Ferry III de Lorraine

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Ferry III de Lorraine né vers 1240, mort le à Nancy, fut duc de Lorraine de 1251 à 1303. Il était fils aîné du duc Mathieu II et de Catherine de Limbourg.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il n'avait que 11 ans à la mort de son père (février 1251)[1] et la régence fut assumée par sa mère. Il devint majeur à 15 ans (âge requis en Lorraine pour ne plus être sous tutelle), le 24 mars 1255. En 1255, il épouse Marguerite de Champagne, fille de Thibaut, comte de Champagne et roi de Navarre et de sa troisième femme Marguerite de Bourbon. Ce mariage marquera le début de l'influence française en Lorraine, d'autant plus que la nièce de Marguerite Jeanne, épousera en 1284 le futur roi de France Philippe le Bel. Cette nouvelle influence contrebalança l'influence germanique, à une époque où le Saint-Empire est en crise, et permettra à la Lorraine de devenir de fait un état indépendant, mais aboutira au rattachement de la Lorraine à la France en 1766.

Durant son règne, il combattit souvent les évêques de Metz au point que le pape Clément IV dut l'excommunier et frapper le duché d'Interdit pour mettre fin à ses menées belliqueuses. Il a édifié le château médiéval de Frouard détruit par la suite sous les ordres de Richelieu.

Ferry III a été excommunié à deux reprises et a été menacé d'une troisième excommunication.

  • Alors que sa mère était régente, elle avait pris parti pour les bourgeois de Toul en révolte contre leur évêque, avec l'idée de prendre le contrôle de Toul ; elle a été excommuniée ainsi que son fils Ferry III. Cette excommunication a été levée au décès de la duchesse (1255).
  • Le 29 juillet 1267, il est excommunié par le pape Clément IV : dans ses querelles avec l'évêque de Metz, ses troupes avaient causé des dommages sur les terres de l'abbaye de Remiremont, et malgré les protestations des abbesses, Ferry III ne réparait pas ses torts.
  • En février 1283, il est menacé d'excommunication : à la mort d'Agnès de Salm, il profite des querelles entre les franc-comtoises et les lorraines de l'abbaye de Remiremont pour entreprendre la construction d'une forteresse à Plombières sur des terres appartenant exclusivement à l'abbaye. Les abbesses s'en plaignent[note 1],[2] au pape et celui-ci menace Ferry III d'excommunication s'il ne répare pas ses torts.

Le 30 avril 1291, alors que le duc a ignoré cette menace, la sentence devient effective et doit être publiée dans les églises du duché ; le doyen de Besançon demande même que cesse le service divin et qu'on déterre les morts inhumés dans les cimetières après l'application de cette sentence. Toute activité religieuse cessant dans le duché, Ferry III se soumet et signe avec l'abbaye, le 18 juillet 1295, un traité de paix qui va être surnommé l'Échappenoise.

En 1257, les Électeurs du Saint-Empire se réunirent en Diète à Francfort afin de trouver un successeur à Guillaume de Hollande. Ils ne réussirent pas à se mettre d'accord et désignèrent deux rois des Romains, Alphonse X de Castille et Richard de Cornouailles. Ferry fut un partisan d'Alphonse, mais il y eut peu de combats et après la mort des deux prétendants, Rodolphe Ier de Habsbourg fut élu en 1273

Souhaitant s'appuyer sur la bourgeoisie urbaine pour affermir son emprise sur ses suzerains, il accorda des franchises aux principales villes de son Duché: Nancy, Neufchâteau, Longwy. Cette politique lui attira de solides rancunes. Alors qu'il revenait d'une chasse dans les bois de Laxou, Adrian des Armoises, seigneur de Maxéville le captura et l'enferma dans son château. Des années plus tard il parvint à faire parvenir sa bague à la duchesse Marguerite par l'intermédiaire d'un charpentier qui avait été chargé d'entretenir le toit de sa prison. Celle-ci envoya une troupe de soldats libérer son époux, Adrian des Armoises libéra le duc sans combattre.

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Il épouse en 1255 Marguerite de Champagne, fille Thibaut Ier, roi de Navarre et comte de Champagne et de Marguerite de Bourbon. Ils eurent :

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les chanoinesses apprécient d'autant moins cette initiative de Ferry III qu'elle fait suite à d'autres actes du duc dont elles ont à se plaindre ; alors que depuis le Xe siècle, l'empereur avait confié l'avouerie de Remiremont au duc de Lorraine sans autre fonction, progressivement les ducs ont augmenté leur emprise sur l'abbaye, en proposant des candidates lors des élections de l'abbesse ou en levant des taxes sur les terres de l'abbaye... Le traité de l'Échappenoise impose au duc de n'être plus que voué et lors de leur avènement, les ducs doivent prêter serment en trois lieux différents à Remiremont, de défendre l'église de Remiremont et les personnes qui lui sont attachées.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Poull, Plombières au Moyen Age, son château et ses avoués. Tiré à part d'une étude parue dans les Annales de l'Est (1972-1) complété par un avant propos de Marc Chardot et enrichi de diverses notes et illustrations. Berger-Levrault. 2° trimestre 1973
  2. Françoise Boquillon, Les chanoinesses de Remiremont (1566-1790), contribution à l'histoire de la noblesse dans l'Église. Société d'Histoire locale de Remiremont et de sa région, 2000. Imprimerie Sailly, Le Thillot. (ISSN 0220-5238)
  3. ...à ne pas confondre avec son frère prénommé comme lui... in Plombières au Moyen Âge, de Georges Poull, Tiré à part dans les Annales de l'Est (1972-1), p.16
  4. Biographie de Ferry, fils de Ferry III sur Foundation for Medieval Genealogy
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