Johan Barthold Jongkind

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Johan Barthold Jongkind

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Photographie de Johan Barthold Jongkind.

Naissance 3 juin 1819
Lattrop.
Décès 9 février 1891 (à 71 ans)
Saint-Egrève.
Nationalité Drapeau des Pays-Bas Néerlandais.
Activités Peintre, aquarelliste et graveur.
Maîtres Andreas Schelfhout, puis Jean-Baptiste Isabey.
Mouvement artistique Précurseur de l’impressionnisme.
Mécènes Guillaume III des Pays-Bas, puis Sophie de Wurtemberg.
Influença Eugène Boudin et Claude Monet.

Johan Barthold Jongkind, né à Lattrop, aux Pays-Bas, le 3 juin 1819 et mort à Saint-Egrève, en France, le 9 février 1891 (à 71 ans), est un peintre, aquarelliste et graveur néerlandais, considéré comme l'un des précurseurs de l'impressionnisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

127, boulevard du Montparnasse, domicile de l’artiste.
127, boulevard du Montparnasse, domicile de l’artiste.
Plaque apposée au 127, boulevard du Montparnasse, domicile de l’artiste.
Plaque apposée au 127, boulevard du Montparnasse.
Bords de l'Isère
Bords de l'Isère, par l’artiste. Ce lieu de Grenoble, est aujourd’hui baptisé quai Jongkind.

Il est le huitième enfant d'une famille de paysans[1]. Âgé de dix-sept ans, il entre à l’académie des beaux-arts de La Haye dans l'atelier du peintre romantique Andreas Schelfhout. Il étudie le dessin et surtout à l’aquarelle d’après nature.

En 1846, il s'installe à Paris au 127, boulevard du Montparnasse et devient l'élève de Jean-Baptiste Isabey. Il expose deux toiles au Salon de 1852 et obtient une médaille de troisième classe parmi les douze décernées.

La même année, le roi Guillaume III des Pays-Bas qui est monté sur le trône trois ans plus tôt, lui retire le bénéfice d'une pension. Sur ses vieux jours, quand le délire de la persécution le prendra, il se plaindra que son roi l'avait abandonné au moment où il avait le plus besoin de son aide.

Déçu de n'avoir obtenu aucune récompense au Salon de 1855, et sujet à de graves ennuis financiers, il quitte Paris et rentre aux Pays-Bas. Il s'installe à Rotterdam où il sera soutenu par la reine Sophie, épouse malheureuse et opposante affichée de son époux.

Entre-temps, la plus grande partie de ses œuvres (une centaine), restée à Paris, est mise en vente par son ami Pierre-Firmin Martin. Le résultat de la vente permettra de solder ses dettes.

Toujours sous les auspices de Martin, il expose au Salon de Dijon de 1858 et obtient une médaille de seconde classe. Il est de retour à Paris en avril 1860. Cette même année, il rencontre Madame Joséphine Fesser, née Borrhée, à Namur en 1819, qui devient son « bon ange ». Il s'installe rue de Chevreuse, près du boulevard du Montparnasse.

Dans les années 1860, il travaille et expose avec les peintres de l'école de Barbizon. Son goût des marines l’attire sur la côte normande, par exemple au Havre, à Sainte-Adresse, Honfleur et Trouville[2]. Il y fait en 1862, grâce à Moret, un élève d’Isabey, la connaissance d’Eugène Boudin sur qui il a une grande influence. De même, Claude Monet qu'il rencontre en 1862 lors de séjours communs à la Ferme Saint-Siméon à Honfleur, reconnaîtra sa dette envers Jongkind : « c'est à lui que je dois l'éducation définitive de mon œil ». L’artiste hollandais construira une longue amitié avec ces deux peintres. En 1863, il se fixe à Honfleur. Ses marines et scènes côtières ont une grande fraîcheur. Contrairement aux impressionnistes, il exécute ses toiles à l'atelier d'après ses croquis et ses aquarelles réalisés à l'extérieur. La même année, il participe au Salon des Refusés avec Ruines du château de Rosemont (aujourd’hui dans les collections du musée d'Orsay). En 1869, il effectue son dernier séjour aux Pays-Bas, mais servi par sa grande mémoire visuelle, jusqu’à la fin de son existence, il continuera à s’inspirer de son pays natal pour certaines de ses œuvres. D’autres voyages en Suisse, en Belgique, et dans le sud de la France lui permettent de multiplier les études et de varier ses motifs. Il acquiert petit à petit la célébrité, (le succès auprès du grand public ne vient pas avant 1870), et certains des marchands d'art les plus célèbres du temps, tels Hector Brame ou Adolphe Beugniet, exposent ses toiles dans leurs galeries. (De son vivant, des faux Jongkind commencent même à circuler). En 1871, Edmond de Goncourt écrit dans son Journal : « Tout le paysage qui a une valeur à l'heure qu'il est descend de ce peintre, lui emprunte ses ciels, ses atmosphères, ses terrains ».

En août 1873, Jongkind découvre le Dauphiné. Il arrive à la gare de Châbons. Il réside alors à Pupetières avec le couple Fesser pendant une partie de l'année. Monsieur Fesser est cuisinier au château de Pupetières, au service du marquis de Virieu. En 1878, il vient habiter à La Côte-Saint-André, village natal d'Hector Berlioz, pour y mener une existence paisible. Il produira, dans sa période dauphinoise, beaucoup d'aquarelles. Il n'est plus tenu à peindre de commande, il est au contact des habitants et des paysans qu'il croque. Cependant l’abus d’alcool et sa sensibilité exacerbée l'amènent à être interné à l'asile d'aliénés de Saint-Egrève, où il meurt. Il est enterré à La Côte-Saint-André.

Expositions[modifier | modifier le code]

De nombreuses expositions se sont déroulées au cours du XXe siècle en son honneur[3]. Mais certaines sont remarquables de par leur période comme celles qui se sont déroulées durant la seconde guerre mondiale, au musée de Grenoble d'octobre à décembre 1941 par son conservateur Andry-Farcy, ou à la galerie Jacques Dubourg, à Paris de mai à juin 1942. Une exposition pour le centenaire de sa mort a eu lieu en avril 1991 à La Côte-Saint-André, ainsi qu'une rétrospective d'une centaine d'œuvres en 1996 à la Galerie Brame & Lorenceau à Paris.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Poitout, « Johan Barthold Jongkind (1819-1891), vu par un ami de la famille Fesser », manuscrit inédit de Louis Adolphe Poitout, rédigé entre 1893 et 1905-1910. Éditions Société des Amis de Jongkind, Paris, 1999.
  • Étienne Moreau-Nélaton. « Jongkind raconté par lui-même ». Librairie Renouard, Henri Laurens éditeur, 6, rue de Tournon, Paris 1918.
  • Étienne Moreau-Nélaton. « Jongkind raconté par lui-même ». réédition uniquement du texte, sans les reproductions, du texte de 1918. Éditions « Rumeurs des Âges », 6 rue des Templiers, La Rochelle.2004 ISBN 2-84327-106-1.
  • Paul Signac. « Jongkind ». Coll. des "Cahiers d'aujourd'hui", directeur George Besson. Éditions G.Crès & Cie, 21, rue Hautefeuille. Paris, 1927.
  • Paul Colin. « Jongkind ». Collection « Maîtres de l'art moderne ». Éditions Rieder. Paris, 1931.
  • Claude Roger-Marx. « Jongkind ». Le Musée Ancien ; Les éditions G.Crès et Cie, Paris 11, rue de Sèvres 75006. 1932.
  • François Auffret. « Johan Barthold Jongkind (1819-1891), héritier, contemporain et précurseur - Biographie illustrée ». Préface de John Sillevis, conservateur au musée municipal de La Haye, en Néerlandais, Français, Allemand et Anglais. Éditions « Maisonneuve et Larose », Paris, mai 2004 ISBN 2-7068-1766-6.
  • Jongkind. Des Pays-Bas au Dauphiné, catalogue du musée Hector-Berlioz de la Côte Saint-André, éditions Libel, 2009 ISBN 978-2-917659-02-1

Liens externes[modifier | modifier le code]