Bleu outremer

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Outremer.

Bleu outremer

Composante
RVB (r, v, b) (27, 1, 155)
Triplet hexa. 1B019B
CMJN (c, m, j, n) (100 %, 100 %, 2 %, 3 %)
TSL (t, s, l) (250°, 99 %, 61 %)
Bleu outremer
Identification
Synonymes

C.I. 77007
C.I. Pigment Blue 29
Ultramarine

No CAS 57455-37-5
Propriétés chimiques
Formule brute Al6Na7O24S3Si6
Masse molaire[1] 971,511 ± 0,024 g/mol
Al 16,66 %, Na 16,56 %, O 39,52 %, S 9,9 %, Si 17,35 %,
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Le bleu outremer ou outremer[2] est un bleu profond, longtemps extrait de la pierre fine de lapis-lazuli puis fabriqué synthétiquement à partir du XIXe siècle. La base est un thiosulfate d'aluminosilicate de sodium.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Outremer véritable.
Bleu outremer synthétique

Le bleu outremer a été, de tous temps, très prisé en peinture mais jusqu'au XIXe siècle, il était extrêmement cher. Au Moyen Âge, l'outremer véritable valait plus cher que l'or. Le lapis-lazuli, à l'origine de sa confection était importé d'Afghanistan d'où son nom, du latin ultramarinus, « au-delà des mer ».

L'outremer de synthèse (PB29) fut mis au point au début du XIXe siècle lorsque l'industrie européenne chercha à s'affranchir de l'importation d'indigotier depuis les Indes. En 1824, la Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale décida d'offrir une récompense de 6000 francs à celui qui découvrirait un moyen permettant de fabriquer la couleur artificiellement.

Nicholas Clément et Charles Desormes avaient, par analyse chimique, montré dès 1806 que les silicates d'alumine entraient naturellement dans la composition du lapis-lazuli naturel.

Les industriels cherchèrent à synthétiser ce composé chimique à partir de l'argile, qui contient également des silicates d'alumine. Des résultats concluants furent obtenus indépendamment et presque simultanément par l'industriel lyonnais Jean-Baptiste Guimet (1826), qui reçut la récompense sur présentation officielle de sa découverte, en 1828, année où le chimiste allemand Christian Gottlob Gmelin publiait ses travaux. Guimet créa en 1831, à Fleurieu-sur-Saône, sa fabrique industrielle de bleu d’outremer[3]. La technique consiste à chauffer à plusieurs centaines de degrés un mélange d'argile, de soude caustique (pour l'apport de sodium) et de charbon. La réputation du Bleu Guimet devient mondiale par son utilisation dans les peintures, l’azurage du papier et du linge[4] (notamment dans les lessives et boules à raviver le blanc dans lesquelles se trouvent les grains bleus), la fabrication de papiers peints, encres d’imprimerie, cuirs, revêtements de sols, ciments, caoutchoucs, matières plastiques, savons, apprêts, cachets et onguents contre les affections respiratoires et toutes couleurs pour artistes[5].

Nicholas Clément industrialisa lui-même le procédé Guimet dans son usine de Verberie.

Peinture[modifier | modifier le code]

Le pigment bleu outremer est identifié dans le Colour Index sous le code PB29.

L'outremer véritable, extrait du lapis-lazuli est un très beau pigment, aujourd'hui rare et toujours cher (poudre de pierres précieuses).

L'outremer de synthèse est un pigment transparent au pouvoir couvrant moyen, peu siccatif, qui s'assombrit dans l'huile.

Sa teinte est d'un bleu chaud et vif qui tire sur le violet. Moins intense que le bleu phtalo, il perd très rapidement de son intensité lorsqu'additionné de blanc, surtout s'il est mal préparé. Sa couleur est fixe, solide et colorante. On le trouve parfois en ton clair, moyen et foncé.

On trouve le bleu outremer dans les nuanciers des fabricants de peintures beaux-arts, sous des noms divers : Cendre d'Outremer, Bleu de Mer, Bleu Outremer Nuance Verte ou Bleu Outremer Vert, Bleu Marine, Bleu Faïence, Bleu Guimet, Cendre bleue (Imitation), Bleu Saphir (PB29 PB15).

Violet d'outremer[modifier | modifier le code]

Poudre violet d'outremer

Le violet d'outremer (PV15), peu courant, est un silico-aluminate de sodium, sulfuré ou non selon les fabricants.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. Dénomination « outremer » : Outremer, Le Nouveau Littré [logiciel], éditions Garnier, Paris, 2007.
  3. Bernard Valeur, La formule secrète du bleu outremer, Pour La Science, n°419, septembre 2012, p. 74-79
  4. Au sujet de l'azurage du linge
  5. Sur les pas d'Émile Guimet. Le Bleu Guimet : à l'origine de Pechiney et des musées