Samuel van Hoogstraten (peintre)

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Samuel van Hoogstraten

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Autoportrait de S. van Hoogstraten

Naissance 2 août 1627
Dordrecht, Provinces-Unies Provinces-Unies
Décès 19 octobre 1678 (à 51 ans)
Dordrecht, Provinces-Unies Provinces-Unies
Nationalité Néerlandaise
Activités peintre,
graveur,
poète
Maîtres Dirk Van Hoogstraten,
Rembrandt
Influencé par Rembrandt,
Pieter de Hooch,
Jan Steen,
Gabriel Metsu,
Carel Fabritius

Samuel Dirksz van Hoogstraten, né le 2 août 1627 à Dordrecht où il meurt le 19 octobre 1678 (à 51 ans), est un peintre, graveur, poète et théoricien de l’art néerlandais (Provinces-unies) du siècle d’or. Il réalisa aussi bien des portraits que des scènes de genre, des paysages, des peintures de sujets historiques, des représentations d’animaux et des natures mortes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Samuel van Hoogstraten, né le 2 août 1627 à Dordrecht, fait d’abord son apprentissage vers 1640 dans sa ville natale auprès de son père, Dirk van Hoogstraten. À la mort de celui-ci, en décembre 1640[1], il part vivre à Amsterdam, où il fréquente, jusqu'en 1648, en même temps que Carel Fabritius et Furnerius, l’atelier de Rembrandt. Il se met ensuite à enseigner à son tour. Après avoir peint des portraits à La Haye, il revient à Dordrecht, avant la fin de l'année 1647[1]

Il entreprend ensuite, à partir du 16 mai 1651[2], une série de voyages ; jusqu'en 1652, il se trouve en Allemagne — après avoir visité Arnheim et Cologne, il séjourne trois jours à Francfort et cinq à Augsbourg — puis, via Ratisbonne, à Vienne, où son frère Jan van Hoogstraten était établi comme peintre d’histoire et de scènes de genre. Là, il est accueilli le 23 juin 1651[2] par Ferdinand III, qui lui remet une médaille d’honneur, une décoration que le peintre allait représenter dans bon nombre de ses œuvres, notamment des natures mortes, et dans des livres.

Van Hoogstraten passe l’année 1652 à Rome, où il figure parmi les membres des Bentvueghels – ceux-ci lui donneront le surnom de Batavier (« le Batave »). Il visite également Naples[1], avant de revenir à Vienne l’année suivante.

En 1654, il est de retour à Dordrecht. Il s'y marie en juin 1656[1], et y exercera la fonction de directeur d’un hôtel des monnaies. Il quitte de nouveau sa ville natale entre 1662 et 1666, période qu’il passe à Londres, et entre 1668 et 1671, période durant laquelle il séjourne à La Haye ; le 21 janvier 1668, il y devient membre de la « Confrerie Pictura »[2].

C'est à Dordrecht que Van Hoogstraten meurt en 1678, à l’âge de 51 ans.

L'Intérieur de la Burgplatz à Vienne, huile sur toile, 79 × 84,5 cm, 1652 (Kunsthistorisches Museum, Vienne).
Femme consultant un docteur, huile sur toile, 69,5 cm × 55 cm, vers 1667 (Rijksmuseum, Amsterdam). – Œuvre inspirée par Pieter De Hooch.
Nature morte en trompe-l'œil, huile sur toile, 46 × 58 cm, 1664 (Dordrechts Museum, Dordrecht). – Œuvre où l'on peut voir entre autres objets la médaille reçue de Ferdinand III.

Œuvre[modifier | modifier le code]

De Van Hoogstraten ont été conservées un certain nombre d’œuvres témoignant qu’il s’efforça d’imiter différents styles à différentes périodes. Dans ses premières œuvres, dont son autoportrait de 1644, il imite Rembrandt. Il poursuit dans cette veine au moins jusqu’en 1653, année où il réalise son Homme à la fenêtre. Ce tableau, l’un des exemples les plus caractéristiques de sa manière, fait partie des collections du Kunsthistorisches Museum de Vienne.

Une vue de la Burgplatz de Vienne, datée de 1652, montre son talent comme peintre d’architecture. Contrastant avec cette œuvre, des toiles comme Femme lisant une lettre en traversant une cour (Mauritshuis, La Haye) ou Femme consultant un docteur (Rijksmuseum, Amsterdam) imitent De Hooch (1629-1684). Parmi ses autres sources d’inspiration, on peut citer Jan Steen (1626-1679) et Gabriel Metsu (1629-1667). L’une des dernières œuvres qui soient restées de lui est un portrait de Mathys Van den Brouck, daté de 1670.

Van Hoogstraten utilisa également son habileté à rendre la perspective pour construire des boîtes d’optique. Par exemple, sa Boîte d’optique avec des vues intérieures d’une maison néerlandaise contient des vues convaincantes en trois dimensions qui peuvent être observées par des orifices situés de chaque côté de la boîte.

C’est peut-être sous l’influence de Carel Fabritius qu’il commença à s’intéresser à la problématique de la perspective et, en même temps, à celle du trompe-l'œil en peinture, qu’il mit du reste en pratique pour la décoration de certains intérieurs (Mauritshuis, La Haye).

Il est également l’auteur de gravures, et certaines de ses estampes sont toujours conservées. Son portrait, qu’il grava lui-même à l’âge de 50 ans, existe toujours.

Van Hoogstraten doit sa célébrité à une carrière à multiples facettes, comme poète et peintre, mais aussi à son ardeur à gravir les échelons sociaux. En plus de diriger un hôtel des monnaies, il consacra une partie de son temps à des travaux littéraires. Son œuvre maîtresse est un livre sur la peinture : Inleyding tot de Hooge Schoole der Schilderkonst (Introduction à l'école supérieure de la peinture, Rotterdam, 1677) qui est, autant par son volume que par son envergure théorique, l’un des traités du genre les plus ambitieux qui aient été publiés aux Pays-Bas au XVIIe siècle. Il y traite de questions telles que la persuasion et l’illusion picturales, les principes moraux du peintre et la relation entre la peinture et la philosophie, avec des références à différents auteurs anciens ou contemporains. Tout en étant une réaction aux idées internationales, celles essentiellement du sud de l’Europe, que Van Hoogstraten a pu rencontrer au cours de ses voyages, le traité est également le reflet de discussions et de réflexions de l’époque sur l’art pratiqué par les ateliers néerlandais. Le livre devait connaître un certain succès ; il compte, avec les œuvres de Carel Van Mander (1548-1606) ou d’Arnold Houbraken (1660-1719), parmi les classiques de la littérature sur l’art.

Van Hoogstraten a aussi composé des sonnets et des tragédies. C’est à lui que l’on doit d’avoir rapporté certaines citations connues de Rembrandt.

Quelques-unes parmi les œuvres les plus connues de Van Hoogstraten :

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Van der Willigen/ Meijer (2003), p. 112, cité par le Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie (RKD).
  2. a, b et c Thieme/ Becker, vol. 17 (1924), p. 463, cité par le RKD.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

  • L'article en anglais cite comme source :
    • Encyclopædia Britannica, onzième édition (ouvrage appartenant désormais au domaine public).
  • L'article en allemand cite comme source :
    • Lexikon der Kunst, t. 2, Berlin, 1981, p. 333.
  • Autres sources :

Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • (en) Ann Celeste Brusati, Artifice & Illusion. The Art and Writing of Samuel van Hoogstraten, The University of Chicago Press, Chicago, 1996.
  • (nl) Michiel Roscam Abbing, De Schilder & schrijver Samuel van Hoogstraten 1627-1678. Eigentijdse bronnen & oeuvre van gesigneerde schilderijen, Primavera Pers, Leyde, 1993.
  • (fr) Samuel van Hoogstraten, Introduction à la haute école de l'art de peinture, trad., commentaires et index par Jan Blanc, Genève, Droz, 2006.
  • (fr) Jan Blanc, Peindre et penser la peinture au XVIIe siècle. La théorie de l'art de Samuel van Hoogstraten, Berne, Peter Lang, 2008.

Liens externes[modifier | modifier le code]