Céruse

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Céruse
Identification
Synonymes

C.I. pigment white 1

No CAS 1319-46-6
No EINECS 215-290-6
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule brute C2H2O8Pb3(PbCO3)2·Pb(OH)2
Masse molaire[1] 775,6 ± 0,3 g/mol
C 3,1 %, H 0,26 %, O 16,5 %, Pb 80,15 %,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

La céruse, encore appelée carbonate de plomb, blanc de Saturne, blanc de plomb ou blanc d'argent, est un pigment blanc à base de plomb (sous sa forme neutre PbCO3). Ce produit fut longtemps le seul pigment blanc couvrant connu. Dès l’Antiquité, et jusqu'à l'époque moderne, la céruse servit à fabriquer du fard blanc, le blanc de céruse. La céruse pulvérisée est également l'un des produits permettant de relever des empreintes digitales.

La céruse désigne par ailleurs une technique décorative destinée à faire ressortir le veinage du bois[2].

Par sa composition à base de plomb, la céruse présente un caractère toxique et est notamment responsable de certains cas de saturnisme.

À la fin du XVIIIe siècle, suite notamment aux publications du docteur Maurice Deshais-Gendron (en 1760), puis du docteur Anne-Charles Lorry (1777), les effets toxiques de la céruse – dans son usage cosmétique – sont reconnus de tous[3].

En France, la loi du 20 juillet 1909 interdit l'usage de la céruse dans tous les travaux de peinture, sans pour autant en interdire la production. Son entrée en vigueur est prévue pour 1915. Elle est adoptée après une polémique d'envergure nationale, à laquelle participa Georges Clemenceau.

Tandis que la loi tarde à être appliquée, les ouvriers peintres sont parfois facilement accusés de ne pas se protéger correctement. La responsabilité des employeurs finira par être fermement établie, d'abord par le vote de la loi du 25 octobre 1919 instituant le système de réparation des pathologies liées au travail, puis par l'adoption en 1921, suite à l'intervention du Bureau international du travail, d'une convention interdisant la céruse : cette convention sera ratifiée par la France en 1926[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. Elle consiste à creuser les veines les plus tendres puis à garnir le grain d'une cire blanche ou pastel qui les souligne par contraste
  3. La Céruse dans la fabrication des cosmétiques sous l’Ancien Régime (XVIe ‑ XVIIIe siècles) de Catherine Lanoë dans Techniques et Culture cf http://tc.revues.org/224?&id=224
  4. Saturnisme: les ouvriers peintres contre la céruse de Judith Rainhorn

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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