Musée Unterlinden

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Musée Unterlinden
Le retable d'Issenheim tel qu'exposé au musée d’Unterlinden de Colmar
Le retable d'Issenheim tel qu'exposé au musée d’Unterlinden de Colmar
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Département Haut-Rhin
Ville Colmar
Adresse 1 rue des Unterlinden
Coordonnées 48° 04′ 47″ N 7° 21′ 20″ E / 48.079685, 7.35563548° 04′ 47″ Nord 7° 21′ 20″ Est / 48.079685, 7.355635  
Informations générales
Date d’inauguration 1853
Collections Beaux arts, art populaire, archéologie
Superficie 4 000 m2
Protection Logo monument historique Classé MH (1852, ancien couvent)
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 184 763 (2014)
Site web http://www.musee-unterlinden.com

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Le musée Unterlinden est un musée d'association situé dans la ville alsacienne de Colmar (Haut-Rhin) et constitue l'un des musées des Beaux-Arts de province les plus visités de France (180 000 visiteurs par an, avant le début des travaux d'agrandissement). Il est géré, depuis plus de 150 ans, par la Société Schongauer qui est dotée d’une autonomie financière et administrative, et bénéficie du label musée de France, contrôlé par la Direction des Musées de France. Autour du cloître du XIIIe siècle se déploient les collections du XVe au XVIIIe siècle. L'œuvre la plus célèbre, le retable d'Issenheim a trouvé sa place dans l'ancienne église conventuelle.

Historique[modifier | modifier le code]

Les collections sont conservées dans l'ancien couvent des Dominicaines d'Unterlinden (« sous les tilleuls »).

Après le départ des moniales à la Révolution, les bâtiments, peu à peu laissés à l’abandon, servent de caserne militaire jusqu’au milieu du XIXe siècle. Plusieurs événements vont alors contribuer à la naissance du musée : la création de la Société Schongauer et l’organisation d’un cabinet des estampes par Louis Hugot en 1847, la découverte à Bergheim en 1848 d’une mosaïque gallo-romaine qui est déposée dans l'église d'Unterlinden. Enfin, dès 1852, les œuvres issues du séquestre révolutionnaire sont transférées dans l’ancien couvent des Dominicaines. Ainsi, les bâtiments conventuels sont sauvés de la démolition et le musée ouvre ses portes au public le 3 avril 1853.

Collections[modifier | modifier le code]

Détail du retable d'Issenheim
Détail du retable de Bergheim
Retable d'Orlier, L'Annonciation

Le musée Unterlinden est essentiellement connu pour être une vitrine de l’art rhénan en France avec ses remarquables collections de peintures et de sculptures représentatives de l’art des XVe et XVIe siècles, une période durant laquelle le Rhin supérieur a connu un véritable âge d’or. Une grande partie de la collection d'art ancien rassemblée à Colmar lors de la Révolution vient des églises et couvents de la région colmarienne. À ce fonds primitif où se côtoient le retable d'Issenheim, la crucifixion de Colmar, le retable de Bergheim, sont venus s'ajouter de nombreuses œuvres acquises tout au long du XXe siècle.

Au premier étage sont également présentés la collection d'arts décoratifs, remarquable par sa diversité (de belles pièces de mobilier du XVIIe et XVIIIe siècle côtoient notamment un ensemble de faïences et de porcelaines des manufactures de l’Est de la France du XVIIIe et XIXe siècle et des trésors d’orfèvrerie profane et religieuse), et les arts et traditions populaires d'Alsace (objets témoignant de la tradition culinaire alsacienne du XVIIe au XIXe siècle, mobilier alsacien, jouets d'enfants du XVIIe au début du XXe siècle...).

Au sous-sol, les collections archéologiques offrent un aperçu à peu près complet des différentes étapes de l'évolution de l'Homme, à travers d'innombrables objets de la vie domestique ou de contextes funéraires, découverts pour la plupart dans la moitié nord du Haut-Rhin. On peut citer une mosaïque gallo-romaine datant du IIIe siècle découverte à Bergheim. Au sous-sol également est présentée la section d'art moderne. Dès l’ouverture du musée Unterlinden au public en 1853, la Société Martin Schongauer a consacré une place importante aux artistes de son temps. La collection d’art moderne s’est développée véritablement à partir des années 1960 grâce à d’importantes acquisitions et donations, et ne se limite plus au cadre régional. Dans un premier temps, la collection s’est organisée autour des artistes du milieu du XXe siècle (Bazaine, Bissière, Debré, Dubuffet, Soulages…), puis autour de l’établissement d’un panorama de l’art français : Delaunay, Monet (La vallée de la Creuse, 1889), Picasso (Tête d'homme au chapeau de paille, 1971), Renoir, Rouault. Depuis les années 1990, la section d’art moderne s’est enrichie autour de deux axes : les années 1930-60 (Bram Van Velde, Bissière, Geer Van Velde, Fautrier, Hélion, Magnelli...) et les rapports entre la France et l’Allemagne (Baumeister, Bissier, Otto Dix, Grosz, Beckmann…).

Œuvres exposées[modifier | modifier le code]

Parmi les pièces maîtresses des collections du musée Unterlinden, de nombreuses œuvres de l'artiste colmarien Martin Schongauer (XVe siècle), réputé pour ses gravures admirées déjà par Albrecht Dürer.

Peintures[modifier | modifier le code]

La réputation internationale du musée est due au chef-d'œuvre qu'est le retable d'Issenheim, peint par Matthias Grünewald entre 1512 et 1516 pour la commanderie des Antonins d’Issenheim, un village situé à une vingtaine de kilomètres de Colmar. La partie sculptée est due à Nicolas de Haguenau (vers 1515). Transféré en 1852 dans l’église de l’ancien couvent des Dominicaines d’Unterlinden, le retable constitue le joyau du musée qui s’y organise alors et où il n’a cessé, depuis, de fasciner et d’envoûter ceux qui l’ont contemplé.

  • La Crucifixion (entre 1410-1415, huile sur sapin) de Hermann Schadeberg, marquée par les caractéristiques du gothique international[1] ;
  • Portrait de femme (vers 1510, huile sur bois) de Hans Holbein l'Ancien, seule peinture de cet artiste conservée dans un musée français, de style gothique tardif et déjà empreint des nouveauté de la Renaissance[2] ;
  • le retable de la collégiale Saint-Martin présentant « L’Entrée du Christ à Jérusalem » et « La Dernière Cène » (1465, huile sur sapin) de Caspar Isenmann, exposé jusqu'en 1720 dans la Collégiale Saint-Martin de la ville[3] ;
  • le retable d'Orlier sur le thème de « L'Annonciation » (entre 1470-1475, huile sur sapin) de Martin Schongauer, provenant de la commanderie des Antonins d'Issenheim[4] ;
  • Noli me tangere (retable des Dominicains) (vers 1480, huile sur sapin) de Martin Schongauer, triptyque présentant la Passion du Christ (sur seize panneaux en intérieur) et les Sept Joies de la Vierge (en huit peintures extérieures)[5] ;
  • La Mélancolie (1532, huile sur bois) de Lucas Cranach l'Ancien, s'inspirant de la gravure Melencolia de Dürer[6] ;
  • le retable du Tempelhof (vers 1445-1450) de Jost Haller qui se trouvait initialement à Bergheim[7] ;
  • le retable de saint Jean-Baptiste (1526)[8] ;
  • Le miracle de la résurrection des poulets rôtis (vers 1470), scène du miracle de la potence.

Sculptures[modifier | modifier le code]

  • La Vierge de Niedermorschwir (vers 1500, sur tilleul), iconographie de la Vierge à l'Enfant et probablement originaire d'un atelier strasbourgeois[9] ;
  • le retable de Bergheim (1515-1517, sur tilleul) de Veit Wagner qui reprend notamment Saint Georges terrassant le dragon, l'Annonciation et l'Adoration des Bergers[10] ;
  • L’Adoration des mages (vers 1525, sur tilleul) par un artiste anonyme (H. L.)[11] ;
  • Le Martyre de sainte Catherine (vers 1520-1525, tilleul) par un artiste anonyme (H. L.)[12].

Gravures[modifier | modifier le code]

  • La Vierge au perroquet (1470-1475, burin sur cuivre) de Martin Schongauer qui s'est sans doute inspiré de primitifs flamands comme ceux de Dirck Bouts[13] ;
  • La Tentation de saint Antoine (1470-1475, burin sur cuivre) de Martin Schongauer, non sans rappeler des œuvres de Bosch ou Grünewald[14] ;
  • Ecce Homo (1475-1480, burin sur cuivre) de Martin Schongauer, scène de la Passion du Christ[15] ;
  • Deux Hommes marchant de compagnie (1480-1485, burin sur cuivre) de Martin Schongauer[16] ;
  • La Fuite en Égypte (vers 1470-1475) de Martin Schongauer[17] ;
  • Première vierge folle (vers 1480-1485) de Martin Schongauer[18].

Extension du musée[modifier | modifier le code]

Le projet d’extension du musée d’Unterlinden a été confié au cabinet d’architecture bâlois Herzog & de Meuron.

Le futur musée s’étendra sur une surface globale de 7 900 m2, comprenant l’actuel bâtiment, les anciens bains municipaux entièrement restructurés ainsi qu’un nouveau bâtiment en briques destiné à l’art du XXe siècle.

Trois temps architecturaux et muséologiques seront mis en valeur : la chapelle abritant le retable d’Issenheim de Matthias Grünewald et le cloître accueilleront les collections médiévales ; les anciens bains celles du XIXe siècle ; les collections du XXe siècle ainsi que les expositions temporaires seront présentées dans le nouveau bâtiment.

Les travaux, débutés en 2012, s'achèveront fin 2015. Leur coût est estimé à environ 30 millions d’euros[19].

Fréquentation[modifier | modifier le code]

2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
235 157[20] 212 222[20] 209 000[20] 203 494[20] 193 090[20] 192 380[21] 247 533[22] 192 530[23]
2010 2011 2012 2013 2014
183 000[24] 177 053[24] 179 140[25] 150 878[26] 184 763[27]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Crucifixion, 1410-1415 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  2. « Portrait de femme, vers 1510 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  3. « Retable de la collégiale Saint-Martin de Colmar, 1465 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  4. « e retable d'Orlier, entre 1470 et 1475 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  5. « Le retable des Dominicains, autour de 1480 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  6. « La Mélancolie, 1532 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  7. Regard sur les Trésors des Musées Colmariens, p14
  8. Regard sur les Trésors des Musées Colmariens, p16
  9. « La Vierge de Niedermorschwir, vers 1500 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  10. « Le retable de Bergheim, 1515-1517 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  11. « L’Adoration des mages, vers 1525 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  12. « Le Martyre de sainte Catherine, 1520-1525 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  13. « La Vierge au perroquet, 1470-1475 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  14. « La Tentation de saint Antoine, 1470-1475 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  15. « Ecce Homo, 1475-1480 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  16. « Deux Hommes marchant de compagnie, 1480-1485 », sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  17. Regard sur les Trésors des Musées Colmariens, p20
  18. Regard sur les Trésors des Musées Colmariens, p21
  19. « EXTENSION DU MUSÉE UNTERLINDEN À COLMAR » [PDF], sur musee-unterlinden.com (consulté le 27 janvier 2015)
  20. a, b, c, d et e « MUSEOSTAT 2006 » [PDF], sur culturecommunication.gouv.fr (consulté le 27 janvier 2015)
  21. « MUSEOSTAT 2007 » [PDF], sur culturecommunication.gouv.fr (consulté le 27 janvier 2015)
  22. « MUSEOSTAT 2008 » [PDF], sur culturecommunication.gouv.fr (consulté le 27 janvier 2015)
  23. « MUSEOSTAT 2009 » [PDF], sur culturecommunication.gouv.fr (consulté le 27 janvier 2015)
  24. a et b « Musées en Alsace 2011 », sur clicalsace.com (consulté le 27 janvier 2015)
  25. Le Point Colmarien no 228 Mars - Avril 2013
  26. Le Point Colmarien no 237 - Octobre 2014
  27. Le Point Colmarien no 241 - Avril 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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