Rochonvillers

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Rochonvillers
Église Saint-Luc et monument aux mineurs
Église Saint-Luc et monument aux mineurs
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Thionville-Ouest
Canton Fontoy
Intercommunalité Communauté d'agglomération Portes de France-Thionville
Maire
Mandat
Patrick Want
2014-2020
Code postal 57840
Code commune 57586
Démographie
Population
municipale
211 hab. (2011)
Densité 37 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 24′ 53″ N 6° 01′ 44″ E / 49.4147, 6.028949° 24′ 53″ Nord 6° 01′ 44″ Est / 49.4147, 6.0289  
Altitude Min. 321 m – Max. 412 m
Superficie 5,64 km2
Localisation

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Rochonvillers est une commune française située dans le département de la Moselle.

Géographie[modifier | modifier le code]

Lieux-dits[modifier | modifier le code]

  • Dont le nom provient de l'eau :
    • Milfere : gué probablement près d'un moulin (Mühle)
    • Mees : déformation de l'allemand Moor (marais)
    • Solle : du moyen-haut-allemand Sul (lieu marécageux)
    • Lacheltier : de l'allemand Lache (lieu humide)
  • Dont le nom vient du relief :
    • Bikeltien : de l'allemand Buckel (petite hauteur)
    • Keltienne : de l'allemand Kehle (gorge)
  • Dont le nom vient de la flore :
    • Beuche : de l'allemand Busch (bois)
    • Buchelle : de l'allemand Buche (hêtraie)
    • Hesseltien : de l'allemand Hasel (noisetier)
  • Dont le nom a pour origine la culture :
    • Stoquetienne : de l'allemand Stock (souche d'arbre)
    • Aubenschette : de l'allemand Oben (en haut et de l'allemand Scheid (bois défriché)

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • D'un nom de personne Ruso ou Regezo(n) + villare[1].
  • Anciennes mentions[2],[3],[4] : Ruessonvillers et Ruswillre (1334), Rutzwilre (1427), Routzwilre (1430), Ruetzwyler (1450), Rexonvillers (1605), Roussonviller (1681), Rochonviller (1756), Rochouvillers (1793), Rochonviller (XIXe siècle), Ruxweiler (1871-1918).
  • Rotzweiler en allemand[2]. Rucksler et Rucksweller en luxembourgeois[5].
  • Rechonvlé en lorrain roman[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Dépendait de l'ancienne province de Luxembourg.
  • Réunie entre 1812 et 1833, à Ottange.

La Mine[6][modifier | modifier le code]

La Mine de Rochonvillers exploitait deux concessions :

  • Rochonvillers (bien allemand mis sous séquestre après la guerre de 1914-1918, puis propriété de l'État, amodié en 1919 à la Société Minière de Rochonvillers).
  • Adélaïde, propriété de Cockerill.

C'est la "Rheinischstahlwerk" qui a débuté l'exploitation "Mine Pensbrünn" à flanc de coteau dans les concessions Pensbrünn (Pensbrunnen, concession obtenue le 28 juillet 1873 par Meurer à Cologne) et Oeutrange (Oeutringen, obtenue à la même date par Dillinger-Hüttenwerke). L'entrée de la mine, d'un gabarit fort respectable (6 mètres de large et 2 mètres 80 de haut) est située sur le territoire de la commune d'Algrange. À l'époque le minerai était amené au jour à l'aide d'un câble sur une distance de plus de quatre kilomètres. Après épuisement de ces deux concessions, une galerie, traversant une couche stérile due à une faille frontale, permettra de poursuivre l'extraction dans la concession Rochonvillers qui s'étendait sous les communes de Rochonvillers, Escherange, la mine d'Angevillers effleurant le ban de Thionville.

C'est à Rochonvillers que le minerai était amené au jour et un téléphérique le transportait à Ottange, où, par wagons S.N.C.F., il était acheminé par voie privée à Rumelange (Luxembourg) puis vers la Société Métallurgique et Minière de Rodange-Athus (Belgique). À la fin des années 1970, l'effectif était de 166 personnes pour une production de 4 000 à 5 000 t/jour.

Les services administratifs, vestiaires, douches... se trouvaient également sur le territoire de la commune d'Algrange, dans un bâtiment construit en totalité en béton armé : piliers de soutien, ferme, toiture C'est l'œuvre d'Albert Caquot, ingénieur ardennais du début du XXe siècle, qui s'intéressa à l'aérostation et à la résistance du béton armé. C'est lui qui en vulgarisa l'emploi dans les travaux publics et une de ses premières réalisations fut les bâtiments de la mine de Rochonvillers, véritable gageure pour l'époque.

Hélas, la catastrophe du 3 janvier 1919 à la Mine de Pensbrünn vint jeter une ombre au tableau. Provoquée par l'effondrement, au quartier 7, de 250 000 mètres cubes de minerai, elle causa la mort de vingt-cinq personnes. Tous les quartiers avaient ressenti la secousse comme un véritable tremblement de terre. La déflagration provoquée par cet éboulement avait projeté plusieurs mineurs à 75 mètres de leur poste de travail. L'équipe de secours, organisée aussitôt, aidée par les équipes des mines voisines : Röchling (Mine d'Angevillers) et Moltke (Mine de la Paix), réussit à sauver six mineurs et sortit deux blessés graves et six blessés légers ainsi que cinq corps. Le 8 janvier, un survivant Franz Riva, fut retrouvé sous un wagonnet qui s'était renversé sur lui, le sauvant d'une mort certaine. Le malheureux y était resté quatre jours avant l'arrivée de l'équipe de secours du porion Wagner. Le 11 janvier encore, un sauveteur sera tué par une "chandelle".

Après l'abandon des travaux par le service des mines, les responsables de Pensbrünn prendront à leur charge les frais de sauvetage et de déblaiement; le 25 janvier, onze corps seront remontés au jour et deux autres le seront le 31.

Quelles furent les causes de cette catastrophe ? On accuse une exploitation excessive pendant la guerre, période durant laquelle on ne s'occupait que du rendement sans se soucier des règles de sécurité et ceci avec un personnel inexpérimenté.

À la fin des années 1970, la direction de la Mine de Rochonvillers, consciente de l'approche de la fermeture (fin de concession) a entrepris des travaux préparatoires en vue d'exploiter la Mine Ottange II. Devant la situation critique de la Société Métallurgique et Minière de Rodange-Athus (usine mère) ces travaux furent arrêtés.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
04.11.1876 03.11.1891 Jean Laurent Aucun Maire
03.11.1891 27.11.1918 Johann Kreicher Aucun Maire
27.11.1918 10.12.1919 Adolphe Kreicher Aucun Maire
10.12.1919 17.05.1929 Georges Kreicher Aucun Maire
17.05.1929 08.04.1932 Jean-Pierre Creutz Aucun Maire
08.04.1932 12.06.1932 Eugène Platen Aucun 1er adjoint
12.06.1932 05.08.1940 Eugène Platen Aucun Maire
01.10.1945 15.03.1965 Félicien Haux Aucun Maire
15.03.1965 19.12.1987 Gérard Kreicher Aucun Maire
19.12.1987 24.03.2001 Jean Ledrans Aucun Maire
24.03.2001 14.03.2008 Jean-Denis Frantz Aucun Maire
14.03.2008 aujourd'hui Patrick Want Aucun Maire
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 211 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1836 1841 1861 1866 1871 1875
258 254 259 309 288 308 330 315 313
1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921 1926
315 302 291 269 283 276 284 246 222
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
308 244 178 195 197 189 179 196 165
1999 2006 2007 2011 - - - - -
207 217 218 211 - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifice religieux[modifier | modifier le code]

Église Saint-Luc.
  • Église Saint-Luc 1957, par Martinez.

Ligne Maginot[modifier | modifier le code]

La commune compte plusieurs fortifications françaises construites pendant l'entre-deux-guerres et faisant partie de la ligne Maginot, notamment :

  • l'ouvrage de Rochonvillers, l'un des plus gros ouvrage de la ligne, encore propriété de l'Armée ;
  • l'abri du Gros-Bois, également appelé abri X1, qui est en cours de restauration par l'association La Lorraine à travers les siècles.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Toponymie générale de la France: Tome 2, Formations non-romanes - Ernest Nègre
  2. a, b et c Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868.
  3. Martina PITZ, Genuine Übersetzungspaare primärer Siedlungsnamen an der lothringischen Sprachgrenze, Onoma 36
  4. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Zesummegestallt vum Henri Leyder (Lëtzebuerger Marienkalender 1997; iwwerschaft 3/2011)
  6. Source : "Le canton du fer", Eugène Gaspard et Alain Simmer, 1978
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011