Pixel art
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Le terme anglophone Pixel art désigne la réalisation d'une composition numérique (ou image numérique) pixel par pixel, en utilisant une définition d'écran et un nombre de couleurs limités. Cet art est né avec les premiers écrans d'ordinateur et les premiers jeux vidéo. Par cette contrainte de moyens minimalistes, la stylisation est au cœur de la recherche esthétique. Cette simplification demande beaucoup de précision car chaque pixel compte.
Sommaire |
L'esthétique [modifier]
Les arts du pixel [modifier]
Si la définition stricte du terme "Pixel art" désigne une œuvre réalisée à l'aide d'un ordinateur, ses origines remontent bien avant les années 70. En effet, la mosaïque ou le point de croix sont des techniques de représentation qui sont similaires et pourtant antérieures au Pixel art. Sous cette appellation globale, cette juxtaposition de surfaces carrés se décline de bien des façons : peinture, graphisme, sculpture, installation, animation, architecture, design, mode, etc... A l'instar du Pop art, le Pixel art prend sa source dans la culture populaire et peut s'exprimer sous de multiples formes artistiques.
Le Pixel art infographique [modifier]
Nul besoin de logiciels surpuissants pour créer du Pixel art. Sous Windows, Paint donne d'excellents résultats, mais laisse peu de place à l'erreur. Pour des travaux plus complexes l'utilisation de calques est nécessaire. Les logiciels comme Gimp, Photofiltre ou Photoshop permettent une meilleure gestion des éléments qui composent l’œuvre. Néanmoins, certains puristes revendiquent un Pixel art sans calque, toujours dans une volonté de travailler avec des moyens très limités.
Pour les utilisateurs de Mac OS, un logiciel a été spécifiquement conçu pour la création pixelisée Pixen. Sous GNU/Linux, il existe Gnome-paint pour l'environnement de bureau GNOME et KolourPaint pour l'environnement de bureau KDE.
Quelque soit le logiciel, le "crayon" est l'outil de base car il est le seul à pouvoir atteindre 1 pixel d'épaisseur et à faire des lignes droite avec un effet d'aliasing. Il est possible aussi d'éditer une palette de couleurs afin de rester dans une gamme de tons restreinte.
Le Pixel art isométrique [modifier]
Cette technique de représentation donne l'illusion d'une profondeur par l'utilisation d'une grille de perspective isométrique. En plus de l'effet "3D", cela offre l'avantage de proposer une vue aérienne, d'affiner les graphismes par l'utilisation des diagonales pour les fuyantes (axes de profondeurs) et de conserver la même taille de sprite aussi bien au premier plan qu'en arrière plan.
Le groupe allemand Eboy réalise d'immenses villes (New York, Hong Kong, Londres, Berlin...) aux formes géométriques simples et aux couleurs vives. Les multiples petites scénettes montrent un microcosme dynamique où le spectateur scrute le moindre détail. Dans une approche plus sobre, l’artiste français Laurent Bazart signe des œuvres plus critiques.
Le pixel art animé [modifier]
Avec des logiciels comme Photoshop ou Gimp, le système de calques permet de réaliser de petites animations en boucle lorsque le fichier est enregistré en GIF. Chaque calque correspond à une image du mouvement décomposé. L'animation peut être utilisée pour un sprite de jeux vidéo, pour certains éléments de décors ou pour des effets de couleurs. On appelle "sprite sheets" les planches d'un personnage en pixels décliné dans différentes positions.
Le pixel-artiste Mark Ferrari utilise la technique de color cycling pour réaliser des effets environnementaux comme la chute d'une cascade d'eau. Cette méthode était très utilisée sur les systèmes 8 bits et 16 bits, car elle utilise peu de mémoire.
Mise en couleurs [modifier]
Comme expliqué au dessus, le Pixel art utilise des carrés en aplat aux couleurs limitées en nombre. S'il est possible de travailler les complémentaires ou les nuances, l'effet de dégradé est techniquement impossible. Pour y palier, les pixel-artistes utilise un système de trame. Il s'agit d'alterner deux couleurs soit par bandes horizontales ou verticales, soit par concentration en damier de pixels.
Méthodes d'enregistrement [modifier]
| Pixel art au format GIF (à gauche, 318 octets) et au format JPEG (à droite, 706 octets). | |
En général, les réalisations en Pixel art sont enregistrées avec une extension permettant de conserver chaque pixel. Les extensions PNG(qui gère les transparences) ou GIF(qui permet des animations) sont préférés au format JPEG qui est spécialisé dans la compression de photographie numérique. Afin d'avoir un fichier avec un poids raisonnable, la photographie (composée de plusieurs millions de pixels) est convertie grâce à l'ajout de bruit. Sur des grands formats, cela ne se voit pas à l’œil nu. Sur quelques pixels, l'image est dégradée.
Sur l'exemple à droite, on voit que le dessin au format JPEG utilise deux fois plus de mémoire et que des impuretés apparaissent par rapport à celui au format GIF car nous sommes sur du petit format. A contrario, une grande image en Pixel art pèsera plus lourd qu'en JPEG.
Ou trouve-t-on du Pixel art ? [modifier]
Les icônes et avatars [modifier]
Le pixel art permet de réaliser des interfaces légères assez simplement, et est beaucoup utilisé sur le World Wide Web. Les icônes des systèmes d'exploitation ainsi que les favicon sont parfois du pixel art.
Dans certains forums internet, les membres se représentent à l'aide d'avatars représentant des personnages qu'ils ont inventés et qu'ils aiment bien. À cet effet, certains modifient des sprites de jeux vidéo trouvés sur des sites spécialisés ou extraits par eux mêmes des jeux vidéo. On appelle cela du "Sprite editing".
Ce genre de pixel art permet aussi de créer des sprite comics : des bandes dessinées faites à partir de sprites modifiés ou non (d'une qualité très inégale selon les auteurs). On remarquera A modest Destiny de Squidi, une des plus travaillées du genre, en anglais. Ou Yaourt, en français.
Les démos [modifier]
Le pixel art artistique a été initié par les demomakers dans les années 1980. Les machines sur lesquelles tournaient ces démos (Atari ST, Amiga, C64...) avaient des systèmes d'affichage limités, autant en résolution qu'en nombre de couleurs affichables, ce qui obligeait les pixel artist à des prouesses, pour obtenir des graphismes convaincants.
Même si actuellement, le graphisme 3D est majoritairement utilisé dans les démos, certains groupes de demomakers continuent à sortir des productions sur des machines considérées comme obsolètes, et continuent donc à faire appel à des artistes pixel art de très bon niveau.
Les jeux vidéo [modifier]
On considère parfois les graphismes des anciennes consoles de jeux vidéo ou des téléphones portables comme du pixel art. La création est alors limitée par le nombre de couleurs gérables par la machine, ainsi que par la résolution supportée, ou la résolution de l'écran.
La série de jeux vidéo Metal Slug, dont les graphismes sont considérés comme d'excellente qualité par beaucoup de personnes, est un bon exemple qui démontre, malgré les contraintes techniques liées à la discipline du pixel art, la qualité des compositions en général.
Aujourd'hui de nombreux jeux amateurs aux graphismes 2D font appel aux techniques du pixel art.
Dans les Pixel Wars [modifier]
Le principe du jeu de role sur forum est réutilisé par le pixel art sur certains sites spécialisés[1], et propose aux amateurs de cet art singulier de participer petit à petit à un affrontement graphique.
Son fonctionnement est simple. Sur un nouveau sujet de forum, un joueur envoie une carte de terrain en 2 dimensions créée par ses soins dans un style épuré, et laisse la possibilité, suivant des règles courtes (mais précises), à n'importe quel autre membre du forum, d'éditer cette image de terrain, d'y placer quelques personnages, de l'envoyer à nouveau sur le forum, et d'attendre qu'un autre membre accomplisse son tour.
Ainsi, au fur et à mesure que les jours passent, les joueurs éditent l'image précédemment envoyée, y appliquent leurs actions (envoi d'un personnage, attaque d'un adversaire, création de sa base, etc...) en respectant le style du pixel art.
Au bout de quelques jours, on assiste au déroulement d'un réel combat stratégique, qui nécessite patience, fairplay, et créativité.
Ce jeu est principalement joué sur RetroPixel.
Le phénomène des dollz [modifier]
Les avatars, notamment coréens (eLouai, CandyBar, Sayclub, NetMarble...), mais aussi ceux d'origine américaine (DollPalace), ont donné naissance au phénomène des dollz, personnages en pixel-art.
Les dolleurs amateurs publient très largement leurs créations; il s'agit en effet de partager ses bases (corps du personnage sans vêtement, sans cheveux et parfois sans visage) pour que d'autres dolleurs puissent eux-mêmes créer le costume et la coiffure de la doll. Ces poupées virtuelles portent donc bien leur nom puisqu'il s'agit d'un jeu de poupée numérique, parfois décliné sous la forme d'un dollmaker (une page web utilisant un script drag'n'drop et proposant des bases et des items à assembler selon ses goûts).
La communauté (plutôt féminine) des dollz organise à travers ses multiples forums des concours à thème, des projets communs et divers autres jeux.
Ce monde est bien souvent troublé par des « voleurs » (appelés frankendolleurs) qui prennent les parties de différentes dolls existantes pour n'en faire qu'une et ensuite s'attribuer le mérite de la création. Ce procédé, souvent le fait de newbies (débutants) ne connaissant pas les règles d'usage et de courtoisie ayant cours dans cette communauté, est violemment décrié par les dolleurs qui tentent de faire respecter leurs droits d'auteur.
Mangacars ou Pixel Cars [modifier]
Le domaine de ce pixel art est l'automobile, des bases (voitures normales) sont créées puis modifiées. Certains créent les bases en partant de BluePrints (plans de voitures et autres), ceux qui modifient ("tunent") les MangaCars le font juste en utilisant un logiciel de retouche photo.
Il existe deux styles de MangaCars différents : les KuruKuru et les Scaled. Les KuruKuru sont constituées de Shades comportant entre 3 et 5 nuances. Les Scaled, qui sont créées pour être le plus réaliste possible, sont en général constituées de plus de 10 nuances par shade.
Les personnes pratiquant cet art se rassemblent entre eux sur des forums (dont les plus importants sont nationaux comme pour la France, l'Italie, la Pologne, les USA et bien d'autres) et sont alors appelés Communauté.
Villes en pixel art [modifier]
De nombreux projets collaboratifs sur le Web essayent de créer d'immenses villes en pixel art isométrique. Un autre projet propose de coloniser la lune avec des créations pixel art.
Avatar X-Face [modifier]
Les X-Face sont de petites images noir et blanc de dimension 48 x 48 pixels, attachées en en-tête de courriel ou d'article usenet.
Notes et références [modifier]
- Principalement (en) Picture Wars ou (fr) Retropixel
