De Stijl

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir De Stijl (homonymie).
Theo van Doesburg et Gerrit Rietveld, Intérieur de la maison de Bart De Ligt, 1919

De Stijl (prononcer [də.'stɛil], en néerlandais « le style ») fut tout d'abord une revue d'arts plastiques et d'architecture, publiée de 1917 à 1928, sous l'impulsion de Theo van Doesburg et avec la participation active de Piet Mondrian. Par extension, De Stijl désigne un mouvement artistique, issu du néoplasticisme et ayant profondément influencé l'architecture du XXe siècle (en particulier le Bauhaus et, par voie de conséquence, le style international).

Pour reprendre la formule de Marek Wieczorek[1] « la plupart de ses membres envisagent un environnement utopique par le biais de l'art abstrait, d'une harmonie universelle dans l'intégration complète de tous les arts ». L'ambition de De Stijl a été de donner un sens nouveau aux arts en les rapprochant, en les intégrant autour du désir de destruction du "baroque" (selon l'acception que Van Doesburg [cf. citations] et ses amis donnaient à ce mot), et par l’utilisation de couleurs et de formes « pures », en équilibre dynamique et comme en expansion, légères, et même, visuellement, en apesanteur ! Les mathématiques, la perfection de la machine, la vie en collectivité et l'anonymat des méthodes de travail à cette époque les ont stimulés dans leurs recherches.

Outre Van Doesburg et Mondrian ce mouvement d'avant-garde transdisciplinaire a compris parmi ses membres les plus célèbres les architectes Jacobus Johannes Pieter Oud, Jan Wils et Robert Van't Hoff, Cornelis Van Eesteren, le créateur de mobilier Gerrit Rietveld, le poète A. Kok, les peintres et sculpteurs Bart van der Leck, Georges Vantongerloo, Vilmos Huszár, César Domela, Friedrich Vordemberge-Gildewart, l'artiste-architecte El Lissitzky et le peintre et cinéaste Hans Richter. Avec, ponctuellement, la participation de László Moholy-Nagy et Jean Arp.

La fin de De Stijl, en 1932, a été précipitée par des divergences de plus en plus saillantes entre ses deux membres fondateurs, Van Doesburg reprochant à Mondrian son manque de liberté et d'imagination dans la création, et aussi par la mort de Doesburg en 1931.

Peinture[modifier | modifier le code]

Dans le domaine pictural, le mouvement De Stijl se caractérise par une limitation stricte des moyens :

  • usage uniquement des couleurs pures  : bleu, jaune, rouge (pas de cyan ou de magenta, donc on évitera de dire "couleurs primaires"), ainsi que des non-couleurs  : blanc, noir, gris ;
  • usage uniquement de lignes droites et orthogonales ;
  • les couleurs sont appliquées en aplat, sans mélange ou dégradé ;
  • les formes se limitent à des rectangles et des carrés ;
  • dynamisation de l'espace par le jeu des diagonales.

Ces principes se retrouvent également dans les réalisations architecturales.

Citations[modifier | modifier le code]

« Ce que je revendique, c'est la forme contrôlable pour la peinture, la sculpture, et l'architecture. »

— Theo van Doesburg

« Seul l'aspect pur des éléments, dans des proportions équilibrées, peut atténuer le tragique dans la vie et dans l'art. »

— Piet Mondrian

« L'art tel que nous le comprenons n'est ni prolétarien, ni bourgeois. Il n'est pas non plus déterminé par les circonstances sociales, il développe au contraire des forces qui conditionnent à leur tour l'ensemble de la culture. »

— Piet Mondrian

« Depuis 1913, nous ressentions tous un besoin d'abstraction et de simplification. Le caractère mathématique s'imposa de toute évidence face à l'impressionnisme, que nous rejetions; tout ce qui n'allait pas au bout de nos principes était qualifié de "baroque". Nous étions tous d'accord sur un point : nous déclarions la guerre au style baroque sous ses formes les plus diverses[2]. »

— Theo van Doesburg

Réalisations[modifier | modifier le code]

Café De Unie Mauritsweg Rotterdam

La chaise rouge et bleue de Gerrit Thomas Rietveld, en 1918.

La Maison Schröder de Rietveld à Utrecht aux Pays-Bas en 1924.

Le Café De Unie par Jacobus Johannes Pieter Oud, à Rotterdam en 1925.

L'aménagement intérieur du bâtiment de l'Aubette à Strasbourg entre 1926 et 1928.

Cinq maisons pour travailleurs, avec toitures en terrasse, à l'exposition du Weißenhofsiedlung, dessinées par Jacobus Johannes Pieter Oud en 1927, à Stuttgart.

Anecdote[modifier | modifier le code]

  • Le deuxième album du groupe The White Stripes, De Stijl sortit en 2000, fait référence à ce mouvement. Il est d'ailleurs dédié à Gerrit Rietveld. La pochette de l'album reprend les caractéristiques du mouvement.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (Brigitte Léal 2010, p. 24)
  2. (Brigitte Léal 2010, 4e de couverture)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Lemoine (Dir.), Theo Van Doesburg : Peinture, architecture, théorie, Paris, Sers/Vilo,‎ 1990, 242 p. (ISBN 978-2-904057-45-8, LCCN 91153870)
  • L'idéal en tant qu'art. De Stijl 1917-1931, C.P. Warncke, Köln, Taschen, 1991, 216 p,(ISBN 3822805203)

, Collectif, Mardaga éditions, 1995, 175 p, (ISBN 2870092458)

  • Mondrian et de Stijl, Paris, Serge Lemoine, Éditions Fernand Hazan,‎ 2010, 160 p. (ISBN 978-2-7541-0471-5, OCLC 696728779)
  • De Stijl (1917-1931), Frédéric Migayrou, Alfred Pacquement (Préfacier), Paris, Centre Pompidou, 2010, 320 p, (ISBN 9782844264589)
  • Brigitte Léal, Mondrian / De Stijl : L'exposition/The exhibition, Paris, Centre Pompidou,‎ 2010, 60 p. (ISBN 978-2-84426-452-7)
  • Mondrian / De Stijl, au Centre Pompidou, Beaux Arts éditions, 5/01/2011, 65 p, (ISBN 9782842787769)

Liens externes[modifier | modifier le code]