Alexis Grimou

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Autoportrait d'Alexis Grimou. 1728. Dijon, musée Magnin.

Alexis Grimou, né à Argenteuil le 24 mai 1678 et mort à Paris en mai 1733, est un peintre, portraitiste à la cour de Louis XV. Il est le fils d'un cent-suisse de la garde du roi. Il apprit tout seul la peinture et la profession de son père lui fit fréquenter la caserne et le cabaret.

Biographie[modifier | modifier le code]

À partir de 1720 et jusqu'à sa mort, Grimou, maître de sa technique et de son art, réalise de nombreux portraits. En 1724 il réalise un Autoportrait sur lequel il se représente avec un verre dans une main et une bouteille dans l’autre. Un autre Buveur cette même année, donna lieu à des répliques. Ces second tableaux sont de mêmes dimensions et ne varient du premier modèle que par quelques détails de mise en scène ou de vêtements. De même, les remarquables Jeune pèlerin et Jeune pèlerine datés de 1725 et conservés au Musée des Offices à Florence ont été repris en 1729 (Pèlerin - Musée de Douai) et 1732 (Pèlerine - Musée de Bordeaux).

« Grimou et son boulanger » (Collin de Plancy, Le ménétrier d'Echternach)

Il fut l'élève de François de Troy dont il reprend les coloris éclatants, les tons chauds et la carnation ainsi que les frottis roux des fonds. Avec sa maturité, les procédés d’exécution changent peu, mais les ombres plus froides, les lumières moins teintées donnent aux coloris plus de finesse. De même, il travaille les clairs-obscurs de son maître Rembrandt.

Outre la lumière du maître, Grimou appréciait aussi son approche « authentique » des sujets. Grimou fut admis à l'Académie Royale de peinture en 1705, mais sa conduite, jointe à l'insolence le fit rayer de la liste en 1709.

Grimou meurt en 1733 connu et apprécié, mais uniquement pour sa peinture, car il avait, dit-on, mauvais caractère.

Le portrait évolue au XVIIIe siècle, le sujet doit paraître plus naturel et c’est ce qui caractérise le travail de Grimou, dont la peinture accentue la personnalité du sujet. Les fonds peu colorés montrent encore la forte influence de la peinture du XVIIe siècle et des maîtres flamands, ses contemporains d’ailleurs le surnomment « le Rembrandt français » ce qui exagère quelque peu son talent et son importance.

La critique qu'en fait Charles Blanc[1] dans l'Histoire des peintres en 1845 est assez sévère : « Son pinceau est doux et gras, et sa touche est molle, mais l'ensemble se détache avec force par l'effet du clair-obscur. Si ses modèles étaient mieux choisis, si ses personnages avaient du caractère ou qu'il sût leur en prêter, les études ou les portraits de Grimou seraient intéressants... Le sentiment de la couleur et du pittoresque lui fait rechercher des costumes de fantaisie qui rappellent quelquefois les oripeaux de Rembrandt. Il coiffe ses cent-suisses d'une toque de velours ornée de plumes et de pierreries, il leur met des pendants d'oreilles, de belles fraises à trois rangs un peu chiffonnées, il leur passe une écharpe jaune ou orange par-dessus la cuirasse, et, ainsi accoutrés, il se plait à les peindre ; il aime à rendre et à caresser les accessoires, sans qu'ils l'emportent pourtant sur les chairs. Si sa main n'était pas amollie par l'ivresse, ses plans seraient mieux indiqués, ses accents plus nets et plus fermes... »"

On peut voir des tableaux de Grimou dans plusieurs musées français et européens.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Étude de jeune fille, Toulouse, musée des Augustins ;
  • Inconnu revêtu d’une cuirasse et d’un casque, Versailles, musée national du château et des Trianons ;
  • Jeune Pèlerin, Bordeaux, musée des beaux-arts ;
  • Joueur de vielle, château de Montreuil-Bellay[2] ;
  • La Joueuse de guitare, Bordeaux, musée des Beaux-Arts ;
  • Le Marquis d’Artaguiette en buveur, Niort, musée d’Agesci, provient du château de La Mothe Saint-Héray ;
  • Les Quatre Âges de la vie, Bordeaux, musée des beaux-arts ;
  • Liseuse, Toulouse, musée des Augustins ;
  • Madame Lebaif, née Tubœuf (?-1740), Versailles, musée national du château et des Trianons ;
  • Personnage en costume militaire de fantaisie, Paris, musée du Louvre département des Peintures ;
  • Portrait d’homme en costume polonais, une pipe à la main, daté 1726, Paris, musée du Louvre département des Peintures, don J. Beytout, 2004 ;
  • Portrait d’homme ; dit autrefois portrait de Le Kain, Paris ; hôtel Matignon ;
  • Portrait d’homme, Rouen, musée des beaux-arts ;
  • Portrait d’homme, Dijon, musée des beaux-arts ;
  • Portrait d’un homme cuirassé, Orléans, musée des beaux-arts ;
  • Portrait d’une pèlerine, Douai, musée de la Chartreuse ;
  • Portrait de femme, Le Mans, musée de Tessé ;
  • Portrait de Jacques Domine, Orléans, musée des beaux-arts ;
  • Portrait de l’artiste en buveur, Paris, musée du Louvre département des Peintures ;
  • Portrait présumé de l’acteur Lakain, Chantilly, musée Condé ;
  • Tête d’étude, Orléans, musée des beaux-arts ;
  • Tête de jeune homme ; Une tête de jeune homme en costume espagnol (Ancien titre), Grenoble, musée de Grenoble ;
  • Un Capucin, Bordeaux, musée des beaux-arts ;
  • Un Joyeux Buveur, Paris, musée du Louvre département des Peintures.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. www.inha.fr
  2. Le cartel porte « Grimoux »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Gabillot, Alexis Grimou, peintre français (1678-1733), Gazette des Beaux-Arts, Paris, 1911, 61 p.
  • Louis Réau, « Grimou, 1678 à 1733 », in Louis Dimier (dir.), Les Peintres français du XVIIIe siècle, tome 2, G. Van Oest, Paris, Bruxelles, 1930, p. 195-215

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