allemande pendant le Débarquement et la bataille de Normandie. Dans cet espace, le Mémorial de Caen célébrait à sa façon les personnalités et les organisations qui se sont engagées pour la Paix.

Depuis janvier 2014, la scénographie a été complètement revue et le bunker abrite désormais une exposition qui explique l'histoire du site ainsi que l’occupation allemande et la résistance.

Le parc international de la Libération de l’Europe[modifier | modifier le code]

Ces immenses jardins, américain, britannique et canadien, au pied du musée, rendent hommage aux soldats morts à la guerre.

Les collections[modifier | modifier le code]

Constituées à partir de 1988, les collections du Mémorial de Caen rassemblent plusieurs milliers d’objets relatifs à la vie quotidienne des civils et des militaires de tous les pays belligérants pendant le Second conflit mondial.

Une importante collection d'objets, d'archives et de documentation[modifier | modifier le code]

Grâce à une politique d’acquisition active et aux dons, les collections s’enrichissent année après année d’objets et de documents permettant de mieux appréhender l’histoire des mentalités et des sociétés en guerre. Les résistances, les déportations raciales et de répression, la propagande, les efforts de guerre, la captivité, le quotidien du soldat sur le front et l’art sont nos axes d’acquisition. Depuis 2002, les collections se sont ouvertes sur la période de la guerre froide. De même la décolonisation est un thème voué à prendre une grande importance dans les années à venir.

Un fonds spécialisé d’archives et de documentation a été constitué au cours des années : 42 000 photos de reportages, documentaires ou historiques, 200 heures d’archives audiovisuelles, 500 cartons d’archives privées, plus de huit cents témoignages écrits et 1 000 heures d’archives orales ont été collectés et conservés afin de rendre compte de la vie des soldats et des civils au cours du second conflit mondial.

Ces documents sont accessibles au plus grand nombre sur rendez-vous. Afin de préparer la visite, des bases de données et des inventaires peuvent être consultées à partir des pages scientifiques du site internet du Mémorial.

Un dépôt exceptionnel : Les preuves de la Shoah par balles[modifier | modifier le code]

Le père Patrick Desbois a confié les objets de fouilles et les preuves de la Shoah par balles collectés par Yahad - In Unum au Mémorial de Caen.

Ces objets sont venus enrichir les parcours consacrés à l’extermination des Juifs et Tziganes d’Europe. Si la face « concentrationnaire » du génocide qui frappa les Juifs européens est aujourd’hui un sujet historique des plus documentés, ce n’est malheureusement pas le cas pour « la Shoah par balles » dans les pays de l’Est. Ce premier dépôt sera suivi en 2011 de celui des archives et documents papiers rassemblés par Yahad - In Unum, présidée par Patrick Desbois, dans les principaux pays parcourus depuis 2004 : Ukraine, Biélorussie et Russie.

Évènements[modifier | modifier le code]

Les expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Toutes les expositions temporaires du Mémorial sont créées par le Mémorial à l'exception de l'exposition sur le massacre de Nankin, proposée en 2016 par le Mémorial de Nankin.

  • Exposition 2017-2018 : "Dessins assassins - la corrosion antisémite", réalisée à partir de la collection d'Arthur Langerman
  • Exposition 2015 : "Humaniser la guerre ?"
  • Exposition 2014 : "les 100 objets de la Bataille de Normandie" et "Shots of war" (exposition du photographe Tony Vaccaro).
  • Exposition 2011 : "Notre combat. Une réponse à Mein Kampf"

Cette exposition présente une création artistique réalisée à partir d’une idée de Linda Ellia. Cette artiste française d’origine tunisienne a proposé à un grand nombre d’artistes et d’anonymes de s’exprimer sur les pages de Mein Kampf et de réagir à son contenu. Plus de 400 pages ainsi recouvertes et transformées seront exposées. De juillet à décembre 2011

  • Exposition 2010 : "Victoire ! 1941-1945 : le front russe"
  • Exposition en 2009 : « Survivre. Les enfants dans la Shoah ».
  • En 2008, Le Mémorial créé la première exposition[7] hors des États-Unis de décombres des attentats du 11 septembre 2001 avec le New York State Museum.
  • En mars-juin 2008, le mémorial a créé la 1e exposition consacrée à la série Sir Arthur Benton, un premier cycle de bande dessinée[8] ayant pour thème la Seconde Guerre mondiale et l'espionnage[9]. Les planches originales au nombre de 60 et les nombreux objets en rapport avec l’histoire racontée ont permis de proposer au jeune public un parcours éducatif et historique[10]. Approche originale pour les élèves et les enseignants puisque c'est la première fois qu'une bande dessinée est utilisée dans un musée à des fins pédagogiques. Les auteurs[11] ont participé à une séance de dédicace filmée lors du vernissage.

Le concours international de plaidoiries pour les Droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

Le Mémorial porte également un regard sur l’actualité du monde. Il organise régulièrement des événements ouverts à tous : expositions temporaires ou encore Concours de plaidoiries pour la défense des Droits de l’homme.

Chaque année, à la fin du mois de janvier, le Mémorial de Caen offre une tribune à la défense des Droits de l'homme en proposant trois événements : le Concours international de plaidoiries, ouvert aux avocats[12], organisé avec le Barreau de Caen et la Ville de Caen, le Concours de Plaidoiries des lycéens, soutenu par la Région Basse-Normandie et la MGEN, et le Concours de Plaidoiries des élèves avocats, dont la 1re édition a eu lieu en janvier 2011. Neuf écoles d'avocats en France (ou CRFPA) ont invité leurs élèves avocats à rédiger une plaidoirie défendant une cause de violation des Droits Humains. Ces concours ont pour but d’encourager des avocats, des futurs avocats et des lycéens à s’engager en choisissant de plaider en public une situation d’atteinte aux Droits de l’Homme concrète et d’actualité. Ces plaidoiries, véritables engagements personnels, font émerger de nouvelles causes et les font parfois aboutir, comme ce fut le cas en 2004, avec la libération du journaliste cubain Raùl Rivero.

Le 1er prix du concours lycéen est un voyage à New York, spécialement au sein du siège des Nations unies où une visite est organisée pour le gagnant. Le lauréat des élèves avocats remporte un voyage dans un pays de son choix et le lauréat du concours des avocats remporte quant à lui une somme d'argent.

Les rencontres internationales des dessinateurs de presse[modifier | modifier le code]

Le dessin de presse est présent au Mémorial depuis son origine. Le dessinateur Chaunu a produit une fresque permanente sur les concours de plaidoiries installée dans l'une des salle d'exposition temporaire du Mémorial. Le Mémorial a organisé 6 rencontres de dessinateurs de presse. Depuis 2016, il accueille de manière permanente l'association United Sketches for Freedom. Le dessinateur de presse iranien réfugié Kianoush. En 2017, Kianoush a exposé 20 dessins originaux sur les résistances au Mémorial des civils dans la guerre de Falaise, musée créé par le Mémorial de Caen.

Les autres événements[modifier | modifier le code]

  • Conférences, colloques, expositions, débats, concerts, projections de films sont programmés toute l’année, en lien avec les thèmes abordés dans le musée.
  • Lors des commémorations du cinquantenaire du débarquement de Normandie, une pyramide fut installée aux abords du bâtiment, afin d'y promouvoir un spectacle. De nombreuses personnalités furent invitées dont notamment Bill Clinton.

Le développement[modifier | modifier le code]

  • Depuis 2015, la SEM Mémorial de Caen gère aujourd'hui 4 sites dont le Mémorial des civils dans la guerre de Falaise et Arromanches 360.
  • La SEM a pris des participations dans la société belge Tempora qui a crée notamment le musée de Gdansk et gère le Bastogne War Musuem.
  • Le Directeur Général du Mémorial de Caen depuis fin 2005, Monsieur Stéphane Grimaldi, le Directeur Adjoint, Monsieur Franck Moulin et le Directeur Général de Tempora, Monsieur Benoit Remiche
  • Le Mémorial de Caen est également partenaire de nombreuses fondations, dont WARM, créé par le grand reporter du Monde, Monsieur Rémy Ourdan et qui réunit des photographes et journalistes auyant vécus ou traversés les 4 ans de siège de Sarajevo. Le Mémorial travaille depuis plusieurs année aux côtés de WARM pour créer à Sarajevo un centre sur les conflits contemporains.
  • Par ailleurs, le Mémorial de Caen a créé à la demande de l'Ambassade de France en Macédoine, le Mémorial de Bitola en hommage au soldats français du front d'Orient.
  • Il a également co-produit l'exposition sur les 150 ans du CICR, présentée à Genève et à Pékin.

La gouvernance[modifier | modifier le code]

  • Le Mémorial de Caen est une société d'économie mixte, bénéficiaire depuis 2006. Chargée d'invertir sur ses fonds propres dans la rénovation permanente des parcours et des outils de médiation. L'actuel président de la SEM est Monsieur Joël Bruneau, Maire de Caen et le Directeur Général, Monsieur Stéphane Grimaldi. Le Directeur Adjoint, Monsieur Franck Moulin.
    • La SEM compte 95 salariés de droit privé permanents et après avoir rénové Arromanches 360 et créé le Mémorial des civils dans la guerre de Falaise s'est rapproché de la société belge Tempora, fondée et dirigée par Monsieur Benoit Remiche afin de créé un groupe européen de création et de gestion de musées ou d'expositions temporaires. Actuellement ce groupe présente à Bruxelles une exposition intitulée "L'Islam c'est aussi notre histoire".

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Veille Info Tourisme »
  2. « Fréquentation des sites et lieux de visite Bataille de Normandie 2016 » [PDF]
  3. Notice no M0659, base Muséofile, ministère français de la Culture.
  4. Le Mémorial de Caen sur le site de l’International Network of Museums for Peace.
  5. https://www.francebleu.fr/infos/politique/caen-l-ancien-senateur-maire-jean-marie-girault-est-mort-1462093145
  6. Voir un documentaire sur la conception du mémorial sur Youtube.
  7. À voir sur Dailymotion un reportage sur l'exposition.
  8. Un article dans 9e art.
  9. Film de présentation du mémorial à voir sur Youtube.
  10. Le programme du mémorial
  11. Petit film du scénariste de l'exposition avec la bande son originale réalisée par le mémorial sur Youtube.
  12. Un documentaire du mémorial est disponible sur Youtube.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]