The Frick Collection

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The Frick Collection
Image illustrative de l'article The Frick Collection
Informations géographiques
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Ville New York
Coordonnées 40° 46′ 16″ N 73° 58′ 03″ O / 40.7711, -73.967540° 46′ 16″ Nord 73° 58′ 03″ Ouest / 40.7711, -73.9675  
Informations générales
Date d’inauguration 1914
Informations visiteurs
Site web www.frick.org

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The Frick Collection

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The Frick Collection est un musée d'art new-yorkais situé sur la 5e Avenue, entre la 70e et la 71e Street (rue), face à Central Park, à Manhattan.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le musée occupe l'ancienne résidence de l'industriel de l'acier, Henry Clay Frick (1849-1919), qui a déniché des merveilles des quatre coins du monde pendant 40 ans[1].

Le bâtiment fut dessiné par Thomas Hastings et construit dans les années 1913-1914.

The Frick Collection est l'un des plus importants musées d'art issus d'une collection privée des États-Unis.

Elle abrite une collection de peintures de très haute qualité organisée en seize galeries et elle comporte quelques-uns des tableaux les plus connus des meilleurs artistes européens, ainsi que des sculptures, des meubles, des pièces de porcelaine, des émaux et des tapis.

Frick aimait rassembler des tableaux allant par paire, ou dont les protagonistes eurent des histoires communes ou conflictuelles (Thomas Cromwell et Thomas More, par exemple) ; malgré une évidente prédilection pour de magnifiques portraits de femmes au caractère ayant marqué leur époque (La Vicomtesse d'Haussonville, Lady Innes), les nus y sont très peu fréquents.

La salle dite "des Progrès de l'amour" par Fragonard est dite acquise lors de la vente de la collection de J. P. Morgan.

Or, le marchand de tableaux René Gimpel tenait de son collègue et beau-frère Joseph Duveen, que Morgan, après voir exposés "les Fragonard de Grasse" au Metropolitan Museum, les lui proposa pour 1 250 000 dollars ; Duveen les négocia 1 000 000 de dollars pour les revendre au prix initialement demandé à Frick… à condition que Morgan lui dise qu'il les aurait "à prix coûtant" (...) et, plus loin « Morgan mourut à l'instant ou Frick se faisait construire un hôtel particulier, et tous les objets du défunt qu'on croyait destinés au musée de New-York furent jetés sur le marché dans des ventes à l'amiable. Frick s'empara des plus beaux (...). J'espérais toujours racheter les fameux panneaux et les ramener en France, mais c'était la guerre et j'étais mobilisé[2] ! »

Ces peintures, réalisées entre 1771 et 1772 pour le pavillon de musique de madame du Barry à Louveciennes, évoquent les quatre instants de l'amour :

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Refusé par la favorite royale, cet ensemble décoratif unique fut retourné à l'artiste qui le conserva vingt ans et ajouta sept autres toiles à la série ; lorsqu'il s'établit en 1790 à Grasse, sa ville natale, il installa l'ensemble dans un salon de la maison de son cousin Alexandre Maubert, qu'à la fin du XIXe siècle son petit-fils mit en vente.

Vers 1893, selon Gimpel (op. cit. p. 240) Wertheimer lui en avait donné 28 000 livres, et l'antiquaire parisien Guiraud père – qui avait une option d'un an sur ces œuvres – les proposa vainement, entre autres, à Edmond de Rothschild ; Morgan étant à Cannes sur son yacht, le marchand alla le voir, le conduisit à Grasse pour les lui montrer et lui vendit avec un bénéfice de 10 %.

Vu par un esthète français en 1952 :

"Jamais vu d'aussi beaux Fragonard, mieux nettoyés, présentés dans leurs encadrements sculptés (...) ces immenses panneaux sont couleur de nuage, d'écume, de lavande, d'eau de source (la Poursuite) ou bien avivés d'incarnat, de pourpre, de rouge vif, comme l'amour couronné (le plus somptueux), ou pudiquement touchés de ce "rose confusion" qui allume les joues des amants (l'Offrande à l'Amour) et la soie du parasol qui les protège. Deux autres panneaux et les impostes prévus sans doute pour quelque vestibule ou alcôve sont des camaïeux, des esquisses fulgurantes[3] ».

À la mort de Frick (1918) sa collection fut estimée plus de vingt millions de dollars.

La directrice du musée est Anne L. Poulet depuis le 1er octobre 2003.

Présentation architecturale[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un hôtel particulier de style néo-classique qui ne servit de résidence à Henry Clay Frick que pendant les cinq dernières années de sa vie.

L'aménagement de cette luxueuse résidence particulière en musée contribue à donner une atmosphère particulière à la présentation des collections. Frick avait dès la construction du bâtiment le secret projet d'ouvrir sa collection au public mais il n'en fit jamais part à son architecte de sorte de conserver l'esprit d'une résidence privée.

La résidence comporte une cour de jardin dessinée sur le modèle d'un atrium romain surmonté d'une verrière. Des palmiers y sont plantés.

Cette cour mène à une salle de musique ronde, construite lors d'aménagements postérieurs à la mort de Frick, qui sert actuellement pour des concerts ou des conférences ; Isaac Stern, Alfred Brendel et Wanda Landowska y ont donné des concerts et T.S. Eliot y a également lu des poèmes.

Parmi les seize grandes pièces ou galeries qui composent le musée figure la salle de séjour conçue par Sir Charles Allom, décorateur qui travailla surtout pour la famille royale britannique, qui donne une idée de l'aménagement des résidences de luxe du XIXe siècle.

Le sous-sol de la résidence possède une salle de bowling sur mesure réalisée entièrement en bois mais celle-ci n'est pas ouverte au public[1].

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Principales œuvres de cette collection qui est ouverte au public depuis le 16 décembre 1936 :

Peintures[modifier | modifier le code]

La plupart des œuvres datent du XVIIIe siècle. Elles sont de peintres tels que Vermeer, Renoir ou Boucher, dont la plupart des peintures sont exposées dans le South Hall.

Ingres, La Vicomtesse d'Haussonville
huile sur toile, 131,76 cm x 92,08 cm, exposé depuis 1927 dans la Frick Collection.

Sculptures[modifier | modifier le code]

  • la statue visible dans le jardin intérieur du musée doit être le fameux ange en plomb dit "Ange du Lude" - du nom du château sarthois où une copie l'a remplacé - de l'ex-collection Morgan ; cf le cliché photographique anonyme de 1935 du fonds Monduit de la tête "pour le chevet de la cathédrale de Reims (musée d'Orsay) ;
  • un marbre de Jean-Antoine Houdon, Le marquis de Miromesnil et une terre cuite représentant Diane chasseresse (entre 1776 et 1795) ;
  • Tête d'ange en terre cuite de Gian Lorenzo Bernini réalisée en 1655 ;
  • un petit bronze d'après Samson et deux philistins de Michel-Ange ;
  • deux bustes de femme en marbre de Francesco Laurana, l'un de Béatrice d'Aragon, l'autre non nommé ("Buste d'une dame"), vers 1470.

Mobilier[modifier | modifier le code]

  • un bureau plat dit "de ministre", réalisé par André-Charles Boulle en chêne, sapin et noyer avec des marqueteries d'écaille (vers 1700) et d'autres meubles de cet ébéniste ;
  • une horloge dite "de parquet" ou régulateur de Balthazar Lieutaud, Ferdinand Berthoud et Philippe Caffieri en chêne, placage de bois divers et ornée de bronze doré (datée de 1767). Cette horloge aurait été commandée pour la Cour du roi Louis XV.
  • un secrétaire orné de marqueterie à mosaïques en chêne, marqueterie de bois divers et orné de bronze doré de Jean-Henri Riesener, l'ébéniste le plus célèbre de Louis XVI ;
  • une salle Boucher comporte huit tableaux de ce peintre et un ensemble remarquable de mobilier du XVIIIe siècle, un tapis indien du XVIe siècle, des porcelaines de cette époque provenant de la manufacture de Sèvres ; dans cet ensemble on remarque un bureau plat en acajou de Riesener ;
  • une commode ornée de marqueterie à motifs en chêne et acajou avec plateau de marbre sarancolin de Gilles Joubert et Roger Vandercruse dit Roger La Croix, exécutée en 1769 pour Mademoiselle Victoire, quatrième fille de Louis XV ;
  • Une console en marbre bleu de 1781 par François-Joseph Bélanger.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://frenchdistrict.com/new-york/articles/musee-frick-collection-new-york/
  2. René Gimpel, Journal d'un collectionneur marchand de tableaux, Paris, Calmann-Lévy, 1963, 3.07.1918, p. 54, et 3.12.1920, p. 140 et 141.
  3. André Fraigneau, Escales d'un Européen, éditions du Rocher, 2005, p. 199 et 200.
  4. (en) Bernice Davidson, Paintings from the Frick Collection, Harry N. Abrams, Incorporated, New York,‎ 1990, 146 p. (ISBN 9780810924611), p. 13
  5. (en) Bernice Davidson, Paintings from The Frick Collection, New York, Harry N. Abrams,‎ 1990, 146 p. (ISBN 9780810924611), p. 17.
  6. Frick collectionnait les peintures européennes; les œuvres de Whistler sont - avec le portrait de George Washington - les seules peintures américaines qu'il ait achetées.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edgar Munhall (curateur de la collection) et coll., La Frick collection : une visite, New York, Frick Collection, 1998, 128 p., (ISBN 9781857592245).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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