Ernst Gombrich

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Ernst Gombrich (Ernst Hans Josef Gombrich), né le à Vienne et mort le à Londres, est un spécialiste de l'histoire de l'art et de l'iconographie du XXe siècle célèbre pour ses ouvrages.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Vienne en 1909, il fit ses études secondaires au Theresianum avant d'entrer à l'Institut d'Histoire de l'Art de l'Université de Vienne (1928) où il fut l'élève de Julius von Schlosser[1], mais aussi d'Emanuel Loewy et de Hans Tietze. Il soutint sa thèse sur « Giulio Romano, architecte » et la publia avant de collaborer avec Ernst Kris qui l'a initié aux problèmes de la psychologie de l'art.

Il quitta Vienne pour Londres en 1936 et devint assistant de recherches à l'Institut Warburg. À partir de cette date, son nom fut associé aux travaux de cet institut dont il devint directeur en 1959[1]. Durant la guerre, il traduisit en anglais les émissions de la radio allemande pour le service d'écoute de la British Broadcasting Corporation (BBC). Il occupa à l'Université de Londres la chaire d'Histoire de la tradition classique de 1959 jusqu'à sa retraite en 1976. Il fut anobli en 1972 et reçut l'Ordre du Mérite britannique en 1988 ainsi que de nombreuses récompenses et distinctions internationales, dont le Prix Balzan en 1985 pour l'histoire de l'art occidental, le prix Goethe (1994) et la Médaille d'or de la ville de Vienne (1994).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Gombrich est connu du grand public pour son Histoire de l'art, publiée pour la première fois en 1950. Pensé à l'origine comme une « histoire de l'art pour la jeunesse » et commandé dans les années trente par l'éditeur des Wissenschaft für Kinder[2] (la collection de sa Brève histoire du monde), cet ouvrage est considéré comme particulièrement accessible. Il est des plus traduits et vendu, depuis, parmi les introductions à ce domaine. Toutefois, selon Roland Recht, il correspond à une « vision de l'histoire[3] » déjà ancienne.

Auteur d'une dizaine d'ouvrages dont plusieurs portent sur la Renaissance, Ernst Gombrich a notamment publié The Sense of Order (1979) et The Image and the Eye (1982) sur la psychologie de la représentation. Inspiré par Aristote[4], il aurait déclaré que « l'étonnement est à l'origine de la connaissance : celui qui cesse de s'étonner pourrait bien cesser de savoir »[réf. nécessaire]. Son dernier ouvrage concerne le thème de la Préférence pour le primitif qui l'avait occupé pendant plus de 40 ans (2002 : parution posthume).

Gombrich est aussi auteur d'une Brève histoire du monde, livre de vulgarisation de l'histoire humaine, qui, rédigé en six semaines en 1936, a connu un grand succès et de nombreuses traductions.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Archive Gombrich
  2. Soit « le Savoir pour les enfants ». Cf. Ernst Gombrich, Didier Eribon, Ce que l'image nous dit : entretiens sur l'art et la science, Paris, Arléa, 2010 (1re éd. 1991), p. 37 et 64 (ISBN 978-2-86959-897-3).
  3. Roland Recht, Manuels et histoires générales de l'art, dans Revue de l'art, 124, 1999-2, p. 6 (ISSN 0035-1326) (en ligne).
  4. Métaphysique, A, 2, 982bl 2 - 983a2 1 : « Or, douter et s’étonner, c’est reconnaître son ignorance. Voilà pourquoi on peut dire en quelque manière que l’ami de la philosophie est aussi celui des mythes ; car la matière du mythe, c’est l’étonnant, le merveilleux. Si donc on a philosophé pour échapper à l’ignorance, il est clair qu’on a poursuivi la science pour savoir et sans aucun but d’utilité. » (trad. Victor Cousin, 1838).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ernst Gombrich, Didier Eribon, Ce que l'image nous dit : entretiens sur l'art et la science, Paris, Cartouche, 2009 (1991 pour la première édition)