Julia Domna

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Julia.
Julia Domna
Description de cette image, également commentée ci-après
Julia Domna (c. 193-205) - Römisch-Germanisches museum, Cologne)
Naissance v. 170
Rome
Décès
Ascendants
Conjoint
Descendants

Julia Domna (v. 170217), fille de Julius Bassianus, un notable originaire d'Émèse (Homs) en Syrie, était une impératrice romaine. Elle était la deuxième épouse de l'empereur romain Septime Sévère (qui régna de 193 à 211) et la mère des empereurs Caracalla (211-217) et de Geta (co-dirigeant en 211). Elle occupa un rôle politique important et reçut le titre d’ Augusta en 193  et de Mater castrorum (« Mère des camps ») en 195.

A la mort de Septime Sévère en 211, elle occupa le pouvoir d’abord avec ses deux fils, Caracalla et Geta. A la mort de ce dernier, assassiné par son frère, elle gouverna l’empire avec Caracalla. Elle était très honorée et considérée comme une déesse.

Après l’assassinat de Caracalla le 8 avril 217, elle cessa de s’alimenter et mourut rapidement.

En dehors de son rôle politique et ses capacités d’apprentissage, Julia était connue comme mécène des arts, de la musique et de la philosophie, utilisant son titre et son influence pour répandre la philosophie précédemment persécutée et l'aider à s'améliorer et s'épanouir à Rome .

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine, mariage et maternité[modifier | modifier le code]

Née vers 170, Julia Domna venait d'une famille noble de la cité d'Émèse (Homs) en Syrie. Son père, citoyen romain, se nommait Julius Bassianus. Il exerçait la fonction de prêtre en chef du dieu du soleil Elagabal, fonction héréditaire dans la famille. Le culte de Elagabal a joué un rôle central dans la vie religieuse de la ville d’Emèse. Julia avait une sœur plus âgée, Julia Maesa[1].

Julia épousa en 187 Septime Sévère, un sénateur d'origine libyenne, alors gouverneur de la Gaule Lyonnaise et veuf depuis peu. Sévère, qui venait de Leptis Magna en Afrique du Nord, a officié en tant que légat d'une légion syrienne, la Legio IIII Scythica. On ne sait si Julia connaissait son futur mari : Septime Sévère avait sans doute déjà exercé un commandement militaire en Syrie, mais l'historien Auguste prétend qu'il avait choisi son épouse d'après son horoscope, celui de Julia Domna prédisant qu'elle épouserait un roi. Cette tradition est peut-être exacte, Sévère attachant beaucoup d’importance aux présages mais il peut aussi s'agir d'une invention rétrospective dont l'auteur serait Sévère lui-même[2]. Le mariage eut lieu à Lugdunum - Lyon aujourd'hui. Lugdunum était le siège administratif de Gallia Lugdunensis, province dont Sévère était alors gouverneur.

Ce mariage était le deuxième pour Sévère. Il aurait eu deux filles de sa première union.

Le 4 avril 188, elle donna le jour à leur premier fils, Bassianus (le futur Caracalla), à Lyon. La famille déménagea à Rome, à la fin de la fonction de gouverneur de Sévère en Gaule. C'est là que naquit leur second fils, Geta, en 189.

Julia impératrice[modifier | modifier le code]

Le 9 avril 193, Septime Sévère fut proclamé Empereur à Carnuntum par son armée, à l'issue d'une guerre civile. Le 9 juin, il fit son entrée à Rome et Julia Domna devint Augusta.

En 195 elle fut proclamée Mater castrorum (« Mère des camps ») comme la défunte impératrice Faustine la Jeune, épouse de Marc Aurèle et mère de Commode. Elle accompagnait toujours son mari dans ses campagnes militaires en Asie mineure, puis en Syrie, puis, après un retour à Rome, en Mésopotamie et en Égypte.

En 197, Sévère et sa famille retournèrent à l'Est pour poursuivre une autre campagne contre les Parthes. En 199, la famille impériale voyagea en Égypte, où ils restèrent jusqu'en 200. Ce n'est qu'en 202 qu'ils revinrent à Rome. En 202-203, la famille resta dans la patrie nord-africaine de Sévère[2]. Sévère emmèna aussi sa femme et ses deux fils lors de la dernière expédition militaire de l'Empereur, la campagne 208-221 en Grande-Bretagne contre les calédoniens.

Dans l'auto-représentation publique de Sévère, la famille impériale a  joué un rôle central, comme le montrent les pièces de monnaie, donnant l'image d'une famille dirigeante harmonieuse et exemplaire qui assurait la continuité et la stabilité. Dans ce contexte, l'impératrice a joué le rôle de symbole du bonheur (felicitas) et de l'harmonie (concordia)[3],[1].

Sur les pièces de monnaie représentant Julia – et pas sur celles représentant l'empereur-  le temple de Vesta qui avait été reconstruit sous Sévère après un incendie était représenté. On pourrait en déduire que la reconstruction s’est faite sous sa direction mais cette thèse est controversée [14]. Le très grand nombre d'inscriptions honorifiques pour Julia à la fois pendant le règne de Sévère et celui de Caracalla est remarquable; aucune autre impératrice n'a été autant honorée.

De retour à Rome Julia fut marginalisée par son grand rival Plautien, le meilleur ami de Septime Sévère, nommé préfet du prétoire puis anobli et fait consul. En 202 l'influence de Plautien était telle qu'il fit marier sa fille Fulvilla Plautille à Caracalla. Pour éliminer Julia Domna, Plautien l'accusa d'adultère, mais Septime Sévère ne voulut pas y prêter attention. Usant de son ascendant sur son fils Caracalla, Julia le persuada d'assassiner Plautien et de répudier son épouse Plautille sur l’île de Lipari[4], ce qui fut fait.

Après l'élimination de Plautien, Julia Domna prit une place prépondérante dans la famille impériale. Elle put placer ses amis d'origine syrienne aux postes-clés.

L’année de crise 211[modifier | modifier le code]

Quand Septime Sévère mourut à Erburacum (York) le 4 février 211, elle se retrouva au pouvoir avec ses deux fils Caracalla et Geta, Augustes l'un et l'autre, mais qui se détestaient et cherchaient à s'éliminer mutuellement. Ils interrompirent la campagne britannique et retournèrent à Rome avec Julia. Leur mésentente mena à une guerre civile. L’historien Hérode rapporta qu’une division de l’empire fut envisagée. Julia se serait opposée à ce partage. L’existence d’un tel plan est cependant douteuse, Caracalla étant déterminé à rester seul au pouvoir.

En décembre 2011, Caracalla réussit finalement à faire venir son frère, par l’entremise de Julia, à une prétendue réunion de réconciliation. Caracalla le fit tuer dans les bras de sa mère qui fut elle-même blessée La damnatio memoriae fut imposée : ceux qui pleuraient Geta, devaient payer de leur vie. Même Julia ne fut pas autorisée à montrer son deuil.

Rôle sous Caracalla[modifier | modifier le code]

Le meurtre de Geta brise la relation entre Julia et Caracalla. À partir de cette date, l'Empire fut gouverné par le couple Julia Domna et son fils Caracalla. Comme elle l'avait fait avec Septime Sévère, Julia Domna accompagna son fils dans toutes ses expéditions, en Germanie, en Asie, en Égypte et en Syrie. Ce couple mère-fils faisait jaser, les chansonniers d'Alexandrie la représentaient en Jocaste (la mère-épouse d'Œdipe).

Quand Caracalla fut assassiné près de Carrhes (Harran, Turquie) en 217, le pouvoir revint au préfet du prétoire Macrin (un Africain, ancien ami de Plautien). Julia Domna tenta de soulever à Antioche la garde prétorienne, sans succès. Macrin la laissa se retirer à Émèse en conservant sa fortune. Elle mourut très rapidement, à l'issue d'une grève de la faim, peut-être motivée aussi par un cancer du sein[5]. Elle ne fut pas incinérée, mais inhumée dans un sarcophage, dans le mausolée d'Auguste.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Barbara Levick, Julia Domna: Syrian Empress., Routledg, (ISBN 978-1-134-32351-7), p.18
  2. a et b (en) Anthony R. Birley, The African Emperor. Septimius Severus, Routledge, 2015, 2eme édition
  3. (de) Erich Kettenhofen, Die syrischen Augustae in der historischen Überlieferung, Bonn, Bonn, , p. 134, 142
  4. (en) « Caracalla | Roman emperor », Encyclopedia Britannica, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  5. (en) Potter, David S, The Roman Empire at Bay AD 180–395, Routledge, (ISBN 0-415-10058-5), p.148

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Gérard Minaud, Les vies de 12 femmes d’empereur romain - Devoirs, Intrigues & Voluptés , Paris, L’Harmattan, 2012, ch. 9, La vie de Julia Domna, femme de Septime Sévère, p. 211-242.
  • Barbara Levick, Julia Domna. Syrian Empress, Routledge: Taylor & Francis, 2007
  • Emily Ann Hemelrijk, Matrona Docta. Educated Women in the Roman Élite from Cornelia to Julia Domna, Routledge, 2004.
  • Susann Sowers Lusnia, The public image of Julia Domna and her role in Severan Dynastic propaganda, University of Cincinnati, 1990.


Sur les autres projets Wikimedia :