Livre des Juges

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Le Livre des Juges (Sefer Shoftim) est l'un des livres de la Bible. Il raconte la période de l'histoire des Hébreux entre la conquête du Pays de Canaan (rapportée dans le livre de Josué) et l'apparition de la royauté. À cette époque (vers -1150--1130), le pouvoir est exercé par les Juges. C'est sous la pression d'un danger précis et sur un mode plutôt défensif que les tribus d'Israël mettent à leur tête un chef : c'est l'époque des Juges (shofet).

Sommaire

[modifier] Récit biblique

[modifier] Premiers chapitres

Après les premières conquêtes réalisées sous la conduite de Josué, le récit constate que les Israélites, bien que dominant la plus grande partie du pays de Canaan, n'ont pas exterminé tous les Cananéens ,selon l' ordre impératif de YHWH, et continuent de vivre à leur proximité, adoptant régulièrement leurs cultes idolâtres. Dieu considère alors que c'est un bon moyen de mettre régulièrement Son peuple à l'épreuve et de le punir chaque fois qu'il s'éloignera de Lui. Ainsi, le livre des Juges reflète le cycle continu, pour les tribus israélites, de périodes de paix puis de décadence et de domination étrangère puis de repentir sous la direction d'un chef, d'un juge, qui rétablit la paix et le culte de Dieu et délivre le peuple de l'oppression de ses ennemis.

Le livre des juges perpétue le souvenir de héros locaux et de conflits villageois, dont la mémoire se serait conservée au cours des siècles sous la forme de chants épiques et de légendes populaires. Cependant, la réalité historique ne peut être évaluée en se fondant sur des récits héroïques des temps révolus. Le premier chapitre établit clairement la connexion entre le passé et le présent. Le premier chapitre décrit comment les tribus qui forment le coeur du royaume du sud - Juda et Siméon - ont rempli à la perfection leur mission sacrée: la conquête des cités cananéennes situées sur leurs territoires, y compris Jérusalem dont la population Jébusienne qu' elle passe au fil de l' épée ( Jg 1:8), alors que dans le livre de Josué, les guerriers de Juda se montrent incapables de chasser les Jébusiens de Jérusalem ( Jo 15:63); conquête par ailleurs attribué à David dans le livre de Samuel ( 2 S 5:7), mais donnée aux benjaminites qui cohabitèrent avec les Jébusiens, anciens habitants de Jérusalem ( Jg 1:21).

Le cycle récurrent de péchés, de punitions divines et de rédemption ( Jg 2:11-19) constitue la structure littéraire qui décrit l' histoire d' Israêl dans la période qui suit la conquête. Si le récit des conflits met en scène toutes sortes de personnages et de lieux, il apparait en filigrane un thème unique : celui d' une relation houleuse entre Dieu et son peuple. YHWH, qui est un dieu amer et colérique, et après avoir donné la Terre Promise en héritage éternel aux israêlites, YHWH s' aperçoit qu' il a affaire à un peuple d' ingrats et d' impies qui ne cesse de le tromper en se prostituant avec les idoles étrangères. Pour châtier ce peuple d' opportunistes, l' Eternel le livre aux coups et multiples outrages de ses ennemis; ce qui contraint les israêlites à implorer l' aide de YHWH, lequel accepte leur repentir et, pour les sauver, désigne un chef, droit et juste, qui les amènera à la victoire sur leurs ennemis. L' alliance, la promesse, l' apostasie, le repentir et la rédemption forment un cycle qui parcourt l' ensemble du livre. Seul le verset final de Jg 21:25 laisse entrevoir un espoir de rupture du cycle, grâce à l' établissement de la royauté. Ce n' est pas de l' histoire mais de la théologie.

Le livre des Juges fait partie de la réforme deutéronomiste, laquelle exprime les espoirs et les aspirations politiques du royaume de Juda après ~ 622 av. J.-C., sous le régne du roi Josias ( 640-609). Tandis que le roi Josias et ses partisans convoitaient les terres du nord, celles du défunt royaume d' Israêl disparu en ~ 722 av. J.-C sous les coups des Assyriens de Téglath-Phalasar III, de Salmanasar V et de Sargon II, ils réitéraient avec insistance que le message de la reconquête n' avait de valeur intrinséque que si il s' accompagnait d' une soumission constante et exclusive à YHWH. Les réformateurs deutéronomistes considéraient les colons étrangers, implantés par les Assyriens ainsi que les populations païennes comme un danger mortel.

Le Deutéronome exprimait la nécessité impérieuse pour le peuple de Juda de résister à la tentation de l' idolâtrie, s' il voulait éviter de subir de nouvelles épreuves. Les récits des premières implantations israêlites dans les hautes terres du nord donnaient au peuple judéen un leçon en relation avec le contexte contemporain. Le royaume de Juda était donc protégé du danger interne de l' idolâtrie. Mais il en était pas de même des dix tribus du nord qui avaient formé le royaume d' Israêl après la mort du roi Salomon. Toutes sont accusées d' avoir manqué à leur devoir, qui consistait à éliminer l' ensemble des Cananéens; la liste des enclaves cananéennes qui se trouvaient à l' intérieur de leurs territoires tribaux est donnée en détail ( Jg 1:21.27-35) ainsi que celle des nations ennemis ( Jg 3:3). Dans ces conditions, il n' y avait rien d' étonnant à ce que le pieux royaume de Juda ait survécu alors que l' apostat royaume d' Israêl ait succombé sous les assauts des agressions assyriennes.

La plupart des chroniques du livre des Juges sont consacrées aux fautes commises par les tribus du nord ainsi qu' aux divers châtiments qui les frappent. Aucune de ces chroniques n' accuse d' idolâtrie le pieux Juda. Le livre des Juges nous dépeint les tribus du Nord comme étant composées d' impies indécrottables désespérément enclins au péché. Le livre relate le combat mené par certaines tribus contre l' idolâtrie ambiante est très clair sur ce point. Des descendants des douze fils de Jacob, seules les tribus de Juda et de Siméon ont rempli leur contrat, en s' emparant des cités cananéennes présentes sur les terres que YHWH leur a donné en héritage éternel. Il s' ensuit donc, que dans le Sud, il ne reste plus un seul Cananéen vivant et, surtout plus une seule Cananéenne à épouser, donc aucun risque d' en subir l' influence. Par contre, pour les dix tribus du Nord, il en est pas de même, toutes ont manqué à leur devoir, qui consistait à exterminer tous les Cananéens. En conséquence, elles subiront l' épreuve d' une tentation perpétuelle.

Mais le livre des Juges propose une possibilité d' échapper au cycle des péchés et des châtiments divins. Il laisse entrevoir que ce cycle a été brisé dans le passé en invoquant comme un mantra le verset 21:25. Ce leitmotiv servait à rappeler qu' après les juges, un grand roi était venu et qui avait régné sur les douze tribus, celui-ci n' était autre que le pieux David, lequel avait passé une alliance éternelle avec YHWH. David avait banni l' influence des dieux étrangers des pratiques religieuses des israêlites. Il avait établi sa nouvelle capitale à Jérusalem. Il avait donné à l' Arche d' Alliance un aire de repos définitif. Il avait honoré un Dieu unique dans un temple unique ( en fait, c' est son fils Salomon qui a construit le Temple), situé dans la capitale unique d' un royaume unique, sous le régne d' un roi unique de la dynastie davidique; à l' inverse du royaume nordiste d' Israêl qui avait connu une succession de coups d' Etat et d' assassinats politiques; voilà où résidaient les clés du salut des enfants d' israêl.

Dans cette optique, ce qui était vrai sous le régne de David l' était tout autant sous le régne du nouveau Moïse-David : le roi Josias. En éliminant la moindre trace de culte des dieux étrangers qui avaient induit en erreur le royaume d' Israêl ( 2 R 17:7-12.16-18.20-23) et dans une moindre mesure le royaume de Juda ( 2 R 23:4-20); Josias allait mettre un terme au cycle implacable de l' apostasie et du désastre; il allait conduire le royaume de Juda-Israêl vers un nouvel âge d' or, riche d' espoir et de prospérité.

Dès l' ouverture du livre, la situation des tribus dont l' action ne parait nullement concertée est celle d' une existence menacée par la présence des cités cananéennes, ce qui laisse supposer que leur mode de vie est essentiellement pastoral et semi-nomade. Cette situation qui est en contradiction avec la promesse de YHWH, reçoit une première explication ( 2:1-5). Après cet exposé s' ouvre la période des Juges proprement dite ( 2:6 à 16:31). Alors que l' époque de Josué est celle de la fidélité, celle des Juges nous est présentée comme celle de l' infidélité. Suit une histoire fragmentaire des actions des Juges qui sont au nombre de douze, mais dont les notices sont de longueur variée. Le livre s' achève par deux appendices qui dénoncent l' anarchie tribale avant l' instauration de la monarchie. L' un raconte la migration des Danites et les origines du sanctuaire de Dan ( 17-18), l' autre le crime commis par les habitants de Guibéa et la guerre entreprise par les tribus contre Benjamin qui se refusait à punir les coupables.

Les héros sont appelés globalement "Juges" mais il convient d' examiner la valeur de ce titre. Au pluriel le terme n' apparait qu' en Jg 2:16-18 pour désigner celui que YHWH a élu pour sauver son peuple, mais si son emploi est rare dans le texte, la désignation de la période prémonarchique comme "temps des Juges" est connue des récits bibliques ( 2 S 7:77; 2 R 23:22; Rt 1:1), on rencontre le verbe "juger" pour désigner l' action des héros ( 3:10; 4:4; 10:1-5). Dans ce cas, le verbe ne recouvre pas simplement le sens de "rendre justice" mais de "commander, gouverner". Si certains personnages ont jugé Israêl, il n' est pas certain que tous ceux dont on rapporte les exploits aient eu cette fonction, car un autre verbe qualifie l' action de certains, c' est celui de "sauver" ( 3:31; 6:15; 10:1). Dans cette perspective, Othniel et Ehoud sont qualifiés de "sauveurs". Plus généralement YHWH est celui qui choisit un juste qui concrétise ce salut ( 3:9;6:36-37; 7:7; 10:13). Nous sommes donc confrontés à une dualité d' expressions qui renvoie à une dualité de perspectives.

La composition très hétérogène du livre permet de dire que des traditions ou des cycles de récits ont eu une existence antérieure indépendante. Ainsi les notices sur les petits juges ( 10:1-5; 12:8-15) doivent provenir d' une liste ancienne qui ne fournissait que des renseignements succincts. Par ailleurs, l' histoire de Jephté est inséré dans cette liste et permet de vérifier comment on est passé du personnage de Juge à celui de Sauveur, car Jephté fut l' un et l' autre.

Les récits sur les autres juges reposent sur des traditions antérieures qui ont été élargies, complétées et fusionnées. Le livre offre un cadre théologique qui se trouve dans le prologue ( 2:6-3:6) ainsi que dans 6:7-10 et dans l' introduction concernant Jephté ( 10:6-16). Elle se traduit par une série de formules stéréotypées: "les fils d' Israêl firent ce qui est mal aux yeux de l' Eternel" ( 2:11; 3:7.12; 4:1; 6:1; 10:6; 13:1), formule qui peut être précisée par une autre: "ils abandonnèrent l' Eternel et ils servirent Baal et les Astartés" ( 2:11.13; 3:7; 10:6). La conséquence de cette infidélité est indiquée: " L'Eternel les livra aux mains de tel ou tel ennemi" qui précéde la formule: "les fils d' Israêl crièrent vers l' Eternel" ( 3:9.15; 4:3; etc...). A cette supplication, l' Eternel répond en suscitant des juges ( 2:16) ou un sauveur ( 3:9.15). En conclusion des récits, d' autres formules apparaissent: "l' ennemi fut abaissé sous la main d' Israêl" ( 3:30; 8:28) ou encore: "le pays fut en repos pendant tant d' années" ( 3:11.30; 5:31).

Ainsi on se trouve devant une théologie de l' histoire qui a été ajoutée par la suite aux récits et qui prétend s' appliquer à tout Israêl, mais ce cadre ne correspond pas toujours à ce que nous apprenons par les histoires des Juges. Les appendices des ch. 17-21 du livre recueillent également des traditions anciennes qui ont été ajoutées pendant ou après l' Exil, car ils font usage d' un vocabulaire que l' on retrouve dans les écrits sacerdotaux. Le chapitre d' introduction qui contient des éléments anciens sont marqués par une nette tendance apologétique de la tribu de Juda, ce qui dénonce l'origine et les intentions des auteurs, les réformateurs deutéronomistes marqués par le régne du roi Josias.


Abimélek, le premier roi d' Israêl

Seul Abimelek, fils de Yeroubaal-Gédéon, fait exception à la régle. Il ne fut ni juge et encore moins sauveur, mais un imposteur qui se fit proclamer roi, avant Saül le benjaminite. Abimélek régna trois ans sur Israêl ( 9:22),autrement dit, les dix tribus du Nord. Le livre des Juges nous dépeint les tribus nordistes comme étant composées de ratés pusillanimes désespérément enclins au péché. Au premier abord, nous avons affaire à un document antimonarchiste : un usurpateur, fils de la servante Cananéenne de son père Gédéon ( 9:18), s' est constitué un parti avec l' appoint et l' aide de ses oncles dans Sichem. Ceux-ci convainquent les sichémites de remettre une partie du trésor de Baal-Bérith ( Seigneur de l' Alliance) à Abimélek afin de soudoyer des vauriens et des gens sans aveu, qui iront massacrer ses demi-frères à Ophra dans le sud du futur royaume D' Israêl.

Après avoir assassiné ses soixante-dix demi-frères, où seul Yotam, le plus jeune fils de Gédéon échappa au massacre ( 9:5), Abimélek se fit proclamer roi par les sichémites ( 9:6), auprès du chêne de Sichem. Les sichémites ont, d' évidence, préféré le régne d' un despote à celui d' un conseil citadin présidé par les fils de Gédéon. Dieu envoya un esprit mauvais sur les sichemites pour les accabler de leur forfait. Ceux-ci, dressent des embuscades aux marchands caravaniers, ce qui prive Abimélek des droits de taxes et de péage sur les marchandises qui transitaient par Sichem. Gaal et ses frères incitent les sichemites à la révolte ( 9:28) et leur rappellent qu' Abimélek et Zébul étaient soumis aux fils d' Hamor ( Gn 34:2-4), roi Hivvite de Sichem, autrement dit, des Cananéens.

Les sichémites, à l' évidence des viticulteurs Cananéens, reprennent confiance et, après les vendanges festoient dans le temple de Baal-Bérith ( 9:27). Zébul, l' acolyte qu' Abimélek a imposé à Sichem pour surveiller la loyauté de la population, prend peur et demande à Abimélek d' intervenir militairement pour réprimer les séditieux ( 9:30-33). A l' aube, Abimélek poste en embuscade sa troupe de mercenaires sur les hauteurs de Sichem, qu' il divise en quatre bandes ( 9:34-35). Gaal qui, apparemment, a pris le contrôle de Sichem, s' aperçoit qu' une bande d' Abimélek s' est infiltré par le chemin du Chêne des Devins - le chêne de Moré - cher à Abraham ( Gn 12:6). Gaal et les siens livrent bataille contre les bandes d' Abimélek après avoir subi le persiflage méprisant de Zébul ( 9:36-40). Le combat fait rage devant la porte de l' enceinte, où les nombreux partisans de Gaal perdent la vie. Zébul en profite pour retourner la population et chasse Gaal et ses frères de la ville. Abimélek retourne à sa base d' Aruma, située à 14 km au sud-est de Sichem ( 9:40-41).

Le lendemain, Abimélek, averti du départ de Gaal, s'en retourne à Sichem, massacre une partie de la population et rase la ville avant de répandre du sel sur les ruines ( 9:42-45). Les survivants de Sichem et les résidents du Millo ( terre-plein fortifié sur une hauteur) de l' enceinte du temple de Baal-Bérith mènent un combat désespéré sur le donjon ( migdal ). Abimélek et sa bande de vauriens grimpent alors sur le mont Tsalmon, peut-être le mont Ebal ( Dt 11:29), pour couper du bois afin d' incendier la forteresse, où les derniers défenseurs de Sichem périront par le feu. Ainsi en mettant le feu, Abimélek évite de violer ouvertement le droit d' asile d' un édifice religieux ( 9:46-49).

Ensuite, Abimélek, s' en va assièger Tébéç dont il s' empare. C' est pendant l' assaut de la tour-refuge ( migdal ) de Tébéç, qu' Abimélek a le crâne brisé par un morceau de meule de moulin lançé par une femme. Désirant mourir virilement, Abimélek se fit achever par son valet d' armes ( 9:50-55), à quelques kilomètres au nord-est de Tirça, future première capitale du royaume nordiste d' Israêl.

Comme nous l' avons déjà dit, il s' agit en première lecture d' un document antimonarchiste, mais quand on analyse plus finement le texte, on découvre un conflit entre une population sédentaire de viticulteurs et des pasteurs nomades dits Apiru ( Egyp. Habiru : Hébreux ), mais de même origine indigène; ceux-ci déjà dénoncés dans les courriers diplomatiques, en Akkadien, des roitelets de Canaan aux pharaons dès le XIVe siècle av. JC, lesquels réclamaient quelques compagnies de soldats égyptiens pour ramener le calme sur les hautes terres.

Ces Apiru, du fait de leur mode de vie pastoral, disposaient de beaucoup plus de temps libre que les sédentaires, pour se livrer à des expéditions de pillage. Ils doivent être considérés, non comme un groupe ethnique distinct, mais comme un groupe social vivant en marge des cités cananéennes, un passage est révélateur : " parce qu' il est votre frère " ( 9:18). Ces Apiru, écartés des cultes officiels des cités-Etats cananéennes du fait de leur semi-nomadisme, s' étaient donné un Dieu égalitaire qui réclamait des rites simples sur les hauts-lieux, avec autels de pierres sèches et libations de sang animal; ce dieu, d' abord appelé El-Shaddaï ( Dieu de la montagne) devint plus tard YHWH.

Les réformateurs deutéronomistes du VIIe siècle av. JC, ont ajouté une dimension théologique au texte qu' il n' avait pas à l' origine. En extrapolant, les deutéronomistes voulaient démontrer l' illégitimité et l' idolâtrie du défunt royaume d' Israêl, par le biais des malheurs de Sichem, cité qui avait joué un rôle primordial dans la sécession des dix tribus du Nord et la fondation du royaume nordiste d' Israêl après la mort du roi Salomon vers ~ 930. Il était insupportable pour les rédacteurs deutéronomistes d' admettre que la première royauté était née dans la ville la plus importante du Nord, avant l' onction de Saül, un benjaminite, par le dernier des Juges, Samuel et ils ont transformé une crise sociale en schisme religieux. Roboam, après s' être enfui de Sichem vers Jérusalem, aussi vite que son char le lui permettait, ne régna plus que sur la tribu de Juda ( 1 R ch.12)

Les récits nous offrent un tableau de l' histoire de certaines tribus où rien n' autorise à affirmer une unité politique, même pas sous la forme d' une ligue de douze tribus. Nous lisons les histoires de groupes qui révèlent des affinités ou des hostilités entre certaines tribus, à des récits de combat pour conserver le territoire déjà acquis mais tout ceci est fragmentaire et sans souci d' un ordre chronologique. En effet le livre des Juges se contente d' indiquer la durée de chaque judicature. Ces indications ont une valeur surtout sympbolique car le total ainsi fourni donne une durée de 410 ans; on peut donc supposer qu' un certain nombre de juges étaient contemporains les uns des autres, où chacun officiait dans son coin pour sa propre tribu, et sans coordonner ses propres actions avec celles des Juges des autres tribus. Il en est pas moins vrai que cela n' est pas compatible avec la chronologie biblique, si l' on se réfère à 2 Rois 6:1, qui situe l' Exode aux environs de ~ 1440 av. JC, chiffre contesté comme la réalité historique dudit Exode.

De fait, l' ensemble des traditions rapportées doit se situer entre 1150 et 1020 av. JC, époque où l' élevage et la consommation du porc disparait sur les hautes terres, entre Sichem au nord et Hébron au sud, entre Ayyalon à l' ouest et Jéricho à l' est, la seconde date étant celle de l' établissement de la royauté. Dès les plus anciens textes qui le composent, ainsi que le cantique de Déborah ( ch.5), se découvre cette conviction: l' Eternel est celui qui soutient ses fidèles aux temps difficiles. Cette expérience théologale a été étendue à tout Israêl en insistant sur ses faiblesses et sa propension à l' anarchie. Certes, les personnages du livre des Juges sont enracinés dans un temps où les moeurs étaient rudes et où les idées morales ne correspondaient pas aux nôtres. Le sacrifice de la fille de Jephté, qui fait penser à celui d' Iphigénie par Agamennon, ou le machisme de Samson peuvent nous choquer, mais à travers ces récits qui ne cherchent pas à édulcorer la réalité d' une époque brutale, c' est l' action de YHWH qui conduit un peuple en lui donnant des chefs animés par l' Esprit ( 6:34; 11:29; 13:25; 14:6.19; 15:14). Ces hommes préfiguraient le roi Josias qui se posait en un nouveau Moïse-David, qui devait recevoir l' Esprit d' Adonaï pour guider le peuple avec justice, mais aussi le roi Josias lui-même s' identifiait au Messie sur qui reposerait l' Esprit aux multiples dons ( Es.11:2).

[modifier] Othoniel

Voir l'article détaillé Othoniel

Au sud, Caleb de la tribu de Juda conquiert Hébron sur les Benê-Anaq. Son neveu Othoniel, fils de Kenaz, s'empare de Qiryat-Sépher. Il lutte aussi contre les Édomites.

Kusham-Risheatayim, un roi venu de la région de l'Euphrate, entre dans le pays de Canaan avec sans doute l'intention de conquérir l'Égypte. Vaincu par le pharaon, il bat en retraite avec son armée en pillant le pays sur son passage. Othoniel réussit à rassembler une armée et à le chasser.

[modifier] Ehud

Voir l'article détaillé Ehud

Ehud, fils de Guéra, un chef benjaminite tributaire des Moabites, profite du moment où il apportait le tribut pour assassiner Eglôn, roi de Moab. Cet assassinat donne le signal de la révolte des Benjaminites qui repoussent les Moabites de l'autre côté du Jourdain.

[modifier] Samgar

Voir l'article détaillé Samgar

[modifier] Débora

Voir les articles détaillés Débora, Barac et Yaël

Devant la menace de Siséra de Haroshet ha-Goyîm, vraisemblablement le chef d'un des peuples de la mer, Barac de Qédesh de Nephtali (Hébreux de Galilée) s'allie avec la prophétesse Débora de la montagne d'Ephraïm (confédération israélite). Ils battent Siséra près du torrent de Qishôn, grâce à une pluie torrentielle qui provoque l'enlisement des chars ennemis (bataille des eaux de Megiddo).

[modifier] Gédéon

Voir l'article détaillé Gédéon

Gédéon d'Ophrah, fils de Yoach, organise la tribu de Manassé et prend la tête de la lutte contre les Madianites, pillards venus du Sud et de l'Est qui utilisent des chameaux. Il les rejette au cours d'une première campagne hors de la Terre d'Israël à la bataille de Eïn-Harod. Leurs chefs Oreb et Zeéb sont exécutés par les Ephraïmites qui bloquent les gués du Jourdain. À la suite d'un autre raid madianite près du Mont Thabor, Gédéon les poursuit jusqu'à la rive est du Jourdain et exécute leur chefs Zébah et Salmunna. Au cours de cette seconde campagne, Gédéon réduit les opposants de Pénuel et Soukkôt dans la moyenne vallée du Jourdain (groupe de Makîr). À la suite de ces succès militaires, un fort courant se dessine en faveur de Gédéon pour le proclamer roi. Mais il se refuse à fonder une dynastie.

[modifier] Abimelech

Voir l'article détaillé Abimelech (juge)

Un des fils de Gédéon, Abimelech, se proclame roi à Sichem. Le peuple se révolte et Abimelech fait incendier la ville au cours d'une bataille sanglante. Il est tué par jet d'une pierre dans une bataille en essayant d'asservir une autre ville.

[modifier] Juge mineurs

[modifier] Jephté

Voir l'article détaillé Jephté

Jephté, chef de bande, est désigné par les chefs traditionnels de Gilaad pour conduire la guerre contre les Ammonites qui les menaçaient. Sa victoire provoque la jalousie des Ephraïmites, mais leurs représailles échouent et Gilaad gagne son autonomie et n'est probablement rattaché à la tribu de Manassé qu'après la victoire de Gédéon sur les Madianites.

[modifier] Samson

Voir l'article détaillé Samson

Selon une légende de la région de Bet-Shemesh, Samson, de la tribu de Dan, lutte contre les Philistins, en tue mille avec une mâchoire d’âne, mais est trahi par Dalila qui le rase (il tenait sa force de sa chevelure) et le livre. Ayant retrouvé ses forces, il renverse le temple de Dagon sur lui même et sur les Philistins.

La tribu de Dan était sédentarisée dans la vallée de la Shéphelah. Au cours de la première moitié du XIIe siècle av. J.-C., probablement sous la pression des Philistins, certains clans de Dan quittent Zoréa et Eshtaol pour s'installer plus au nord dans la haute vallée du Jourdain autour de l’ancienne Laïsh, ou Leshem. D'autres restent dans la zone frontière, souvent dans la mouvance philistine jusqu'à l'époque de David qui les rattachera à la « maison de David ».

[modifier] Guerre éphraïmito-benjaminite

À la suite d'un crime commis à Gibéa, les clans du sud de la montagne d'Éphraïm (tribu de Benjamin) se solidarisent avec le coupable au lieu de le livrer. Ils affirment ainsi leur autonomie par rapport aux autres clans israélites. Vaincus après une assez longue guerre civile, les Benjaminites obtiennent toutefois leur autonomie.

[modifier] Résumé

Les chapitres 1 à 3 sont la préface de tout le livre. Ils expliquent que du fait qu'ils n'avaient pas chassé les Cananéens (Juges 1:16–35), les Israélites durent en subir les conséquences: perte de foi, mariages avec des polythéïstes et idolâtrie.

Les chapitres 3 à 5 racontent l'histoire de Débora et de Barak, qui délivrèrent Israël des Cananéens.

Les chapitres 6 à 8 contiennent les expériences édifiantes de Gédéon, que l' Eternel bénit pour qu'il délivre Israël des Madianites.

Aux chapitres 9 à 12, plusieurs hommes remplissent les fonctions de juges en Israël, essentiellement dans l'apostasie et sous l'oppression.

Les chapitres 13 à 16 parlent de l'apparition et de la chute du dernier juge, Samson. Les derniers chapitres, 17 à 21, peuvent être considérés comme un appendice qui révèle la profondeur des péchés d'Israël.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Lien externe

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