Palais Galliera, musée de la Mode de la ville de Paris

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Musée Galliera
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Le palais Galliera, musée de la Mode de la ville de Paris, est un musée français situé dans le 16e arrondissement de Paris, consacré à l'art et l'histoire du vêtement et de la haute couture.

Le musée est ouvert au public lors d'expositions temporaires — deux fois par an en moyenne — d'une durée d'environ quatre à six mois chacune. Jusqu'en 2021, il n'y a pas de présentation permanente des collections pour des raisons de conservation.

Il s'agit d'un des quatorze musées de la ville de Paris gérés depuis le par l'établissement public administratif Paris Musées.

Accès[modifier | modifier le code]

Le musée est accessible par le 10 avenue Pierre-Ier-de-Serbie et par le square du Palais-Galliera, depuis l'avenue du Président-Wilson. Il est desservi par la ligne (M)(9) à la station Iéna et se situe entre la rue de Galliera et la rue Maria-Brignole.

Historique[modifier | modifier le code]

Le testament initial[modifier | modifier le code]

Le musée est situé dans l'ancien palais muséal de la duchesse de Galliera, qui fut édifié entre 1878 et 1894 par l'architecte Léon Ginain[1].

À la mort de son mari en 1876, la duchesse de Galliera, Maria Brignole-Sale De Ferrari est l'héritière d'une belle fortune dont elle se sert pour des œuvres caritatives. Le duc de Galliera ayant été commanditaire de la Société d'urbanisme Thome & Cie, la duchesse se trouve en possession de nombreux terrains dans le 16e arrondissement. Elle décide d'y faire construire un musée pour recevoir sa collection d'œuvres d'art, qu'elle souhaite léguer à la ville de Paris.

La donation est faite par acte authentique passé le devant maître Delapalme, notaire à Paris :

  • d'un terrain triangulaire de 17 600 mètres carrés le long de l'avenue du Trocadéro, pour y établir le musée et un square ;
  • du sol nécessaire à la réalisation de deux voies d'isolement du musée et du square.

La duchesse s'engage à faire réaliser le musée et le square à ses frais.

Le décret présidentiel du accepte la donation. Les deux rues prévues dans la donation portent les noms de rue Maria-Brignole et rue de Galliera et sont classées parmi les voies publiques.

Les travaux[modifier | modifier le code]

Les travaux débutent le . Dans un testament olographe daté du , la duchesse de Galliera charge la ville de Paris de la construction du musée pour une somme maximale de 6,5 millions de francs, pour les travaux déjà faits et ceux restant à faire jusqu'à leur complet achèvement.

Le , à la suite de manifestations favorables au comte de Paris, à l'occasion du mariage de sa fille avec le prince du Portugal, Jules Grévy et Georges Clemenceau convoquent la Chambre des députés, qui adopte une loi obligeant les chefs des familles ayant régné en France et leurs héritiers directs à quitter le territoire.

La duchesse est outrée par cette loi mais, ne pouvant revenir sur sa donation du musée, elle décide alors d'abandonner le legs de sa collection à la ville de Paris ; celle-ci, en attendant, se trouve conservée au Palazzo Rosso et au Palazzo Bianco à Gênes. La duchesse meurt le , avant la fin de la construction. L'année suivante, en , ses héritiers déposent la somme de 1,3 million de francs auprès du receveur de la ville de Paris pour terminer les travaux. Le , le conseil municipal décide de s'en tenir à la donation faite le et de ne recevoir le musée et le square qu'après la fin des travaux. Les héritiers de la duchesse de Galliera font achever les travaux par l'architecte Léon Ginain ; ils sont enfin terminés le , et la ville de Paris reçoit le musée Brignole-Galliera et le square le .

Quel objet ?[modifier | modifier le code]

Cependant, la collection Galliera pour laquelle le musée a été conçu ayant quitté la France pour l’Italie, la ville de Paris doit trouver à ce dernier une nouvelle destination ; elle va y déposer des œuvres qu'elle possède puis en faire un lieu d'expositions temporaires. La première, consacrée à des portraits de femmes et des dentelles, est inaugurée par le président de la République Félix Faure le .

En 1902 à l'initiative de Quentin Beauchard, conseiller municipal du 13e arrondissement, la ville décide d'y établir un musée d'art industriel. Il y a eu par la suite des expositions d'art contemporain. Ensuite, le musée fut loué aux commissaires-priseurs parisiens pour leurs ventes de prestige. Le projet initial de la duchesse de Galliera ne voit donc pas le jour[1]. Mais dans les années 1920, la ville de Paris décide de créer un musée du costume et des accessoires, à partir de la collection de Maurice Leloir, laquelle est exposée au musée Carnavalet (à partir de 1907[1]), puis au musée d'Art moderne de la ville de Paris[2] (de 1955 à 1971[1]). Finalement, le palais Galliera devient le musée de la Mode et du Costume en 1977[2].

Description[modifier | modifier le code]

Musée Galliera vu de l'avenue Pierre Ier de Serbie.
Le musée jouxte le square Brignole-Galliera qui depuis 1916 compte une fontaine.

La duchesse de Galliera ayant confié à Léon Ginain la direction du projet, ce dernier dresse les plans en s'inspirant du palais que la duchesse possède à Gênes. Si l'enveloppe en pierre rappelle la Renaissance italienne, l'ossature est métallique et a été réalisée par la Compagnie des établissements Eiffel. L'édifice est de style Beaux-Arts[1]. La mosaïque du sol et des coupoles est l’œuvre de Giandomenico Facchina (1826-1904). Sur la façade donnant sur l'avenue du Président-Wilson se trouvent les statues représentant la Peinture, par Henri Chapu, l'Architecture, par Jules Thomas, et la Sculpture, par Pierre Cavelier.

Le musée de la Mode est inauguré en 1977. Il fait revivre l'histoire de la mode lors de prestigieuses expositions temporaires, permettant au public de découvrir une partie d'un fonds riche de 90 000 pièces : les somptueux habits des XVIIIe et XIXe siècles comme les œuvres des grands couturiers et créateurs gardent la mémoire de trois siècles de mode. Bijoux, cannes, chapeaux, chaussures, sacs, éventails, gants, ombrelles et parapluies complètent les collections, avec également des archives de photographies comme celles d'Henry Clarke, reçues en 1997.

Durant l'été 2021 sera pour la première fois installée une collection permanente, dans les sous-sols récemment aménagés. Elle présentera une histoire de la mode du XVIIIe siècle à nos jours[1].

Travaux de rénovation[modifier | modifier le code]

Des travaux de rénovation sont engagés à la fin de l'exposition « Sous l’Empire des crinolines », le , jusqu'au , pour un coût global de cinq millions d'euros[3]. Pendant sa fermeture, le musée Galliera continue de proposer un programme d'expositions hors les murs, notamment aux Docks, cité de la mode et du design ou à l'hôtel de ville de Paris.

Le , le musée ferme de nouveau pour des travaux d'extension en sous-sol et de création d’une librairie-boutique et d’un café réalisés par Dominique Brard. Financées par la maison de couture Chanel, les galeries « Gabrielle Chanel » permettent depuis de doubler la surface d’exposition. Le musée rouvre le . Les galeries de sous-sol, en briques rouges et pierres de taille, augmentent la surface du musée de 700 mètres carrés. Par ailleurs, une salle d'atelier pour les activités culturelles et pédagogiques est initiée rez-de-jardin. Les 5000 mètres carrés de bâtiment sont rénovés, les balustres sont consolidés et les façades sont ravalées[1].

Direction[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début de 2018, le musée était dirigé par l'historien Olivier Saillard[4]. Il est remplacé par Miren Arzalluz[5],[6].

Collections[modifier | modifier le code]

Parmi les collections, on peut citer celles de Paul Iribe, Georges Lepape, René Gruau, Christian Bérard, Bernard Blossac, René Bouët-Willaumez, Pierre Louchel, Pierre Pagès ou encore Roger Rouffiange[7].

Expositions[modifier | modifier le code]

Le musée présente en moyenne deux expositions par an sur les différents aspects de la mode (époques, garde-robes célèbres, couturiers tels que Margiela, Fortuny, Balenciaga, Lanvin, Alaïa, Comme des Garçons, Grès, Carven)[8].

Liste[modifier | modifier le code]

  • 2020-2021 : « Gabrielle Chanel, manifeste de mode »[1].
  • À partir de 2021 : Vogue[1].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i « Au Palais Galliera, la mode dans un nouvel écrin », paris.fr, consulté le 24 octobre 2020.
  2. a et b Jacques Mouclier, Haute couture, Neuilly-sur-Seine, Jacques-Marie Laffont, , 270 p. (ISBN 2-84928-052-6), « Mode et musée », p. 188.
  3. Fermé pour travaux, le musée rouvrira ses portes au printemps 2013, site paris.fr.
  4. « L'actualité vue par Olivier Saillard, directeur du musée Galliera », sur lejournaldesarts.fr, Le Journal des Arts, (consulté le ).
  5. « Miren Arzalluz, nouvelle directrice du Palais Galliera », sur lejournaldesarts.fr,
  6. Manon Garrigues, « Miren Arzalluz, nommée directrice du Palais Galliera », sur vogue.fr
  7. « Le Cabinet d’Arts graphiques », sur Palais Galliera (consulté le ).
  8. Liste des expositions du musée Galliera depuis 2002, site palaisgalliera.paris.fr.
  9. « Le musée Galliera - Le diable s'habille en prada », sur parisfaitsoncinema.com (consulté le ).
  10. « Balade parisienne - Inception », sur parisfaitsoncinema.com (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]