Cléopâtre VII

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Wikipédia:Bons articles Vous lisez un « bon article ».
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cléopâtre.
Cléopâtre VII Philopator
Statue de la reine Cléopatre VII, moitié du Ier siècle. Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg.
Statue de la reine Cléopatre VII, moitié du Ier siècle. Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg.
Fonctions
Reine d'Égypte
Prédécesseur Ptolémée XII
Successeur Ptolémée XV
Biographie
Titre complet Reine d'Égypte
Dynastie Dynastie ptolémaïque
Date de naissance v. 69 av. J.-C.
Lieu de naissance Alexandrie
Date de décès
Lieu de décès Alexandrie
Royaume ptolémaïque
Père Ptolémée XII Aulète
Mère Cléopâtre VI Tryphène
Grand-père paternel Ptolémée IX Sôter II
Conjoint Ptolémée XIII
Son 1er frère
Deuxième conjoint Ptolémée XIV
Son 2e frère
Troisième conjoint Jules César (amant)
Enfants avec le 3e conjoint Ptolémée XV Philopator Cæsar
dit Césarion
Quatrième conjoint Marc Antoine
Enfants avec le 4e conjoint Alexandre Hélios
Cléopâtre Séléné
Ptolémée Philadelphe

Cléopâtre VII Philopator, (en grec ancien: Κλεοπάτρα Θεὰ Φιλοπάτωρ / « Qui aime son père »), puis Théa Néôteria Philopatris, (en grec ancien: Θεὰ νεωτέρα Φιλοπάτριϛ / « Déesse nouvelle qui aime sa patrie »), née vers 69 av. J.-C., morte le , est une reine d'Égypte antique de la dynastie des Ptolémées d'origine macédonienne. Elle règne sur l’Égypte entre 51 et 30 avec ses frères et époux Ptolémée XIII et Ptolémée XIV, puis au côté du général romain Marc Antoine. Elle est célèbre pour ses relations avec Jules César et Marc Antoine avec lesquels elle a eu plusieurs enfants. Prenant part à la guerre civile entre ce dernier et Octave, elle est vaincue à la bataille d'Actium en 31. La conquête de l’Égypte par les Romains marque la fin de l'époque hellénistique.

Cléopâtre est un personnage dont la légende s'est emparée, de son vivant même. Sa mort tragique n'a fait que renforcer la tendance au romanesque qui entoure le personnage, et qui parfois gêne l'historien dans une approche objective de cette reine d'Égypte, l'une des femmes les plus célèbres de l'Antiquité.

Origines et personnalité[modifier | modifier le code]

Le problème des sources[modifier | modifier le code]

Relief du grand temple d'Hathor de Dendérah, représentant la reine Cléopâtre et son fils Césarion.

Les principales sources littéraires antiques (Plutarque, Suétone et Appien) n'évoquent Cléopâtre que pour sa place dans l'histoire romaine. Lorsque Cléopâtre sort de l'ombre des dirigeants romains, « elle sort de l'histoire »[1]. C'est pourquoi il existe relativement peu d'informations sur son séjour à Rome aux lendemains de l'assassinat de Jules César, ou sur la période passée à Alexandrie durant l'absence de Marc Antoine entre 40 av. J.-C. et 37. De plus, l'historiographie antique lui est globalement défavorable car inspirée par le vainqueur de Cléopâtre, l'empereur Auguste, et son entourage, dont l'intérêt est de la noircir, afin d'en faire l'adversaire malfaisant de Rome et le mauvais génie de Marc Antoine[2]. Par ailleurs Jules César ne fait aucune mention de sa liaison avec elle dans les Commentaires sur la Guerre civile[3].

Ainsi Flavius Josèphe porte au Ier siècle ce jugement [4]: « Elle fit d'Antoine l'ennemi de sa patrie par la corruption de ses charmes amoureux ». La légende noire, propagée par la propagande augustéenne, est relayée ensuite par les poètes (Horace, Properce, Lucain) et les historiens romains (Eutrope, Dion Cassius et Tite-Live) qui voient en elle quatre dangers : reine (remettant en cause les valeurs République romaine), femme de caractère et séductrice (pouvant mettre en danger la virilité et la virtus romaine), ambitieuse (menaçant la liberté) et étrangère (origine grecque et orientalité associées à la débauche et la luxure mettant en cause la « romanité », notamment la vertu de pudicitia)[5]. Tous ces éléments expliquent la prudence des historiens actuels et l'enthousiasme des cinéastes ou des romanciers pour un tel personnage.

La question de ses origines[modifier | modifier le code]

Voir l’article annexe : Arbre généalogique des Lagides.

Cléopâtre est née au cours de l'hiver 69-68 av. J.-C.[6] probablement à Alexandrie. Elle appartient à la dynastie des Lagides d'origine macédonienne qui règne sur l'Égypte depuis la fin du IVe siècle av. J.-C. Cette dynastie a été fondée par Ptolémée Ier, l'un des généraux d'Alexandre le Grand qui s'empare de l'Égypte à la mort du Conquérant.

Cléopâtre est l'une des trois filles (connues) du roi Ptolémée XII Aulète, et peut-être d'une concubine, puisque Strabon affirme que Ptolémée XII n'eut qu'une seul enfant « légitime »[7], Bérénice IV, qui a régné de 58 à 55. Il est dès lors envisageable que son père, qui se serait engagé dans la polygamie pharaonique, ait eu une deuxième épouse égyptienne, peut-être issue de la classe sacerdotale de Memphis, expliquant que certains auteurs romains la surnomme de manière injurieuse l’« Égyptienne »[8]. Cléopâtre entretient d'ailleurs elle-même le mystère sur ses origines maternelles, laissant planer le doute sur une possible ascendance égyptienne, sachant en outre qu'elle parle égyptien contrairement à ses prédécesseurs.

Cependant cette éventuelle bâtardise n'est pas certaine ; elle n'apparaît par exemple jamais dans les attaques dont la reine est plus tard l'objet de la part des Romains[9],[note 1]. Quoiqu'il en soit, être une fille « illégitime » n'est pas un handicap politique, Ptolémée XII étant lui-même un bâtard de Ptolémée IX.

La question de sa titulature[modifier | modifier le code]

Stèle figurant Cléopâtre VII faisant offrande à Isis - musée du Louvre.

Cléopâtre s'est adjoint l'épithète, classique chez les Lagides, de Philopator, « Qui aime son père ». Mais en 36 av. J.-C., dans un contexte de renouveau politique, elle s'ajoute l'épithète Philopatris (« Qui aime sa patrie »)[10]. Cette titulature surprend dans une dynastie qui privilégie plutôt les liens dynastiques (« qui aime son père, sa mère, sa sœur », etc.) que l'attachement aux pays et aux peuples qu'elle gouverne. Peut-être faut-il y voir une attention plus marquée, rare chez ses prédécesseurs si l'on excepte Ptolémée VIII, envers les Égyptiens indigènes, thèse la plus consensuelle. À moins que Philopatris n'évoque l'origine macédonienne de la dynastie lagide[11]. Une dernière hypothèse consiste à dire que cette « patrie » n'est autre qu'Alexandrie, ce qui insisterait sur le fait que Cléopâtre est une « métisse » macédonienne et non pas une Égyptienne : en effet, Alexandrie (fondation d'Alexandre le Grand) est alors considérée comme extérieure et indépendante de l'Égypte à laquelle elle n'est réunie que du fait de ses souverains. De cela découle l'expression « d'Alexandrie près de l'Égypte » alors courante, et qui marque cette situation.

Autre nouveauté dans la titulature, Cléopâtre se voit ajouter en 36 l'épithète de Théa Néôtera, soit « Déesse nouvelle / plus jeune », comme l'attestent des monnaies et un papyrus trouvé à Héracléopolis Magna qui donne sa titulature complète[12] : « Déesse nouvelle qui aime son père et qui aime sa patrie ». Diverses interprétations sont possibles quant à cette épiclèse divine[13] : soit Cléopâtre est l'objet d'un culte spécifique (sachant tout de même que les Lagides en sont déjà l'objet), soit il s'agit pour elle de s'inscrire comme la successeur de Cléopâtre Théa, fille de Ptolémée VI, qui a épousé successivement trois rois séleucides, afin de montrer son ambition à contrôler les territoires qui ont autrefois formé le royaume séleucide.

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Son enfance et de ses années d'adolescence sont méconnus. Il est possible d'imaginer qu'elle dut observer les événements du règne chaotique de son père avec une grande acuité. La désaffection entre la population égyptienne et la dynastie lagide est patente sous le règne de Ptolémée XII. Les causes sont nombreuses : dégénérescence physique et morale des souverains, centralisation outrancière, corruption et cupidité des administrateurs. La multiplication des révoltes indigènes, la perte de Chypre et de la Cyrénaïque, la dévaluation de la tétradrachme (une première depuis Ptolémée Ier) dont la valeur en argent passe de 90 % à 33 %, font de ce règne l'un des plus calamiteux de la dynastie.

La puissance de Rome, qui intervient militairement pour rétablir Ptolémée XII en 55 av. J.-C. renversé par sa fille aînée Bérénice IV trois ans plus tôt, est certainement un élément compris et assimilé par la jeune Cléopâtre. Rétabli par Gabinius[14], le gouverneur de Syrie, Ptolémée XII se lance dans une série de massacres, de proscriptions et d'assassinats (dont sa propre fille Bérénice, la demi-sœur de Cléopâtre). Cette politique ne rend pas son autorité à un roi fantoche qui ne se maintient que par la présence romaine, laquelle de plus grève les finances du pays. Les tribulations du règne précédent apprennent ainsi à la future reine à utiliser tous les moyens pour se débarrasser de ses adversaires ou de ceux qui gênent ses projets, comme son jeune frère Ptolémée XIV en 44 av. J.-C..

Sa personnalité[modifier | modifier le code]

Il est difficile de cerner la véritable personnalité de Cléopâtre, qu'un certain romantisme a contribué à déformer ; mais elle possède à l'évidence beaucoup de courage et se révèle suffisamment intelligente pour inquiéter les Romains.

Aucune source sûre ne vient nous éclairer sur son aspect physique qui échappe à un classement esthétique banal. Le buste de Cherchell, réalisé bien après sa mort, à l'occasion du mariage de sa fille, Cléopâtre Séléné, avec le roi Juba II de Maurétanie, est idéalisé. Certains auteurs antiques insistent sur sa beauté presque divine[15]. Les quelques pièces de monnaies donnent l'image d'une femme aux traits lourds et au nez assez proéminent[note 2]. Nous savons qu'elle a une présence forte et du charme, qu'elle dégage une puissante séduction et que cela est complété par une voix ensorcelante ainsi qu'un esprit brillant et cultivé[note 3].

En effet, alors que l'éducation des filles (même de familles royales) est négligée dans le monde grec ou hellénistique, Cléopâtre bénéficie apparemment de l'enseignement de pédagogues cultivés. Plutarque insiste sur ses qualités intellectuelles[16]. C'est ainsi que Cléopâtre est une polyglotte : elle parle, outre le grec, l'égyptien (première et dernière de sa dynastie à faire cet effort, encore qu'il y ait un doute pour Ptolémée VIII dit Physcon), l'araméen, l'éthiopien, le mède, l'arabe, sans doute aussi l'hébreu ainsi que la langue des Troglodytes, un peuple vivant au sud de la Libye actuelle[note 4]. De tels dons ne la laissent sans doute pas longtemps démunie face au latin, encore que des Romains aussi cultivés que César parlent un grec parfait. Plusieurs traités de métrologie, d'alchimie, de gynécologie ou de cosmétique (le Kosmètikon) lui sont attribués, mais ils sont jugés apocryphes par les historiens modernes[17].

Règne[modifier | modifier le code]

L'accès au pouvoir[modifier | modifier le code]

Buste supposé de Cléopâtre VII, Altes Museum, Berlin.

Le testament du roi Ptolémée XII, mort en , désigne comme successeurs Cléopâtre et un frère cadet de celle-ci, Ptolémée XIII, d'une dizaine d'années environ, à qui elle est nominalement mariée car selon la coutume ptolémaïque, elle ne peut régner seule[18]. Rien ne prouve que Cléopâtre ait voulu exercer la totalité du pouvoir à l'époque, en tout cas les titulatures de cette période lui accordent toujours la seconde place. Ces trois premières années de règne sont difficiles du fait des difficultés économiques : disette des années 50/48 av. J.-C., crues insuffisantes du Nil et lutte politique entre l'eunuque Pothin et le général Achillas qui cherchent à opposer le frère et la sœur[19].

À l'automne 49 av. J.-C. les relations se dégradent totalement entre les deux souverains. Les causes de cette rupture sont ignorées, mais à partir de cette date le nom de la reine figure dans les textes officiels avant celui de Ptolémée XIII. En fait c'est une véritable guerre qui éclate entre les deux monarques puisqu'à l'été 48 av. J.-C. ils se font face à Péluse. Alors que le jeune roi vient d'atteindre sa majorité, Pothin et ses amis accusent la reine de complot contre son frère et provoquent un soulèvement des Alexandrins[20], si bien que Cléopâtre doit fuir en Syrie[21] puis à Ashkelon, au sud de la Judée, où elle se constitue une armée de mercenaires recrutée parmi les tribus arabes[22].

Cléopâtre et César[modifier | modifier le code]

L’assassinat de Pompée[modifier | modifier le code]

La mort de Pompée.

C'est alors qu'intervient la puissance romaine. En effet Pompée, vaincu par Jules César à la bataille de Pharsale au début du mois de , tente de trouver refuge en Égypte. Pompée a en effet été le protecteur de Ptolémée XII, le père de Cléopâtre et de Ptolémée XIII dont il se considère comme le tuteur[23]. Ptolémée XIII et Cléopâtre auraient d'ailleurs aidé Pompée par l'envoi d'une flotte de soixante navires[24]. Mais le jeune roi Ptolémée XIII et ses conseillers jugent sa cause perdue et pensent s'attirer les bonnes grâces du vainqueur en le faisant assassiner à peine a-t-il posé le pied sur le sol égyptien, près de Péluse, le , sous les yeux de son entourage[19].

César, qui débarque deux jours plus tard, est en apparence furieux de ce lâche forfait et n'éprouve pour le pharaon que mépris, car ce n'est pas son adversaire qu'on a lâchement frappé dans le dos mais Rome elle-même[19]. Il fait enterrer la tête de Pompée dans le bosquet de Némésis en bordure du mur est de l'enceinte d'Alexandrie. Pour autant la mort de Pompée est une aubaine pour César qui tente par ailleurs de profiter des querelles dynastiques pour annexer l’Égypte.

La rencontre avec César[modifier | modifier le code]

Cléopâtre et César par Jean-Léon Gérôme, 1866.

Il est difficile de se prononcer clairement sur les raisons qui ont poussé César à s'attarder à Alexandrie. Il y a des raisons politiques, César ayant certainement l'intention d'annexer l'Égypte[19], mais aussi des raisons plus sentimentales, bien qu'il évoque les vents contraires pour expliquer pourquoi il a différé son retour. Il tente d'abord d'obtenir le remboursement de dettes que Ptolémée XII a contractées auprès d'un banquier romain et qu'il a reprises à son compte. Il juge pour cela indispensable de réconcilier le couple royal et tente de s'y employer à la fin de l'année 48 av. J.-C.[25]. Les deux souverains sont convoqués au palais royal d'Alexandrie. Ptolémée XIII s'y rend après diverses tergiversations ainsi que Cléopâtre. C'est à ce moment que se déroule, s'il est authentique, l'épisode du tapis dans lequel la reine se serait fait enrouler afin de parvenir auprès de César[26]. Celui-ci tente d'imposer le statu quo ante, c’est-à-dire le retour au testament de Ptolémée XII, ce qu'accepte Cléopâtre mais pas son frère, guère impressionné par les faibles effectifs de César (environ 7 000 hommes). Celui-ci se retrouve même prisonnier à Alexandrie à la fin de 48, sans renforts. Seule la noyade de Ptolémée XIII dans le Nil le 15 janvier 47 met fin au conflit.

César renonce semble-t-il à ce moment à son projet d'annexion, préférant contracter une alliance. Est-ce à cause de la romance avec la reine de trente ans sa cadette ? Suétone affirme à ce propos que Cléopâtre est la plus grande passion de César[27] ; mais il écrit plus d'un siècle et demi après les faits. Est-ce à cause des difficultés militaires rencontrées durant la guerre civile à Alexandrie au cours de l'hiver 48-47 ? Est-ce à cause de ce fameux voyage « voluptueux » sur le Nil jusqu'aux confins de la Nubie[28],[note 5] ?

Il existe enfin un autre motif qui pourrait expliquer ce changement de politique. En cette période troublée (César n'a pas encore réduit les derniers partisans de Pompée), un gouverneur d'Égypte ambitieux aurait pu affamer Rome en la privant du blé égyptien et s'en faire un tremplin pour ses ambitions politiques. Auguste plus tard interdit d'ailleurs aux sénateurs l'accès à l'Égypte afin d'éviter d'éventuelles tentations. Maintenir une dynastie discréditée tout en gardant le contrôle militaire du pays (trois légions romaines restent après le départ de César) est par conséquent la solution, peut-être provisoire dans l'esprit du conquérant, la plus commode.

Le séjour à Rome[modifier | modifier le code]

Cléopâtre épouse alors un autre de ses frères cadets, Ptolémée XIV, sur l'injonction de Jules César[25]. Cependant elle est la seule à détenir réellement le pouvoir (sous protectorat romain) et le protocole enregistre cette prépondérance en plaçant le nom de la reine en tête des actes officiels. Sa liaison avec César n'est un mystère pour personne. Ce dernier cependant doit bientôt quitter Alexandrie pour combattre le roi du Pont, Pharnace II, puis les derniers partisans de Pompée en Afrique. De retour à Rome, il y convoque les souverains lagides en 46 av. J.-C. Les motifs de cette convocation sont imprécis. César, lui-même marié, souhaite-t-il retrouver sa maîtresse, qu'il loge dans sa propriété de la rive droite du Tibre ? Veut-il impressionner par l'éclat des quatre triomphes qu'il célèbre durant l'été 46 ? A-t-il comme objectif de montrer ce qu'il en coûte de se révolter contre Rome en faisant figurer dans son triomphe la sœur de Cléopâtre et de Ptolémée XIV, Arsinoé, qui s'est fait reconnaître reine par les troupes de Ptolémée XIII ? Souhaite-t-il garder en otage les deux souverains d'un État dont les ressources en blé sont vitales à Rome ? Suétone affirme dans ce sens que César préfère maintenir deux souverains fantoches à la tête de l'Égypte plutôt que d'en faire une province où un gouverneur audacieux serait en position d'affamer Rome très dépendante de ses importations de blé égyptien[29]. Toujours est-il que l'Égypte est administrée pendant ce temps par les officiers de ses troupes restés à Alexandrie.

Ce séjour de deux ans à Rome reste méconnu. En fait, il y a deux séjours : un premier dans la villa du Trastevere de César, puis, après un bref retour en Égypte, un second, probablement dans les anciens jardins appartenant à son amie Claudia, la femme de Catulle[30]. Le seul geste officiel de César en sa faveur est de faire placer une statue dorée de la reine dans le sanctuaire de Vénus Genetrix[31], ancêtre mythique de la gens Iulia dont il est issu. Il est cependant attesté qu'elle a rencontré de nombreux hommes politiques romains dont Cicéron qui n'hésite pas à écrire à Atticus : « Je déteste la reine ! »[32].

Aux yeux de la morale romaine, Cléopâtre reste la prostituée de César. Même si elle est reine ou déesse en sa demeure, elle incarne une conquête romaine ou une esclave qui ne doit pas offrir de descendance à César. Pline la surnommera même la regina meretrix, la « reine putain ». De nombreuses lampes à huile sont illustrées de scènes la caricaturant. On la voit ainsi s’accoupler avec un crocodile en tenant une palme de victoire[33].

Cléopâtre seule souveraine[modifier | modifier le code]

Cléopâtre et la mort de Jules César[modifier | modifier le code]

La mort de César par Vincenzo Camuccini.

Imaginer que la présence de Cléopâtre à Rome s'explique par le rôle actif qu'elle y aurait joué et prêter à César l'intention de transporter à Alexandrie sa capitale (comme l'estime Suétone) est excessif. Il paraît difficile d'imaginer César gouvernant l'Italie depuis l'Égypte alors que la situation politique demeure trouble. Dans son testament, il ne fait aucune allusion à Césarion, né de Cléopâtre[note 6] ; mais il fait d'Octave son héritier[34]. Il est donc certain que César vivant est plus un obstacle au projet de restauration de la puissance lagide que nourrit Cléopâtre. Aussi sa mort est-elle une surprise mais aussi une chance que la reine tâche d'exploiter.

Au début de l'année 44 av. J.-C. César est assassiné. Profitant de la situation confuse qui s'ensuit, Cléopâtre quitte alors Rome à la mi-avril, faisant escale en Grèce. Elle parvient à Alexandrie en juillet 44. Elle entreprend de rétablir l'autorité de l'Égypte sur Chypre, qui a été cédée à Rome par Ptolémée XII en 59 av. J.-C. À peine de retour dans son royaume, elle fait assassiner Ptolémée XIV, à la fois monarque inutile et rival potentiel. La naissance de son fils lui assure un successeur éventuel et elle prend donc seule le titre de reine.

Des années difficiles[modifier | modifier le code]

Drachme à l'effigie de Cléopatre VII, Syrie.

Cléopâtre, enfin seule reine d'Égypte, même si c'est officiellement au nom de son fils, est confrontée à des années difficiles. En 43 av. J.-C. une famine s'abat sur le pays, puis la crue du Nil fait défaut deux années consécutives (42/41). Il semble que la reine se soit préoccupée essentiellement de l'approvisionnement d'Alexandrie, centre de son pouvoir mais prompte à la rébellion. De plus, il lui faut compter avec les quatre légions romaines installées par son défunt amant, qui se livrent à des exactions jusqu'à leur départ en 43.

La guerre que se livrent les assassins de César, Cassius et Brutus et ses héritiers, Octave et Marc Antoine, oblige la reine à des contorsions diplomatiques. En effet, Brutus tient la Grèce ainsi que l'Asie Mineure, tandis que Cassius s'installe en Syrie. Le gouverneur de Cléopâtre à Chypre, Sérapion, vient en aide à Cassius, avec l'assentiment de la reine quels que soient les sentiments que lui inspire l'un des assassins de César. Sérapion est officiellement désavoué plus tard.

Dans le même temps, Cléopâtre envoie les quatre légions aux partisans de César (qui ont reconnu Césarion comme roi d’Égypte) qui lutte contre Cassius en Syrie. C'est aussi l’occasion pour elle de se débarrasser de l'occupation romaine. Mais la flotte qui les transporte est victime d'une tempête au large de la Cyrénaïque et passe du côté de Cassius[35]. Cassius aurait envisagé de s'emparer d'Alexandrie quand le débarquement en Grèce d'Antoine et d'Octave l'oblige à renoncer à ses projets[36]. La reine se place finalement dans le camp des vainqueurs quand en 42 les républicains sont écrasés à la bataille de Philippes.

Marc Antoine et Cléopâtre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Marc Antoine.

La rencontre avec Marc Antoine[modifier | modifier le code]

Le banquet de Cléopâtre par Giambattista Tiepolo, 1744.

Nous ignorons depuis quand Cléopâtre, âgée de 29 ans en 41 av. J.-C., et le général romain, qui a une quarantaine d'années, se connaissent. Marc Antoine est l'un des officiers qui a participé au rétablissement de Ptolémée XII en 55 ; mais il est peu probable qu'ils se soient fréquentés, Cléopâtre n'ayant à l'époque qu'une quinzaine d'années, même si Appien indique qu'Antoine a déjà remarqué la future reine[note 7]. Il n'existe aucun témoignage certain sur cette possible rencontre. Il est plus vraisemblable qu'ils se soient fréquentés lors du séjour à Rome de Cléopâtre. Pourtant lors de leur rencontre en 41, ils semblent assez mal se connaître.

Dans le partage du monde romain intervenu après l'écrasement des républicains, l'Orient est dévolu à Antoine dans le cadre du Second triumvirat[37]. Il reprend alors le projet de César avant sa mort, c'est-à-dire une grande expédition contre les Parthes. Pour cela il convoque les souverains des royaumes clients à Tarse, en Cilicie, y compris la reine d'Égypte[38],[note 8]. Celle-ci connaît au moins un des défauts de l'officier, sa vanité et son amour du faste, aussi arrive-t-elle dans un navire à la poupe dorée et aux voiles pourpres, siégeant sous un dais d'or entourée d'un équipage déguisé en nymphes, Néréides et Amours. Puis elle invite Marc Antoine à son bord pour un somptueux banquet. Commence alors une liaison de dix ans, sans doute l'une des plus célèbres de l'Histoire, même s'il est difficile de savoir quelle est la part de calcul dans l'attitude d'Antoine, lequel a besoin de l'Égypte pour ses projets.

La reconstitution d'un grand royaume lagide[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, Marc Antoine suit Cléopâtre à Alexandrie, où il passe l'hiver 41/40 av. J.-C., laissant son armée[39]. C'est à ce moment qu'une vaste offensive des Parthes leur permet de s'emparer de la Syrie, du Sud de l'Asie Mineure, et de la Cilicie. Antigone Mattathias, un prince de la famille des Hasmonéens, hostile aux Romains, est installé sur le trône de Jérusalem. Marc Antoine mène une courte contre-offensive depuis Tyr puis est obligé de rentrer à Rome (été 40 av. J.-C.) où s'affrontent ses partisans et ceux d'Octave[note 9]. Il conclut avec ce dernier la paix de Brindes en et épouse sa sœur, Octavie[note 10]. Pendant ce temps à Alexandrie Cléopâtre accouche de jumeaux : un garçon Alexandre Hélios, et une fille Cléopâtre Séléné.

La séparation dure trois ans, du printemps 40 av. J.-C. à l'automne 37 av. J.-C., et nous ne savons rien ou presque de l'action de la reine durant cette période. Au retour d'Antoine, les deux amants se retrouvent à Antioche à l'automne 37 av. J.-C. ; celui-ci entame une politique nouvelle. Alors que ses officiers et ses alliés ont chassé les Parthes, il substitue là où c'est possible des États clients, qui lui sont fidèles, à une administration directe de Rome. C'est ainsi qu'Hérode devient roi de Judée avec l'appui direct d'Antoine. C'est un phénomène identique qui se déroule en Galatie, dans le Pont et en Cappadoce. Cléopâtre en tire un bénéfice immédiat puisqu'elle se voit confirmer la possession de Chypre, qui est en fait effective depuis 44 av. J.-C., mais aussi de villes de la côte syrienne, du royaume de Chalcis, au Liban actuel, et de la côte cilicienne. Elle reconstitue ainsi une partie de la thalassocratie des premiers rois lagides.

La guerre contre les Parthes[modifier | modifier le code]

En 37-36 av. J.-C., Marc Antoine entame une campagne contre les Parthes qui tourne au désastre, en grande partie dû à un hiver rigoureux dans les montagnes d'Arménie et d'Atropatène. Antoine lui-même en réchappe de peu. Cléopâtre est restée à Alexandrie pour accoucher d'un troisième enfant du couple, Ptolémée Philadelphe. Nous ignorons si c'est en 37, au retour de cette expédition, que Cléopâtre et Antoine se marient, ou en 34 lors du triomphe célébrée à Alexandrie. Eutrope fixe le mariage avant l'expédition contre les Parthes[40]. Nous n'en connaissons même pas le fondement légal mais s'il s'agit du droit pharaonique, ce qui semble probable, ce mariage est considéré comme nul par le droit romain.

Après 37, Octave commence à voir dans l'alliance entre Antoine et Cléopâtre une menace. Il envoie sa sœur Octavie, la femme légitime d'Antoine et la mère de ses deux filles, Antonia Major l'Aînée (la future grand-mère de Néron), et Antonia Minor la Jeune (future mère de Germanicus et de Claude) au début du printemps 35 rejoindre son mari. Antoine ordonne à sa femme, lorsque celle-ci parvient à Athènes, de rebrousser chemin. Octavie, sans montrer extérieurement le moindre signe de contrariété, ordonne aux troupes qui l'accompagnent, des renforts de son frère pour son époux, de poursuivre leur chemin vers Alexandrie.

Antoine projette en effet de faire oublier son échec contre les Parthes et lance en 35 une seconde expédition plus chanceuse. L'Arménie et la Médie font acte d'allégeance et Antoine célèbre un triomphe, non à Rome, mais à Alexandrie, pour lequel Cléopâtre et ses enfants sont associés. Plus tard Césarion est proclamé roi des rois sous le nom de Ptolémée XV, Alexandre Hélios reçoit en partage l'Arménie et les terres au-delà de l'Euphrate, Ptolémée Philadelphe quant à lui se voit confier, nominativement car il a environ deux ans, la Syrie et l'Anatolie. Enfin Cléopâtre Séléné se retrouve à la tête de la Cyrénaïque. Il semble que le caractère hasardeux et chimérique de ces projets grandioses (une partie non négligeable de ces royaumes ne sont pas réellement sous le contrôle de Marc Antoine) n'échappe pas à Cléopâtre qui se contente plus prosaïquement de réclamer à son amant, en vain, la Judée.

L'échec de Cléopâtre[modifier | modifier le code]

La défaite face à Octave[modifier | modifier le code]

La bataille d'Actium par Lorenzo A. Castro, 1672

Les relations avec Octave s'enveniment de nouveau en 32 av. J.-C. et l'affrontement devient inévitable. Nul doute qu'Octave craint Marc Antoine et sa popularité, encore forte au Sénat, mais le triomphe d'Antoine en 35 av. J.-C.[41] et la désignation de Ptolémée XV Césarion comme roi des rois lui font envisager un danger plus vaste encore. Après tout, ce jeune homme est le seul fils de César, et il pourrait un jour lui venir l'idée, si les circonstances s'y prêtent, de venir réclamer son héritage paternel. Aussi Octave va s'employer à dénigrer Marc Antoine par tous les moyens et surtout Cléopâtre, l'Égyptienne, celle qui le tient sous ses charmes et qui l'oblige à des abandons qu'Octave estime désastreux pour Rome. La plupart de ces accusations sont de mauvaise foi et de la propagande auprès de l'opinion publique romaine mais sont aussi pour beaucoup à l'origine de la « légende noire » de Cléopâtre chez nombre d'auteurs antiques comme Sénèque. Ainsi ce dernier écrit [42] : « Cet Antoine qui était un grand homme, une belle intelligence, qui est-ce qui l'a perdu en le faisant passer sous l'empire de mœurs étrangères, de vices qu'ignorait le romain ? Son ivrognerie et son amour pour Cléopâtre qui égalait sa passion pour le vin ». Pline évoque Cléopâtre comme « une putain couronnée » dans l’Histoire naturelle. Cléopâtre est rendue responsable de la guerre et la propagande d'Octave n'hésite pas à affirmer qu'elle souhaite régner sur Rome[43].

La guerre voit l'Égypte fournir une part importante de l'effort de guerre (plus de 200 trières) ainsi que les royaumes alliés, à l'exception notable de l'habile Hérode qui visiblement fait le pari d'une victoire d'Octave, la reine d'Égypte lorgnant sur son royaume depuis fort longtemps. Mais Marc Antoine, alors qu'il dispose des troupes les plus aguerries et de la supériorité numérique[44], mène la guerre en dépit du bon sens, sans énergie et alors qu'Octave peine à constituer son armée, il lui laisse le temps de s'organiser. De plus, l'implication de Cléopâtre dans le conflit est mal perçue par les officiers qui entourent Antoine, en particulier les anciens républicains, assassins de César, et qui se sont ralliés à lui. Ainsi Domitius Ahenobarbus refuse absolument de saluer Cléopâtre de son titre de reine et finit par faire défection[45]. Cette hostilité viscérale de certains Romains à la monarchie éloigne d'Antoine de nombreux hommes de valeur ; elle n'est pas comprise par les historiens de culture grecque des siècles suivants, qui ne font guère de différence entre la dictature de César, le triumvirat et le principe monarchique dans d'autres États. Ainsi Appien écrit [46]: « La différence ne se trouve que dans les mots, en pratique le dictateur n'était ni plus ni moins qu'un roi ». Cléopâtre connaît d'ailleurs cette hostilité et ne quitte pas Marc Antoine de toute la préparation du conflit. Elle est présente à Éphèse, à Athènes puis à Patras. Plus lucide que les officiers d'Antoine, elle comprend fort bien qu'Octave ne la dénonce que pour mieux miner le prestige d'Antoine encore important au Sénat[2].

Octave n'est pas un grand chef de guerre, mais il compte avec Agrippa, un officier compétent qui lui donne rapidement l'avantage. Lorsqu’éclate la bataille navale d’Actium (), Cléopâtre anticipe rapidement l'issue finale de la guerre et rompt le combat avec sa flotte. Cette fuite, seul moyen de sauver ce qui peut l'être, est évidemment exploitée par Octave auprès des officiers et des hommes d'Antoine dont beaucoup changent d'allégeance.

La mort de Cléopâtre[modifier | modifier le code]

La Mort de Cléopâtre, de Reginald Arthur (1892).
Monnaie à l'effigie de Cléopâtre et de Marc Antoine.
Cléopâtre se donnant la mort de Claude Vignon

Les derniers mois de son règne sont assez méconnus. Antoine retourne en Égypte et ne prend pratiquement aucune mesure pour lutter contre l'avancée de plus en plus triomphale d'Octave. Il consume ses forces en banquets, beuveries et fêtes somptueuses sans se soucier de la situation. Il semble que Cléopâtre ait surtout cherché à mettre Césarion à l'abri en l'expédiant à Méroé en Nubie.

Vers Octave arrive à Alexandrie. À la fausse annonce du suicide de Cléopâtre, Marc Antoine met fin à ses jours en se jetant sur son épée. Mourant, il est transporté par Cléopâtre dans son propre tombeau. Celle-ci est conduite devant Octave, qui la laisse se retirer avec ses servantes. Cette attitude est curieuse de la part du futur Auguste car il semble ne prendre aucune précaution pour prévenir un suicide de la reine ; il a pourtant besoin d'elle pour figurer à son triomphe. Craint-il qu'à l'instar de sa sœur Arsinoé, figurant au triomphe de Jules César en 46 av. J.-C., elle n'inspire aux Romains que compassion plutôt que haine[note 11] ? Il n'est pas impossible qu'Octave ait espéré le suicide de Cléopâtre, qui peut passer pour un témoignage supplémentaire de lâcheté, accréditant la thèse défendue par sa propre propagande. Suétone affirme au contraire qu'Octave souhaitait maintenir la reine en vie et qu'il aurait tenté de la faire sauver[47].

Plutarque dresse un récit saisissant et mélodramatique du suicide de la reine[48], inspiré d'Olympos, le médecin personnel de Cléopâtre, qui aurait publié un récit des événements : Avec ses deux plus fidèles servantes, Iras et Charmion, Cléopâtre se donne la mort, le [49], en se faisant porter un panier de figues contenant un ou deux serpents venimeux. Cette version est la plus courante[50].

Pour certains historiens, ce serait une nouvelle preuve de l'attachement de la reine aux traditions égyptiennes car la morsure de l'uræus, le cobra d'Amon-Rê, passe pour conférer l'immortalité et la divinité à sa victime[51]. D'autres historiens, comme M. Le Glay, ont souligné les invraisemblances de ce récit qui serait un nouvel avatar de la propagande octavienne, car d'après eux un serpent lâche tout son venin à la première morsure ; deux cobras ne pourraient donc tuer trois personnes[réf. nécessaire]. Cependant, cette hypothèse se heurte au fait que les serpents contrôlent l'injection de leur venin, un seul cobra pouvant parfaitement tuer trois personnes[52],[53]. Ces historiens estiment dès lors qu'Octave aurait fait exécuter Cléopâtre.

Des historiens continuent de croire en la thèse du poison, déjà évoquée par Strabon qui évoque une pommade toxique qu'elle se serait appliquée[54]. Le poison le plus connu à l'époque est en effet un mélange d'opium, de ciguë et d'aconitum, peut-être placé dans une épingle à cheveux maintenant le diadème souvent orné d'un double uræus, d'où la quiétude décrite sur le visage cadavérique de la reine et la confusion avec les cobras[55].

Si Césarion est exécuté sur ordre d'Octave, les trois autres enfants d'Antoine et Cléopâtre sont emmenés à Rome (ils sont exposés lors du triomphe d'Octave) et élevés par Octavie, restée fidèle à la mémoire de son époux, Marc Antoine. Cléopâtre Séléné épouse plus tard le roi et savant berbère Juba II de Maurétanie[note 12], orphelin de guerre élevé à Rome, comme elle ; ce à quoi nous devons le magnifique buste de Cherchell qui représente Cléopâtre. On ignore ce que deviennent Alexandre Hélios et Ptolémée Philadelphe qui ont peut-être survécu dans l'ombre.

La découverte du tombeau de Cléopâtre et de Marc Antoine (qui a demandé dans son testament d'être enseveli avec elle, Octave ayant répondu à ce vœu) constituerait un événement archéologique sans précédent, du même niveau que l'exhumation de la tombe de Toutânkhamon par Howard Carter en 1922. Selon l'égyptologue Zahi Hawass, directeur du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, une fouille de 2003 à Semoha (en), banlieue d'Alexandrie, a pu associer le mausolée de Cléopâtre au temple d'Isis. Une fouille de 2006 suggère une association possible avec le temple de Taposiris Magna (en)[56].

Son œuvre politique[modifier | modifier le code]

Statue de Cléopâtre VII portant la corne d'abondance, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg.

Cléopâtre l'Égyptienne[modifier | modifier le code]

Bien que l’appellation d'« Égyptienne » soit héritée de la propagande augustéenne, Cléopâtre s'est efforcée de renouer avec les traditions séculaires de l’Égypte pharaonique et de s'accommoder avec son peuple. Elle est en effet la seule souveraine qui ait tenté véritablement de rallier les gens de la chôra (la « province » par opposition à la capitale), sachant qu'elle reste peu populaire à Alexandrie, surtout depuis le passage de Jules César. Les indigènes ne se sont guère révoltés durant son règne alors que le royaume connait une grave crise d'approvisionnement en 42 av. J.-C. et que les taxes royales restent toujours aussi élevées, comme en témoignent les importants revenus versés à Marc Antoine[57].

Elle assume des rituels pharaoniques que ses prédécesseurs ont négligé. Elle adopte notamment le rituel traditionnel pour la naissance de Ptolémée-Césarion-Horus, fils de César-Amon et de Cléopâtre-Isis. Elle s'appuie par ailleurs sur les indigènes égyptiens pour assurer les droits de Césarion à la succession[58]. Elle est aussi la seule de sa dynastie à parler l'égyptien. Elle protège en outre la population juive pour qui le règne de Cléopâtre s'avère une période propice. De nombreux témoignages montrent l'attitude favorable de Cléopâtre envers les Juifs. Vers 30, elle confirme par exemple un édit remontant à Ptolémée II Philadelphe qui accorde des privilèges à certaines synagogues[59].

La royauté semble pour elle moins un patrimoine que l'on dilapide qu'une « patrie » que l'on dirige, ce simple fait la distingue des derniers souverains de la dynastie lagide emportés dans d'inextricables querelles dynastiques et en but à de nombreuses révoltes.

Cléopâtre la dernière des Lagides[modifier | modifier le code]

Cléopâtre connaît les pesanteurs qui paralysent le royaume lagide, l'instabilité et la précarité qui le caractérisent ; elle estime dès lors que Rome peut assurer la pérennité de la dynastie. Elle a donc tenté de persuader César (sans grand succès semble-t-il) puis Antoine (avec plus de réussite au départ) qu'une alliance est préférable à une colonisation. Si elle s'implique autant dans les aléas de la politique romaine, et cherche à utiliser sa puissance, c'est bien pour affermir son pouvoir et sortir son pays de la décadence, tout en maintenant son indépendance.

Mais ce tournant dans la politique lagide aboutit à une impasse, car Cléopâtre est emportée par la guerre civile entre Marc Antoine et Octave. La victoire de ce dernier sonne le glas de la dernière dynastie issue des diadoques : Césarion est assassiné, Ptolémée Philadelphe, Alexandre Hélios et Cléopâtre Séléné sont exilés après avoir été exhibés durant le triomphe d'Octave[58]. La mort de Cléopâtre, et la main-mise impériale sur l’Égypte, marque la fin de la période hellénistique.

Titulature pharaonique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature dans l'Égypte antique.

Tous les noms de sa titulature proviennent de la représentation de la naissance de Ptolémée XV sur le temple d'Hermonthis au sud de Thèbes. Les noms d'Horus sont suivis par des cartouches la désignant sous l'épithète de Philopator (« Qui aime son père »)[61].

Représentations[modifier | modifier le code]

Buste de Cléopâtre VII (Altes Museum, Berlin), portrait le plus vraisemblable de la reine.

Cléopâtre et l'iconographie[modifier | modifier le code]

Les représentations de Cléopâtre appartiennent à deux traditions distinctes, grecque ou égyptienne. Les images grecques nous montrent la reine vêtue du chiton et de l'himation et coiffée du bandeau plat (diadéma, bandeau dit royal mais présent sur des effigies non royales) des souverains hellénistiques[62]. Les traits du visage se veulent réalistes : visage ovale, pommettes hautes, nez busqué imposant ; cheveux coiffés en chignon et chevelure entortillée en « côtes de melon »[note 13] (tête en marbre du Vatican, tête en marbre de Berlin). À l'inverse, l'iconographie égyptienne n'est pas du tout réaliste : il s'agit de faire apparaître Cléopâtre comme une souveraine pharaonique traditionnelle, notamment sur les bas-reliefs des temples de Dendérah, Coptos et Hermonthis. Sally-Ann Ashton a identifié six statues ou fragments de statues qui pourraient représenter Cléopâtre en reine égyptienne[63]. La plus célèbre est conservée au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. Cette sculpture en basalte figure Cléopâtre, coiffée d'une lourde perruque, sous les traits de son ancêtre, Arsinoé II divinisée, dont elle reprend le motif de la double corne d'abondance. Mais les trois cobras qui se dressent au-dessus de son front pourraient être une caractéristique de la dernière reine lagide.

Cléopâtre sur les monnaies[modifier | modifier le code]

Les monnaies de Cléopâtre appartiennent à l'iconographie grecque. Dix-neufs types monétaires différents ont été publiés[64]. Ils ont été frappés à Alexandrie, Chypre, Cyrène et dans divers ateliers du Proche-Orient actuel (Ascalon, Chalcis du Liban, Damas, Tripolis, Dora, Orthosia). Ces monnaies sont datées de l'ère royale d'Alexandrie qui débute en 52-51 av. J.-C. pour Cléopâtre, ou bien de l'ère dite de la Théa néôtéra (« Déesse nouvelle »), une épithète divine prise en 36). Parfois, les deux ères apparaissent conjointement. L'une des innovations majeures du monnayage de Cléopâtre est aussi d'avoir, pour la première fois, fait apparaître la valeur fiduciaire de la monnaie, au revers des pièces de bronzes. Il s'agissait, par cette mesure très habile, d'enrayer l'inflation du bronze par rapport à l'argent.

Le personnage de Cléopâtre[modifier | modifier le code]

Outre la réflexion de Blaise Pascal dans les Pensées, qui considère que « le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé », la reine d'Égypte a donné lieu à de très nombreuses représentations. Ainsi, entre 1540 et 1905, elle a inspiré cinq ballets, 45 opéras et 77 pièces de théâtre en plus des sept films de long-métrage tournés.

Peinture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Mort de Cléopâtre.

Cléopâtre a été le sujet de nombreux tableaux et dessins, réalisés notamment par Reginald Arthur, Augustin Hirschvogel, Guido Cagnacci, Johann Liss, John William Waterhouse, Jean-André Rixens et Arnaud Courlet de Vregille.

Sculpture[modifier | modifier le code]

Art contemporain[modifier | modifier le code]

Littérature et bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Plutarque l'évoque dans les Vies parallèles des hommes illustres (César, Antoine, Auguste)
  • Une nuit de Cléopâtre, une nouvelle de Théophile Gautier écrite en 1845.
  • Cléopâtre, par Oscar de Wertheimer, Payot, 1956.
  • Cléopâtre, par Marin Tassilit, Librairie Charpentier, Ouvrages de poche, 1964.
  • Cléopâtre, par Paul Gordeaux, J'ai Lu, 1970.
  • La Momie, par Anne Rice, Pocket, 1992.
  • Le Trône de Cléopâtre, par Annie Jay, Hachette jeunesse, 1996
  • Cléopâtre la fatale, par Hortense Dufour, Flammarion, 1998.
  • Cléopâtre, l'Inimitable, par Irène Frain, Fayard, 1998 - Le Livre de Poche, 1999.
  • Les Mémoires de Cléopâtre, par Margaret George (en), 1997, édité en France en trois tomes : La fille d'Isis, Sous le signe d'Aphrodite et La morsure du serpent. Cette œuvre retrace la vie de la reine, de son enfance à sa mort.
  • Princesse Cléo, par Emmanuelle Dupal, Les Éditeurs Réunis Inc., 2011. Cette série de romans jeunesse illustre les aventures fantastiques de la jeune Cléopâtre, adolescente fougueuse et déterminée à protéger son père, Ptolémée XII.
  • Les Enfants d'Alexandrie, par Françoise Chandernagor, Albin Michel, 2011. Premier volet du futur triptyque La Reine oubliée, où le point de vue dominant est celui de Cléopâtre Séléné', fille de Cléopâtre et de Marc Antoine.
  • Le dernier rêve de Cléopâtre, par Christian Jacq, édition XO, 2012.
  • Elle apparaît souvent dans les albums d'Astérix. Dans Astérix et Cléopâtre, René Goscinny et Albert Uderzo en font une reine pleine de charme autant que capricieuse, tout comme dans Le Fils d'Astérix.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Ô Cléopâtre, quel rêve de tes belles nuits !
A plané sur les vagues et a chanté
Et fait chanter les deux rivages !
Tous les cœurs ont alors palpité,
Toutes les langues ont chanté :
Voici la charmante du monde
Et la plus belle de tous les âges !
Ressuscitée sur une barque inspirée de tous les arts,
Aux rames douces glissant sur l’eau calme,
Berçant une belle créature qui chante :
Ô mon bien-aimé, cette nuit est celle de mon amour
Ah ! si tu partageais les joies de mon cœur.
  • La Gondole est une longue chanson du compositeur et chanteur égyptien Mohammed Abdel Wahab. Poème en langue arabe d'Ali Mahmoud Taha. Traduction Berhili Abdelaziz. Extrait :
Alors que la transe s’empare de moi, j’ai dit :
Le souvenir s’est ravivé, où sont les deux pyramides ?
Où est la vallée du charme criante de sens ?
Où sont les eaux du Nil, où sont les deux rives ?
Ah si tu étais avec moi, nous glisserons dessus,
Sur un voilier escorté d'étoiles,
Où les vagues racontent dans la plus douce mélodie
Le rêve d’une nuit de celles de Cléopâtra.
Où puis-je revoir ces images !
O Sirène des mers, ô rêve imaginaire !
  • Frank Ocean dans sa chanson Pyramids utilise l'image de Cléopâtre. Il narre dans une première partie l'histoire tragique de celle-ci. Dans une seconde partie, il décrit plutôt une « Cléopâtre des temps modernes »[67].
  • Katy Perry jouant le rôle de Cléopâtre sous un décor égyptien dans son clip Dark Horse sorti en 2014.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Cléopâtre a été représentée de nombreuses fois au cinéma et cela dès les débuts de ce nouvel art. C'est ainsi que la première actrice jouant le rôle de Cléopâtre est une Française, Jeanne d'Alcy, pour un film de Georges Méliès de deux minutes en 1899 (Cléopâtre). Sur ce film, longtemps considéré disparu et retrouvé en 2005, on voit la profanation du tombeau de la reine, sa momie carbonisée et de la fumée surgir Cléopâtre, immortelle.

Deux autres films de l'époque du cinéma muet utilisent comme thèmes la fameuse reine d'Égypte et en particulier sa rencontre avec Marc Antoine. Ainsi Marc-Antoine et Cléopâtre du réalisateur italien Enrico Guazzoni en 1913 et surtout, en 1917 le réalisateur américain J. Gordon Edwards qui dans Cléopâtre offre le rôle à l'une des premières « vamps » de la Fox, Theda Bara.

L'un des premiers films du cinéma parlant est un Cléopâtre réalisé par Cecil B. De Mille en 1934, avec dans le rôle phare une actrice à la fois gracieuse et aguichante, Claudette Colbert. Le rôle est repris par Vivien Leigh en 1946 dans une adaptation anglaise, de Gabriel Pascal, de la pièce de George Bernard Shaw César et Cléopâtre.

Linda Cristal incarne la reine d'Égypte dans Les Légions de Cléopâtre (1959), de Vittorio Cottafavi. Le film suit les derniers mois de l’existence de Cléopâtre et Marc-Antoine, retranchés à Alexandrie après la défaite d'Actium.

Mais l'actrice qui incarne pour des générations de cinéphiles Cléopâtre est bien entendu Elizabeth Taylor dans le film Cléopâtre de Joseph Mankiewicz sorti en 1963, avec Rex Harrison dans le rôle de Jules César et surtout Richard Burton dans celui de Marc Antoine. La qualité du scénario et de l'interprétation, la médiatisation de la star et de ses 64 robes à l'écran, de ses amours avec Richard Burton, sans compter la quasi-faillite de la Fox entraînée par ce film, superposent sans doute pour longtemps le visage de l'actrice et celui de la reine d'Égypte.

En 1999, dans le téléfilm Cléopâtre, Leonor Varela incarne le rôle de la reine d'Égypte, aux côtés de Billy Zane et Timothy Dalton.

Le personnage de Cléopâtre apparaît aussi dans quelques films pornographiques, souvent incarné par des actrices aux canons physiques proches de celui d'Elizabeth Taylor, mais aussi dans certains films comiques ou parodiques, tels Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ de Jean Yanne en 1982, où elle est incarnée par Mimi Coutelier, et par Monica Bellucci dans le film d'Alain Chabat, Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre en 2001.

Enfin, elle est également présente dans la série Rome, interprétée par Lyndsey Marshal, où elle campe un personnage autoritaire et prêt à tout pour son royaume. Son amour pour Marc-Antoine y est passionnel, même si elle le manipule pour parvenir à ses fins.

Comédie musicale[modifier | modifier le code]

En 2009, Cléopâtre, La dernière reine d'Égypte, comédie musicale de Kamel Ouali relate la vie de Cléopâtre (interprétée par Sofia Essaïdi) de sa rencontre avec César à son suicide.

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Elle apparaît comme dirigeante de l'Égypte dans Civilization II, Civilization III, Civilization Revolution et Civilization VI ainsi que dans Assassin's Creed Origins.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On peut objecter que Cléopâtre ne serait pas une bâtarde puisque née d'un second mariage avec une Égyptienne.
  2. Un des seuls portraits a priori ressemblant de la reine se trouve sur une pièce de monnaie à Paris au Cabinet des médailles et montre une femme au visage empâté, menton et nez proéminents.
  3. L'historien Pierre Lévêque (Le Monde hellénistique, Armand Colin, 1969) la décrit sous l'expression de « reine aux larges yeux étoilés d'or ».
  4. Plutarque écrit[réf. incomplète] : « Et de fait, on dit que sa beauté en elle-même n'était pas incomparable ni propre à émerveiller ceux qui la voyaient, mais son commerce familier avait un attrait irrésistible, et l'aspect de sa personne, joint à sa conversation séduisante et à la Grâce naturelle répandue dans ses paroles, portait en soi une sorte d'aiguillon. Quand elle parlait, le son même de sa voix donnait du plaisir. Sa langue était comme un instrument à plusieurs cordes dont elle jouait aisément dans le dialecte qu'elle voulait, car il y avait très peu de barbares avec qui elle eût besoin d'interprète : elle répondait sans aide à la plupart d'entre eux, par exemple aux Éthiopiens, aux Troglodytes, aux Hébreux, aux Arabes, aux Syriens, aux Mèdes et aux Parthes. On dit qu'elle savait encore plusieurs autres langues, tandis que les rois ses prédécesseurs n'avaient pas même pris la peine d'apprendre l'égyptien et que même quelques-uns avaient oublié le macédonien. »
  5. Ce voyage n'est pas qu'une escapade amoureuse, c'est aussi l'exploration d'un pays.
  6. La date précise de la naissance de Césarion reste sujette à caution, sans doute est-il né après la mort de César. Plutarque fait naître Césarion en août 47 mais d'autres sources indiquent qu'il est né vers . Cicéron donne cette date dans une des Lettres à Atticus, XIV, 20, 2. Cette date est généralement acceptée par les historiens contemporains tels Pierre Cosme, Auguste (Perrin, 2005) et Michel Chauveau.
  7. Appien écrit (V, 1) : « On dit qu'il avait conçu pour elle, et depuis longtemps, alors qu'elle n'était qu'une enfant, une sorte de désir au premier coup d'œil, lorsqu'il servait comme chef de la cavalerie sous les ordres de Gabinius à Alexandrie. »
  8. L'officier que Marc-Antoine envoie à Alexandrie pour convoquer Cléopâtre est Quintus Dellius. Il trahit Antoine à la veille d'Actium et passe du côté d'Octave avec tous les documents d'état-major de son général. Il a laissé un livre, aujourd'hui perdu, mais que Plutarque a largement consulté.
  9. Plutarque (Vie d'Antoine, 30) affirme que ses troubles sont l'œuvre de Fulvie (première épouse d'Antoine) et du frère d'Antoine afin d'obliger celui-ci à quitter la reine d'Égypte.
  10. Fulvie sa femme vient de mourir opportunément quelque temps plus tôt.
  11. Thèse de l'historien Michel Chauveau dans L'Égypte au temps de Cléopâtre (1997) et Cléopâtre au-delà du mythe (1998).
  12. Il est l'arrière-petit neveu d'un autre grand adversaire de Rome, le roi numide Jugurtha.
  13. Double série de mèches torsadées partant des tempes et réunies en chignon à l'arrière de la tête.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chauveau 1998[réf. incomplète].
  2. a et b Maurice Sartre, « Portrait d'une inconnue », L'Histoire, no 238, décembre 1999, p. 32-40.
  3. Will 2003, tome 3, p. 530.
  4. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XV, 50-56.
  5. Emmanuel Laurentin, La Fabrique de l'histoire, 30 août 2011.
  6. Selon Plutarque, Vie d'Antoine, 86.4.
  7. Strabon, Géographie, XVII, 1, 11.
  8. Will 2003, tome 3, p. 529-530.
  9. Christian-Georges Schwentzel 2014, p. 14.
  10. Maurice Sartre, « Portrait d'une inconnue », l'Histoire, no 238, décembre 1999, p. 32-40 ; Jean Bingen, « Cléopâtre VII Philopatris», Chronique d’Égypte, 74, 1999, p. 118-123.
  11. Jean Bingen, « Cléopâtre VII Philopatris», Chronique d'Égypte 74, 1999, p. 122 ; « La politique dynastique de Cléopâtre VII », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1999 volume 143, numéro 1, p. 64 : Lire en ligne.
  12. Papyrus, BGU, XIV, 2375
  13. Jean Bingen, « La politique dynastique de Cléopâtre VII », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1999 volume 143, numéro 1, p. 62-63 : Lire en ligne.
  14. Le chef de la cavalerie de ce dernier est un certain Marc-Antoine dont Appien nous affirme qu'il ne reste pas indifférent à la future reine d'Égypte alors âgée de treize ou quatorze ans (Appien, V, I).
  15. Strabon, VII, 1, 6 à 10.
  16. Plutarque, Vie de César, 44 ; Vie d'Antoine, 27.
  17. Gilbert Argoud, Jean-Yves Guillaumin, Sciences exactes et sciences appliquées à Alexandrie, Université de Saint-Étienne, (lire en ligne), p. 50.
  18. Will 2003, tome 3, p. 528.
  19. a, b, c et d Will 2003, tome 3, p. 531.
  20. Schwentzel 2014, p. 20.
  21. Appien, Guerres civiles, II, 12, 84.
  22. Schwentzel 2014, p. 21.
  23. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II, 53.
  24. Appien, Guerres civiles, II, 10, 71.
  25. a et b Will 2003, tome 3, p. 532
  26. Plutarque, Vie de César, 54.
  27. Suétone, César, 52.
  28. Suétone, Césars, 52 ; Appien II, 13, 90. Ce dernier y fait une courte allusion renvoyant pour plus de détail à son Histoire de l'Égypte malheureusement perdue.
  29. Suétone, Vie des douze Césars, César, XXXV.
  30. (en) Norbert Elias, Stephen Mennell, Johan Goudsblom, Norbert Elias on civilization, power, and knowledge : selected writings, University of Chicago Press, , p. 199.
  31. Appien, Guerres civiles, II, XV, 102.
  32. Cicéron, Ad Atticum, XV, 15, 2.
  33. Cyril Dumas, L'Érotisme des Gaules, L'art érotique en Gaule romaine du IIe siècle av. J.-C. au IIIe siècle, 2005.
  34. Will 2003, tome 3, p. 536.
  35. Will 2003, tome 3, p. 537.
  36. Appien, IV, 3.
  37. Will 2003, tome 3, p. 540.
  38. Appien, V, I ; Dion Cassius, XLVIII, 24.
  39. Plutarque, Vie d'Antoine, 28.
  40. Eutrope, Abrégé de l'Histoire romaine (VII, 6.
  41. Plutarque, Vie d'Antoine, 54, indique que cet évènement est très mal perçu à Rome.
  42. Sénèque, Lettres à Lucillius, 83, 25.
  43. Eutrope, Abrégé d'Histoire romaine, VII.
  44. Plutarque, Vie d'Antoine, 61.
  45. Velleius Paterculus, II, 84.
  46. Appien, Guerres civiles, II, 111.
  47. Suétone, Auguste, XVII.
  48. Plutarque, Vie d'Antoine, 77-85.
  49. Pierre Chuvin, « Le Crépuscule des pharaons », l'Histoire, no 238, p. 56.
  50. Eutrope, Abrégé de l'Histoire romaine, VII ; Aurelius Victor, De Viris illustribis, LXXXVII.
  51. Will 2003, tome 3, p. 553.
  52. A. Viaud-Grand-Marais, « Étude sur la mort de Cléopâtre », Annales de la Société Académique de Loire-Inférieure, VIII, Nantes, 1887, p. 1-20.
  53. Ludwig Keimer, « Histoires de serpents dans l’Égypte ancienne et moderne, Le Caire, Institut Français d'Archéologie Orientale, 1947.
  54. Strabon, XVII.
  55. Christoph Schäfer & Dietrich Mebs, « Kleopatra und der Kobrabiß : das Ende eines Mythos ? », revue historique Klio, 90, mars 2008, p. 347 à 359.
  56. (en) Zahi A. Hawass, Franck Goddio, Cleopatra. The Search for the Last Queen of Egypt, National Geographic Society, , p. 207.
  57. Will 2003, tome 3, p. 538.
  58. a et b Will 2003, tome 3, p. 539.
  59. Joseph Mélèze Modrzejewsky, « La dernière chance des Juifs d'Égypte », L'Histoire, no 238, p. 48-49.
  60. a, b et c Translittération d'après J. von Beckerath, Handbuch der ägyptischen Königsnamen (2de édition) 244.
  61. (en) D.J. Thompson, « Cleopatra VII: The Queen in Egypt » dans « Cleopatra Reassessed », British Museum Occasional Paper no 103, (eds Walker, S. and Ashton, S.), London (BMP), 2003, p. 31–34.
  62. (en) Andrew Meadows, Cleopatra of Egypt: From History to Myth, Princeton University Press, , p. 234.
  63. Sally-Ann Ashton 2008[réf. incomplète].
  64. Christian-Georges Schwentzel 2014[réf. incomplète].
  65. Musée de Brooklyn - Centre Elizabeth A. Sackler - Cléopâtre
  66. Judy Chicago, The Dinner Party : From Creation to Preservation, Londres, Merrel 2007. (ISBN 1-85894-370-1).
  67. Paroles sur lacoccinelle.net.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Chauveau, L'Égypte au temps de Cléopâtre, 180-30 av. J.-C., Hachette littératures, coll. « Le grand Livre du mois », .
  • Michel Chauveau, Cléopâtre, au delà du mythe, Liana Levi, coll. « Curriculum », .
  • Édith Flamarion, Cléopâtre. Vie et mort d'un pharaon, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Histoire » (no 183), .
  • Colleen McCullough, César et Cléopâtre, Presses de la Cité, (ISBN 2-7441-7895-0).
  • Joël Le Gall et Marcel Le Glay, L'Empire romain, vol. 1, PUF, .
  • Paul M. Martin, Antoine et Cléopâtre, la fin d'un rêve, Albin Michel, .
  • Claire Préaux, Le Monde hellénistique, PUF, .
  • Joël Schmidt, Cléopâtre, Gallimard, .
  • Christian-Georges Schwentzel, Cléopâtre, la déesse-reine, Payot, .
  • Oscar von Wertheimer, Cléopâtre, Payot, coll. « Bibliothèque Historique », .
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-30 av. J.-C., Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 202060387X)
  • Christiane Ziegler, Reines d'Égypte : D'Hétephérès à Cléopâtre, Somogy, .
  • (en) Sally-Ann Ashton, Cleopatra and Egypt, Blackwell, .
  • (de) Kleopatra. Die Ewige Diva, Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland, .

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Cet article est reconnu comme « bon article » depuis sa version du 7 novembre 2007 (comparer avec la version actuelle).
Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion et le vote l'ayant promu.
La version du 7 novembre 2007 de cet article a été reconnue comme « bon article », c'est-à-dire qu'elle répond à des critères de qualité concernant le style, la clarté, la pertinence, la citation des sources et l'illustration.