Glatigny (Moselle)

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Glatigny
Image illustrative de l'article Glatigny (Moselle)
Blason de Glatigny
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Metz-Campagne
Canton Vigy
Intercommunalité Communauté de communes du Haut-Chemin
Maire
Mandat
Victor Stallone
2014-2020
Code postal 57530
Code commune 57249
Démographie
Population
municipale
272 hab. (2011)
Densité 44 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 08′ 49″ N 6° 20′ 06″ E / 49.1469, 6.33549° 08′ 49″ Nord 6° 20′ 06″ Est / 49.1469, 6.335  
Altitude Min. 215 m – Max. 298 m
Superficie 6,23 km2
Localisation

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Glatigny

Glatigny est une commune française située dans le département de la Moselle à douze kilomètres au nord-est de Metz. Elle possède pour annexe Béville et la ferme de La Bruyère.

Géographie[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Glatignei en 1192[1],[2] ; Gletinei au XIIIe siècle ; Gletigney en 1206, Glatigney, Glaiteney en 1339 ; Glaitigney en 1404 ; Glaitegney en 1514 ; Glattigney en 1516.

La prononciation dialectale est « Guiaitni »[3].

Il s'agit d'un toponyme formé avec le suffixe gallo-roman -(I)ACU ou -IN-IACU, autrement noté -(i)-acum. Le premier élément est généralement expliqué par un anthroponyme par les spécialistes. On a ici affaire à un type toponymique extrêmement répandu dans le nord de la France (par exemple, on compte près de 40 lieux portant ce nom en Normandie, dont Glatigny, Manche, Glatigneio vers 1170. On note aussi des variantes comme Glatiney (Eure), Glatigné (Mayenne), jusqu'au sud ouest comme en témoigne Glatignat (Haute-Vienne), etc). La forme initiale de ce type toponymique devait être *GLATTINIACU.

Xavier Delamarre citant François Falc'hun envisage une explication par le gaulois *Glasso-tanno, chêne vert (cf. vieux cornique glastannen)[4]. On retrouve une explication analogue chez Albert Dauzat et Charles Rostaing qui envisagent un nom de personne gaulois Glastinus sur *glas-to « vert » aussi suivi du suffixe (-i)-acum[5].

François de Beaurepaire propose un composé de ce même suffixe (-i)-acum, précédé du nom de personne germanique *Glattinus, hypocoristique de l'anthroponyme *Glatto, postulé par le nom de personne germanique dérivé Glatoldus, cité par Marie-Thérèse Morlet et le toponyme Glatens, suivi du suffixe germanique -ing(-os)[6]. En outre, certains noms en (-i)-acum sont basés sur un anthroponyme germanique, surtout dans le domaine de la langue d'oïl, ainsi trouve-t-on Botto / Bottinus dans Boutigny, Brekko / Brekkinus dans Brécquigny ou Iso / Isinus dans Isigny[7].

Les explications de X. Delamarre et A. Dauzat, phonétiquement possibles, se heurtent à une double difficulté : l'absence d'attestation d’un [s] (c'est-à-dire *Glasteniacum). En effet, aucune des formes anciennes pour les différents Glatigny ne témoigne de la présence de cette consonne. En outre, les formations de ce type sont plutôt typiques du domaine d'oïl, ainsi, la signification d'« endroit où pousse des chênes verts » ne correspond pas à la zone de diffusion de cette essence qui ne croît (croissait) pas au-delà du sud de la région parisienne.

L'argumentation de F. de Beaurepaire n'est guère plus solide : il est peu probable qu'un anthroponyme germanique, non attesté, ne se retrouve qu'en composition avec le suffixe (-i)-acum dans un type toponymique par ailleurs fréquent.

Par contre, Michel Roblin y a vu un ancien radical *glat(t)- « collant »[8], dont on peut retrouver de nombreux dérivés attestés dans l'aire d'extension du toponyme Glatigny et ses variantes : ainsi, une terre compacte est dite glatte ou glette en Indre-et-Loire et dans le sud-est de l'Orne[9]; dans une zone plus large encore, ce terme ou l'une de ses variantes (glat, glarde…) désigne une « terre durcie », une « terre collante ». La forme glette est aussi attestée dans l'Eure en tant que substantif pour désigner une substance cartilagineuse, gluante et grasse, semblable à de la gélatine. Plus au sud (Vendée, Vienne, Centre), le terme glas, glat (féminin glatte) prend le sens de « (pain) non levé, compact »[10],[11].

Michel Roblin propose donc pour *GLATTINIACU, un « lieu caractérisé par une terre collante ou durcie ». La racine *glatt- remonterait au bas-latin *glatidus (d'où le gallo-roman *GLATTU), dérivé du substantif glatia « glaise »[12],[13].

Histoire[modifier | modifier le code]

La commune est située sur la voie romaine reliant Metz à Worms. Elle appartient au territoire de l’évêché de Metz suivant le don fait en 1018 par le roi allemand Henri II de la « réserve royale » comprise entre la Seille et la Nied allemande.

Plus tard, à partir du XIIe siècle, le pouvoir dans la cité de Metz était passé des mains de l'évêque à celles des riches patriciens constitués en groupes de familles apparentées, appelées pour cela les paraiges. La cité était divisée en cinq mairies et un maître échevin dirigeait tout ce collège. Village du Pays messin, Glatigny, comme Sainte-Barbe, Hayes et Vry, est situé sur le territoire appelé Haut Chemin qui est rattaché au paraige messin de la Porte Mazelle.

Glatigny est partagé en trois bans :

  • le ban Saint-Vincent, appartint à l’abbaye Saint-Vincent puis aux moines Trinitaires ;
  • le ban Paragon fut engagé à Jean Drouin puis aux familles de Heu, Baudoche, Vigneulles et le Goullon ;
  • le ban de Villers, où se trouvait le vieux château appartint à la seigneurie de Villers-Laquenexy dont les maîtres furent entre autres Nicole Louve et la famille de Qouray.

La ferme de la Bruyère était la propriété de la seigneurie des Étangs.

Au XVIe siècle, la seigneurie de Glatigny est aux mains de Blaise ou Saint-Blaise. Daniel de Saint-Blaise, marchand, ayant obtenu le titre de sire en octobre 1584, avait épousé Marthe Rollin dont le père Philippe Rollin était receveur de la cité. Leur fils, Daniel II, aman et l'un des Treize[Quoi ?] en 1642, député de Metz en 1645, lui succéda et prit le titre de seigneur de Glatigny. Il avait épousé en 1697 Marie de Montigny ; puis, devenu veuf, Jacqueline Charpentier. À sa mort la seigneurie fut divisée en deux, à Anne l'héritière de Marie de Montigny échut une moitié, aux héritiers de Jacqueline Charpentier l'autre moitié. Au XVIIIe siècle, la seigneurie est au main de la famille Le Goulon[14].

Le 25 septembre 1669, un petit enfant du village, Didier Le Moyne, disparaît alors qu'il accompagnait sa mère à la fontaine. Un Juif de Boulay qui se rendait à Metz le même jour est accusé à tort d'avoir enlevé l'enfant à des fins de "meurtre rituel". Il est condamné à être brûlé vif par le Parlement de Metz et subit ce supplice à Metz le 17 janvier 1670. Depuis ce jour le village de Glatigny est un village maudit ("geässert") pour les Juifs qui doivent éviter de s'y rendre et le contourner en hiver dès la tombée du jour. Mais le 19 janvier 2014, 344 ans après ce double drame, une plaque est inaugurée dans le village à la mémoire de Raphaël Lévy, en présence du Maire, des autorités rabbiniques et consistoriales et de représentants de l'Etat. Par suite de cette reconnaissance officielle de l'innocence de Raphaël Lévy, Glatigny cesse d'être un village "maudit" pour les Juifs et devient un symbole de la bonne entente et du dialogue entre les différentes confessions.

En 1844, on y trouve 282 individus et 38 maisons. L'école est fréquentée par 29 garçons et 12 filles. Territoires : 597 hectares dont 219 en bois et 29 en friches (un four à chaux appartenant à M. Joinville).

Héraldique[modifier | modifier le code]

D'azur à une ancre d‘or posée en bar, dont une des points se perd dans une mer ondée d‘argent et surmontée d‘un triangle entre deux étoiles, le tout aussi d‘argent, en chef.

Ce sont les armes de la famille messine Blaise qui a possédé la seigneurie de Glatigny au XVIIe siècle.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
  mars 1977 Louis Houzelle    
mars 1977 mars 1995 Henri Pierron    
mars 1995 mars 2001 Jean-Luc Winkel    
mars 2001 mars 2008 Fabrice Guibert    
mars 2008   Victor Stallone    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 272 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
195 191 220 237 250 282 242 239 200
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
192 197 187 189 182 160 170 147 144
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
131 107 117 85 114 85 89 94 195
1990 1999 2006 2008 2011 - - - -
220 253 276 282 272 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2004[16].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Ferme-château, donjon du XVIIe siècle, pigeonnier.
  • Ferme de Béville[17]
  • Ferme de la Bruyère
  • Passage d'une voie romaine[18]
  • La croix à l'entrée du village
  • Salle des fêtes
  • Lavoir, sources

Édifice religieux[modifier | modifier le code]

  • Commune sans église.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Verronais, Département de la Moselle, 1844 (réedition Res Universis, 1992).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6)
  2. http://books.google.fr/books?id=rsNpi7IVulEC&lpg=PA560&ots=dQOnQoj8Lg&dq=Ernest%20N%C3%A8gre%20Glatigny&hl=fr&pg=PA560#v=onepage&q=Ernest%20N%C3%A8gre%20Glatigny&f=false Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne)
  3. Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868
  4. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003. p. 288.
  5. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, éditions Larousse 1968. p. 322.
  6. Albert Dauzat et Charles Rostaing qui proposent *Glatto dans ce cas précis également in Op. cit. p. 322.
  7. François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, éditions Picard 1986.
  8. Michel Roblin, Le Terroir de Paris aux époques gallo-romaine et franque : peuplement et défrichement dans la Civitas des Parisii (Seine, Seine-et-Oise), éd. A. et J. Picard, Paris, 1951; thèse soutenue à l’Université de Paris, p. 115.
  9. Marie-Rose Simoni-Aurembou, Atlas Linguistique de l’Île-de-France et de l’Orléanais, CNRS, Paris, vol. I, 1973, carte n° 17.
  10. Walther von Wartburg, puis Jean-Pierre Chambon, Französisches etymologisches Wörterbuch, Bâle, 1928-…, t. IV, p. 157a et 830a, s.v. glĭttus.
  11. Wikimanche Glatigny
  12. Michel Roblin, Op. cit.
  13. Cette analyse est reprise et développée dans Dominique Fournier, La variation microtoponymique en Normandie, Étude microtoponymique de l’interfluve défini par les vallées de la Dives et le la Vie, thèse de Doctorat en Sciences du Langage, Université Paris XIII, 1990, p. 134, § 60.
  14. Jean-Paul Philips, Patrimoine rural en Pays messin, Éditions Serpenoise, 2007.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  17. Jardin de la ferme de Béville - Glatigny 57 - Journées du patrimoine - Lorraineaucoeur
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